Description
David Le Breton est sociologue et anthropologue. Il est professeur de sociologie à l’Université de Strasbourg. Membre senior de l’Institut universitaire de France. Membre de l’Institut des études avancées de l’Université de Strasbourg (USIAS). Il est l’auteur d’une œuvre considérable.
Dès notre première rencontre, il m’a conquise par la justesse de son travail, la transmission humble, les écueils qu’il évite pour ne pas se poser en juge ou donneur de leçon, son humilité et son regard pétillant.
Ses recherches l’ont mené à explorer le silence, la marche, le rire…(je vous recommande d’ailleurs son excellent essai sur le Silence, que j’avais dévoré il y a quelques années.)
Mais aussi les représentations et les mises en jeu du corps humain, qu’il a notamment étudiées en analysant les conduites à risque.
Dans son dernier ouvrage, il s’intéresse à une conduite à très haut risque, une conduite à laquelle nous nous adonnons… tous les jours : notre usage du téléphone portable.
Rupture anthropologique ?
Fin de la conversation ?
Ces questions sont d’autant plus d’actualité avec les questions qui bousculent notre époque : l’engagement des patrons de la tech autour du président des Etats-Unis, le développement astronomique de l’intelligence artificielle, des usages qui ne semblent plus vraiment maîtrisés… Avec David Le Breton, nous avons interrogé cette question qu’il pose, sur la fin de la conversation. La vie à distance, et par procuration à cause de notre smartphone. La plainte des caissières, des coiffeurs, des chauffeurs de taxi, tous ces métiers où la conversation avait son importance, et où l’on est passé à l’indifférence, happés par nos écrans.
David Le Breton va très loin quand il décrit ces « zombies » qui marchent dans la rue, les yeux rivés sur leur téléphone portable. On a tous croisé ces groupes de jeunes, chacun sur son téléphone, au parc ou au café, à se demander ce que l’on faisait autrefois, avant l’avènement du portable. Il dénonce un appauvrissement de la sensorialité, on ne sourit plus aux inconnus dans la rue, et on migre doucement vers une société « sans contact ».
Alors, dans ce court entretien, nous en sommes venus à nous interroger : comment cela impacte notre attention ? Quelle est l’importance de la conversation ? La conversation, c’est un acte politique ? Quelles sont encore nos poches de résistance ?
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