Speaker #0Êtes-vous déjà sorti d'une discussion avec cette tension dans la poitrine, comme si quelque chose était resté coincé entre la pensée et votre bouche ? Vous aviez pourtant tout, l'idée claire, la conviction et cette envie sincère d'être compris. Mais au moment de parler, votre voix s'est serrée, vos mots se sont emmêlés et ce que vous vouliez dire s'est dilué. Et vous partez de la discussion en pensant « Pourquoi n'ai-je pas réussi à dire ce que je voulais dire ? » Vous ne manquez pas d'intelligence, ni de courage d'ailleurs. C'est simplement que parler clairement, ça s'apprend. On nous apprend à lire, à écrire, à compter, mais pas à nous entendre. Pas à comprendre ce que notre voix révèle de nos émotions, de nos tensions, de nos peurs. Et pourtant c'est une compétence humaine, c'est pas un don. Un apprentissage du corps, du souffle et de l'intention. Et votre éloquence, cela s'entraide comme un muscle. Alors aujourd'hui on ne va pas chercher à parler mieux. On va chercher à parler plus juste, à retrouver ce fil qui relie vos pensées à votre souffle et votre souffle à vos mots. Parce que parler clairement, ce n'est pas parler fort, c'est parler aligné. Mais au fait, est-ce qu'on se connaît ? Je suis l'une de la chance coach en communication et en voix parlée. Et dans cette vidéo, je vous aide à retrouver une voix ancrée, posée et pleine d'impact. Aujourd'hui, je vais vous guider à travers quatre étapes. pour retrouver la clarté dans votre expression orale, celle qui ne s'apprend pas dans les livres, mais dans le corps. La première étape, c'est la conscience. On ne peut pas ajuster une voix qu'on ne perçoit pas. La plupart des gens veulent améliorer leur manière de parler, mais ils n'ont jamais vraiment écouté leur voix. Pas la voix dans leur tête, la vraie, celle qui sort. celles que les autres entendent. Et il y a une raison physiologique très simple à cela. Une étude menée par des chercheurs du Neurocentre des hôpitaux universitaires de Genève a prouvé ceci. Quand vous parlez, vous vous entendez par deux canaux à la fois. Par l'air, comme les autres, mais aussi par les vibrations internes de votre crâne. C'est ce qu'on appelle la conduction osseuse. Restez, restez, tout va bien. C'est pas compliqué. Cette conduction interne ajoute des basses fréquences et une richesse que vous êtes le seul à percevoir. Un dictaphone, lui, ne capture que la voix aérienne, ce que les oreilles vont capter. Et c'est pourquoi écouter sa voix enregistrée, c'est déroutant. Ce n'est pas une fausse voix. C'est juste la première fois que vous vous entendez vraiment comme les autres vous entendent. C'est comme vouloir accorder un instrument qu'on n'a jamais pris le temps d'écouter. Alors je vous propose un premier exercice. L'écoute-miroir. Choisissez un moment calme. Ouvrez le dictaphone de votre téléphone et répondez à voix haute à une question simple. Qu'est-ce que j'ai appris aujourd'hui ? Ou bien, qu'est-ce que j'aimerais dire si je n'avais peur de rien ? Parlez pendant une minute, pas plus. Puis écoutez-vous, pas pour vous juger, pour ressentir. Remarquez votre souffle, remarquez votre rythme, remarquez ce que dégage votre voix. Est-ce qu'elle est tendue ? Est-ce qu'elle est douce ? Est-ce qu'elle est rapide ? Est-ce qu'elle tremble ? Ou est-ce qu'elle respire ? Ne cherchez pas à corriger, écoutez juste. Parce que l'écoute, c'est déjà la transformation. Votre voix, c'est un miroir. Et souvent, elle vous dit tout avant même que vous le formuliez. Faites-le chaque jour pendant une semaine et vous allez voir, à force d'écoute, vous commencerez à entendre non pas vos défauts, mais votre vérité sonore. C'est elle qu'on va affiner, pas la façade. Une fois que vous avez commencé à observer, vous allez sentir que certaines phrases coulent naturellement et que d'autres butent. Ça c'est normal. C'est juste le signe que votre cerveau veut aller plus vite que votre bouche. Et ça arrive souvent. Dans la deuxième étape... On va nourrir notre manière de parler. Donnez à votre voix une vraie matière à modeler, des mots, du rythme, des images. Parce qu'une voix claire ne se fabrique pas, elle se nourrit. Quand on parle, on ne tire pas les mots du vide, on les tire de ce qu'on a respiré, lu, entendu, vécu. Votre voix n'invente rien, elle restitue ce que vous avez laissé entrer dans votre cerveau. Donc si vos journées sont remplies de phrases rapides, de mails mécaniques, de conversations où tout va trop vite, votre voix va finir par sonner comme ça. Pressée, sans nuance, sans silence. Alors que si vous l'entourez de beauté, de précision, de rythme, elle finit par vous le rendre. Vous avez peut-être déjà remarqué qu'après avoir passé trois jours avec votre meilleur ami, vous finissez par utiliser les mêmes mots, les mêmes expressions. Votre cerveau, c'est une éponge. En mauvais ! Comment bien ? La voix, c'est une lumière, et comme toutes les lumières, elle prend la couleur de ce qu'elle éclaire. Plus vous la nourrissez de nuances, plus elle devient capable de refléter ce que vous ressentez, sans que vous ayez besoin d'en faire trop. Alors pourquoi votre cerveau perd parfois ses mots ? Les études en linguistique le confirment. Vous connaissez déjà des milliers de mots, mais vous n'en utilisez qu'une petite poignée. Et ça c'est la différence fondamentale que fait la psycholinguistique entre le vocabulaire passif, les dizaines de milliers de mots que vous comprenez à la lecture, et votre vocabulaire actif, ce que vous parvenez à mobiliser en parlant. Ce n'est donc pas un manque de vocabulaire. C'est une question d'accès, d'accessibilité. Les mots qu'on répète souvent restent à portée de main parce que leur chemin d'accès neuronal est rapide et renforcé. Les autres s'enfouissent, non pas parce qu'ils sont oubliés, mais parce que le chemin neuronal pour les retrouver est plus lent. Faute d'usage. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que plus vous les sortez du placard, et plus ça sera facile de les sortir du placard. Alors voici l'exercice numéro 2. La lecture expressive. Chaque jour, pendant une semaine, offrez 5 minutes à votre voix. Prenez un texte, n'importe lequel. Une page d'un roman, un poème, un article, ou même le passage d'un livre que vous êtes en train de lire. Lisez-le à haute voix, mais pas comme à l'école. Lisez-le comme si vous vouliez en faire ressentir le sens. Sentez les phrases dans votre bouche. Cherchez leur rythme, ralentissez là où ça sonne juste. Accélérez quand la pensée s'élève. Si un mot accroche, répétez-le doucement. Faites-le rouler sur votre langue. Donnez-lui de la vie. Et si vous êtes dehors, murmurez. Faites-le à voix basse. Même à voix basse, votre bouche travaille. Votre oreille s'entraîne. Et votre voix se muscle sans effort. Vous êtes en train d'élargir votre palette. Votre bouche découvre des sons qu'elle ne prononçait plus. Votre oreille souffre. Votre oreille s'ouvre à des rythmes nouveaux. Et petit à petit, vos propres phrases deviennent plus précises, plus musicales, plus claires. Vous ne cherchez plus vos mots, vous les retrouvez simplement. Parce que vous avez commencé à nourrir votre voix au lieu de la forcer. Maintenant que votre voix commence à retrouver de la matière, il est temps de lui donner une structure pour que vos mots tombent justes, sans trop, sans vide, avec le bon rythme. Et cette structure, elle ne vient pas des règles de rhétorique. Elle vient du silence. La fausse idée que plus on parle, plus on est clair, ça ne marche pas. Dans cette troisième partie, on va voir comment le silence, loin d'être un vide, devient le meilleur amplificateur de votre clarté. Beaucoup de gens pensent que pour être compris, il faut en dire plus, remplir les blancs, tout justifier, tout expliquer. Ça vous parle ? La vérité, c'est exactement l'inverse. Plus vous parlez, plus votre message diminue, plus votre impact se perd dans la masse des mots, comme une goutte d'encre dans un verre d'eau. Regardez la division, on a 40 chaînes, 50, 60, 100, on ne sait plus laquelle choisir. La clarté ce n'est pas l'abondance, c'est le tri. C'est le moment où vous choisissez, non pas tout ce que vous pourriez dire, mais ce qui est juste de dire maintenant. Et quand vous parlez avec structure, vous rendez les choses plus simples pour les autres. Et ça c'est une forme de bienveillance. Parce que la personne en face n'a plus besoin de deviner. Elle reçoit, elle comprend, elle intègre. Ce n'est pas une question d'intelligence, c'est une question de rythme partagé. Et c'est pour ça que la structure aide à créer de la confiance. Elle ne rend pas votre discours plus parfait. Elle le rend plus lisible. Voici l'exercice numéro 3. Le cadre 1 de 3. La prochaine fois que vous devez prendre la parole, utilisez cette structure. Numéro 1, l'idée. Numéro 2, l'image. Numéro 3, l'intention. L'idée, vous commencez par dire le fond. Ce que vous voulez transmettre en une phrase. Par exemple, « Le projet a pris du retard. » Je pense qu'on doit revoir notre façon de travailler. J'aimerais vous parler d'un problème qui me tient à cœur. Numéro 2, l'image. Ajouter une image concrète, une métaphore ou un exemple concret. C'est un peu comme si on avait couru vite mais dans la mauvaise direction. On construit le toit mais avant les fondations. Les images fixent la pensée dans le cerveau de votre interlocuteur. C'est elle qu'on retient bien mieux que les chiffres. Ce n'est pas une simple intuition. C'est un principe de psychologie cognitive qui s'appelle l'effet de supériorité de l'image. En anglais, ça s'appelle Picture Superiority Effect. Les études démontrent que notre cerveau est programmé pour mémoriser une information visuelle. ou une image bien plus efficacement qu'un concept qui est abstrait. Numéro 3, vous ajoutez l'intention. Terminez avec ce que vous attendez ou ce que vous espérez créer avec vos mots. Par exemple, j'aimerais qu'on trouve une solution ensemble. Mon but, c'est qu'on se comprenne mieux. Ce cadre fonctionne parce qu'il aligne trois plans, le rationnel, le visuel et l'émotionnel. Ça, c'est exactement ce que votre cerveau et celui des autres a besoin d'entendre pour suivre votre parole. Maintenant, il y a quelque chose d'encore plus fort que la structure. Serez-vous deviné lequel ? C'est le silence. On a appris à le craindre. Comme s'il fallait toujours combler l'espace. Mais le silence, ce n'est pas un vide. C'est une respiration. C'est le moment où vos mots s'installent dans l'autre. Où votre voix se transforme en présence. Les bons communicants. Ne remplissent pas l'air, ils le possèdent. Voici l'exercice numéro 4. Le silence miroir. Essayez ceci. Avant de répondre à une question, comptez doucement dans votre tête. 1, 2, et répondez. Deux secondes, c'est rien, et pourtant c'est assez pour vous recentrer, pour calmer votre rythme cardiaque, pour donner du poids à ce que vous allez dire. Et après une phrase importante, ne cherchez pas à enchaîner, regarder, respirer, laissez vos mots vivre. C'est ce qu'on appelle le silence miroir. Parce que ce silence-là reflète votre ancrage intérieur. Il montre que vous n'êtes pas pressé de convaincre, mais que vous êtes prêt à être entendu. Un petit conseil vocal, quand vous laissez une pause, ne la subissez pas. Gardez votre souffle actif, le regard vivant. C'est un silence habité, ce n'est pas un silence vide. C'est important de le dire quand même. Vous avez maintenant deux éléments essentiels. du mouvement avec la structure, et du calme, avec le silence. Ça, c'est le rythme naturel de toute voix confiante. Elle avance, elle respire. Dans cette dernière partie, on va transformer cette conscience en habitude. Parce que la présence, ce n'est pas un concept, c'est une pratique. Et plus vous la répétez, plus elle devient naturelle. On dit souvent que la voix est un muscle, mais en réalité c'est aussi un instrument. Un instrument, vous savez, ça s'accorde. C'est ce que je fais. Ça se réchauffe, ça s'apprivoise, et vous, vous en êtes le musicien. Si vous voulez que ça sonne juste, il vous faut jouer un petit peu chaque jour. Non pas pour performer, mais pour garder la connexion vivante entre votre corps, votre respiration et votre parole. La clarté, ce n'est pas une révélation soudaine, c'est une habitude. C'est un ancrage dans la régularité. Chaque fois que vous respirez consciemment, que vous posez une phrase sans vous précipiter, ou que vous laissez un silence au lieu de combler, vous construisez une présence musculaire. C'est comme les squats, si vous faites du sport. Et c'est ça qui fait toute la différence. La confiance ne vient pas avant la pratique, elle vient avec la pratique. Alors on termine avec l'exercice numéro 5, le rituel de centrage vocal. Voici un rituel très simple à faire le matin avant une réunion ou avant votre prise de parole. Il prend 4 minutes, pas plus. Mais ces 4 minutes peuvent changer toute votre énergie. Numéro 1, vous commencez par fermer les yeux et respirer. Posez une main sur votre ventre, l'autre sur votre poitrine et vous inspirez sur 4 temps. Vous retenez votre souffle 2 secondes puis vous expirez lentement sur 6 temps. Ce n'est pas un simple exercice de relaxation, ça c'est de la physiologie pure. En allongeant volontairement l'expiration, vous stimulez votre nerf vague. C'est le signal que votre corps utilise pour activer le système nerveux parasympathique. Celui qui dit à votre cerveau de quitter le mode stress pour revenir sur un mode calme et sécurité. Faites cette boucle trois fois. Sentez comme votre corps, votre souffle redescend, comme votre rythme cardiaque ralentit. Vous le sentez physiologiquement. Vous devez le sentir déjà, rien qu'en écoutant l'exercice. Numéro 2, le son d'ancrage. Vous choisissez une voyelle. Le O, le A, le N. Et vous allez laisser vibrer cette voyelle sur une longue expiration. Par exemple, ça va donner... Aaaaaah. Il n'y a pas besoin de chanter juste. Vous laissez juste la vibration voyager dans le corps. Et vous essayez de voir où est-ce que ça résonne. Dans la gorge, dans la poitrine, dans le ventre. C'est ici que se loge la stabilité de votre voix. Dans cette zone. Ce son, c'est votre encre. A chaque fois que vous le refaites, votre système nerveux s'en souvient. Je peux parler sans forcer. Numéro 3. La phrase d'intention. Choisissez une phrase courte que vous allez répéter à voix basse avant de parler. Par exemple, ça peut être Je parle avec calme et clarté. Ma voix est posée, ma parole est précise. Je n'ai rien à prouver, juste à partager. Dites-la en respirant calmement. jusqu'à ce qu'elle s'installe dans votre rythme. Ça fait un petit peu développement personnel comme ça. Mais essayez-le vraiment. Parce que l'intention, c'est le souffle de la parole. C'est elle qui donne le ton. Et bien avant les mots, mots. Faites-le chaque jour, même juste une petite minute, même 30 secondes, avant un appel, avant un entretien, avant une discussion difficile. Votre corps va apprendre à reconnaître ce signal. Il va se dire, ah là on parle depuis un endroit calme. Et à force, votre voix ne cherchera plus à impressionner, elle cherchera simplement à exprimer. C'est là que le charisme naît, dans la tranquillité intérieure, pas dans la performance. Vous venez de traverser quatre étapes. observer, nourrir, structurer, ancrer et si vous regardez bien elles suivent le même chemin que la voix elles naissent du souffle se nourrissent des mots se structurent dans le silence et s'ancrent dans le corps c'est un cycle et ce cycle c'est celui de la présence chacune d'elles agit comme une couche de présence et ensemble elles transforment votre manière de parler et d'exister quand vous prenez la parole. Parce qu'il ne s'agit pas de devenir quelqu'un d'autre. Il s'agit de redevenir audible à soi-même. Parler clairement, ce n'est pas apprendre à mieux parler. C'est réapprendre à écouter. Votre rythme, votre intention, votre espace intérieur. Chaque silence devient une ponctuation. Chaque mot... Une offrande, chaque respiration, une reprise de pouvoir. Et plus vous pratiquez, plus vous sentez que la clarté ne dépend pas du volume, mais de la cohérence entre ce que vous pensez, ce que vous ressentez et ce que vous osez dire. La voix ce n'est pas le statut, elle donne le statut. Et plus vous apprenez à l'habiter, plus votre présence devient naturelle, stable, rassurante. Alors rappelez-vous. Vous n'avez rien à prouver, vous avez juste à vous accorder.