- Speaker #0
Bonjour et bienvenue, chers amis, Cédric Esserméant à l'appareil. Aujourd'hui, nouvel épisode, redéfinir le vrai succès avec Laetitia Martos. Dans cet épisode assez particulier, elle va nous partager son parcours unique où elle est passée de consultante marketing à quelqu'un qui révèle les âmes des entrepreneurs. On va plonger dans son univers incroyable des cerveaux délicieux, comme elle l'appelle, là où la liberté, la puissance personnelle et le leadership se combiner. Vous allez pouvoir découvrir comment est-ce qu'elle a transformé sa vision du travail en quelque chose de très différent. Elle a cultivé un héritage familial très particulier qui ressemble beaucoup à... En tout cas, il y a une vraie connexion dans ce qu'elle a créé par rapport à ce à quoi nous, on aspire et ce que nous, on voit comme étant la réalité qu'on veut vivre. Et puis, elle a créé un château. Et vous allez découvrir un petit peu de quoi il est question ici. J'ai adoré cet échange profond avec elle, inspirant plein d'humanité, qui va redéfinir les notions de succès et de performance équilibrées bien sûr. Bon épisode à vous. Bienvenue dans l'art et la science de la performance équilibrée. Il est temps d'en finir avec cette culture absurde du sacrifice, alors on va découvrir les mécanismes qui vont te permettre de créer une vie géniale à tout point de vue. Tu bâtiras chaque jour un peu plus le plus bel héritage que tu vas léguer à tes enfants, l'art et la science de la performance équilibrée. Chers amis, bonjour et bienvenue ! Ici Cédric Esserméan, je suis ravi de vous retrouver aujourd'hui accompagné de Laetitia Martos. Bonjour Laetitia et bienvenue à toi !
- Speaker #1
Bonjour Cédric, merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Avec grand, grand, grand plaisir. J'avais hâte à ce rendez-vous parce que vous voyez les amis, c'est une entrevue, une conversation un petit peu particulière. Laetitia, je viens de l'apprendre, ne travaille plus depuis le 24 avril, c'est ça que tu m'as dit ?
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Depuis le 24 avril 2024, Laetitia ne travaille plus. Pour autant, elle n'est pas à la retraite, elle n'est pas retraitée, elle n'est pas au chômage. Donc, il va falloir que tu nous expliques ça. Et puis que tu nous expliques aussi cette histoire de... Il y a une histoire de château. Avec des pièces, du jardin et des choses un peu... Ça a piqué ma curiosité, très clairement. Mais avant d'y aller, avant d'y aller... Et je vous rappelle qu'on garde quand même le cap de ce podcast, on garde quand même l'axe général qui est de comment est-ce qu'on peut renverser finalement cette culture du travail souffrant et proposer une culture de l'expansion naturelle. À cet endroit, Laetitia a plein de choses à nous raconter. On va parler un petit peu de ton passé, Laetitia, si tu veux bien, de ton expérience en tant que consultante en gestion de projet. communication marketing externalisée, donc auprès des entreprises. Toi, tu es à ton compte depuis... Tu es entrepreneur depuis 10, 11, 15, je ne sais plus.
- Speaker #1
11 ans. 11 ans.
- Speaker #0
Voilà. Et donc, tu as fait ce métier-là pendant un certain temps. Tu travaillais dans les entreprises, communication marketing. Bon, a priori, quelque chose de tout à fait normal. Sauf que... Sauf que... Tu arrives avec des valises pleines de quelque chose d'autre, toi, quand tu débarques dans une boîte. Et tu m'as partagé que... Les gens t'engageaient pour faire de la com et du marketing, et en fait, ce n'est pas du tout ça que tu faisais. Est-ce que tu peux préciser ?
- Speaker #1
C'est exactement ça. Alors en fait, si tu veux, j'ai mis plusieurs années à me rendre compte de ce phénomène, vraiment. J'arrivais comme si j'étais déguisée. Donc, mon déguisement, ma carte de visite, ce qui permettait que je rentre, c'était... je fais de la direction marketing et communication externalisée donc je vais résoudre tous vos problèmes marketing et comme vous aurez plus besoin de vous en occuper alors ça ça parlait très fort alors alors besoin tu vois voilà ok et en fait moi j'avais 100% de dirigeants hommes ah oui tu vas il ya onze ans l'entrepreneuriat au féminin c'était quand même pas ce qu'il est aujourd'hui et du coup en fait on se mettait autour de la table pour exprimer leurs besoins montagé avec que le dirigeant ou le dirigeant avec ses associés. Et là, en fait, dès les premières minutes, on parlait d'autre chose. Il y avait leurs femmes qui débarquaient dans l'histoire, leurs ex-femmes, leurs enfants, leurs études qu'ils avaient faites ou ratées, ce qu'ils avaient eu le droit de faire gamin ou pas gamin. Et moi, je me retrouvais dans ce genre de configuration, et c'était normal, puisqu'en fait, je n'avais jamais connu rien d'autre que ça. Et puis, à un moment où j'ai voulu me retirer pour réfléchir sur tout ça, j'ai dit à mes clients, écoutez, là, je vais faire un peu une pause, j'ai besoin de me recentrer, de voir la direction que va prendre ma société aujourd'hui. Du coup, je leur ai trouvé des intervenants pour me remplacer. Et là, ils m'ont demandé d'assister au premier rendez-vous. Évidemment. Donc, j'ai assisté au premier rendez-vous. Et là, j'ai découvert que ça ne se passait pas du tout comme ça avec eux. Sauf que ça faisait déjà huit ans que je faisais ce boulot. Tu vois, ce n'était pas genre j'ai fait ça six mois. Et là, j'ai découvert.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as découvert ?
- Speaker #1
Et j'ai découvert que j'étais déguisée. que j'étais déguisée. Au lieu d'arriver en disant j'arrive dans votre entreprise pour renverser tous les dogmes et tout ce à quoi vous croyez jusque-là, je faisais de la communication e-marketing. Tu vois ? Et je suis certaine qu'ils ne m'auraient certainement pas contractée si je leur avais dit direct. Alors attendez, tout ce à quoi vous allez croire, après mon passage, vous n'y croirez plus. Tu vois ? Parce que c'est un peu déstabilisant. Et puis en plus, moi, j'avais des hommes, leur boîte fonctionnait déjà, ils venaient pour de l'expansion, donc ils n'étaient pas là pour renverser quoi que ce soit.
- Speaker #0
Ben non.
- Speaker #1
C'est bien.
- Speaker #0
Ben oui.
- Speaker #1
Et du coup, en fait, quand j'ai commencé autour de moi à dire à mes confrères, parce qu'il y avait beaucoup d'hommes dans le digital, dans la technique, il y a quand même toujours beaucoup d'hommes, et bien quand je leur disais que je connaissais leur femme, que je connaissais les soucis de santé de leurs enfants, que je connaissais les soucis scolaires de leurs gamins, ils me disaient, mais tu as le temps de faire ça quand ? Vous en parlez à quel moment ? Je veux dire, ça vient quand sur le tapis ? Tout de suite !
- Speaker #0
Tout de suite et tout le temps, du coup, c'était ça que tu faisais en fait ?
- Speaker #1
C'était ça que je faisais, j'ai des souvenirs de clients. J'avais un client qui était au Caraïbe, on s'était retrouvés à Lyon, tous les deux dans un hôtel là pour bosser ensemble. Je me souviens, je rentre à la maison et mon mari me dit Bon, vous avez bien bossé avec Dominique ? Je lui dis Ça dépend. Il me dit, mais comment ça, ça dépend. Je dis, ben en fait, on a parlé de sa femme, de ses enfants et de sa vie pendant 9 heures. Il me dit, mais vous étiez pas censé poser la stratégie pour l'année prochaine ? Je dis, oui, mais ça, on le fera. Il me dit, mais attends, il est pas venu à Lyon pour... Ben si, en fait, apparemment.
- Speaker #0
Apparemment, ouais, c'est ça. Ça veut dire, Laetitia, que finalement, tu te laissais porter par ce qui se présentait et tu amenais pas un... un cadre de contrôle rigide, mais c'était j'accueille ce qui vient et je traite ce qui est là. Et finalement, naturellement, les gens venaient se déposer auprès de toi.
- Speaker #1
Exactement. Et même quand il y a un cadre, ça se passe quand même. Si tu veux, avant ça, je bossais en corporate dans des entreprises classiques. J'ai bossé chez Apple. Donc, de l'extérieur, Apple, ça donne l'impression d'une entreprise créative. Mais en termes de travail, c'est absolument pas créatif. Même au contraire, on va dire. On t'affiche le joli canapé et le baby-foot, mais en fait, c'est une méthode de travail du fordisme, sauf qu'il y a un ordinateur. Et du coup, je me souviens, j'avais des clients au téléphone qui avaient un problème avec leur matériel. Donc, le cadre était très concret et même là, ça se passait. Et je me souviens, mes collègues, on était en open space, on était 350 dans l'open space, c'était facile d'entendre les conversations des autres. Et on me disait, mais comment c'est possible ? Mais moi, je peux voyager avec mes clientes d'Apple à travers le monde. Vous viendrez à la maison et on devait refuser les cadeaux, mais sinon j'aurais reçu des cadeaux du monde entier. Parce qu'ils se tissaient une relation dans l'intime alors que le cadre était posé.
- Speaker #0
Où est-ce que ça les amenait tout ça ? Parce que, évidemment, l'histoire est géniale. mais c'est quoi le bénéfice que les gens en tiraient ? Parce que tu parles de cadeaux, donc nécessairement, ils étaient contents de la livraison, même si ce n'était pas ça qu'ils avaient acheté. Avec quoi les gens repartaient en dehors de... Alors, j'imagine qu'ils repartaient avec des transformations intérieures, parce que finalement, tu nous dis que c'est ça que tu faisais. Est-ce que la com et le marketing étaient quand même adressés ? Est-ce qu'il y avait quand même des lignes qui bougeaient à cet endroit-là ? Parle-nous un petit peu de ce qui sortait des accompagnements que tu proposais.
- Speaker #1
En fait, si tu veux, eux, ils... ils payaient pour un livrable très clair, la communication, le marketing, une problématique matérielle quand je bossais en corporate, etc. Donc ça, c'était adressé parce que moi, je baigne et j'étais biberonnée dans la performance. Donc ça ne me venait pas à l'idée de ne pas livrer ce pour quoi les gens l'avaient payé. Voilà, jamais ça ne m'aurait traversé l'esprit, tu vois que ça arrive ça. Donc du coup, quand je voyais mes clients, il se passait ça. Quand j'avais un client là, dans les oreilles, au téléphone, au casque, etc. Il se passait une transformation, mais le travail était fait quand même par ailleurs. Et tu vois, même dans mon vocabulaire, je te dis, le travail était fait par ailleurs. Comme si le reste, ce n'était pas du travail.
- Speaker #0
C'est ce que j'ai entendu, j'allais revenir là-dessus.
- Speaker #1
Tu vois, et en même temps, ce n'était pas ce pour quoi les gens avaient payé. Tu vois, genre, ils viennent faire de la communication marketing, communication marketing où les deux... Ils n'appellent pas un coach. Ils ne viennent pas en séance d'hypnose. Ils ne viennent pas en séance de transformation de dirigeant. Bon, alors déjà, il y a 11 ans, on va se le dire, ce n'était pas super courant. Mais ils ne venaient quand même pas pour ça. Si tu veux, je faisais les deux. Sauf qu'eux, ils payaient un.
- Speaker #0
Oui, oui. Ce que j'aime beaucoup dans l'histoire que tu viens de nous partager, dans les histoires, c'est le... L'intégration des préoccupations avec la conjointe, puisque tu avais des hommes, donc du coup, c'était avec madame, et avec les enfants. Donc, il y avait tout un volet familial, personnel, de l'entrepreneur, et familial, donc le couple et les enfants, qui intervenaient alors qu'au départ, la demande, et donc le cadre de travail qu'ils étaient censés avoir avec toi, était business. Quand ? Quel est... l'impact sur l'entrepreneur et donc sur sa boîte d'avoir dénoué des situations personnelles et familiales finalement.
- Speaker #1
Alors, moi quand j'y arrivais, c'était dans l'autre sens. C'est-à-dire, on était là pour faire un site internet, on arrivait au référencement, et là j'avais devant moi un homme, 45 ou 50 ans, 90 kilos, 50 salariés. Non, moi je ne veux pas ma photo sur le site internet. Ah oui, c'est fâcheux parce qu'en fait, il y a tous les salariés. Du coup, et là, tu ne peux pas dire, ok, je ne mettrai pas votre photo, ou bien, allez, tu te fais faire une photo, tiens, je t'amène chez un photographe, on se fait trois photos, ou je te fais les photos, ne t'inquiète pas. Non, tu sais bien qu'il se joue autre chose que la photo sur le site internet, tu vois.
- Speaker #0
Alors, pour toi, c'est évident, en tout cas.
- Speaker #1
Exactement. Et là, du coup, s'ouvrait une conversation, mais tu vois, ça partait de quelque chose de très business. Je disais, ok, là, qu'est-ce qui est en train de se jouer ? Et là, l'histoire se racontait, ben voilà, j'ai une ex-femme, on s'est quitté en mauvais terme, voilà ce qu'elle me reprochait, on est huit ans plus tard, voilà ce qui se joue, puis mon image, puis j'ai vieilli, puis j'ai 50 ans, et machin, et j'ai trois cheveux blancs par-ci, et j'ai un peu de gras sur ça. On avait toujours le problème de la photo sur le site internet, cela dit, à ce moment-là. Et puis après, se poser la question de l'exemplarité par rapport aux salariés. Donc, j'ai demandé l'image aux salariés, si moi, je ne les demande pas, alors que moi, j'avais des entrepreneurs et des dirigeants ultra engagés socialement. Du coup, ça venait… Ah oui, mais du coup, je n'aurais pas dû demander. S'il faut, il y a des gens qui l'ont mal perçu. Il faut que je rencontre chacun de mes salariés pour voir comment ils l'ont vécu. Mais je ne sais pas si j'ai les bons mots. Au début… sur une histoire de photos tu vois ça fait vite des nœuds dans la tête ça exactement donc ça venait d'un petit truc opérationnel concret de tous les jours et est en fait ça faisait écho dans la vie personnelle ou bien ça faisait écho chez leurs enfants oui ben j'ai coupé les plombs avec l'un de mes enfants je veux surtout pas qu'ils voient comment je suis devenu je suis pas fier je mon image mon corps j'ai fait des choses que j'aurais pas dû faire Ok, du coup, on fait quoi ? Et là, il fallait, à mon sens, j'adresser le problème. Et de fait, en conclusion, on avait l'action qui en découlait, si tu veux. C'était simple, là, c'était fluide. Mais on résolvait le vrai problème, tu vois.
- Speaker #0
Voilà, et c'est exactement ce que j'allais reformuler, ça. C'est-à-dire qu'il y a le symptôme de surface, c'est une question de photo.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Faiter le symptôme, ça serait... Je t'emmène, je te prends, je t'emmène dans un studio et on va faire cette foutue photo et ça sera réglé. Mais le vrai problème en dessous qui est bien planqué, c'était des histoires de positionnement personnel vis-à-vis du monde, vis-à-vis de la famille, vis-à-vis du couple, vis-à-vis de leur histoire. Et là, il y a de la souffrance cachée en dessous. Et donc, c'est des évitements de souffrance. C'est bien ça. Finalement, les gens essaient d'éviter de se retrouver dans des situations compliquées pour eux.
- Speaker #1
Exactement et tu vois tu me demandais dans ta question finalement quel était le fil de tout ça. Ouais. Je t'ai dit il y avait le travail et puis le reste tu vois et dans le fameux reste... Avec moi, ce qui se présente, c'est toujours les mêmes sujets. Évidemment, tu vois, je te connais un peu, donc je sais que tu es sensible à ça, mais il y a toujours les mêmes fils, parce qu'on est qui on est. Alors moi, les fils qui se présentent, c'est la liberté sous toutes ses formes. La liberté de choix, la liberté d'être, la liberté d'exprimer, la liberté de choisir. Voilà, la liberté. Il y a la puissance personnelle. Oui, je suis dirigeante. Oui, j'ai 50 salariés. Oui, je fais 4 millions d'euros de chiffre d'affaires. Mais ? Mais moi, je ne veux pas qu'il y ait ma photo tout en haut. Non, c'est ridicule. Les gens qui font le boulot, c'est les salariés. C'est quand même... Pas que quand même. Parce qu'ils sont managés par des gens qui les amènent dans une vision, dans une mission. Ah oui. Mais tu ne crois pas que ça fait un peu présomptueux ? Non, c'est toi, tu vois. Donc, il y avait cette puissance personnelle de recadrer l'humilité avec un peu trop d'ego et de revenir à une position juste de puissance qui ne soit pas écrasante, mais je reprends ma puissance. Voilà, il y avait ça. Et il y avait aussi tout ce qui était évidemment ce que moi j'appelle le leadership, c'est personnel, c'est-à-dire… se lider dans nos propres décisions.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ça, ça revenait tout le temps. Ces trois thèmes, ça a toujours été le cas. Toujours.
- Speaker #0
Au final, pour reprendre l'exemple de la photo, au final, d'avoir bougé les lignes sur l'histoire de la photo, la personne a dû probablement, finalement, j'imagine que tu l'as amenée à ce qu'elle soit contente d'avoir sa pomme sur son site web. Quels ont été les impacts derrière, au-delà, du fait d'être arrivée à se montrer ? J'imagine que c'est là le symptôme que la personne s'est mise à oser être elle-même, assumer qui elle est, s'avouer qui elle est. Qu'est-ce que ça déclenche derrière dans l'entreprise, avec les salariés, pour eux-mêmes, pour leur vie ? Tu as deux, trois récoltes ?
- Speaker #1
Ça change tout, j'ai envie de te dire, à tous les niveaux. Ça change tout parce que du coup, tu as... t'as quelqu'un en face de toi qui reprend sa puissance. On l'a toujours, notre puissance. C'est juste qu'on l'oublie parce que la vie, la vie est là. On n'est pas chez les bisounours non plus, tu vois. Et du coup, les gens, quand ils la reprennent, tu vois, c'est comme un petit peu une aura. Ils l'ont paumé ou ça a été un peu attaqué. Et puis là, pouf, il y a le truc qui redevient tout brillant, tout joli. Et là, ça décuple tout. J'ai un dirigeant, c'était magnifique, après ce genre d'élément qui a pu arriver, il s'est autorisé, il m'a dit en fait, moi je rêve que mes salariés, la prochaine fois qu'ils vont aller dans une autre entreprise, ils puissent analyser le bilan de cette entreprise avant d'être embauchés pour savoir s'ils peuvent avoir confiance dans l'entreprise dans laquelle ils postulent. Donc c'est vraiment transformer tes salariés en gens, en personnes actives, leaders. du choix de l'entreprise, sachant qu'on était dans l'industrie. On ne parle pas de cadres, on parle de gens qui travaillent dans l'automatisme, à qui on n'a jamais donné cette culture, à qui justement on a surtout essayé qu'ils n'en sachent pas trop et qu'ils fassent le boulot dont personne n'a envie.
- Speaker #0
Sans moufter, comme ça c'est plus facile à gérer.
- Speaker #1
Ouais, si tu peux en plus, c'est vraiment royal.
- Speaker #0
Donc, ce que tu veux dire, c'est que d'avoir permis au dirigeant de déployer sa puissance, l'a amené, lui, à faire déployer sa puissance à ses salariés derrière.
- Speaker #1
Bien sûr, sauf que tu vois, souvent on a le discours qu'on ne peut pas changer le monde une personne à la fois, mais c'est faux. Moi, je ne fais que du one-to-one depuis 11 ans, parce que j'accompagne une personne par une personne, sauf que c'est des gens qui eux-mêmes ont des salariés, ils ont des clients, ils ont des partenaires, donc ce n'est pas vrai ce machin, ça dépend d'où tu pars et comment tu travailles. Donc oui, on peut changer le monde. Là, c'est un exemple. Et du coup, t'imagines la puissance que tu donnes à un salarié, parce que du coup, les salariés, quand ils présentaient le bilan chaque fin d'année, il y avait des salariés qui disaient ouais, c'est moins bon que l'année dernière, donc on gagne plus, mais à la fin, c'est quoi cette rentabilité ? Et qui disaient bon, alors ok, on a trop de rebuts, donc qu'est-ce qu'on pourrait en faire ? Il y en a un qui disait ok, on pourrait faire des lampes avec ça. Non mais là on n'est pas des artistes. Si mais moi j'aimerais bien faire ça. Ok, on te met sur le projet. Ah mais on n'a plus les mêmes conversations.
- Speaker #0
Ça change tout, en fait. Mais c'est chouette que tu nous partages ces exemples-là parce que, du coup, c'est un peu concret. Ça nous permet de saisir quel est le sens de tout échanger.
- Speaker #1
Et puis, ça peut être dans le domaine personnel. Tu vois, j'ai un client avec qui j'ai travaillé quasiment pendant dix ans. Donc, tu vois, on se connaît quand même très bien. Et ce client-là, en fait, il s'est rendu compte qu'il ne pensait pas comme les autres personnes.
- Speaker #0
C'est-à-dire ?
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'en gros, quand il pensait quelque chose, il le disait à ses salariés, il pensait que les gens avaient compris, et les gens n'avaient pas compris. Et quand il voyait le rendu, mais alors là, attends, il se passe vachement de temps. Surtout quand tu as un bureau d'études, que tu as des ingénieurs qui bossent avec toi, que tu as des assistantes, le temps perdu, c'est de l'argent. Et du coup, il me disait, je ne sais pas, ça vient de moi. Mais donc, c'était une souffrance parce qu'il se disait, je dois manquer de clarté. Et du coup, il écoutait plein de podcasts, de machins pour essayer d'avoir une meilleure diction. Ça ne se passait pas dans l'oralité, ça se passait dans son cerveau, tu vois. Et du coup, quand il a pu se rendre compte de ça, il s'est rendu compte qu'en fait, ses gamins étaient comme lui. Évidemment, il n'y a pas de... Il y a quand même très peu de magie, tu vois, ok. Et en fait, il s'est rendu compte de la souffrance que ses enfants avaient à l'école, en société, avec d'autres enfants. Ils ont changé de vie familiale.
- Speaker #0
Et oui, renversement de paradigme, prise de conscience, que ce qui était normal pour moi ne l'est pas pour le monde extérieur, donc c'est pareil pour mes enfants. Est-ce que tu nous emmènes sur, en parlant de cette personne-là en particulier, ce que toi tu appelles un cerveau délicieux ?
- Speaker #1
Oui, il y a ça aussi.
- Speaker #0
Peux-tu définir ce que c'est un cerveau délicieux pour toi Laetitia ? Parce que c'est un terme qu'on n'entend quand même pas trop beaucoup à l'extérieur.
- Speaker #1
Alors, les cerveaux délicieux, c'est en fait si tu veux dans tout simple, là on tourne beaucoup la conversation vers mes clients, comme si moi j'accompagnais mes clients et voilà. Mais moi, je me transforme aussi. dans leur transformation, j'ai des prises de conscience. Moi, quand j'assiste à un directeur qui transmet le bilan à ses salariés et qui leur donne toutes les clés, je suis là. Et je vois ce qui peut être fait parce que moi, j'ai aucune idée de comment leur puissance personnelle, concrètement, elle va pouvoir se présenter dans les actions de la vie de tous les jours, tu vois. Du coup, moi, j'apprends beaucoup. Moi, je deviens maman aussi parce que j'étais entrepreneur avant d'être maman. Je deviens maman. Et puis là, je m'aperçois que j'ai un enfant qui fonctionne de manière extrêmement normale. Bah oui, comme moi, quoi. C'est normal vu que c'est pareil que moi. Et puis en fait, je vois à son entrée à l'école que c'est pas normal. Mais moi, j'ai pas de système de comparaison, j'ai que moi.
- Speaker #0
Les autres sont tous bizarres, quoi.
- Speaker #1
Ah bah les autres, ils sont hyper étranges. J'ai des souvenirs où il y a une maman qui me dit, c'est très étonnant parce que... Avec ta fille, on a fait de la danse, tu vois, à la maison. On a fait de la danse. Et puis, pendant qu'elle faisait de la danse, elle me posait des questions sur un truc genre historique. Et elle jouait avec une balle dans sa main. Donc, la maman en question, elle avait quatre gamins, tu vois. Donc, elle avait plus d'expérience que moi. Et je lui dis, mais ça, c'est tout le temps. Elle me dit, mais j'avais jamais vu un enfant qui était capable à deux ans et demi de faire tout ça en même temps. Ah ! Bon, donc je me suis dit, c'est normal, chacun fait une différence. Puis tu vois, moi, je nourrissais beaucoup cette différence, cette unicité, parce que c'était tout ce que j'avais vu, moi, de l'extérieur, chez tous les dirigeants que j'avais rencontrés. Et puis en fait, à force de signes extérieurs, je me suis dit, il y a peut-être un truc. Et alors là, quand on m'a parlé haut potentiel, très haut potentiel, Asperger, TDAH, machin, j'ai dit, ah non, ah non, on ne repart pas dans les cases là. Parce qu'en fait, moi tu sais je suis rebelle, je suis la rebelle, je suis déguisée et puis je suis rebelle aussi. Donc tous ces codes, je veux pas, je les refuse. Du coup j'ai dit oui en fait, l'école a besoin de mettre les enfants dans un catalogue, dans des cases, pour pouvoir les gérer. Et donc ça c'est un truc qui arrange les autres, ça arrange tout le monde sauf la personne concernée. Donc on a quand même un gros problème. Donc est-ce qu'on peut l'appeler un enfant, et en fait comme tous les enfants sont spécifiques, On ne va pas les ranger par cerveau, tu vois. Voilà, sinon on va pouvoir les ranger par... Alors avant, on rangeait par gauche et droite, il y a toujours eu un truc pour ranger.
- Speaker #0
Ils sont rangés par âge déjà, parce que tu vas à l'école en fonction de ton âge, et déjà pas en fonction de tes capacités, ton niveau, quoi que ce soit. Donc déjà, juste là, on a un problème, mais continue.
- Speaker #1
Merci. Et là, je me suis aperçue, dans les conversations que j'avais avec les autres, qu'ils ne scolarisaient pas leurs enfants pour la première fois. Moi, j'ai été à l'école moi-même. J'ai fait des études longues et j'ai adoré étudier, j'adore apprendre. Et là, toutes les questions que je me posais, personne ne se les posait. Et on me disait, non mais Sia, oui d'accord, trier par âge. Bon, ok, mais qu'est-ce que tu veux faire ? De toute façon, c'est comme ça. Ah non, non, non, mais non, c'est pas comme ça. Parce qu'en fait, si tout le monde se dit que c'est comme ça... ça va perdurer et heureusement que dans l'humanité, il y a des hommes qui se sont battus. Imagine le mec qui aurait dit ouais non mais c'est comme ça, on ne va pas aller se déplacer dans le ciel, non mais c'est une grosse connerie ce truc, on ne peut pas, on se déplace avec un cheval et c'est très bien comme ça, tu vois. Donc heureusement qu'il y a eu des gens qui ont inventé des produits, des objets, des situations, le travail des femmes peut-être, le respect, l'égalité, ok. Et du coup, là, je me suis aperçue, et là, c'est la discussion avec ce client dont je te parlais, Jean-Marie, sur le fait qu'il pense différemment. Mon problème, quand il s'en est aperçu, c'est que je pensais comme lui. Donc, si lui, il est en train de détecter qu'il pensait différemment de tous les autres, ah ben merde ! On pensait pareil, tu vois. De l'autre côté, on se retrouvait, quoi, tu vois. Et là, j'ai commencé à analyser mes clients. Et j'ai dit, mais en fait, moi, je ne l'ai jamais vu parce que tous mes clients sont comme ça. Et la problématique que je rencontrais, c'est qu'il y avait des étiquettes possibles, HPI, très haut potentiel, TDAH, machin, tout ce dont on vient de parler, qui correspondaient à ces codes, mais que, parce que notre génération et la génération d'avant n'ont pas fait tous ces tests, ils étaient passés au travers de cet étiquetage possible pendant la scolarité, et surtout en bons rebelles qu'ils sont. Ils ne voulaient pas rentrer dans des cases comme celle-là, parce qu'ils avaient ressenti toute leur vie qu'ils étaient différents, et toute leur vie était composée de non, non, je suis pareil que les autres Je ne pouvais pas leur dire non, non, mais tu n'es pas pareil Et c'est là où m'est venue cette expression des cerveaux délicieusement différents, et je pense… pas qu'on dit qu'il y a 1% d'enfants aujourd'hui. Non, il n'y a pas 1%, il y a 1% d'enfants testés. Mais ça ne veut rien dire, cette norme. Déjà, il faut amener ton enfant, donc il faut penser qu'il est différent, il faut vouloir qu'il soit différent. Bref, ok ? Du coup, il y a plein de gens qui sont comme ça, mais qui ont mené toute leur vie déguisés pour bien montrer qu'ils sont comme les autres. Voilà. Et cette terminologie, elle me permet d'accompagner mes clients en disant Ok, bon, tu me dis ça, tu vois bien que ça c'est un peu délicieux pour toi, mais que quand tu en parles avec ta femme, tes salariés, tes partenaires, tes prestataires, ils ne comprennent pas là où tu veux en venir. Ils ne comprennent pas l'intérêt, ils ne comprennent pas l'enjeu, ils ne comprennent pas la vision, ils ne comprennent pas la problématique. Donc, on est d'accord, ça c'est un peu un truc de cerveau délicieux. Et là, ça ne les étiquette pas. Là, on est bon, tu vois. Et du coup, c'est une expression qui me permet d'enlever l'étiquette et à la fois de mettre des mots sur un fonctionnement qui est celui qui est.
- Speaker #0
Tu parles du fonctionnement et tu identifies, en fait, tu ne les amènes pas sur une identité avec une étiquette, tu es ceci ou tu es cela, mais... Ton fonctionnement est comme ça.
- Speaker #1
Voilà. Et puis, tu vois, en France et à l'étranger, c'est pareil. Ces étiquettes, ce sont des étiquettes un peu problématiques. Ah bah oui. C'est pas...
- Speaker #0
Mais ça relève du handicap.
- Speaker #1
Et ça relève pour certains du handicap.
- Speaker #0
J'ai une cliente qui découvre à 45 ans, parce qu'elle se trouvait effectivement dans des fonctionnements particuliers, elle essaye de se comprendre, donc elle fait des tests. Ausha bien. Le médecin lui dit, bon bah madame... Ben voilà, c'est très clair, vous êtes Asperger. La phrase d'après, c'est Bon, ben, on remplit un dossier handicap. T'imagines la violence ? Un médecin ? Mais moi, j'ai envie de l'attraper par les cheveux, la médecin, et de lui éclater la tête dans le trottoir. Tu ne dis pas ça en fait ! Mais c'est révoltant, bref.
- Speaker #1
C'est révoltant et comme moi, si tu veux, ils savent qu'ils ont un fonctionnement différent, mais comme moi je ne me bâtis pas sur la différence, parce qu'on se bâtit sur la différence quand on se bâtit en fonction d'autre chose.
- Speaker #0
Par effet de comparaison, absolument. Voilà,
- Speaker #1
mais moi je m'en fous de ça. C'est pas ça l'important parce qu'en gros, le type que j'ai en face de moi, il s'en fout d'être différent toute sa vie, il sera lui-même, tu vois. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
C'est pas les autres qui comptent. Et du coup, avec les cerveaux délicieux, c'est aussi ce côté, ça je ne l'ai pas travaillé, c'est juste parce que je le crois, je pense moi que c'est un super pouvoir.
- Speaker #0
Ah bah oui.
- Speaker #1
Et du coup, moi, tu vois, j'ai eu peur à un moment donné de m'adresser très clairement au cerveau délicieux. Je me suis dit, alors attends, déjà, moi, à l'époque, je faisais avec que des entrepreneurs, 1% de la population française, OK, des entrepreneurs au cerveau délicieux. Donc là, tu es dans le… qui ne sont pas au courant parce qu'ils ont plus de 50 ans. Tu te dis, je ne vais trouver personne, je ne vais jamais travailler dans mon truc. Et en fait, il y a une surreprésentation des cerveaux délicieux dans l'entrepreneuriat parce qu'ils n'arrivent pas. pas à comprendre les codes du travail. Parce que les codes du travail, ils ont été faits par des cerveaux très bien, mais pas délicieux.
- Speaker #0
Non, c'est ça.
- Speaker #1
Tu vois ?
- Speaker #0
Quand j'ai commencé à travailler en alternance dans une entreprise industrielle. Donc, j'ai 19 ans, je viens d'avoir mon bac, je démarre mes études supérieures en alternance, et je commence par un mois et demi en entreprise avant de commencer à l'école en septembre. Je passe mon étude. Je fais un an comme ça, donc j'avais deux semaines à l'école, deux semaines en entreprise, et en entreprise, je me garais toujours sur le même parking et je passais toujours le même portail, normal. Donc je fais mon année scolaire et puis arrive l'été d'après, juillet-août, deux mois, que à la boîte. Et donc là, c'est tous les matins le même portail. Et arrivé à la fin de l'été, je me dis, je ne peux plus le voir en peinture, ce portail. Et je me rappelle, je me dis, je n'ai même pas encore mon diplôme, je ne peux déjà plus, quoi. Le même portail pendant 40 ans. vous m'avez déjà perdu les gars la deuxième année a été difficile parce que ce sentiment d'être prisonnier tu vois je me retrouve dans tout ce que tu dis il doit y avoir du délicieux dans mon cerveau aussi c'est sûr et si tu veux ce truc du délicieux c'est se dire soit
- Speaker #1
t'as le côté on remplit un dossier médical parce qu'en fait alors attendez on a un petit problème La société a été faite comme ça avec le portail tous les jours pendant 40 ans. Alors, du coup, on a trouvé une solution pour que vous acceptiez le portail. Il n'y a un problème que quand on essaye de faire rentrer un carré dans un rond. Ça ne peut pas. Au lieu de se dire, OK, madame, bonjour, on a détecté que vous étiez Asperger. Alors, génial. Les Asperger, on en a besoin dans les plus grandes compagnies au monde pour innover. On a besoin de votre cerveau parce que vous, les codes sociaux, vous ne les comprenez pas. Du coup, si on veut se réinterroger dans le monde de l'entreprise sur les codes sociaux qu'on a, vous allez nous faire un audit de tout ce que vous ne comprenez pas chez nous. Ben oui, parce qu'un Asperger, il arrive, il est... Avoir quelqu'un Asperger dans une entreprise, c'est une bénédiction.
- Speaker #0
Tu m'enlèves les mots de la bouche. Tu vois ? Et c'est vraiment une question d'état d'esprit, c'est est-ce que je vois ça comme un... problème ou est-ce que je vois ça comme une opportunité ? En chinois le mot crise, crise se dit y jie, il y a deux idéogrammes collés pour dire un seul mot de cinq lettres. Y ça veut dire menace, problème et jie ça veut dire opportunité. Donc les chinois dans leur langue savent que crise ça intègre les deux notions et après c'est laquelle des deux tu regardes ?
- Speaker #1
Exactement tu vois et du coup moi je veux pas chez moi... Il n'y a pas de... Moi, le discours avec mon enfant, je ne lui dis pas tu es différente Elle est différente de qui ? Quand elle est avec des enfants qui ont un cerveau délicieux, elle n'est pas différente.
- Speaker #0
Oui, ça ne veut rien dire.
- Speaker #1
Oui, ça ne veut rien dire.
- Speaker #0
Justement, justement, justement, c'est un point important que je voulais aborder avec toi, c'est le... Tu as parlé de leadership personnel. Oui. Notre capacité interne à driver notre propre truc. Mais mécaniquement, tu as pris l'exemple de cet homme-là, l'histoire de la photo, où en se permettant de se reconnecter grâce à toi à sa puissance, ça a redéversé sur son entourage professionnel. J'imagine que mécaniquement, avec tous tes clients depuis 11 ans, il y a eu la même chose sur le personnel et le familial aussi. Ce qui a tendance à amener un changement, ce que toi tu fais avec eux qui crée un changement de posture personnelle, va amener un changement dans la culture familiale probablement, non ?
- Speaker #1
Ah mais c'est sûr ! Tu vois, moi j'ai le souvenir quand on est passé chez nous en instruction en famille, donc on a été à l'école tout ça, puis on a bien vu qu'il y avait un machin qu'on n'avait pas, tu vois. Il y avait une clé là, bon, nous on l'avait pas. Donc du coup, on n'avait pas 36 000 choix. Au début, ce n'était pas vraiment une volonté. On est passé en instruction en famille. Ce jour-là, j'appelle mes clients. Je n'ai que des hommes. J'ai déjà pris la décision. Mon enfant est sorti de l'école. Et là, j'appelle mes clients et je leur dis voilà. Moi, je suis en direction marketing externalisé. C'est-à-dire que les mecs, ils ne savent pas ce qui se passe en marketing et comme. Ils ont les leads qui arrivent et ils ont les commerciaux qui traitent. Et là, j'appelle et je leur dis, voilà, on va passer en instruction en famille. J'ai un enfant de 3 ans et demi. Je ne serai plus disponible jusqu'à 17h30, 18h, tous les jours. Donc, je comprends si vous vouliez chercher quelqu'un d'autre. Et tous, 100%, que des hommes, qui ont des enfants qui sont grands, qui me disent, c'est génial, on te suit à fond. Donc là, par rapport à tout ce qu'on te dit, les hommes... la maternité, dans l'entreprise. Alors là, tu te dis, bon, ce n'est pas la réalité de tout le monde. Donc, il faut aussi replacer les médias, ce qu'on te dit, ce que tu crois, ce que tu vois, etc. OK. Donc là, soutien total. Ils m'ont dit de toute façon, ils m'ont dit, si on fasse nos rendez-vous à 15h30 ou à 17h30, ça ne change rien. Nous, on n'a plus d'enfants à la maison. Très bien, parfait. Ou bien, j'avais un client, il était paysan boulanger. Il avait une très grosse structure. Et du coup, il faisait son pain la nuit, il travaillait super tard. Et du coup, on s'appelait une heure du matin, deux heures du matin. Ça nous allait bien, c'était nos petits rendez-vous nocturnes. Lui, il faisait son pain, moi, j'étais dispo. Donc, si tu veux, ça demande de faire exploser toutes les normes. Mais en cerveau des messieurs, vu qu'on n'en a pas, vu qu'on ne comprend pas celle des autres, c'est facile, tu vois, parce qu'en fait, il suffit juste de recréer.
- Speaker #0
Tu crées les tiennes, de normes.
- Speaker #1
Tu crées les tiennes, voilà. Bon, je t'en reparlerai, mais voilà. Et du coup, pour répondre à ta question, ce client-là, il me dit, en fait, à la maison, ça ne va pas, les enfants, ils sont en souffrance, etc. Moi, mes clients, ils ne m'appellent jamais. Je n'ai pas d'appel, on n'est que sur rendez-vous. Et donc, je sais quand est-ce que je vais les avoir au téléphone. Et là, un jour, je vois un appel en absence sur mon portable. Et là, je me dis, pour qu'ils m'appellent, il y a un gros truc. Je le rappelle, il me dit en fait je voulais que tu sois la première à savoir, on a déscolarisé les quatre enfants. Et en fait, ce n'était pas la déscolarisation, mais c'est ça y est, on a choisi.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça représente ?
- Speaker #1
Mais bien sûr, je suis entrepreneur, j'ai trois sociétés, j'ai quatre gamins, on les déscolarise. Ne viens pas me dire qu'il faut que les enfants… Non, en fait, ça veut dire je dégomme tout ce en quoi moi-même… Je pensais, parce que du coup, ma vie entrepreneuriale, mes trois sociétés, mes salariés, ils avaient trois sites de travail, plus quatre enfants déscolarisés.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça veut dire pour la famille derrière ? La longue traîne de ça, qu'est-ce que ça change pour la culture familiale ?
- Speaker #1
Ça change que je connais le conjoint de 100% de mes clients. Ça veut dire que quand j'ai un rendez-vous en visio et qu'il y a le conjoint... ou la femme d'eux ou machin, ils viennent me dire bonjour.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que ça change pour eux dans leur culture familiale ? Dans ce cas-là précis, le gars déscolarise ses quatre enfants, qu'est-ce que la langue traîne, le changement interne de la famille et de la culture familiale, qu'est-ce qu'a changé derrière ?
- Speaker #1
Ah ben en fait, ça devient tout possible parce que du coup, je vois ça chez mes enfants, du coup je commence à détecter chez mes salariés que j'ai aussi des gens qui finalement sont délicieux. Donc comment je vais utiliser les talents de chacun ? Je me rends compte aussi que j'ai fait des recrutements qui n'étaient pas OK parce qu'ils ne collent pas avec mon fonctionnement, donc comment je fais. Et du coup, la place des enfants dans le travail, parce que les enfants, il faut bien comprendre que quand même, moi, je vais devoir aller travailler. Et du coup, on a là des enfants avec un nouveau, moi, j'appelle ça un héritage. Ils ont là un nouvel héritage, au-delà de l'héritage financier, de la transmission, de la culture, des valeurs, de la religion, de machin. Ils arrivent avec un nouveau champ de possible. Tu vois, un exemple concret, j'ai un client là, très gros poste, il se met à son compte. et puis en fait cerveau délicieux aussi se rend compte qu'il peut il pourrait faire à la moitié du temps donc il diminue son temps de travail par deux donc ils bossent plus l'après midi l'après midi va faire du vélo laetitia je peux pas faire du vélo l'après midi un mardi quoi ah bah si si tu peux faire tout ce que tu veux il dit non mais attend moi j'ai des enfants qui vont faire parcours sup ça fait trente ans pas trente ans mais du coup ça fait 18 ans que je leur dis qu'il faut se le mériter, qu'il faut bosser, qu'il faut machin. Je ne peux pas aller faire du vélo le mardi après-midi, tu vois, pendant que ma femme fait 60 heures par semaine. Ah ben, qu'est-ce que tu veux, en fait ? Ok, mais qu'est-ce que tu veux ? Donc, tu peux travailler dans la moitié du temps. Est-ce que tu te mets en première tes pépères, et tu mets toute la journée pour faire un truc qui te prend trois heures ? Ou est-ce que, en fait, tu es capable d'accepter aujourd'hui que tu pourrais faire du vélo sans que ça ne change strictement rien pour ton business ? Et du coup, évidemment, il est allé explorer ça, mais au niveau familial, ça a changé l'héritage. Parce que ces gamins qui sont en train de faire leur choix d'études pour leur prochain choix professionnel, ils n'ont plus le même héritage. Ils n'ont plus le même héritage social ni sociétal. Parce qu'en fait, on peut travailler différemment. Parce qu'en fait, la performance, on peut l'obtenir autrement. Parce qu'en fait, le résultat, on peut l'obtenir autrement. Mais ça veut dire... qu'avant tout ça, il faut que moi je me connaisse. Ça veut dire que je suis libre. Ah mince ! Et du coup, ma liberté, ça a quelle tronche ? Ça ressemble à quoi ma liberté quand j'ai 16 ans, quand j'ai 15 ans ? Ça ressemble à quoi ? Je ne sais pas. Et lui, il n'avait pas les réponses. Donc, il y a eu, même dans son couple, des trucs du genre Ouais, non mais toi, c'est bon, avec ce que tu fais, tu peux… Voilà, donc genre… Tout le monde partait laisser les bols dans l'évier, quoi. Enfin, ils ont 16 ans, ils peuvent nettoyer leurs bols, tu vois. Voilà. Ou bien les bols sur la table. Et du coup, c'est comment moi, en tant qu'homme qui travaille maintenant depuis la maison, libre, qui travaille que le matin, je vais pouvoir dire à mes enfants de nettoyer leurs bols. Parce que réellement, je peux le faire en vrai. J'ai le temps de le faire.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas la question. Mais ce n'est pas la question. Et j'aime beaucoup quand tu parles d'héritage. Parce que c'est un terme que j'utilise moi-même. Je dis souvent que le véritable héritage, ce n'est pas de l'immobilier ou de l'argent, de ce qu'on va léguer à nos enfants. C'est la culture familiale. C'est comment est-ce qu'on voit la vie. Et comme tu l'as dit, au-delà du système de valeurs qui est très mignon, mais c'est comment elles sont appliquées ces valeurs. Parce que bien souvent, j'entends des chefs d'entreprise qui me disent Non mais moi, de toute façon, ma famille, elle est au-dessus de mon travail. C'est en termes de priorité. D'accord, fais-moi voir ton agenda. Parce que dans les faits, en fait, ce n'est pas vrai du tout. Donc, à quel point tu es aligné ? Et du coup, lorsque tu te mets à être aligné, à ne pas travailler le mardi, à aller faire du vélo, non seulement tu dis à tes enfants qui peuvent avoir beaucoup plus de liberté que juste fités dans le système, bon an, mal an, et bien souvent de façon contrainte, mais c'est surtout que non seulement tu leur dis, mais tu leur montres. Bien sûr. Et pour moi, ça change tout. Le vrai leadership, il est là.
- Speaker #1
Mais c'est clair. Et si tu veux, pour moi, cette exemplarité, ce n'est pas je te donne l'exemple, tu dois le suivre. Je te montre un exemple pour que toi tu fasses le tien.
- Speaker #0
Exactement, mais au moins, ça montre qu'il y a quelque chose d'autre qui est possible.
- Speaker #1
Mais c'est hyper inconfortable, parce que du coup, tu as des questionnements d'enfants de tout âge, parce que malheureusement, ce sera toujours nos enfants, même adultes, et ça pose des questions existentielles. Quel est le sens de mon existence là-dedans ? Et quand j'ai pris la décision d'arrêter de travailler, j'avais besoin d'une décision aussi forte que celle-là pour remettre en question tout ça, moi. Mais c'est des choses extrêmement simples. Mais ton enfant qui te dit, Ouais, alors j'ai fait ça, puis j'ai réessayé, puis j'ai réessayé, et puis pouf, j'y suis arrivée, je suis trop fière de moi. Et là, ça te pose à toi-même la question, est-ce qu'il y avait besoin de ça ? puisque quand tu n'as plus de code, et du coup là où en automatisme, on aurait pu dire, oui tu sais dans la vie, on n'a rien sans rien, parce que réellement c'est ce que nous on a construit pendant 40 ans, et te dire, et moi je me souviens j'ai eu cette discussion en famille, en disant, tu vois j'allais te dire que dans la vie on n'avait rien sans rien, mais je crois que je ne suis plus d'accord avec cette phrase, parce que je crois que ce n'est pas la mienne. Mais du coup là, on n'est plus le parent qui sait, non, on est le parent qui s'interroge, on est un peu le pèlerin, tu vois. Et du coup, c'est mon coco, moi je suis sur mon chemin, je rencontre mes propres difficultés, donc trace ton chemin, je veux bien t'aider quand je sais. Mais je ne suis pas l'unique référente, ça. Va regarder dans le monde. Va voir ce qui se fait. Va te faire tes propres opinions. Et c'est toujours beaucoup plus difficile d'avoir ce genre de discussion parce qu'on se positionne, nous, en non sachant. Je ne sais pas. Par contre, je peux t'aider à aller trouver tes réponses. Ça, je peux le faire.
- Speaker #0
Et là, ça casse encore un peu le code du parent qui sait et qui sait tout et qui est l'autorité mécanique en étant juste à nouveau un humain. qui des fois sait, puis des fois il ne sait pas, et puis ce n'est pas grave.
- Speaker #1
Voilà ! Et puis ce n'est pas grave, tu vois. Et ça, dans l'héritage dont tu parlais dans la famille, moi je me dis, ben quel bel héritage de se dire, ben je ne sais pas tout. Et comme j'ai vu maman, comme j'ai vu papa, comme... Ah ben en fait, ça c'est possible ! Et moi je me souviens, à table, le jour où j'ai annoncé que j'ai arrêté de travailler, moi je suis le seul revenu. mon conjoint s'est arrêté de travailler parce que mon business se générait suffisamment pour qu'il s'arrête de travailler donc déjà si tu veux on arrive dans une formule t'es un homme en 2024 tu t'arrêtes de travailler parce que c'est ta nana qui gagne plus et largement plus bon déjà quand t'arrives dans des repas bon déjà au niveau des codes ça va Et puis en plus on lui dit qu'est-ce que tu fais ? Et puis tu vois, il n'a pas de projet, il n'est pas en train de fabriquer une maison, il ne fait pas un projet d'homme. Et tu dis, qu'est-ce que tu fais ? Je vis. Mais du coup ça consiste en quoi de vivre ?
- Speaker #0
Oui, on ne sait pas.
- Speaker #1
Et on ne sait pas. Et du coup, quand là j'ai dit à table, j'arrête de travailler, mais c'est hyper puissant parce que tu as en face de toi d'autres... être humain, qui dépend de ton revenu pour vivre. Et je me souviens, ma fille qui me dit, du coup, maintenant, comment on va faire pour manger ? Ah bah oui, ah bah oui, c'est quand même la seule question à se poser, comment on va faire pour manger ? Et je lui dis, c'est la bonne question, à ton avis, du coup ? Bah oui, parce que comme tu es la seule à gagner de l'argent, si tu ne gagnes plus d'argent, je dis, ok, du coup, si on ne gagne plus d'argent, comment on fait ? Et là, elle me dit, on pourrait faire un jardin potager. Oui, voilà, par exemple. Et quoi d'autre ? Et là, c'est non pas je choisis en tant que parent, c'est j'inclus dans la réflexion globale tous les membres de la famille et on génère ensemble notre vie familiale.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et ce n'est plus que le parent qui lide, c'est la famille qui lide.
- Speaker #0
Exactement comme pour les bols.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Mais tu sais, c'est comme ça qu'on a fait aussi, on devait déménager au Canada quand le Covid est arrivé, on devait s'expatrier, et puis ça n'a pas pu se faire, Covid, frontières bloquées, tout ça bloqué. Et puis ça dure, ça dure, pas vacciné, donc frontières ouvertes, mais pas pour nous, donc on part toujours pas, etc. Jusqu'à ce qu'à un moment donné, je dise, ok, conseil de famille, donc nous on a deux filles, ados, je dis, ok, voilà, le Canada, il y a des chances que ça se fasse jamais, peut-être. Plan B, on fait quoi d'autre ? Et là, on dit, on était dans des maisons entre deux, etc. On attendait de partir parce qu'on avait vendu les meubles, on avait vendu les bagnoles, on n'avait plus rien. Et là, la grande, elle dit, on n'a qu'à faire un tour du monde. Et c'est comme ça que le tour du monde est parti. C'est notre grande qui nous a dit, on n'a qu'à faire ça à la place de partir au Canada. On avait de l'argent de côté, on avait tout ce qu'il fallait. On avait un business en ligne, donc la possibilité de continuer d'avoir une activité rémunérée tout en bougeant. Et c'est comme ça que ça a marché. D'ailleurs, pour l'anecdote, elle nous a avoué six mois plus tard que c'était une blague, elle disait ça pour déconner. Mais nous, oui, mais c'est ça. Mais on a vraiment fait un tour du monde, 13 pays en 14 mois, et à chaque fois, c'était à quatre qu'on décidait quelle était l'étape d'après. Parce que comment veux-tu former et emmener des gens, des jeunes, à être des adultes responsables, si en permanence, ils ont juste à suivre les consignes de celui qui sait ? Ça n'a aucun sens.
- Speaker #1
Aucun sens. Mais par contre... ça sert beaucoup celui qui sait. Donc, si je suis le papa qui sait ou la maman qui sait, c'est facile, parce que je sais. Ou je fais croire que lui sait. Ou bien je refile ce que moi, on m'a dit.
- Speaker #0
C'est surtout ça qu'on sait, c'est qu'on duplique les schémas qu'on a reçus enfant, et puis voilà, on ne se casse pas trop là.
- Speaker #1
Et je deviens un entrepreneur qui sait. Et du coup, je sais à la place de mes salariés. Je sais. Et du coup, c'est aussi des schémas dans lesquels il y a des gens qui sont. Alors, ça, c'est des gens que moi, je ne côtoie pas dans le cadre de ma vie, mais à qui ça va bien aussi de suivre, parce qu'on leur a dit, tu fais ça, tu iras en Espagne, après tu iras au Portugal, après, ok, je suis. Et du coup, ça forge des personnalités différentes. Mais dans moi, ce que je travaille... cet héritage il est moi je sais pas faire sans parce que tout repose sur ça tout ce que je fais c'est on va créer ensemble un nouvel héritage social sociétal parce que du coup quand toi tu as ce discours et que tu racontes comment vous avez choisi comment vous faites votre voyage comment vous êtes rémunéré quand tu le raconte à d'autres quand tes filles le raconte quand ta femme le raconte ah ouais je connais un mec alors attends j'ai le copain d'un copain du cousin du frère c'est ce qu'ils ont fait
- Speaker #0
C'est contagieux.
- Speaker #1
Et ouais, et c'est comme ça qu'on crée un nouvel héritage, parce que si eux, ils l'ont fait, ben moi, mon autre truc, qui n'a rien à voir avec le tour du monde, mais parce que moi, je rêve d'aller au Tibet, on m'a toujours dit que n'y a rien, ben en fait, je peux le faire.
- Speaker #0
C'est ça. Ça ouvre, ça rend possible des idées qui jusque-là restaient au placard parce qu'elles ne rentraient pas dans les normes et parce qu'il faut travailler de 8 à 5 du lundi au vendredi. Exactement. Je... regarde le chrono, ça fait déjà 49 minutes et quelques qu'on tourne, je passerai des heures à parler avec toi Laetitia, et j'ai encore deux sujets que j'aimerais aborder avec toi, tant pis, on va dépasser un peu le cadre, comme par hasard, des 45 minutes habituelles, mais je m'en fous vraiment parce que j'ai vraiment ces deux questions-là. Tu nous as dit, je ne travaille plus depuis le 24 avril, donc ça fait à peu près trois semaines au moment où on tourne cette interview, finalement, comment tu vois... les choses que tu m'as dit, je ne travaille plus, mais je suis toujours rémunéré. Comment est-ce que tu conçois les choses ? C'est, parle-nous un petit peu du tableau que tu as brossé ici, rapidement, et ensuite, on ira vers le château.
- Speaker #1
Alors, j'ai eu besoin, comme je disais, je pars d'un contexte de le travail, la performance, les actions. Moi, j'ai deux bacs plus cinq, j'ai un MBA, je parle trois langues, j'ai été expatriée, j'ai bossé dans des grosses boîtes, je suis... over conditionné à ça. Je le dis parce que c'est important toujours de savoir de quel contexte on part. Quel est le terreau de ça. Et moi, il m'était impossible de délier la performance et le travail, la performance et les actions. Tout ça, c'était comme un amalgame de machins de trucs ensemble. Voilà. Et moi, je suis ici, sur cette planète, pour... Non pas renverser, parce que quand on renverse, du coup, on écrase quelque chose, tu vois. Mais du coup, pour rendre possible des nouveaux héritages sociaux ou sociétaux. Et pour ça, je passe, non pas en premier, mais je vise ma vie. Et après, j'ai qu'à transmettre, à dire, voilà ce que je fais maintenant à toi. OK, c'est tout ce que j'ai à faire. OK, je suis là pour ça.
- Speaker #0
Et tu transmets en montrant ce que tu fais finalement.
- Speaker #1
Je montre ce que je fais. Et puis, j'accompagne des délicieux qui se disent, Ah, ça va, ouais. un peu peur là moi moi j'aime bien être délicieux mais là ça me fait un peu peur ce machin parce que quand même on n'a pas de preuve que ça marche le machin alors je veux être différent je veux mon truc mais j'ai un peu peur voilà j'accompagne celui-là ça m'a l'air bien mais j'ai un peu peur quand même je montre et j'accompagne ces délicieux là et du coup ils n'ont pas besoin de moi ils ont envie que qu'on le fasse ensemble le chemin Et donc ce jour-là, je réalise que j'ai toujours rêvé, mon objectif ultime du travail, c'est de m'arrêter de travailler jeune. Et je dis à mon mari, en fait, je ne serais pas arrivée. Il me dit, mais ça veut dire quoi jeune ? Alors évidemment, tu sais, plus on vieillit, plus on recule la jeunesse, tu sais. Et je dis, je ne sais pas, dans ma tête, j'ai toujours eu que m'arrêter avant 40 ans, putain, c'était la classe quoi. Ouais. Il m'a dit, bah, en même temps, t'en as 39. Et là, je le regarde et je me dis, en fait, ça me fait penser, tu sais, aux gens qui vont à la retraite. Ils ont toute leur vie, ils ont mis leur vie entre parenthèses et ils te disent, alors quand je serai à la retraite, je ferai le pic du midi, j'irai randonner, machin, je vais découvrir l'Autriche, j'irai en Espagne pour voir la Alhambra. Tu te dis, mais tu peux peut-être le faire maintenant, tu vois, c'est pas des vacances.
- Speaker #0
Surtout qu'il y en a de plus en plus qui tapent un AVC ou un cancer six mois après être à la retraite.
- Speaker #1
Et du coup, ils arrivent à la retraite et ils sont malades. Et là, je me suis dit, mais en fait, c'est facile, tu vois, Laetitia, d'aller voir les gens qui disent quand je serai à la retraite, machin, et de dire, c'est intéressant, ils ont un cancer, stade 4, 6 mois, qu'ils sont à la retraite. C'est facile de le voir chez les autres. Mais en fait, ton truc, c'est un peu la même chose. Tu fais exactement le même délire, en fait, en te disant, moi, quand j'aurai arrêté de travailler, quand j'aurai arrêté de travailler. Donc en fait tu fais exactement le même truc et là c'est dangereux. Ouais. Parce qu'on peut pas tout faire à la même… Donc là tu fais…
- Speaker #0
Tu t'es dit change.
- Speaker #1
Et là, je me souviens, on était le 24 avril, et j'ai dit, j'arrête de travailler. Parce qu'en fait, ça dépend que de moi. Je n'ai pas prévu de gagner 20 millions, je n'ai pas prévu de devenir rentière, je n'ai pas prévu que mes parents deviennent richissimes et qu'ils me déploient 5 millions d'euros demain matin. Je n'ai rien prévu de ça. Mais en fait, c'est le leadership, ça c'est la décision de me dire, moi tu vois qu'il suit en instruction à une famille depuis 4 ans, je vois plein de familles qui vivent sans travailler. Alors, on va dire, oui, c'est les aides en France, machin, etc. OK, mais en tout cas, c'est un champ de possible que moi, je n'ai jamais exploré, mais qu'il y en a qui explorent et qui explorent depuis longtemps. Donc, c'est bien que mon cerveau, il a retenu deux choses. Soit il faut travailler et gagner de l'argent, soit il faut vivre du système. Maintenant, je suis sûre qu'il y a déjà tout ça. Et puis, il y a déjà tout ça que moi, je ne vois pas, tu vois, parce que je ne vois que ça. Et donc, je me suis... ça suffit de faire dépendre de l'extérieur nos décisions. Je ne le fais pour rien. Je ne le fais pour rien. Pourquoi ? Je le ferai par rapport à ça. Et du coup, je ne peux pas accompagner mes clients dans leurs super objectifs et machin si le seul mime, je ne le fais pas. Ce n'est pas possible, ce n'est pas congruent.
- Speaker #0
Et c'est ça, tu parles d'incongruence. La plupart des gens rêvent de liberté, surtout les entrepreneurs, mais pas que. Les gens pensent qu'ils sont libres. Et quand est-ce que tu pars en vacances déjà ? Ah, pendant les vacances scolaires. À quel moment tu pars en vacances ? Ah, quand ton patron est d'accord pour t'accorder les congés. D'accord. Et tu pars où ? Ah, dans ce que te permet le salaire que tu gagnes. Ok, et elle est où ta liberté là ? Il n'y en a pas tant que ça là. Il n'y en a pas tant que ça.
- Speaker #1
Exactement. Et là, du coup, ce jour-là, j'ai dit, j'arrête de travailler. Puis c'était drôle parce que du coup, j'ai vu que c'était le 24 avril 2024. Donc c'était facile au niveau de la date. Et donc je prends cette décision, j'en parle à mon famille, c'était très intéressant, etc. Moi je me lève très tard le matin, et le lendemain, je me réveille hyper tôt, hyper tôt, ce qui ne m'arrive jamais. Et je dis, là tu vois, la seule chose dont j'ai envie, c'est d'aller dans le jardin des murmures. Le jardin des murmures, qui aurait pu être connoté travail, puisque c'est le château dont on va parler, mais c'est quand même un... Un système de travail. Et là, je me suis dit, ça repose toute la question. Qu'est-ce que j'aime faire ? Et quand je ne travaille plus, qu'est-ce que je fais ? Donc, ça fait trois semaines que j'explore ça. Je ne te dis pas, je suis comme ça, j'y arrive nickel, pas travailler, c'est hyper facile. Je suis comme les vieux, tu sais qu'ils sont à la retraite, mais ils continuent de faire leurs courses à 18 heures. Moi, je suis l'entrepreneur qui a arrêté de travailler. Mais quand à 9h j'ai rien à faire, je me dis, il faudrait quand même que je fasse ma programmation pour le mois de mai. Oui, évidemment, parce que ça fait 11 ans que je fais ça, avant je travaillais déjà. Il y a des automatismes. Mon seul job, c'est d'observer tout ce qui se passe et j'en rends content. C'est-à-dire que j'enregistre tout ce que je vis pour rendre compte du chemin pendant que le chemin se fait, au lieu de le déformer plus tard. Parce que tu sais, on romance un peu toujours les choses. Et voilà. Donc là, j'ai un espace où je rends compte de tout ce qui se passe, de toutes les erreurs que je fais. Typiquement, ce matin à 9h, c'était... Bon, alors attends, avant l'interview, alors je pourrais faire ça, je pourrais faire ça. Alors attends, je vais me poser la question. Quelles sont les cinq questions que mes clients... Stop. Stop.
- Speaker #0
Donc, c'est de la déconstruction en fait.
- Speaker #1
Total. De tout.
- Speaker #0
Quand tu dis tu rends compte, est-ce que c'est partagé publiquement ça ?
- Speaker #1
Alors je le partage dans le jardin des murmures, donc pour les hôtes du château, donc dans un espace prévu à cet effet, qui n'était pas prévu à cet effet, mais que du coup j'ai prévu à cet effet. Et les partages que je fais finalement sur ce sujet font partie des partages qui sont les plus puissants pour les gens qui les reçoivent.
- Speaker #0
C'est hyper inspirant. Transition magnifique, on a cinq minutes pour parler du château. Alors, le château, il y a une bibliothèque. Le jardin des murmures, il y a d'autres espaces, je ne vais pas mémoriser, vas-y raconte. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de château ?
- Speaker #1
Cette histoire de château, moi je viens d'une famille d'immigrés, et je suis d'une famille multiculturelle, et donc en fait, je me souviens, je rentre dans des lieux magnifiques, somptueux, notamment des châteaux, des grands domaines, et je ressens que j'appartiens à ces lieux-là. En vrai, dans cette vie, ce n'est pas vrai.
- Speaker #0
Non, tu vois, je n'ai pas des parents châtelains, même à 25 générations, ce n'est pas le cas, tu vois. Donc, ok. Et donc, je ne peux quand même pas nier l'évidence de ce que je ressens dans le corps. Mais je ne peux pas nier que ce n'est pas ma réalité non plus. Et donc, je vis pendant des années une certaine frustration, parce que même si j'ai des très beaux résultats d'entreprise, je suis quand même de toute façon très loin de débourser 6 millions 5 pour acheter un château dans lequel il faut tout refaire ok et donc et donc je vis très frustré en me disant bah ouais je ressens cette évidence mais en fait ça ne fera jamais partie de mon quotidien et du coup cette frustration que même si je fais un mois à 50 mille euros c'est pas génial parce que pour avoir un château on est quand même loin du compte et du coup là je me dis il ya un truc est pas ajusté Tu ne peux pas faire des mois à 50 000 balles en faisant ce que tu aimes, en faisant l'instruction en famille, en travaillant quand tu veux, d'où tu veux, avec des clients délicieux. Et à un moment donné, il y a un truc qui n'est pas OK. Et donc, je rencontre un châtelain, 23 ans, super gars, beau, gentil, riche, puisqu'il a un château, hyper engagé, etc. Et en fait, je vois sa vie dans son château. Et là, je me dis, la perception que j'avais d'être châtelain... pas du tout moi j'aime les trucs léger j'aime les trucs fluide et là je vois qui sacrifie sa vie pour le monument historique et alors moi le sacrifice c'est vraiment un truc que je sens à 200 km et alors ça c'est pas possible donc j'en rencontre d'autres et je m'aperçois qu'ils sont dans ce sacrifice de leur vie parce qu'ils sont dans des héritages qui sont tellement longs que en fait leur vie c'est pas grave mais moi ma vie elle est ultra importante Et du coup, je me rends compte qu'il y a un truc qui n'est pas tout à fait aligné. Et je décide à ce moment-là, suite à cette rencontre-là, cette vie, je décide de créer mon château. Et je décide que mon château, il va être fluide, il va être transportable. Il va être transportable chez mes clients et que c'est en fait un espace comme un espace sacré dans lequel il se passe des choses. Et donc... Moi, j'ai le sentiment de vivre dans un château. Donc, il y a des pièces, j'ai créé des pièces dédiées où on y fait des choses particulières. Donc, le bureau rose, la bibliothèque, il y a les jardins aussi. Parce que chez nous, on a un parc et c'est vraiment une vibration particulière. Et donc, on a créé un château. Nos clients nous envoient du courrier. Le facteur toque à la porte et me dit, Laëtitia, il y a du courrier pour le château. Voilà. Et donc... Et donc, il y a tout qui se mélange. Je suis allée au marché l'autre jour, puis je rencontre une dame qui me dit Ah, bonjour Laetitia, tu es sortie du Jardin des Murmures ? Et je dis Ben oui, je vais acheter des fraises ! Voilà, et du coup, c'est toutes ces vies qui se mélangent entre le digital, ce qui se passe réellement, il y a du présentiel, voilà, donc les gens peuvent venir Ausha vivre des expériences, notamment dans le salon à cigares. Et puis, il y a aussi des espaces à distance, comme le Jardin des Murmures. Mais c'est le mélange, un peu comme quand on mélange nos vies d'entrepreneurs et nos vies de famille. Voilà, tout devient un. Et le château représente ça. C'est mon accueil, mon espace d'unité dans lequel j'accueille des autres pour faire pareil. Et donc, eux, on va faire leur unité chez eux.
- Speaker #1
Merveilleux, merveilleux. Comment est-ce qu'on peut, tous ceux qui salivent à t'écouter, comment est-ce qu'on peut garder, comment est-ce qu'on peut retrouver Laetitia ? à quel endroit est-ce qu'il y a un site web, un réseau social particulier ? C'est quoi le mieux pour connecter avec toi et avec ce que tu proposes et tout l'univers ?
- Speaker #0
Moi, j'adore tout. Et puis, tu sais, je viens d'un environnement technique. Et du coup, si on me cherche sur Google, en tapant Laetitia Martos, on trouve tout. Et j'aime donner la liberté à chacun de connecter avec l'endroit qui fait le plus écho. Voilà, moi, je sais qu'il y a des gens qui adorent les réseaux sociaux. Il y a des gens qui adorent passer du temps sur le site. On dit qu'en moyenne, sur un site Internet, les gens viennent visiter pendant 40 secondes. Un peu moins aujourd'hui. Moi, je suis en moyenne à 6 minutes. Les gens viennent visiter. Je suis dans des espaces où le temps, mes clients disent que c'est très intemporel. Chez moi, le temps est suspendu. Le temps prend du temps. On prend du temps, on fait des parenthèses. Tout s'arrête un peu. Du coup, on peut prendre le temps de choisir la porte qu'on ouvre la plus adaptée à chacun.
- Speaker #1
Merveilleux. C'était un moment fantastique. Je pense que c'est loin d'être la dernière conversation que nous aurons tous les deux, enregistrée ou pas. Mais dans tous les cas, merci infiniment, Letiz. C'était délicieux. Je garde ce mot-là pour la fin de cette entrevue, mais c'est définitivement une porte ouverte pour la suite. Je t'embrasse bien fort. Merci beaucoup pour tous tes partages qui résonnent tellement. On aura plaisir de se reparler un de ces jours. Mes amis, au plaisir de vous retrouver dans un prochain épisode du podcast. Prenez grand soin de vous. A bientôt tout le monde. Ciao.