- Speaker #0
Bienvenue dans l'art et la science de la performance équilibrée. Il est temps d'en finir avec cette culture absurde du sacrifice, alors on va découvrir les mécanismes qui vont te permettre de créer une vie géniale à tout point de vue. Tu bâtiras chaque jour un peu plus le plus bel héritage que tu vas léguer à tes enfants, l'art et la science de la performance équilibrée.
- Speaker #1
Eh chers amis bonjour, ici Cédric Essermeant,
- Speaker #0
ravis de vous retrouver pour ce nouvel épisode de l'art et la science de la performance équilibrée. Aujourd'hui on va parler du bonheur et de ses contraintes parce que c'est... Peut-être un petit peu contre-intuitif, contre-instinctif on pourrait se dire, mais en fait, être heureux ça demande du boulot. Être heureux c'est, comme le dit mon invité, c'est un sport de haut niveau. Salut Pierre Mézières, bienvenue à nouveau à toi dans ce podcast.
- Speaker #1
Bonjour tout le monde, c'est un plaisir d'être là.
- Speaker #0
Alors j'ai invité Pierre à nouveau, il se trouve que Pierre est pas juste une connaissance, c'est aussi un ami, et on a des bonnes conversations avec Pierre, avec Séverine Janssen aussi, sa chérie. et Pierre est un professionnel de la psychologie depuis plus de 10 ans. Je crois que tu as accompagné plus d'un millier de personnes, tu me dis ?
- Speaker #1
Oui !
- Speaker #0
Donc il y a un peu de recul si vous voulez de son côté aussi, et on a eu cette bonne conversation ces derniers jours sur le fait que le plaisir est un sport de haut niveau, sur le fait que finalement c'est beaucoup plus facile de se faire chier que de kiffer. Et j'ai adoré en fait quand j'ai vu passer ce post là sur Facebook je crois où tu disais ça Pierre, j'ai dit putain il y a un vrai sujet là qui va intéresser forcément tous les gens qui bossent, tous les gens qui sont attentifs à ce qu'il y a raconté dans ce podcast, que vous soyez dirigeant, manager, salarié, athlète de haut niveau, personnalité publique. Vous savez qu'on parle de performance équilibrée et vous savez que la performance absolue est donc déséquilibrée, peut amener beaucoup de sacrifices pour aller chercher une quête de quelque chose. Donc on peut avoir la logique du sport de haut niveau, et en même temps, on n'est pas du tout obligé de faire de la surperformance pour être un athlète de haut niveau. Pierre a cette idée en disant que être heureux est un sport de haut niveau. Qu'est-ce que tu veux dire par là finalement, si on commençait par dégrossir le terrain de façon un peu globale ?
- Speaker #1
Moi ce que je veux dire par là, c'est qu'être heureux, ce n'est pas le bagne, Mais d'une certaine manière, c'est compliqué. C'est beaucoup plus facile pour tout le monde, pour chacun, c'est beaucoup plus facile d'être malheureux et de stagner dans sa vie que d'être indécemment heureux, de hyper kiffer sa journée, hyper kiffer la relation avec sa femme ou son mari, hyper kiffer la relation avec ses enfants, son boulot, etc. Ça, en vrai, c'est beaucoup plus challengeant que d'avoir une vie où on se fait chier, où on n'est pas bien, où on déprime, etc. Donc c'est en ça que je dis c'est un sport de haut niveau parce que ce n'est pas un truc qu'on peut faire par-dessus la jambe ni par accident. Les sportifs, tu ne gagnes pas Roland Garros par accident. Non, les mecs s'entraînent, les mecs réfléchissent, ils se préparent, il y a une intelligence de préparation, il y a du mental, il y a de la motivation et en fait... nous, pour notre bonheur dans notre vie, c'est exactement la même chose. C'est pas lié au hasard, c'est challengeant. Il y a une partie de nous qui n'a pas envie de relever les challenges, c'est chiant, on aimerait bien avoir la paix et que tout soit tranquille, ad vitam aeternam, mais ça n'existe pas, etc.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a beaucoup de fantasmes autour du bonheur, que par défaut, on a plutôt tendance à se laisser glisser vers une vie morose et morne et où on s'emmerde, hein ? très clairement. Il y a des fantasmes aussi autour de l'argent qui souvent représentent le bonheur, c'est « quand j'aurai de l'argent je serai heureux » . Pour avoir beaucoup accompagné des pros, et c'est peut-être aussi ton cas, j'ai beaucoup entendu « moi j'aimerais bien ne plus avoir à compter l'argent » , donc il y a un vrai fantasme autour de ça. En passant les gars, ceux qui gagnent beaucoup d'argent comptent. Voilà, je ferme la parenthèse. Et tu m'as dit cette phrase, Pierre, hier ou avant-hier, quand j'ai pris des notes là. Tu m'as dit « Imagine, c'est tellement un sport de haut niveau que même si t'arrives à te bâtir une vie, ou ne serait-ce qu'à un moment où t'es bien et tout, tu clignes des yeux et t'es en train de te faire chier. » Faut être hyper attentif en fait parce que c'est pas une ligne d'arrivée que tu franchis et que tu y es pour le restant de tes jours. C'est un peu comme un athlète qui gagne Roland Garros, il va falloir qu'il revienne gagner Will Bledon le coup d'après. Non seulement il faut y aller, mais il faut y rester aussi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est qu'il y a des fausses... Déjà, on ne nous a jamais appris ce qui était important pour être heureux. Je replace ça quand même. C'est-à-dire que nos parents, en général, ne nous l'ont pas appris. l'école...
- Speaker #0
Ils ne nous l'ont pas appris, ils ne l'ont pas montré non plus.
- Speaker #1
Encore pire, ils ne nous l'ont pas montré. L'école non plus. Après, on fait nos études non plus. On bosse en entreprise ou on se met à notre compte non plus. Donc le truc le plus important de notre vie, qu'est quels sont les ressorts pour être heureux et moi c'est quoi ma manière d'être heureux parce que c'est ultra personnel. En fait, on ne l'a jamais étudié. Et du coup, on est tous... de base bourrée de fausses conceptions du bonheur. On est persuadé que c'est un endroit à atteindre, et qu'une fois qu'on l'a atteint, il n'y a plus rien qui va bouger, on va en profiter toute notre vie. Et en fait, ce n'est pas ça. C'est dynamique, c'est comme le surf ou le skate ou autre. C'est l'art de rester en équilibre, à kiffer ses journées, à kiffer ses relations, à construire ce qu'on aime, à dégager ce qu'on n'aime pas, ou à guérir là où on a mal. Et c'est beaucoup plus... Pour moi, c'est beaucoup plus proche du surf qu'autre chose.
- Speaker #0
Donc, c'est un point d'équilibre à maintenir avec attention. C'est ça. Avec intention. Je reviens sur la notion de « on ne nous l'a pas enseigné, mais on ne nous l'a pas montré » . Je disais ça des parents parce que si vous avez des enfants, je pense que vous êtes tous conscients que nos enfants n'écoutent quand même pas trop ce qu'on dit, ce qu'on leur demande. Par contre, ils regardent ce qu'on fait. Ils voient ce qu'on fait. Qu'on le veuille ou qu'on ne le veuille pas en tant qu'éducateur, en tant que parent, Nous avons un rôle de modèle. Veux, veux pas, c'est comme ça. Et c'est vrai qu'en tant qu'enfant, on n'a pas vraiment eu de modèle, que ce soit nos parents ou ailleurs, où on peut voir du bonheur, on peut s'inspirer de l'état du bonheur et ni même des processus, et on va revenir sur les processus. Et là, après, on a les réseaux sociaux qui débarquent, il y en a Instagram, où on n'a que des gens formidables, qui ont des purs best life de leur vie, qui voyagent en première classe, qui font plein d'argent, et en fait, les... Les seules choses que les gens publient, c'est Instagram. Et du coup, on se fait une conception que les autres sont heureux sauf nous. Bref, c'est un vrai merdier. J'aimerais bien revenir sur, je disais, le processus. Parce qu'on n'a pas eu de modèle. Bon, on a eu ensuite des modèles complètement fake sur Instagram. Ça aide pas. Tu as dit juste avant, tiens, peut-être même avant d'aller sur le processus, la destination. T'as dit, le bonheur, c'est un truc qui est ultra personnel.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Comment on peut définir ce qui nous rend heureux, ce qui ne nous rend pas heureux ? Comment on peut aider les gens qui nous écoutent à définir leur propre bonheur finalement ? Parce qu'il y a aussi beaucoup d'histoires qu'on se raconte avec ça. C'est « Ouais, mais quand j'aurai réussi tel contrat, quand j'aurai eu telle somme d'argent, quand j'aurai tant de clients, quand j'aurai atteint telle position dans l'entreprise, je serai enfin heureux » . Comment tu peux nous aider à définir ce qu'est notre propre bonheur individuel ?
- Speaker #1
Pour moi, il y a plein de... Il y a plein de paramètres qui concourent à rendre heureux, et je ne pourrais pas tous les citer pour la simple et bonne raison que je n'ai pas réfléchi à exactement tous les critères qui peuvent mener au bonheur, même si c'est un sujet que je creuse.
- Speaker #0
Mais si tu me donnes des exemples ?
- Speaker #1
Donc aujourd'hui j'aborderais l'angle, l'ingrédient fort de désir, de désir de rêve. J'ai une certitude, c'est que Si on ne fait pas suffisamment ce qu'on aime dans notre vie, moi il faut m'expliquer comment on est heureux et comment on peut kiffer être sur Terre et vivre sa vie quand la majorité de ce qu'on fait dans une journée, dans une semaine, dans un mois et dans une année, c'est des trucs qu'on n'aime pas.
- Speaker #0
Donc il y a faire ce qu'on aime. Tu disais juste avant le mot désir. Je pense que ça serait intéressant de définir la notion de désir, de plaisir, de satisfaction. On sait aussi qu'il y a des vrais désirs et des faux désirs. Ça, ça serait important que tu nous aides à clarifier ça.
- Speaker #1
Le désir, c'est pour ma définition qui me vient là. Le désir, c'est quelque chose de corporel. C'est un lien avec l'instinct. C'est un lien avec le ventre, avec le bassin. Et ça n'a strictement rien d'intellectuel, de réflexif ou quoi que ce soit. Entre guillemets, je vais peut-être dire une horreur de neurosciences, de la pseudoscience, mais entre guillemets, ça implique pas les neurones, quoi, le plaisir. Ça vient d'ailleurs.
- Speaker #0
Donc si j'ai très très envie d'avoir une Porsche, c'est du désir, ça ?
- Speaker #1
Ça dépend des gens. C'est-à-dire que...
- Speaker #0
Donne-moi les deux exemples.
- Speaker #1
Un passionné, moi j'ai un pote qui s'était acheté deux Porsche pour faire du circuit. Lui, il est passionné de mécanique depuis tout petit. Il lit Flat Six, le magazine sur les Porsche. Il est abonné depuis 20 ans. Il est ultra fan. Il connaît toute la méca. Juste, il entend le son dans la rue. Il sait quel modèle de Porsche c'est. Il surkiffe. Lui, s'il s'achète une Porsche, ça lui fait vraiment plaisir. C'est un vrai désir. Ça signifie quelque chose pour lui. C'est un vrai kiff. Il y a plein de gens. Acheter une Porsche en vrai, ça n'est pas le vrai sujet. Ils ne cherchent pas à acheter une Porsche. Ils cherchent autre chose de cacher derrière. Pour l'un, le vrai sujet, c'est la Porsche. Pour l'autre, le vrai sujet, c'est je veux qu'on me regarde, je veux montrer que j'ai réussi, etc. Et ça, ça n'a rien à voir avec la Porsche. Donc, la personne qui veut qu'on la regarde, montrer qu'elle a réussi et compagnie, acheter une Porsche, elle va triper une semaine avec sa Porsche puis après, on n'a plus rien à foutre.
- Speaker #0
Ouais, ça je l'ai vécu. Un gars que j'ai croisé à Grenoble, un athlète olympique, me disait « J'ai toujours voulu avoir une Porsche et je l'ai acheté de ma Porsche quand j'ai pu l'acheter. » Et quatre mois plus tard, c'était juste quatre roues et un volant. Et il me dit « Bon, aujourd'hui, je l'ai, je l'entretiens, voilà, je l'ai, mais ça fait vraiment plus kiffer plus que ça. » Donc il était vraiment dans cette espèce de... Ça, on dirait que c'est un faux désir ?
- Speaker #1
Ouais, c'est complètement un faux désir ou alors c'est un désir très superficiel puisqu'il y a des profondeurs de désirs. Ouais. Il y a des trucs qu'on kiffe, mais ça vient nous chercher tellement fort dans nos tripes. Puis il y a des choses... Ok, c'est cool, par exemple le petit-déj. Tout à l'heure, je suis content, j'ai mangé du fromage au petit-déj, j'aime bien. Une heure après, ce n'est pas le truc qui fait que ma journée, je me sens tellement chanceux de l'avoir vécu. C'est cool, ça m'a fait du bien, c'était chouette. Mais en termes de profondeur de désir, je ne suis pas très profond avec ça.
- Speaker #0
Donc il y a des vrais désirs et des faux désirs, et en fait pour faire la distinction entre les deux, il y a le désir qui va durer parce qu'il part de profond, et puis il y a le désir qui part plus d'un fantasme et de ce que je veux vraiment avoir en arrière de ce que je désire, qui est le vrai désir finalement, mais qui du coup part d'un manque. Parce que si je veux une Porsche pour le statut social ou pour être regardé, c'est que ça part depuis un espace de manque. Alors que ton pote, qui est passionné de Porsche depuis 20 ans ou 25 ans, Lui, c'est la Porsche pour la Porsche.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Et tu le dis très bien. D'un côté, quand on veut le truc pour le truc, c'est-à-dire pour l'expérience, pour l'objet en tant que tel, c'est un vrai désir. Quand on veut le truc et qu'en fait, c'est une symbolique de quelque chose, là, c'est très éphémère. Et d'un côté, le vrai désir, c'est ce qui inconsciemment nous fait peur. C'est que le vrai désir, on ne sait pas l'expliquer. On ne sait pas d'où il sort. En vrai, il n'a pas vraiment de cause. Je sais que ça rassure plein de gens de trouver une cause du style « Ah mais moi j'ai toujours voulu être médecin, mais c'est parce qu'on est dans une famille de médecins » . Bullshit ! Il n'y a aucune cause entre ce que font tes parents et toi. Les vrais désirs, je vais dire un truc, on l'appelle comme on veut... Genre, ça vient de son âme, ça vient de loin, ça vient de qui je suis vraiment. Il n'y a aucun conditionnement par rapport à ça. Et ce n'est pas du vécu que j'ai vécu un moment dans mon enfance qui donne naissance à ce désir. C'est bizarre, mais le désir il est déjà là en nous et en fait en vivant notre vie, en faisant des expériences, on peut reconnaître que, tu sais, on constate « Putain, mais j'adore ça ! » Il n'y a rien qu'à créer le "j'adore ça". Alors que le faux désir, comme tu dis, la vérité, ça n'a rien à voir avec du désir, le faux désir. C'est une compensation de quelque chose de douloureux en nous. Soit une peur, soit une douleur, un manque... C'est une douleur en vrai, hein. Ça ne fait pas du bien de sentir un manque. Le vrai désir, c'est comme si c'était une cerise sur le gâteau. Ça vient de nulle part. C'est là en nous, mais on saura jamais l'expliquer. Et ça s'oppose à rien. C'est pas « je veux ça parce que j'en ai marre de ça » . C'est « je veux ça » . Putain, je sais pas expliquer pourquoi, mais ça me fait délirer, ça, ça me fout l'eau à la bouche. Le faux désir, c'est « je veux ça parce qu'en vrai, j'ai peur de ça, j'ai mal de ça, j'en ai tellement marre que je veux le fuir » . Un exemple, par exemple des femmes qui étaient avec un homme violent. Et à un moment qu'on le courage de se casser et de rompre la relation. Si elles cherchent un mec tout doux, tout gentil, qui fait pas de vagues, c'est pas un vrai désir pour la grande majorité des cas. C'est juste qu'elles veulent être certaines de pas revivre la merde qu'elles ont vécue, donc elles vont chercher l'opposé. Et en général, je fais un cliché, au bout de quelques années, elles vont au bistrot avec les copines, et puis là elles disent « Ah, je comprends pas, je m'en fais chier... » Mais pourtant il est super, j'ai rien à lui... poché, etc. Le gars n'est pas un vrai désir.
- Speaker #0
C'est un pansement.
- Speaker #1
Le gars en tant que qui il est n'est pas un vrai désir c'est la symbolique de ce qu'il est. J'ai l'assurance qu'avec lui je vais pas m'en prendre une dans la tronche.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Mais en vrai on l'a pas vraiment choisi.
- Speaker #0
Donc ça, ça nous amène à clarifier la notion de ce que je veux et pourquoi je le veux. C'est important parce que ça évite les désillusions et ça évite de courir après des mirages en permanence. Parce que si je veux la montre, parce que la montre représente, et puis une fois que j'ai la montre, je dis « Ah merde, c'est super, mais et maintenant ? » Donc du coup, je cours après la Porsche, et puis après je cours après la maison, puis après je cours après le premier million, puis après je cours… Et en fait, je passe ma life à courir après un truc. Donc je suis en permanence non pas heureux, mais en quête. Et puisque le bonheur est une ligne d'arrivée, c'est-à-dire quand j'aurai… en fait, je suis en souffrance et en manque en attendant d'être dans la situation. Comme vous avez tous déjà entendu cette phrase qui dit « Le bonheur, ce n'est pas la destination, c'est le chemin » . Donc là, du coup, si je suis connecté à mon vrai désir, il y a des chances que je fasse l'expérience du bonheur pendant le chemin.
- Speaker #1
Tout à fait. Et je dirais même, je crois que c'est Saint-Augustin qui a dit « L'important, c'est le chemin » . En vrai, c'est les deux. Il faut arrêter d'opposer la destination et le chemin. ou de survaloriser l'un et pas l'autre. Les deux sont importants ! Si vraiment on veut une vie de kiff, de ouf, c'est les deux qu'on doit aimer. La destination, ça doit être un vrai désir. C'est un truc qui me fait vraiment kiffer. Encore une fois, destination, c'est un objet, c'est une expérience, c'est l'accomplissement de quelque chose, ça peut être plein de choses. La destination doit être un vrai désir. On a... l'assurance que si la destination est un faux désir, il n'y a rien qui va là-dedans. Le chemin, il va être pourri et la ligne d'arrivée, elle va être pourrie. En revanche, quand la destination est un vrai désir, on peut aussi s'infliger un chemin nul à chier qui ne nous rend pas heureux. L'important, c'est les deux et d'avoir une destination qui ait un vrai désir personnel et non pas Des faux désirs internalisés, on en a plein. On est aussi mindfucké par tout ce qu'on a vu. On est petit, on copie tout. On voit les gens fonctionner de telle manière, on voit les publicités et même les gens qui font les pubs, il y en a plein, ils croient à ce qu'ils font. Et on est persuadé que, là je dis des conneries exprès pour provoquer, on est persuadé que c'est en achetant le dernier aspirateur avec la dernière technologie... Une maison un peu plus grande, que si ma femme elle se refait les seins c'est mieux, que si je sors avec une plus jeune c'est mieux, que si mon mec il a un compte en banque plus garni, bref. Tout ça, c'est des faux désirs que nous vend la société, en nous disant « Ah, c'est comme ça qu'on est heureux » , et comme par hasard ça fait tourner l'industrie, donc ça arrange bien tout le monde.
- Speaker #0
Ouais, c'est vraiment la notion de ligne d'arrivée, tu seras heureux quand tu auras ou quand tu vivras ceci.
- Speaker #1
Ouais, et...
- Speaker #0
Et en général on s'aperçoit que ça ne dure pas.
- Speaker #1
Bah non !
- Speaker #0
quand on l'a, et donc c'est là que ça nous confirme qu'on était dans un faux désir.
- Speaker #1
Tout à fait, et les enfants, franchement, les enfants, tu leur dis gagner un million, qu'est-ce qu'il en a à foutre ? Il n'y a rien de concret là-dedans pour lui. Par contre, tu lui dis, ah trop bien, t'aimes bien le château gonflable là ? Eh ben, on pourrait en avoir à la maison. Ouais, trop bien ! Et les enfants, ils ne se laissent pas embarquer par les bullshits comme ça de faux désirs. Au début... Ils ont pas construit et développé leur mental au point où on en est, nous, là, en tant qu'adultes. Du coup, ils ont aussi des avantages. C'est que le blabla et le bullshit, c'est le même principe. Tu fais un boulot, explique-le à un gamin de 4 ans. S'il comprend pas ce que tu fais dans ton taf, c'est qu'en fait, ce que tu racontes, c'est du vent, là. Je suis manager, machin, de truc mûche, dans le tertiaire, super. Si le gamin y comprend pas, c'est juste que toi-même tu comprends même pas ce que tu fais. Je n'exagère pas quand je dis ça. Tu répètes les mots comme un perroquet de ta fiche de poste et de ce que ton directeur t'a dit.
- Speaker #0
De ce qui se dit dans ton milieu à toi, et dans ton jargon.
- Speaker #1
Donc c'est très mental, et on est déconnecté du kiff, de l'instinct, etc. Donc ouais, destination et chemin, c'est aussi important. Et je place que je vois trop de gens qui ont une destination qui a un vrai désir, mais qui s'inflige, qui se sacrifie. Il y a vraiment une culture de... On cherche à peu près toutes les manières pour être malheureux. On est ultra créatif, mais c'est dingue. Quand on commence à creuser ça, on se dit bordel ! Tout ce qu'on trouve toute la journée dans la société, pour être sûr de ne pas kiffer un maximum sa vie.
- Speaker #0
Après, c'est vraiment culturel et c'est le sujet même de l'existence de ce podcast. C'est démontrer que la culture qui dit que la souffrance est est nécessaire et obligatoire pour atteindre le plaisir et la satisfaction, ou la réussite on va dire, que la souffrance est obligatoire pour la réussite. Ça c'est une culture qui est très installée, et quasiment la totalité d'entre vous, vous allez dire, ben oui effectivement, c'est comme ça. Si je veux obtenir quelque chose, je dois faire des sacrifices. Et tout le monde est persuadé de ça comme si c'était une vérité absolue. Sauf que ce n'est pas le cas. Ce que vient de nous dire Pierre, ce n'est pas soit la destination, soit le chemin. Et ça c'est un point vraiment important, je te remercie Pierre d'avoir... amener le « et » là-dedans. Ce qui nous amène justement à éclairer ça. C'est-à-dire qu'on a bien compris que la destination, vrai désir ou faux désir, on a compris aussi qu'il y avait la destination mais aussi la qualité du chemin qui pouvait nous y emmener parce que si je passe 20 ans à en baver des ronds de chapeau pour atteindre un truc que peut-être je n'atteindrai peut-être même jamais, à quel endroit je suis heureux ? Si pendant 20 ans je souffre et je trime, etc. Donc évidemment qu'on en connaît beaucoup. et peut-être même que c'est votre cas personnel, et vous aurez peut-être l'humilité et le courage de reconnaître que j'assume des sacrifices à court terme pour obtenir un résultat à plus long terme. C'est le principe de gratification différé qui est très connu et qui semble fonctionner. Mais par l'effet de « je fais un effort maintenant et je retiens la récompense à court terme pour obtenir plus » , en fait ça bascule très vite dans « je choisis de souffrir » Je choisis le labeur et la lutte intentionnellement pour démontrer à moi-même et à l'extérieur que je mérite d'obtenir la récompense derrière. Et c'est là où en fait on sort de la trace, d'avoir et le chemin et la satisfaction. Pierre, est-ce qu'on pourrait revenir sur justement ce... Et on peut prendre des cas extrêmes, hein ? Le sport de haut niveau ou les gros performants en business qui sacrifient femmes, enfants, santé... santé mentale, santé physique, etc., sur l'autel de la destination qui est une réussite. Et en plus, la plupart du temps, les gens ne le font même pas pour eux. Quand ils essayent d'être le meilleur, bien souvent, ce n'est pas pour eux-mêmes. Est-ce qu'on pourrait revenir sur la notion du chemin ? Ce qui fait qu'on arrive à justifier la souffrance pour réussir, et on parlera aussi évidemment derrière de ce qui fait que certains autres vont justifier de ne absolument pas souffrir, pour kiffer tout le temps et au final ils kiffent jamais. Mais restons d'abord sur la notion de performance, parce que bien souvent dans la notion de performance équilibrée c'est d'abord un excès de performance et l'idée c'est de tempérer un petit peu cet espace-là. Pour quelle raison est-ce qu'un humain va avoir envie de justifier autant de souffrance pour soi-disant aller vers la réussite ?
- Speaker #1
Alors là, très honnêtement, c'est un mystère pour moi. C'est-à-dire je constate, je peux voir que... Dans les religions, il y a déjà ça. Donc pour moi, les religions, c'est créé par l'humain.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Dans tous les systèmes religieux que j'ai analysés, il y a « si je souffre, j'aurai le bonheur derrière » . Donc pour moi, c'est une vieille névrose humaine qu'on se refile de génération en génération depuis au moins 2000 ans. L'origine de ça, le point zéro du truc, franchement, j'en sais rien. et honnêtement, moi je m'en fous. Parce que, que je sache d'où ça vient ou pas, je peux changer ma vie et être heureux sans savoir, sans résoudre le mystère quoi. Donc moi ça me va bien. Mais ouais, il y a vraiment un truc, c'est un bullshit phénoménal. On le retrouve dans des traditions qui par morceaux ont étudié comment on peut devenir heureux, comme le bouddhisme. J'incite pas du tout au bouddhisme... perso je m'en fiche.
- Speaker #0
T'as pas d'action chez les bouddhistes ?
- Speaker #1
Non, pas du tout, dans aucune religion ou spiritualité. Mais dans le bouddhisme, c'est sous-entendu que En fait, dès qu'il y a violence, il n'y a pas de bonheur. Point. Terminé. Et il n'y a aucune négociation avec ça. Dès qu'il y a violence envers soi-même, dans l'instant, on ne peut pas être heureux. C'est comme l'opposé. Et nous, on négocie tout le temps avec ça. On se dit « Ouais, mais quand même ! Quand même ! » On se trouve des exceptions dans nos vies. Non ! C'est imparable.
- Speaker #0
Allons chercher quelqu'un qui... s'entraînent pour faire une compétition sportive d'un certain niveau, je pense par exemple à un trail. Donc les gens ils courent en montagne. Déjà la montagne ça monte c'est quelque chose là, puis les gens ils courent. Les gens s'entraînent pour un marathon, bref tous les athlètes olympiques s'entraînent pendant 4 ans comme des fous pour aller chercher des performances exceptionnelles. Est-ce que ce processus-là, on peut dire qu'il... Ils aiment ce qu'ils font ? Ils sont en train de kiffer le processus et ils sont heureux dans le processus ? Ou est-ce qu'ils sont plus dans une espèce de névrose d'aller chercher un truc et un faux désir et je serai le meilleur, et une fois que j'ai une main médaille dehors, c'est génial. Et après, comment tu vois un petit peu la tendance à la performance ? On va prendre le sport pour commencer, on reviendra sur le business après.
- Speaker #1
Comme d'habitude, on ne peut pas répondre de manière... Je vais répondre à la question mais... On ne peut pas répondre de manière générale. Ma réponse ne va pas concerner tout le monde. Personne, pour le bonheur, personne ne peut faire l'économie de plonger à l'intérieur de lui et de s'avouer radicalement sa vérité. Ce qui fait chier tout le monde. Moi aussi ça me fait chier.
- Speaker #0
Très honnête tu veux dire ?
- Speaker #1
Ouais ! On ne peut pas faire l'économie. Pareil, c'est dit dans plein d'anciennes traditions. Le discernement, la lucidité. Ah mais comment je sais si c'est un vrai désir ou un faux désir ? Tu plonges en toi et vraiment, t'arrêtes de te mentir. Mais t'arrêtes de te mentir
- Speaker #0
100%. Pour de vrai.
- Speaker #1
Ça fait peur. Normalement, ça fait peur de faire ça parce qu'on passe un cap. Et chez les sportifs, il y a les deux. Et il y a très souvent un mélange des deux. Donc, il faut s'introspecter et se faire aider pour réussir à démêler quoi est de l'ordre de quoi. Très souvent, les sportifs... À la base, c'est une passion. Le truc en question, le sport qu'ils font, ils l'adorent, ils le surkiffent. Et c'est bien pour ça qu'ils finissent par vouloir en vivre et le monétiser, en faire leur métier.
- Speaker #0
Pour ceux pour lesquels c'est possible, parce que quelqu'un qui fait de l'haltérophilie ne vivra jamais de ce sport-là.
- Speaker #1
Pas de... pas en faisant uniquement des compétitions. Il peut en vivre, mais par exemple, en vendant des produits, en faisant une chaîne YouTube, en expliquant comment ça marche, etc. En étant un sportif à côté,
- Speaker #0
bref, c'est ça.
- Speaker #1
C'est-à-dire des activités connexes liées à ça. Donc ouais, chez les sportifs, très souvent, il y a la passion. Ensuite, ça peut être mêlé à se faire souffrir parce que persuadé que si tu te fais souffrir, tu performes mieux. C'est même prouvé aujourd'hui. que ça ne sert à rien de s'entraîner jusqu'à l'échec dans une séance d'entraînement, parce que musculairement ça va. Le problème c'est le système nerveux. Le système nerveux il prend une telle claque, une telle expérience extrême, que derrière il met trop de temps à s'en remettre pour intégrer tout ce qui vient de se passer, et en fait quelqu'un qui se met dans la zone noire en entraînement, il va mettre tellement de temps à s'en remettre par rapport à quelqu'un qui s'est mis dans la zone orange, mais qui va s'entraîner tous les jours. Donc aujourd'hui, on est vraiment en train de sortir de plus en plus de cette culture de « je dois me faire du mal et je dois me sacrifier pour performer le plus » parce qu'on voit les faits le montrent qu'en plus, c'est pas vrai. Je pense à Djokovic en tennis. Qu'est-ce qui sacrifie Djokovic ? Moi, il faut m'expliquer. Il adore son sport, il le dit, il adore jouer au tennis. Le mec fait ultra gaffe à son corps. Il a une putain d'hygiène de vie de fou.
- Speaker #0
C'est ça, ouais.
- Speaker #1
Bah ! Il n'a pas envie de détruire son corps pour sa passion. Franchement, le mec est smart.
- Speaker #0
Et on peut vraiment mettre ça en parallèle avec le business aussi. Mais je reviens quand même sur le sport parce que j'ai vécu l'histoire du système nerveux. Je pense que c'est important que chacun ici essaye de faire le parallèle avec ce qu'il a déjà vécu ou peut-être ce qu'il est en train de vivre, que ce soit sur le plan sportif, business ou autre. Je fais du crossfit depuis un an. Le crossfit a tendance à être assez intense. comme sport. Puis en plus, c'est des séances collectives où il y a un coach, il te pousse, il te motive, allez, allez, encore une rep de plus, allez, vas-y, jusqu'au bout, lâche pas, lâche pas, lâche pas. Et moi qui ai une tendance un peu câblée compétitif, et bien du coup je me mettais noir à chaque séance, 3-4 fois par semaine. Et au bout d'un moment mon système nerveux n'arrivait plus, c'est-à-dire que je n'arrivais même pas à me reposer. Je revenais de ma séance, le soir je n'arrivais pas à dormir tellement mon corps ne se relâchait pas. Et donc j'ai fini par me dire : "Il faut que je me modère" et donc j'allais jouer dans la zone orange mais je ne m'étais jamais dans la zone rouge. Dès que je flirtais avec la zone rouge, je redescendais mon intensité. ce qui fait que du coup je faisais plus que des entraînements à 80% et j'en parle à un gars qui a été coach de crossfit et il me dit ah mais absolument c'est dommage qu'on te l'ait pas dit mais en fait la cartouche c'est à dire le truc, l'effet, merde la séance où tu te brûles c'est pas plus qu'une fois par semaine parce que lui il avait vécu de se mettre dans le noir à chaque fois et il m'a dit je performais moins qu'en restant dans la zone orange et en mettant à l'échec une fois par semaine je progressais plus en forçant moins finalement Donc aller à la douleur et à la souffrance et chercher l'échec, effectivement, est réellement contre-productif. Et on peut faire le parallèle avec le business là-dessus. Les décisions business, notre capacité à être bien et à vendre avec fluidité, etc., facilement, on ne l'aura pas si on est complètement épuisé, si on bosse 18 heures par jour, si on bosse 7 jours sur 7, etc. Notre cher Anthony Bourbon qu'on voit beaucoup sur les réseaux et qu'on entend raconter des trucs du genre « Le business c'est la guerre, moi je veux détruire mes concurrents » . De toute façon, il ne faut faire que bosser. Ce mec-là, en fait, j'entends ce qu'il dit et je comprends, effectivement, il essaye d'inspirer les gens à se mettre au boulot. Mais il y a une espèce de responsabilité sociale, c'est complètement délirant de dire aux gens qu'il faut continuer de se cramer dans un monde où on a quand même les deux tiers de la population qui sont en épuisement professionnel. Aujourd'hui, en 2025, les gens sont en situation d'épuisement professionnel. Donc il y a un vrai extrême... qui est trop atteint, et j'aime bien... C'est important qu'on revienne sur ça, c'est-à-dire sur le processus de ne pas se mettre dans le rouge en permanence, mais de garder une certaine forme de tempérance, finalement.
- Speaker #1
Bah, en fait, c'est enlever la violence pour moi. Parce que, en vrai, où est l'intérêt de se faire du mal à ce point-là ? Et je...
- Speaker #0
sauf si on est persuadé que c'est par là qu'il faut passer pour réussir.
- Speaker #1
Ouais, bah du coup, si t'es persuadé qu'il faut passer par là pour réussir, c'est que t'es déconnecté de ton corps, c'est que t'es anesthésié. Parce que si t'es présent à ton corps, cette science-là, tu l'as, tu le sens. Les animaux, ils font pas ça, hein ? Pourquoi ils feraient cette connerie ? Ils font pas ça parce qu'ils sont ultra connectés à leur corps. Ils ont un mental moins développé que nous, du coup... Ils ont la chance de moins se perdre dedans. Ils ont aussi les difficultés qui vont avec, c'est-à-dire qu'ils n'ont pas inventé Skype pour communiquer entre eux s'ils sont perdus.
- Speaker #0
Par contre, ils n'ont pas un égo qui leur fait dire « je veux être le meilleur » , « je veux faire un million machin » . Ils ne courent pas après ce genre de conneries.
- Speaker #1
Donc, c'est différent. Mais la plupart des bullshits… viennent du fait qu'on est déconnecté de comment on se sent vraiment.
- Speaker #0
À l'intérieur.
- Speaker #1
Donc, on peut s'embarquer dans des trucs. On peut vraiment s'auto-illusionner en disant « Ouais, c'est comme ça qu'il faut faire, ça me fait du bien, si, si, super ! » En fait, si tu prends le temps de vraiment sentir comment tu te sens, tu vas l'avoir ta réponse. Ça n'est pas facile à faire. C'est un chemin de se reconnecter au corps, sachant qu'on a grandi dans une société où tout le monde se perche dans la tête On a tous pris des claques, vécu des expériences douloureuses et violentes. Et notre stratégie de survie, ça a été de se percher dans la tête. Le problème, c'est qu'on y est resté. Et donc, moi, ce que j'aime bien sur le sujet de désir et de performance, je suis passionné, je lis plein d'interviews de sportifs dans tout domaine sportif confondu depuis des années. Et j'arrive à lire entre les lignes et à sentir ce qui se passe derrière. D'acteurs aussi, de plein de gens qui performent au-delà de la norme, de la moyenne. Et je peux dire que pour eux, c'est un bordel, ils ne comprennent pas grand chose. Je peux aussi affirmer que les préparateurs mentaux, et même les psychologues du sport, c'est pas dingue en termes de compréhension sur quelle est la place de la motivation, de la discipline ? de la souffrance, il y a plein de bullshit là-dedans. Quand je lis : "Ah mais la discipline c'est plus fort que la motivation" mais au secours les gars ! La faim, la dalle, le rêve, c'est l'énergie la plus puissante du monde. C'est une des facettes de l'amour.
- Speaker #0
Et pour moi ça va au delà de la motivation.
- Speaker #1
- Ah c'est...
- Speaker #0
- Parce que, alors après on a peut-être pas la même définition et là c'est important. - Oui,
- Speaker #1
c'est pas la même définition.
- Speaker #0
- C'est ça, c'est que la dalle, le truc viscéral que t'as à l'intérieur, pour moi c'est pas de la motivation. La motivation c'est le mental qui active des idées qui vont générer une espèce d'état où je me botte le cul tout seul. - Ok,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
- Alors quand t'as la faim là, t'as pas besoin de motivation.
- Speaker #1
- Bah c'est ça.
- Speaker #0
- Quand t'as la dalle.
- Speaker #1
- Et pour moi, moi c'est ça que j'appelle motivation.
- Speaker #0
- Ça t'appelles motivation, ok.
- Speaker #1
- C'est le plus gros moteur qu'on ait. Les gens qui parlent de motivation, en général, ils parlent d'émotionnel. Mais la faim, ce n'est pas une émotion. Elle est beaucoup plus profonde que ça. Et c'est beaucoup plus fort et c'est beaucoup plus stable et c'est beaucoup plus inarrêtable. La détermination, ce n'est pas un truc mental. C'est j'ai tellement faim que peu importe ce que je vais me prendre comme événement, quand je m'écoute, putain, la faim est encore là. Ouais, je me suis pris une tempête, j'ai eu mal, je me suis blessé, je me fais une tendinite. Merde, j'ai fait un burn-out ou je sais pas quoi. Ben, je suis doux avec moi, je me repose, je me refais la cerise, très bien. Et puis, je réécoute en moi, putain, ce truc est toujours là. La flamme est toujours là. J'ai toujours envie de réaliser ce truc, la flamme est toujours là. Ça, c'est... Moi, c'est ce que j'appelle motivation. Ça, c'est le truc le plus fort. Et ce qui est difficile là-dedans, c'est que comme on est tous addicts à avoir une vie... ok, mais pas une vie géniale. On est tous addicts à avoir une vie ok. Et bien en fait, notre connexion à notre motivation, à notre flamme, elle est fluctuante. Il y a plein de mécanismes en nous qui nous bullshiten, de la confusion. Pourquoi je fais ça en fait ? Je suis con, pourquoi je veux traverser l'Atlantique en bateau ? Je ne sais pas pourquoi je m'inflige ça ou je me suis embarqué là-dedans. Qui n'a pas vraiment dans un vrai désir au début. Donc, au début, tu n'as pas ton vrai désir, tu vis ta vie tiède à un moment, tu t'avoues ton vrai désir, tu arrêtes de te mentir. Waouh ! Là, tu as la flamme qui se déploie, tu es tout feu, tout flamme et puis tu commences à te diriger à réaliser le truc. Et au bout d'un moment, c'est l'avaler du désespoir et au bout d'un moment, il y a une protection en toi, l'addiction à une vie ok et tiède là, qui se déploie, tu sais plus pourquoi tu fais les choses, tu... t'as l'impression d'être taré, tu... tout ça c'est normal.
- Speaker #0
Ça c'est quand tu te déconnectes de ton corps et que tu remontes dans ta tête finalement.
- Speaker #1
Ouais ! Et t'es obligé, t'es obligé sur le chemin, personne n'a une connexion stable à ces vrais délires. On se fait peur ! En vrai être heureux ça nous fait peur, être vraiment putain d'heureux, c'est tellement déloyal à tout ce qu'on a vu, ça nous fait flipper, on est persuadés qu'on est en train de faire une connerie. Il y a une case dans notre inconscient qui se dit : "Putain, danger ! C'est pas normal ! Je le vois nulle part autour de moi C'est pas normal. Le monde a une vie OK. Personne n'a une vie où c'est mieux que n'importe quel rêve que je peux faire. Et du coup il y a un truc en nous qui s'allume et qui dit : "Putain, putain, danger !
- Speaker #0
C'est pas normal Donc là on est sur de la peur de réussir.
- Speaker #1
- Oh là là, on est sur... Ouais.
- Speaker #0
La peur de réussir, la peur d'être heureux, finalement ce truc-là est présent et c'est ça qui nous débranche, qui nous donne flamme.
- Speaker #1
- Oui.
- Speaker #0
et qui nous fait retomber dans j'ai une vie pas ouf, mais elle est comme tout le monde donc du coup elle est safe complètement, complètement c'est ultra archaïque comme phénomène et c'est là en fait que ça nous ramène à être heureux le bonheur est un sport de haut niveau parce que ça demande de la conscience, de la compétence, de la constance pour être attentif à je suis connecté à ma flamme ou pas je suis en train de me raconter que finalement d'avoir une vie pas terrible c'est convenable, c'est ça en fait finalement ouais
- Speaker #1
ça demande, donc je ne suis pas en train de dire c'est méga difficile, seuls les vrais y arriveront parce que pour moi ces discours-là, c'est déjà de la merde. On est tous libres d'être heureux. Ce n'est pas si compliqué. Par contre, c'est vachement engageant et impliquant. C'est-à-dire, c'est bouleversant d'être heureux. Et ça, en vrai, on se protège tellement d'être chahuté et bouleversé qu'on se ferme la porte à être vachement plus heureux. Donc, c'est un truc de sportif de haut niveau dans le sens où pour être très heureux, je ne peux pas laisser des trucs au hasard. Je ne peux pas laisser mes relations au hasard parce qu'à un moment traîné avec des gens qui bitchent sur moi dans mon dos ou qui me critiquent ou qui me rabaissent parce qu'eux ont peur de ce que je suis en train de faire, parce qu'ils sont tellement interdits. que putain, ça réveille leur peur qu'ils avaient oubliée, elle était bien sagement sous le tapis, et là ils sont obligés de la ressentir en face. Donc il y a des gens qui ont un réflexe comme ça, c'est soit ça va les inspirer putain trop bien tu t'autorises à faire ça et tout et à être plus heureux bah génial je vais faire la même chose soit les gens ont beaucoup plus peur et du coup ils vont essayer de nous faire débrancher de notre rêve d'être plus heureux ils vont nous intimer de rester bien au chaud dans le ok alors
- Speaker #0
ça si tous ceux qui aspirent à se mettre à leur compte un jour vous êtes salarié vous dites ah j'aimerais bien me mettre à mon compte et vous en avez parlé à votre mère, votre mère vous a probablement dit mais pourquoi tu te mettrais à ton compte voyons t'as un CDI
- Speaker #1
voyons c'est trop risqué ! être plus heureux c'est prendre le risque de partir à l'aventure c'est clair mais ça vaut tellement tout l'or du monde.
- Speaker #0
Donc les gens qui vous aiment vont essayer de vous dissuader d'être heureux et de suivre votre chemin.
- Speaker #1
Ouais les gens qui vous aiment et qui sont pas assez matures dans mes critères à moi.
- Speaker #0
Voilà c'est ça. Donc sport de haut niveau vraiment pour garder de la constance plus d'attention finalement c'est un phénomène d'attention d'être attentif à Je suis branché à mon feu intérieur ou pas, je suis branché à un vrai désir ou pas, je suis sur un chemin de souffrance par automatisme alors qu'en fait je pourrais vachement plus kiffer le chemin en faisant d'autres choix pour aller vers ce vrai désir aussi. Et pour autant on a l'autre extrême, on a ceux qui fuient toute la souffrance sous prétexte de kiffer le chemin mais du coup qui se mentent complètement aussi. en prenant cette voie illusoire de l'absence totale d'implication, de travail, d'effort ou quoi que ce soit.
- Speaker #1
C'est ça et ça reste dans les deux cas, ces deux manières de bien contrôler sa vie de manière rigide pour être sûr qu'elle reste OK, je développe. Dans les deux cas, ces deux immenses stratégies pour être certain de ne pas être bouleversé par certaines choses dans notre vie.
- Speaker #0
Donc quand tu dis dans les deux cas, c'est la performance extrême et la souffrance ou la fuite de la souffrance ?
- Speaker #1
Ouais, c'est addict à en chier et c'est jamais je dois ressentir la douleur. Ces deux stratégies, en vrai c'est la même. C'est comme pile et face d'une pièce de monnaie. Et la pièce de monnaie c'est je vais bien savamment contrôler ma vie pour être sûr de jamais être bouleversé et touché profondément au cœur.
- Speaker #0
De ne pas être trop heureux finalement.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Donc on a... Alors, pour quelle raison est-ce qu'un être humain chercherait intentionnellement à ne pas être heureux ? Quand je dis intentionnellement, c'est pas vrai. Inconsciemment. Pour quelle raison est-ce qu'un être humain chercherait inconsciemment à ne pas être si heureux que ça ? Et dans le processus, et dans la destination.
- Speaker #1
Franchement, pareil. Pour moi, on pourrait établir plein de théories sur le truc. Moi, j'ai fait des études d'ingénieur, donc j'ai étudié plein de trucs au niveau théorique. Théorique, c'est comment on modélise la réalité. Ce n'est pas des trucs farfelus. Moi, l'électricité, je ne comprends toujours pas pourquoi quand on appuie sur un interrupteur, ça s'allume. Plein de gens me disent « Mais si, les électrons circulent ! » Ouais, ok, super. Pourquoi l'électron gravite autour du noyau ? Mais si, les orbitales, machin ! Mais mon cul ! Au bout d'un moment, pourquoi, pourquoi, pourquoi, on arrive à… Ben c'est le mystère, on ne sait pas. Par contre, ce n'est pas parce qu'on ne sait pas qu'on ne sait pas utiliser le bordel.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et pour moi, là, c'est la même chose. Pourquoi est-ce que l'être humain, il est aussi addict à être malheureux ? Et ce n'est pas un « je ne suis pas dans le drame » , « je ne suis pas en train d'exagérer » . Mais sérieux, ouvrez les yeux et regardez la vibes des gens. Tous les gens que vous croisez au boulot, dans la rue, à la télé, sérieux, ils ont l'air heureux ? Il respire le bonheur. Et je ne parle pas des trucs fake Instagram où c'est mental. Non, c'est couper votre mental et ressentez dans votre corps ce qui se passe quand vous êtes connecté à la personne. Ça, ça ne ment pas, comme les animaux. Il y a des gens qui payent pour faire de l'équicoaching. C'est-à-dire que tu vas dans un pré avec un cheval. Parce que monsieur, madame en costard qui se bullshite, le cheval, il n'en a rien à foutre. Tout ce qu'il sent, c'est ce que tu dégages. C'est ça qui est vrai. Toute la couche mentale de ce que tu te racontes et ce que t'as envie de te raconter, le cheval il s'en contre tape. Et du coup il vient te challenger là où tu te bullshites quoi. Mais regardez à quel niveau de bonheur sont les gens. Moi je trouve ça effarant, ça me regarde parce que c'est pas du tout mon niveau d'exigence. Je me dis bah moi j'ai pas envie de vivre une vie comme ça, je trouve ça trop triste. Et je constate qu'on est tous addicts. C'est beaucoup plus facile d'être malheureux ou d'avoir une vie OK que vraiment kiffer comme c'est pas possible, quoi.
- Speaker #0
Alors qu'en fait, je pense que c'est quasiment tout le monde qui aspire à ça.
- Speaker #1
Alors que tout le monde aspire à ça ?
- Speaker #0
Si on devait pour terminer essayer de brosser les contours d'une sorte de méthode, pour ceux qui seraient un peu convaincus du propos qui a été tenu sur ces derniers 45 minutes, une sorte de méthode pour être attentif à cette connexion au kiff, au plaisir, la satisfaction, au bonheur, tant sur le chemin que sur la destination, est-ce que tu aurais une pincée de principes, de règles, de conseils ?
- Speaker #1
Oui. Je commence par une petite histoire, avant de donner des conseils concrets. La vie c'est court, c'est le truc con que plein de gens disent « Profiter de la vie c'est court » et tout, mais lire ce genre de trucs ça suffit pas tous les jours. Ouais peut-être qu'aujourd'hui tu vas avoir un sursaut et tu vas te dire « C'est vrai la vie c'est court, je vais en profiter » puis demain tu t'es déjà bullshité, t'es retour dans le « Ok » . Mais la vérité c'est que la vie c'est court. C'est un miracle. C'est une parenthèse enchantée. On vient du vide. On vient d'un truc méga chelou. On ne sait pas pourquoi on est. Et à la fin, on retourne à un truc chelou ou on passe à autre chose. En vrai, il n'y a pas vraiment tant d'enjeux que ça. Il n'y a pas tant de pression que ça. On nous offre symboliquement 100 ans de vie. Ou en vrai... On est comme des enfants. Et on peut jouer à ce qu'on veut. C'est ça la vie. Et putain, qu'est-ce qu'on va vite à oublier ça ?
- Speaker #0
On s'inflige des jeux de doigts.
- Speaker #1
Et à se remettre dans plein de peur et de pression et d'impossibilité. Non mais je peux pas faire ça parce que mes parents... Non mais la société... Non mais les autres... Non mais mes enfants... Non mais... Et en fait, on se met plein de croix et d'interdictions sur plein de trucs. on se retrouve de nouveau prisonnier dans un rail où finalement on vit toujours la même chose. Allez, il y a 0,5% qui change par jour mais c'est un peu toujours la même vie, toujours la même histoire. Et c'est con bordel. Vous êtes géniaux, toi qui m'écoutes, t'es génial, t'es unique, t'as des rêves uniques, t'as une zone de génie unique, t'as une manière de voir le monde structurellement qui est unique, personne ne la verra comme toi. T'es une putain de richesse, t'es un putain de diamant. T'as l'aventure, ton aventure personnelle, ta légende personnelle qui t'attend. Faut pas l'oublier. Donc ça j'avais envie de le placer avant des conseils. Parce que c'est tellement vite fait. Je le sais pour faire le taf de transformation et d'aller au-delà des bullshits comme un obsessionnel, comme un sportif de haut niveau. Je sais à quel point c'est addictif de retomber dans... Ah ouais, mais finalement, j'ai pas le choix et la vie c'est ça. C'est tellement addictif, on y croit tellement tous. Mais c'est pas vrai, on n'est pas obligé. Maintenant dans des conseils pratiques, je vais aller sur un truc très simple. C'est si tu fais pas assez de trucs que t'aimes dans ta vie, tu ne peux pas être heureux. C'est valable pour tout, des trucs les plus cons et superficiels aux trucs les plus profonds. Si au petit-déj... Par habitude, tu manges des trucs que t'aimes pas trop, bah tu vas pas kiffer ton petit-déj. Si tu prends le temps et que tu te dis « Tiens, ça serait quoi vraiment le petit-déj qui me ferait grave kiffer ? » Et que tu fais ça régulièrement, puis à un moment si tu trouves ça drôle que t'as envie de faire ça tous les jours, sans obligation jamais, eh ben en fait déjà ton moment de petit-déj, ça va être un moment mémorable où t'es heureux dans ta journée. ça c'est valable pour le petit-déj mais c'est valable pour tout. C'est valable pour : "Tiens, qu'est ce que j'ai envie de faire comme sortie avec mon ou ma chérie, avec les enfants ? " C'est valable pour ton boulot. Ça peut être carrément un autre boulot que tu as envie de faire en vrai quand t'arrêtes de te mentir. Oui, ça fait peur d'arrêter de se mentir. Comme ça peut être le même job, mais c'est la manière de le faire où là il y a plein de trucs qui peuvent changer. On se fait toujours croire que c'est des gros trucs et que ça doit être une grosse révolution pour être heureux. C'est le pire bullshit qui existe. Les Américains, ils parlent de stratégie de perfection par rapport à stratégie de progression. La stratégie de perfection, c'est toujours de la merde. C'est toujours des gros trucs révolutionnaires, on essaie de tout changer sa vie. Ça doit être grandiloquent, ça ne tient jamais. Les petits trucs, ça a une portée. C'est pas du tout des petits trucs en fait. Moi, je focusserais sur le plaisir. Qu'est-ce qui me fait carrément... Moi, je vous conseille un endroit où vous prenez des notes... Que ça soit un tableau Excel, un Trello, un Asana, un ce que vous voulez, un Notepad, des Evernote, un carnet papier, peu importe. Vous notez régulièrement les observations. Donc observez-vous et notez ce que vous aimez. Parce que c'est très con, mais en fait on passe à côté de tellement de choses qu'on aime parce qu'à chaque fois on oublie. Parce qu'on réalise pas à quel point on aime ce truc-là, etc.
- Speaker #0
J'aimerais amener une précision là-dessus, parce qu'il y a des choses qu'on va aimer profondément pour l'action elle-même, et puis il y a des choses qu'on va aimer parce que dans l'expérience, ça nous soulage d'avoir souffert du manque de trucs. Par exemple, le luxe fait beaucoup fantasmer, et donc de s'offrir, je sais pas, une boîte de caviar, on peut... aimer l'expérience de s'être offert une boîte de caviar ou d'avoir mangé du caviar par quelqu'un qui en a acheté etc mais ça se trouve on peut ne pas aimer le caviar mais par contre ça fait genre j'ai de l'argent quoi tu sais je me paye une nuit d'hôtel à 1000 euros pour faire genre et en fait il n'y a pas de vrai plaisir derrière il y a juste de j'en ai marre de me payer des ibis à 80 balles miteux où on entend les gens marcher dans le couloir et donc en fait je me paye un vrai hôtel cher mais du coup ça peut devenir une espèce de cercle vicieux où il faut beaucoup d'argent pour être heureux Tu vois ce que je veux dire ? Pour fuir la condition.
- Speaker #1
Ouais, je vois très bien. Et dans ce que tu décris, c'est l'histoire de vrai désir, faux désir. On revient à ça. C'est que dans ce que tu décris là avec le caviar, il n'y a pas de plaisir corporel. Le vrai plaisir, il y a toujours un lien au corps. Quelqu'un qui a un vrai... Franchement, on prend des photos de tout le monde dans plein de moments de la vie sans dire ce qu'il se passe. Juste la tête des gens, le visage. Imaginez, je vous file une banque de photos... Et je vous demande, est-ce que lui, il est en train d'avoir un orgasme ou pas ? Oui ou non. Et devant chaque photo, vous mettez un oui ou un non. On ne peut pas se tromper ! Ça se voit sur notre gueule quand on kiffe ! Il n'y a pas de mensonge ! C'est corporel ! Et là, pour l'histoire de la boîte de caviar, c'est mental, ça, c'est du bullshit ! Si quand je bouffe le caviar, je sens dans mon corps un... « Putain, j'adore, c'est trop bien et tout. » Ça, c'est du vrai plaisir. S'il n'y a pas ça, c'est l'idée, le fantasme où je fais croire que je me fais plaisir alors qu'en vrai, je m'en tape. Je suis plutôt indifférent, je m'en tape. Donc, c'est clair que pour moi, mes conseils, c'est traitez-vous comme un sujet d'expérience. Intéressez-vous à vous-même. On se délaisse. T'es la personne la plus importante de ta vie. Y'a que toi qui peux être heureux. Les autres ils sont super importants, ma chérie je l'aime énormément. Je suis la personne la plus importante de ma vie. C'est la vérité. Intéressez-vous à vos goûts. Fortement notez-les. Et comme tu le dis, on peut pas faire l'économie. Avouez-vous la vérité et prenez du temps. Soyez présent à vous-même pour sentir... Si c'est vrai ou si vous vous bullshitez, il n'y a pas besoin d'avoir fait 5 cires pour faire ça. Ce n'est pas compliqué, ce n'est pas mental. Quand tu as un orgasme, tu le sais, tu le sens. Sorti de ta partie de jambes en l'air, tu n'es pas là en train de te dire « Ah ben, est-ce que c'était bien ? Est-ce que j'ai joué ? » Tu es au courant, quoi ! Ben là, c'est pareil, en vrai. Je ne sais pas, moi, on fait une partie de jeu vidéo avec toi, Cédric. À la fin... On est capable de dire si on a kiffé ou si c'était ok ou si c'était nul. On sait tous le faire, mais on ne prend jamais le temps de le faire. Et aussi parce que ça fait peur en vrai, kiffer, ça nous fait peur. On a l'impression que c'est tellement déloyal à tout ce qu'on voit. On se dit non, ce n'est pas normal, ça doit être interdit.
- Speaker #0
Ce qui fait peur aussi c'est de s'avouer à soi-même et d'avouer aux autres qu'on n'a pas aimé l'expérience. Regarde, hier soir on a joué aux cartes. Il y a des moments où pour Séverine c'était nul, pour moi c'était avant-hier. Mais par contre on se l'est dit. On s'est dit "Pour moi c'est dur, je me sens mal, j'ai honte, machin, pas de plaisir, machin". On se l'est dit. Mais dans la plupart des cas, ce niveau d'honnêteté sociale, relationnelle est pas là. Donc pour faire bien c'est comme quand t'es au resto, ton assiette t'as pas aimé ce que t'as mangé et puis la serveuse elle arrive "Ça va ça a été super" alors qu'en fait t'as pas aimé ton assiette mais tu vas pas le dire. et du coup instinctivement par habitude sociale on a une vie ok, on va pas nécessairement se l'avouer moi j'ai eu plein de clients quand je leur disais comment ça va, ça va bien Mais ça va bien comment ? C'est-à-dire, c'est comment l'intérieur ? Ben rien, je me sens bien, c'est tout. Et en fait les gens ne savent pas distinguer la nature des émotions agréables qui sont à l'intérieur. Parce qu'il y en a plein des émotions agréables, mais c'est lesquelles difficiles. Donc il y a aussi cette habitude de ne pas s'avouer. Et je pense que tu nous ramènes sur une nécessité d'honnêteté au point de départ.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Pour pouvoir reconnaître et ensuite ajuster, qui est déjà pas évidente.
- Speaker #1
C'est une vulnérabilité. on a toujours peur que si on s'avoue qu'on vit un truc de merde ça soit pire le problème c'est que c'est l'inverse si on s'avoue enfin qu'un truc c'est de la merde pour nous et qu'en vrai on en veut plus ou moins et ben enfin ça va changer et la bonne nouvelle c'est que quand on fait quand on s'avoue ça quand on se confesse ça à l'intérieur de nous y'a pas besoin de volonté de temps d'effort pour que ça change vraiment quand on fait le constat entre guillemets, c'est comme si ça se fait tout seul derrière. On n'a pas besoin de se fliquer, on n'a pas besoin de faire des exploits. Et c'est clair qu'on a peur de la vulnérabilité dans les deux sens. Quand on a mal, on a peur de s'avouer qu'on a mal. Quand on est triste, on a peur de s'avouer... Enfin, beaucoup de gens ont peur de s'avouer qu'ils sont tristes. Quand on est joyeux, pour certaines personnes, où la joie, c'était interdit dans l'enfance, ils ont peur de s'avouer qu'ils sont joyeux, etc. Moi, le nombre de clients aussi... « Ah, comment tu vas et tout ? » « Ouais, ça va. » « Ok. Quel genre de ça va, ce ça va là ? » « Oh bah, normal. » « Ah non, t'es sérieux ? » « T'as tellement pas envie que ça, de sentir comment tu te sens. » Et ça n'existe pas normal. Il n'y a rien qui est normal. Et tu ne goûtes pas un vin de Neunologie et tu dis « Ouais, il est normal. »
- Speaker #0
« C'est un vin normal. »
- Speaker #1
Ça n'existe pas. Et... Ouais, et oui c'est vulnérable. C'est vulnérable de s'avouer. Mais putain, qu'est-ce que c'est libérateur de s'avouer genre « Wow, mais en fait j'aime pas ça » . Et tu tues personne et tu fais de mal à personne. Il n'y a pas de souci. Mais déjà de soi à soi, de s'avouer plus ce qu'on n'aime pas et de s'avouer plus ce qu'on aime bien, je vous garantis, vous faites ça sérieusement, putain votre vie elle change. Mais vraiment !
- Speaker #0
Donc en gros, si je comprends bien, le fait d'oser, d'être honnête, de vraiment regarder ce j'aime, j'aime pas et de se l'avouer à soi-même, ça va nous permettre de faire des choix différents ultra facilement en fait.
- Speaker #1
Ouais, clairement.
- Speaker #0
Ultra facilement sans efforts considérables. Et donc du coup on va se mettre à faire plus de choix de ce qu'on aime, moins de choix de ce qu'on n'aime pas et notre niveau de bonheur est en train de grandir tout seul. Clairement. le plus souvent possible, est-ce que cette action allait jouer pour moi ou pas ? Comment je me sens à l'intérieur ? Est-ce que cette relation me plaît ? Est-ce que c'est de trajectoire professionnelle ? Et là on se pose des questions sur plein de choses. Ça risque de piquer un peu parce qu'on s'aperçoit qu'on n'aime pas sa vie, mais par contre c'est salvateur, parce que là on se retrouve à soit je fais l'autruche et je ne m'avoue pas que je n'aime pas ma vie et je ne change rien pour ne pas me l'avouer et je continue d'être malheureux jusqu'à ce que je crève, Ou alors, je commence à changer des trucs.
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
Aussi délicat soit-il.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Et en fait, par exemple, en couple, si on n'est pas heureux avec la personne et qu'on ne se l'avoue pas et qu'on essaye de se rassurer en disant « Si, si, ça va. Si, c'est super. Si, machin. » Alors qu'en vrai...
- Speaker #0
C'est normal que les couples se prennent la tête régulièrement ?
- Speaker #1
En fait, c'est du gâchis. C'est du gâchis, c'est con. Parce que... Si la réalité, c'est que là, il n'y a plus l'alchimie, vous ne vous entendez plus, il n'y a plus d'amour. Franchement, ça arrive, il n'y a pas de souci avec ça. L'amour, ça se constate et ça s'entretient. Mais ça ne peut pas se fabriquer. Et si jamais il n'y a plus d'amour, franchement, vous allez avoir une bien plus belle vie à en faire le constat et à dire « Ok, eh ben, au revoir, je te souhaite une bonne route. » Plutôt que de se forcer à continuer, enfin... C'est comme s'infliger un boulot qu'on n'aime pas, c'est comme s'infliger de manger des trucs qu'on n'aime pas, c'est...
- Speaker #0
- Parce qu'il faut.
- Speaker #1
- C'est con quoi. Voilà donc ouais.
- Speaker #0
Voilà les amis, merci beaucoup Pierre pour ces éclairages ultra nourrissants, ultra clairs aussi. Moi j'ai vraiment aimé ce que tu nous as partagé. J'espère que vous repartez avec des pépites d'or pour le restant de vos jours. En tout cas c'était vraiment mon souhait de redonner le micro à Pierre qui vient de nous partager ça. reprendre du plaisir dans sa vie et devenir un athlète de haut niveau du bonheur. J'ai hâte que cet épisode sorte et que du monde soit imprégné de ce message que je trouve vraiment génial. Merci beaucoup Pierre !
- Speaker #1
Avec plaisir Cédric !
- Speaker #0
Et je vous dis à tous un très très bientôt. Si vous avez aimé cet épisode, abonnez-vous. Vous avez peut-être la possibilité de liker cet épisode, de laisser un commentaire, ça me ferait plaisir de vous lire. Abonnez-vous à la chaîne, abonnez-vous au podcast. On se retrouve bientôt pour un nouvel épisode. Ciao tout le monde !