- Speaker #0
D'aucuns ont des aventures, je suis une aventure.
- Speaker #1
Qui sont les aventuriers ? Et quel décalage y a-t-il entre ce que nous imaginons d'eux, de leurs aventures, et ce qu'ils sont et font vraiment ? Un aventurier ou une aventurière est une personne dont la vie est faite de confrontations avec des univers qu'ils pénètrent, sans en être naturellement familier. Dans ce podcast, nous irons à la rencontre d'aventuriers et d'aventurières de toutes sortes. Après avoir interdit aux femmes de fréquenter certains lieux publics et de s'éloigner de chez elles sans un membre de leur famille, et aux filles de fréquenter l'école à partir de l'âge de 12 ans, Le 22 août, les talibans ont promulgué de nouvelles lois. Pour mieux promouvoir la vertu et prévenir le vice, l'une de ces lois interdit aux femmes de chanter et de réciter de la poésie en public, mais aussi de faire entendre leur voix en dehors des murs de leur maison. La voix de ces femmes sont considérées comme des instruments potentiels du vice. Dans cet épisode, Sabah raconte son combat au sein de la radio Begum à Kaboul pour que les voix des femmes afghanes se fassent encore entendre. C'est donc le récit d'une aventure périlleuse dans un milieu extrêmement hostile que vous entendrez dans ce troisième épisode. Zabash Haman, vous êtes journaliste et vous travaillez comme rédactrice en chef à Radio Begum, une radio basée à Kaboul dont la fondatrice est Amida Haman. Radio Begum permet à des millions de filles et de jeunes femmes d'accéder à l'éducation grâce à des programmes éducatifs, des programmes scolaires quotidiens qui soutiennent le réseau d'écoles clandestines du pays. Les sujets de la religion et de la santé sont aussi abordés. Pouvez-vous nous décrire votre vie quotidienne en tant que femme et en tant que... Femme journaliste en Afghanistan, quels sont les obstacles auxquels vous êtes confrontée ?
- Speaker #0
Être une femme en Afghanistan n'était pas facile, même avant l'arrivée des talibans, mais disons qu'avec leur arrivée au pouvoir, tous les obstacles et les défis se sont multipliés. En seulement trois ans, les talibans ont annoncé plus d'une centaine de décrets visant à remettre en cause le statu quo des femmes, à leur interdire de vivre librement, ce qui est leur droit fondamental, d'accéder à l'éducation et de dire ce qu'elles ont sur le cœur pour tenir leurs droits. Je dirais donc que le journalisme est l'un des derniers métiers en Afghanistan que les femmes sont encore autorisées à pratiquer, même si je ne dirais pas que nous sommes capables de le pratiquer dans le sens le plus authentique de l'histoire. Mais nous pouvons continuer à travailler et je pense que c'est une bénédiction. Les défis auxquels nous sommes confrontés commencent dès le réveil jusqu'à la fin de la journée, par exemple pour rentrer à la maison. Même à ce moment-là, nous ne dormons pas avec un esprit serein. La police de la vertu, que nous appelons la police de la moralité, est un point de contrôle partout à Kaboul pour arrêter les femmes et vérifier comment elles se stabilisent,
- Speaker #2
si elles sont correctement vêtues.
- Speaker #0
Et si vous voyagez sur de longues distances, en dehors de la ville par exemple,
- Speaker #2
vous pouvez être accompagné d'un secteur qui est un autre pour vous.
- Speaker #0
Il y a aussi les conditions de sécurité qui se sont dégradées dans certaines parties de la ville, pour tous les citoyens, mais bien sûr plus particulièrement pour les femmes.
- Speaker #1
Pourquoi pensez-vous que le journalisme est encore l'une des rares professions qui soit autorisée pour les femmes en Afghanistan ? Comment est-ce que vous l'expliquez ?
- Speaker #2
Personnellement,
- Speaker #0
je pense que les talibans ont compris l'importance des médias. Permettre de diffuser très rapidement des informations et de dresser un portrait, positif ou négatif, de n'importe quel groupe aux yeux du monde. Jusqu'à présent, la pression internationale a été forte et ils n'ont pas réussi à fermer les centres médicaux et à interdire aux femmes d'être médecins ou journalistes. Mais nous ne jouissons pas d'une liberté totale. Lorsque nous apparaissons à la télévision, nous pouvons porter un voile, nous pouvons ouvrir le visage. À la radio, il y a certaines choses que l'on ne peut pas dire. Nous n'avons pas beaucoup de liberté d'expression. Je suppose que c'est grâce aux pressions que nous sommes encore autorisés à travailler. Je ne sais pas pour combien de temps. Jusqu'à présent, nous avons pu profiter de l'occasion, aussi difficile que cela ait été.
- Speaker #1
mais c'est assez surprenant car votre voix même si vous respectez les nombreuses contraintes qu'on vous impose votre voix elle permet de faire entendre un espace de liberté elle est une porte ouverte vers un autre mode de penser que le leur et malgré cela ils acceptent encore que vous parliez alors
- Speaker #2
que dans tous les autres domaines ils ont absolument tout verrouillé mais en même temps vous avez peut-être entendu qu'il y a quelques semaines seulement
- Speaker #0
Ils ont approuvé une nouvelle loi stipulant que non seulement le corps et le visage d'une femme doivent être considérés comme ses parties intimes, ne doivent pas être vus par les hommes, en dehors de sa famille,
- Speaker #2
mais que sa voix,
- Speaker #0
elle aussi, doit être traité comme une partie intime. Vous pouvez donc imaginer l'idée, le programme qu'il y a derrière tout cela.
- Speaker #2
Utiliser cette nouvelle loi pour que nous ne parlions plus d'autres choses que des informations médicales ou psychologiques à nos auditrices. Qu'on soit plus autorisés à parler de ce que nous parlons.
- Speaker #0
C'est juste une question de temps. Combien de temps nous reste-t-il pour continuer à travailler ainsi ?
- Speaker #1
Mais comment négociez-vous la façon dont vous pouvez travailler ? Comment est-ce que vous faites pour obtenir ? une certaine marge de manœuvre dans votre travail, enfin, ce qui vous est possible d'obtenir.
- Speaker #0
Le fait que nous puissions encore travailler ne signifie pas que nous avons bénéficié d'une clémence de la part des autorités talibanes. C'est plutôt comme si on nous avait arraché nos droits au fil des années. et que nous avons réussi à les convaincre de pouvoir encore travailler jusqu'à ce jour. Lorsqu'ils ont pris le contrôle de l'Afghanistan en août 2021, nous avons arrêté pendant deux semaines. Hamida est revenu et a rencontré le porte-parole des talibans, à l'époque Zabiullah Moudaï, pour lui expliquer les activités que nous menons. Nous avons dû lui dire que nous étions très éloignés de la politique, que nous ne faisions pas d'actualité, que notre unique volonté... était de donner aux femmes afghanes des informations cruciales qu'elles ne peuvent trouver nulle part ailleurs. Et telle est notre politique éditoriale depuis le premier jour.
- Speaker #2
Pas de politique, pas de discussion sur ce qui se passe dans le pays.
- Speaker #0
Mais bien sûr, nous le faisons parfois, indirectement,
- Speaker #2
parce qu'on nous donne des décrets qui affectent les femmes.
- Speaker #0
C'est ce qui nous a permis de continuer de maintenir en vie la voix des femmes dans le pays pendant plus de trois ans. Nous ne savons pas ce qu'il adviendra dans un avenir proche avec cette nouvelle loi qui a été annoncée. Et pour l'instant, au moins,
- Speaker #2
nous pouvons aller de l'avant.
- Speaker #0
Et en ce qui concerne nos relations avec les autorités avec lesquelles nous devons négocier,
- Speaker #2
Il n'y a pas qu'un seul interlocuteur. C'est le ministère de l'Information et de la Culture,
- Speaker #0
le PDI, le général directeur de la Commission de la Virtu et de la répression du vice.
- Speaker #1
Ils viennent-ils jusqu'à vos bureaux ? Est-ce qu'ils vous font savoir qu'ils vous écoutent ?
- Speaker #0
Ils ne sont jamais venus rendre visite en France,
- Speaker #2
sauf une fois. Bien sûr, ils ne sont pas rentrés dans l'appartement réservé aux femmes.
- Speaker #0
Ils sont restés derrière les portes. Nous les avons fait asseoir en bas et ils ont posé quelques questions sur cet endroit. Normalement, nous avons un officier de liaison qui est un homme. C'est lui qui doit faire face à l'autorité chaque fois qu'il y a des questions au sujet de nos programmes.
- Speaker #2
Pourrez-vous poser des exemples qui montrent qu'ils écoutent et surveillent notre programme ?
- Speaker #0
Par exemple, une fois,
- Speaker #2
nous avons parlé de notre article dans notre programme de la santé.
- Speaker #0
Ils ne l'ont pas entendu à la radio, mais plus tard, nous avons mis une petite vidéo sur nos médias sociaux, et quelqu'un a vu cette vidéo et l'a signalée au ministère de l'Information et de la Culture. Nous avons reçu un appel le lendemain nous disant que ce n'est pas la bonne façon de diffuser de l'information comme vous le prétendez.
- Speaker #2
Attendez.
- Speaker #0
Contraception n'est pas un mot qu'on devrait utiliser dans le programme. Il vaudrait mieux pour ne pas répéter ce genre de choses à l'avenir.
- Speaker #1
Donc, si je comprends bien, vous n'étiez pas supposé utiliser le mot contraception, mais vous pouviez aborder le sujet d'une autre manière, c'est ça ?
- Speaker #2
Exactement. On pourrait parler de...... Exactement.
- Speaker #0
Nous ne pouvions pas parler de contraception,
- Speaker #2
donc...
- Speaker #0
En fait, nous avons arrêté de mentionner ce sujet pendant deux semaines. Au bout de ces deux semaines, le médecin, la gynécologue qui présente le programme avec l'une de nos collègues,
- Speaker #2
a dit, D'accord,
- Speaker #0
je ne parlerai pas de contraception, mais je parlerai de planifères familiales qui bénéficient d'espacer les naissances pour la santé de la mère et des enfants. C'est ainsi, c'est de cette manière que nous nous attaquons à toutes ces restrictions sur des mots, des sujets de cas spécifiques. qui pourrait donner lieu à des controverses.
- Speaker #1
Vous parlez de religion et de spiritualité aussi sur Radio Begum. Il y a des émissions qui y sont consacrées. Sachant que la religion est une arme des talibans pour soumettre les femmes, de quelle manière est-ce que vous vous abordez ces sujets-là ?
- Speaker #0
La religion est un instrument que les talibans ont utilisé jusqu'à présent pour renforcer leur position,
- Speaker #2
leur pouvoir dans le pays.
- Speaker #0
Et c'est aussi l'un des sujets auxquels la population est très sensible.
- Speaker #2
À Radio Begum,
- Speaker #0
nous avons une grosse femme,
- Speaker #2
experte de la charia.
- Speaker #0
Ils l'ont étudiée pendant de nombreuses années et qui savent exactement quels sont les droits des femmes. Elles connaissent la véritable interprétation du Saint Coran,
- Speaker #2
des hadiths,
- Speaker #0
et de toute autre loi, c'est l'idée d'affecter le statut des femmes. Et les gens ne nous écoutent pas alors qu'on nous fournit des références issues du Coran,
- Speaker #2
des hadiths.
- Speaker #0
Un produit depuis le premier annonce que les femmes s'efforcent de faire, c'est de trouver des références solides dans les hadiths et le Coran pour parler de chaque sujet sélectionné pour le progrès. Bien sûr, nous recevons à la radio des appels de partisans,
- Speaker #2
des talibans,
- Speaker #0
qui nous disent que nous emmenons les gens dans la mauvaise voie. Mais ils ne peuvent pas argumenter, car nous savons que même parfois, Ils ne connaissent pas ces véritables interprétations. Et nous avons des éditeurs qui nous appellent pour dire à quel point ils apprécient ce que disent ces femmes et les perches en charisme. Ils n'ont jamais entendu tant de sagesse et de connaissance sur la religion chez une femme comme ce qu'ils entendent d'elle. Elles sont très précieuses comparé à ce qu'ils entendent lorsqu'ils s'assoient pour écouter les prêches du Mola et du Khergé. à la mosquée pendant les premières promenades. La religion,
- Speaker #2
c'est donc un outil pour eux,
- Speaker #0
mais aussi un outil pour nous.
- Speaker #2
Vous savez,
- Speaker #0
pour prouver aux gens que l'extrémisme n'est pas toujours égal à l'islam et que notre religion n'est pas toujours égale à l'oppression des femmes.
- Speaker #1
Donc, ces expertes de Radio Begum ne se reposent pas sur une lecture littérale des textes. Elles appuient leurs interprétations sur des analyses d'experts. Quelles références utilisent-elles ? Quelle est leur méthode pour partager ce qui leur paraît être... une juste interprétation des textes.
- Speaker #0
Une interprétation peut être pratiquée par n'importe qui. Ce n'est pas quelque chose qui est réservé à certaines personnes dans le passé. Mais ce qui est important lorsque vous interprétez une partie du Coran, c'est d'étudier la phrase qui précède et la phrase qui suit pour connaître l'histoire complète. Ce qui se passe habituellement, c'est que les talibans prennent une seule phrase du Coran et disent qu'il faut battre, par exemple,
- Speaker #2
sa femme.
- Speaker #0
Mais ce que font nos collègues de Radio Begum, c'est de préciser très clairement dans quel contexte et à quelle époque cette phrase a été prononcée. Lorsqu'eux disent qu'une femme doit demander la permission à son mari avant de sortir de chez elle, Elles décrivent dans quel contexte cela a été dit et quels sont les éléments à prendre en compte. Elles précisent donc, bien sûr, les droits du mari, mais aussi les droits de la femme que le mari doit prendre en considération. Et d'un autre côté, ce qui se passe, c'est que c'est toujours le droit du mari qui est prêché au mari, ce qui leur donne l'impression que ce sont eux qui tiennent le ciel au-dessus de la tête des femmes dans notre société. À travers Radio Begum, nous essayons aussi de clarifier aux yeux des femmes leurs propres droits, ce dont elles ne sont généralement pas conscientes en raison de leur manque d'éducation et de connaissances.
- Speaker #1
Est-ce que vous utiliseriez le mot activiste pour vous décrire ? Mais tout d'abord, est-ce que vous pourriez me dire comment vous êtes devenue journaliste et quel était votre rôle au sein de Radio Begum ?
- Speaker #0
J'ai connu Hamida à travers le travail qu'elle effectuait en Afghanistan pour son ancienne entreprise, le groupe Média Avas. J'avais été embauchée moi-même chez Avas Group en tant que reporting officer, non pas dans le domaine du journalisme, mais pour rédiger des rapports à l'intention des donateurs de certains autres projets que nous menions.
- Speaker #2
En 2021,
- Speaker #0
alors que les conditions de sécurité s'aggravaient dans le pays à cause du Covid, mais aussi à cause de tous les autres problèmes de sécurité, Amida envisageait créer un espace pour que les femmes puissent parler librement. et aussi pour recevoir des informations cruciales en matière de santé et de psychologie. On ne savait pas encore à l'époque pour l'éducation. Elle m'a confié la gestion de la station de radio lorsque nous avons lancé Radio Vega.
- Speaker #2
Pour moi,
- Speaker #0
il s'agissait d'utiliser les compétences que j'avais et en même temps d'apprendre à travailler dans le domaine du journalisme,
- Speaker #2
d'apprendre à gérer un média.
- Speaker #0
Je n'avais pas eu d'expérience dans ce domaine auparavant. Nous avons lancé notre programme d'éducation à l'antenne en mai 2021, lorsqu'un attentat a été perpétré dans une école de filles du 13e d'Afrique de Kaboul, tuant plus de 100 écolières. Je suis devenue rédactrice en chef de la station de radio au cours des premiers mois. Bien sûr, c'est avec le soutien d'Amida et d'autres collègues plus expérimentés que moi. plus expérimentés que moi, que nous sommes devenus totalement indépendantes.
- Speaker #2
Nous étions une petite équipe à l'époque,
- Speaker #0
seulement 9 filles, travaillant ensemble parce que nous n'avions pas de recours extérieur.
- Speaker #2
Amida seule soutenait la station de radio et ses propres recours au concert.
- Speaker #0
Après 2021, je me suis tournée vers le journalisme et l'activisme. Lorsque j'ai constaté que les femmes n'avaient plus assez de confiance en elles, Il a permis son de sortir de chez elle seule pour les choses les plus élémentaires dont elles ont besoin. Aller voir un médecin, à Kaboul bien sûr, c'est toujours facile. Et dans les provinces, il y avait un manque de médecins,
- Speaker #2
un manque d'hôpitaux.
- Speaker #0
Vous pouvez même ne pas y avoir de psychologues. C'est à ce moment-là que ça a évolué vers de l'activisme. Et aussi parce que nous avons constaté que la liberté d'expression était arrachée aux femmes. Les décrets sont succédés. par exemple celui ordonnant aux femmes de ne pas participer à un programme avec des présentateurs masculins ou un autre ordonnant aux femmes de couvrir le visage lorsqu'elles passaient à la télévision, ou encore un autre empêchant les femmes d'aller à l'université. La décision concernant l'école a été prise en mars 2002. C'est la forte envie de se battre pour les femmes qui n'avaient pas la voix, pas la possibilité de choisir pour elles-mêmes, qui m'a transformée, ainsi que tous les membres de l'équipe de Radio Begum, en militant pour les droits et la liberté des femmes.
- Speaker #1
Lorsque je vous écoute, j'entends un combat contre les talibans, mais aussi contre une pensée traditionnaliste, qui existait déjà avant leur arrivée au pouvoir en
- Speaker #2
2021.
- Speaker #0
Nous ne combattons pas seulement les décrets des talibans, et les nouvelles lois concernant les femmes, mais aussi certaines traditions qui existaient déjà dans notre société. Mais je dirais que ces traditions n'existaient pas avant 1996, lorsque l'Afghanistan était un pays libre. C'est au cours de la dernière période talibane que ce type de tradition et de mentalité ont été implantées dans l'esprit de la population. Pendant 20 ans, même si le pays progressait, les habitants des zones rurales étaient encore très éloignés de ce qui se passait à Kaboul. Pendant ces 20 années, ces croyances et ces pensées extrémistes, en particulier à l'encontre des femmes, ont commencé à s'ancrer dans les esprits. Et la pauvreté, l'inégalité, les nombreuses discriminations à l'encontre de la population, toutes ces choses, vous le savez, affectent les femmes. Je dirais donc que cette pensée traditionnaliste, cette pensée réactionnaire est le résultat de la première ère talibane.
- Speaker #1
Est-ce que pour une femme, il est possible de vivre seule en Afghanistan ?
- Speaker #2
Ce n'est pas impossible,
- Speaker #0
mais c'est difficile. J'étais l'une de ces femmes qui vivait seule en Afghanistan. J'ai eu la chance d'avoir un ami qui a eu la gentillesse de me permettre d'avoir un appartement avec ma colocataire, en signant le contrat sous son nom et celui de sa famille. Nous étions donc en quelque sorte cachés. Personne ne savait qu'il n'y avait que des femmes qui vivaient ici. Mais ça aurait été difficile autrement, si nous n'avions pas eu ce soutien.
- Speaker #1
Qu'est-ce que vous risquez ?
- Speaker #2
Nous risquons nos vies, tout simplement.
- Speaker #0
Nous risquons nos vies parce que de nombreuses fois, les membres du GDI sont allés de porte en porte en 2021, au cours des derniers mois, pour faire le nettoyage de sécurité, comme ils appelaient ça.