- Seu Felix
Je vais être tellement traumatisant pour certains en 2026. Les années 2000, c'est la crise du disque, les amis. On ne vend plus d'albums, c'est très compliqué pour le rap. Je suis plus fort que l'algorithme d'Astin. Ouais, je pense que quand ils me recommandent un truc, je sais déjà à quoi il y a à faire. Bonjour à tous et à toutes et bienvenue dans ce second épisode de l'époque de nos grands frères. Nouvelle série de podcast sur la chaîne de Rap Minute. Le podcast qu'on parle d'un temps que les moins de 20 ans veulent et doivent connaître. Juste avant de commencer, deux mots à vous dire. Le premier, merci à Woodbrass de nous accompagner dans cette aventure. C'est vraiment un plaisir de collaborer avec eux. Le lien est dans la description pour leur site internet. Et second point, on est disponible sur toutes les plateformes de streaming, soit Spotify, Apple Podcasts, Deezer. Vous pouvez aussi nous retrouver là-bas. Le premier épisode est déjà disponible avec Oxmo Puccino et le second le sera aussi. Voilà, la messe est dite. Maintenant, je vais introduire l'invité, l'homme que l'on nomme l'Arabian Panther. Il est au rap, ce que Little Bob est au rock dans la ville du Havre, Monsieur Medine. Medine, comment vas-tu ?
- Médine
Ça va très bien.
- Seu Felix
Je suis vraiment très content de te recevoir, c'est un plaisir et un honneur pour ce petit épisode. Merci à toi déjà d'avoir accepté.
- Médine
Avec plaisir.
- Seu Felix
Merci, voilà, Ikram aussi d'être là, c'est important de remercier tout le monde. On va converser sur pas mal de choses, toi et moi, vis-à-vis de ton point de vue en tant que grand frère justement du rap, puisque je te considère comme tel en tout cas. Donc première question justement, avant de développer sur ton point de vue actuel, je vais te demander, Medine, ça vient d'où ?
- Médine
Ça vient de Normandie, ça vient du Havre précisément. Mes parents viennent d'Algérie, si ça peut compléter la fiche de match. Voilà, voilà.
- Seu Felix
Et c'était comment le Havre justement dans les années 90-2000 ? Parce que toi, tu es de 83, il me semble, non ?
- Médine
Moi, je suis de 83. Le Havre dans les années 90, c'était ville ouvrière, pas encore tout à fait balnéaire. Ça a fini par devenir une espèce de station balnéaire. qui ne vend pas trop de rêve quand tu dis le havre aux gens en général, c'est toujours associé à des adjectifs péjoratifs. Mais moi ça me va en fait, je suis très à l'image de ma ville. Quand on parle de moi publiquement, médiatiquement, dans le grand public, c'est souvent avec des adjectifs pas agréables du tout. Au final quand tu grattes derrière, tu te rends compte que t'as affaire à quelqu'un qui est fort sur ses appuis, qui met du cœur à l'ouvrage, qui est passionné, et c'est pareil avec le havre. Quand tu grattes un peu, que tu viens au Havre, que tu fais le déplacement, tu passes un bon moment.
- Seu Felix
L'image de ta ville, c'est magnifique. Et justement, dans une ville qui n'est pas la ville du rap, et encore moins justement à l'époque, je voudrais savoir, toi, quel a été ton premier point d'accroche avec le hip-hop, peut-être avant même le rap ?
- Médine
Mon premier point d'accroche, c'est avec des cousins qui viennent de Paris, qui viennent de la ville d'Argenteuil, qui sont plus âgés que moi, et qui, eux, me rapportent les premiers albums de NTM. Ça, c'est mon premier point d'accroche. C'est comme ça que je sombre dans cette musique.
- Seu Felix
C'est comme ça que tu sombres dans cette musique. C'est quoi tes toutes premières influences, les tout premiers albums que tu as écoutés où tu t'es dit « Ah ouais, là, il y a vraiment un truc » .
- Médine
Les tout premiers trucs, c'est « Ministère à mer » .
- Seu Felix
Ok.
- Médine
C'est « Paris sous les bombes » de NTM. Ouais, c'est ça. Les premiers trucs où je pète ma tête vraiment, c'est ça.
- Seu Felix
Ok, ouais. Après,
- Médine
avant, bien sûr, j'écoute un peu de Solar. J'écoute du Tonton David, c'est du ragamuffin, mais qui s'apparente un peu à du rap au niveau du débit et des instru. Voilà, c'est comme ça que je rentre dans cette musique.
- Seu Felix
C'est comme ça que tu rentres dedans, du moins en l'écoutant. Et c'est à quel moment et comment tu rentres dans le rap, cette fois-ci en tant qu'acteur, derrière le micro ?
- Médine
C'est sur un mensonge. J'ai des potes de quartier qui se font déjà du rap. Proof et un mec qui s'appelle Nordin Larm qui ne rappent plus aujourd'hui et qui eux sont des rappeurs et ils me le font savoir et ils me demandent si moi je suis un rappeur et moi je mens je dis oui, je rappe dans un quartier voisin mais je mens sur toute la ligne et au final ils me donnent un rendez-vous ils me disent rendez-vous, salle de répétition à la MJC Charlie Chaplin ça s'appelait un clec, c'était pas la MJC et je dois venir avec un couplet Merci. Je viens avec un couplet qui n'a ni queue ni tête, mais je passe les castings et je deviens rappeur officiellement sur ce mensonge.
- Seu Felix
Ça le fait comme ça. Et justement, qu'est-ce que ça t'apporte, toi, de commencer en groupe, justement, de commencer avec des potes, etc. ?
- Médine
C'est une aventure humaine avant quoi que ce soit, en fait. Moi, je fais du rap de prouveur, à la base. Je veux prouver à mes copains, je veux prouver à mon quartier, puis je veux prouver à ma ville. Donc, c'est toujours très collectif, en fait. S'il n'y a pas de retour, s'il n'y a pas d'oreille qui me fait un retour, s'il n'y a pas d'œil qui me juge, ça n'a aucun intérêt pour moi de faire cette musique. Surtout dans les années 90 où il n'y a pas Internet. Aujourd'hui, tu peux être dans ta chambre, poster un morceau, tu as tout de suite les retours de ce que les gens pensent, de ce que tu fais. À l'époque, ce qu'on en pense, c'est en bas de ta fenêtre.
- Seu Felix
Et justement, parce que forcément, tu as commencé au Havre, etc. Et comme je disais, ce n'était pas forcément la ville du rap. Est-ce que tu sentais qu'il y avait quelque chose à creuser ou tu t'es dit, ouais, il y a vraiment quelque chose à faire avec le rap ?
- Médine
Non, c'était vraiment toute naïveté. J'avais envie d'être un rappeur, mais pas un rappeur populaire. Je n'avais pas envie de faire une carrière dedans. C'était un sport. Vraiment, je pratiquais un sport. J'avais une passion commune et ça a mobilisé tous mes mercredis, tous mes samedis, tous mes dimanches. C'était comme si tu avais un sport, en fait.
- Seu Felix
Comme un sport. Et justement, parce que mine de rien, assez rapidement, tu as sorti ton premier album à 21 ans, me semble-t-il.
- Médine
Oui, c'est ça.
- Seu Felix
Dès le départ, t'as quand même des thèmes qui sont assez lourds, des thèmes qui sont quand même assez corsés. Je pense à Enfant du Destin, etc. Et je voulais savoir pourquoi cette narration aussi crue et sordide dès le départ, qu'est-ce qui t'a poussé justement à 21 ans à avoir cette narration-ci, ce storytelling précis ?
- Médine
Avant 21 ans, je sors quand même pas mal de mixtapes, j'apparais sur les albums d'autres gars de ma région. Et c'est totalement décousu, c'est vraiment ça. Ça parle de tout un tas d'autres choses que les thèmes de prédilection que je peux avoir dans mes albums à partir de ce premier album qui est sorti à l'âge de 21 ans. Donc j'ai déjà fait des armes dans le rap dit égotrip pendant une dizaine d'années avant de sortir un premier album. Et mon premier album qui sort en 2004, j'ai 21 ans. Ma première prise de parole est politique parce que je prends la mesure du contexte dans lequel je vis. Et le contexte dans lequel je vis, c'est la France post-attentat du 11 septembre 2001. Et tout ce que ça charrie comme répercussion collatérale sur la communauté musulmane, sur les jeunes de banlieue. Voilà, donc je prends la mesure de ça à l'âge de 21 ans quand je sors mon premier album.
- Seu Felix
C'est relatif à un besoin de parler, un besoin de parole.
- Médine
C'est plus une colère. C'est plus une colère et je crois que le rap est alimenté et traversé par les colères, par les luttes, par les besoins de combat des populations opprimées. Et donc je m'inclus dans ça forcément parce que je grandis dans un quartier du Havre avec tout ce que ça charrie. Et forcément, il y a des réalités auxquelles je suis confronté. Donc, une espèce de colère. Et le hip-hop, le rap en particulier, nous donne l'occasion de transformer cette colère en quelque chose de positif. La musique.
- Seu Felix
Justement, parce que tu parles de colère, de lutte intérieure, etc. Et ton second album, tu vois, c'est « Djihad » , le plus grand combat est contre soi-même. C'est un terme un petit peu fort, etc. Même si tu l'utilises dans un sens de lutte intérieure. Et je voulais savoir... Qu'est-ce que tu entendais par le plus grand combat et contre soi-même à ce moment-ci justement de ta carrière où tu sors ce second album ?
- Médine
En 2005, il faut savoir qu'il y a un espèce de retour du religieux dans les quartiers et parfois du religieux avec une dimension fantasmée et guerrière. La présence du terme djihad et galvaudé est présente. C'est galvaudé à la fois par les milieux religieux mais à la fois aussi par les milieux médiatiques. qui, eux, voient tout de suite une façon de stigmatiser les quartiers populaires. Mais ceci dit, il existait vraiment des courants qui véhiculaient cette émigration, qu'il fallait quitter la France, qu'il fallait rentrer dans une espèce de lutte armée. Il y avait des discours comme ça qui existaient. Ce serait de mentir, de dire le contraire. Et moi, justement, je vois un peu le phénomène parfois s'emparer de certains amis. Et je veux lutter contre ça. Je veux lutter contre ça en rappelant que si combat il doit y avoir, c'est d'abord contre soi-même. C'est une guerre spirituelle que l'on doit avoir pour s'améliorer. De voir la religion à travers le prisme guerrier, c'est faire fausse route. Et donc j'essaie de lutter contre ça dans un album de rap parce que j'avais une audience à l'époque. Et ça trouve écho, ça trouve ancrage chez un certain public quand j'allais en concert. en 2007 quelques temps après la sortie de cet album je voyais des gens qui étaient vraiment dans une compréhension de ce qu'est la lutte intérieure de comment on doit s'améliorer un espèce de développement personnel de la de l'époque quoi tu vois ce que je veux dire
- Seu Felix
Bien sûr, bien sûr. C'est vraiment relatif à chacun, à la spiritualité. Ce mot-ci, tu vois, forcément, il peut être un petit peu fort quand tu le vois au premier abord. Est-ce que toi, tu t'attendais justement à cet impact-ci quand tu as sorti cet album ou vraiment, comme tu disais, c'était vraiment dans un but purement personnel et il n'y avait pas du tout, tu vois, de...
- Médine
Après, l'impact est relatif. On est en 2005. Je n'ai pas de répercussions. en dehors de la confidentialité de ce qu'est le rap underground à l'époque. C'est vraiment un impact relatif. C'est après, quand je deviens plus connu, plus populaire et que je remplis de plus grosses salles, qu'il y a une partie de l'ultra-droite qui s'empare de ces images-là et qui lui donne une autre résonance, qui lui font dire tout autre chose que ce que je voulais dire à l'époque, qui ne recontextualise pas du tout. Et c'est là où est-ce que ça prend de l'écho. Mais en réalité, sur le moment, j'ai l'impression que la mission est accomplie parce que le discours est à destination des auditeurs de rap et des quartiers populaires.
- Seu Felix
C'était plus une évidence pour toi d'utiliser ce terme-ci.
- Médine
Voilà, en fait, il n'y avait pas vraiment de débat, tu vois. Et on pouvait en tout cas en débattre facilement. C'est quelques années plus tard où... On ne peut plus débattre de certains sujets. Et surtout, on ne veut plus contextualiser, nuancer. On veut simplement discréditer des paroles qui prennent trop de place dans l'espace public, comme je pourrais avoir.
- Seu Felix
Et c'est plus ou moins dans cette même mentale que tu as continué ta carrière, avec justement Arabian Panther qui vient par un protest song, et Arabian Panther par la suite ?
- Médine
C'est-à-dire ?
- Seu Felix
Cette même mentalité de véhiculer ton message de lutte intérieure ? Les gars, c'est pour nous, c'est spirituel, machin, quand tu as fait tes projets par la suite dans les années 2000 ?
- Médine
Ça, c'est une partie vraiment de mon discours. D'essayer de désaxer sur des concepts qui sont mal compris et qui viennent du monde religieux. Ça, c'est une partie de mon discours. Bien sûr, j'ai cette volonté-là de clarifier certaines choses à destination de mon public qui parfois étaient en partie arabo-musulmans ou juste musulmans. subsahariens, etc. Donc c'est vraiment une partie de mon discours. Mais ce n'est pas l'essentiel de mon discours. Derrière, l'album Arabian Panther, l'album Protest Song traite de sujets qui sont beaucoup plus larges, beaucoup plus humanistes, qui sont parfois politiques, qui sont parfois radicales dans la façon de dénoncer les choses. Donc on n'est pas sur un... Tu ne fais pas face à un rappeur qui ne traite que des sujets... religieux, tu vois, c'est vraiment faire fausse route que de me mettre cette étiquette-là.
- Seu Felix
Non mais je suis complètement d'accord avec toi et justement sur Protest Song, c'est ça c'est un album qui m'a particulièrement marqué parce que tu vois t'as entre autres le morceau Bloc Identitaire avec Youssoupha et dedans tu vois, dogmatiquement parlant en tout cas peut-être d'un attendu du premier abord d'une partie du public, on n'aurait peut-être pas attendu de toi que tu viennes tu vois tirer sur le racisme africain, genre présent uniquement en Afrique etc. Même si, évidemment, comme tu disais, tu n'es pas là que pour parler d'islam, machin et tout. Tu prends du doigt qui le faut et tu lances l'alerte là où il le faut. Et je voulais savoir, justement, est-ce que toi, tu considères Protest Song comme un album un petit peu différent dans ton approche ? Et qu'est-ce que ça t'a apporté, justement, d'employer ces termes-ci et d'aller sur ces terrains-ci ?
- Médine
Oui, c'est un album vraiment différent, même dans son esthétique, qui est un peu hors sujet pour moi au niveau de l'époque où ça sort. Ça sort en 2014 et c'est précisément le moment où arrive la trappe. en France. Et donc moi je m'entête à continuer dans une esthétique qui pour moi est vieillissante et je vais être hardcore et je vais dire peut-être même obsolète. J'ai aucun problème à le dire aujourd'hui tu vois, faire des espèces de morceaux qui s'acoquinent avec la pop, des espèces de longs morceaux fleuve dans des formats, au moment où le rap est en train de vivre une métamorphose majeure. qui est l'arrivée de la trappe pour moi c'était un peu hors sujet l'album protest song je le renie pas je suis à des morceaux que j'adore dedans il ya très peu de morceaux que je continue à jouer en concert de l'aide de cet album ça ne veut pas rien dire mais je mesure surtout que le rap vie un tournant majeur et c'est adapte toi ou meurt pour moi je comprends
- Seu Felix
Et justement, tu as expliqué dans une interview pour Trace Urban, justement pour cet album-ci, que tu cherchais à moins démontrer la virtuosité de ta plume qu'à transmettre des émotions sur des sujets qui concernent les Français. Et je voulais savoir pourquoi, pour toi, à ce moment-là, c'était plus intéressant de privilégier l'émotion plutôt que la performance technique ?
- Médine
Je ne me rappelle plus pourquoi j'ai dit ça déjà. C'est vraiment un sujet pour moi encore. C'est vraiment un moment de ma carrière où je suis en fin de relation avec ma maison de disques. Et ils font un truc un peu nul. Ils me conseillent de sortir un EP avant l'album. Et je sors un EP qui s'appelle Made In avant l'album. Et qui pour moi appauvrit l'album Protest Song. C'est-à-dire que je tire mes meilleures cartouches avant la sortie de l'album et je finis par sortir un album qui manque de... Qui manque de... Comment dire ?
- Seu Felix
De peps ? Enfin, de tournaissance ?
- Médine
Qui manque vraiment de piliers. Parce que mes piliers, je les avais déjà sortis avant. Et du coup, ça donne un album moyen pour moi. C'est pour ça que je sors des déclarations d'entrace qui n'ont ni queue ni tête. Faut dire ce qui est. Il y a 10 ans, il y a prescription.
- Seu Felix
Il y a prescription, c'est pas grave, on pardonne. Tu me parlais justement de ne pas devenir obsolète et ne pas devenir chiant avec ce virage de l'attrape qui arrive dans les années 2010. C'est quelque chose que tu as réussi. Je te le dis clairement, selon moi, tu as réussi justement à avoir ce virage-là. Je voudrais savoir justement, comment est-ce que tu as réussi à aborder justement l'attrape et les nouveaux codes qui arrivent vers 2015, etc. dans ces eaux-là ?
- Médine
Parce que j'adore ce courant qui arrive. Je ne le comprends pas. Et quand je ne comprends pas quelque chose, c'est que c'est très bon signe. Ça veut dire que toutes les cartes sont rebattues, tous les placements sont redéfinis. Et si j'aime quelque chose sans le comprendre, c'est que c'est forcément bien. Et au final, je me mets à le comprendre, je me mets à l'étudier. Je vais à des concerts au fin fond, je me souviens, de Sevran. Je découvre la trappe là où est-ce qu'elle est née, selon moi, en France. C'est le 9-3, c'est Sevran. La trappe française, j'entends bien. Et je découvre ce courant qui, je pense, est tellement game-changeur qu'aujourd'hui, on n'arrive pas à se débarrasser de la trap. Clairement, c'est vrai que ça continue encore aujourd'hui. Même quand la dérile arrive, quand la froid arrive.
- Seu Felix
C'est pérennisé de fou.
- Médine
Les gens reviennent à la trappe. Donc c'est game changer. A l'époque, on me prend pour un fou, vraiment. Je dis que la trappe va révolutionner le rap. C'est comme ça que titrent certains médias. Medine, la trappe va révolutionner le rap. La trappe va sauver le rap. Et je vois des gens qui sont ulcérés de ce que je raconte. Parce que pour certains, la trappe, c'est l'appauvrissement de cette musique. C'est lyricalement pauvre. C'est rythmiquement, en fait... trop lent ou trop rapide pour certains. Et du coup, les puristes de cette musique sont criés au blasphème.
- Seu Felix
Plus important, c'est l'émotion que tu véhicules avec ta musique.
- Médine
Ouais, mais ça, sur le moment...
- Seu Felix
C'est un peu dans notre race urbaine, en plus. Du coup, là, avec l'interview par rapport à Protest Song.
- Médine
Ouais, mais sur le moment, t'as quand même une levée de bouclier de gens qui sont des puristes. Des vieux résistants, forcément. Et qui existent toujours. Il y a des gens qui n'en démordent pas. Pour eux... Le rap, c'était mieux avant tout ça, toutes ces conneries-là. Oui,
- Seu Felix
bien sûr. Ce n'est pas dans l'époque de nos grands frères, cette mentalité.
- Médine
Le rap, c'est toujours mieux après pour moi.
- Seu Felix
Ah oui, tu penses comme ça ? Oui. C'est intéressant. Tu disais que tu as découvert justement la trap dans le 9-3, etc. Mais est-ce que plus précisément, tu as des morceaux, des albums, des figures, que tu as rencontrés en off ou je ne sais pas quoi, qui t'ont vraiment fait aimer la trap de par la manière dont ils en ont parlé, ces acteurs-ci ?
- Médine
Kaaris.
- Seu Felix
Kaaris.
- Médine
L'album Or Noir, c'est game changer pour tout le monde. La trappe de Carice, ceux qui sont dans le sillon de Carice. Moi, je vois un mec qui s'appelle Solo le Mythe sur scène dans le 9-3 et je prends ma tarte de ouf. J'ai mon beau-frère Alivor qui est le cousin de... Je ne le connais que sous son surnom doublas. Ouais, pas cédé, je suis désolé. Comment il s'appelle ? J'ai perdu son place de rappeur. Il s'appelle Aliu. Je l'appelle Douglas. Mais ce n'est pas du tout ça.
- Seu Felix
Je ne l'ai pas. Je ne pourrais pas t'aider. Je suis désolé.
- Médine
Le Ikzo. OK. Voilà. Ikzp. Donc, pareil. 9-3. Et c'est... Voilà, je découvre la trappe comme ça. Et je suis irasié par ce courant-là. Je finis par m'y essayer. Et la première fois que je rappe sur un morceau de trap, c'est assez scolaire, mais c'est un morceau qui est game changer dans ma carrière, qui s'appelle Grand Medin. Et c'est avec ça que... j'impose ma nouvelle façon d'aborder cette musique.
- Seu Felix
Bien sûr, c'est toujours dans le cadre de l'évolution artistique, etc. Et pas de venir s'éniler assez rapidement. Et est-ce que cette évolution-ci, justement, c'est ce qui t'a motivé à faire le projet du Grand Paris ? Parce que je voulais forcément en parler avec toi. Est-ce que cette volonté, tu vois, de toujours évoluer, de ne pas s'enfermer, tu vois, dans son message, etc. C'est ce qui t'a motivé, justement, à poursuivre ce projet et à l'entamer ?
- Médine
Ouais, grave. Grand Paris, c'est l'idée d'une collégiale où des courants différents se réunissent, des esthétiques différentes et des générations différentes. Donc forcément, oui, Grand Paris, c'est un peu le catalyseur de tout ce qu'on est en train d'évoquer là tout de suite. C'est comment traverser des époques, comment s'inspirer des nouvelles influences sans jamais renier qui on a été et comment honorer cette culture qui a toujours eu... l'obsession des posse-cotes où tu réunis Vla les rappeurs et que c'est tellement dans l'ADN du hip-hop Grand Paris que à la fois tu contentes l'époque de nos grands frères et à la fois tu régales les jeunes avec Grand Paris j'ai l'impression d'avoir synthétisé ce que j'incarne dans cette musique et
- Seu Felix
justement ça représente quoi le Grand Paris pour un vrai ?
- Médine
Déjà, il faut savoir que c'est légitime dans le sens où le projet Grand Paris, qui est un projet politique, territorial, d'étendre la ville de Paris pour en faire une espèce de ville-monde. Et l'extension de ce projet allait jusqu'à la ville du Havre, parce que le port du Havre aurait servi justement de port de Grand Paris. Oui,
- Seu Felix
c'est ça.
- Médine
Et donc, c'est légitime. pour un havret de faire ce morceau-là. Et puis surtout, je crois que la musique n'a pas de frontières. Demain, je peux faire un morceau NYC Transit, comme l'a fait Akhenaton, et parler de New York et de mon rapport à New York sans avoir aucun complexe, tu vois, et de me sentir new-yorkais. J'ai vraiment pas de problème avec ça, personnellement.
- Speaker
From Le Havre to New York.
- Médine
Ouais.
- Seu Felix
Et du coup, c'était le même processus pour le 2, justement, qui est sorti vers 2020, il me semble ?
- Médine
Ouais, c'est ça, exactement.
- Seu Felix
C'était le même processus que tu as entamé ?
- Médine
Même process, même énergie, même collégial, dans un format un peu moins long, mais même process, ouais. Génération différente, esthétique différente, le spectre va de Oxmo Puccino à Koba la d.
- Seu Felix
En passant par Larry, Rémi...
- Médine
On est régalé, hein.
- Seu Felix
Ouais, non, clairement, je suis d'accord. C'est un son que j'avais grave kiffé, en plus. Je te remercie de revenir.
- Médine
A ton service.
- Seu Felix
C'est très gentil. À cette période-ci, du coup, là, entre, bah du coup, Grand Paris 1, Grand Paris 2, vers 2018, c'est aussi la période du Bataclan, je voulais revenir sur ça avec toi, ça fait partie intégrante de ta carrière. C'était une période de ce que j'ai vu compliquée pour toi dans ton reportage avec France TV Slash, etc., où ils t'ont suivi, où t'as reçu des menaces de mort, des, enfin, ça a vraiment porté atteinte à ta vie, c'était du harcèlement, pour le coup et je voudrais savoir est-ce que toi cette période-ci et ce drama ça a changé ta manière à la fois d'écrire mais aussi de communiquer ?
- Médine
Non, ça a alimenté, ça a influencé toute ma carrière après 2018. Moi, je suis un espèce de judoka où j'utilise vraiment la force de l'adversaire pour la retourner contre celui qui m'agresse. Ce que ça a révélé, c'est que la liberté d'expression n'était pas permise pour tout. C'était apparemment la chasse gardée de gens qui ne viennent pas du rap, la chasse gardée de gens qui ne sont pas des racisés, qui ne sont pas musulmans. J'ai senti vraiment la conscience de classe. J'ai vraiment ressenti le racisme dans toute sa splendeur. à ce moment-là, à travers cette injustice que j'ai vécue. Et je crois que ça n'a fait qu'alimenter mon travail par la suite.
- Seu Felix
Tu penses que tu as tiré beaucoup plus de positifs que de négatifs de cette histoire ?
- Médine
J'ai tiré beaucoup plus d'analyses, en tout cas. Je pense que j'étais un espèce de paratonnerre, en fait. Je reçois la foudre un peu avant qu'elle s'abatte sur le reste de la population. J'ai toujours été un peu en avance sur des sujets clivants où j'en fais les frais. Mais derrière, ça finit toujours par s'imposer à d'autres et pas que aux confrères du rap. Aujourd'hui, le monde de la culture est impacté par des questions de privation de liberté. Aujourd'hui, le monde de la culture est impacté par la pression que l'extrême droite peut mettre sur des salles de concert, sur des conseils municipales pour faire annuler la déconcert. Et ça ne concerne malheureusement plus que le rap. tous les courants, même le théâtre, le cinéma est impacté. Moi, j'ai juste pris les coups un peu en avance et j'ai fini par m'en servir dans mes morceaux pour mieux dénoncer encore cette situation.
- Seu Felix
Ça, je pense que tu as eu un rôle d'éclaireur un peu dans le rap français. Oui,
- Médine
lanceur d'alerte, clairement.
- Seu Felix
Lanceur d'alerte, mais d'éclaireur qui va avant tout le monde et qui peut-être en prend un petit peu plus sur le coin de la tronche, mais qui derrière, tu vois, permet peut-être à d'autres artistes, plus jeunes et tout, de... mieux relativiser, parce que c'est jamais très simple de vivre ce genre de choses. C'est quand même ce truc de, ouais, il y a déjà Medine, il a eu ça, et regarde ce qu'il fait maintenant, etc. Tu peux quand même entreprendre, tu peux quand même poursuivre ta musique, etc.
- Médine
Le fait de tenir une ligne comme ça, aussi radicalement que je peux le faire, j'espère que ça donne de la force à ceux qui arrivent derrière et qui se disent, c'est compliqué d'avoir une carrière, il faut que je subisse le revers de la médaille, avec tous les coups que ça implique et tout. T'as des artistes qui se découragent vraiment. C'est un facteur aujourd'hui, la prise en compte de l'impact public que tu peux avoir. T'as des gens qui sont apeurés par ça, des artistes qui sont apeurés par ça. Et donc, j'espère que mon exemple leur donne du courage et de la force pour ne pas se laisser intimider.
- Seu Felix
Toi, comment t'as abordé ça ? Peut-être qu'à une époque aussi, tu ne l'abordais peut-être pas, cette question de médiatiquement, comment faire, si c'est la sauce, machin, parce que c'est quelque chose, du moins avec le temps. Comment est-ce que tu l'as abordé, ce revers de la médaille visible à force d'années de travail ? Comment est-ce que tu as abordé ce truc de « ça peut me tomber sur le coin du nez » ?
- Médine
Parfois, tu déclenches des sources volontairement. Tu sais ce que ça va déclencher et tu finis par t'en servir. Et parfois, ça te pète à la gueule et tant pis, c'est le jeu, il faut que tu assumes. J'ai choisi de faire... Du rap provocateur, c'est mon esthétique, parce que je ne conçois la musique et l'art de façon générale que quand elle est subversive. Et il faut que j'en accepte les conséquences. Marketingement parlant, certains te diront c'est un suicide, etc. Moi je ne vibre que quand l'art me bouscule, m'interpelle, me provoque. Et je ne veux pas me trahir en faisant du politiquement correct. gérer les sauces moi-même.
- Seu Felix
Écoute, c'est beau de voir autant de résilience, etc. dans ta carrière et d'autant rester, tu vois, sur ces acquis-là sans pour autant, tu vois, rester justement, comme on disait, dans le placard et être ce vieux chiant, si j'emploie les vrais termes. En tout cas, moi, je ne te perçois pas comme ça. Je pense vraiment que tu as pu évoluer avec ton temps et pas devenir Asbin, que tu as fait évoluer ta musique, mais pas forcément ton message. Enfin, tu fais toujours un peu évoluer quelque part parce que le monde change aussi. En 20 ans, ça va très vite. Mais je voulais savoir justement, toi, Comment est-ce que tu perçois ta place aujourd'hui dans le rap français en 2025 ?
- Médine
J'ai l'impression que je continue à être quelqu'un qui évolue. Ma place, c'est celle d'un Pokémon, d'un Pokémon rare.
- Seu Felix
Lequel ?
- Médine
D'un Pokémon rare, celui qui n'a pas... qui n'attend jamais sa forme finale. Est-ce qu'il y a un Pokémon qui n'attend jamais sa forme finale ?
- Seu Felix
Je crois qu'il y a des niveaux de Pokémon. Tu n'as pas que tes carapuces, genre ? Non, pas carapuces,
- Médine
carabaffe. Je ne sais pas, Bulbizarre, je ne sais pas.
- Seu Felix
Ouais, le Flo...
- Médine
Salamèche
- Seu Felix
Des Florizore, quoi.
- Médine
Là, je name drop la des blazes au hasard.
- Seu Felix
C'est tout ce que tu connais.
- Médine
Mais tout ça pour dire que je crois que ma place en 2025, c'est de ne jamais atteindre ma forme finale et de montrer que, peu importe l'âge que tu as dans cette musique, la carrière que tu as, la vérité n'est jamais derrière. Elle est toujours devant et il faut s'adapter ou mourir.
- Seu Felix
Ouais, ça, je pense que tu as toujours à apprendre même de ton prochain, même si celui-ci, tu vois, il a 20 piges ou je ne sais quoi.
- Médine
C'est le secret pour moi de la longévité. C'est le secret de savoir s'entourer de gens plus jeunes, de continuer à s'en faire du jeunisme, tu vois, de rester dans...
- Seu Felix
C'est une nécessité.
- Médine
Parce que tout est cyclique, tu vois. Les prods que j'entends aujourd'hui qui sortent de la New Wave et de la New Genie, j'ai l'impression que c'est des prods qu'on me proposait dans les années 90. C'est de la boom bap avec du sample. C'est les mêmes sources. Il y a juste des charlets un peu plus rapides et plus forts. Et il y a juste des placements qui sont plus laid-back et off-beat pour donner des sensations de nouveaux placements.
- Seu Felix
La mode, c'est un éternel recommencement.
- Médine
Pour moi, je me sens dans mon endroit parce que le rap a fait une boucle sur lui-même. Je pense que je vais être un terrible adversaire pour la nouvelle génération. Et je vais être... Je vais être... tellement traumatisant pour certains en 2026.
- Seu Felix
Tu penses plutôt être un terrible adversaire plutôt qu'un meilleur mentor ?
- Médine
Je serais les deux. Je pense qu'un bon mentor, c'est un bon adversaire.
- Seu Felix
C'est vrai. C'est une très belle phrase. C'est vrai. Et justement, il y a une question que je posais à Oxmo quand il est venu au dernier épisode et il m'a donné une réponse super intéressante, puisque son point de vue lui aussi, en tant que grand frère, est super intéressant. C'est, qu'est-ce que toi, tu as pu remarquer comme différence ... Entre le rap dans les années 2000 et aujourd'hui en termes de tout, que ce soit les artistes, l'industrie, machin, machin, est-ce qu'il y a un truc qui t'a frappé ? Une différence entre quand t'as commencé et maintenant ?
- Médine
L'argent, le stream, les budgets attribués à cette musique, les budgets générés par cette musique. Je vois surtout ça, en fait.
- Seu Felix
Et ce que ça implique derrière ?
- Médine
Ce que ça implique derrière ? Parfois des belles choses, parfois des moins belles choses.
- Seu Felix
C'est sûr.
- Médine
Je trouve toujours mon compte dans cette musique. Je trouve toujours des choses de qualité. Donc, ouais, les chiffres, la course aux chiffres, le numéraire, quoi. C'est vraiment la grande différence. Les années 2000, c'est la crise du disque, les amis. On ne vend plus d'albums. C'est très compliqué pour le rap. Il y a le téléchargement illégal. Il n'y a pas de plateforme de streaming, il n'y a pas de rémunération. Le seul moyen d'exister, c'est de faire quelques concerts, d'essayer de vendre un peu de merch, de faire des ateliers d'écriture en même temps. C'était ce que je faisais. C'était le seul moyen de survie pour avoir une espèce d'économie dans ce milieu. Et puis quand tu tiens, tu tiens, tu tiens, vers 2015, il y a une dizaine d'années, eh bien tu as le marché qui reprend parce que... les plateformes s'organisent, le capitalisme arrive et met son nez là-dedans et finit par tout absorber. Donc c'est ça la vraie différence pour moi avec les années 2000.
- Seu Felix
C'est globalement un peu la même réponse qu'Oxmo, donc c'est bien là-dessus. Mais justement, toi comment t'abordes ce rapport aux chiffres aujourd'hui en 2025 ?
- Médine
C'est chiant. Je ne suis pas du tout un mateux, moi je suis un littéraire.
- Seu Felix
Ça se voit.
- Médine
Du coup, quand on ramène tout aux chiffres de la première semaine, ça m'emmerde de fou. Je ne juge pas la qualité d'un album sur sa perf, sur ses stats de la première semaine. Il y a des albums qui ont flopé la première semaine et qui sont des albums incroyables. Il y a des albums qui ont scoré la première semaine et qui sont des albums de merde. Ça n'a aucun impact sur ma consommation musicale, en tout cas.
- Seu Felix
Ok, bah écoute, c'est intéressant de voir ce point de vue-ci. Justement, tu vois, du mien en tant que jeune, il y a un point de vue que je partage avec pas mal de monde, je pense, c'est quelque chose que j'ai entendu et qu'on réentend de plus en plus, c'est le fait que le rap dénonce de moins en moins, que le rap a tendance à se dépolitiser, à une époque où apparemment c'était plus la norme, etc., c'était plus dogmatique de le faire ainsi. Est-ce que toi, justement, qui as vécu ces époques-ci, qui les as traversées, est-ce que tu as l'impression que le rap aujourd'hui a tendance à se dépolitiser.
- Médine
C'était vrai en 2020 pour moi. C'était vrai qu'il y avait une dépolitisation avant le Covid, avant le confinement, avant les Gilets jaunes, avant la réforme des retraites et toute la répression qu'il y a eu, avant Gaza. C'est vrai qu'avant ça, il y a eu une période où le rap était plus sur de l'ambiançage. sur de la vibes, sur du flex. Et je crois que depuis 4-5 ans, On a le retour de discours engagés et politiques dans cette musique et ça n'est pas pour me déplaire.
- Seu Felix
Et tu saurais pourquoi de ton point de vue toi ?
- Médine
Les mouvements sociaux qui bougent, le bloc réactionnaire qui s'impose à nous, l'extrême droite qui se normalise, le fascisme qui vient, la nuit qui vient, je crois que tout le monde sent un peu l'odeur nauséa... bond qui est en train de s'imposer à nous et je pense que ça irradie tout le monde, les artistes y compris.
- Seu Felix
Et est-ce que toi justement il y a des artistes qui t'ont justement marqué par ce point là, par leur engagement, leur manière de communiquer aujourd'hui, de véhiculer ces propos-ci qui ont pu à une époque justement fin des années 2020 comme tu disais être un peu évincés
- Médine
Ben PLG, Youssef Swat, H-Jeune Crack, Petite Sœur Femtogo
- Seu Felix
Et par rapport à ces artistes-ci, est-ce que, je ne vais pas vendre la mèche et tout, mais est-ce que c'est un truc où tu aimerais bien faire un projet, un genre machin, avec eux précisément, mais tu vois, un truc où il y a un projet un peu politique, un grand pari, mais un grand politique, un grand pari politique ?
- Médine
Non, c'est une fausse bonne idée pour moi de faire ça. Pour moi, le rap est politique. Donc, il n'y a pas besoin de dire de faire un grand pari politique ou de faire un album. Le rap se politise. Pour moi, le rap est politique. dans plein de ses esthétiques, et même quand il n'a pas de propos politiques, le rap, dans ce qu'il incarne, dans ce qu'il est, dans son traitement médiatique aujourd'hui, dans son ostracisation du reste de la culture, pour plein de raisons, c'est déjà un acte politique d'exister en tant qu'esthétique, le rap.
- Seu Felix
Bien sûr, parce que c'est surtout dans le message en tant que tel, plutôt que dans la musique, même si la musique en tant que tel, les racines et tout sont politiques, c'est pour ça que je te posais la question, parce que c'est vrai que...
- Médine
Aya Nakamoura c'est politique je suis tout à fait d'accord avec toi quand bien même on wine dessus et que ça s'ambiance leur présence de femmes noires dans l'espace public c'est
- Seu Felix
politique je suis d'accord et c'est cool en vrai qu'il y ait de plus en plus de démancipation de ce côté là parce que toi c'est toujours aussi quelque chose qui t'a tenu à coeur de parler de femmes etc dans tes anciens projets t'as toujours parlé de la féminité mais d'un autre point de vue, d'un autre aspect que maman t'es venue me chercher en gardave et tout, t'es une bavonne.
- Médine
Non, non, de lutte, de lutte féministe.
- Seu Felix
Bien sûr, ouais.
- Médine
Et de la légitimité de ces luttes, et voire même de la convergence, et voire même de la remise en question que je peux avoir vis-à-vis des privilèges en tant qu'homme qui me sont pointés par ces luttes-là. C'est ce que j'évoque, moi, dans mes mortaux. Tout à fait. Depuis longtemps. C'est ce que j'évoque sur scène dans des interludes. Donc je ne complexe pas par rapport à ça. Je fais mon travail de déconstruction au personnel. Et en tant qu'artiste, j'en parle si ça peut donner des clés à d'autres.
- Seu Felix
Bien sûr, justement, en tant que personne qui en a toujours parlé, qui a cherché à déconstruire ça, etc., même dans tes premiers projets, tu l'as vu un peu comment la place aujourd'hui de la féminité dans le rap en 2025 ? Parce que c'est vrai que ça a tendance, et heureusement, à beaucoup mieux s'émanciper.
- Médine
C'est le soulèvement qui vient. J'ai l'impression qu'on va avoir un raz-de-marée d'artistes féminines qui vont dead ça, tout simplement. Je rencontre plein de gens en première partie de mes concerts, plein d'artistes, et ça découpe salement. En fait, au-delà de juger le rap féminin par le prisme du genre, moi je juge par le prisme de la musique. Jugeons le rap. Est-ce que ça découpe ?
- Seu Felix
J'entends pas, comme on parle de rap politique ou de rap conscient ou quoi, j'entends pas l'adjectif qu'il y a derrière. Quand tu mets un adjectif, c'est que tu veux requalifier quelque chose et ça le dévalorise pour moi. Mais je juge la performance, l'esthétique. Qu'est-ce que ça dit ? Qu'est-ce que ça raconte ? Est-ce que c'est lourd ? Et j'entends des trucs que des meufs font, c'est archi lourd. Il y a des trucs un peu en 2025 qui t'ont mis une petite baffe et tout, des côtés féminins, etc.
- Médine
Ouais, mais j'ai plus les noms en tête. C'est des goûts que j'ai fait en live. Ok. Une goût que j'ai en tête qui a fait ma première partie à Grenoble, je crois. C'était très chouette. Attends, laisse-moi te retrouver ça. Tohéra.
- Seu Felix
Ok, ça me dit rien.
- Médine
Tohéra, j'ai trouvé ça incroyable. Deux ailes. Juste Chani. C'est des gens qui ont fait mes premières parties sur la tournée Stentour. Et chaque fois, je prends ma petite balayette.
- Seu Felix
C'est beau.
- Médine
Et pareil, je ne mets vraiment pas l'adjectif rap de meuf, rap féminin derrière. Pour moi, c'est du peu rap.
- Seu Felix
C'est du rap, tout court. Justement, c'est cool que tu puisses permettre, en l'occurrence, je suis obligé de coller l'étiquette du rap féminin, de permettre ça avec tes premières parties de Stentour, parce que ça reste quand même un peu sous-représenté. Je colle cet adjectif aussi pour mes propos. Mais est-ce que toi, c'est hyper important, ce truc de transmission, même sur scène, etc. Vouloir chercher à, tu disais tout à l'heure, je vais être le pire ennemi des gens en 2026, des jeunes. Mais aussi justement à vouloir donner de toi, donner une partie de ton savoir et de ta culture. Justement en permettant à des gens de faire tes premières scènes ou même en venant sur ce podcast, tu vois.
- Médine
Ouais, la transmission, c'est important partout. dans la culture, dans l'histoire. Et je crois que c'est surtout important pour rappeler qu'on n'a pas inventé l'eau chaude et qu'on est sur les rails qui ont été posés par d'autres personnes.
- Seu Felix
Parce que t'en as tant eu la main aussi, et du coup aujourd'hui...
- Médine
En fait, c'est ça peut-être que je reprocherais à une certaine génération de rappeurs. des années 2015, c'est qu'il n'y avait plus du tout de transmission, il n'y avait plus du tout de raccordement à la tradition du rap et du hip-hop, et c'était des logiques de braquage. Je viens dans le rap, je prends ma thune et je m'en vais. Et je ne respecte pas cette culture. Ou alors le rap c'est rien pour moi, c'est de la merde, je fais ça. Ce discours-là, j'en peux plus moi. J'ai vraiment l'impression qu'on dénigre quelque chose qui émancipe les gens, quelque chose qui divertit les gens, quelque chose qui accompagne les gens dans leur lutte, qui accompagne les gens dans leur santé mentale, pour vivre un truc un peu cathartique qui te libère. Et le fait de ne pas respecter cette culture, c'est gênant pour moi. Donc si transmission il doit y avoir, ça n'est que pour rappeler qu'il y a des gens avant nous qui ont respecté cette culture. culture et qui la considère comme telle et pas comme un moyen de faire de l'oseille.
- Seu Felix
Bien sûr, ça c'est un des points selon toi, ou peut-être le pont, ou peut-être en a d'autres justement, où tu te dis, du coup c'est moins le cas actuellement comme tu disais, c'était plus le cas il y a dix ans, où tu te dis, j'aurais bien aimé qu'il y ait ce truc-là de mon époque qui puisse rester aujourd'hui, qui puisse se véhiculer mieux aujourd'hui, mais qui malheureusement, tu vois, n'est peut-être pas forcément aujourd'hui trop en phase, n'est plus trop d'actualité.
- Médine
J'ai pas compris ta question.
- Seu Felix
En gros, est-ce qu'il y a un truc, tu vois, genre des années 2000, etc., quand t'as commencé, tu dis j'aurais bien aimé que ça reste
- Médine
Je vais y réfléchir, je te répondrai à la fin de la conversation.
- Seu Felix
C'est une autre question que je te poserai à la fin. Tu peux m'emmerder. Je vais sur un autre point qui est celui des réseaux sociaux. Aujourd'hui, c'est sine qua non à la réussite d'un artiste, sa promotion, etc. Si tu n'as pas de réseau, tu n'existes pas. Toi, c'est quelque chose aussi que tu as vite pris en main, notamment sur le ton de la comédie, etc., de l'humour. Je voulais savoir justement qu'est-ce que ça t'a apporté, toi, artistiquement mais aussi humainement, de te mettre autant sur les réseaux sociaux ?
- Médine
Humainement et artistiquement, ça m'a... apporter un espèce de sas de décompression. C'est-à-dire que quand t'es un artiste, t'es souvent dans une posture et le public ne t'aime que parce que t'es dans cette posture. Tu les régales, on vient de voir un concert pour ça, tu nous donnes ça. Et le fait de désaxer sur les réseaux sociaux en montrant ma normalité, ma vie de famille en dehors de cette posture ou de ma vie d'artiste... eh bien, ça me fait beaucoup de bien à ma santé mentale. Ça me permet d'être encore un peu plus moi-même, d'éviter de créer une schizophrénie d'artiste où tu as ta vie privée et ta vie d'artiste. Je n'ai pas l'impression d'avoir créé un personnage made in. J'ai l'impression d'être un rappeur normal, sincère. qui essaie justement de réduire la frontière qu'il peut y avoir entre le monde réel et la culture, ou le monde fictif. Et donc du coup, c'était important pour moi de désaxer et d'avoir un sas de décompression. Et en plus de ça, ce sas s'est mis à régaler un nouveau public. Des gens qui venaient uniquement pour les stories Insta et les petites scénettes de vie que je partageais. Et certains ne connaissaient pas ma musique et ont fini par écouter ma musique, l'apprécier, venir en concert et dire « Nous, on est venus par la porte des stories Insta et au final, on est dans le bus déconvaincu, on y reste. »
- Seu Felix
Ils ont bien raison. Justement, la présence de dirigeants dans ta communication, ça a pu t'aider pour toutes ces phases, avec le Bataclan, etc. où tu avais quand même pas mal de shitstorms qui te tombaient dessus.
- Médine
Ouais mais c'était pas une stratégie pour moi de dire je vais contre-marketer en mettant en scène ma famille etc. Déjà c'est pas de la mise en scène et c'est pas une stratégie.
- Seu Felix
Non mais je ne le vois pas comme une stratégie en mode juste si ça t'a aidé tout court quoi.
- Médine
Oui ça m'a aidé parce que je pense que les gens qui sont raisonnables, qui me voient dans un bandeau BFM, le rappeur islamiste souhaite faire un concert au Bataclan pour y jouer son album Djihad, ce qui était totalement faux. C'était un collage de l'extrême droite. Qui vont sur Insta et qui ouvrent ma page Insta et qui regardent mes stories, se disent, ça y est, on est en post-vérité.
- Seu Felix
Il est dangereux, l'islamisme.
- Médine
Il y a quand même une divergence entre ce qu'on nous raconte à la télé et ce qu'il y a dans la réalité. Je pense que les gens bienveillants et stables se sont servis d'Insta pour relativiser avec ce qui était dit sur moi dans certaines de mes sauces.
- Seu Felix
Bien sûr, et du coup, ça t'a pas mal aidé les réseaux sociaux. Et ça t'aide aussi, par exemple, à rester, tu vois, averti de tout ce qui peut être sorti au niveau du rap, machin. Est-ce que c'est un moyen pour toi, tu vois, de rester à jour et de ne pas devenir has-been ?
- Médine
Forcément, tu sais, même quand tu ne veux pas que certaines informations, elles viennent à toi avec les réseaux sociaux. En plus, maintenant, il y a des algorithmes où ils proposent des contenus auxquels tu n'es pas abonné. Donc, ça vient à toi. Oui, c'est certainement... bien pour la culture, mais après, il y a le piège de se retrouver entre à boire et à manger. Tu tombes parfois sur 80% sur de la crasse.
- Seu Felix
C'est sûr.
- Médine
Il faut faire le tri.
- Seu Felix
Il faut faire le tri, mais parmi ce tri, il y a des gens qui t'ont marqué, que tu as vu sur les réseaux, que tu as découvert grâce aux réseaux sociaux, et tu t'es dit pas mal.
- Médine
C'est des humoristes, essentiellement. En rappeur, En rappeur, est-ce qu'il y a des trucs que je découvre sur les réseaux sociaux ? Non, je crois pas.
- Seu Felix
Ah ouais, t'as pas découvert, je sais pas, un mec qui freestyle ou juste pas forcément t'aider à freestyle ? Non,
- Médine
moi j'ouvre ma plateforme de streaming le vendredi matin et je vais sur les dernières sorties et je regarde, je clique et je laisse des trucs défiler. Donc je suis peut-être même un peu plus au courant que l'algorithme d'Insta, quoi. Je suis plus fort que l'algorithme d'instant. Je pense que quand ils me recommandent un truc, je sais déjà à quoi j'ai à faire.
- Seu Felix
Ok, je vois. Parce que tu vois, il y a pas mal d'artistes qui postent pas mal de petits extraits de leurs sons, etc. Récemment, il y a un mec qui s'appelle Dayarga, qui s'appelle Kapote. Et lui, je crois qu'il fait un peu de rumba congolaise, machin et tout. Et c'est vrai que ça a fait pas mal de bruit, justement, parce que c'était une manière, tu vois, de communiquer aujourd'hui, qui est hyper essentielle. C'est une manière pour pas mal d'artistes de pouvoir se faire connaître ainsi.
- Médine
Après, je n'aime pas TikTok. Je n'aime pas les trends de TikTok. Je n'aime pas quand tu me mets des extraits d'un titre sur TikTok parce que ça me nique le morceau pour moi. J'ai vraiment l'habitude d'écouter des morceaux entièrement. Quand tu me mets 15 secondes, ça me frustre, ça me saoule. Donc, je ne cherche pas à découvrir des artistes. de cette façon-là.
- Seu Felix
Oui, bien sûr. C'est vrai qu'il y a des revers de la médaille. Il y a des gens qui cherchent plus à être vus que regardés. Des gens qui cherchent plus à être écoutés, contendus. Et toi, comment est-ce que tu l'aperçois, justement, cette limite-ci des réseaux sociaux ? Et qu'est-ce que ça t'évoque, justement, en tant que grand frère, en mode, putain, les gars, faites attention, machin. Qu'est-ce que ça t'évoque justement cette limite-ci ?
- Médine
Tu veux que je fasse la séquence boomer là ? Je peux te faire une séquence boomer. Moi, j'ai un côté boomer avec TikTok, par exemple. Je suis un peu cringé des contenus de TikTok parce que j'ai l'impression de vraiment rien contrôler. Quand j'ouvre l'appli et je vois tout qui passe, eh bien, je n'arrive pas à faire le tri. Tu vois, ça va trop vite pour moi. Tu sais, quand tu swipes et tu vois des contenus nuls pendant... 3 swipes et après t'as un truc correct, au final ton cerveau retient plus les trucs nuls que les trucs corrects. C'est pas l'endroit pour moi. pour découvrir des artistes. Par exemple, tu vois, tous les artistes que je t'ai cités, c'était sur scène. Je les ai vus sur scène. J'ai vu leur esthétique, je les ai vus rapper, j'ai vu leurs yeux, j'ai vu quelque chose de très réel. Et c'est pour ça que je te dis que c'est l'instant boomer. C'est parce que je parle du spectacle vivant.
- Seu Felix
Bien sûr, c'est vrai que le feeling de découvrir un artiste sur scène, il est quand même pas mal. C'est vrai que là, dans ce que tu me dis, je suis d'accord. Il y a quand même un... Un gros rapport à la surconsommation aussi dans la musique, qui est intimement liée à l'image de notre société, aujourd'hui avec des chagrines et tout. Après,
- Médine
il y a un réseau social formidable qui s'appelle Les Gens. Les Gens, c'est un formidable réseau social. Et quand tu as des amis qui, eux, écoutent beaucoup de sons, et qui te mettent à l'affût des nouvelles sorties, des nouveaux artistes, pour moi, c'est plus impactant. Quand j'ai un pote à moi qui me dit regarde ce film-là et je connais ses goûts, eh bien il n'a pas curiosité et je ne suis pas qu'un algorithme qui me recommande des trucs parce qu'il y a eu une sponso derrière qui a forcé le truc pour que je le vois.
- Seu Felix
Écoute, c'est super intéressant et c'est des propos qui viendront plus ou moins clôturer cet épisode. J'ai deux questions. La première, c'était est-ce qu'il y a quelque chose que tu voulais revenir dessus ? Si tu as eu le temps de converger, sinon je peux t'en poser une autre. est-ce qu'il y a quelque chose que je garderais des années 2000 machin où tu dis putain j'aurais bien aimé que ça reste comme chiant ta question j'hésite entre l'anonymat c'était cool en fait de
- Médine
pas voir les artistes et d'entendre seulement leur musique il y a la dictature de l'image qui est arrivée où on regarde vivait la musique en la regardant et en vrai je préférais l'époque où on découvre la musique en l'écoutant.
- Seu Felix
Bien sûr, surtout que même pour des artistes aujourd'hui qui ne se montrent pas, il faut quand même un univers.
- Médine
Il faut quand même un univers.
- Seu Felix
C'est ça, un mec comme Luther et tout machin ou même, tu vois, après une Petite Soeur, parce qu'elle se montre quand même, mais pas de fou, tu vois. Il faut un univers, tu vois. C'est vrai que c'est intéressant ce point de vue-là. Oui,
- Médine
l'anonymat. Moi, j'ai mis longtemps à découvrir Lunatic, Booba et Ali. On ne savait pas à quoi ils ressemblaient physiquement. Parce qu'on ne voyait pas de clip, on ne voyait pas d'image.
- Seu Felix
Ils ont un seul clip, je crois.
- Médine
Je trouve que ce n'est pas le temps pour les regrets, je crois. Et ça participe en fait à... au fantasme, à la construction du mythe.
- Seu Felix
La musique, ça s'écoute de base.
- Médine
C'est un peu comme regarder un film et lire un livre. C'est un peu une phrase d'ancien.
- Seu Felix
Tu es sur l'époque de nos grands frères.
- Médine
Aujourd'hui, les livres et les films existent. Ce que je veux dire, c'est que quand tu lis un livre, tu fais appel à ton imaginaire et c'est plus mystique. Il y a un truc qui te pousse à créer un univers toi-même. Et le fait d'avoir un univers avant même d'entendre la musique, il y a parfois des artistes que je visualise, que j'identifie, sans même avoir entendu leur musique. C'est peut-être ça que j'emmènerais de l'époque des grands frères. Ou alors, les freestyles où on se découpe autour de la table.
- Seu Felix
Ça subsiste quand même encore un peu, tu vois, les grunts et tout, machin, les cyphers et tout.
- Médine
Ouais.
- Seu Felix
C'est sûr, non mais ouais, ça subsiste quand même pas mal avec les grunts, même là récemment le cypher de Timar avec Fave et tout, chaud de fou. Ouais, non, chaud de fou. C'est l'ascension d'un album il y a pas longtemps et tout. Ouais, non, en vrai c'est quelque chose qui subsiste quand même pas mal ce truc de freestyle et tout, même si je pense que tu veux dire dans l'énergie et tout, ça c'est pas pour avoir les micros à Skyrock, je comprends ce que tu veux dire quand même.
- Médine
Mais c'est vrai que ça existe.
- Seu Felix
Ouais, ça a évolué d'une certaine manière. Là où par exemple l'image, c'est une évolution complètement différente.
- Médine
Exactement.
- Seu Felix
Voilà. donc on va rester sur l'anonymat on va rester sur l'anonymat je vais te poser the last question la dernière c'est est-ce que tu pourrais t'adresser à la caméra et donner un conseil de grand frère à tous les artistes qui seraient susceptibles de nous écouter en jeune médine ou à tous les artistes jeunes qui seraient susceptibles de nous écouter le conseil de grand frère pour clôturer ce second épisode ah là là c'est encore pire que la question il faut ramener quelque chose du passé pour le laisser dans le futur l'équipe
- Médine
Merci. Le rap, c'est jamais mieux avant. Le rap, c'est toujours mieux après. Soyez progressiste, soyez qualitatif dans tout ce que vous faites. Quand bien même l'esthétique que vous choisissez, si c'est... Si c'est de la rumba congolaise, si c'est du raï, si c'est du rap new genny, faites-le de façon appliquée, passionnée et disciplinée. Terminé.
- Seu Felix
Merci Médine
- Médine
Avec plaisir.