- Alexandra Carraz-Ceselli
Bonjour et bienvenue à ce nouveau Café des Lyonnes. Bonjour Alexandra.
- Alexandra LeCreff
Bonjour Alexandra.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Alors oui, ça va être un peu difficile de se dissocier aujourd'hui. Je suis ravie d'accueillir dans les fabuleux locaux de l'Intercontinental à Lyon, on est dans les locaux de l'Académie, voilà, je cherchais le nom, et j'accueille à mes côtés Alexandra Lecref. Vous, vous êtes dirigeante de la maroquinerie Barret à Lyon, l'institution.
- Alexandra LeCreff
Barré, 105 ans !
- Alexandra Carraz-Ceselli
105 ans, incroyable, une belle histoire, une saga familiale, vous allez nous raconter tout ça. Oui,
- Alexandra LeCreff
avec plaisir.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Et on va plonger dans l'univers de la maroquinerie avec vous aujourd'hui. Et on va parler bien sûr de la place des femmes dans ce secteur d'activité, vous allez nous raconter votre parcours. Mais Alexandra, première question de l'émission, vous la connaissez. Est-ce que vous êtes une femme engagée ? Et si oui, ça veut dire quoi pour vous l'engagement ?
- Alexandra LeCreff
Tout d'abord, je voulais vous remercier Alexandra de ma participation au Café des Lyonnes. Alors oui, je suis engagée, bien sûr, personnellement et professionnellement. Professionnellement, déjà avec mes clients. Ça fait 105 ans que Barret existe.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ce n'est pas 105 ans que vous en occupez, vous.
- Alexandra LeCreff
Non, en fait, le principal, je pense, c'est le client. C'est important de fidéliser le client, de bien le conseiller pour qu'il revienne. Ce n'est pas du one shot, c'est vraiment ce qu'on essaye de faire au quotidien, mes équipes et moi.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Mais alors votre engagement, il se traduit comment ? Il se traduit uniquement dans votre vie professionnelle ou il se traduit aussi dans votre vie personnelle ? Est-ce que vous avez d'autres engagements autour ?
- Alexandra LeCreff
Alors déjà, toujours au niveau professionnel, il y a toujours aussi cet engagement avec, je voulais continuer aussi avec les fournisseurs parce que c'est très important. On a des fournisseurs qui nous suivent depuis des décennies, de cinq décennies, avec qui on travaille. On a des nouveaux fournisseurs aussi. Il y a aussi l'engagement avec les équipes. On a une vraie stabilité, j'ai une vraie stabilité de mes équipes. Un personnel qui est là depuis très longtemps, qui est fidèle, que je chouchoute, parce que c'est rare de nos jours de les garder. Et... Et j'ai aussi un engagement au niveau de la fédération, des détaillants en maroquinerie et voyage, je suis vice-présidente. Ah oui, vous êtes impliquée dans la filière. C'est un engagement aussi de la fédération pour les maroquiniers, les aider au quotidien avec des actions marketing, des processus juridiques, de la mutualisation. En fait, la maroquinerie, c'est une grande famille.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Oui, c'est une grande famille. Et vous, la particularité, c'est que vous défendez aussi le commerce indépendant,
- Alexandra LeCreff
parce que c'est quand même une vraie particularité,
- Alexandra Carraz-Ceselli
une vraie force.
- Alexandra LeCreff
Et c'est une vraie force encore sur Lyon. Par exemple, on s'est battus au moment des Gilets jaunes, le confinement, le commerce indépendant. Il ne faut pas l'oublier. C'est vraiment ce qui fait en fait la richesse du centre-ville de Lyon. C'est vrai que de partout, on va retrouver toutes ces chaînes internationales, mais le commerce indépendant... C'est la chose la plus précieuse en fait et qui fait la différence d'une ville à une autre en fait.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Oui, alors vous en plus la particularité c'est que vous êtes dans une institution, je le disais tout à l'heure parce que les Lyonnais le savent, mais cette maroquinerie a une vraie histoire dans l'humour, elle date de...
- Alexandra LeCreff
1920.
- Alexandra Carraz-Ceselli
1920, c'est incroyable.
- Alexandra LeCreff
On a fait une belle fête pour les 100 + 1 an parce que les 100 ans étaient tombés pendant le Covid. Oui, c'est une... je suis fière parce que c'est une histoire... Familial, enfin de deux familles en fait. Ça a commencé avec monsieur et madame Barret qui ont créé, qui ont permis que cette boutique soit une institution sur Lyon depuis 1920. Et puis un jour, ils ont pris leur retraite dans les années 80. Et moi, de mon côté, j'ai également été dans une famille de maroquiniers. Mon grand-père est le fondateur de Le Tanner, donc plutôt côté fabrication. C'est lui qui a développé Le Tanner sur... Sur le XXe siècle, mon père, lui, est parti sur la distribution, donc avec de nombreux magasins à l'époque sur Paris et sur Lyon. Et puis, il a eu l'opportunité de racheter la maroquinerie Barret. Et voilà.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Alors, vous êtes née dans le chaudron de la maroquinerie.
- Alexandra LeCreff
Je suis dans la maroquinerie depuis que je suis toute petite. C'est-à-dire qu'on a passé nos vacances dans des villes où mon père avait ses magasins, donc à la mer, à la montagne. Donc, j'ai vécu toutes mes vacances. À moitié dans les maroquineries, donc je suis bercée par la maroquinerie depuis mon enfance en fait.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Et justement quand vous étiez petite fille, vous vouliez faire quoi plus grande ? Vous étiez déjà...
- Alexandra LeCreff
Des sacs ! C'est vrai ? Ouais.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ok.
- Alexandra LeCreff
Vendre des sacs et puis le contexte a fait que j'ai fait mes études. J'ai fait des études, j'ai fait une année de droit qui ne m'a pas trop réussi. Je suis partie sur du commerce international, ce qui m'a beaucoup plu, l'international, les langues. Ensuite, j'ai fait une école de commerce, l'école de commerce de Reims. Et là, je ne suis pas du tout repartie dans la maroquinerie. J'ai eu un premier stage en grande distribution, mes côtés fournisseurs, chez Lue, groupe Danone, qui m'a beaucoup plu dans la fonction commerciale. Et donc j'ai repostulé et j'ai passé une petite dizaine d'années en tant que commercial, compte-clés. Ah oui, d'accord. Et à la fois avec... plutôt dans les biscuits.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ok. Et qu'est-ce qui fait que vous revenez sur la marque ?
- Alexandra LeCreff
Eh bien, j'ai rencontré mon mari. Ouais. J'ai eu deux filles. On habitait Paris. C'était pas le top quand on a des enfants. Et donc, on a décidé de revenir sur Lyon. C'était l'auport de l'unité. C'était en 2010, j'ai commencé à travailler avec mon père et qui m'a laissé... De plus en plus, le champ libre. Et puis en 2015-2016, lui a pris sa retraite tranquillement, profité de la vie et il m'a laissé les commandes.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ah oui, ça s'est fait assez naturellement finalement.
- Alexandra LeCreff
Oui, tout à fait.
- Alexandra Carraz-Ceselli
C'est un secteur d'activité où il y a beaucoup de femmes aujourd'hui dans la maroquinerie ?
- Alexandra LeCreff
Oui, on a la chance d'avoir de nombreuses femmes. En fait, c'est beaucoup les maroquiniers qui perdurent. C'est des affaires familiales souvent et c'est souvent soit le couple, soit de mère en fille. Et c'est vrai que même à la fédération, par exemple. On est nombreuses au comité de direction.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ok, parce que c'est quand même un secteur d'activité qui est un peu difficile aujourd'hui. Il y a beaucoup de concurrence étrangère, il y a beaucoup de pertes de qualité de la production.
- Alexandra LeCreff
Après, il y a... Il y a qualité et qualité. C'est-à-dire que les maroquiniers, les institutions travaillent la qualité. Donc les belles marques, on est sur des produits avec un très bon service après-vente. Moi, je suis plutôt bagagiste, je suis plutôt spécialisée dans le bagage et dans le business. Mais voilà, moi, je propose à mes clients des produits d'une qualité irréprochable. C'est un peu comme pour vous ? C'est ce qu'il y a de plus important. Ce n'est pas du jetable. On travaille de plus en plus avec les fournisseurs, avec des produits éco-responsables. Donc voilà, on est dans le circuit. Et c'est vraiment la qualité qui prime sur le produit.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Donc les femmes sont présentes dans la filière aujourd'hui, ce n'est pas un sujet d'évoluer dans cette filière ?
- Alexandra LeCreff
Non, et puis c'est vrai que même au niveau de Barret, en fait, nous avons un homme. On le chouchoute, mais c'est vrai qu'on a toujours été beaucoup des femmes et des femmes.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Comment vous avez vécu, vous, cette prise de poste, de devenir dirigeante de cette... Vous êtes saga avec un héritage.
- Alexandra LeCreff
Oui, c'est lourd parce que le barré existe depuis 100 ans et il ne faut pas se louper. Il faut se remettre en question tout le temps. En plus, moi, c'est vrai que j'ai connu les Gilets jaunes, le confinement. Donc, c'était des périodes lourdes, compliquées. Et je pense que si on n'a pas le soutien de ses proches, ça reste très compliqué. Donc, moi, j'ai eu la chance d'avoir mon mari qui m'a bien soutenue. Alors j'étais plutôt au début vraiment spécialisée sur la vente, les achats, le marketing, un peu les réseaux sociaux au départ. Mais c'est vrai que tout ce qui était gestion, c'était pas forcément ma tasse de thé. Et c'est vrai que le confinement m'a fait prendre conscience que c'était inévitable et qu'il fallait plonger dans les chiffres un petit peu. Ouais c'est ça. Sinon on se casse les figures.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Et alors comment on fait ?
- Alexandra LeCreff
On prend ses tableaux et pendant le confinement, avec mon mari à côté, on prend les charges, les recettes, il n'y en avait pas beaucoup. Et puis on fait en sorte de ne pas plonger toutes les aides qu'on a eues. Et puis au partir du deuxième confinement, je me suis battue, j'ai dit j'y vais, je vais au combat, on a le droit au clic à nos collègues. Donc six jours sur sept, j'étais à la boutique devant la porte. Et ça m'a permis aussi de garder ce lien social avec les clients, en fait. Oui. Qui n'avaient pas forcément, sur les autres boutiques, été complètement fermés.
- Alexandra Carraz-Ceselli
C'est peut-être ça l'engagement qui est plus fort quand on est chef d'entreprise, c'est vraiment d'être sans arrêt. On est au front quand il faut.
- Alexandra LeCreff
On est au front tout le temps.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Oui, c'est ça, quelles que soient les circonstances.
- Alexandra LeCreff
On mélange vie privée, vie professionnelle. Je suis partie en vacances, j'avais l'ordinateur avec moi. On a toujours un œil sûr.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Oui, c'est ça.
- Alexandra LeCreff
C'est difficile de décrocher.
- Alexandra Carraz-Ceselli
De votre poste d'observation à vous, les femmes sont assez présentes aujourd'hui dans le débat public, dans l'espace public ?
- Alexandra LeCreff
Au niveau de la maroquinerie ?
- Alexandra Carraz-Ceselli
Non.
- Alexandra LeCreff
On pourrait faire mieux, bien sûr. Mais je trouve que... de nombreux efforts ont été faits.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Mais c'est un sujet pour vous, cette question d'égalité homme-femme ?
- Alexandra LeCreff
Il faut que les femmes soient présentes, mais on ne va pas travailler, on ne va pas aller contre l'homme. Je pense que la mixité des deux est hyper importante.
- Alexandra Carraz-Ceselli
En tout cas dans votre parcours. C'est des hommes qui vous ont fait confiance, j'ai l'impression.
- Alexandra LeCreff
À chaque fois, oui, mais on s'est fait confiance mutuellement et tout se passe bien.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Votre papa, ça lui a semblé naturel de vous embarquer ?
- Alexandra LeCreff
Vous en avez discuté j'imagine ? Oui, alors dans la famille on ne parle pas beaucoup, ça se passe tout doucement, en douceur. Mais oui, à partir du moment où j'ai mis les pieds dans la boîte en 2010, j'ai tout donné. Il a vu que ça se passait bien, qu'il y avait des actions qui étaient menées. Et puis il est super fier de moi, même si ça ne se dit pas beaucoup en famille, mais on le sait par d'autres biais.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Vos équipes, vous disiez qu'elles sont beaucoup féminines. Est-ce que vous observez des choses différentes selon les hommes ou les femmes ? Tout le monde se comporte de la même façon ? Vous sentez qu'elles ont besoin d'être encouragées ?
- Alexandra LeCreff
Elles ont toujours eu beaucoup de liberté à l'époque avec mon père, je pense. Il y a une espèce de confiance qui s'est... qu'il y a entre elle et moi, c'est-à-dire que ça fait tellement longtemps qu'elles sont là qu'en fait ça roule. Ouais. Voilà. Et qu'il n'y a pas de non-dit, il n'y a pas de... Tout se passe bien, en fait.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Si on parle de la filière en tant que telle, vous donneriez quel conseil aux femmes qui nous écoutent et qui auraient envie de... On parle souvent, c'est quand même l'artisanat français, c'est quand même toute la filière, tous ces savoir-faire, etc. Souvent, on a l'impression que c'est des filières qui sont en perte de vitesse.
- Alexandra LeCreff
Il faut les encourager. Moi, je travaille par exemple avec la Maison Bertil, qui est en fait une entreprise artisanale. Ils sont 27, je crois. Ils sont entreprises du patrimoine vivant. Ils ont leurs usines dans le sud-ouest. Et c'est des produits d'une telle qualité. Il y a une histoire à raconter. C'est tellement de belles pièces que le client ne peut qu'adhérer. Et en effet, si on le vend bien, si on l'explique bien, le client adhère.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Il y a de l'espace encore aujourd'hui pour le commerce indépendant au centre-ville ?
- Alexandra LeCreff
Oui, je pense. J'espère. Non, je me bats pour. Alors moi, la spécificité, c'est que je vends du bagage et le bagage, c'est quand même assez technique. Alors oui, il va y avoir de la vente sur Internet, mais on remarque vraiment que les gens viennent pour le conseil. Voilà, le conseil et qu'on leur préconise le bagage adapté.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Quel conseil vous donneriez aux femmes qui nous regardent, qui ont envie d'aller, de se dire tiens, c'est vrai, si j'allais reprendre une boutique D'abord, est-ce que ça se reprend les boutiques ? Parce que là-dedans, dans votre histoire, il y avait un héritage familial. Mais est-ce que dans la fédération, il y a besoin ?
- Alexandra LeCreff
Il y a encore des repreneurs qui se développent grâce à des anciennes familles de maroquiniers qui ont arrêté parce qu'il n'y avait pas de successeurs. Donc oui, ça existe et heureusement. Alors moi, est-ce qu'au niveau familial, avec mes deux filles, j'aurai une de mes filles qui continuera avec moi ? Après, elles sont un peu dans le bain. Après, elles mettent sur des petites tâches. Mais elles savent déjà ce qui se passe dans la maroquinerie.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Alors vous soulevez un point important, c'est-à-dire que c'est compatible avec la vie de famille d'être dirigeante d'entreprise ?
- Alexandra LeCreff
On part un peu dans tous les sens. Il faut avoir la tête bien organisée. Mais oui, c'est faisable. Après, le... Il ne faut pas négliger la partie perso parce qu'elle est très importante. Et c'est celle qui vous remet les pieds sur terre aussi et qui vous dit aussi un peu de lâcher de temps en temps, même si c'est compliqué.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Souvent, on dit que les femmes qui se lancent dans des activités, notamment de commerçante ou d'entreprise indépendante comme ça, finalement se disent, tiens, moi, je ne vais pas me payer pendant un an, deux ans. Et puis après, c'est un peu la spirale.
- Alexandra LeCreff
Après c'est compliqué l'entrepreneuriat, l'indépendant. En fait, il y a tellement d'aléas, on ne sait jamais où on va.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Alors qu'est-ce qu'il faut faire pour que ça marche ?
- Alexandra LeCreff
Il faut se faire bien conseiller. Et puis c'est vraiment au niveau financier aussi. Moi, je l'ai connu pendant le premier Covid, quand les recettes ne rentrent pas, et les charges sont toujours là, c'est très compliqué. Donc il faut vraiment avoir un plan de financement bien structuré.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Et il faut aller voir qui ? Il faut aller voir la CCI ?
- Alexandra LeCreff
Il faut aller voir les fédérations ? Oui, les fédérations, les CCI surtout, qui m'ont bien aidée, puis même qui m'ont, par exemple, permis de développer toute la partie numérique en 2016. C'est grâce à eux que j'ai fait mon premier site Internet.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ah oui, d'accord.
- Alexandra LeCreff
Donc oui, il y a vraiment de quoi faire avec la CCI.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Donc aujourd'hui, c'est ouvert, on peut aller, il faut simplement... Pousser la porte de ce type d'institution.
- Alexandra LeCreff
Et trouver, et je pense, et trouver aussi les bons produits.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ah oui, ça c'est important, c'est l'autre volet.
- Alexandra LeCreff
C'est les bons, voilà. En ce moment, c'est compliqué, donc il faut vraiment se spécialiser sur un produit.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Donc, pour faire une première expérience, probablement dans une boutique ou dans plusieurs boutiques, pour apprendre sur la filière ?
- Alexandra LeCreff
En fait, il faut être, si on veut être bon, il faut être bon partout, il faut être bon sur, et puis c'est mon quotidien, c'est-à-dire l'achat, la vente, la gestion, les ressources humaines. Parce qu'il y a une grosse électricité parfois. Oui, c'est vrai. Non, mais on touche à tout. Alors, c'est génial parce que chaque journée est complètement différente.
- Alexandra Carraz-Ceselli
J'imagine qu'on apprend sur le tard. On n'apprend pas tout d'un coup.
- Alexandra LeCreff
Moi, tout ce qui est réseaux sociaux, c'est en allant sur les formations, les réseaux sociaux, comprendre tout ce qui se passe et puis se remettre en cause, faire des formations. J'ai eu des formations il n'y a pas très longtemps aux réseaux sociaux. Parce que voilà. Donc, il faut toujours aller chercher l'information, en fait. Et sortir de sa zone de confort.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Alors ça oui.
- Alexandra LeCreff
Si on reste derrière son bureau, il ne se passe pas grand-chose. On va les chercher, pareil pour les achats. Les achats, il faut aller trouver des nouvelles marques. On essaye. Ça marche, ça marche pas.
- Alexandra Carraz-Ceselli
C'est un boutique en fait,
- Alexandra LeCreff
c'est ça ? Ah non, moi dès que je pars à l'étranger en voyage perso ou pro, je regarde un peu ce qui se passe en sac à dos sur les gens, les valises, quand je prends le train. Et donc il y a les salons aussi, il y a des salons de la maroquinerie qui se trouvent en France, en Allemagne, en Italie.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Oui parce que vous êtes multimarque,
- Alexandra LeCreff
c'est ça ? Moi je suis multimarque, donc j'ai... J'ai mes marques intemporelles, mais à côté de ça, je ne reste pas sur mes acquis. Donc il faut toujours que j'aille chercher des nouvelles marques. Donc là, je suis partie au salon du bagage à Francfort il y a un mois, il y a deux, trois marques qui rentrent. On essaye, on tente. Après, c'est des marques, c'est lié toujours aux réseaux sociaux aussi. Qu'est-ce qui marche en ce moment ? Qu'est-ce qui est préconisé sur les réseaux sociaux ? Ah oui,
- Alexandra Carraz-Ceselli
donc il faut vraiment être en arrêt de tout ce qui se passe.
- Alexandra LeCreff
Il y a une marque qui fonctionne très bien chez moi, la marque Rennes. C'est parce qu'à force d'aller à l'étranger et de tous les voir avec leur sac à dos Rennes, à un moment, j'ai dit on va faire Rennes et ça marche très très bien.
- Alexandra Carraz-Ceselli
Ah oui, donc c'est un milieu où finalement il faut être très crête.
- Alexandra LeCreff
Il faut aller chercher l'information. Si on reste derrière son bureau, on ne trouvera rien du tout.
- Alexandra Carraz-Ceselli
On trouve vraiment des choses derrière son bureau, ça, c'est clair. Et alors Alexandra, si vous aviez une baguette magique, quelles mesures vous prendriez pour que les femmes soient plus présentes dans le débat public finalement ?
- Alexandra LeCreff
Je vais prendre mon cas personnel. Je ne suis pas très à l'aise pour m'exprimer en public et je ne l'ai jamais été. De toute façon, dans mes bulletins, quand j'étais petite, c'était très timide, se cacher. Donc, je trouve qu'avoir des cours d'expression orale... C'est le cas aussi de mes filles, c'est parfois compliqué. Et voilà, à l'école, je pense qu'il faut inciter les jeunes, que ce soit les filles ou les hommes, les garçons, à prendre la parole plus facilement. comme vous venez de le faire aujourd'hui c'était un bel exercice ce qui est marrant parce que quand je suis devant un client je ne suis pas du tout comme ça ah bah non je suis hyper à l'aise et là c'est la stresse et bah je ne sais pas mais bon en tout cas c'était un training grandeur nature vous en êtes partie comme une chef merci beaucoup Alexandra merci
- Alexandra Carraz-Ceselli
beaucoup d'avoir accepté cet exercice et d'avoir partagé ce café des lyonnes avec nous ce matin je vous souhaite une bonne semaine à tous et je vous dis rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain Café des Lyonnes! Merci à tous.