- Speaker #0
Merci.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue à ce nouveau Café des Lyonnes. Bonjour Sarah.
- Speaker #2
Bonjour Alexandra.
- Speaker #1
Alors aujourd'hui,
- Speaker #2
je suis hyper impressionnée,
- Speaker #1
je suis à côté de Maître Sarah Kézias et la nouvelle vice-bâtonnière de Lyon.
- Speaker #2
Exact. C'est ça ? Exact.
- Speaker #1
Avec Maître Alban Poussé-Bougère. Poussé-Bougère. Donc vous avez été élues tous les deux là sur un nouveau mandat qui a commencé le 31 janvier.
- Speaker #2
Voilà.
- Speaker #1
Donc c'est un mandat de quoi, de trois ans ? Deux ans.
- Speaker #2
Deux ans. C'est un mandat de deux ans.
- Speaker #1
Donc vous êtes à la tête du bâtonnat, ce qu'on appelle le bâtonnat de la ville de Lyon.
- Speaker #2
Du barreau de Lyon. Du barreau de Lyon.
- Speaker #1
Vous allez nous expliquer un petit peu ce parcours et comment vous êtes arrivée là. Vous êtes avocat, évidemment.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Mais d'abord, Sarah, première question de l'émission, vous la connaissez. Est-ce que vous êtes une femme ? Engager, allez, j'ose vous poser la question. Et ça veut dire quoi, surtout pour vous, cet engagement ?
- Speaker #2
Alors, pour moi, l'engagement, c'est de vouloir prendre part à un projet, prendre part à sa vie, tout simplement être aux commandes de sa vie, vouloir faire avancer les choses, vouloir porter une voix. Donc, ça peut être un engagement, pour moi, très divers. Il y a des femmes qui vont vouloir s'engager en politique, s'engager dans leur municipalité, s'engager dans des... Peut-être plus des loisirs, ce qu'on verrait comme des loisirs, des activités sportives, de la pâtisserie, de la cuisine. C'est toute la diversité des femmes que vous recevez. Donc moi, je pense être engagée sur un certain nombre de sujets et notamment dans la vie de mon barreau, sur un aspect plus professionnel.
- Speaker #1
Donc dans cet engagement, il se concrétise comment ? Uniquement dans le fait d'être engagée dans votre profession ? Pour vous, personnellement ?
- Speaker #2
Non, pour moi, ça remonte à un peu plus longtemps. Pour moi, ça remonte d'abord à avoir créé mon cabinet. D'accord. Parce que c'est vrai que j'ai créé un cabinet assez tôt. J'avais trois ans de barre. Je me suis associée avec une consoeur. Donc, on a créé notre cabinet, créé notre marque, créé notre podcast, créé des outils de communication, une vraie marque de com. Donc ça, pour moi, c'est déjà un engagement. C'est de dire que les femmes peuvent non pas avancer, évoluer et s'associer, mais elles peuvent créer quelque chose. Et puis en parallèle, c'est effectivement l'engagement par les élections, le jeune barreau, le conseil de l'ordre, le bâtonnat. Donc voilà, c'est ces deux ordres-là, mais c'est aussi s'investir dans tout simplement ma vie d'avocat en créant mon cabinet et en se disant avec mon associé, c'est possible.
- Speaker #1
De votre retour d'expérience à vous, les femmes, elles sont suffisamment présentes aujourd'hui dans le débat public, dans l'espace public ?
- Speaker #2
Ça dépend ce qu'on va considérer comme étant l'espace public. C'est vrai qu'à certains postes... On déplore parfois toujours un peu un plafond de verre. Alors, on ne sait pas tellement l'identifier. Pourquoi est-ce que c'est les femmes qui ne veulent pas aller plus loin ? Est-ce que c'est les femmes qui sont empêchées d'aller plus loin ? Moi, je pense qu'il faut tout tenter. Il faut y aller, il ne faut pas se poser de questions. Il faut peut-être arrêter de se positionner aussi comme étant une femme pour se dire qu'il n'y a plus de barrière, tout simplement. Pas d'autocensure, pas de censure des autres. Il faut le tenter. Voilà, il faut le tenter. Et aujourd'hui, moi, dans ma vie professionnelle, je pense que par ma vie professionnelle, j'arrive à prendre part au débat public. Voilà, et je ne me dis pas, je suis une femme, donc il faut que je le fasse. Je le fais parce que j'ai envie de le faire. Et par contre, ça m'est permis parce qu'on ne me dit pas que je suis une femme, simplement.
- Speaker #1
Et est-ce que vous avez ressenti un frein dans votre carrière professionnelle à un moment donné par le fait d'être une femme ou pas du tout, ou au contraire, ça a peut-être joué positivement ?
- Speaker #2
Alors moi, à titre personnel, non, parce que comme je le disais, j'ai pu évoluer. J'ai été formée en cabinet, j'étais collaboratrice, je n'ai pas eu de difficultés. J'ai créé mon cabinet, j'ai pu participer à des élections. Effectivement, arriver au vice-batonnat de Lyon, ce n'est pas rien non plus, avec peut-être une problématique qui était plus portée sur mon âge et ma jeunesse que sur je suis une femme parce qu'au barreau de Lyon, on a quand même de la chance, on a deux. On a des bâtonnières et des vis-bâtonnières de manière régulière et c'est très bien. Moi, je pense qu'il y a peut-être plus une difficulté qui se reporte sur la maternité. Là, on a en plus un exemple, c'est assez perturbant d'en parler aujourd'hui, parce qu'on a un exemple qui date de jeudi. D'une avocate à Paris, on n'est pas à Lyon, mais on est à Paris, qui perd les os en audience, parce qu'elle est en audience à 8 mois et demi de grossesse, que les magistrats refusent de renvoyer son dossier, et qui va perdre les os en audience. Voilà, donc une issue. Et on est bien au mois d'avril 2024. Donc je pense que la problématique, elle est plus sur la maternité, et même la paternité aussi, sur les congés, sur comment revenir. qu'il n'y ait pas de problématique de rétrocession, de rémunération après une période d'arrêt pour accueillir un enfant, que sur, en soi, être une femme. D'ailleurs,
- Speaker #1
c'est une des premières mesures, je crois, que vous avez prises avec le bâtonnier. C'était de pouvoir donner priorité aux mamans, aux futurs mamans.
- Speaker #2
Oui. Alors, c'est quelque chose qui existait déjà, mais qui était... On a un certain nombre d'usages entre nous. Quand les avocats vont en audience, on a des usages avec le bâtonnier et le vice-bâtonnier en priorité de passage pour pouvoir être libérés plus vite. Les avocats qui viennent de loin, s'il y a un avocat de Dunkerque qui vient plaider à Lyon, on va le laisser passer en priorité pour qu'il puisse rentrer. Oui,
- Speaker #1
c'est dans le loint des audiences de la journée.
- Speaker #2
Et puis, on a un usage qui est de permettre aux consoeurs enceintes de passer. C'est un usage, ce n'est pas écrit. Et on a constaté, notamment pendant notre campagne au Batonac, remonter un certain nombre de difficultés. Et des confrères ou consoeurs qui trouvaient que cet usage n'avait pas lieu d'être. Donc, effectivement, on a proposé au Conseil de l'Ordre d'inscrire cet usage, qui devient donc une règle dans notre règlement intérieur. Et un certain nombre de barreaux, dont Paris... Nous avez contacté pour féliciter le conseil de cette mesure et souhaite nous emboîter le pas. C'est regrettable de devoir l'inscrire et le rendre obligatoire parce que ça devrait être assez naturel, comme cette consoeur qui a huit mois et demi est en audience parce qu'on est dans la majorité des cas libéraux. Donc effectivement, on travaille tard jusqu'au terme. Voilà, on ne devrait pas avoir ce genre de difficultés-là, mais parfois, il faut légiférer pour que ça avance. Mais alors,
- Speaker #1
précisément, la profession d'avocat, il y a beaucoup de femmes dans l'opposition.
- Speaker #2
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
En revanche, il y a une rupture, c'est ça ? C'est-à-dire qu'il y a des postes pour passer à des postes d'associés ou pour passer... Non, je ne sais pas.
- Speaker #2
Alors, on a plusieurs problématiques, mais qui ne concernent pas que la profession d'avocat, qu'on va observer dans d'autres secteurs d'activité, de durée du travail, entre guillemets... Les libéraux, on n'a pas de durée du travail, mais on a des collaborations à temps partiel qui sont plus féminines que masculines. Alors après, se pose la question de est-ce que c'est subi ou est-ce que c'est volontaire ? Parce qu'il y a des consoeurs qui nous disent moi, c'est un choix personnel, parce que je veux être auprès de mes enfants, parce que j'ai d'autres activités, notamment dans l'enseignement. Voilà, donc la difficulté, elle est de savoir est-ce que, enfin à mon sens, est-ce que... C'est une problématique. Est-ce que c'est une contrainte imposée aux femmes ou est-ce que c'est que les femmes font d'autres choix ? Voilà. On a un peu les deux. On a des consoeurs qui ne s'associent pas parce que les conditions d'association ne permettent pas de prendre en compte les contraintes de leur vie personnelle et familiale. Et à l'inverse, on a des consoeurs qui s'affranchissent de ça, un peu comme nous, on l'a fait. Alors, ce n'était pas pour ces raisons-là parce que moi, personnellement, encore une fois, je n'avais pas de difficultés, mais qui s'affranchissent des difficultés en fonctionnant. en créant leur cabinet avec une volonté de ne pas reproduire des éléments ou des pratiques qui seraient problématiques.
- Speaker #1
Vous le disiez, ce que vous aviez ressenti, c'est finalement plutôt un frein lié à votre jeune âge qu'au fait d'être une femme, pour qu'on fasse confiance, pour... Pour progresser, pour peut-être vous inscrire dans ce bâtonnat ?
- Speaker #2
C'est vrai que nous, au barreau de Lyon, on a un barreau plus féminin que masculin aujourd'hui. Les femmes sont très bien représentées et on a des consoeurs qui sont à la tête de très beaux cabinets. Donc le barreau n'a pas de problématiques à ce niveau-là, en tout cas. Après, c'est vrai que dans le cadre de la campagne, on ne m'a pas reproché d'être une femme... vice-bâtonnière auprès d'un bâtonnier. Parce qu'il y a eu des questions, par contre, mais de l'extérieur, pas du bas. C'est vrai que sur LinkedIn, une personne m'avait interpellée en disant Mais pourquoi ce n'est pas l'inverse ? Mais ce n'est pas l'inverse pour plein de raisons, mais pas parce que je suis une femme, parce que la précédente bâtonnière...
- Speaker #1
Ce n'est pas une obligation de faire un binôme homme-femme pour se présenter ?
- Speaker #2
Non, ce n'est pas une obligation. Donc là, c'était un choix et j'en ai perdu le fil de la question. Je suis désolée, mais voilà. Et l'idée, le reproche qui a été fait, c'était plutôt ma jeunesse, parce que c'est vrai qu'à ces fonctions-là, c'est en principe des confrères plus expérimentés qui se présentent. qu'il ne m'a pas été reproché d'être une femme vice-bâtonnière.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que vous répondez quand on vous dit que vous êtes trop jeune ?
- Speaker #2
Ça, on a répondu par l'expérience, tout simplement. Effectivement, on a répondu par la présentation de mon CV, des missions ordinales que j'avais pu accomplir. Et ça, c'est aussi un...
- Speaker #1
Parce que c'est une question qui revient souvent. Chez les femmes que j'interroge, elles me renvoient beaucoup ce fait que, oui, au-delà d'être une femme, ce n'est pas forcément ce qui pose problème. Oui, mais c'est vrai que la jeunesse, le jeune âge, c'est un... Bon, on vous le reproche pas longtemps, c'est ça qui est bien.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #1
Ça passe assez vite. Mais en tous les cas, il y a quand même ce côté, on a du mal à faire confiance quand on est plus jeune.
- Speaker #2
Bon, c'est par l'expérience que ça passe, par montrer que bien qu'étant jeune, j'avais quand même réalisé un certain nombre de choses. Et puis maintenant, il reste à faire mes preuves.
- Speaker #1
Alors Sarah, quand vous étiez petite fille, vous rêviez de faire quoi ? Vous vouliez déjà être avocat ?
- Speaker #2
Alors, c'est un peu... Moi, j'ai voulu être enseignante pendant un moment. D'accord. Mais j'ai très... J'ai très vite été vers l'avocature et je suis entrée à la fac de droit pour être avocate. Et à ce que vous faites dans ce métier,
- Speaker #1
c'était quoi ? Vous vouliez sauver les gens ?
- Speaker #2
C'est la défense. C'est vrai que ce n'est pas du tout finalement ce que je fais aujourd'hui, parce qu'à part nos parents, il y a assez peu de monde qui pense qu'on est des super héros. Mais c'est effectivement la défense et puis cette vision qu'on peut avoir de l'avocat quand on est jeune. Comme on a une vision un peu tronquée des enseignants, et puis au fur et à mesure que ça a évolué, effectivement, je l'ai affiné, et c'est la vision du métier que je pouvais avoir qui a changé, le domaine dans lequel je voulais évoluer qui a changé.
- Speaker #1
Donc vous faites une fac de droit, vous êtes lyonnaise ? Oui. Donc vous faites une fac de droit. Vous êtes diplômée, vous passez le...
- Speaker #2
c'est un concours, hein ? C'est un examen d'entrée à l'école des avocats, c'est ça. Et puis je sors avec... en ayant fait deux stages, dont un stage dans un cabinet dans lequel je vais rester ensuite en collaboration. C'est un cabinet dans lequel le bâtonnier était associé, qui était à la tête du cabinet.
- Speaker #1
Vous êtes spécialisée en quel droit ?
- Speaker #2
Justement, moi, je travaillais dans l'équipe droit social, donc en droit du travail. Et effectivement, depuis, j'ai passé cette spécialité, puisque quand on sort de l'école, on est avocat. On peut exercer dans tous les domaines qu'on veut. Et quand on a quatre ans de pratiques effectives et concrètes dans une matière, on peut passer un examen de spécialité. Donc, il y a un écrit et... Un examen oral, donc on a passé ça respectivement, mon associé et moi, on cherche à aller toujours un peu plus loin pour ne pas s'ennuyer. Et donc, effectivement, je suis spécialiste en droit du travail et j'exerce principalement aux côtés des salariés en contentieux, mais aussi en conseil. Ça, c'est très important d'intervenir aussi à titre. En conseil, en négociation de contrat, en conseil rupture, à titre préventif. Et ça, c'est aussi un engagement. L'avocat, ce n'est pas que du judiciaire. C'est la vision qu'on peut avoir quand on est enfant. C'est les tribunaux, mais on a tout un pan d'activité qui est hors des tribunaux. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. On a la vision soit du droit pénal avec les grands ténors du barreau qu'on voit plaider, etc. Mais finalement, ça, c'est une petite partie de la profession.
- Speaker #2
En termes de proportion, je ne dirais pas que c'est une petite partie. Mais par contre, ce qui est vrai, c'est qu'on a pas mal d'avocats qui ne portent jamais la robe, sauf pour les cérémonies officielles. Ah oui, d'accord. Parce qu'ils font du conseil.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Vous n'allez pas tous forcément au tribunal plaider.
- Speaker #2
Mais quand même,
- Speaker #1
il y a une spécificité de votre profession à s'exprimer au nom d'ailleurs de quelqu'un d'autre. Donc, à représenter des intérêts, à représenter quelqu'un, donc à prendre la parole, finalement.
- Speaker #2
C'est vrai.
- Speaker #1
C'est quand même un marqueur de votre profession,
- Speaker #2
soit. Oui, oui, c'est le socle. Notre profession n'existerait pas si on n'avait pas un mandat pour un client. Notre profession, qu'on soit en conseil, en contentieux, dans n'importe quelle matière, on est là pour être la voix et pour participer à défendre les intérêts de quelqu'un.
- Speaker #1
Et on vous l'apprend ça à l'école des avocats ?
- Speaker #2
On l'apprend principalement par la pratique, parce que ce positionnement est compliqué, notamment dans la négociation, selon les intérêts à défendre, ce qu'on va prioriser, est-ce qu'on priorise une issue rapide, est-ce qu'on priorise un montant, est-ce qu'on priorise complètement autre chose. Le client aussi, il y a des modes de réflexion, des volontés différentes, les positions adverses. Donc tout ça, justement, c'est cette pratique en cabinet avec un collaborant, ce qu'on pourrait appeler entre guillemets le patron. Normalement, il ne faut pas le dire, ce n'est pas du tout un lien de patronage. Mais le cabinet pour lequel on collabore nous apprend ça plus qu'à l'école, où à l'école, on va avoir des exercices, effectivement, des techniques de plaidoirie, mais qui ne sont pas véritablement concrètes.
- Speaker #1
Donc vous devenez spécialiste du droit du travail. Et là, vous décidez de monter votre cabinet avec une...
- Speaker #2
Alors, j'étais déjà dans... On avait déjà créé le cabinet quand on a passé nos spécialités. Mais effectivement, j'ai une... Donc, c'est d'abord une amie qui me dit, j'envisage de m'installer. Est-ce qu'on ne créerait pas un cabinet ensemble ? En général, quand je réfléchis, c'est assez rapide. Donc, je lui donne une réponse positive très, très vite. Et on discute, on prépare ça pendant... Une petite année, quand même, parce que c'est un changement complet.
- Speaker #1
Oui, bien sûr, c'est un investissement aussi, puisque là, vous partez de zéro.
- Speaker #2
C'est ça, on part de pas grand-chose. Comment on fait ? Est-ce qu'on se rapproche, mais on reste individuel ? Est-ce qu'on crée une société ? Est-ce qu'on met tout en commun ? Il y a eu pas mal de questions. Et puis, on va le dire, c'est vrai qu'on est jeunes, donc on a des aspirations aussi personnelles, familiales. Donc, comment on fait en sorte d'essayer d'appréhender ça le plus tôt possible pour que l'association soit pérenne ? Et puis, qu'est-ce qu'on a envie de faire ?
- Speaker #1
C'est important de le dire parce que finalement, les gens, quand ils créent des entreprises, on ne parle jamais de cet aspect-là, mais ça revient quand même de plus en plus. C'est d'être au clair avec ce qu'on a envie, le mode de vie qu'on souhaite choisir, etc. Ce qui est important et de le définir quand on veut s'associer avec quelqu'un.
- Speaker #2
Il faut de toute manière, dans tout projet, je pense, définir les valeurs motrices. Qu'est-ce qu'on va prioriser ? Est-ce que ce qu'on souhaite, c'est... On peut prioriser plein de choses en même temps. Un équilibre vie pro-vie perso, une recherche de sens, un gain financier. Et en fonction, la démarche n'est pas la même. Quel est le client idéal ? Comment on va communiquer pour aller le chercher ? Et puis, comment on fait si on a une difficulté ? Comment on anticipe le fait que peut-être dans quatre ans, l'une de nous voudra quitter la profession ? Voilà, ça c'est des choses...
- Speaker #1
C'est de tout prévoir.
- Speaker #2
En tout cas, nous, nous avons beaucoup discuté. On a pris conseil aussi auprès de confrères plus expérimentés, notamment sur les formes sociales privilégiées, puisque les cordonniers sont les plus mal chaussés, on avait l'habitude de le dire. Donc, on a essayé, nous, on a confié ça à un confrère pour être bien accompagné. Et c'est très important, effectivement, de définir. Voilà, on a été dans des détails. Est-ce qu'on ferait rentrer un autre associé ou pas ? Parce que ça, c'est pareil. Quand on est deux et qu'on fait rentrer quelqu'un, ça déséquilibre la chose. Si l'une de nous veut tous ses mercredis, c'est quand même une question qui... Pour pouvoir s'occuper des enfants de manière volontaire et pas de manière contrainte, comment on fait ? Est-ce que ça a des conséquences sur nos rémunérations ? Tout ça, c'est des choses dont on parle. Et qui se discutent très facilement, qu'on soit homme et femme ? Si ce n'est qu'il y a un tabou de manière générale sur le sujet.
- Speaker #1
Singularité, c'est que vous avez décidé de créer un podcast, vous le disiez tout à l'heure, avec votre concert. Oui. Pourquoi vous avez fait ça et c'était quoi l'idée ?
- Speaker #2
Alors l'idée, c'est que nous, dans notre recherche, dans nos valeurs motrices et dans nos engagements, l'idée, c'est le client avant tout. Et dans le client avant tout, on veut répondre aux critiques. des clients envers les avocats. Et généralement, c'est mon client ne me répond pas assez vite ou mon avocat, pardon, ne me répond pas assez vite. L'inverse peut être vrai aussi. Mon avocat n'est pas forcément accessible ou je ne comprends pas ce que me dit mon avocat. Donc, on est parti de ça pour tirer un certain nombre de conséquences en se disant, par exemple, nos clients... ont nos lignes directes, ils ont nos téléphones portables. On accepte de communiquer par SMS, ce qui, pour nous, ce n'est pas un problème. Par contre, effectivement, on met des... Il y a un cadre. Voilà, il y a un cadre, nos clients, et ça se passe très bien, nos clients ne nous appellent pas à 23h ou le samedi. Voilà, donc on fait un certain nombre de choses et on est attaché à l'accessibilité du droit. Et là, on fait quand même un constat, on voit passer tout un tas de choses sur les réseaux sociaux avec des... des clients qui viennent nous dire Vous me dites ça, mais j'ai lu sur Internet que... Ça, c'est terrible. Voilà. Donc, la mauvaise information, que les justiciables vont s'approprier et qu'ils vont utiliser la mauvaise escient. Donc, on s'est dit, mais nous, on est avocates, on a quand même une légitimité à intervenir sur ces sujets. Pourquoi on ne le fait pas ? Et, alors ça c'est mon associé, on va lui rendre quand même ce... qui a plein de bonnes idées et qui me dit, ben on va créer une marque, je peux pas, j'ai avocat, et on va lancer un podcast. On va ouvrir une chaîne YouTube, on va faire des vidéos, et là on se lance dans quelque chose un peu bricolé, parce que nous ça nous fait plaisir de le faire, qui prend une ampleur avec effectivement des milliers d'abonnés et des centaines de milliers de vues qui est partagée, repartagée. Parce qu'on s'est positionnés comme on donne une information, mais avec la certification que c'est donnée par un avocat. Donc nécessairement une crédibilité qui est importante.
- Speaker #1
Mais ça veut dire que vous avez ressenti le besoin de prendre la parole dans le débat public, pour le coup.
- Speaker #2
De communiquer à la place de ceux qui communiquent. de manière un peu plus... Voilà, un peu moins sérieuse.
- Speaker #1
Pour le dire aussi...
- Speaker #2
C'est ça. Sur des choses toutes bêtes, oui, des éléments qui sont des rumeurs ou des pensées actives. Des informations, oui, c'est ça. Voilà, et qui vont... Je donne un exemple tout bête. La bonne idée, si on veut être licencié pour avoir le chômage, c'est de se mettre en abandon de poste. Non, ce n'est pas du tout une bonne idée, encore moins aujourd'hui. On va communiquer là-dessus. Et puis, on s'est dit qu'on avait pas mal de confrères qui ont des singularités, que ce soit dans leur pratique ou dans leur domaine. Dans le podcast, on interview ces confrères-là pour mettre un peu en valeur leurs particularités. Donc voilà, l'idée, c'était d'être vraiment proche des personnes. On ne l'a jamais... En tout cas, je ne l'ai jamais identifié comme ça, mais ça s'en rapproche en partie. un petit peu effectivement au débat. Enfin voilà, effectivement, on n'a pas eu peur de prendre la parole. Et alors,
- Speaker #1
comment on en arrive à devenir vice-bâtonnière ?
- Speaker #2
Alors, comment on en arrive à devenir vice-bâtonnière ? Qu'est-ce qui se passe ? Il se passe que j'ai toujours été intéressée, mais que ce soit à l'école des avocats ou avant, par le collectif. D'accord. Si je remonte, c'était être déléguée de classe. J'étais au conseil d'administration de l'école des avocats. Donc, j'ai toujours été intéressée par le collectif. Et donc j'ai commencé par être représentante du jeune barreau. Donc ça, ce sont les élus qui ont moins de 50 barres au barreau. Donc j'ai commencé assez vite à m'intéresser à la chose ordinale et donc à la vie de l'ordre et à la déontologie. Donc la déontologie, ça, j'y suis tombée dedans très, très tôt. Dès que j'étais à l'école des avocats, j'étais dans la commission déontologie du barreau. Et donc un peu au cœur des sujets, parce que pour nous, avocats, notre... La déontologie prime absolument tout, prévenir les conflits d'intérêts, se comporter avec confraternité, avec délicatesse, très très vaste mais très complet. Et donc je commence au jeune barreau, ensuite je poursuis une pause de quelques années dans les mandats, je reste à la commission déontologie et la bâtonnière Marie-Josèphe Laurent me propose de devenir coprésidente de cette commission. Ah ok,
- Speaker #1
d'accord.
- Speaker #2
Alors ça, c'est quand elle me le propose, pareil, je réfléchis pas très longtemps, mais je suis un petit peu surprise parce que c'est la commission reine chez les avocats et c'est une commission qui est présidée habituellement par des bâtonniers. D'accord. Sauf que moi, je n'étais ni bâtonnière, ni très très expérimentée. Et là, elle met l'accent sur l'expérience et la compétence. Voilà, ce qui est quand même quelque chose qui me plaît beaucoup. Alors, bien sûr, c'est la vraie chose. Du coup, c'est intéressant.
- Speaker #1
Quand elle vous a posé la question, vous vous êtes dit quoi ? Vous vous êtes demandé si vous étiez légitime pour prendre...
- Speaker #2
Oui, complètement. Il y a d'abord une question de légitimité. Même vous,
- Speaker #1
vous vous posez la question. Oui,
- Speaker #2
mais c'est pas un frein, parce que je lui ai dit oui quand même très vite. Et puis, c'est vrai que ce raisonnement-là, c'est quelque chose d'un peu inné, qui est ancré quand... Quand Alban Pousset-Bouger me propose d'aller avec lui sur les élections du Batona, d'abord je...
- Speaker #0
Je réfléchis un peu plus longtemps parce que ça a des conséquences sur la vie personnelle, sur l'organisation du cabinet. Donc, il fallait que j'en parle à mon associé qui a été collaboratrice dans un cabinet d'une bâtonnière. Donc, qui sait ce que ça peut impliquer ? Mon compagnon aussi, puisque pour notre vie de couple, ça a des incidences. Et puis, je sonde aussi... Alors pas sur la question de est-ce qu'une vis bâtonnière pourrait être problématique pour le barreau, mais moi j'avais un questionnement par rapport à mon âge. Est-ce que mon âge peut être... problématique. Est-ce que ça peut être contraire aux intérêts du barreau ? Parce qu'on a des fonctions de représentation, on a des fonctions de règlement des différents travaux cas. Oui. Et les personnes que je sonde me disent que non. Parce qu'on a travaillé ensemble déjà, parce qu'ils sont passés pour certains par là, parce qu'ils me disent que non, ce ne serait pas du tout le sujet. Et on en revient à compétences et expériences. Et donc j'y vais. Et entre-temps, effectivement, j'avais participé aux élections pour être au Conseil de l'Ordre. Donc je suis passée assez brièvement au Conseil de l'Ordre, puisque ensuite je suis passée sur le bâtonnat. Mais l'idée, c'est la participation au collectif. Moi, c'est pour moi moteur. Pour qu'on puisse améliorer les choses, on est une profession réglementée, on est un corps. Je n'ai jamais apprécié de râler parce que quelque chose ne va pas sans essayer de proposer une solution. Ça aussi, c'est quand même très important et vous y participez. On essaie de chercher des clés, on constate des problématiques, on essaie de chercher des clés.
- Speaker #1
On essaie d'agir.
- Speaker #0
Sinon, ça ne sert à rien. Râler dans son coin, ça ne fait pas avancer les choses. Donc voilà, je pense que c'est ça un petit peu mon... Mon lettre motive, j'ai une vision idéale de la profession et de la manière dont je vais exercer. Donc, j'en arrive à créer mon cabinet. J'ai une version idéale de ce que j'aimerais que les clients aient comme relation avec l'avocat. On développe le podcast et j'ai une vision idéale pour mon barreau. On ne pourra pas tout changer, mais on vient apporter des petites choses.
- Speaker #1
Oui, vous venez contribuer pendant l'espace de ce mandat à l'évolution de votre profession, en son actualité, etc.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Sachant qu'après, parce que c'est un investissement que vous faites en plus de votre travail, on est d'accord. Vous gardez votre cabinet, vous gardez votre position. Donc, c'est vraiment quelque chose que vous venez endosser pour le collectif.
- Speaker #0
C'est ça. Et il faut garder son cabinet parce que moi, dans deux ans, il faut que je retrouve ma clientèle. Et il faut que je puisse continuer de travailler parce que je n'entends pas arrêter tout de suite. Donc, c'est vraiment quelque chose qui... Oui, c'est une cape qu'on met en plus et qui est très prenante.
- Speaker #1
Mais alors, qu'est-ce que ça apporte de s'engager comme ça ? Parce que vous l'avez souligné, c'est prenant professionnellement, ça a un impact aussi sur sa vie personnelle, parce que forcément, on ne peut pas être partout. Du coup, c'est quoi le moteur ? Pourquoi on le fait ? Qu'est-ce que ça vous apporte ?
- Speaker #0
Mais je crois qu'on le fait parce que, en tout cas, je ne vais parler que pour moi, mais je pense que le bâtonnier, c'est aussi dans son esprit. C'est parce qu'on aime notre métier, on aime nos confrères, et on a envie d'apporter quelque chose. On a des idées. On a envie de participer à ce collectif-là. Toute personne qui s'engage, c'est vrai que c'est un bouleversement complet. Parce que l'engagement, ce n'est pas 9h, midi, et puis c'est tout. C'est toute la journée, c'est parfois la nuit. Il y a des problématiques la nuit, le week-end. On est aussi beaucoup en extérieur le week-end, beaucoup de déplacements, donc nécessairement, ça nous apporte quelque chose. Et moi, ce que ça m'apporte, c'est de me dire, j'ai compris comment ça marche et on va essayer d'apporter, de participer à l'œuvre collective. C'est une satisfaction qui n'est pas plus large que celle-ci. C'est de se dire, on va participer à l'amélioration des conditions d'exercice des avocats. à essayer de trouver, d'apporter des solutions à des problématiques qui sont variées, puisque les problématiques des avocats, c'est ce statut de collaborateur libéral qui n'est pas forcément ajusté, c'est la maternité, la paternité. Comment on fait quand on n'a pas de moyens de garde ? On a des amplitudes horaires, il y a des audiences qui se terminent à 23h30, quand ce n'est pas plus tard. Et s'il n'y a pas de moyens de garde adaptés, comment on fait ? On a des problématiques de délai de la justice. Moi, j'ai des audiences en 2027. Je ne sais pas où je serai en 2027. Donc voilà. Et c'est toutes ces petites choses sur lesquelles, par les mandats, deux ans, ça passe très vite. Mais on va essayer d'impulser quelque chose et d'aller au bout.
- Speaker #1
Quel conseil vous donneriez aux Lyonnes qui nous écoutent et qui auraient envie d'embrasser cette carrière d'avocat dont on dit qu'elle est quand même... Qu'il y a beaucoup de monde, finalement. On dit souvent que c'est une profession où il y a énormément de gens. Est-ce qu'il y a encore de la place pour de nouveaux avocats ? Est-ce qu'il faut y aller ? Qu'est-ce qu'il faut... Qu'est-ce qu'il faut faire pour réussir dans cette profession ?
- Speaker #0
Si on veut y aller, il faut y aller. Alors moi, je pense que c'est toujours bien de consulter avant, parce que comme on le disait juste avant, il y a tellement... Enfin, chaque avocat a un mode d'exercice différent. Même dans une spécialité ? Même dans une spécialité. Est-ce que c'est le barreau de Lyon ? Est-ce que c'est un autre barreau ? Parce que ça aussi, ça joue beaucoup. Il y a des barreaux dans lesquels ils sont 50. Ah oui, d'accord. Oui, donc... tant la vie professionnelle que le mode d'exercice n'est pas le même, l'accès au juge n'est pas le même, le mode de vie familiale n'est pas le même, parce qu'on ne va pas acheter le même bien immobilier à Lyon que dans, et je ne citerai aucun autre endroit, mais voilà, si on aime beaucoup le soleil, il ne faut peut-être pas rester à Lille, j'aime beaucoup Lille et son bateau. Il y a tout ça qu'il faut bien réfléchir avant, qu'est-ce qu'on veut, et ensuite il faut y aller, et... Réussir, c'est compliqué. À quel moment on a réussi ? Moi, pour l'instant, je considère que je réussis. Après, on verra dans le futur. J'ai mon cabinet avec mon associé. Pour moi, j'ai réussi. Pour d'autres, ce ne serait pas une réussite, parce que certains vont prioriser, vont se dire J'ai réussi quand j'aurai un cabinet avec 50 salariés et collaborateurs. Certains de mes confrères ou consœurs sont individuels, donc ils sont tout seuls, avec ou pas d'ailleurs un assistant ou une assistante. Ils ont réussi parce que c'est ce qu'ils veulent. Alors, ils ne gagneront pas autant que quelqu'un d'autre, mais c'est une réussite. Donc, il faut définir à quel moment on réussit et il faut se lancer. Il y a de la place. On travaille là-dessus avec le bâtonnier. Il y a pas mal de cabinets qui n'arrivent pas à recruter aujourd'hui. Donc, il y a de la place. Il y a un problème peut-être d'adaptation de l'offre et de la demande, mais il y a de la place. Par contre, il faut voir si c'est ce qu'on veut. Si c'est ce qui nous convient.
- Speaker #1
L'un des freins qui est souvent soulevé sur la profession d'avocat, c'est cette capacité à développer l'art oratoire. Je sais que vous, Baro, vous êtes très impliquée sur ce sujet, parce que je crois que vous avez beaucoup de concours, notamment de concours de plaidoiries, etc. En tout cas, vous essayez d'insuffler le fait que les gens s'approprient ou que les futurs avocats, je ne sais pas, s'approprient cet art oratoire. Est-ce qu'aujourd'hui, c'est un frein ? Est-ce que si on n'est pas bon à l'oral, il ne faut pas faire avocat ? Est-ce que ça se travaille ? Est-ce que c'est inné ?
- Speaker #0
Alors déjà, je pense que tout se travaille, ça c'est sûr. Ensuite, on participe, nous on a effectivement un concours de plaidoiries. Et on va développer ça parce que ça participe au lien entre les avocats, de s'amuser de l'art oratoire. En revanche, effectivement, il y a beaucoup d'initiatives, mais qui sont via les universités, des associations. Et on est invité pour être dans les jurys. On y va très volontiers et avec beaucoup de plaisir. C'est pas un frein si quelqu'un n'est pas à l'aise à l'oral, ce n'est pas à mon sens, ce n'est pas un frein. Non, ce n'est pas rédhibitoire parce qu'encore une fois, beaucoup d'avocats, déjà, on n'est pas obligé, on n'est pas toute la journée en audience. pour un certain nombre. Donc, on peut tout à fait se dire, moi, je veux être avocat, mais soit je ne suis pas à l'aise, soit je n'aime pas. J'ai des confrères ou des consoeurs qui n'aiment pas aller plaider, qui vont aller plutôt vers le conseil ou qui vont préparer les dossiers en amont, mais demander à un collaborateur ou à un associé de le plaider. Donc, quelqu'un qui ne voudrait pas sortir de son cabinet. Peut tout à fait être un très bon avocat. Après, la plaidoirie, peut-être que vous entendez ça comme la plaidoirie au pénal devant la cour d'assises, où ce sont effectivement des plaidoiries très longues, où on s'adresse à des jurés, où il y a une importance de l'effet de conviction. Là, oui, c'est peut-être compliqué de ne pas être... Mais même de faire ça,
- Speaker #1
c'est vrai qu'il y a quand même, vous l'avez dit, il y a un gros aspect de négociation dans vos métiers, où il faut prendre la parole dans des réunions où il y a quand même du monde. Ce n'est pas un petit format. Des fois, il y a des grands formats,
- Speaker #0
donc ça peut impressionner.
- Speaker #1
de devoir prendre la parole. Donc effectivement, j'entends qu'il y en a toutes les personnalités et qu'il y a des outils qui existent pour le développer.
- Speaker #0
Et ça, ça se travaille par exemple, parce que l'aspect commun négocié, quoi proposer, comment être dans une écoute active, mais pas complètement... Voilà, il y a... Ça, c'est de la formation, pour le coup, qui est nécessaire et qui permet aussi de se dire, c'est bon, j'ai tout ce qu'il faut pour pouvoir y aller.
- Speaker #1
Et alors, Sarah, dernière question de l'émission. Si vous aviez une baguette magique, quelle mesure... Je ne vais même pas dire une baguette magique, vous êtes en responsabilité.
- Speaker #0
Alors, que vais-je faire ?
- Speaker #1
Quelle mesure vous adoptez pour que les femmes soient plus présentes dans le débat public, peut-être plus spécifique, en regard de votre profession ?
- Speaker #0
Quelles mesures au singulier ? Quelles mesures il faut faciliter leur exercice ? Pour qu'elles puissent avoir le temps et la disponibilité. Et donc, on va aller rechercher plein de petites choses qui grappillent du temps. On en parlait, priorité de passage en audience, ça permet aux consoeurs qui sont enceintes de quand même poursuivre leur activité de manière satisfaisante. On va pouvoir les regarder. On en parlait, les modes de garde. On a une vraie problématique au barreau aujourd'hui. Est-ce que, oui ou non, les femmes ont des modes de garde pour les enfants ? Alors, pas les femmes, les parents d'ailleurs. Les parents, si j'allais le dire. Les parents... Le papa aussi lâche le mode de garde normalement. Exactement, parce que si les parents n'ont pas de mode de garde, ça va... parce que, économiquement, etc., peut-être plus retomber sur les femmes. Donc, des modes de garde suffisants, ça veut dire qu'on va avoir des femmes et des conseillères qui vont avoir le temps de s'impliquer dans ce qu'elles souhaitent et dans le débat public. Donc, voilà. Moi, je pense que, je ne sais pas quelle mesure au singulier, mais il faut rechercher tout ce qui sont des freins. qui semblent être des petits détails, mais qui vont vraiment rendre l'accès au débat public extrêmement compliqué. Et l'éducation aussi. Là, on a des efforts à faire sur l'éducation dès le jeune âge, sans exclure les hommes. Je pense que peut-être, et je crois qu'on en revient un petit peu, il ne faut plus exclure les hommes de ces discussions-là, parce que les hommes vont permettre, en ayant conscience de tout ça... que les femmes puissent prendre leur place dans le débat public.
- Speaker #1
En tout cas, vous nous avez fait une belle démonstration ce matin. Merci beaucoup, Sarah, d'avoir pris le temps de prendre ce cassé des lianes. Avec nous, j'espère que ça vous aura plu et moi je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain Cap et des Lyon. Bonne semaine à tous !