- Speaker #0
Bonjour à tous et bienvenue à ce nouveau Café des Lyonnes.
- Speaker #1
Bonjour Corinne. Bonjour Alexandra.
- Speaker #0
Alors ce matin, je suis ravie d'accueillir Corinne Paris. Vous êtes courtier en assurance et on est accueillis dans les magnifiques locaux de l'Intercontinental dans l'Académie, à l'Hôtel Dieu. Et on va parler de la place des femmes dans le milieu des assurances, de la banque, dans le milieu financier, où finalement on n'en voit pas encore beaucoup des femmes courtières. Il y en a beaucoup ?
- Speaker #1
Eh bien, c'est une profession justement qui a nous. Une grande carence puisqu'on est semble-t-il que 10% de femmes. 10% encore aujourd'hui.
- Speaker #0
Les filles, il y a des places à prendre. Donc on va en parler avec vous Corinne ce matin. Mais d'abord Corinne, première question de l'émission, vous la connaissez. Est-ce que vous êtes une femme engagée et ça veut dire quoi pour vous l'engagement ?
- Speaker #1
Alors engagée, je pense que je peux l'affirmer, oui. Je me sens une femme engagée puisque depuis 25 ans que je suis entrepreneuse, j'ai toujours accompagné, évolué, changé et aidé. Tout entrepreneur autour de moi, homme ou femme évidemment, voilà. Donc j'ai été au bout de mes convictions et de mes choix, puisque j'ai changé de métier il y a 15 ans, pour être courtier en assurance.
- Speaker #0
Mais l'engagement, ce n'est pas uniquement aider, c'est d'autres choses, c'est s'impliquer. Parce que je crois que vous êtes impliquée dans beaucoup de domaines, soit propres à votre activité professionnelle, soit même au-delà.
- Speaker #1
Alors c'est vrai que... Même toute jeune, j'ai toujours été bénévole dans le monde économique, présidente d'association des commerçants à la CCI, au MEDEF, évidemment c'était des engagements importants pour moi. Et puis dans mon nouveau métier en comptage en assurance, je suis aussi au syndicat Ronald Pauvergne des courtiers en assurance par Planète CSA.
- Speaker #0
Et ça sert à quoi cet engagement ? Ça vous apporte quoi ?
- Speaker #1
Alors d'abord ça sert à s'informer, à mutualiser, ça c'est un mot d'assurance, c'est-à-dire de partager des bonnes pratiques. d'être porte-parole aussi, comment dirais-je, de notre métier auprès des instances politiques et auprès des clients aussi, d'avoir de la visibilité. Et puis, je n'ai qu'à m'oublier un engagement fondamental, toujours dans des réseaux féminins, au Lyon et au FCE, évidemment aussi, depuis que je suis entrepreneuse, depuis 25 ans déjà. Oui,
- Speaker #0
et puis vous êtes très engagée, très impliquée dans la vie locale lyonnaise. Vous faites beaucoup d'événements, vous participez activement à cette vie locale. Toujours,
- Speaker #1
oui. Je trouve que commercialement et personnellement aussi, ça m'inspire. Je trouve qu'il y a toujours des formats. d'accompagner ou de montrer même notre métier sur d'autres facettes. Parce que comme vous dites, courtier en assurance, on n'est pas du tout inspiré quand on est petite. On rêve plutôt d'être souvent hôtesse de l'air ou institutrice. C'est un métier où il faut apporter beaucoup de pédagogie, parce qu'on ne sait pas ce que c'est en fait.
- Speaker #0
Alors justement, quand vous étiez petite fille, vous rêviez de faire quoi plus grande ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai toujours aimé d'être dans la mode et l'esthétique.
- Speaker #0
D'accord. Donc vous vouliez faire des filets de mode ?
- Speaker #1
Alors en fait, je l'ai exercé indirectement, c'est pas faire des déchets, parce que j'ai pas cette prétention, c'était plutôt les coloriages, la créativité qui m'a toujours attirée. Donc j'ai eu la chance d'avoir une vie commerciale avant, un métier avant, après des études d'expertise comptable.
- Speaker #0
Non mais attendez, vous allez trop vite ! Non mais votre rêve de petite fille c'était quoi ? C'était travailler dans la mode ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Et alors, en grandissant, comment vous arrivez à faire des études d'expert comptable ? Rien à voir.
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que le métier des chiffres, ça a toujours été une facilité pour moi. Faites une évidence.
- Speaker #0
Vous étiez bonne en maths ?
- Speaker #1
Voilà, oui. C'est vrai ? Entre autres, oui. J'aime bien les chiffres. C'est parlant pour moi. Donc, du coup, j'ai pris cette filière et j'ai trouvé que partir sur une activité commerciale que j'avais envie d'exercer, pour moi, passait par des études de chiffres. Tout à fait.
- Speaker #0
Mais expert comptable, c'est un peu rebutant comme profession.
- Speaker #1
Non, je trouve que c'est... On le voit sûrement comme ça, tous les métiers du chiffre, c'est vrai, souvent aux financiers, peut-être des fois ça attire moins. Non, je trouve ça très agréable, je veux dire, de pouvoir sortir un bilan en compte d'exploitation, comprendre. Non, c'est pas toujours passionné, moi. Non,
- Speaker #0
mais c'est surtout, je caricature volontairement, mais c'est surtout des métiers où finalement, on ne se rend pas compte, mais on accompagne beaucoup les dirigeants d'entreprise parce qu'on les... Au-delà des chiffres, on les conseille, on les encourage, on leur donne des recommandations, non ? Comment ça marche ?
- Speaker #1
C'est vrai que moi j'apprends même le mot pilotage. Ça aide vraiment à piloter son entreprise, à savoir où on va. Avec les chiffres, j'allais dire, malheureusement ou heureusement, c'est une très bonne température pour nos activités. Et c'est nécessaire, c'est vital, c'est la base.
- Speaker #0
Et est-ce qu'il y a des gens qui vous ont guidé, qui vous ont orienté, qui vous ont dit, fais plutôt cette carrière ? Je voudrais comprendre, vous me parlez de mode et de dessin et de couleurs et vous vous orientez sur une... c'est très spécifique comment vous arrivez à...
- Speaker #1
En fait, très jeune, j'ai toujours voulu être à mon compte. Dans tous les cas, c'était une perspective, dans tout le carné, puisque j'ai beaucoup exercé d'activités quand j'étais étudiante. Et j'ai toujours dit que je souhaitais avoir ma propre activité. Donc en fait, c'est ça. J'ai été ambassadrice. À l'époque, ça existait, livre au chiffre de choses, étudiante, je faisais des choses. Et je me suis dit, le point d'ancrage, c'est ça. Donc en fait, ayant des facilités, j'ai eu une maman aussi qui m'a dit, au lieu de faire des études de commerce, tu commences par ça et tu feras après une spécialisation. Donc j'ai écouté et ça m'a passionnée. Moi, j'avoue que j'ai beaucoup aimé la comptabilité analytique. C'était parlant pour moi.
- Speaker #0
C'était facile. D'accord. Voilà. Donc vous commencez votre carrière comme expert comptable. Ça dure combien de temps ?
- Speaker #1
Alors en études d'expertise comptable, en cabinet comptable, j'ai exercé 5 ans.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
donc là vous faites de l'apprentissage ? Tout à fait, c'est le mot, ça existait même à cette époque, apprentissage, tout à fait. Et puis un rachat de cabinet par mon employeur, où j'ai eu la chance d'avoir une femme à l'époque aussi, qui m'a beaucoup inspirée, beaucoup aidée, et puis son associé, ça ne m'a pas convenu, notre relation, et donc du coup je me suis affranchie, j'ai eu ma fille, et j'ai décidé d'ouvrir ma première boutique. Pour enfants ?
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
voilà.
- Speaker #0
Ah donc là, d'accord, vous rentrez dans le vif du sujet. En devenant... C'est quoi ?
- Speaker #1
Un de mes clients vendait sa boutique. Je ne m'entendais pas avec le nouvel associé. Comme je suis une femme jamais de conflit, j'ai eu la chance d'aller échanger un cadeau naissance à Antibes, à Jean Lépin, et je suis tombée sur le créateur de la marque It Cool. Et ça a été pour moi une révélation à l'époque, une mode qui était brodée, qui était en milieu de gamme en fait, très créative, un petit peu du rafleurène, on va dire dégriffé, très en animation, beaucoup de décoration, ça a flashé. Et puis j'ai rencontré le créateur qui était là, je crois que j'étais arrivée à 14h et à 18h on buvait l'apéritif ensemble sur ce projet. Mes clients vendaient, je suis une femme assez passionnée, exaltée. J'en ai parlé à mes parents puisqu'ils habitent en Thib. Et qui m'ont dit, allez, banco, vas-y, essaye. Écoutez, j'ai fait une proposition sur le premier magasin et j'en ai ouvert 22 de Carrefour et Cullier à Lyon, à Nice.
- Speaker #0
Ah oui, mais c'est énorme. Vous avez ouvert 22 magasins.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Mais vous n'avez pas eu peur ? Vous n'êtes pas dit,
- Speaker #1
je vais y arriver ? Alors, quand on me connaît un peu, pas y arriver, je pense que je suis pugnace dans mes idées. Non, en fait, j'ai entré négocier un territoire, en fait, parce que je savais, alors ces notions de comptabilité me servent, parce que... On avait une vraie rentabilité de dupliquer en fait une activité. Donc j'ai commencé par la ville de cœur où j'étais, c'est-à-dire à Vienne, un petit village où il y a de la jazz à Vienne, où il y a du bon vin. Voilà, et puis je suis venue à Lyon, j'étais à Carrefour et Culli comme je disais, rue de Brest aussi. Et puis j'ai dupliqué tous les six mois, Grenoble, et puis je suis descendue, je ne suis jamais trop montée moi, toujours attirée par le sud, ma ville d'origine. Et j'étais à Nîmes, Valence, voilà, j'ai descendu. Le sillon jusqu'à la mer.
- Speaker #0
Vous ouvrez 22 magasins. C'est à combien de temps cette aventure ?
- Speaker #1
Alors, ça dure bien 18 ans. Et en fait, à travers cette activité, j'ai eu la chance de travailler aussi pour le groupe Zanier, qui a racheté la marque, qui était une marque belge. Évidemment que dans le monde du textile, il y a eu des hauts débats. Donc, M. Zanier, à l'époque, a racheté la marque. Et donc j'ai contribué à aider aux créations de collections, puisque j'étais master franchisée, pour arriver à trouver les bonnes silhouettes, le qualité-prix, voilà. Donc ça a été très enrichissant, puisque j'ai travaillé en effet sur Lille et à Saint-Chamond.
- Speaker #0
Vous revenez à vos premières attentes de petite fille.
- Speaker #1
Alors c'est ça, puis j'ai accompagné aussi des franchisés en ouverture, donc j'étais au-delà. Mon expérience, je l'ai mise justement à travers la franchise, où j'ai aidé aussi à accompagner de l'ouverture, de l'accompagnement de ces bancaires. avec le franchisé, jusqu'au jour J, merchandising, etc. Donc, j'ai pu aller vers les petites choses que j'aimais, c'est-à-dire dans la mode, qui m'a toujours plu, mais moi, à travers les enfants. Parce que je trouve que c'était un monde qui était très ludique, et l'enfance, c'est spontané. Je me suis régalée. Et à la belle époque, il n'y avait pas Internet. Oui, c'est vrai, c'est vrai. On avait un lieu de vie. Moi, je faisais beaucoup d'animation, des goûters, des coloriages, profiter de l'onours qui te coule. Et j'ai animé, et mes propres salariés, puisque j'ai quand même géré plus de 100 salariés à travers mon activité personnelle.
- Speaker #0
Et vous n'avez jamais ressenti de frein par le fait d'être une femme ? On vous a fait confiance ?
- Speaker #1
Alors le banquier, quand il m'a vu arriver un peu jeune, il pensait que j'aurais acheté les parts de l'expert comptable, et je lui ai expliqué mon différent. Il a souri. J'ai eu des parents formidables, quand je l'ai appelé en disant il faut quand même pour la première fois que tu sois caution mon père a dit oui, évidemment Et c'était parti. Le plus dur, c'est toujours le premier, après c'est parti. Alors c'est vrai, une typologie qu'on n'attend pas dans le textile, et une femme. ni des appétences familiales dans autre chose, mais non, j'ai toujours été affirmée et décidée, ça me plut.
- Speaker #0
Ça vous a suffi ?
- Speaker #1
Voilà, tout à fait. Et puis j'ai appris, en fait, à mes dépens. Il ne faut pas croire que c'est une vie commercialiste que l'on a. Il y a des aléas. Il est vrai qu'ouvrir et fermer, on apprend des beaux commerciaux à le négocier, puisque j'étais en centre-ville, en centre commercial. Donc c'est vrai que j'ai une vraie proximité aujourd'hui quand j'assure des gens dans le beau commerce ou des enseignes ou des magasins puisque ça a été mon métier. Ah oui,
- Speaker #0
vous savez de quoi vous parlez effectivement. Et alors justement, comment vous faites ce changement ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Eh bien écoutez, comme je suis une femme pétillante, nouvelle vie, nouveau départ, c'est comme ça qu'on dit une rencontre avec mon ex-conjoint. Où en fait, j'avais perçu avec l'arrivée d'Internet que le métier détail allait évoluer. Ça je l'ai bien compris. Et donc du coup, je faisais déjà un petit peu agent immobilier par mon réseau et mes relations. Et puis un jour, il a un dossier, puisqu'il avait créé sa boîte sur le conseil, Audit Fiscal Social et d'Assurance, et il avait un dossier d'un prestataire qui était absent, malade, il m'a dit, oh là là, si je ne rends pas mon dossier, je vais être indemnisé beaucoup plus tard, si je peux jeter un oeil, et il en fait un peu de commissariat au compte. Et donc en effet, j'ai été dans ces fameux contrats d'assurance qui au départ sont un peu opaques, et puis j'ai essayé de comprendre, appeler le courtier avec qui il travaillait, etc. Et puis j'ai fait le tableau, puis je l'ai vendu. Donc je me suis dit, tiens là, ça me plaît, parce que évidemment quand on appelle, on n'a pas toujours les réponses qu'on attend, j'ai fait des recherches. Et je me suis dit quand même, me connaissant, moi j'aime bien maîtriser un dossier, j'ai dit là il me manque des bases d'assurance. Et donc tous les deux, nous avons décidé d'apprendre. C'était une dizaine un peu mûre à la quarantaine en disant comment apprendre l'assurance. C'est vrai que ce n'est pas le premier métier qui nous vient à l'esprit. Non,
- Speaker #0
ce n'est pas évident.
- Speaker #1
Non, ce n'est pas le premier métier auquel on pense. Et puis, en fait, nous sommes passés par la case agent général. On a été en formation, six mois à Paris ensemble. Un projet professionnel de développement tous les deux. Et on a ouvert et acheté une agence ensemble, Alliance, en tant qu'agent. Donc, on a eu une formation initiale formidable avec des gens très sympathiques. Et puis après, c'est vrai que très commercial et des clients un petit peu atypiques sur le marché de l'ETI, de l'entreprise, a fait que nous, avec une marque sur Lyon, on n'a pas pu... travailler comme on souhaitait. Et on a fait le choix de partir et de passer courtier pour avoir une offre complète à proposer à nos clients pour pouvoir rester compétitifs.
- Speaker #0
Alors courtier, ça veut dire que là, du coup, vous ne travaillez pas pour une seule marque.
- Speaker #1
Alors courtier, on est des gens indépendants et on a des mandats de courtage avec les compagnies. Donc on travaille avec l'ensemble des compagnies assureurs du marché. Et notre client, c'est le client. On est mandataire du client pour les compagnies.
- Speaker #0
Mais Corinne, tout ça, c'est un peu faire tapis. C'est-à-dire que vous aviez une situation, j'imagine, une vente de boutique, etc. Vous aviez construit quelque chose. Vous remettez tout à zéro,
- Speaker #1
les compteurs à zéro.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
c'était à zéro. Oui, je pense qu'on peut dire que je suis une challengeuse. Oui, clairement. Oui parce que je suis une femme, j'ai toujours été un petit peu ressentie, alors c'est un ressenti, on peut se tromper, mais on va dire j'ai ressenti le besoin intellectuellement aussi de revenir sur une formation. Quand on est entrepreneur seul quand même, même si on pilote son entreprise, on est seul, même si on est prestataire. Et de toute façon, le marché de détail pour moi n'avait pas la finalité que je tenais. Je pense qu'il fallait pour moi être fabricant, même si sur certaines boutiques j'étais ce qu'on appelle affiliée. J'avais fait le tour, je pense, du métier, de la création, le développement. Et donc j'avais besoin de challenge. Et ce challenge a été évident pour moi. Pourquoi ? Parce que ça allie les chiffres, mon métier aujourd'hui, du commerce, et surtout quelque chose qui me tient à cœur, de valeur de ma maman, c'est qu'on a un vrai sens dans notre métier, c'est de l'entraide. Quand on établit un contrat et qu'on fait des conseils judicieux, on protège les gens. Et là, mon métier a tout du sens. Parce que quand je vois des clients contents... Pour qui on a mis la garantie, ou qu'on a insisté par exemple d'avoir une prévoyance qu'il est malade trois semaines après, et que grâce à nous, il peut faire suivre sa famille, comme aux femmes, je me dis que ça a du sens. Je me prends pour patron des urgences des fois. Où on a des problématiques et on trouve des solutions. Oui,
- Speaker #0
parce que le métier de courtier, j'entends que c'est quand même une étape encore supplémentaire, parce que c'est vous qui avez plus la main. Sur les propositions que vous pouvez faire, il faut vraiment très bien connaître finement ce qui est possible à faire dans le champ des agents.
- Speaker #1
J'allais dire qu'en effet, pour moi, la fonction d'apprendre par une compagnie le métier, il est vrai qu'après, ça demande de la subtilité. Ça demande d'avoir d'abord des partenaires avec qui on échange et on a la solution produite. Il faut connaître comment les souscrire, comment les appeler, former son personnel. Donc c'est vrai que ça demande du peps et ça demande, c'est un métier de chiffre, donc ça me correspond à 100%.
- Speaker #0
Mais c'est accessible parce qu'on a l'impression, à vous écouter, comme ça vous êtes passés d'un truc à l'autre, parce qu'il faut pouvoir se remettre dans les études et les réapprentissages.
- Speaker #1
Alors voilà, j'allais dire que c'est vrai que...
- Speaker #0
Il y a beaucoup de choses juridiques là dans ce que tu as fait.
- Speaker #1
C'est de l'assurance, ça reste du droit. En effet, c'est des formations initiales que j'ai prises après, mais qu'on peut faire à tout moment. Se challenger, ça c'est très personnel. C'est vrai que c'est un métier, au départ, il y a des formations scolaires que sur l'assurance. C'est un métier en transversalité banque-assurance. Moi, j'ai fait le choix de faire que de l'assurance. D'accord. Pas l'aspect financier. Tout simplement parce qu'il y a trois grandes familles dans notre métier et que déjà, au quotidien, on apprend. Donc, c'est vrai que ce n'est pas toujours simple, mais il y a des formations. C'est facile après.
- Speaker #0
Et alors, vous vous installez comme courtier. Je ne sais pas si on dit ça comme ça. Oui, c'est ça. Là, donc ça fait combien de temps que vous êtes installée comme coursier ?
- Speaker #1
Alors c'est amusant parce qu'aujourd'hui ça fait 10 ans. Ça fait 10 ans, c'est un chiffre rond, c'est une grande année pour moi. Plusieurs choses, 10 ans donc installée. L'année dernière, donc mon conjoint a fait le choix de faire une autre activité. Donc du coup, c'est amusant parce que j'ai aussi une notion de transmission. Ouais. J'ai ma fille qui travaille avec moi depuis 10 ans, qui a fait des études de commerce et d'assurance évidemment. Et donc, j'ai profité de cette opportunité pour avec elle, racheter les parts. Et me voilà repartie dans un challenge maintenant de transmission avec ma fille.
- Speaker #0
Mais je crois que vous êtes partie à nouveau de zéro dans cette histoire de courtage.
- Speaker #1
Alors en effet la particularité c'est que nous on est partie de zéro en effet que par la recommandation de Vivier qu'on a tissé depuis 30 ans par travers nos métiers. Et au quotidien je travaille avec justement des couvertes de clients que l'on me recommande et que je vais chercher.
- Speaker #0
Oui, et puis vous avez grossi,
- Speaker #1
vous avez mis en place une équipe. Oui, on démarre au départ, on est tout seul. J'ai en grossi et aujourd'hui, on est dix. Voilà, et je viens d'agrandir mon cabinet Place Bettecourt. Voilà, parce que je trouvais que c'était bien aussi d'aller, d'avoir la proximité avec nos clients sur une formule un peu différente, sur ce cabinet de Lyon. Au bout,
- Speaker #0
dès que vous touchez quelque chose, ça se transforme bien.
- Speaker #1
Écoutez, moi, je suis passionnée. J'aime bien recevoir mes clients correctement. On a un métier aussi où on se... Je l'avais dans les entreprises, qu'on fait des visites de risque, évidemment. Et de temps en temps aussi, j'aime bien aussi les enlever de leur outil de travail, de les faire venir. J'ai fait une pièce réceptive au cabinet où entre 10 et 20 clients, je les invite soit format midi, soit le soir pour découvrir des choses de la RC dirigeant. de la retraite, des éléments qu'ils ont envie. Et comme ça, avec plusieurs clients d'issues différentes, il y a un vrai partage, un vrai échange derrière. Les enlever un peu de leur quotidien pour qu'eux aussi, ils aient quelques pistes de réflexion, que ça leur permette aussi de travailler avec leur expert comptable et avocat. Puisque nous, moi, je m'estime à quatrième roue d'une voiture. Un entrepreneur, il avance avec son banquier, son expert comptable et son avocat. Mais nous, les assureurs, souvent, on pense à nous à la fin. Alors, plutôt, on est précurseur. J'ai encore un exemple, plus tard qu'hier, un client me dit ça y est, je change de statut. J'ai dit oui, vous ne m'avez pas prévenu, il me dit non. J'ai dit vous avez oublié que vous avez eu un gros problème de santé il y a 4 ans et que maintenant que vous passez travailleur non salarié, je n'aurai pas de prévoyance pour vous assurer, il vaut mieux rester salarié. Donc voilà, en fait on doit être dans la boucle d'échange. Vraiment, pas nous attendre pour le sinistre, on est là pour devancer la prévention, que ce soit à la fois personnel, médical, santé, les accompagner sur des risques de produits. Voilà, on doit vraiment être acteur avec nos clients. Et donc là, quand je les enlève quelques temps de leur outil de travail, ils sont un peu réceptifs, ils se posent. Et c'est vrai que c'est des sujets, ça doit de l'abri de machine, enfin, il y a énormément de choses. Et j'essaye avec appétence de trouver les bons thèmes qui intéressent mes clients. Mais toujours pour les attirer, parce qu'avec quelque chose de sympa, qui me caractérise, beaucoup d'épicure. Donc, j'invite aussi du coup des clients qui sont viticulteurs ou restaurateurs. Donc, il y a un moment aussi de convivialité. Et du coup, ça tisse des liens. Et connaître ses clients, c'est connaître leur vie, leur vie familiale, puisque nous, vous voyez, on discute avec les gens, mais on a toujours des perspectives. Par exemple, un client va vous dire, Ah, ça va être super cet été, j'ai fait ma piscine. Bon, sans rien dire, je vais faire un petit mail à mes salariés en disant, Pensez bien à rajouter dans son habitation. Il y a des choses dans la vie courante où on doit participer, si vous voulez, parce que ce n'est pas toujours automatique. Je vais appeler mon assureur. Non, c'est clair. Y compris au niveau entreprise, une croissance, une transmission, des rachats. On doit être un peu plus précurseur de devancer.
- Speaker #0
Mais alors Corinne, pourquoi il n'y a pas de femmes dans ce métier ?
- Speaker #1
Alors pourquoi il n'y a pas de femmes ? Je pense personnellement que c'est un métier aussi qui se veut le mot commerce. Et les femmes, quand on arrive dans un créneau d'âge où on pourrait être susceptible finalement plus jeune de s'installer en tant que courtier, il y a beaucoup de femmes collaboratrices. Mais en fait, la vie familiale, on doit faire des choix. Voilà, pertinent. Et qu'une vie familiale ne permet pas toujours d'être libre, je veux dire, le soir et en journée. C'est quand même beaucoup de déplacements, suivant les thèmes qu'on choisit, puisque l'assurance, c'est quand même trois métiers. Il n'empêche qu'il y a des déplacements. Trouver des clients, c'est être présent dans des réseaux animés. Donc, ça veut dire une vie familiale pour laquelle il faut faire des choix. Et ce n'est pas toujours possible pour certaines qui ne prennent pas le coche. Et voilà ce que j'en dirais Ensuite, c'est vrai que c'est un métier Le courtage plus compliqué au départ Peut-être qu'on n'a pas encouragé Les femmes à s'installer en disant c'est compliqué Alors que je veux dire, on est tout à fait capable De l'exercer, c'est mon ressenti Mais je pense que c'est plus un créneau maternel De 25 à 35 ans Où les femmes se posent des fois Mettent en priorité leur vie familiale Et ne vont pas sur la partie commerciale
- Speaker #0
Oui mais finalement vous êtes l'illustration Qu'on peut le faire plus tard Donc on peut le faire Enfin, c'est pas pour ne pas faire un moment qu'on ne peut pas le faire un moment.
- Speaker #1
Ah mais moi d'ailleurs, je suis engagée auprès du syndicat des courtiers et puis sur une nouvelle association dont on va parler et à la disposition pour aider éventuellement des personnes qui n'osent pas. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'avec des consoeurs de mon syndicat, on a monté l'année dernière l'association Les Ailes du Courtage pour justement, la thématique c'est vraiment de la bienveillance. de pouvoir mutualiser des idées, d'aider à s'installer certaines personnes, de prendre le standard quand il y en a une qui est malade.
- Speaker #0
Ah, c'est de vous aider entre vous ?
- Speaker #1
Alors, entre nous, courtiers, et on rencontre à travers nos réunions aussi, des fois, des personnes qui hésitent à s'installer. Donc, on va un petit peu simplifier les accès, parce que c'est vraiment un parcours avec des méandres. Ce n'est pas assez simple, c'est un métier très réglementé aussi, qu'il faut connaître. Donc, on essaye un petit peu de l'accessibilité, en fait, d'aller plus vite, voilà, pour les aider. Et on permet aussi de faire des réunions sur des thématiques, peut-être qu'on ne ferait pas quand c'est mix, parce qu'on n'est pas du tout féministes, au contraire, mais des sujets, par exemple, on a été accueillis par Nathalie Chaise, un atelier de colométrie, parce qu'on trouvait que c'était important, la présentation, sentir bien dans ses vêtements, comment s'habiller, des petits thèmes qu'on n'aurait peut-être pas fait, qu'on fait en général des formations que réglementaires ou que professionnelles.
- Speaker #0
Vous, Général Presseau, vous prenez quand même plaisir à avoir beaucoup de mandats. dans d'autres organisations, qu'elles soient paraprofessionnelles ou autres.
- Speaker #1
Alors d'abord,
- Speaker #0
comment vous trouvez le temps de faire tout ça ? Vous ne dormez pas beaucoup ?
- Speaker #1
Alors, je ne sais pas que je ne dorme pas beaucoup. Oui, c'est vrai que ça a toujours été ancré dans ma vie. En ayant même des magasins, j'ai toujours participé, j'allais dire, à l'animation de... des centres commerciaux où j'étais, etc. pour apprendre et rencontrer des gens. En fait, j'ai un tempérament, j'ai toujours été très curieuse. Je me nourris du vécu des autres, déjà d'une part. Et je trouve normal, avec le parcours que j'ai eu, d'aller aider et transmettre. Parce que moi, on ne m'a pas aidée, justement. Donc, il ne faut pas croire, ça n'a pas été un parcours simple. Et je trouve que ça permet à d'autres de ne pas avoir les mêmes erreurs. Donc, si je peux aider, je le fais. C'est un choix personnel à travers mes lectures, mes voyages. C'est vrai que mon emploi du temps a toujours été très passionnant.
- Speaker #0
Oui, mais finalement, vous avez organisé votre vie avec ça. Ça fait partie de votre vie. Oui,
- Speaker #1
tout à fait.
- Speaker #0
C'est ce qui ne vous empêche pas d'avoir une vie familiale et d'avoir aussi vos activités.
- Speaker #1
Non, non, voilà, moi, ça fait partie de mon métier et de ce que j'ai installé. Je l'ai toujours fait, depuis que j'ai 25 ans. Dès que j'ai été entrepreneuse, en fait, j'ai trouvé logique de fédérer, de réunir. J'ai créé des associations de commerçants parce que tout seul... De toute façon, il y a un mot qu'on adore dire, tout seul, on va plus vite, mais... On va ensemble, on va plus loin. Voilà, donc c'est mutualiser des coûts pour faire des belles actions. Et puis je trouve qu'il y a une intelligence collective aussi, qu'on se nourrit dans différents réseaux, et qui est aujourd'hui vitale. Un entrepreneur ne peut pas rester seul. Je pense que c'est une erreur. Et c'est, on se grandit, on progresse aussi, et puis ça donne des idées, voilà, de rebondir.
- Speaker #0
Quel conseil, justement, vous donneriez aux femmes qui nous écoutent et qui ont envie peut-être d'aller et qui se disent, bah tiens, c'est vrai, c'est des métiers... Qui m'intéresse ? Je suis bonne en maths.
- Speaker #1
Il n'y a pas que les maths non plus, mais c'est vrai, c'est un métier qui mérite d'être découvert. Moi, je ne peux que les inviter à me contacter s'ils veulent faire un stage, l'initiation de venir dans ce parcours. Moi, je trouve que c'est important et c'est très intéressant. Parce que franchement, des gens bien assurés, on est serein. Et ça a vraiment du sens dans notre métier, au-delà de faire un contrat d'assurance. Donc, je ne peux qu'inviter ces dames à oser, à venir voir, à être curieuses. Parce que c'est vrai que ce n'est pas le premier métier auquel on pense. Moi, je suis un peu ambassadrice dans les associations 100 000 entrepreneurs aussi, auprès de nos étudiants, parce que nous aussi, pour recruter, on a du mal à trouver des collaborateurs. Donc, venez oser. Je pense que dans la vie, il faut oser. Il ne faut pas avoir de regrets. Le regret, c'est quoi ? Éventuellement d'avoir bâti quelque chose et d'échouer, mais d'un échec, on se renourrit. Donc, il n'y a jamais d'échec, il faut oser. Il faut vivre ses passions et essayer.
- Speaker #0
C'est des métiers qui sont accessibles, il y a du boulot, il y a une progression salariale ?
- Speaker #1
Alors, il y a du travail, oui, parce qu'on n'en trouve pas, des gens qualifiés, justement. Il y a des formations spécifiques, oui. On a la chance d'avoir des organismes spécifiques. Par le biais d'alternance, par d'autres biais aussi. Donc il y a des gros débouchés aujourd'hui, oui, je le dis aux jeunes, on cherche des collaborateurs, on ne le trouve pas.
- Speaker #0
Et alors Corinne, dernière question de l'émission, si vous aviez une baguette magique, vous feriez quoi pour que les femmes soient plus présentes dans l'espace public, dans le débat public ?
- Speaker #1
Alors plus de présentes dans le débat public, moi je dirais que j'ai pas encore vu une femme présidente de la République, tiens, ça ce serait chouette !
- Speaker #0
Ce serait ça une mesure qui vous pensait que ça changerait un petit peu les choses ?
- Speaker #1
Alors oui, je pense que l'arrivée d'une femme présidente amènerait pas mal de choses, puisqu'en fait on n'a pas le même besoin de pouvoir que les hommes si vous voulez. On est... On fait plusieurs vies, plusieurs journées, il me semble, dans nos activités, et que ça amènerait justement autre chose. Voilà, moi c'est vrai que j'ai un exemple qui m'inspire beaucoup. J'ai été très passionnée par le film et l'histoire de Simone Veil. On a eu la chance d'avoir cette femme, dont je peux dire qu'à ses dames, de continuer le parcours, ce qu'elle a fait, et de ne pas se sentir, je ne vais pas y arriver. Si, vous allez y arriver, quand on veut, on peut. Alors avec des... une approche un petit peu différente, mais de se faire aider. On a la chance aujourd'hui, il y a beaucoup d'organismes et pour tout ce qui est création d'entreprise, les CCI sont là. Il y a beaucoup d'organismes qu'il n'y avait pas à notre époque. Et puis, il faut essayer. On a Internet, on a des associations. Il faut oser, parce qu'il faut vivre son rêve, c'est important.
- Speaker #0
Sur ces belles paroles, on va vous souhaiter une bonne semaine à toutes les Lyonnes qui nous écoutent. Et puis, on va se donner rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain Café des Lyonnes.
- Speaker #1
Bonne semaine. Bonne semaine à bientôt.