- Speaker #0
Bonjour et bienvenue à ce nouveau Café des Lyonnes. Bonjour Fabienne.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors je me présente Fabienne Lévy qui m'accompagne ce matin. Fabienne Lévy,
- Speaker #1
vous êtes une personnalité publique de la vie politique locale lyonnaise et même régionale.
- Speaker #0
On va en parler tout au long de cette émission. On est accueillis dans les merveilleux salons de l'intercontinental Hôtel Dieu ce matin. Fabienne, je suis très contente de vous recevoir parce que moi j'ai un peu suivi votre évolution. Bonjour. et vos prises de parole dans le débat public, puisque vous êtes une femme, je pense, très engagée. Mais justement, j'aimerais que vous répondiez vous-même à cette question. C'est quoi votre définition de l'engagement ? Est-ce que vous vous sentez, vous, être une femme engagée ? Et qu'est-ce que ça veut dire pour vous, l'engagement ?
- Speaker #1
Alors, c'est une question surprenante à poser à une femme qui a l'air d'être engagée. Mais c'est une question qui force la réflexion. Je me disais l'autre jour, je suis engagée depuis très longtemps, puisque je fais partie des vieilles Lyonnes, j'ai 65 ans, presque un peu à la retraite, on va dire, et l'engagement pour moi, c'est à la fois l'idée de participer à la vie de la société, quoi qu'il arrive, alors on peut être engagée en travaillant, mais on peut être aussi engagée sans travailler, c'est-à-dire que des femmes au foyer s'engagent dans l'éducation de leurs enfants. à l'école. Moi, je me suis engagée pour l'intérêt public, dans la vie publique très jeune. Mais je pense qu'aujourd'hui, je suis aussi engagée comme une citoyenne. Et ça fait partie d'un tout. Et les femmes, souvent, alors qu'elles pensent qu'elles ne sont pas engagées, sont engagées sans le savoir. Un peu comme ce Jourdain qui fait de la poésie sans le savoir, des vers. Les femmes s'engagent tous les jours, dès qu'elles font, dès qu'elles réalisent quelque chose dans la sphère privée ou publique. Aller tous les jours à l'école chercher ses enfants, créer une entreprise, aider les autres, ça fait partie de l'engagement. Donc oui, moi je suis une femme engagée avec une vie un peu différente chaque jour. Tout au long de ma vie, ça a été un peu ça.
- Speaker #0
Mais alors, il se traduit comment précisément cet engagement dans votre vie ?
- Speaker #1
À l'époque, puisque j'ai arrêté, je ne sais pas si vous allez me poser cette question, j'ai arrêté d'être élue il y a deux ans. J'étais élue à la région auprès de Laurent Wauquiez et il y a quatre ans à la mairie de Lyon. Pour des raisons d'ailleurs très personnelles, je n'avais plus le temps d'organiser ma vie familiale, m'occuper de ma maman. Et... et avoir des mandats.
- Speaker #0
Oui, mais justement, parce que l'engagement, ce n'est pas uniquement l'engagement dans la vie publique. Là, vous parlez de votre maman, mais ça veut dire que cet engagement, il se traduit un petit peu dans toutes les sphères de sa vie.
- Speaker #1
Toutes les sphères de ma vie ou de sa vie, mais je voudrais dire à toutes les Lyonnes qui ont envie, puisque moi, finalement, j'ai fait 25 ans de politique, ça a quand même... Avant, j'étais enseignante à l'université, donc ça a quand même pris beaucoup de mon temps. L'engagement politique nécessite beaucoup de sacrifices. À tous les niveaux, qu'on soit une simple adjointe, une simple conseillère, municipale, régionale, départementale, ça implique ça. Mais ça implique aussi, et c'est un peu le problème des femmes, on est toujours divisé entre les charges de son engagement public, pour ma part c'était ça, de son engagement sociétal, social, et puis son engagement familial, qu'on le veuille ou non. C'est aujourd'hui comme ça.
- Speaker #0
Mais alors pourquoi c'est important de s'engager ?
- Speaker #1
C'est important de s'engager, notamment quand on est une femme, parce qu'il ne faut jamais laisser la place vide. On le voit dès qu'on laisse la place vide, sans remettre la guerre entre les hommes et les femmes qui n'existent pas, parce qu'on est chacun une partie de l'humanité, le moite-moite. C'est important pour les femmes. les jeunes filles de se sentir dans la société, dans la vie et pas en être exclues au prétexte qu'on ne pense pas pareil, qu'on n'agit pas pareil, qu'on est différente. On n'est pas si différente que ça des hommes non plus. On y reviendra peut-être quand on voit ce qui se passe aujourd'hui dans le monde et comment les femmes souffrent et comment certaines femmes les font souffrir aussi. On n'est pas dans l'angélisme. Donc voilà, c'est un peu ça, moi.
- Speaker #0
Mais alors justement, votre regard, aujourd'hui, vous trouvez en France, parce qu'il y a d'autres sujets, est-ce qu'en France, les femmes, vous trouvez qu'elles sont suffisamment engagées dans le débat public, au sens de la société, en général ?
- Speaker #1
Moi, je trouve qu'en France, on fait... partie d'un des rares pays européens où on a quand même beaucoup de femmes dans toutes les instances locales. Vraiment, pour avoir pas mal rencontré d'autres élus en Europe, et puis on voit toujours que la face brillante de l'iceberg, il y a quand même en France, grâce à la loi sur la parité, on peut être d'accord ou pas, ça a permis juste... que les femmes s'engagent en politique. Je crois qu'en France, oui, elles s'engagent. On le voit dans les mairies, il y a beaucoup de maires, il y a beaucoup de conseillères municipales, il y a beaucoup dans les départements, il y a une parité obligatoire. Quand on soit dans les régions, moi j'ai commencé, il n'y avait pas la parité. Alors évidemment, le rouge, le vert, le brillant, ça n'existait pas. Maintenant... C'est presque quelque chose de normal. On en est encore loin, sans doute, avec les députés et les sénateurs. Mais peu importe, elles s'engagent. Et puis on le voit, elles s'engagent dans la vie économique. Combien de femmes sont aujourd'hui chefs d'entreprise, commerçantes, start-upeuses ? Elles sont dans la nouvelle économie. Elles sont dans la création. Et puis les Jeux Olympiques nous ont montré que l'inclusion c'était possible, qu'on pouvait à un moment donné montrer que les femmes elles étaient là. Alors on a vu que certaines délégations, en revanche ça, on en est encore loin. Moi c'est un peu mon souci pour les prochaines années, mon engagement pour les prochaines années, c'est comment on peut résoudre ce problème au-delà de notre idée franco-française. Mais moi je pense que les femmes sont bien. Après, il y a plein de choses qui ne vont pas, on est d'accord, mais elles sont quand même visibles. Alors,
- Speaker #0
on va revenir sur votre parcours. Mais d'abord, Fabienne, première question, je voulais vous poser.
- Speaker #1
Très bon café.
- Speaker #0
Il est délicieux ce café. Quand vous étiez petite fille, vous vouliez faire quoi plus grande ? Est-ce que vous vouliez être femme politique ? Vous aviez quoi comme rêve ?
- Speaker #1
Moi, j'ai toujours eu un rêve, c'était celui de parler aux autres.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, ça s'est concrétisé. par l'idée de pourquoi pas devenir avocate. Je ne suis pas devenue avocate, mais j'ai collaboré pendant des années dans un cabinet d'avocats. J'ai été enseignante. Donc, quand j'étais toute petite, je me souviens, je disais à ma mère, Maman, il faut parler avec les gens. Et elle me le répète encore maintenant, elle a 48 ans. Elle me dit, Tu te souviens comme tu parlais, mais tu saoulais tout le monde. Donc, je ne parlais pas anglais à 7 ou 8 ans, mais quand je rencontrais des Anglais, je baragouinais trois mots pour leur demander,
- Speaker #0
Ah oui, vous aviez cette attention déjà aux autres.
- Speaker #1
Et puis en arrivant au lycée, puis à la fac, j'ai fait Sciences Po, le droit, enfin bon. D'accord. Je me suis tournée vers ce qui nous fait être un peu, être supérieure. J'ai peut-être choqué tous ceux qui pensent que l'animal est notre égal. On est des animaux, mais on est quand même des animaux qui parlons. Donc moi, c'est ça. Donc j'ai toujours, oui, j'ai toujours voulu. Et quand ? J'ai eu l'opportunité d'avoir un mandat avant la parité. J'ai sauté dessus.
- Speaker #0
Alors comment ça s'est passé ? Parce que ça c'est intéressant, on dit souvent les femmes, elles ne s'engagent pas en politique, elles attendent qu'on vienne les chercher, etc. Donc vous rentrez, vous faites vos études de droit, vous rentrez à Lyon, vous rentrez dans un cabinet, vous travaillez pour un cabinet d'avocats. Et qu'est-ce qui fait qu'à un moment...
- Speaker #1
Je suis enseignante à l'université catholique. Ah d'accord,
- Speaker #0
ok.
- Speaker #1
Et je rencontre Alain Mérieux. dans un colloque européen et qui me dit Ah, mais vous exprimez drôlement bien. Donc, j'étais prof. Et il me dit Ça vous intéresserait de faire de la politique. Donc, j'avais 34 ans. Et j'ai dit Donc, vous voyez ça. Et je dis Ben oui, pourquoi pas. Donc, je rentre chez moi, je dis à mon mari Je vais faire de la politique.
- Speaker #0
Mais vous n'aviez pas de... Je veux dire, vous n'êtes pas issue d'un milieu où vous étiez déjà militaire. tante,
- Speaker #1
dans un environnement ? J'avais un beau-père qui présidait l'ancienne LICRA. Alors, je me souviens plus comment ça s'appelait dans les années 90. Marie-avocat. D'accord. Non, non.
- Speaker #0
Pas spécialement. Il n'y avait pas un entourage qui vous poussait ou qui vous stimulait ?
- Speaker #1
Pas du tout. Pas du tout. Et une maman qui me disait toujours attention à la politique, il n'y a que des hommes.
- Speaker #0
C'est compliqué,
- Speaker #1
on sait pas... Donc moi c'est comme ça, il m'a dit est-ce que vous voulez faire de la politique ? D'accord. On s'est vu, comme ça, comme là, on s'est dit ouais pourquoi pas. Et puis j'ai écrit une lettre à l'époque au président de la région, qui était Charles Millon, à qui j'ai écrit une lettre en lui disant, ben voilà, j'ai envie de faire de la politique, mais au niveau universitaire. Ok. Moi mon truc c'était alors... Le truc local, j'avais zappé. J'avais zappé les embouteillages, les trottoirs sales.
- Speaker #0
Le quotidien.
- Speaker #1
Le quotidien total. En revanche, je vous disais qu'il y avait beaucoup de choses à faire. Et d'ailleurs, ça a traversé tout mon parcours politique sur les problèmes de formation, d'accès des femmes, non pas à l'emploi, mais au diplôme. Parce qu'on est dans les années 2000. La parité arrive et il n'y a que des femmes très intelligentes, très belles, qui ont elles-mêmes un mentor pour faire de la politique. Donc moi, je n'avais personne, sauf une rencontre. Et c'est comme ça que c'est arrivé.
- Speaker #0
Donc vous écrivez au président de région de l'époque et il vous répond ?
- Speaker #1
Ah oui, il me téléphone même. Non, en fait, il me téléphone au président du parti radical, parce que mon beau-père était au parti radical valoisien, bon, parti de Jean-Louis Borloo, pour faire très court. Et on lui dit, oui, on a une Lévi qui est inscrite au parti radical. Parce que je m'étais inscrite au Parti radical parce que je trouvais que c'était un parti qui militait pour la laïcité. Donc, vous voyez, tout est un petit peu lié pour l'humanisme. Et il n'y avait que des hommes. Je trouvais que c'était impressionnant. Plutôt âgé, Léon. Et j'allais de temps en temps à des réunions pour accompagner mon beau-père. Donc, je lui dis, voilà, donc il téléphone. On me rappelle. Et on me dit, mais qu'est-ce que tu veux ? Tu veux faire de la politique ? Mais ma petite, on ne fait pas ça comme ça. Ma petite, on veut pas ça comme ça. Bon,
- Speaker #0
voilà. Ça vous impressionne pas, ça ? Vous vous êtes pas du genre à vous laisser impressionner ?
- Speaker #1
Ben, vous ne l'êtes pas. Et c'est ça que je dis aux femmes. On dit souvent oser. Tout le monde dit oser. Toutes les femmes disent oser. C'est très difficile d'oser. Mais aux innocents, les mains pleines. Moi, j'écris mon petit courrier. Il arrive à la région. Il est lu. Et puis, voilà. Il n'y avait pas une omniprésence de femmes. J'avais moins de 40 ans. J'étais super diplômée. Ça devait correspondre. Donc voilà, c'est comme ça que j'ai commencé.
- Speaker #0
Et là, vous commencez par quoi ? Alors, vous êtes élue sur...
- Speaker #1
Alors, je suis élue et puis ensuite, je suis vice-présidente. On va raccourcir. Je suis vice-présidente de la formation professionnelle. D'accord. Et mon premier meeting, on me donne un discours. formation professionnelle, je ne connaissais rien, je vous le dis franchement. Ah oui, c'est ça ? Et je peux le dire d'ailleurs à toutes les femmes, arrêtez de croire que parce que vous ne connaissez rien, vous allez être mauvaise. Ok, non, c'est pas vrai. Non, si vous avez envie...
- Speaker #0
Mais vous travaillez du coup ?
- Speaker #1
Oui, mais si vous avez envie et si vous vous sentez désirante de faire quelque chose. Donc moi, on me donne la formation professionnelle. Parce que j'étais prof, parce que j'avais travaillé dans un cabinet d'avocats, donc j'avais l'air assez sérieuse dans ma fonction. Et je me retrouve devant la CGPME, enfin de l'époque, qui s'appelait CPME, El Medef, pour parler des conventions de territoire, un truc abscon. Des conventions de territoire pour les jeunes de 16 à 25 ans. D'accord. Donc j'étudie un peu en amont. Les politiques ont ça d'intéressant, c'est qu'il y a toujours une administration qui est toujours là. D'ailleurs, vous voyez bien, on n'a pas eu tout le monde, on n'a pas eu de ministre, de premier ministre, mais ça marchait quand même. Oui, oui, ça tourne. Ça tourne, bon, c'est vrai que, voilà, ça tourne. Et donc là, ça tournait, on met un discours entre les mains, auquel je ne comprends rien du tout. Je dis à la dame qui n'était pas du tout ma collaboratrice, qui dirigeait la région, au niveau des formations, je dis, c'est quoi ça ? C'est incompréhensible, votre truc-là. Je ne peux pas dire des choses comme ça. Elle me dit, si Fabienne, c'est comme ça. Je n'ai rien dit, j'ai tout raturé. Je suis allée écrire 3-4 mots qui me paraissaient être... Il y avait le préfet, il y avait toutes les huiles essentielles. J'arrivais en costume pantalon, parce qu'à l'époque je ne portais que des pantalons. Et une époque révolue où on n'allait pas en basket. Non, c'est clair. Moi, j'étais en basket. Je m'en souviens très bien de ces baskets. Plus que du discours, c'était des pumas, épouvantables maintenant, noirs, avec un petit truc jaune citron. Ils avaient un t-shirt jaune citron et un costume.
- Speaker #0
Ça veut dire quoi ? Parce qu'au-delà de l'anecdote, qu'est-ce que vous essayez de dire à ce moment-là ? Ça veut dire que vous aviez le sentiment...
- Speaker #1
J'essaye de dire que j'avais un sentiment inconscient qu'une femme pouvait... digérer et redonner aux autres quelque chose de différent quand elle avait une fonction. Et on le voit aujourd'hui, dans les femmes politiques aujourd'hui, que ce soit Elisabeth Borne ou Yael Brand-Pinet, elles ont fait, voilà.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
elles ont imposé un style aussi. Elles ont installé un style, Camilla Rizal. Je ne parle que des grandes, mais les mères d'aujourd'hui. qu'on voit à Lyon, Marie-Hélène Millet ou d'autres, Elles sont ou la mère de Oulain, elles imposent un style. Et derrière ce style, il y a la volonté très forte, je pense, de faire avancer en action les affaires. pour les femmes, c'est-à-dire moins de violence verbale, plus de respect et plus de care, le soin. Voilà, c'est ça que je veux dire. Et à l'époque, il y a 20 ans, il n'y avait pas un ministère de l'égalité.
- Speaker #0
Oui, mais ça veut dire quand même, puisque je reprends votre exemple avec vos baskets, votre t-shirt jaune, ça veut dire quand même que vous arrivez dans un environnement que vous ne connaissez pas. au style très masculin, où on fait de cadeaux à personne et encore moins aux femmes, ça ne vous impressionne pas ?
- Speaker #1
Vous ne vous dites pas je vais être jugée Non, ça ne m'impressionne pas parce que je pense qu'une femme, elle ne doit pas être impressionnée par l'extérieur, elle doit juste être impressionnée par ses enfants, son époux, son amant, son mari, sa vie intime. Mais quand elle est à l'extérieur, il faut qu'elle soit, comme quand on fait de la relaxation ou quand on médite, elle doit être droite. dans son histoire et elle doit donner la rectitude à son histoire. J'ai une grande admiration, en fait trois fois que je cite la présidente de l'Assemblée nationale, contre toute attente elle se fait réélire. Contre toute attente, elle n'a jamais dérogé de ce qu'elle pensait être du consensus à l'Assemblée nationale et du respect de certaines choses. Je pense que les femmes c'est pas d'oser qu'elles en ont besoin. Elles ont besoin de se dire, je suis comme un homme, pareil, je suis responsable ou irresponsable, mature ou immature, mais si j'ai envie de faire quelque chose, je dois passer ce cap. Voilà, il ne faut pas qu'elle soit plus... Et d'ailleurs, les femmes ne sont pas plus timides, ce n'est pas vrai.
- Speaker #0
Alors, le cap de la prise de parole, parce que vous parliez tout à l'heure du... Je reprends ce... Ben oui, mais il est important, parce que sinon, c'est un frein pour beaucoup de femmes. On arrive devant une instance, elles sont impressionnantes ces instances. Prendre la parole en public, ce n'est pas donné à tout le monde. Est-ce que ça se travaille ? Est-ce qu'on s'améliore ?
- Speaker #1
Ça se travaille. Et d'ailleurs, vous en faites partie, votre association essaye d'amener. Bien sûr. Et je parle de votre association parce que j'ai été très intéressée par cet accompagnement que font les associations de femmes, et la vôtre en particulier, sur ces formations, sur ces prises de parole en public. Parce que oui... On est encore toujours dans cette idée, j'ose pas, ma voix n'est pas placée comme il faut. Alors ça se travaille. Et puis alors après, il y a des choses rédhibitoires. Il y a des femmes qui sont extrêmement timides, mais comme des hommes. Les hommes sont aussi nuls dans leur prise de parole. On ne peut pas dire qu'il y a des tribuns aujourd'hui. Qui sont les tribuns d'aujourd'hui ? Les voix sont des hommes. Il n'y a plus... plus ces trésors avec des grandes voix qui faisaient des effets de manche. Je crois que là, il faut leur dire que l'égalité, elle est parfaite. Vous n'avez pas plus de voix ou moins de voix, sauf qu'il faut faire effectivement un travail sur soi qu'on n'a pas forcément eu dans son éducation. Ça, à l'école,
- Speaker #0
les femmes souvent s'arrêtent parce qu'elles se disent, moi, je n'ai pas assez de culture générale. Ça, je l'entends beaucoup. Elles ont un déficit et donc elles sont tout le temps en train de se dévaloriser, de se dire mais moi, je ne connais pas cet environnement, ce ne sont pas mes codes, je ne suis pas assez intelligente, je n'ai pas assez de connaissances. Vous, là, vous envoyez tout.
- Speaker #1
Mais oui, parce que l'idée de la bonne élève, l'idée de la première de la classe, il faut vraiment l'envoyer balader parce qu'autrement, on se reçoit des gifles tout le matin. Et même si on est parfaitement au courant d'un dossier. Il y aura toujours une femme ou un homme qui vous dira mais tu as trop travaillé ou on n'a rien compris. Je veux dire, on est, quand on décide de s'engager dans la sphère publique, on sait qu'on va prendre des coups, quoi qu'il arrive. Quoi qu'il aille. Mais c'est un peu comme quand on va faire de la boxe en salle ou qu'on court. On sait que physiquement, on est plus faible que les hommes. Mais j'en reviens toujours à cette idée des Jeux olympiques et cette image. Non, on est différente, on est à côté d'eux et il faut arrêter de se dire qu'on est moins bonne. Aujourd'hui, il y a plus dans les universités de femmes médecins. qui deviennent médecins que d'hommes, d'ailleurs on dit où sont les hommes. À la sortie de l'école, il y a des hommes qui poussent les poussettes, et pendant que madame va bosser, donc voilà. Après, peut-être qu'on a moins envie. On a moins envie. On a moins envie d'être devant. On fait plein d'autres choses.
- Speaker #0
On a moins aussi envie de prendre les coups. Vous parlez de ça, je suis contente que vous l'abordiez parce que vous, vous êtes une élue qui avait été reconnue pour votre franc-parler, parce que vous avez toujours dit à peu près ce que vous pensiez, en tout cas, c'est l'impression que vous avez donnée. Et d'ailleurs, parfois, ça a été horrible. En tout cas, on vous l'a reproché parce que finalement, en politique, il y a aussi une espèce d'habitude d'avoir une certaine forme. On ne dit pas toujours ce qu'on pense. Voilà, c'est peut-être d'ailleurs un problème. Mais ça, ça veut dire qu'on s'expose. S'exposer, ça veut dire qu'on fait des mécontents, qu'il y a des gens qui ne sont pas d'accord avec vous, qui l'expriment avec beaucoup de véhémence et parfois d'agressivité, de méchanceté. Est-ce que les femmes, elles sont peut-être moins préparées à ça ? Elles n'ont pas envie de...
- Speaker #1
Elles ne sont pas du tout préparées à ça. Moi, je n'étais pas du tout préparée à ça. Il y a plein de femmes qui ne sont pas préparées du tout à cette méchanceté. Mais je répète, méchanceté qui n'est pas que masculine. Parce qu'il y a des femmes qui adoptent... Il faut quand même que les femmes en soient conscientes. On n'est pas au pays des bisounours. Il y a vraiment des femmes qui sont comme les mecs, si j'ose dire, qui n'ont pas de... on te marche dessus et ça va aussi. Les femmes, dans la globalité, n'aiment pas marcher sur leurs voisins. Sauf quand vraiment on les a tellement énervées qu'elles vont marcher. Donc elles ne sont pas dans cette situation. Et puis les femmes... je pense, aiment être avec d'autres femmes quand ça va pas. Moi, franchement, dans toute ma vie politique, je n'ai rencontré que des femmes qui rencontraient un peu les mêmes histoires en moins fort quelquefois, mais avec qui on pouvait rigoler, boire un petit coup de Perrier et être ensemble. Voilà.
- Speaker #0
Et c'est comme ça que vous avez... Parce que comment, j'allais vous demander, comment vous avez réussi à vous prémunir de ça ou à vous protéger de ça ?
- Speaker #1
Ma famille, en fait. Votre famille ? C'est ma famille. J'étais très solitaire, moi, très atypique. C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais été députée ou sénatrice. D'accord. Ça va avec. C'est-à-dire qu'à un moment donné, il faut se mettre dans un rang et laisser le rang enlever la chaise, enlever la chaise jusqu'à ce que ça arrive. Moi, ça ne m'intéressait pas. Non pas d'avoir un mandat national, mais parce que moi je trouvais et je trouve que les femmes ont intérêt vraiment à dire vraiment et à faire ce qu'elles veulent vraiment faire et réaliser. L'engagement, c'est un vrai travail. C'est arriver à mettre en action un certain nombre de choses. L'égalité femmes-hommes. En 2000, ça n'existe pas, l'égalité femmes-hommes. J'arrive et je dis à la rectrice, c'était une rectrice à Grenoble, il y avait un recteur à Lyon, et je leur dis, on fait quoi pour les femmes qui ont envie de faire des maths et d'être ingénieurs ? On fait quoi ? Parce qu'à Centrale Lyon, j'ai visité, il n'y a pas de WC ni de douche pour les filles. Ah, on m'a regardée. C'était en 2000. C'est pas au... C'est à la fois hier et très, très loin. Mais finalement, c'était à la fin du XXe siècle, d'une certaine façon, et au début du XXIe. Et c'est parce que je suis une femme plus jeune, que je ne mets pas de tailleur, que je mets des pantalons et des chaussures plates, et que je trouve que c'est pas normal. Pareil, il y avait, ça je me souviens, il n'y avait pas un ministère, mais dans chaque région, il y avait une délégation aux droits des femmes qui existe toujours, mais qui est très chapeautée. Et la femme qui était là, dont j'ai oublié le nom, me disait, on va faire un grand marché de l'égalité en Auvergne, en Rhône-Alpes, à l'époque, il n'y avait pas Auvergne, et en Alpes, il n'y avait que Rhône-Alpes. Et je lui dis, alors moi, je lui dis, un marché de l'égalité, qu'est-ce que tu veux faire ? Mais si, tu sais, la formation, la santé, la... On ne parlait pas des violences. On parlait de... On vous agressait. Les agressions faites aux femmes, on ne parlait pas de harcèlement. Et pourtant, tout ça existait. On voyait qu'il y avait des problèmes dans les banlieues avec les petites écoles coraniques et des petites filles qui étaient en dehors de leurs écoles. Donc moi, j'avais visité à Vaux-en-Velin, ça m'avait choquée, déjà à l'époque, dans les années 2000, 2010 après. Et donc, j'ai dit, allons-y. Faisons un grand marché de l'égalité. On a fait venir des associations de femmes, des associations d'hommes, des associations qui militent. pour la formation, pour l'accès à la nourriture. À l'époque, il y avait aussi ça. Voilà. Donc, ce que j'aime dans l'engagement, c'est d'arriver aujourd'hui chez vous, alors que je ne suis plus qu'une ancienne femme publique, en essayant de dire aux jeunes qui vont arriver, aux jeunes femmes qui vont arriver, bougez-vous parce que ça ne va pas très bien. Ça va très bien dans la visibilité, ça va très bien dans on fume, on boit, si on n'a pas envie d'enfant, si on n'a pas envie de se marier, mais les violences augmentent. Les salaires, ça va un peu mieux, je vais me faire battre, mais il n'y a que 15% d'écart. Les femmes peuvent dire à leur mari, dis donc ce soir, moi je vais avec mes copines, je vais manger. Il y a des femmes qui refusent de partager leur vie, on ne les montre pas. Mais il y a des tas de régressions. L'avortement aux États-Unis, ici, il y a eu un flottement. On a tout respiré quand ça a été inscrit dans la Constitution. Il y a tout un tas de petits clignotants qui s'allument. Je parle beaucoup d'éducation. Je suis dans une commission, puisque je vais donner des, pas des cours, mais des petites conférences dans le cadre, je ne sais pas si on peut le dire, de la LICRA. Oui, bien sûr. De la LICRA, donc, je fais partie de la commission éducation, et hier on avait un truc sur l'antisémitisme. Donc, comment est-ce qu'on parle de l'antisémitisme ? Ça finit, je vous le fais très vite.
- Speaker #0
Ça s'est terminé, il faudrait qu'on parle de l'islam pour qu'on comprenne l'antisémitisme. Il faudrait qu'on parle de Gaza pour qu'on comprenne l'antisémitisme. Alors là, je dis stop. On est en train de parler de la France, de la République. Il va falloir qu'on trouve d'autres moyens pour ne pas se faire agresser, parce qu'on se fait agresser dans les lycées quand on vient parler de ça. Bien sûr. Et le public qui nous agresse est toujours le même. Et ce public, il a été éduqué par des filles et par des femmes. Et pas simplement par...
- Speaker #1
Ça veut dire quoi ?
- Speaker #0
On n'ose pas en parler réellement ? Si,
- Speaker #1
mais on peut se le dire. Mais en tout cas, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on a raté quelque chose et qu'il faut être encore plus vigilant ?
- Speaker #0
Ah oui, ah oui. Ah mais oui. On est à un tournant. Dans les années 2000, on était à un tournant. En 1976, on a un tournant de la crise pétrolière. En 2000, on est à un tournant de la formation professionnelle, de l'accès des femmes partout, de la parité. Aujourd'hui, en 2024, on est à un tournant d'un basculement du pouvoir des femmes, réellement. Alors, c'est vrai que les femmes qui sont dans l'économie diront, mais non, elle dit n'importe quoi, on peut bien faire comme on veut.
- Speaker #1
Moi, je donne souvent l'exemple de l'Afghanistan parce que je trouve qu'il est très illusoire. Je ne voudrais pas vous le dire. Non, mais c'est vrai parce que l'Afghanistan, c'est... De le dire.
- Speaker #0
De nous le dire.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est très perturbant. Au-delà de... drame, évidemment, et moi je pense souvent vraiment aux femmes afghanes et aux femmes iraniennes d'ailleurs, mais ce que je veux dire par là, c'est que ce basculement du jour au lendemain d'une société où finalement les femmes ont leur place, sont visibles et ont une place dans l'économie, etc., a une régression totale. Finalement, il est... Alors, bien sûr, là, c'est dans une situation particulière, mais comme l'avortement, ça veut dire qu'il y a...
- Speaker #0
Il y a des bascules incroyables qui peuvent s'opérer. Les gens qui nous disent la France, on peut la fermer, on peut fermer les frontières, on peut tout fermer, on peut s'enfermer. Mais on s'enferme avec qui ? On s'enferme avec qui ? Une jolie blonde ? Une vieille brune ? On s'enferme comment ? Il y a un moment donné, tu parles des talibans, les femmes talibanes, elles nous ont dit, elles ne peuvent plus parler dans la sphère publique. Parler. Parler, oui. Mais bon sang, mesdames, en France, vous avez peur de quoi ? Vous pouvez parler, vous pouvez voter. Si vous dites des bêtises, vous direz des bêtises. On le sait qu'on n'est plus que les autres. Les hommes et certaines femmes sont plus pronds à nous critiquer. Regardez comme on a critiqué Ségolène Royal. On n'aime ou on n'aime pas, elle a osé. Mais pourquoi est-ce qu'on la tape ainsi ? Anne-Marie Comparigny, une dame de l'ancien temps comme moi, elle a osé à un moment donné. Yael Brown-Pivet, elle a osé. Elisabeth Borne, elle a osé avec ses cheveux gris et son allure.
- Speaker #1
Donc les femmes, il faut qu'elles arrêtent de se poser des questions et il faut qu'elles y aillent.
- Speaker #0
Parce qu'il faut qu'elles regardent. Nous sommes des lumières pour ces femmes talibanes, pour ces femmes afghanes, pour ces femmes en Syrie, pour ces femmes même, je dirais, au Maroc, en Tunisie, en Algérie. Allons-y, partout. Et même pour les femmes françaises, je ne veux pas dans 20 ans avoir un voile parce qu'il se sera passé un drame. Je ne veux pas voir un prédicateur, comme on a vu dimanche dans la manifestation contre Barnier, contre le président de la République Macron, un type avec une grande barbe noire, appelé à l'intifada totale entre... la France et jusqu'en Algérie, et qu'il y avait des femmes là, il y avait des voilées, et il y avait un député de LFI, et il y avait la députée européenne, qui, au-delà du fait qu'elle est pro-palestinienne, elle prône la haine, l'antisémitisme, le racisme, la xénophobie.
- Speaker #1
Mais donc c'est bien la preuve que les femmes ne sont pas... Forcément la réponse, ça veut dire que ce que j'allais vous poser la question, est-ce que les femmes finalement elles peuvent changer ça ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Mais pas toutes, puisqu'il y en a qui sont...
- Speaker #0
Mais parce que, vous savez, tu sais très bien qu'on ne peut pas changer tout toute seule. Quand tu parles de l'engagement, moi, je me suis engagée toute seule au départ, mais j'ai cherché... Quand tu fais ton association des Lyonnes, ou quand il y a l'association de la Fondation des Femmes, ou quand il y a d'autres associations qui se mettent en marche, ou quand Rachel Kahn... dit, qui est une fille que j'aime beaucoup et qui a écrit des bouquins super, je ne sais plus comment s'appelle son dernier bouquin, mais sans faire de pub, où Sophia Aram sont des femmes qui sont sous le coup près des réseaux, mais au-delà des réseaux, derrière les réseaux, il y a des hommes, il y a des femmes, il y a des islamistes.
- Speaker #1
Précisément, on voit que ça demande beaucoup de courage aujourd'hui, une Sophia Aram, elle est sous protection policière. Simplement parce qu'elle a un discours, elle défend des valeurs et aujourd'hui elle le fait quand même au péril de sa vie.
- Speaker #0
Je ne sais plus, j'ai lu un truc sur le frérisme l'autre jour qui a été écrit par une femme qui est venue d'ailleurs à Lyon faire sa conférence, sous haute protection, ses enfants sous son protection, elle est d'origine marocaine et elle ne peut plus rentrer au Maroc. Elle va être lapidée si elle n'entre pas. Et je pense que les femmes... Alors, vraiment, dans l'engagement politique, je crois que les femmes doivent... Et dans l'engagement économique, c'est pareil. Quand une femme est chef d'entreprise et qu'elle achète du matériel à droite, à gauche, elle doit penser à ne pas acheter... Elle devrait penser à...
- Speaker #1
Tout est important, en fait. L'engagement, il est partout.
- Speaker #0
Il est partout et il est très... difficile et il moi il me fatigue je comprends bien il me fatigue tous les jours parce que je me dis on va pas y arriver on peut arriver on va pas y arriver il ya toujours un horrible mec où j'irai une horrible bonne femme qui qui est pas d'accord mais pas d'accord sur quoi on va vivre moins bien on sait qu'on va vivre moins bien déjà parce qu'il va falloir qu'on aille un petit peu peu en arrière sur l'environnement, qu'on se fatigue un peu plus à trier, qu'on achète des vêtements qui viennent de moins loin et encore l'économie après chinoise en pâtit. Bon, voilà, c'est la femme. La femme est l'avenir de l'homme. Ça, on le sait puisqu'on est toujours là quand même. Et que c'est encore nous qui mettons au monde, jusqu'à quand, je n'en sais rien, l'intelligence artificielle arrivera peut-être à faire qu'on appuiera sur un bouton et qu'il y aura un bébé. Mais voilà.
- Speaker #1
Fabienne, justement, ta mesure pour que les femmes soient plus présentes dans le débat public, l'espace public ?
- Speaker #0
Alors, c'est comme la question du début, elle est importante, mais elle me laisse un peu... Quoi ? Quoi ? Le ministère de l'égalité des femmes a mis en place 167 mesures, un plan de l'égalité, tous égaux, entre eux, je ne sais pas, 167 mesures, santé, violence, formation, je ne sais plus quelle est la quatrième mesure. Je regardais, l'autre jour, je me disais, ils les ont mis en marche ou pas ? Ben non, parce que... entre l'ancienne et la nouvelle, j'ai perdu les noms.
- Speaker #1
Ministres, oui.
- Speaker #0
Eh bien, elles n'ont pas eu envie de faire la même chose. Ah,
- Speaker #1
entre Robert Berger et celle d'avant. Et donc, ça veut dire quoi ?
- Speaker #0
Ça veut dire que moi, j'aimerais bien qu'on ne fasse pas la sauce tout le temps. On sait qu'il y a des problèmes d'accès à l'emploi. On sait qu'il y a des problèmes de violence. On sait qu'il y a des problèmes de santé. public important. On sait qu'il y a des problèmes d'éducation. Donc, à partir du moment où on sait tout ça, on dit stop. Qu'est-ce qu'on a fait ? Moi, derrière moi, je suis ministre à l'égalité. Il y a trois nanas qui ont réfléchi avant moi avec 100 000 personnes. On applique, on déroule. On déroule les 167 mesures. 167 mesures, ce n'est pas 10 mesures. Jusqu'en 2027.
- Speaker #1
Effectivement, un petit peu. Il faut qu'il y ait une feuille de route, c'est ce que tu veux nous dire. Oui,
- Speaker #0
si j'ai... oui si j'étais honnête je dirais que ça serait mon premier discours de dire attendez les filles attendez les garçons on les a les mesures que je vous promets On va les mettre en action dans les quatre thèmes et je vais diviser ça sur les territoires. Parce que les régions ont une politique de l'égalité. J'ai essayé de mettre en marche ça avant de partir. Les départements en ont une. L'inclusion peut être dans le sport. On le voit avec les JO. J'étais très marquée par les JO. Je trouvais que c'était vraiment... effectivement une concorde qu'on ne doit pas oublier. Et nous, les femmes, on doit, on doit. Il n'y a pas il faut qu'on, on doit être responsable pour le futur de nos filles, de notre petite fille, sans oublier le monde extérieur. Tu l'as dit, toutes ces femmes sous le joug, violentes. de tous ces hommes.
- Speaker #1
Eh bien, écoutez, avec tout ça, je crois que...
- Speaker #0
Non,
- Speaker #1
non, mais c'est... On a un cours philosophique ce matin au Café des Lyonnes.
- Speaker #0
Parce que, tu sais, on a besoin de philosophie, on a besoin de comprendre d'où l'on vient pour aller... Donc, je dis, les filles, vous n'êtes pas plus sottes, vous avez fait des études ou vous n'avez pas fait d'études, mais vous avez quelque chose en vous. qui ne demande qu'à être libéré, libérez-le. N'ayez pas osé.
- Speaker #1
Ça interdit pas de réfléchir.
- Speaker #0
Oui, sauf si vous avez envie, parce que ce n'est pas le tout d'oser.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Il faut avoir la réelle envie d'entrer en responsabilité dans la société. Mais on y est là, dans cette salle, on est déjà, même si on ne fait rien, on est déjà tout.
- Speaker #1
Exactement. En tous les cas, j'espère qu'on aura semé chez vous l'envie. de vous impliquer, de vous engager. Merci beaucoup, Fabienne, d'être venue partager ce Café des Lyonnes ce matin avec nous.
- Speaker #0
Bien sucré.
- Speaker #1
Bien sucré et bien serré. Et en tout cas, moi, je vous donne rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain Café des Lyonnes.
- Speaker #0
Bonne semaine à tous.