Speaker #0Bonjour chers auditeurs, chères auditrices et bienvenue dans l'Ethanol c'est pour les bagnoles, un podcast où on va parler d'alcoolémie. Retrouvez-moi sur toutes les plateformes de streaming comme Spotify, Deezer, Apple Podcast, YouTube. Parlons-en ici et maintenant. Bonjour et bienvenue dans ce podcast, je m'appelle Axel. Je suis un ancien alcoolique et aujourd'hui je ne touche plus une seule goutte d'alcool. De nature très joviale, toujours dans la bonne humeur, j'ai envie de partager mon parcours dans ce podcast, ainsi vous aider à casser les préjugés et de mettre en lumière cette maladie passée parfois sous silence. Un vrai fléau dans notre société. Une addiction qui peut briser votre couple ou carrément vous ruiner. C'est exactement ce qui s'est passé pour moi. Vous êtes prêts ? Alors c'est parti ! Bienvenue dans ce 19ème épisode qui s'intitule Champagne. moustiques et peur d'aimer. À ce moment-là, dans l'épisode précédent, je disais que j'ai eu un flash, un mot qui m'est venu, un mot à la fois positif et négatif, voire un peu chiant en fait. Ce mot, c'est couple. Pour moi, tout allait super vite. Alors ouais, je suis super heureux et en même temps terrifié, parce que quelque part, avec tout ce qui s'est produit auparavant, tous les rebondissements et le fait que j'ai toujours navigué en solo, cette fois, la bulle s'élargit. J'étais complètement paumé. « Je veux être le petit copain parfait ! » Mais j'ai pas les codes pour ça. J'ai jamais vraiment connu de moments de tendresse, ni appris à faire des compromis, parce que jusque-là, j'ai toujours vécu seul, hormis mon meilleur ami R, Régis. Alors en fermant les yeux, pendant ce flash, je me suis dit « Bon, allez Axel, on verra bien où cette relation mènera, après tout. Et puis, à 24 ans, tu as quand même bien le droit de toucher un peu à ce bonheur. » Même si franchement, j'avais peur. Je me suis senti oppressé, une sensation bizarre, un peu étouffante. Bref. À ce moment-là, j'ai fait plus ample connaissance avec les beaux-parents, qui sont ouvriers viticoles dans le Champagne. Autant dire qu'ils sont super fiers de leur vigne et que les discussions tournaient presque uniquement autour du Champagne. En gros, j'étais un peu l'éponge qui prenait tout dans la gueule, tous les avantages et tous les inconvénients du métier. C'est mal payé, ils bossent dehors... C'est physique, les tâches sont répétitives, il y a peu de reconnaissance. Bref, on sent bien qu'ils bossent par nécessité et pas par passion. Je voulais en dire autant sur mon métier de carrossier qui est très contraignant. Mais bon, c'est une passion et un choix perso. Et pourtant, à quoi ça sert de se plaindre dans toutes les discussions ? J'avais l'impression qu'ils étaient contents que quelqu'un les écoute tout simplement. J'essayais de changer un peu les sujets, de varier un peu les discussions. Et on m'écoutait à peine. Je voyais bien qu'on me prenait un peu de haut même. Moi, le petit gamin qui était à l'époque, et surtout avec ma situation. Je voyais bien que dans leurs yeux, ils se disaient, de quoi il se plaint lui ? Il a l'air de bien gagner sa vie avec sa grosse voiture qui se paye. C'était ça que j'ai vu dans leurs yeux. Et oui, c'est vrai, en général, en Belgique, les salaires sont plus élevés qu'en France. Mais il ne faut pas oublier que le coût de la vie l'est aussi. Cela dit, je les écoute attentivement par politesse. et aussi par curiosité. Je comprends un peu leur mode de vie d'ailleurs. J'étais content d'élargir mes connaissances dans le domaine du champagne. Même si pour être honnête, ça me fait plus penser à de l'eau pétillante avec un goût aromatisé qu'à un truc exceptionnel. Oh, je vais m'attirer des foudres ! Je sais que pour beaucoup, le champagne c'est un produit de luxe. Cela dit, quand t'es habitué aux bières fortes, genre les stouts britanniques, les champagnes, bah finalement... Ça casse pas trois pattes à un canard. Pourtant, j'ai bu pas mal de sortes de champagne, tout en restant subjectif. Après tout, chacun ses goûts, hein. Et puis bon, il y a de l'alcool dans le champagne, donc ça m'allait très bien. Je buvais avec eux et ça m'aidait à faire passer de longues discussions pendant les repas avec les beaux-parents. Moi, j'étais surtout pressé de sortir de table et de retrouver ce sourire qui s'inscrivait sur mon visage quand j'étais seul avec Laura. Les jours passent et on profite à fond. Avec Laura, la complicité grandit de plus en plus. On commence à se créer des souvenirs, des anecdotes. Une belle histoire d'amour qui est en train de naître, d'ailleurs. Le lendemain, c'est déjà la grande journée familiale. Et ouais, le temps passe si vite. On est déjà samedi midi. Avec Laura, on est allé chercher du pain à pied. Et en revenant, toute la famille était déjà là, au grand complet. Ils m'attendaient avec impatience. Il fallait rencontrer le fameux Belge. Évidemment, les clichés sur la Belgique n'ont pas manqué. Les gens jouaient avec l'humour, bien sûr. Ils étaient très curieux de connaître le pays d'où je venais. Ça les fascine, vu de l'extérieur. Et en même temps, ils ne comprennent toujours pas pourquoi il y a autant de différences alors qu'on est pays voisin. Ils m'ont écouté attentivement et on en a rigolé. Je les ai trouvés super sympathiques, je me suis senti intégré dans la famille et ça, c'est agréable. Par politesse et aussi parce que j'ai été élevé comme ça, j'ai donné un petit coup de main en cuisine, c'est naturel pour moi. La journée s'est terminée autour d'un verre en terrasse. On aurait dit une scène de film. Alors refaire le monde, papoter, rigoler avec un faible éclairage et le chant des grillons qui accompagne cette ambiance particulière. Tu vois le genre ? Petit à petit, les moustiques nous ont dévorés. Et avec la fraîcheur et l'humidité qui s'installent, un bon pull était la bienvenue. Le lendemain, il était temps de rentrer chez moi et de me replonger dans le train-train quotidien. Cependant, on a bien compris qu'on devait s'organiser si on voulait faire grandir cette relation naissante. En y repensant, ce séjour m'a apporté bien plus que je l'aurais imaginé. J'ai appris à confronter mes peurs. Ce fameux mot couple qui me faisait tant flipper autant qu'il me faisait rêver. J'ai réalisé que le bonheur, même quand il frappe timidement à la porte, on a le droit de l'accueillir, même si on ne sait pas encore comment en faire avec. J'ai aussi appris à écouter sans juger, même quand les sujets ne me plaisent pas, et à observer ces petites différences de culture du quotidien entre la Belgique et la France, entre les métiers passion et métiers de nécessité. Et au fond, même si l'alcool fait partie de ces moments, du champagne chez les beaux-parents, du vin à table, j'ai compris que ce n'était pas l'alcool qui faisait les souvenirs. C'était les gens, les regards, les sourires, les discussions bancales, les silences parfois gênants et le moment simple passé à deux ou à plusieurs. Je repars avec le cœur un peu plus léger et surtout un peu plus de richesse d'expérience. Alors ouais, l'alcoolisme, c'est un vrai combat. Et parfois... C'est dans les endroits où on s'y attend le moins qu'on comprend pourquoi on se bat. Pour l'amour, pour la paix intérieure, pour ces petits instants où on sent qu'on avance doucement et sûrement. Merci de m'avoir écouté. La suite dans le prochain épisode qui s'intitule « Elle, moi et l'ombre dans le verre » . Un grand merci à vous d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. 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