Description
Entre 1764 et 1767, au pays de la bête, un monstre sanguinaire sème la terreur parmi les Gévaudanais et les passions dans les salons sophistiqués et poudrés de France et d’Europe. Dans cette région miséreuse et enclavée du Royaume, on meurt sous les crocs d’une créature rapidement affublée de tous les traits des grandes légendes humaines : hyène, taureau, ours, cheval, léopard, veau, loup, monstre, lion, les hommes ne savent plus vers quelle chimère se tourner pour expliquer les atrocités sanglantes de ce fléau divin auquel nul ne semble susceptible de faire rendre gorge.
Car la bête semble échapper à toute rationalité : elle se joue des chasses incessantes et des grandes battues réunissant des dizaines de milliers de personnes, elle se rit de l’armée royale et de ses dragons dépêchés par les autorités militaires du Languedoc pour la mettre à mort, elle survit aux balles qui la couchent au sol mais ne l’empêchent pas de se relever et de repartir de plus belle. Elle parcourt en un rien de temps des distances prodigieuses sur un territoire désolé. Et comment expliquer la violence et la cruauté de ses meurtres : toutes ces victimes parfois à peine dévorées, souvent décapitées et consciencieusement déshabillées…
L’Histoire de la bête va bien au-delà du simple récit des événements tragiques qui ont ensanglanté le Gévaudan de ce milieu du siècle des Lumières. Ce qui, en apparence, ne semble offrir qu’un cadre original pour un énième slasher ou un nouveau film Alien se déroulant dans la France du XVIIIe siècle, nous révèle in fine bien plus de choses sur nos peurs, nos croyances et nos obsessions humaines que sur le prédateur qui sema la terreur dans les montagnes du Gévaudan. Le film « Le Pacte des loups », de 2001, réalisé par Christophe Gans, a peut-être d’ailleurs, par inadvertance, bien illustré ce propos : la bête du Gévaudan, avant d’être une question de bête, est sans doute avant tout une affaire d’hommes.
Plongez donc avec moi dans ce récit de chasse, de violence et de fantasmes, où le sauvage n’est peut-être pas toujours là où on l’attend…
Enfin, pour le volet littéraire que j’introduis désormais dans L’Histoire Brute, nous avons au programme : Gilgamesh, Sophocle, le Coran, Rousseau, Voltaire, Camus… et bien d’autres…
00:00:00 Introduction: La France et le Gévaudan du siècle des “Lumières”
00:44:43 L’affaire de la bête du Gévaudan
03:13:50 Fantasmes et vérités: le rôle de la presse et des hommes
04:14:20 Les multiples profils d’un prédateur
05:06:46 Les prédateurs et l’Homme
05:28:17 De la colonisation
05:47:33 Conclusion
Recommandations de lecture (bibliographie non exhaustive) :
_ « Histoire de la Bête du Gévaudan : Véritable fléau de Dieu », de l’abbé Pourcher — 400 pages - 29 €
_ « Histoire du méchant loup : 3 000 attaques sur l’homme en France (XVe-XXe siècle) », de Jean-Marc Moriceau — 623 pages - 12,99 €
(À noter : tous les ouvrages de Jean-Marc Moriceau sur la question sont remarquables et méritent absolument d’être lus. Je ne cite que celui-ci car c’est sans doute celui que je retiendrais s’il ne fallait en lire qu’un.)
_ « Wolves: Behavior, Ecology, and Conservation », de L. David Mech et Luigi Boitani — 1 103 pages - 20,24 €
_ « If Anyone Builds It, Everyone Dies: Why Superhuman AI Would Kill Us », d’Eliezer Yudkowsky et Nate Soares — 232 pages - 11,99 €
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