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Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.




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Transcription
A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi,
Wilfried Delacour.
Bonjour à tous, très bonne année à vous et à vos proches, sincèrement de la part de toute l'équipe de Lyon 1ère. Que 2026 soit sympathique avec vous, nous reprenons nos bonnes habitudes du samedi 11h, enfin presque, puisque je vous propose un numéro spécial aujourd'hui, pas d'invité politique, mais trois journalistes qui suivent la politique, et pas des moindres. Le premier à avoir répondu à l'invitation, c'est Majid Kiyad. Bonjour et bienvenue sur Lyon 1ère.
Bonjour, merci de l'invitation.
Grand reporter à France Télévisions et chroniqueur dans l'émission politique L'Événement sur France 2 et Lyonnais, je le précise.
Tout à fait, de Gerland.
De Gerland. David Gossard, bonjour David.
Bonjour.
Journaliste à l'Evdemaire Tribune de Lyon qui fait sa une cette semaine sur les propositions de l'équipe Olas. Et puis, par téléphone, recherchez qui ? Bonjour.
Bonjour.
correspondant au Novernier Ronald du quotidien Le Monde. Un plateau de choix pour revenir sur les faits marquants de la politique en 2025 et surtout pour nous projeter sur les municipales de mars prochain et sur la campagne présidentielle qui débutera dans la foulée. Alors messieurs, pour commencer cette émission, j'ai envie de vous demander quel serait votre vœu le plus cher pour la politique française en 2026 ? De la stabilité, le retour du clivage droite-gauche, une classe politique adulte ? Majid ?
Un retour du clivage Ausha, je n'arrive pas à y croire. Je dois vous dire parce que c'est quand même... Bien explosé à l'Assemblée nationale, il y a tellement de groupes. La stabilité,
on va croiser les doigts pour avoir plus de stabilité.
Oui, on va en discuter, mais effectivement, 2025 n'aura pas été la plus stable sur le plan politique. David, également, un vœu ?
La stabilité, je confirme. Et de la place à la nuance aussi dans les débats et dans les discussions, parce qu'on est très clivés. Essayer de porter une parole un peu nuancée, on se fait attaquer parce que ça n'est plus accepté.
Vous sortez déjà cette tension dans la campagne, notamment locale, à Lyon ?
Oui, clairement. Là, en plus, à Lyon, on est dans, pour l'instant, un débat de bloc parce que la tension est concentrée autour du duel Ola Sarsidi d'Oussé Bernard. Ça invisibilise un peu les autres candidats, qu'ils soient de LFI, du RN, ou Nathalie Perrin-Gilbert, ou M. Kepenica. Pourtant,
j'ai l'occasion de vous recevoir, y compris dans votre hebdomadaire. Alors, revenons sur 2025. Et pour 2025, Emmanuel Macron souhaite que l'année soit celle du ressaisissement collectif. et qu'elles permettent la stabilité. Là aussi, je souris, et Magide aussi. Avec le recul, on peut dire que c'était un vœu pieux.
Ah oui, tout à fait. Ça a été très, très compliqué en 2025. Parce qu'on va quand même se souvenir, l'année a commencé avec François Bayrou à Matignon. Elle s'est terminée avec Sébastien Lecornu, qui a démissionné, qui est revenu. On va en parler,
on va revoquer tout ça, effectivement. Qu'est-ce qui ne marche pas, en fait, depuis 2024 ? Évidemment, on sait que c'est la dissolution. qui a provoqué cet éclatement sur le plan politique, et notamment à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui s'est passé pour que rien ne fonctionne, qu'aucune décision ne puisse être prise ? Les clivages, justement, David le disait, les clivages sont trop importants entre partis pour qu'on aboutisse au moindre accord ?
Ah oui, tout à fait. Moi, je le constate au quotidien à l'Assemblée nationale. Il y a des discussions entre les différents groupes, parce que tout se passe à l'Assemblée nationale aujourd'hui, et même le Premier ministre l'a bien compris.
Il n'y a pas que dans les mille cycles qu'on discute, d'ailleurs, dans les travées également, et dans les commissions.
et sur les travées ils discutent mais il y a des désaccords au fond, et les forces politiques n'arrivent pas à s'entendre. Même sur des textes finalement assez consensuels, il y a des oppositions, on l'a vu sur le budget. Le budget de la Sécurité sociale, il a été voté, ça a été très très compliqué pour Sébastien Lecornu. Le budget de l'État, le PLF, je peux déjà vous le dire, il n'y aura pas de vote.
Oui, alors effectivement, il y a des solutions, le 49.3, les ordonnances éventuellement, mais ça risque d'être là aussi très compliqué. Les premières des causes à tous les deux, c'est le morcellement de la société française, David.
Le morcellement de la société française ? J'ai l'impression que chacun a juste envie d'être convaincu de ses propres avis et effectivement de moins en moins ouvert aux autres.
Et à la concertation en tout cas.
Oui, oui.
Ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui l'Assemblée nationale, moi je prends l'exemple de l'Assemblée nationale parce que c'est là où tout se passe, elle représente finalement... La société française, vous l'avez dit, il y a un morcellement majeur, il y a plein de groupes politiques et finalement il n'y a pas de majorité. C'est le constat qu'a pu faire Emmanuel Macron lorsqu'il a dissous l'Assemblée Nationale. Il n'y a pas de majorité parce qu'il y a eu ce front républicain qui n'a pas permis très certainement au Rassemblement National d'avoir une majorité relative. Maintenant si aujourd'hui il y avait une dissolution, je pense que ça pourrait être différent.
C'est la proximité des élections municipales, puis évidemment celle de l'année prochaine, de l'élection présidentielle, qui fait que chaque parti tire la couverture à lui. Là aussi, il n'y a pas de concertation, il n'y a pas de concession. David ?
Clairement, les législatives anticipées ont rebattu les cartes. Ça a attisé les ambitions de certains, qui n'étaient pas forcément prévues. Je pense qu'à côté d'ici, à Villeurbanne, où Jean-Paul Brette, l'ancien maire, qui est allé au deuxième tour face à Gabriel Amart insoumis, a fait un score tellement proche, il s'est dit, Why not ? Et du coup, là, on le retrouve en opposition au maire sortant qui était son poulain. Et vous avez désormais une liste insoumise, séparée de la majorité. Les législatives ont tout rebattu.
Alors pour en dire sur la politique nationale, depuis deux ans, l'adoption de la loi de finances se fait au forceps. Majid en parlait. François Bayrou, pour en dire effectivement sur le début de l'année 2025, a blanché et aussi tout l'été pour finalement chuter sur le vote de confiance à l'occasion de son discours de politique générale. Finalement, à votre avis, Bayrou, c'était le bon choix ?
Je pense qu'au moment où Emmanuel Macron choisit François Bayrou, d'abord, il faut se souvenir du moment de sa nomination. Ce qu'on entend des proches du chef de l'État, c'est qu'on a un homme, François Bayrou, qui vient le matin, qui a au téléphone notamment Emmanuel Macron les jours précédents, et qui s'impose un peu, puisqu'il explique à Emmanuel Macron qu'il n'est pas nommé Premier ministre. Oui, c'est ça, c'est pas forcément le choix du président à ce moment-là. Le Modem pourrait quitter la coalition avec les autres parties du Bloc central. Donc, François Bayrou, est-ce que c'était le bon choix ? C'est sûr qu'on savait que c'était un négociateur, comme Michel Barnier. Le problème, c'est que François Bayrou... comme Michel Barnier et comme Sébastien Lecornu, se retrouvent face à une assemblée totalement fragmentée avec laquelle il faut trouver des consensus. Et c'est là la difficulté pour les premiers ministres.
Alors consensus, mais Bayrou n'a rien voulu céder, sur rien. L'histoire retiendrait qu'il a manqué de souplesse à un moment donné et qu'il a fait perdre du temps à la France ou qu'il a eu raison au contraire de garder le cap.
Je pense qu'au moment où en juillet, pour que le... Tout le monde se souvient, en juillet, il donne cette conférence de presse, je me souviens, j'y étais. Il dit qu'il faut 40 milliards d'économies. Et à ce moment-là, il fait un constat que toutes les forces politiques, quasiment toutes, font qu'il faut des économies. Le pays va mal économiquement.
Tout le monde n'était pas d'accord sur le diagnostic, pas forcément sur les solutions.
Exactement, tout le monde n'était pas d'accord sur les solutions. Et très vite, François Bayrou va s'enfermer dans la même rhétorique. C'est-à-dire que tout l'été... Souvenez-vous, tout l'été, il dit « il faut économiser 40 milliards, je ne céderai pas » . Finalement, il va au vote de confiance alors que c'est très bien qu'il n'obtiendra pas le vote de confiance. Et ce que je peux vous dire aujourd'hui, j'ai échangé justement sur François Bayrou avec un député Renaissance du Bloc Central. Lui, à l'époque, était persuadé, m'a dit « François Bayrou, il va au vote de confiance en sachant que ça ne va pas marcher. » Pourquoi ? Parce qu'il veut dire « j'ai donné le diagnostic, j'ai donné la solution, vous ne la voulez pas » . je pars et je proposerai un projet pour 2027 maintenant est-ce que François Bayrou a ses chances en 2027 ?
c'est une autre question sur laquelle on aura peut-être l'occasion de revenir plus tard est-ce qu'à votre avis le président aurait dû à ce moment-là justement nommer un premier ministre de gauche tendance LFI ou socialiste ?
non ça paraissait compliqué les socialistes et les insoumis à ce moment-là ont quelques divergences au moment de la nomination de François Bayrou Est-ce qu'ils auraient pu s'entendre sur le long terme ? Moi, personnellement, j'y crois pas. On a compris que de toute façon,
c'était pas une affaire de long terme.
Mais même sur une année, est-ce qu'ils auraient pu faire passer les textes du NFP ? Pas sûr. Est-ce que les socialistes auraient suivi le programme du NFP ?
Il a préféré Sébastien Lecornier en fin d'année. Cinq mois après cette nomination, est-ce qu'on peut dire que c'est un fin stratège ou un bon exécutant, Sébastien Lecornu ? Avec cette histoire de fausse vraie démission et renomination juste derrière.
Ce qui m'a marqué le jour de son départ, de sa démission, j'étais devant Matignon. Et on voit un cortège sortir de Matignon. Et vraiment, on était avec les camarades. Je dis les camarades parce que c'est des confrères, mais on est toujours avec eux. Et je dis, il y a un cortège qui vient de sortir. Et on a les plaques d'immatriculation et on constate que c'est le cortège de Sébastien Lecornu. Et il est 8h du matin, 8h20, on se dit oula, il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose et il va à l'Elysée en fait remettre sa démission. On l'apprend un peu plus tard, c'est la stupéfaction à ce moment-là. Moi, je ne suis pas de ceux qui pourraient dire qu'il a fait exprès de démissionner pour mettre la pression. Ça, je n'en sais rien. Une chose est sûre, c'est que c'était la première fois qu'un Premier ministre nommé met 26 jours à choisir son gouvernement. C'est dire la situation du pays quand même.
Avec une équipe qui était composée essentiellement de ministres, d'ailleurs de l'équipe précédente, François Bayrou. Là, il y a eu une erreur quelque part.
Une erreur, je ne sais pas. Je sais qu'un homme m'a fait poser beaucoup de questions. C'est Bruno Rotailleau. Parce que Bruno Rotailleau, tout le week-end avant la nomination du gouvernement, il le passe une bonne partie à Matignon, à échanger avec Sébastien Lecornu, à décider limite des ministres LR qui pourraient rejoindre ce gouvernement. et au moment de la nominisation du gouvernement, le dimanche soir, il y a ce tweet à 21h40 qui nous surprend tous. Je pense que vous, quand vous l'avez vu, vous n'avez pas compris. Et il décide de ne plus rejoindre le gouvernement. À ce moment-là, Sébastien Lecornu se dit qu'il faut repartir de zéro. Et repartir de zéro sur un casting aussi large, c'est compliqué. Et je pense que c'est l'un des éléments, en tout cas, qui l'a poussé à amener sa démission sur le bureau d'Emmanuel Macron.
Du coup, ça donne quelle santé des différents partis ? Le parti présidentiel, dans l'année qui vient, est-ce que là, ça va être compliqué pour lui quand même, même s'il y a...
Ça va être compliqué, oui. Moi, je suis pas mal le parti présidentiel. C'est le parti renaissance. C'est un peu dur de dire parti présidentiel aujourd'hui parce que Gabriel Attal s'est quand même bien démarqué d'Emmanuel Macron. Ce qu'on peut se dire aujourd'hui, c'est que ce parti présidentiel, il va être en grande difficulté si demain, il y a des élections législatives anticipées. Il pourrait y avoir beaucoup moins de députés qu'ils ont de députés aujourd'hui.
On aura l'occasion d'en reparler dans la deuxième partie de cette émission. On va retrouver donc Majid Kiyat qui est avec nous, David Gossard de Tribune de Lyon et puis Richard Chiqui qui nous rejoint également par téléphone correspondant du quotidien Le Monde dans Auvergne et Ronalp et on va parler plus local dans la deuxième partie évidemment avec les élections qui se profilent, les élections municipales. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Léon Premier avec aujourd'hui une émission spéciale journaliste avec David Gossard, journaliste hebdomadaire Tribune de Lyon, Majid Kiyad, grand reporter à France Télévisions et Richard Chetier par téléphone correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, au Rhône-Alpes. Alors messieurs, on revenait juste avant la pause sur 2025, mais on va y venir maintenant sur le plan plus local. Les candidats à la mairie de Lyon et à la métropole de Lyon se sont fait connaître. La surprise, bien sûr, c'est Jean-Michel Hollat, chef d'entreprise, ancien président de l'OL. Est-ce qu'il a tout à perdre ou a tout à gagner dans cette démarche, David ?
Il n'a pas grand-chose à perdre. Lui, à titre individuel, il a fait sa carrière. D'ailleurs, il en joue beaucoup, à juste titre, pendant la campagne.
C'est peut-être un élément marquant, évidemment, un élément important.
Ah ben, alors, ils ont commencé à faire campagne avant les fêtes, un peu tout seul, puisque les sortants préféraient attendre un peu plus tard pour se lancer. Donc, il a eu le terrain complètement ouvert pour pouvoir avancer et profiter de sa notoriété. Ils ont aussi su faire le rassemblement derrière lui. Il faut le reconnaître, il ne part pas tout seul. Il y a tout le monde derrière lui, LR et le bloc central. Donc, lui, il a tout à gagner. S'il ne gagne pas, concrètement, ce n'est pas très grave. Ce qui est plus surprenant, c'est qu'on le retrouve là. Parce qu'à l'origine, quand on a commencé à avoir des rumeurs, genre Michel Aulas pourrait, on est en train de sonder, etc. Au début, on se disait, hum. Et puis finalement, la dynamique, elle a vraiment lancé. Donc,
ça a été véritablement une surprise quand même en 1025. Et Ritter également. Est-ce qu'il a tout à perdre ou tout à gagner ?
Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec David.
Mais c'est bien.
Oui. Je pense qu'il y a quand même à perdre dans le sens où c'est un homme... un peu de challenge pour reprendre son vocabulaire d'entrepreneur, et que donc il s'est lancé un défi, et que pour lui, en termes d'image personnelle, je pense en termes de, oui, même de vie personnelle, de trajectoire personnelle, c'est un enjeu assez important. Et il aurait assez à perdre de ce point de vue-là, je crois. Il a toujours été gagnant dans ce qu'il entreprenait. Et là, ce serait quand même un mauvais coup pour lui si ça devait arriver.
Surtout qu'il a pris goût à cette bagarre-là qu'il ne connaissait pas. Il l'a reconnue dans nos colonnes la semaine dernière. Il a découvert tout un pan de la société civile, de la vie locale avec qui il n'était pas forcément connecté. Il commence à prendre goût à la bataille, à aller sur le terrain et à connaître les gens. Donc je pense qu'effectivement, comme tu le dis, il n'a rien à perdre objectivement. Mais effectivement, je pense qu'il a bien envie maintenant quand même.
En tout cas, il a déjà remporté au moins trois sondages avec 46-47% des intentions de vote dès le premier tour. Est-ce qu'il a déjà remporté au moins la bataille de l'image ?
Moi, c'est la vision plutôt parisienne. Pour le coup de Paris, lorsqu'on parle des élections municipales depuis quelques mois, Lyon vient quasiment en tête avec l'élection municipale à Paris. Pourquoi ? Parce que Jean-Michel Aulas. En termes d'image, tout de suite, tout le monde le connaît. Quelle que soit la commune dont vous venez en France, vous avez déjà vu Jean-Michel Aulas répondre à la presse après un match de l'Olympique lyonnais. Donc moi je dirais qu'en termes d'image, il a un background derrière lui qui est assez important.
Ça veut dire que les électeurs potentiels se focalisent plus sur l'image, la personnalité, que sur les propositions qui tombent, notamment dans les colonnes de la tribune de Lyon cette semaine ?
Il peut ramener dans les urnes des gens qui n'auraient pas forcément voté pour les partis sans lui. Clairement c'est un peu ça le pari de l'avoir choisi lui. Il peut amener au vote des gens qui ne votent pas.
Richard, oui.
C'est en ça où cette élection est parfaitement inédite. Une des questions qui ne s'est jamais présentée jusqu'à présent, c'est de savoir si un candidat comme Jean-Michel Aulas, qui bénéficie d'une notoriété exceptionnelle et pour l'instant de la faveur des sondages, c'est de savoir si cette notoriété se transforme en intention de vote au final. Et ça, on ne l'a jamais vraiment vécu. Donc on va voir au mois de mars ce que ça va donner. Donc je dis oui pour la notoriété, évidemment. Mais est-ce qu'en termes de vote, est-ce qu'en termes, une fois que les débats, les propositions auront été posées, est-ce que cette notoriété va résister, j'allais dire, à l'épreuve électorale ? Voilà, c'est une question qui se pose et qui était vraiment intéressante. Une des nombreuses questions intéressantes de cette élection, je trouve.
Alors justement, il y a la personnalité des candidats, évidemment, et puis les thèmes de campagne. Encore une fois, il en tombe de nombreux depuis le début de l'année. Sur quel thème ? Je pose la question à tous les trois. Les élections municipales vont-elles se jouer, que ce soit à Lyon, à Paris, à Marseille, dans les autres grandes villes françaises, selon vous ?
Ce qui est donné à l'échelle nationale, en tout cas, il y a eu des sondages. Le premier thème reste la sécurité et la lutte contre la délinquance. et parmi donc Dans le sous-thème sur la sécurité et la lutte contre la délinquance, il y a la question de la police municipale qui se pose dans de nombreuses villes en France.
Ou des polices métropolitaines. Exactement.
Et il y a aussi la propreté, la propreté de la commune. Il y a aussi l'environnement forcément qui compte. Et la santé, c'est assez surprenant parce que finalement les hôpitaux ne dépendent pas. forcément de la commune, mais c'est un thème, en tout cas, l'offre de soins.
Des propositions du côté de Grégory Doucet, notamment de créer comme ça des maisons de santé, une dizaine de maisons de santé, je crois.
Oui, tout à fait, sur la santé, sur la famille. Grégory Doucet veut vraiment concentrer sa campagne et ses propositions sur le lion du quotidien, le lion à vivre, comme il le dit. Le lion plus facile à vivre.
Touré-Magil, qui est parisien, qui voit ça de travaux, qui était prévenu à Lyon depuis un an, mais il s'est rendu compte que les lois étaient rétrécies.
Beaucoup d'embouteillages aussi.
une partie de la campagne se joue là-dessus, mais la volonté de faire campagne sur ce lion du quotidien, c'est aussi ça, c'est essayer de se démarquer de tout ce mandat où beaucoup de gens ont râlé sur les chantiers, effectivement. D'ailleurs, la métropole a mis un petit peu la pédale douce sur certains chantiers à la fin pour éviter que tout ça ne s'agglomère trop. Mais effectivement, Grégory Doucet veut rendre la vie des Lyonnais plus facile, il veut être sur le terrain, il veut être les pieds dans la vie quotidienne et sortir des étiquettes qu'on lui a collées à tort ou à raison d'idéologues écologistes.
Il y a quelque chose qui a fait polémique cette semaine, et encore une fois, à travers les publications de Tribune de Lyon, c'est la reprise de l'espace public par Jean-Michel Aulas. Plus de situations d'immigration clandestine, plus de squats. Là, ça fait polémique, et ça commence à faire polémique. Richard ?
Je nuance un peu ce que vous dites. C'est-à-dire que je parle sous contrôle de mes confrères. Il y a eu des études d'opinion récentes qui ne placent pas forcément la sécurité, en tout cas à Lyon, en tête des préoccupations. Il me semble me souvenir que le logement... et l'environnement restait quand même dans les préoccupations des Lyonnais. Je ne sais pas si mes confrères ont vu la même chose. Donc c'est sûr que ces préoccupations ont joué. La deuxième chose qu'il ne faut jamais oublier, c'est que les élections municipales, elles sont très particulières par rapport aux autres. Elles sont quand même assez déconnectées habituellement, traditionnellement, des enjeux nationaux. donc si la sécurité C'est une préoccupation nationalement partagée, oui. Mais au niveau municipal, ce n'est pas forcément automatique.
C'est quand même la préoccupation de nombreux maires, comme même ici, que ce soit celui de Villeurbanne ou de Lyon, et de nombreux candidats à la mairie de Lyon, notamment.
Oui, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il peut se jouer des choses un peu irrationnelles dans les campagnes municipales, qui tiennent à l'image des candidats, qui tiennent aussi à tout ce qui peut se passer dans les trois mois qui viennent. Et là, on peut avoir encore une fois des surprises.
Et justement, en matière de logement, Lyon a été moteur dans la politique d'encadrement des loyers. D'ailleurs, Bruno Bernard voudrait étendre le dispositif à huit autres communes que Lyon et Villeurbanne, Caluire, Oulin, Vénissieux, Saint-Géné-Laval, Brons, Saint-François, les Lyons. Là, quant à lui, au contraire, il veut désencadrer les loyers, car l'encadrement fera baisser, selon lui, l'offre et augmenter les tensions. Il y aura donc un vrai choix en mars, David ?
Exactement. Oui, Richard ? Je trouve qu'il y a un vrai... l'involution... Le point très intéressant de ces élections à Lyon, c'est vraiment des choix de société qui vont s'opérer. Et le logement, vous venez de le rappeler, c'est exactement, il l'ouvre tout à fait ça. C'est-à-dire, est-ce qu'on veut encadrer, réguler les loyers, ou est-ce qu'on veut laisser la liberté aux propriétaires ? Ça, ce sont des vrais choix de société, c'est-à-dire même des choix presque idéologiques, en tout cas des choix de réfléchis sur l'avenir d'une ville. Et cette élection, elle va polariser les camps. on va avancer je pense et donc les électeurs vont percevoir ces choix de société et là encore je pense que rien n'est effectué d'avance
Richard a raison, il y a d'autres sujets effectivement qui sont de cet acabit, notamment les transports évidemment qui vont être très clivants et qui relèvent aussi du choix de société anti-vélo, anti-voiture, on est vraiment sur ce débat là la proposition de Véronique Sarsely et Jean-Michel Aulas en début de semaine d'un nouveau tunnel sur Fourvière on est la preuve Oui, On est la preuve. Faire ou ne pas faire le projet Rive-Droite qu'a proposé Bruno Bernard, ça c'est des choix, si ce n'est de société, en tout cas des choix structurants. Et là aussi, il y aura un choix à faire pour l'un ou l'autre en marque.
Richard disait que l'environnement, ça serait un des principaux thèmes de cette campagne à Lyon. Ce n'est plus l'apanage forcément des écologistes ou alors au contraire, ça va leur donner des électeurs et des voix ?
C'est aussi très paradoxal, c'est-à-dire que les écologistes... étant un peu acculé, accusé d'être dogmatique sur ces questions-là, ils l'ont mis un peu au second plan. J'ai ressenti le vent venir. C'est ça qui est très étonnant. On va voir comment ils vont évoluer là-dessus. Mais c'est vrai que leur sujet qui les a portés au pouvoir en 2020, on s'en souvient, on s'en souvient des marques pour le climat, c'était vraiment une préoccupation majeure. Ils étaient dans ce contexte-là, ça a changé. mais est-ce que ça va revenir un thème un peu déterminant dans le vote ? On le verra, et ce n'est pas ici.
En tout cas, il y aura un vrai choix, effectivement, en mars prochain, quelle que soit la commune, en tout cas à Lyon et à Villeurbanne, et dans l'agglomération lyonnaise, ça sera vraiment un choix qui sera opéré, un choix tranché.
Je pense.
On parle souvent, on en a beaucoup parlé dans les différents candidats, ou en tout cas politiques, qu'on a pu recevoir depuis le mois de septembre. Ils se font un peu les porte-parole des commerçants, notamment. Est-ce que c'est un vrai poids, les commerçants, dans les élections locales, notamment ? Qui veut répondre ? David, peut-être ? Ou Majid ? David, la Chamine de Lyon ?
Oui, la souffrance des commerçants qui a été... Notamment dans le monde de l'économie, c'est bien entendu. Effectivement, c'est ça que j'allais dire. C'est surtout là où se sont concentrés les grands chantiers, ou en tout cas les chantiers symboliques. que les commerçants se sont beaucoup fait entendre. Donc effectivement, il y a une capacité à rassembler aussi, à se faire entendre, dont vont se saisir les équipes Jean-Michel Wallace et Véronique Sarcelli, bien sûr. Mais dans les autres communes, je ne suis pas sûr qu'en dehors de Lyon, le sujet commerce soit si important. Dans les communes un peu limitrophes, il y a aussi effectivement la santé, la proximité des services publics, la sécurité, effectivement. Le commerce, c'est très lyonnais, là, je pense. C'est ce que pense Richard.
Oui, on a une loupe, on a une focale précise quand même. On ne retrouve pas dans les autres communes. Ils partagent la vie de David avec des groupements de commerçants, des associations qui savent se faire entendre, qui expriment de vrais soucis, ça on ne peut pas le nier, politiquement orientés parfois. Mais là encore, quelle est la part électorale des commerçants dans l'électorat global à Lyon ? Il faut encore mesurer les choses, il faut faire attention entre les réseaux sociaux, le bruit un petit peu ambiant et la réalité électorale qui va s'exprimer. Il y a une petite réserve là-dessus, mais en tout cas, ça a poussé les écologistes à s'interroger un peu sur leurs méthodes, à réfléchir. Ça va encore se remettre en cause,
mais ils y réfléchissent.
Oui, et puis ça les a vraiment un peu poussés à réfléchir sur le fait de... écouter, d'écouter les gens. Il y a quand même un point de campagne qui est intéressant autour de ça.
Alors, en tout cas, il y a un nouveau mode de scrutin qui a été voté pour les élections municipales. Les électeurs vont voter pour les conseillers d'arrondissement et les conseillers municipaux. La liste arrivée en tête va bénéficier de 25% des places seulement contre 50% auparavant. C'est une bonne réforme, selon vous, et qu'est-ce qu'elle peut changer ? Est-ce que ça peut avoir une incidence sur telle ou telle liste ?
Moi, j'ai du mal à répondre. J'ai du mal à voir Quelle va être la traduction concrète Si vous voulez De cette plateforme Si l'idée c'est de donner aux mairies d'arrondissement Plus d'autonomie, plus de pouvoir Il faut quand même les moyens qui vont avec Ce n'a pas beaucoup de sens C'est aussi le risque De déconnecter la mairie centrale Puisqu'on aura un scrutin Avec une pour la mairie centrale, et dans chaque mairie annexe, comme on dit, un scrutin propre. Donc est-ce qu'il y aura une déconnexion entre ces deux niveaux de pouvoir ? J'avoue que j'ai du mal à lire la traduction concrète de tout ça, très franchement. Et je trouve que ça a été une réforme un peu précipitée et très poussée par le contexte parisien. je crois que ça a été quand même très voulu par le gouvernement autour de la candidature de Rachida Dati. Et que pour Lyon, ce qu'on oublie à Paris, c'est qu'à Lyon, il y a une troisième élection qui est celle de la métropole. Qui est très liée,
évidemment. Car encore une fois, le maire de Lyon n'a presque aucun pouvoir s'il n'a pas la majorité également à la métropole.
Exactement. Je trouve que ça fait beaucoup. C'est un peu conçu dans mon esprit pour l'instant.
On a parlé d'environnement, de déplacement, de sécurité. La culture a encore un peu une place dans le programme des candidats, David ?
On avait une réunion aujourd'hui à Tribune de Lyon, on s'est dit, parce qu'on organise un débat à la Comédie Odeon le 19, métropolitain entre Bruno Bernard et Véronique Sarcelli, ça portera sur l'attractivité économique, et on s'est posé la question, bon pour le deuxième débat il y en aura un autre, qu'est-ce qu'on va porter comme sujet, et dans la réflexion, il n'y a rien à être arrêté, mais on s'est dit, la culture a quand même, comme souvent d'ailleurs, oublié des débats pour l'instant. Les débats, on peut porter dessus.
Il faut de moyens, souvent. Il y a quelque chose qui n'est pas sur le dessus du panier du budget.
Non, c'est même le contraire. C'est plutôt eux qui ont payé pendant tout le mandat les réductions budgétaires en cascades et en ruissellement du national au local et des collectivités territoriales qui ont réduit leurs subventions. Mais il y a aussi un enjeu politico-urbanistique autour de la culture et des salles de culture dans la métropole de Lyon, entre la LTE Niguernier, la LCL RNA qui est arrivée et qui marche très bien. la volonté de Villeurbanne, puisqu'on en parlait tout à l'heure, de refaire l'Astrobal et donc d'en faire, si possible, une salle de spectacle. Donc il y a toute une chose à interroger sur le tissu culturel lyonnais, bien sûr.
Richard ?
Oui, il ne faut jamais oublier que la culture, c'est une grosse compétence de la mairie, pour le coup. C'est un de ses trois principaux budgets. Donc elle a un rôle, il y a l'orchestre et l'opéra de Lyon. Voilà, il y a des grosses institutions. C'est une lumière aussi, oui. C'est un débat très important. Et là encore, il y a des paradoxes dans le début de cette campagne. Au début, Jean-Michel Aulas a parlé culture. Il a dit que c'était quand même pour lui... Alors, c'est dans son entourage, on voit des influences qui le disent un peu dans ce sens-là, je pense. Mais il a dit que le sujet était pour lui une vraie préoccupation. Donc on va voir. dans la suite de la campagne.
Dans le document des propositions. Merci Richard, merci d'avoir été avec nous, parce que je sais que vous devez nous quitter. Merci à vous d'avoir été avec nous par téléphone. Je vous rappelle le correspondant du quotidien Le Monde dans nos verres, Néronalp. Merci, on va marquer une pause, une nouvelle pause dans cette émission. On va se retrouver dans quelques minutes après la pub avec David Gossard, qui reste, et Majid Khiat, de France Télévisions, qui reste. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère, une émission spéciale journaliste aujourd'hui avec Majid Khiat, grand reporter à France Télévisions, David Gossard, journaliste à l'hebdomadaire Tribune de Lyon, et Richard Chiqui, qui était avec nous au début de cette émission, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, Rhône-Alpes. Alors, vous le savez, dans cette émission, nous avons l'habitude de demander à notre invité principal... de choisir lui-même un invité par téléphone, mais aujourd'hui, je me réserve un petit peu ce rôle. C'est le principe de cette émission. Jeudi, nous avons commémoré les 30 ans de la mort de l'ancien président de la République, François Mitterrand. C'était le 8 janvier 1996. Que reste-t-il de François Mitterrand, de son esprit et de son action en 2026 ? Je me disais que qui de mieux pourrait en parler que Jean Glavani, ancien ministre de l'Agriculture sous Lionel Jospin, mais surtout actuel président de l'Institut François Mitterrand. et ancien chef de cabinet de François Mitterrand au Parti Socialiste, puis à l'Élysée durant tout le premier septennat. Bonjour Jean Glavani. Bonjour. Bienvenue sur Lyon Première. Cette commémoration s'accompagne de la sortie d'ailleurs d'un livre « Conversations secrètes » que vous signez aux additions Perrin. Tout d'abord, comment vous avez marqué cette date anniversaire, cette semaine ?
Juste une conversation intime, non pas secrète. Parce que si c'était secret, je déviulerais. Déviulerais quoi ? Eh bien écoutez, nous avons fait, comment dire, célébrer ce 30ème anniversaire d'abord par un pèlerinage à Ajarnac, le caveau de la famille Mitterrand, la ville natale de François Mitterrand, et là où il a été inhumé, là où se situe aussi la maison natale qui appartient à l'Institut François Mitterrand, que nous essayons de faire vivre et de s'avionner. Puis nous sommes rentrés à Paris, où nous avons déposé une autre gerbe en fin d'après-midi. avenue Frédéric Le Plec, le domicile où il était éteint, le dernier domicile de sa vie. C'est son domicile bureau, effectivement. Oui, enfin, nous sommes allés au théâtre de la Concorde, où avec la ville de Paris, nous avions organisé une représentation. théâtral, de lecture de texte de François Mitterrand lui-même, et aussi d'auteur qu'il aimait particulièrement. Il avait une représentation avec deux anciens, deux comédiens de la comédie française, et qui est mise en scène par Yvan Morane, qui est un très bon homme de théâtre, un ami de l'Institut.
C'est ça, François Mitterrand était un homme de lettres, bien sûr.
C'est d'ailleurs pourquoi l'Institut François Mitterrand, sur ma proposition, le Conseil d'administration, à décider. Il faut que de faire des cérémonies comme ça, un petit peu impersonnelles, et de fonder simplement sur le recueillement et sur des herbes de fleurs, il faut le faire bien sûr. Mais de passer toute l'année 2026 dans le cadre d'un cycle de manifestations sur ce thème, de François Mitterrand, homme de lettres, à la fois homme tout privé des lettres, d'ailleurs nous avons publié, nous allons en 2026 publier un recueil de correspondance de François Mitterrand,
à différents destinataires.
homme de l'Est, mais aussi homme d'écriture, il a écrit des livres, amoureux des bibliothèques et des livres anciens, amis des écrivains, de très nombreux écrivains qu'il fréquentait, et donc nous allons faire tout au long de l'année des manifestations, ce qui se termineront d'ailleurs par deux grandes manifestations à l'automne, l'une un colloque à la Bibliothèque Nationale de France, dans le sud de France-Amitéran, du 13ème arrondissement, un colloque sur ce thème de France-Amitéran-Andolètre, et la dernière, ou la coupole, puisque les académies... toutes les académies, dont l'Académie française nationale, recevront pour une manifestation d'hommage à Mitterrand-Lolet. Donc, ça a commencé hier par cette représentation au théâtre de la Concorde.
En ce qui vous concerne, vous avez attendu 30 ans pour écrire sur François Mitterrand. Ça laisse quand même le temps de prendre du recul, j'allais dire.
Oui, j'ai longtemps hésité à le faire, parce que toutes sont trop précipitées. Ils auraient pu m'en dissuader, mais ils m'en ont dissuadé longtemps.
Ça a faussé leur jugement à cette époque ?
Je pense que certains se sont tellement précipités que les archives sont ouvertes. Elles ne l'ont pas été pendant 25 ans. Elles le sont et on a quelques démentis qui sont désagréables pour ceux qui se sont précipités. Mais ce que je veux dire, ce n'est pas tellement le sujet, c'est que j'ai un de mes amis qui est un grand historien, qui est Jean-Noël Jadonnet, que je vois souvent et avec qui j'étais ministre dans le gouvernement de Bérégovore. Et à savoir qu'on parlait de politique et qu'on parlait de Mitterrand et que je lui disais de raconter des anecdotes ou des conversations, il me disait de manière combinatoire, écris Jean, écris Jean, écris. Et à un moment, j'ai dit, on est marre, j'ai dit, écoute, je veux bien écrire, mais je ne vais pas écrire une biographie de Mitterrand, ni écrire un essai sur Mitterrand. Des biographies m'ont eu très bonne de fait, notamment par exemple la couture ou Michel Vinoch. Et un essai, je ne suis pas un essayiste, l'objectif est neutre. Et donc, il m'a dit, non, non, et qu'est-ce que tu as vécu avec lui ? Oui, car vous avez été au plus près de François Mitterrand.
Une question de Majid Kiliat.
Bonjour, Jean Glavani. Alors, moi, je suis né en 1994. Je n'ai pas connu François Mitterrand. Selon vous, c'est quoi l'héritage politique, aujourd'hui, de François Mitterrand ?
C'est vraiment une question que je comprends complexe, mais c'est de la résumer. D'abord, il y a un héritage. politique.
C'est un peu le travail d'ailleurs de l'Institut François Mitterrand, on est bien d'accord.
Absolument. L'héritage politique, c'est celui de l'alternance. La Vème République, pendant 23 ans, elle n'avait pas connu l'alternance, et le fait que François Mitterrand, en rassemblant la gauche, c'est un fédérateur de la gauche, provoque l'alternance en 1981, c'est un événement très important dans l'histoire de la République. Ensuite, il y a les grandes conquêtes sociales de 1981, les droits des travailleurs, même la retraite à 60 ans, donc tout près à... Parlez avec vous si vous le voulez. Il y a eu des vraies grandes conquêtes sociales en 1981 qui, en matière de politique sociale, ont été un grand progrès. Le troisième domaine, c'est évidemment les droits et libertés. On dit l'abolition de la peine de mort. C'est évidemment une mesure symbolique, centrale. Mais n'oublions pas aussi l'abolition du débit d'homosexualité qui était pénalement répressif, ou bien la suppression de la Cour de sûreté de l'État, des tribunaux d'exception. Il y avait quand même un arsenal.
On va parler pour notre paroisse et notre chapelle aussi.
Voilà, la liberté des sondes absolument, la liberté des communes avec la décentralisation, la liberté des médias avec la rupture du cordon umbilical entre le gouvernement et les scènes publiques. Bref, en matière de droits et libertés, c'est quelque chose de fondamental. Je vais mettre en cadre la culture. Ça a été, François Mitterrand, c'est engagé pour la culture, pour le budget de la culture, ça a connu un doublement. Et pour une politique culturelle très ambitieuse que Jacques Lang a magnifiquement mise en scène, il y a eu un bouillonnement culturel qui a marché toute cette époque. Et puis, je dirais le dernier domaine, je peux m'arrêter, il y en a deux autres.
toute la journée.
L'Union Européenne qui était sous l'engagement et toute la vie de François Mitterrand, qui a connu des progrès considérables avec le Nothalement, le coup franco-allemand entre Mitterrand et Co, la présence de Jacques Delors à la Commission, qui ont fait faire de gros progrès à l'Union Européenne. Voilà, c'est un héritage.
Ça, c'est évidemment, Jean-Glaveni, pour nous qui sommes de... Si me concerne, en tout cas, la génération Mitterrand, contrairement à Majestic Yard, par exemple, je voudrais avoir une avis. Mais pas du tout, au contraire. Et puis d'ailleurs, il est tanné quand François Mitterrand était encore vivant. Cela étant, on connaît effectivement tout ça. Maintenant, tout à l'heure, j'ai fait le lapsus, effectivement, sur le titre du livre qui est sorti avant-hier, Conversations intimes. Donc, encore une fois, puisque vous étiez vraiment assez tout proche, et encore une fois, à son contact professionnel, du moins, ce Mitterrand intime, on le découvre à travers toutes les pages, évidemment, de votre livre. Est-ce que vous pouvez nous en déflorer, quand même, quelques anecdotes ?
C'était un homme secret, je pense à Mitterrand.
Le secret l'a entouré d'ailleurs, oui.
C'était secret pour une raison que j'analyse assez bien avec le recul, c'est qu'il était passionnément amoureux de sa liberté propre. Il ne voulait être sous l'influence de personne, il ne voulait dépendre d'aucune influence, il ne voulait dépendre pas d'un seul conseil. Il voulait être maître de son temps, de ses décisions. Il ne supportait pas les injonctions à agir, il ne supportait pas du tout le... les phrases du genre « il n'y a pas d'alternative » , ça c'est pour lui, c'est la négation non seulement de la politique, mais de sa liberté personnelle.
C'est toute la définition d'un leader, c'est ce que vous nous dites.
Je vous laisse peut-être sans doute vous être en certitude, sans s'habiter de ce propos. Il l'était assurément. Donc cette liberté personnelle, c'était quelque chose de très important. Ensuite, c'était un féru d'histoire, un homme profondément imprégné de la culture historique. Il réfléchissait toujours, à la fois dans le temps long, à la fois dans le passé, pour se trouver toutes les leçons de l'histoire des décennies, des siècles auparavant, et aussi dans le temps long pour l'avenir. Il était spécifique de ne pas raisonner au bout de son nez, mais de regarder loin devant. C'était quelque chose de très remarquable chez lui. Il était tout le temps en train de se référer à l'histoire. Je vous donne deux caractéristiques, vous pourrez en trouver d'autres. C'était un homme réservé. Personne ne tutoyait autour de lui. Les seuls qui le tutoyaient... Il avait de l'aura. ... Mais sinon, tous les gens du Parti Socialiste comme collaborateur à l'Élysée, tout le monde le bouvoyait.
Et justement, comment a-t-il vécu et géré l'annonce de sa maladie, finalement, peu de temps après avoir accédé au pouvoir ?
C'est un sujet de controverse que je comprends très bien, parce que des commentateurs ou des observateurs peuvent penser qu'il a menti aux Français, mais... Merci. J'entends ce message, j'accepte que les gens pensent cela, mais beaucoup de familles de France savent, ont connu, la situation de grands malades condamnés à mort, mais qui nient leur maladie, parce qu'ils pensent qu'ils l'ont vaincu. D'ailleurs, quand on parle du mensonge de France Américaine, on doit avoir l'honnêteté de dire que ce mensonge a pris fin quand ? Il a pris fin quand il s'est fait opérer publiquement en 92, et là, il a pris fin quand il n'a plus pu nier sa maladie. comme beaucoup de grands malades il a pris conscience que la maladie allait l'emporter et à ce moment là il l'a révélé et c'est là où l'intime est devenue publique aussi c'est là où l'intime est devenue publique également exactement
Jean Glavany, vous êtes le président, je le disais, de l'Institut François Mitterrand à Paris depuis 2022, je crois après avoir succédé à Hubert Védrine, deux fidèles de François Mitterrand. Cet institut est donc chargé de faire vivre l'esprit mitterrandien ou il a un objet plus large, encore une fois ?
Eh bien écoutez, c'est un sujet sur lequel nous réfléchissons à ce coup. Ce que j'essaye d'imprégner depuis deux ou trois ans, c'est que je ne veux pas en faire un instrument politique, partisan et encore moins sectaire. J'essaye d'en faire un centre de recherche. en histoire contemporaine, et donc encourager les chercheurs d'accumuler les articles privés, d'être un centre de ressources et de recherche. Je crois que, quoi que nous fassions les uns et les autres, en pour ou en contre, si je veux dire favorablement ou défavorablement, on rentrera tranquillement dans l'histoire, c'est le cas d'ailleurs, mais ce que je voudrais c'est faciliter le travail des jeunes chercheurs. s'intéresse à l'histoire contemporaine.
Oui, c'est ça. C'est un endroit qui est réservé uniquement aux chercheurs ou qui est ouvert également au grand public ?
Des locaux suffisants pour cela, mais il est ouvert aux chercheurs, bien sûr.
Eh bien, écoutez, merci beaucoup, Jean Glavigny. Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes le président de l'Institut François Mitterrand et on vous recevait, évidemment, à l'occasion des 30 ans du départ de François Mitterrand, nous, contrairement à Majid Khiat, qui faisons partie de la génération Mitterrand. Voilà, c'est comme ça. Merci à vous, en tout cas. Et puis, je rappellerai évidemment votre livre « Conversations intimes » aux éditions Perrin. Merci. On va terminer avec nos deux invités. Des questions de dernière minute. L'homme ou la femme politique de l'année, selon vous, 2026 ? Qui veut répondre en réfléchissant assez rapidement comme ça ? David, peut-être ?
2026.
2026, ou alors 2025 aussi, évidemment.
En 2025, Olivier Faure qui a quand même réussi à obtenir la réforme des retraites sur le budget de la sécurité sociale.
Et qui a été redésigné aussi par son parti, il n'a pas gagné forcément d'avance. L'homme ou la femme politique qui va émerger en 2026 selon vous ? A part Jean-Michel Lach ?
Sinon Rachida Dati très certainement, elle va faire l'actualité parce qu'il y a un procès qui va avoir lieu en septembre et il y a ses élections municipales en mars.
Dans tous les interlocuteurs politiques que vous avez rencontrés ces derniers mois, quel est le plus authentique selon vous ? Celui qui parle le plus vrai, finalement, j'allais dire, aux Français ou en tout cas à ses administrés ou à ses futurs électeurs, que ce soit sur le plan local ou national, évidemment.
Je ne sais pas si c'est du parler vrai, mais Bruno Bernard, malgré l'image qu'il peut avoir quand vous discutez avec lui à côté de la parole officielle, peut être quelqu'un d'assez facile à côtoyer.
Et le plus passionné parmi tous les hommes politiques, ils sont tous passionnés finalement,
quelque part. Je m'imagine qu'on voulait croiser dans les couloirs de la Commune Nationale. Passionné d'histoire, je pense à Antoine Léaumant, qui est passionné d'histoire. Après, sur la politique, très honnêtement, quelle que soit la classe politique et quel que soit le parti, les députés que je croise à l'Assemblée sont passionnés et ont envie de changer la vie des Français. Ils ont des solutions différentes, mais en tout cas, ils me donnent l'impression de croire dans leurs propositions.
Ce n'est pas que des gens qui profitent des avantages, c'est quand même des gens passionnés par ce qu'ils font et l'envie de changer les choses.
Ceux que je croise à l'Assemblée nationale, en tout cas ceux qui répondent très régulièrement aux journalistes, sont passionnés.
David, c'est votre cas aussi, évidemment. Tous ceux que vous avez rencontrés, que ce soit Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet, Bruno Bernard.
Oui, complètement. Je souscris parfaitement ce qu'il vient d'être dit. Ils sont tous à fond dans leur dossier et dans leur volonté de faire avancer, même s'ils ont des solutions très différentes. Mais je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui triche là-dedans.
On n'aura pas à faire des tréchures, au moins sur 2026. Merci à vous deux, et merci également à Richard Chiqui, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne-Rhône-Alpes, qui était avec nous par téléphone tout à l'heure. Il est d'ailleurs, je le précise, auteur de nombreux ouvrages, La Guerre des Stubes, L'Histoire vraie du gang des Lyonnais chez Talendier, Les Oubliés d'Action Directe à la Manufacture de Livres. Merci aussi à Majid Kiyat, qu'on vous retrouve sur France Avo TV, et puis dans l'émission politique L'Événement sur France 2. Il y a certainement un rendez-vous dans les jours qui viennent. Et puis, merci également à David Gossard dans Tribune de Lyon. qui n'en finit plus de recueillir les propos, comme on le disait, des candidats aux élections lyonnaises. Merci à Christian qui était une nouvelle fois aux commandes techniques de l'émission. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver ce programme en podcast et l'écouter autant de fois que vous le souhaitez, évidemment, jusqu'à plus soif. Demain, 11h, complètement toqué, à peine remis des fêtes, réunira le chef meilleur ouvrier de France, Guy Lassoset et Éric Chetail, président fondateur de Cerise et Potiron, sous le mixeur d'Odile Matéi. Je vous souhaite encore une fois une bonne année à toutes et à tous et comme d'habitude, bon samedi, bon appétit !
Vous pouvez tous les inviter politiques en podcast sur lionpremière.fr. Écoutez votre radio Lion Première en direct sur l'application Lion Première, lionpremière.fr et bien sûr à Lion sur 90.2 FM et en DAB+.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi,
Wilfried Delacour.
Bonjour à tous, très bonne année à vous et à vos proches, sincèrement de la part de toute l'équipe de Lyon 1ère. Que 2026 soit sympathique avec vous, nous reprenons nos bonnes habitudes du samedi 11h, enfin presque, puisque je vous propose un numéro spécial aujourd'hui, pas d'invité politique, mais trois journalistes qui suivent la politique, et pas des moindres. Le premier à avoir répondu à l'invitation, c'est Majid Kiyad. Bonjour et bienvenue sur Lyon 1ère.
Bonjour, merci de l'invitation.
Grand reporter à France Télévisions et chroniqueur dans l'émission politique L'Événement sur France 2 et Lyonnais, je le précise.
Tout à fait, de Gerland.
De Gerland. David Gossard, bonjour David.
Bonjour.
Journaliste à l'Evdemaire Tribune de Lyon qui fait sa une cette semaine sur les propositions de l'équipe Olas. Et puis, par téléphone, recherchez qui ? Bonjour.
Bonjour.
correspondant au Novernier Ronald du quotidien Le Monde. Un plateau de choix pour revenir sur les faits marquants de la politique en 2025 et surtout pour nous projeter sur les municipales de mars prochain et sur la campagne présidentielle qui débutera dans la foulée. Alors messieurs, pour commencer cette émission, j'ai envie de vous demander quel serait votre vœu le plus cher pour la politique française en 2026 ? De la stabilité, le retour du clivage droite-gauche, une classe politique adulte ? Majid ?
Un retour du clivage Ausha, je n'arrive pas à y croire. Je dois vous dire parce que c'est quand même... Bien explosé à l'Assemblée nationale, il y a tellement de groupes. La stabilité,
on va croiser les doigts pour avoir plus de stabilité.
Oui, on va en discuter, mais effectivement, 2025 n'aura pas été la plus stable sur le plan politique. David, également, un vœu ?
La stabilité, je confirme. Et de la place à la nuance aussi dans les débats et dans les discussions, parce qu'on est très clivés. Essayer de porter une parole un peu nuancée, on se fait attaquer parce que ça n'est plus accepté.
Vous sortez déjà cette tension dans la campagne, notamment locale, à Lyon ?
Oui, clairement. Là, en plus, à Lyon, on est dans, pour l'instant, un débat de bloc parce que la tension est concentrée autour du duel Ola Sarsidi d'Oussé Bernard. Ça invisibilise un peu les autres candidats, qu'ils soient de LFI, du RN, ou Nathalie Perrin-Gilbert, ou M. Kepenica. Pourtant,
j'ai l'occasion de vous recevoir, y compris dans votre hebdomadaire. Alors, revenons sur 2025. Et pour 2025, Emmanuel Macron souhaite que l'année soit celle du ressaisissement collectif. et qu'elles permettent la stabilité. Là aussi, je souris, et Magide aussi. Avec le recul, on peut dire que c'était un vœu pieux.
Ah oui, tout à fait. Ça a été très, très compliqué en 2025. Parce qu'on va quand même se souvenir, l'année a commencé avec François Bayrou à Matignon. Elle s'est terminée avec Sébastien Lecornu, qui a démissionné, qui est revenu. On va en parler,
on va revoquer tout ça, effectivement. Qu'est-ce qui ne marche pas, en fait, depuis 2024 ? Évidemment, on sait que c'est la dissolution. qui a provoqué cet éclatement sur le plan politique, et notamment à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui s'est passé pour que rien ne fonctionne, qu'aucune décision ne puisse être prise ? Les clivages, justement, David le disait, les clivages sont trop importants entre partis pour qu'on aboutisse au moindre accord ?
Ah oui, tout à fait. Moi, je le constate au quotidien à l'Assemblée nationale. Il y a des discussions entre les différents groupes, parce que tout se passe à l'Assemblée nationale aujourd'hui, et même le Premier ministre l'a bien compris.
Il n'y a pas que dans les mille cycles qu'on discute, d'ailleurs, dans les travées également, et dans les commissions.
et sur les travées ils discutent mais il y a des désaccords au fond, et les forces politiques n'arrivent pas à s'entendre. Même sur des textes finalement assez consensuels, il y a des oppositions, on l'a vu sur le budget. Le budget de la Sécurité sociale, il a été voté, ça a été très très compliqué pour Sébastien Lecornu. Le budget de l'État, le PLF, je peux déjà vous le dire, il n'y aura pas de vote.
Oui, alors effectivement, il y a des solutions, le 49.3, les ordonnances éventuellement, mais ça risque d'être là aussi très compliqué. Les premières des causes à tous les deux, c'est le morcellement de la société française, David.
Le morcellement de la société française ? J'ai l'impression que chacun a juste envie d'être convaincu de ses propres avis et effectivement de moins en moins ouvert aux autres.
Et à la concertation en tout cas.
Oui, oui.
Ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui l'Assemblée nationale, moi je prends l'exemple de l'Assemblée nationale parce que c'est là où tout se passe, elle représente finalement... La société française, vous l'avez dit, il y a un morcellement majeur, il y a plein de groupes politiques et finalement il n'y a pas de majorité. C'est le constat qu'a pu faire Emmanuel Macron lorsqu'il a dissous l'Assemblée Nationale. Il n'y a pas de majorité parce qu'il y a eu ce front républicain qui n'a pas permis très certainement au Rassemblement National d'avoir une majorité relative. Maintenant si aujourd'hui il y avait une dissolution, je pense que ça pourrait être différent.
C'est la proximité des élections municipales, puis évidemment celle de l'année prochaine, de l'élection présidentielle, qui fait que chaque parti tire la couverture à lui. Là aussi, il n'y a pas de concertation, il n'y a pas de concession. David ?
Clairement, les législatives anticipées ont rebattu les cartes. Ça a attisé les ambitions de certains, qui n'étaient pas forcément prévues. Je pense qu'à côté d'ici, à Villeurbanne, où Jean-Paul Brette, l'ancien maire, qui est allé au deuxième tour face à Gabriel Amart insoumis, a fait un score tellement proche, il s'est dit, Why not ? Et du coup, là, on le retrouve en opposition au maire sortant qui était son poulain. Et vous avez désormais une liste insoumise, séparée de la majorité. Les législatives ont tout rebattu.
Alors pour en dire sur la politique nationale, depuis deux ans, l'adoption de la loi de finances se fait au forceps. Majid en parlait. François Bayrou, pour en dire effectivement sur le début de l'année 2025, a blanché et aussi tout l'été pour finalement chuter sur le vote de confiance à l'occasion de son discours de politique générale. Finalement, à votre avis, Bayrou, c'était le bon choix ?
Je pense qu'au moment où Emmanuel Macron choisit François Bayrou, d'abord, il faut se souvenir du moment de sa nomination. Ce qu'on entend des proches du chef de l'État, c'est qu'on a un homme, François Bayrou, qui vient le matin, qui a au téléphone notamment Emmanuel Macron les jours précédents, et qui s'impose un peu, puisqu'il explique à Emmanuel Macron qu'il n'est pas nommé Premier ministre. Oui, c'est ça, c'est pas forcément le choix du président à ce moment-là. Le Modem pourrait quitter la coalition avec les autres parties du Bloc central. Donc, François Bayrou, est-ce que c'était le bon choix ? C'est sûr qu'on savait que c'était un négociateur, comme Michel Barnier. Le problème, c'est que François Bayrou... comme Michel Barnier et comme Sébastien Lecornu, se retrouvent face à une assemblée totalement fragmentée avec laquelle il faut trouver des consensus. Et c'est là la difficulté pour les premiers ministres.
Alors consensus, mais Bayrou n'a rien voulu céder, sur rien. L'histoire retiendrait qu'il a manqué de souplesse à un moment donné et qu'il a fait perdre du temps à la France ou qu'il a eu raison au contraire de garder le cap.
Je pense qu'au moment où en juillet, pour que le... Tout le monde se souvient, en juillet, il donne cette conférence de presse, je me souviens, j'y étais. Il dit qu'il faut 40 milliards d'économies. Et à ce moment-là, il fait un constat que toutes les forces politiques, quasiment toutes, font qu'il faut des économies. Le pays va mal économiquement.
Tout le monde n'était pas d'accord sur le diagnostic, pas forcément sur les solutions.
Exactement, tout le monde n'était pas d'accord sur les solutions. Et très vite, François Bayrou va s'enfermer dans la même rhétorique. C'est-à-dire que tout l'été... Souvenez-vous, tout l'été, il dit « il faut économiser 40 milliards, je ne céderai pas » . Finalement, il va au vote de confiance alors que c'est très bien qu'il n'obtiendra pas le vote de confiance. Et ce que je peux vous dire aujourd'hui, j'ai échangé justement sur François Bayrou avec un député Renaissance du Bloc Central. Lui, à l'époque, était persuadé, m'a dit « François Bayrou, il va au vote de confiance en sachant que ça ne va pas marcher. » Pourquoi ? Parce qu'il veut dire « j'ai donné le diagnostic, j'ai donné la solution, vous ne la voulez pas » . je pars et je proposerai un projet pour 2027 maintenant est-ce que François Bayrou a ses chances en 2027 ?
c'est une autre question sur laquelle on aura peut-être l'occasion de revenir plus tard est-ce qu'à votre avis le président aurait dû à ce moment-là justement nommer un premier ministre de gauche tendance LFI ou socialiste ?
non ça paraissait compliqué les socialistes et les insoumis à ce moment-là ont quelques divergences au moment de la nomination de François Bayrou Est-ce qu'ils auraient pu s'entendre sur le long terme ? Moi, personnellement, j'y crois pas. On a compris que de toute façon,
c'était pas une affaire de long terme.
Mais même sur une année, est-ce qu'ils auraient pu faire passer les textes du NFP ? Pas sûr. Est-ce que les socialistes auraient suivi le programme du NFP ?
Il a préféré Sébastien Lecornier en fin d'année. Cinq mois après cette nomination, est-ce qu'on peut dire que c'est un fin stratège ou un bon exécutant, Sébastien Lecornu ? Avec cette histoire de fausse vraie démission et renomination juste derrière.
Ce qui m'a marqué le jour de son départ, de sa démission, j'étais devant Matignon. Et on voit un cortège sortir de Matignon. Et vraiment, on était avec les camarades. Je dis les camarades parce que c'est des confrères, mais on est toujours avec eux. Et je dis, il y a un cortège qui vient de sortir. Et on a les plaques d'immatriculation et on constate que c'est le cortège de Sébastien Lecornu. Et il est 8h du matin, 8h20, on se dit oula, il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose et il va à l'Elysée en fait remettre sa démission. On l'apprend un peu plus tard, c'est la stupéfaction à ce moment-là. Moi, je ne suis pas de ceux qui pourraient dire qu'il a fait exprès de démissionner pour mettre la pression. Ça, je n'en sais rien. Une chose est sûre, c'est que c'était la première fois qu'un Premier ministre nommé met 26 jours à choisir son gouvernement. C'est dire la situation du pays quand même.
Avec une équipe qui était composée essentiellement de ministres, d'ailleurs de l'équipe précédente, François Bayrou. Là, il y a eu une erreur quelque part.
Une erreur, je ne sais pas. Je sais qu'un homme m'a fait poser beaucoup de questions. C'est Bruno Rotailleau. Parce que Bruno Rotailleau, tout le week-end avant la nomination du gouvernement, il le passe une bonne partie à Matignon, à échanger avec Sébastien Lecornu, à décider limite des ministres LR qui pourraient rejoindre ce gouvernement. et au moment de la nominisation du gouvernement, le dimanche soir, il y a ce tweet à 21h40 qui nous surprend tous. Je pense que vous, quand vous l'avez vu, vous n'avez pas compris. Et il décide de ne plus rejoindre le gouvernement. À ce moment-là, Sébastien Lecornu se dit qu'il faut repartir de zéro. Et repartir de zéro sur un casting aussi large, c'est compliqué. Et je pense que c'est l'un des éléments, en tout cas, qui l'a poussé à amener sa démission sur le bureau d'Emmanuel Macron.
Du coup, ça donne quelle santé des différents partis ? Le parti présidentiel, dans l'année qui vient, est-ce que là, ça va être compliqué pour lui quand même, même s'il y a...
Ça va être compliqué, oui. Moi, je suis pas mal le parti présidentiel. C'est le parti renaissance. C'est un peu dur de dire parti présidentiel aujourd'hui parce que Gabriel Attal s'est quand même bien démarqué d'Emmanuel Macron. Ce qu'on peut se dire aujourd'hui, c'est que ce parti présidentiel, il va être en grande difficulté si demain, il y a des élections législatives anticipées. Il pourrait y avoir beaucoup moins de députés qu'ils ont de députés aujourd'hui.
On aura l'occasion d'en reparler dans la deuxième partie de cette émission. On va retrouver donc Majid Kiyat qui est avec nous, David Gossard de Tribune de Lyon et puis Richard Chiqui qui nous rejoint également par téléphone correspondant du quotidien Le Monde dans Auvergne et Ronalp et on va parler plus local dans la deuxième partie évidemment avec les élections qui se profilent, les élections municipales. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Léon Premier avec aujourd'hui une émission spéciale journaliste avec David Gossard, journaliste hebdomadaire Tribune de Lyon, Majid Kiyad, grand reporter à France Télévisions et Richard Chetier par téléphone correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, au Rhône-Alpes. Alors messieurs, on revenait juste avant la pause sur 2025, mais on va y venir maintenant sur le plan plus local. Les candidats à la mairie de Lyon et à la métropole de Lyon se sont fait connaître. La surprise, bien sûr, c'est Jean-Michel Hollat, chef d'entreprise, ancien président de l'OL. Est-ce qu'il a tout à perdre ou a tout à gagner dans cette démarche, David ?
Il n'a pas grand-chose à perdre. Lui, à titre individuel, il a fait sa carrière. D'ailleurs, il en joue beaucoup, à juste titre, pendant la campagne.
C'est peut-être un élément marquant, évidemment, un élément important.
Ah ben, alors, ils ont commencé à faire campagne avant les fêtes, un peu tout seul, puisque les sortants préféraient attendre un peu plus tard pour se lancer. Donc, il a eu le terrain complètement ouvert pour pouvoir avancer et profiter de sa notoriété. Ils ont aussi su faire le rassemblement derrière lui. Il faut le reconnaître, il ne part pas tout seul. Il y a tout le monde derrière lui, LR et le bloc central. Donc, lui, il a tout à gagner. S'il ne gagne pas, concrètement, ce n'est pas très grave. Ce qui est plus surprenant, c'est qu'on le retrouve là. Parce qu'à l'origine, quand on a commencé à avoir des rumeurs, genre Michel Aulas pourrait, on est en train de sonder, etc. Au début, on se disait, hum. Et puis finalement, la dynamique, elle a vraiment lancé. Donc,
ça a été véritablement une surprise quand même en 1025. Et Ritter également. Est-ce qu'il a tout à perdre ou tout à gagner ?
Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec David.
Mais c'est bien.
Oui. Je pense qu'il y a quand même à perdre dans le sens où c'est un homme... un peu de challenge pour reprendre son vocabulaire d'entrepreneur, et que donc il s'est lancé un défi, et que pour lui, en termes d'image personnelle, je pense en termes de, oui, même de vie personnelle, de trajectoire personnelle, c'est un enjeu assez important. Et il aurait assez à perdre de ce point de vue-là, je crois. Il a toujours été gagnant dans ce qu'il entreprenait. Et là, ce serait quand même un mauvais coup pour lui si ça devait arriver.
Surtout qu'il a pris goût à cette bagarre-là qu'il ne connaissait pas. Il l'a reconnue dans nos colonnes la semaine dernière. Il a découvert tout un pan de la société civile, de la vie locale avec qui il n'était pas forcément connecté. Il commence à prendre goût à la bataille, à aller sur le terrain et à connaître les gens. Donc je pense qu'effectivement, comme tu le dis, il n'a rien à perdre objectivement. Mais effectivement, je pense qu'il a bien envie maintenant quand même.
En tout cas, il a déjà remporté au moins trois sondages avec 46-47% des intentions de vote dès le premier tour. Est-ce qu'il a déjà remporté au moins la bataille de l'image ?
Moi, c'est la vision plutôt parisienne. Pour le coup de Paris, lorsqu'on parle des élections municipales depuis quelques mois, Lyon vient quasiment en tête avec l'élection municipale à Paris. Pourquoi ? Parce que Jean-Michel Aulas. En termes d'image, tout de suite, tout le monde le connaît. Quelle que soit la commune dont vous venez en France, vous avez déjà vu Jean-Michel Aulas répondre à la presse après un match de l'Olympique lyonnais. Donc moi je dirais qu'en termes d'image, il a un background derrière lui qui est assez important.
Ça veut dire que les électeurs potentiels se focalisent plus sur l'image, la personnalité, que sur les propositions qui tombent, notamment dans les colonnes de la tribune de Lyon cette semaine ?
Il peut ramener dans les urnes des gens qui n'auraient pas forcément voté pour les partis sans lui. Clairement c'est un peu ça le pari de l'avoir choisi lui. Il peut amener au vote des gens qui ne votent pas.
Richard, oui.
C'est en ça où cette élection est parfaitement inédite. Une des questions qui ne s'est jamais présentée jusqu'à présent, c'est de savoir si un candidat comme Jean-Michel Aulas, qui bénéficie d'une notoriété exceptionnelle et pour l'instant de la faveur des sondages, c'est de savoir si cette notoriété se transforme en intention de vote au final. Et ça, on ne l'a jamais vraiment vécu. Donc on va voir au mois de mars ce que ça va donner. Donc je dis oui pour la notoriété, évidemment. Mais est-ce qu'en termes de vote, est-ce qu'en termes, une fois que les débats, les propositions auront été posées, est-ce que cette notoriété va résister, j'allais dire, à l'épreuve électorale ? Voilà, c'est une question qui se pose et qui était vraiment intéressante. Une des nombreuses questions intéressantes de cette élection, je trouve.
Alors justement, il y a la personnalité des candidats, évidemment, et puis les thèmes de campagne. Encore une fois, il en tombe de nombreux depuis le début de l'année. Sur quel thème ? Je pose la question à tous les trois. Les élections municipales vont-elles se jouer, que ce soit à Lyon, à Paris, à Marseille, dans les autres grandes villes françaises, selon vous ?
Ce qui est donné à l'échelle nationale, en tout cas, il y a eu des sondages. Le premier thème reste la sécurité et la lutte contre la délinquance. et parmi donc Dans le sous-thème sur la sécurité et la lutte contre la délinquance, il y a la question de la police municipale qui se pose dans de nombreuses villes en France.
Ou des polices métropolitaines. Exactement.
Et il y a aussi la propreté, la propreté de la commune. Il y a aussi l'environnement forcément qui compte. Et la santé, c'est assez surprenant parce que finalement les hôpitaux ne dépendent pas. forcément de la commune, mais c'est un thème, en tout cas, l'offre de soins.
Des propositions du côté de Grégory Doucet, notamment de créer comme ça des maisons de santé, une dizaine de maisons de santé, je crois.
Oui, tout à fait, sur la santé, sur la famille. Grégory Doucet veut vraiment concentrer sa campagne et ses propositions sur le lion du quotidien, le lion à vivre, comme il le dit. Le lion plus facile à vivre.
Touré-Magil, qui est parisien, qui voit ça de travaux, qui était prévenu à Lyon depuis un an, mais il s'est rendu compte que les lois étaient rétrécies.
Beaucoup d'embouteillages aussi.
une partie de la campagne se joue là-dessus, mais la volonté de faire campagne sur ce lion du quotidien, c'est aussi ça, c'est essayer de se démarquer de tout ce mandat où beaucoup de gens ont râlé sur les chantiers, effectivement. D'ailleurs, la métropole a mis un petit peu la pédale douce sur certains chantiers à la fin pour éviter que tout ça ne s'agglomère trop. Mais effectivement, Grégory Doucet veut rendre la vie des Lyonnais plus facile, il veut être sur le terrain, il veut être les pieds dans la vie quotidienne et sortir des étiquettes qu'on lui a collées à tort ou à raison d'idéologues écologistes.
Il y a quelque chose qui a fait polémique cette semaine, et encore une fois, à travers les publications de Tribune de Lyon, c'est la reprise de l'espace public par Jean-Michel Aulas. Plus de situations d'immigration clandestine, plus de squats. Là, ça fait polémique, et ça commence à faire polémique. Richard ?
Je nuance un peu ce que vous dites. C'est-à-dire que je parle sous contrôle de mes confrères. Il y a eu des études d'opinion récentes qui ne placent pas forcément la sécurité, en tout cas à Lyon, en tête des préoccupations. Il me semble me souvenir que le logement... et l'environnement restait quand même dans les préoccupations des Lyonnais. Je ne sais pas si mes confrères ont vu la même chose. Donc c'est sûr que ces préoccupations ont joué. La deuxième chose qu'il ne faut jamais oublier, c'est que les élections municipales, elles sont très particulières par rapport aux autres. Elles sont quand même assez déconnectées habituellement, traditionnellement, des enjeux nationaux. donc si la sécurité C'est une préoccupation nationalement partagée, oui. Mais au niveau municipal, ce n'est pas forcément automatique.
C'est quand même la préoccupation de nombreux maires, comme même ici, que ce soit celui de Villeurbanne ou de Lyon, et de nombreux candidats à la mairie de Lyon, notamment.
Oui, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il peut se jouer des choses un peu irrationnelles dans les campagnes municipales, qui tiennent à l'image des candidats, qui tiennent aussi à tout ce qui peut se passer dans les trois mois qui viennent. Et là, on peut avoir encore une fois des surprises.
Et justement, en matière de logement, Lyon a été moteur dans la politique d'encadrement des loyers. D'ailleurs, Bruno Bernard voudrait étendre le dispositif à huit autres communes que Lyon et Villeurbanne, Caluire, Oulin, Vénissieux, Saint-Géné-Laval, Brons, Saint-François, les Lyons. Là, quant à lui, au contraire, il veut désencadrer les loyers, car l'encadrement fera baisser, selon lui, l'offre et augmenter les tensions. Il y aura donc un vrai choix en mars, David ?
Exactement. Oui, Richard ? Je trouve qu'il y a un vrai... l'involution... Le point très intéressant de ces élections à Lyon, c'est vraiment des choix de société qui vont s'opérer. Et le logement, vous venez de le rappeler, c'est exactement, il l'ouvre tout à fait ça. C'est-à-dire, est-ce qu'on veut encadrer, réguler les loyers, ou est-ce qu'on veut laisser la liberté aux propriétaires ? Ça, ce sont des vrais choix de société, c'est-à-dire même des choix presque idéologiques, en tout cas des choix de réfléchis sur l'avenir d'une ville. Et cette élection, elle va polariser les camps. on va avancer je pense et donc les électeurs vont percevoir ces choix de société et là encore je pense que rien n'est effectué d'avance
Richard a raison, il y a d'autres sujets effectivement qui sont de cet acabit, notamment les transports évidemment qui vont être très clivants et qui relèvent aussi du choix de société anti-vélo, anti-voiture, on est vraiment sur ce débat là la proposition de Véronique Sarsely et Jean-Michel Aulas en début de semaine d'un nouveau tunnel sur Fourvière on est la preuve Oui, On est la preuve. Faire ou ne pas faire le projet Rive-Droite qu'a proposé Bruno Bernard, ça c'est des choix, si ce n'est de société, en tout cas des choix structurants. Et là aussi, il y aura un choix à faire pour l'un ou l'autre en marque.
Richard disait que l'environnement, ça serait un des principaux thèmes de cette campagne à Lyon. Ce n'est plus l'apanage forcément des écologistes ou alors au contraire, ça va leur donner des électeurs et des voix ?
C'est aussi très paradoxal, c'est-à-dire que les écologistes... étant un peu acculé, accusé d'être dogmatique sur ces questions-là, ils l'ont mis un peu au second plan. J'ai ressenti le vent venir. C'est ça qui est très étonnant. On va voir comment ils vont évoluer là-dessus. Mais c'est vrai que leur sujet qui les a portés au pouvoir en 2020, on s'en souvient, on s'en souvient des marques pour le climat, c'était vraiment une préoccupation majeure. Ils étaient dans ce contexte-là, ça a changé. mais est-ce que ça va revenir un thème un peu déterminant dans le vote ? On le verra, et ce n'est pas ici.
En tout cas, il y aura un vrai choix, effectivement, en mars prochain, quelle que soit la commune, en tout cas à Lyon et à Villeurbanne, et dans l'agglomération lyonnaise, ça sera vraiment un choix qui sera opéré, un choix tranché.
Je pense.
On parle souvent, on en a beaucoup parlé dans les différents candidats, ou en tout cas politiques, qu'on a pu recevoir depuis le mois de septembre. Ils se font un peu les porte-parole des commerçants, notamment. Est-ce que c'est un vrai poids, les commerçants, dans les élections locales, notamment ? Qui veut répondre ? David, peut-être ? Ou Majid ? David, la Chamine de Lyon ?
Oui, la souffrance des commerçants qui a été... Notamment dans le monde de l'économie, c'est bien entendu. Effectivement, c'est ça que j'allais dire. C'est surtout là où se sont concentrés les grands chantiers, ou en tout cas les chantiers symboliques. que les commerçants se sont beaucoup fait entendre. Donc effectivement, il y a une capacité à rassembler aussi, à se faire entendre, dont vont se saisir les équipes Jean-Michel Wallace et Véronique Sarcelli, bien sûr. Mais dans les autres communes, je ne suis pas sûr qu'en dehors de Lyon, le sujet commerce soit si important. Dans les communes un peu limitrophes, il y a aussi effectivement la santé, la proximité des services publics, la sécurité, effectivement. Le commerce, c'est très lyonnais, là, je pense. C'est ce que pense Richard.
Oui, on a une loupe, on a une focale précise quand même. On ne retrouve pas dans les autres communes. Ils partagent la vie de David avec des groupements de commerçants, des associations qui savent se faire entendre, qui expriment de vrais soucis, ça on ne peut pas le nier, politiquement orientés parfois. Mais là encore, quelle est la part électorale des commerçants dans l'électorat global à Lyon ? Il faut encore mesurer les choses, il faut faire attention entre les réseaux sociaux, le bruit un petit peu ambiant et la réalité électorale qui va s'exprimer. Il y a une petite réserve là-dessus, mais en tout cas, ça a poussé les écologistes à s'interroger un peu sur leurs méthodes, à réfléchir. Ça va encore se remettre en cause,
mais ils y réfléchissent.
Oui, et puis ça les a vraiment un peu poussés à réfléchir sur le fait de... écouter, d'écouter les gens. Il y a quand même un point de campagne qui est intéressant autour de ça.
Alors, en tout cas, il y a un nouveau mode de scrutin qui a été voté pour les élections municipales. Les électeurs vont voter pour les conseillers d'arrondissement et les conseillers municipaux. La liste arrivée en tête va bénéficier de 25% des places seulement contre 50% auparavant. C'est une bonne réforme, selon vous, et qu'est-ce qu'elle peut changer ? Est-ce que ça peut avoir une incidence sur telle ou telle liste ?
Moi, j'ai du mal à répondre. J'ai du mal à voir Quelle va être la traduction concrète Si vous voulez De cette plateforme Si l'idée c'est de donner aux mairies d'arrondissement Plus d'autonomie, plus de pouvoir Il faut quand même les moyens qui vont avec Ce n'a pas beaucoup de sens C'est aussi le risque De déconnecter la mairie centrale Puisqu'on aura un scrutin Avec une pour la mairie centrale, et dans chaque mairie annexe, comme on dit, un scrutin propre. Donc est-ce qu'il y aura une déconnexion entre ces deux niveaux de pouvoir ? J'avoue que j'ai du mal à lire la traduction concrète de tout ça, très franchement. Et je trouve que ça a été une réforme un peu précipitée et très poussée par le contexte parisien. je crois que ça a été quand même très voulu par le gouvernement autour de la candidature de Rachida Dati. Et que pour Lyon, ce qu'on oublie à Paris, c'est qu'à Lyon, il y a une troisième élection qui est celle de la métropole. Qui est très liée,
évidemment. Car encore une fois, le maire de Lyon n'a presque aucun pouvoir s'il n'a pas la majorité également à la métropole.
Exactement. Je trouve que ça fait beaucoup. C'est un peu conçu dans mon esprit pour l'instant.
On a parlé d'environnement, de déplacement, de sécurité. La culture a encore un peu une place dans le programme des candidats, David ?
On avait une réunion aujourd'hui à Tribune de Lyon, on s'est dit, parce qu'on organise un débat à la Comédie Odeon le 19, métropolitain entre Bruno Bernard et Véronique Sarcelli, ça portera sur l'attractivité économique, et on s'est posé la question, bon pour le deuxième débat il y en aura un autre, qu'est-ce qu'on va porter comme sujet, et dans la réflexion, il n'y a rien à être arrêté, mais on s'est dit, la culture a quand même, comme souvent d'ailleurs, oublié des débats pour l'instant. Les débats, on peut porter dessus.
Il faut de moyens, souvent. Il y a quelque chose qui n'est pas sur le dessus du panier du budget.
Non, c'est même le contraire. C'est plutôt eux qui ont payé pendant tout le mandat les réductions budgétaires en cascades et en ruissellement du national au local et des collectivités territoriales qui ont réduit leurs subventions. Mais il y a aussi un enjeu politico-urbanistique autour de la culture et des salles de culture dans la métropole de Lyon, entre la LTE Niguernier, la LCL RNA qui est arrivée et qui marche très bien. la volonté de Villeurbanne, puisqu'on en parlait tout à l'heure, de refaire l'Astrobal et donc d'en faire, si possible, une salle de spectacle. Donc il y a toute une chose à interroger sur le tissu culturel lyonnais, bien sûr.
Richard ?
Oui, il ne faut jamais oublier que la culture, c'est une grosse compétence de la mairie, pour le coup. C'est un de ses trois principaux budgets. Donc elle a un rôle, il y a l'orchestre et l'opéra de Lyon. Voilà, il y a des grosses institutions. C'est une lumière aussi, oui. C'est un débat très important. Et là encore, il y a des paradoxes dans le début de cette campagne. Au début, Jean-Michel Aulas a parlé culture. Il a dit que c'était quand même pour lui... Alors, c'est dans son entourage, on voit des influences qui le disent un peu dans ce sens-là, je pense. Mais il a dit que le sujet était pour lui une vraie préoccupation. Donc on va voir. dans la suite de la campagne.
Dans le document des propositions. Merci Richard, merci d'avoir été avec nous, parce que je sais que vous devez nous quitter. Merci à vous d'avoir été avec nous par téléphone. Je vous rappelle le correspondant du quotidien Le Monde dans nos verres, Néronalp. Merci, on va marquer une pause, une nouvelle pause dans cette émission. On va se retrouver dans quelques minutes après la pub avec David Gossard, qui reste, et Majid Khiat, de France Télévisions, qui reste. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère, une émission spéciale journaliste aujourd'hui avec Majid Khiat, grand reporter à France Télévisions, David Gossard, journaliste à l'hebdomadaire Tribune de Lyon, et Richard Chiqui, qui était avec nous au début de cette émission, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, Rhône-Alpes. Alors, vous le savez, dans cette émission, nous avons l'habitude de demander à notre invité principal... de choisir lui-même un invité par téléphone, mais aujourd'hui, je me réserve un petit peu ce rôle. C'est le principe de cette émission. Jeudi, nous avons commémoré les 30 ans de la mort de l'ancien président de la République, François Mitterrand. C'était le 8 janvier 1996. Que reste-t-il de François Mitterrand, de son esprit et de son action en 2026 ? Je me disais que qui de mieux pourrait en parler que Jean Glavani, ancien ministre de l'Agriculture sous Lionel Jospin, mais surtout actuel président de l'Institut François Mitterrand. et ancien chef de cabinet de François Mitterrand au Parti Socialiste, puis à l'Élysée durant tout le premier septennat. Bonjour Jean Glavani. Bonjour. Bienvenue sur Lyon Première. Cette commémoration s'accompagne de la sortie d'ailleurs d'un livre « Conversations secrètes » que vous signez aux additions Perrin. Tout d'abord, comment vous avez marqué cette date anniversaire, cette semaine ?
Juste une conversation intime, non pas secrète. Parce que si c'était secret, je déviulerais. Déviulerais quoi ? Eh bien écoutez, nous avons fait, comment dire, célébrer ce 30ème anniversaire d'abord par un pèlerinage à Ajarnac, le caveau de la famille Mitterrand, la ville natale de François Mitterrand, et là où il a été inhumé, là où se situe aussi la maison natale qui appartient à l'Institut François Mitterrand, que nous essayons de faire vivre et de s'avionner. Puis nous sommes rentrés à Paris, où nous avons déposé une autre gerbe en fin d'après-midi. avenue Frédéric Le Plec, le domicile où il était éteint, le dernier domicile de sa vie. C'est son domicile bureau, effectivement. Oui, enfin, nous sommes allés au théâtre de la Concorde, où avec la ville de Paris, nous avions organisé une représentation. théâtral, de lecture de texte de François Mitterrand lui-même, et aussi d'auteur qu'il aimait particulièrement. Il avait une représentation avec deux anciens, deux comédiens de la comédie française, et qui est mise en scène par Yvan Morane, qui est un très bon homme de théâtre, un ami de l'Institut.
C'est ça, François Mitterrand était un homme de lettres, bien sûr.
C'est d'ailleurs pourquoi l'Institut François Mitterrand, sur ma proposition, le Conseil d'administration, à décider. Il faut que de faire des cérémonies comme ça, un petit peu impersonnelles, et de fonder simplement sur le recueillement et sur des herbes de fleurs, il faut le faire bien sûr. Mais de passer toute l'année 2026 dans le cadre d'un cycle de manifestations sur ce thème, de François Mitterrand, homme de lettres, à la fois homme tout privé des lettres, d'ailleurs nous avons publié, nous allons en 2026 publier un recueil de correspondance de François Mitterrand,
à différents destinataires.
homme de l'Est, mais aussi homme d'écriture, il a écrit des livres, amoureux des bibliothèques et des livres anciens, amis des écrivains, de très nombreux écrivains qu'il fréquentait, et donc nous allons faire tout au long de l'année des manifestations, ce qui se termineront d'ailleurs par deux grandes manifestations à l'automne, l'une un colloque à la Bibliothèque Nationale de France, dans le sud de France-Amitéran, du 13ème arrondissement, un colloque sur ce thème de France-Amitéran-Andolètre, et la dernière, ou la coupole, puisque les académies... toutes les académies, dont l'Académie française nationale, recevront pour une manifestation d'hommage à Mitterrand-Lolet. Donc, ça a commencé hier par cette représentation au théâtre de la Concorde.
En ce qui vous concerne, vous avez attendu 30 ans pour écrire sur François Mitterrand. Ça laisse quand même le temps de prendre du recul, j'allais dire.
Oui, j'ai longtemps hésité à le faire, parce que toutes sont trop précipitées. Ils auraient pu m'en dissuader, mais ils m'en ont dissuadé longtemps.
Ça a faussé leur jugement à cette époque ?
Je pense que certains se sont tellement précipités que les archives sont ouvertes. Elles ne l'ont pas été pendant 25 ans. Elles le sont et on a quelques démentis qui sont désagréables pour ceux qui se sont précipités. Mais ce que je veux dire, ce n'est pas tellement le sujet, c'est que j'ai un de mes amis qui est un grand historien, qui est Jean-Noël Jadonnet, que je vois souvent et avec qui j'étais ministre dans le gouvernement de Bérégovore. Et à savoir qu'on parlait de politique et qu'on parlait de Mitterrand et que je lui disais de raconter des anecdotes ou des conversations, il me disait de manière combinatoire, écris Jean, écris Jean, écris. Et à un moment, j'ai dit, on est marre, j'ai dit, écoute, je veux bien écrire, mais je ne vais pas écrire une biographie de Mitterrand, ni écrire un essai sur Mitterrand. Des biographies m'ont eu très bonne de fait, notamment par exemple la couture ou Michel Vinoch. Et un essai, je ne suis pas un essayiste, l'objectif est neutre. Et donc, il m'a dit, non, non, et qu'est-ce que tu as vécu avec lui ? Oui, car vous avez été au plus près de François Mitterrand.
Une question de Majid Kiliat.
Bonjour, Jean Glavani. Alors, moi, je suis né en 1994. Je n'ai pas connu François Mitterrand. Selon vous, c'est quoi l'héritage politique, aujourd'hui, de François Mitterrand ?
C'est vraiment une question que je comprends complexe, mais c'est de la résumer. D'abord, il y a un héritage. politique.
C'est un peu le travail d'ailleurs de l'Institut François Mitterrand, on est bien d'accord.
Absolument. L'héritage politique, c'est celui de l'alternance. La Vème République, pendant 23 ans, elle n'avait pas connu l'alternance, et le fait que François Mitterrand, en rassemblant la gauche, c'est un fédérateur de la gauche, provoque l'alternance en 1981, c'est un événement très important dans l'histoire de la République. Ensuite, il y a les grandes conquêtes sociales de 1981, les droits des travailleurs, même la retraite à 60 ans, donc tout près à... Parlez avec vous si vous le voulez. Il y a eu des vraies grandes conquêtes sociales en 1981 qui, en matière de politique sociale, ont été un grand progrès. Le troisième domaine, c'est évidemment les droits et libertés. On dit l'abolition de la peine de mort. C'est évidemment une mesure symbolique, centrale. Mais n'oublions pas aussi l'abolition du débit d'homosexualité qui était pénalement répressif, ou bien la suppression de la Cour de sûreté de l'État, des tribunaux d'exception. Il y avait quand même un arsenal.
On va parler pour notre paroisse et notre chapelle aussi.
Voilà, la liberté des sondes absolument, la liberté des communes avec la décentralisation, la liberté des médias avec la rupture du cordon umbilical entre le gouvernement et les scènes publiques. Bref, en matière de droits et libertés, c'est quelque chose de fondamental. Je vais mettre en cadre la culture. Ça a été, François Mitterrand, c'est engagé pour la culture, pour le budget de la culture, ça a connu un doublement. Et pour une politique culturelle très ambitieuse que Jacques Lang a magnifiquement mise en scène, il y a eu un bouillonnement culturel qui a marché toute cette époque. Et puis, je dirais le dernier domaine, je peux m'arrêter, il y en a deux autres.
toute la journée.
L'Union Européenne qui était sous l'engagement et toute la vie de François Mitterrand, qui a connu des progrès considérables avec le Nothalement, le coup franco-allemand entre Mitterrand et Co, la présence de Jacques Delors à la Commission, qui ont fait faire de gros progrès à l'Union Européenne. Voilà, c'est un héritage.
Ça, c'est évidemment, Jean-Glaveni, pour nous qui sommes de... Si me concerne, en tout cas, la génération Mitterrand, contrairement à Majestic Yard, par exemple, je voudrais avoir une avis. Mais pas du tout, au contraire. Et puis d'ailleurs, il est tanné quand François Mitterrand était encore vivant. Cela étant, on connaît effectivement tout ça. Maintenant, tout à l'heure, j'ai fait le lapsus, effectivement, sur le titre du livre qui est sorti avant-hier, Conversations intimes. Donc, encore une fois, puisque vous étiez vraiment assez tout proche, et encore une fois, à son contact professionnel, du moins, ce Mitterrand intime, on le découvre à travers toutes les pages, évidemment, de votre livre. Est-ce que vous pouvez nous en déflorer, quand même, quelques anecdotes ?
C'était un homme secret, je pense à Mitterrand.
Le secret l'a entouré d'ailleurs, oui.
C'était secret pour une raison que j'analyse assez bien avec le recul, c'est qu'il était passionnément amoureux de sa liberté propre. Il ne voulait être sous l'influence de personne, il ne voulait dépendre d'aucune influence, il ne voulait dépendre pas d'un seul conseil. Il voulait être maître de son temps, de ses décisions. Il ne supportait pas les injonctions à agir, il ne supportait pas du tout le... les phrases du genre « il n'y a pas d'alternative » , ça c'est pour lui, c'est la négation non seulement de la politique, mais de sa liberté personnelle.
C'est toute la définition d'un leader, c'est ce que vous nous dites.
Je vous laisse peut-être sans doute vous être en certitude, sans s'habiter de ce propos. Il l'était assurément. Donc cette liberté personnelle, c'était quelque chose de très important. Ensuite, c'était un féru d'histoire, un homme profondément imprégné de la culture historique. Il réfléchissait toujours, à la fois dans le temps long, à la fois dans le passé, pour se trouver toutes les leçons de l'histoire des décennies, des siècles auparavant, et aussi dans le temps long pour l'avenir. Il était spécifique de ne pas raisonner au bout de son nez, mais de regarder loin devant. C'était quelque chose de très remarquable chez lui. Il était tout le temps en train de se référer à l'histoire. Je vous donne deux caractéristiques, vous pourrez en trouver d'autres. C'était un homme réservé. Personne ne tutoyait autour de lui. Les seuls qui le tutoyaient... Il avait de l'aura. ... Mais sinon, tous les gens du Parti Socialiste comme collaborateur à l'Élysée, tout le monde le bouvoyait.
Et justement, comment a-t-il vécu et géré l'annonce de sa maladie, finalement, peu de temps après avoir accédé au pouvoir ?
C'est un sujet de controverse que je comprends très bien, parce que des commentateurs ou des observateurs peuvent penser qu'il a menti aux Français, mais... Merci. J'entends ce message, j'accepte que les gens pensent cela, mais beaucoup de familles de France savent, ont connu, la situation de grands malades condamnés à mort, mais qui nient leur maladie, parce qu'ils pensent qu'ils l'ont vaincu. D'ailleurs, quand on parle du mensonge de France Américaine, on doit avoir l'honnêteté de dire que ce mensonge a pris fin quand ? Il a pris fin quand il s'est fait opérer publiquement en 92, et là, il a pris fin quand il n'a plus pu nier sa maladie. comme beaucoup de grands malades il a pris conscience que la maladie allait l'emporter et à ce moment là il l'a révélé et c'est là où l'intime est devenue publique aussi c'est là où l'intime est devenue publique également exactement
Jean Glavany, vous êtes le président, je le disais, de l'Institut François Mitterrand à Paris depuis 2022, je crois après avoir succédé à Hubert Védrine, deux fidèles de François Mitterrand. Cet institut est donc chargé de faire vivre l'esprit mitterrandien ou il a un objet plus large, encore une fois ?
Eh bien écoutez, c'est un sujet sur lequel nous réfléchissons à ce coup. Ce que j'essaye d'imprégner depuis deux ou trois ans, c'est que je ne veux pas en faire un instrument politique, partisan et encore moins sectaire. J'essaye d'en faire un centre de recherche. en histoire contemporaine, et donc encourager les chercheurs d'accumuler les articles privés, d'être un centre de ressources et de recherche. Je crois que, quoi que nous fassions les uns et les autres, en pour ou en contre, si je veux dire favorablement ou défavorablement, on rentrera tranquillement dans l'histoire, c'est le cas d'ailleurs, mais ce que je voudrais c'est faciliter le travail des jeunes chercheurs. s'intéresse à l'histoire contemporaine.
Oui, c'est ça. C'est un endroit qui est réservé uniquement aux chercheurs ou qui est ouvert également au grand public ?
Des locaux suffisants pour cela, mais il est ouvert aux chercheurs, bien sûr.
Eh bien, écoutez, merci beaucoup, Jean Glavigny. Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes le président de l'Institut François Mitterrand et on vous recevait, évidemment, à l'occasion des 30 ans du départ de François Mitterrand, nous, contrairement à Majid Khiat, qui faisons partie de la génération Mitterrand. Voilà, c'est comme ça. Merci à vous, en tout cas. Et puis, je rappellerai évidemment votre livre « Conversations intimes » aux éditions Perrin. Merci. On va terminer avec nos deux invités. Des questions de dernière minute. L'homme ou la femme politique de l'année, selon vous, 2026 ? Qui veut répondre en réfléchissant assez rapidement comme ça ? David, peut-être ?
2026.
2026, ou alors 2025 aussi, évidemment.
En 2025, Olivier Faure qui a quand même réussi à obtenir la réforme des retraites sur le budget de la sécurité sociale.
Et qui a été redésigné aussi par son parti, il n'a pas gagné forcément d'avance. L'homme ou la femme politique qui va émerger en 2026 selon vous ? A part Jean-Michel Lach ?
Sinon Rachida Dati très certainement, elle va faire l'actualité parce qu'il y a un procès qui va avoir lieu en septembre et il y a ses élections municipales en mars.
Dans tous les interlocuteurs politiques que vous avez rencontrés ces derniers mois, quel est le plus authentique selon vous ? Celui qui parle le plus vrai, finalement, j'allais dire, aux Français ou en tout cas à ses administrés ou à ses futurs électeurs, que ce soit sur le plan local ou national, évidemment.
Je ne sais pas si c'est du parler vrai, mais Bruno Bernard, malgré l'image qu'il peut avoir quand vous discutez avec lui à côté de la parole officielle, peut être quelqu'un d'assez facile à côtoyer.
Et le plus passionné parmi tous les hommes politiques, ils sont tous passionnés finalement,
quelque part. Je m'imagine qu'on voulait croiser dans les couloirs de la Commune Nationale. Passionné d'histoire, je pense à Antoine Léaumant, qui est passionné d'histoire. Après, sur la politique, très honnêtement, quelle que soit la classe politique et quel que soit le parti, les députés que je croise à l'Assemblée sont passionnés et ont envie de changer la vie des Français. Ils ont des solutions différentes, mais en tout cas, ils me donnent l'impression de croire dans leurs propositions.
Ce n'est pas que des gens qui profitent des avantages, c'est quand même des gens passionnés par ce qu'ils font et l'envie de changer les choses.
Ceux que je croise à l'Assemblée nationale, en tout cas ceux qui répondent très régulièrement aux journalistes, sont passionnés.
David, c'est votre cas aussi, évidemment. Tous ceux que vous avez rencontrés, que ce soit Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet, Bruno Bernard.
Oui, complètement. Je souscris parfaitement ce qu'il vient d'être dit. Ils sont tous à fond dans leur dossier et dans leur volonté de faire avancer, même s'ils ont des solutions très différentes. Mais je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui triche là-dedans.
On n'aura pas à faire des tréchures, au moins sur 2026. Merci à vous deux, et merci également à Richard Chiqui, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne-Rhône-Alpes, qui était avec nous par téléphone tout à l'heure. Il est d'ailleurs, je le précise, auteur de nombreux ouvrages, La Guerre des Stubes, L'Histoire vraie du gang des Lyonnais chez Talendier, Les Oubliés d'Action Directe à la Manufacture de Livres. Merci aussi à Majid Kiyat, qu'on vous retrouve sur France Avo TV, et puis dans l'émission politique L'Événement sur France 2. Il y a certainement un rendez-vous dans les jours qui viennent. Et puis, merci également à David Gossard dans Tribune de Lyon. qui n'en finit plus de recueillir les propos, comme on le disait, des candidats aux élections lyonnaises. Merci à Christian qui était une nouvelle fois aux commandes techniques de l'émission. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver ce programme en podcast et l'écouter autant de fois que vous le souhaitez, évidemment, jusqu'à plus soif. Demain, 11h, complètement toqué, à peine remis des fêtes, réunira le chef meilleur ouvrier de France, Guy Lassoset et Éric Chetail, président fondateur de Cerise et Potiron, sous le mixeur d'Odile Matéi. Je vous souhaite encore une fois une bonne année à toutes et à tous et comme d'habitude, bon samedi, bon appétit !
Vous pouvez tous les inviter politiques en podcast sur lionpremière.fr. Écoutez votre radio Lion Première en direct sur l'application Lion Première, lionpremière.fr et bien sûr à Lion sur 90.2 FM et en DAB+.
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Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi,
Wilfried Delacour.
Bonjour à tous, très bonne année à vous et à vos proches, sincèrement de la part de toute l'équipe de Lyon 1ère. Que 2026 soit sympathique avec vous, nous reprenons nos bonnes habitudes du samedi 11h, enfin presque, puisque je vous propose un numéro spécial aujourd'hui, pas d'invité politique, mais trois journalistes qui suivent la politique, et pas des moindres. Le premier à avoir répondu à l'invitation, c'est Majid Kiyad. Bonjour et bienvenue sur Lyon 1ère.
Bonjour, merci de l'invitation.
Grand reporter à France Télévisions et chroniqueur dans l'émission politique L'Événement sur France 2 et Lyonnais, je le précise.
Tout à fait, de Gerland.
De Gerland. David Gossard, bonjour David.
Bonjour.
Journaliste à l'Evdemaire Tribune de Lyon qui fait sa une cette semaine sur les propositions de l'équipe Olas. Et puis, par téléphone, recherchez qui ? Bonjour.
Bonjour.
correspondant au Novernier Ronald du quotidien Le Monde. Un plateau de choix pour revenir sur les faits marquants de la politique en 2025 et surtout pour nous projeter sur les municipales de mars prochain et sur la campagne présidentielle qui débutera dans la foulée. Alors messieurs, pour commencer cette émission, j'ai envie de vous demander quel serait votre vœu le plus cher pour la politique française en 2026 ? De la stabilité, le retour du clivage droite-gauche, une classe politique adulte ? Majid ?
Un retour du clivage Ausha, je n'arrive pas à y croire. Je dois vous dire parce que c'est quand même... Bien explosé à l'Assemblée nationale, il y a tellement de groupes. La stabilité,
on va croiser les doigts pour avoir plus de stabilité.
Oui, on va en discuter, mais effectivement, 2025 n'aura pas été la plus stable sur le plan politique. David, également, un vœu ?
La stabilité, je confirme. Et de la place à la nuance aussi dans les débats et dans les discussions, parce qu'on est très clivés. Essayer de porter une parole un peu nuancée, on se fait attaquer parce que ça n'est plus accepté.
Vous sortez déjà cette tension dans la campagne, notamment locale, à Lyon ?
Oui, clairement. Là, en plus, à Lyon, on est dans, pour l'instant, un débat de bloc parce que la tension est concentrée autour du duel Ola Sarsidi d'Oussé Bernard. Ça invisibilise un peu les autres candidats, qu'ils soient de LFI, du RN, ou Nathalie Perrin-Gilbert, ou M. Kepenica. Pourtant,
j'ai l'occasion de vous recevoir, y compris dans votre hebdomadaire. Alors, revenons sur 2025. Et pour 2025, Emmanuel Macron souhaite que l'année soit celle du ressaisissement collectif. et qu'elles permettent la stabilité. Là aussi, je souris, et Magide aussi. Avec le recul, on peut dire que c'était un vœu pieux.
Ah oui, tout à fait. Ça a été très, très compliqué en 2025. Parce qu'on va quand même se souvenir, l'année a commencé avec François Bayrou à Matignon. Elle s'est terminée avec Sébastien Lecornu, qui a démissionné, qui est revenu. On va en parler,
on va revoquer tout ça, effectivement. Qu'est-ce qui ne marche pas, en fait, depuis 2024 ? Évidemment, on sait que c'est la dissolution. qui a provoqué cet éclatement sur le plan politique, et notamment à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui s'est passé pour que rien ne fonctionne, qu'aucune décision ne puisse être prise ? Les clivages, justement, David le disait, les clivages sont trop importants entre partis pour qu'on aboutisse au moindre accord ?
Ah oui, tout à fait. Moi, je le constate au quotidien à l'Assemblée nationale. Il y a des discussions entre les différents groupes, parce que tout se passe à l'Assemblée nationale aujourd'hui, et même le Premier ministre l'a bien compris.
Il n'y a pas que dans les mille cycles qu'on discute, d'ailleurs, dans les travées également, et dans les commissions.
et sur les travées ils discutent mais il y a des désaccords au fond, et les forces politiques n'arrivent pas à s'entendre. Même sur des textes finalement assez consensuels, il y a des oppositions, on l'a vu sur le budget. Le budget de la Sécurité sociale, il a été voté, ça a été très très compliqué pour Sébastien Lecornu. Le budget de l'État, le PLF, je peux déjà vous le dire, il n'y aura pas de vote.
Oui, alors effectivement, il y a des solutions, le 49.3, les ordonnances éventuellement, mais ça risque d'être là aussi très compliqué. Les premières des causes à tous les deux, c'est le morcellement de la société française, David.
Le morcellement de la société française ? J'ai l'impression que chacun a juste envie d'être convaincu de ses propres avis et effectivement de moins en moins ouvert aux autres.
Et à la concertation en tout cas.
Oui, oui.
Ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui l'Assemblée nationale, moi je prends l'exemple de l'Assemblée nationale parce que c'est là où tout se passe, elle représente finalement... La société française, vous l'avez dit, il y a un morcellement majeur, il y a plein de groupes politiques et finalement il n'y a pas de majorité. C'est le constat qu'a pu faire Emmanuel Macron lorsqu'il a dissous l'Assemblée Nationale. Il n'y a pas de majorité parce qu'il y a eu ce front républicain qui n'a pas permis très certainement au Rassemblement National d'avoir une majorité relative. Maintenant si aujourd'hui il y avait une dissolution, je pense que ça pourrait être différent.
C'est la proximité des élections municipales, puis évidemment celle de l'année prochaine, de l'élection présidentielle, qui fait que chaque parti tire la couverture à lui. Là aussi, il n'y a pas de concertation, il n'y a pas de concession. David ?
Clairement, les législatives anticipées ont rebattu les cartes. Ça a attisé les ambitions de certains, qui n'étaient pas forcément prévues. Je pense qu'à côté d'ici, à Villeurbanne, où Jean-Paul Brette, l'ancien maire, qui est allé au deuxième tour face à Gabriel Amart insoumis, a fait un score tellement proche, il s'est dit, Why not ? Et du coup, là, on le retrouve en opposition au maire sortant qui était son poulain. Et vous avez désormais une liste insoumise, séparée de la majorité. Les législatives ont tout rebattu.
Alors pour en dire sur la politique nationale, depuis deux ans, l'adoption de la loi de finances se fait au forceps. Majid en parlait. François Bayrou, pour en dire effectivement sur le début de l'année 2025, a blanché et aussi tout l'été pour finalement chuter sur le vote de confiance à l'occasion de son discours de politique générale. Finalement, à votre avis, Bayrou, c'était le bon choix ?
Je pense qu'au moment où Emmanuel Macron choisit François Bayrou, d'abord, il faut se souvenir du moment de sa nomination. Ce qu'on entend des proches du chef de l'État, c'est qu'on a un homme, François Bayrou, qui vient le matin, qui a au téléphone notamment Emmanuel Macron les jours précédents, et qui s'impose un peu, puisqu'il explique à Emmanuel Macron qu'il n'est pas nommé Premier ministre. Oui, c'est ça, c'est pas forcément le choix du président à ce moment-là. Le Modem pourrait quitter la coalition avec les autres parties du Bloc central. Donc, François Bayrou, est-ce que c'était le bon choix ? C'est sûr qu'on savait que c'était un négociateur, comme Michel Barnier. Le problème, c'est que François Bayrou... comme Michel Barnier et comme Sébastien Lecornu, se retrouvent face à une assemblée totalement fragmentée avec laquelle il faut trouver des consensus. Et c'est là la difficulté pour les premiers ministres.
Alors consensus, mais Bayrou n'a rien voulu céder, sur rien. L'histoire retiendrait qu'il a manqué de souplesse à un moment donné et qu'il a fait perdre du temps à la France ou qu'il a eu raison au contraire de garder le cap.
Je pense qu'au moment où en juillet, pour que le... Tout le monde se souvient, en juillet, il donne cette conférence de presse, je me souviens, j'y étais. Il dit qu'il faut 40 milliards d'économies. Et à ce moment-là, il fait un constat que toutes les forces politiques, quasiment toutes, font qu'il faut des économies. Le pays va mal économiquement.
Tout le monde n'était pas d'accord sur le diagnostic, pas forcément sur les solutions.
Exactement, tout le monde n'était pas d'accord sur les solutions. Et très vite, François Bayrou va s'enfermer dans la même rhétorique. C'est-à-dire que tout l'été... Souvenez-vous, tout l'été, il dit « il faut économiser 40 milliards, je ne céderai pas » . Finalement, il va au vote de confiance alors que c'est très bien qu'il n'obtiendra pas le vote de confiance. Et ce que je peux vous dire aujourd'hui, j'ai échangé justement sur François Bayrou avec un député Renaissance du Bloc Central. Lui, à l'époque, était persuadé, m'a dit « François Bayrou, il va au vote de confiance en sachant que ça ne va pas marcher. » Pourquoi ? Parce qu'il veut dire « j'ai donné le diagnostic, j'ai donné la solution, vous ne la voulez pas » . je pars et je proposerai un projet pour 2027 maintenant est-ce que François Bayrou a ses chances en 2027 ?
c'est une autre question sur laquelle on aura peut-être l'occasion de revenir plus tard est-ce qu'à votre avis le président aurait dû à ce moment-là justement nommer un premier ministre de gauche tendance LFI ou socialiste ?
non ça paraissait compliqué les socialistes et les insoumis à ce moment-là ont quelques divergences au moment de la nomination de François Bayrou Est-ce qu'ils auraient pu s'entendre sur le long terme ? Moi, personnellement, j'y crois pas. On a compris que de toute façon,
c'était pas une affaire de long terme.
Mais même sur une année, est-ce qu'ils auraient pu faire passer les textes du NFP ? Pas sûr. Est-ce que les socialistes auraient suivi le programme du NFP ?
Il a préféré Sébastien Lecornier en fin d'année. Cinq mois après cette nomination, est-ce qu'on peut dire que c'est un fin stratège ou un bon exécutant, Sébastien Lecornu ? Avec cette histoire de fausse vraie démission et renomination juste derrière.
Ce qui m'a marqué le jour de son départ, de sa démission, j'étais devant Matignon. Et on voit un cortège sortir de Matignon. Et vraiment, on était avec les camarades. Je dis les camarades parce que c'est des confrères, mais on est toujours avec eux. Et je dis, il y a un cortège qui vient de sortir. Et on a les plaques d'immatriculation et on constate que c'est le cortège de Sébastien Lecornu. Et il est 8h du matin, 8h20, on se dit oula, il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose et il va à l'Elysée en fait remettre sa démission. On l'apprend un peu plus tard, c'est la stupéfaction à ce moment-là. Moi, je ne suis pas de ceux qui pourraient dire qu'il a fait exprès de démissionner pour mettre la pression. Ça, je n'en sais rien. Une chose est sûre, c'est que c'était la première fois qu'un Premier ministre nommé met 26 jours à choisir son gouvernement. C'est dire la situation du pays quand même.
Avec une équipe qui était composée essentiellement de ministres, d'ailleurs de l'équipe précédente, François Bayrou. Là, il y a eu une erreur quelque part.
Une erreur, je ne sais pas. Je sais qu'un homme m'a fait poser beaucoup de questions. C'est Bruno Rotailleau. Parce que Bruno Rotailleau, tout le week-end avant la nomination du gouvernement, il le passe une bonne partie à Matignon, à échanger avec Sébastien Lecornu, à décider limite des ministres LR qui pourraient rejoindre ce gouvernement. et au moment de la nominisation du gouvernement, le dimanche soir, il y a ce tweet à 21h40 qui nous surprend tous. Je pense que vous, quand vous l'avez vu, vous n'avez pas compris. Et il décide de ne plus rejoindre le gouvernement. À ce moment-là, Sébastien Lecornu se dit qu'il faut repartir de zéro. Et repartir de zéro sur un casting aussi large, c'est compliqué. Et je pense que c'est l'un des éléments, en tout cas, qui l'a poussé à amener sa démission sur le bureau d'Emmanuel Macron.
Du coup, ça donne quelle santé des différents partis ? Le parti présidentiel, dans l'année qui vient, est-ce que là, ça va être compliqué pour lui quand même, même s'il y a...
Ça va être compliqué, oui. Moi, je suis pas mal le parti présidentiel. C'est le parti renaissance. C'est un peu dur de dire parti présidentiel aujourd'hui parce que Gabriel Attal s'est quand même bien démarqué d'Emmanuel Macron. Ce qu'on peut se dire aujourd'hui, c'est que ce parti présidentiel, il va être en grande difficulté si demain, il y a des élections législatives anticipées. Il pourrait y avoir beaucoup moins de députés qu'ils ont de députés aujourd'hui.
On aura l'occasion d'en reparler dans la deuxième partie de cette émission. On va retrouver donc Majid Kiyat qui est avec nous, David Gossard de Tribune de Lyon et puis Richard Chiqui qui nous rejoint également par téléphone correspondant du quotidien Le Monde dans Auvergne et Ronalp et on va parler plus local dans la deuxième partie évidemment avec les élections qui se profilent, les élections municipales. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Léon Premier avec aujourd'hui une émission spéciale journaliste avec David Gossard, journaliste hebdomadaire Tribune de Lyon, Majid Kiyad, grand reporter à France Télévisions et Richard Chetier par téléphone correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, au Rhône-Alpes. Alors messieurs, on revenait juste avant la pause sur 2025, mais on va y venir maintenant sur le plan plus local. Les candidats à la mairie de Lyon et à la métropole de Lyon se sont fait connaître. La surprise, bien sûr, c'est Jean-Michel Hollat, chef d'entreprise, ancien président de l'OL. Est-ce qu'il a tout à perdre ou a tout à gagner dans cette démarche, David ?
Il n'a pas grand-chose à perdre. Lui, à titre individuel, il a fait sa carrière. D'ailleurs, il en joue beaucoup, à juste titre, pendant la campagne.
C'est peut-être un élément marquant, évidemment, un élément important.
Ah ben, alors, ils ont commencé à faire campagne avant les fêtes, un peu tout seul, puisque les sortants préféraient attendre un peu plus tard pour se lancer. Donc, il a eu le terrain complètement ouvert pour pouvoir avancer et profiter de sa notoriété. Ils ont aussi su faire le rassemblement derrière lui. Il faut le reconnaître, il ne part pas tout seul. Il y a tout le monde derrière lui, LR et le bloc central. Donc, lui, il a tout à gagner. S'il ne gagne pas, concrètement, ce n'est pas très grave. Ce qui est plus surprenant, c'est qu'on le retrouve là. Parce qu'à l'origine, quand on a commencé à avoir des rumeurs, genre Michel Aulas pourrait, on est en train de sonder, etc. Au début, on se disait, hum. Et puis finalement, la dynamique, elle a vraiment lancé. Donc,
ça a été véritablement une surprise quand même en 1025. Et Ritter également. Est-ce qu'il a tout à perdre ou tout à gagner ?
Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec David.
Mais c'est bien.
Oui. Je pense qu'il y a quand même à perdre dans le sens où c'est un homme... un peu de challenge pour reprendre son vocabulaire d'entrepreneur, et que donc il s'est lancé un défi, et que pour lui, en termes d'image personnelle, je pense en termes de, oui, même de vie personnelle, de trajectoire personnelle, c'est un enjeu assez important. Et il aurait assez à perdre de ce point de vue-là, je crois. Il a toujours été gagnant dans ce qu'il entreprenait. Et là, ce serait quand même un mauvais coup pour lui si ça devait arriver.
Surtout qu'il a pris goût à cette bagarre-là qu'il ne connaissait pas. Il l'a reconnue dans nos colonnes la semaine dernière. Il a découvert tout un pan de la société civile, de la vie locale avec qui il n'était pas forcément connecté. Il commence à prendre goût à la bataille, à aller sur le terrain et à connaître les gens. Donc je pense qu'effectivement, comme tu le dis, il n'a rien à perdre objectivement. Mais effectivement, je pense qu'il a bien envie maintenant quand même.
En tout cas, il a déjà remporté au moins trois sondages avec 46-47% des intentions de vote dès le premier tour. Est-ce qu'il a déjà remporté au moins la bataille de l'image ?
Moi, c'est la vision plutôt parisienne. Pour le coup de Paris, lorsqu'on parle des élections municipales depuis quelques mois, Lyon vient quasiment en tête avec l'élection municipale à Paris. Pourquoi ? Parce que Jean-Michel Aulas. En termes d'image, tout de suite, tout le monde le connaît. Quelle que soit la commune dont vous venez en France, vous avez déjà vu Jean-Michel Aulas répondre à la presse après un match de l'Olympique lyonnais. Donc moi je dirais qu'en termes d'image, il a un background derrière lui qui est assez important.
Ça veut dire que les électeurs potentiels se focalisent plus sur l'image, la personnalité, que sur les propositions qui tombent, notamment dans les colonnes de la tribune de Lyon cette semaine ?
Il peut ramener dans les urnes des gens qui n'auraient pas forcément voté pour les partis sans lui. Clairement c'est un peu ça le pari de l'avoir choisi lui. Il peut amener au vote des gens qui ne votent pas.
Richard, oui.
C'est en ça où cette élection est parfaitement inédite. Une des questions qui ne s'est jamais présentée jusqu'à présent, c'est de savoir si un candidat comme Jean-Michel Aulas, qui bénéficie d'une notoriété exceptionnelle et pour l'instant de la faveur des sondages, c'est de savoir si cette notoriété se transforme en intention de vote au final. Et ça, on ne l'a jamais vraiment vécu. Donc on va voir au mois de mars ce que ça va donner. Donc je dis oui pour la notoriété, évidemment. Mais est-ce qu'en termes de vote, est-ce qu'en termes, une fois que les débats, les propositions auront été posées, est-ce que cette notoriété va résister, j'allais dire, à l'épreuve électorale ? Voilà, c'est une question qui se pose et qui était vraiment intéressante. Une des nombreuses questions intéressantes de cette élection, je trouve.
Alors justement, il y a la personnalité des candidats, évidemment, et puis les thèmes de campagne. Encore une fois, il en tombe de nombreux depuis le début de l'année. Sur quel thème ? Je pose la question à tous les trois. Les élections municipales vont-elles se jouer, que ce soit à Lyon, à Paris, à Marseille, dans les autres grandes villes françaises, selon vous ?
Ce qui est donné à l'échelle nationale, en tout cas, il y a eu des sondages. Le premier thème reste la sécurité et la lutte contre la délinquance. et parmi donc Dans le sous-thème sur la sécurité et la lutte contre la délinquance, il y a la question de la police municipale qui se pose dans de nombreuses villes en France.
Ou des polices métropolitaines. Exactement.
Et il y a aussi la propreté, la propreté de la commune. Il y a aussi l'environnement forcément qui compte. Et la santé, c'est assez surprenant parce que finalement les hôpitaux ne dépendent pas. forcément de la commune, mais c'est un thème, en tout cas, l'offre de soins.
Des propositions du côté de Grégory Doucet, notamment de créer comme ça des maisons de santé, une dizaine de maisons de santé, je crois.
Oui, tout à fait, sur la santé, sur la famille. Grégory Doucet veut vraiment concentrer sa campagne et ses propositions sur le lion du quotidien, le lion à vivre, comme il le dit. Le lion plus facile à vivre.
Touré-Magil, qui est parisien, qui voit ça de travaux, qui était prévenu à Lyon depuis un an, mais il s'est rendu compte que les lois étaient rétrécies.
Beaucoup d'embouteillages aussi.
une partie de la campagne se joue là-dessus, mais la volonté de faire campagne sur ce lion du quotidien, c'est aussi ça, c'est essayer de se démarquer de tout ce mandat où beaucoup de gens ont râlé sur les chantiers, effectivement. D'ailleurs, la métropole a mis un petit peu la pédale douce sur certains chantiers à la fin pour éviter que tout ça ne s'agglomère trop. Mais effectivement, Grégory Doucet veut rendre la vie des Lyonnais plus facile, il veut être sur le terrain, il veut être les pieds dans la vie quotidienne et sortir des étiquettes qu'on lui a collées à tort ou à raison d'idéologues écologistes.
Il y a quelque chose qui a fait polémique cette semaine, et encore une fois, à travers les publications de Tribune de Lyon, c'est la reprise de l'espace public par Jean-Michel Aulas. Plus de situations d'immigration clandestine, plus de squats. Là, ça fait polémique, et ça commence à faire polémique. Richard ?
Je nuance un peu ce que vous dites. C'est-à-dire que je parle sous contrôle de mes confrères. Il y a eu des études d'opinion récentes qui ne placent pas forcément la sécurité, en tout cas à Lyon, en tête des préoccupations. Il me semble me souvenir que le logement... et l'environnement restait quand même dans les préoccupations des Lyonnais. Je ne sais pas si mes confrères ont vu la même chose. Donc c'est sûr que ces préoccupations ont joué. La deuxième chose qu'il ne faut jamais oublier, c'est que les élections municipales, elles sont très particulières par rapport aux autres. Elles sont quand même assez déconnectées habituellement, traditionnellement, des enjeux nationaux. donc si la sécurité C'est une préoccupation nationalement partagée, oui. Mais au niveau municipal, ce n'est pas forcément automatique.
C'est quand même la préoccupation de nombreux maires, comme même ici, que ce soit celui de Villeurbanne ou de Lyon, et de nombreux candidats à la mairie de Lyon, notamment.
Oui, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il peut se jouer des choses un peu irrationnelles dans les campagnes municipales, qui tiennent à l'image des candidats, qui tiennent aussi à tout ce qui peut se passer dans les trois mois qui viennent. Et là, on peut avoir encore une fois des surprises.
Et justement, en matière de logement, Lyon a été moteur dans la politique d'encadrement des loyers. D'ailleurs, Bruno Bernard voudrait étendre le dispositif à huit autres communes que Lyon et Villeurbanne, Caluire, Oulin, Vénissieux, Saint-Géné-Laval, Brons, Saint-François, les Lyons. Là, quant à lui, au contraire, il veut désencadrer les loyers, car l'encadrement fera baisser, selon lui, l'offre et augmenter les tensions. Il y aura donc un vrai choix en mars, David ?
Exactement. Oui, Richard ? Je trouve qu'il y a un vrai... l'involution... Le point très intéressant de ces élections à Lyon, c'est vraiment des choix de société qui vont s'opérer. Et le logement, vous venez de le rappeler, c'est exactement, il l'ouvre tout à fait ça. C'est-à-dire, est-ce qu'on veut encadrer, réguler les loyers, ou est-ce qu'on veut laisser la liberté aux propriétaires ? Ça, ce sont des vrais choix de société, c'est-à-dire même des choix presque idéologiques, en tout cas des choix de réfléchis sur l'avenir d'une ville. Et cette élection, elle va polariser les camps. on va avancer je pense et donc les électeurs vont percevoir ces choix de société et là encore je pense que rien n'est effectué d'avance
Richard a raison, il y a d'autres sujets effectivement qui sont de cet acabit, notamment les transports évidemment qui vont être très clivants et qui relèvent aussi du choix de société anti-vélo, anti-voiture, on est vraiment sur ce débat là la proposition de Véronique Sarsely et Jean-Michel Aulas en début de semaine d'un nouveau tunnel sur Fourvière on est la preuve Oui, On est la preuve. Faire ou ne pas faire le projet Rive-Droite qu'a proposé Bruno Bernard, ça c'est des choix, si ce n'est de société, en tout cas des choix structurants. Et là aussi, il y aura un choix à faire pour l'un ou l'autre en marque.
Richard disait que l'environnement, ça serait un des principaux thèmes de cette campagne à Lyon. Ce n'est plus l'apanage forcément des écologistes ou alors au contraire, ça va leur donner des électeurs et des voix ?
C'est aussi très paradoxal, c'est-à-dire que les écologistes... étant un peu acculé, accusé d'être dogmatique sur ces questions-là, ils l'ont mis un peu au second plan. J'ai ressenti le vent venir. C'est ça qui est très étonnant. On va voir comment ils vont évoluer là-dessus. Mais c'est vrai que leur sujet qui les a portés au pouvoir en 2020, on s'en souvient, on s'en souvient des marques pour le climat, c'était vraiment une préoccupation majeure. Ils étaient dans ce contexte-là, ça a changé. mais est-ce que ça va revenir un thème un peu déterminant dans le vote ? On le verra, et ce n'est pas ici.
En tout cas, il y aura un vrai choix, effectivement, en mars prochain, quelle que soit la commune, en tout cas à Lyon et à Villeurbanne, et dans l'agglomération lyonnaise, ça sera vraiment un choix qui sera opéré, un choix tranché.
Je pense.
On parle souvent, on en a beaucoup parlé dans les différents candidats, ou en tout cas politiques, qu'on a pu recevoir depuis le mois de septembre. Ils se font un peu les porte-parole des commerçants, notamment. Est-ce que c'est un vrai poids, les commerçants, dans les élections locales, notamment ? Qui veut répondre ? David, peut-être ? Ou Majid ? David, la Chamine de Lyon ?
Oui, la souffrance des commerçants qui a été... Notamment dans le monde de l'économie, c'est bien entendu. Effectivement, c'est ça que j'allais dire. C'est surtout là où se sont concentrés les grands chantiers, ou en tout cas les chantiers symboliques. que les commerçants se sont beaucoup fait entendre. Donc effectivement, il y a une capacité à rassembler aussi, à se faire entendre, dont vont se saisir les équipes Jean-Michel Wallace et Véronique Sarcelli, bien sûr. Mais dans les autres communes, je ne suis pas sûr qu'en dehors de Lyon, le sujet commerce soit si important. Dans les communes un peu limitrophes, il y a aussi effectivement la santé, la proximité des services publics, la sécurité, effectivement. Le commerce, c'est très lyonnais, là, je pense. C'est ce que pense Richard.
Oui, on a une loupe, on a une focale précise quand même. On ne retrouve pas dans les autres communes. Ils partagent la vie de David avec des groupements de commerçants, des associations qui savent se faire entendre, qui expriment de vrais soucis, ça on ne peut pas le nier, politiquement orientés parfois. Mais là encore, quelle est la part électorale des commerçants dans l'électorat global à Lyon ? Il faut encore mesurer les choses, il faut faire attention entre les réseaux sociaux, le bruit un petit peu ambiant et la réalité électorale qui va s'exprimer. Il y a une petite réserve là-dessus, mais en tout cas, ça a poussé les écologistes à s'interroger un peu sur leurs méthodes, à réfléchir. Ça va encore se remettre en cause,
mais ils y réfléchissent.
Oui, et puis ça les a vraiment un peu poussés à réfléchir sur le fait de... écouter, d'écouter les gens. Il y a quand même un point de campagne qui est intéressant autour de ça.
Alors, en tout cas, il y a un nouveau mode de scrutin qui a été voté pour les élections municipales. Les électeurs vont voter pour les conseillers d'arrondissement et les conseillers municipaux. La liste arrivée en tête va bénéficier de 25% des places seulement contre 50% auparavant. C'est une bonne réforme, selon vous, et qu'est-ce qu'elle peut changer ? Est-ce que ça peut avoir une incidence sur telle ou telle liste ?
Moi, j'ai du mal à répondre. J'ai du mal à voir Quelle va être la traduction concrète Si vous voulez De cette plateforme Si l'idée c'est de donner aux mairies d'arrondissement Plus d'autonomie, plus de pouvoir Il faut quand même les moyens qui vont avec Ce n'a pas beaucoup de sens C'est aussi le risque De déconnecter la mairie centrale Puisqu'on aura un scrutin Avec une pour la mairie centrale, et dans chaque mairie annexe, comme on dit, un scrutin propre. Donc est-ce qu'il y aura une déconnexion entre ces deux niveaux de pouvoir ? J'avoue que j'ai du mal à lire la traduction concrète de tout ça, très franchement. Et je trouve que ça a été une réforme un peu précipitée et très poussée par le contexte parisien. je crois que ça a été quand même très voulu par le gouvernement autour de la candidature de Rachida Dati. Et que pour Lyon, ce qu'on oublie à Paris, c'est qu'à Lyon, il y a une troisième élection qui est celle de la métropole. Qui est très liée,
évidemment. Car encore une fois, le maire de Lyon n'a presque aucun pouvoir s'il n'a pas la majorité également à la métropole.
Exactement. Je trouve que ça fait beaucoup. C'est un peu conçu dans mon esprit pour l'instant.
On a parlé d'environnement, de déplacement, de sécurité. La culture a encore un peu une place dans le programme des candidats, David ?
On avait une réunion aujourd'hui à Tribune de Lyon, on s'est dit, parce qu'on organise un débat à la Comédie Odeon le 19, métropolitain entre Bruno Bernard et Véronique Sarcelli, ça portera sur l'attractivité économique, et on s'est posé la question, bon pour le deuxième débat il y en aura un autre, qu'est-ce qu'on va porter comme sujet, et dans la réflexion, il n'y a rien à être arrêté, mais on s'est dit, la culture a quand même, comme souvent d'ailleurs, oublié des débats pour l'instant. Les débats, on peut porter dessus.
Il faut de moyens, souvent. Il y a quelque chose qui n'est pas sur le dessus du panier du budget.
Non, c'est même le contraire. C'est plutôt eux qui ont payé pendant tout le mandat les réductions budgétaires en cascades et en ruissellement du national au local et des collectivités territoriales qui ont réduit leurs subventions. Mais il y a aussi un enjeu politico-urbanistique autour de la culture et des salles de culture dans la métropole de Lyon, entre la LTE Niguernier, la LCL RNA qui est arrivée et qui marche très bien. la volonté de Villeurbanne, puisqu'on en parlait tout à l'heure, de refaire l'Astrobal et donc d'en faire, si possible, une salle de spectacle. Donc il y a toute une chose à interroger sur le tissu culturel lyonnais, bien sûr.
Richard ?
Oui, il ne faut jamais oublier que la culture, c'est une grosse compétence de la mairie, pour le coup. C'est un de ses trois principaux budgets. Donc elle a un rôle, il y a l'orchestre et l'opéra de Lyon. Voilà, il y a des grosses institutions. C'est une lumière aussi, oui. C'est un débat très important. Et là encore, il y a des paradoxes dans le début de cette campagne. Au début, Jean-Michel Aulas a parlé culture. Il a dit que c'était quand même pour lui... Alors, c'est dans son entourage, on voit des influences qui le disent un peu dans ce sens-là, je pense. Mais il a dit que le sujet était pour lui une vraie préoccupation. Donc on va voir. dans la suite de la campagne.
Dans le document des propositions. Merci Richard, merci d'avoir été avec nous, parce que je sais que vous devez nous quitter. Merci à vous d'avoir été avec nous par téléphone. Je vous rappelle le correspondant du quotidien Le Monde dans nos verres, Néronalp. Merci, on va marquer une pause, une nouvelle pause dans cette émission. On va se retrouver dans quelques minutes après la pub avec David Gossard, qui reste, et Majid Khiat, de France Télévisions, qui reste. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère, une émission spéciale journaliste aujourd'hui avec Majid Khiat, grand reporter à France Télévisions, David Gossard, journaliste à l'hebdomadaire Tribune de Lyon, et Richard Chiqui, qui était avec nous au début de cette émission, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, Rhône-Alpes. Alors, vous le savez, dans cette émission, nous avons l'habitude de demander à notre invité principal... de choisir lui-même un invité par téléphone, mais aujourd'hui, je me réserve un petit peu ce rôle. C'est le principe de cette émission. Jeudi, nous avons commémoré les 30 ans de la mort de l'ancien président de la République, François Mitterrand. C'était le 8 janvier 1996. Que reste-t-il de François Mitterrand, de son esprit et de son action en 2026 ? Je me disais que qui de mieux pourrait en parler que Jean Glavani, ancien ministre de l'Agriculture sous Lionel Jospin, mais surtout actuel président de l'Institut François Mitterrand. et ancien chef de cabinet de François Mitterrand au Parti Socialiste, puis à l'Élysée durant tout le premier septennat. Bonjour Jean Glavani. Bonjour. Bienvenue sur Lyon Première. Cette commémoration s'accompagne de la sortie d'ailleurs d'un livre « Conversations secrètes » que vous signez aux additions Perrin. Tout d'abord, comment vous avez marqué cette date anniversaire, cette semaine ?
Juste une conversation intime, non pas secrète. Parce que si c'était secret, je déviulerais. Déviulerais quoi ? Eh bien écoutez, nous avons fait, comment dire, célébrer ce 30ème anniversaire d'abord par un pèlerinage à Ajarnac, le caveau de la famille Mitterrand, la ville natale de François Mitterrand, et là où il a été inhumé, là où se situe aussi la maison natale qui appartient à l'Institut François Mitterrand, que nous essayons de faire vivre et de s'avionner. Puis nous sommes rentrés à Paris, où nous avons déposé une autre gerbe en fin d'après-midi. avenue Frédéric Le Plec, le domicile où il était éteint, le dernier domicile de sa vie. C'est son domicile bureau, effectivement. Oui, enfin, nous sommes allés au théâtre de la Concorde, où avec la ville de Paris, nous avions organisé une représentation. théâtral, de lecture de texte de François Mitterrand lui-même, et aussi d'auteur qu'il aimait particulièrement. Il avait une représentation avec deux anciens, deux comédiens de la comédie française, et qui est mise en scène par Yvan Morane, qui est un très bon homme de théâtre, un ami de l'Institut.
C'est ça, François Mitterrand était un homme de lettres, bien sûr.
C'est d'ailleurs pourquoi l'Institut François Mitterrand, sur ma proposition, le Conseil d'administration, à décider. Il faut que de faire des cérémonies comme ça, un petit peu impersonnelles, et de fonder simplement sur le recueillement et sur des herbes de fleurs, il faut le faire bien sûr. Mais de passer toute l'année 2026 dans le cadre d'un cycle de manifestations sur ce thème, de François Mitterrand, homme de lettres, à la fois homme tout privé des lettres, d'ailleurs nous avons publié, nous allons en 2026 publier un recueil de correspondance de François Mitterrand,
à différents destinataires.
homme de l'Est, mais aussi homme d'écriture, il a écrit des livres, amoureux des bibliothèques et des livres anciens, amis des écrivains, de très nombreux écrivains qu'il fréquentait, et donc nous allons faire tout au long de l'année des manifestations, ce qui se termineront d'ailleurs par deux grandes manifestations à l'automne, l'une un colloque à la Bibliothèque Nationale de France, dans le sud de France-Amitéran, du 13ème arrondissement, un colloque sur ce thème de France-Amitéran-Andolètre, et la dernière, ou la coupole, puisque les académies... toutes les académies, dont l'Académie française nationale, recevront pour une manifestation d'hommage à Mitterrand-Lolet. Donc, ça a commencé hier par cette représentation au théâtre de la Concorde.
En ce qui vous concerne, vous avez attendu 30 ans pour écrire sur François Mitterrand. Ça laisse quand même le temps de prendre du recul, j'allais dire.
Oui, j'ai longtemps hésité à le faire, parce que toutes sont trop précipitées. Ils auraient pu m'en dissuader, mais ils m'en ont dissuadé longtemps.
Ça a faussé leur jugement à cette époque ?
Je pense que certains se sont tellement précipités que les archives sont ouvertes. Elles ne l'ont pas été pendant 25 ans. Elles le sont et on a quelques démentis qui sont désagréables pour ceux qui se sont précipités. Mais ce que je veux dire, ce n'est pas tellement le sujet, c'est que j'ai un de mes amis qui est un grand historien, qui est Jean-Noël Jadonnet, que je vois souvent et avec qui j'étais ministre dans le gouvernement de Bérégovore. Et à savoir qu'on parlait de politique et qu'on parlait de Mitterrand et que je lui disais de raconter des anecdotes ou des conversations, il me disait de manière combinatoire, écris Jean, écris Jean, écris. Et à un moment, j'ai dit, on est marre, j'ai dit, écoute, je veux bien écrire, mais je ne vais pas écrire une biographie de Mitterrand, ni écrire un essai sur Mitterrand. Des biographies m'ont eu très bonne de fait, notamment par exemple la couture ou Michel Vinoch. Et un essai, je ne suis pas un essayiste, l'objectif est neutre. Et donc, il m'a dit, non, non, et qu'est-ce que tu as vécu avec lui ? Oui, car vous avez été au plus près de François Mitterrand.
Une question de Majid Kiliat.
Bonjour, Jean Glavani. Alors, moi, je suis né en 1994. Je n'ai pas connu François Mitterrand. Selon vous, c'est quoi l'héritage politique, aujourd'hui, de François Mitterrand ?
C'est vraiment une question que je comprends complexe, mais c'est de la résumer. D'abord, il y a un héritage. politique.
C'est un peu le travail d'ailleurs de l'Institut François Mitterrand, on est bien d'accord.
Absolument. L'héritage politique, c'est celui de l'alternance. La Vème République, pendant 23 ans, elle n'avait pas connu l'alternance, et le fait que François Mitterrand, en rassemblant la gauche, c'est un fédérateur de la gauche, provoque l'alternance en 1981, c'est un événement très important dans l'histoire de la République. Ensuite, il y a les grandes conquêtes sociales de 1981, les droits des travailleurs, même la retraite à 60 ans, donc tout près à... Parlez avec vous si vous le voulez. Il y a eu des vraies grandes conquêtes sociales en 1981 qui, en matière de politique sociale, ont été un grand progrès. Le troisième domaine, c'est évidemment les droits et libertés. On dit l'abolition de la peine de mort. C'est évidemment une mesure symbolique, centrale. Mais n'oublions pas aussi l'abolition du débit d'homosexualité qui était pénalement répressif, ou bien la suppression de la Cour de sûreté de l'État, des tribunaux d'exception. Il y avait quand même un arsenal.
On va parler pour notre paroisse et notre chapelle aussi.
Voilà, la liberté des sondes absolument, la liberté des communes avec la décentralisation, la liberté des médias avec la rupture du cordon umbilical entre le gouvernement et les scènes publiques. Bref, en matière de droits et libertés, c'est quelque chose de fondamental. Je vais mettre en cadre la culture. Ça a été, François Mitterrand, c'est engagé pour la culture, pour le budget de la culture, ça a connu un doublement. Et pour une politique culturelle très ambitieuse que Jacques Lang a magnifiquement mise en scène, il y a eu un bouillonnement culturel qui a marché toute cette époque. Et puis, je dirais le dernier domaine, je peux m'arrêter, il y en a deux autres.
toute la journée.
L'Union Européenne qui était sous l'engagement et toute la vie de François Mitterrand, qui a connu des progrès considérables avec le Nothalement, le coup franco-allemand entre Mitterrand et Co, la présence de Jacques Delors à la Commission, qui ont fait faire de gros progrès à l'Union Européenne. Voilà, c'est un héritage.
Ça, c'est évidemment, Jean-Glaveni, pour nous qui sommes de... Si me concerne, en tout cas, la génération Mitterrand, contrairement à Majestic Yard, par exemple, je voudrais avoir une avis. Mais pas du tout, au contraire. Et puis d'ailleurs, il est tanné quand François Mitterrand était encore vivant. Cela étant, on connaît effectivement tout ça. Maintenant, tout à l'heure, j'ai fait le lapsus, effectivement, sur le titre du livre qui est sorti avant-hier, Conversations intimes. Donc, encore une fois, puisque vous étiez vraiment assez tout proche, et encore une fois, à son contact professionnel, du moins, ce Mitterrand intime, on le découvre à travers toutes les pages, évidemment, de votre livre. Est-ce que vous pouvez nous en déflorer, quand même, quelques anecdotes ?
C'était un homme secret, je pense à Mitterrand.
Le secret l'a entouré d'ailleurs, oui.
C'était secret pour une raison que j'analyse assez bien avec le recul, c'est qu'il était passionnément amoureux de sa liberté propre. Il ne voulait être sous l'influence de personne, il ne voulait dépendre d'aucune influence, il ne voulait dépendre pas d'un seul conseil. Il voulait être maître de son temps, de ses décisions. Il ne supportait pas les injonctions à agir, il ne supportait pas du tout le... les phrases du genre « il n'y a pas d'alternative » , ça c'est pour lui, c'est la négation non seulement de la politique, mais de sa liberté personnelle.
C'est toute la définition d'un leader, c'est ce que vous nous dites.
Je vous laisse peut-être sans doute vous être en certitude, sans s'habiter de ce propos. Il l'était assurément. Donc cette liberté personnelle, c'était quelque chose de très important. Ensuite, c'était un féru d'histoire, un homme profondément imprégné de la culture historique. Il réfléchissait toujours, à la fois dans le temps long, à la fois dans le passé, pour se trouver toutes les leçons de l'histoire des décennies, des siècles auparavant, et aussi dans le temps long pour l'avenir. Il était spécifique de ne pas raisonner au bout de son nez, mais de regarder loin devant. C'était quelque chose de très remarquable chez lui. Il était tout le temps en train de se référer à l'histoire. Je vous donne deux caractéristiques, vous pourrez en trouver d'autres. C'était un homme réservé. Personne ne tutoyait autour de lui. Les seuls qui le tutoyaient... Il avait de l'aura. ... Mais sinon, tous les gens du Parti Socialiste comme collaborateur à l'Élysée, tout le monde le bouvoyait.
Et justement, comment a-t-il vécu et géré l'annonce de sa maladie, finalement, peu de temps après avoir accédé au pouvoir ?
C'est un sujet de controverse que je comprends très bien, parce que des commentateurs ou des observateurs peuvent penser qu'il a menti aux Français, mais... Merci. J'entends ce message, j'accepte que les gens pensent cela, mais beaucoup de familles de France savent, ont connu, la situation de grands malades condamnés à mort, mais qui nient leur maladie, parce qu'ils pensent qu'ils l'ont vaincu. D'ailleurs, quand on parle du mensonge de France Américaine, on doit avoir l'honnêteté de dire que ce mensonge a pris fin quand ? Il a pris fin quand il s'est fait opérer publiquement en 92, et là, il a pris fin quand il n'a plus pu nier sa maladie. comme beaucoup de grands malades il a pris conscience que la maladie allait l'emporter et à ce moment là il l'a révélé et c'est là où l'intime est devenue publique aussi c'est là où l'intime est devenue publique également exactement
Jean Glavany, vous êtes le président, je le disais, de l'Institut François Mitterrand à Paris depuis 2022, je crois après avoir succédé à Hubert Védrine, deux fidèles de François Mitterrand. Cet institut est donc chargé de faire vivre l'esprit mitterrandien ou il a un objet plus large, encore une fois ?
Eh bien écoutez, c'est un sujet sur lequel nous réfléchissons à ce coup. Ce que j'essaye d'imprégner depuis deux ou trois ans, c'est que je ne veux pas en faire un instrument politique, partisan et encore moins sectaire. J'essaye d'en faire un centre de recherche. en histoire contemporaine, et donc encourager les chercheurs d'accumuler les articles privés, d'être un centre de ressources et de recherche. Je crois que, quoi que nous fassions les uns et les autres, en pour ou en contre, si je veux dire favorablement ou défavorablement, on rentrera tranquillement dans l'histoire, c'est le cas d'ailleurs, mais ce que je voudrais c'est faciliter le travail des jeunes chercheurs. s'intéresse à l'histoire contemporaine.
Oui, c'est ça. C'est un endroit qui est réservé uniquement aux chercheurs ou qui est ouvert également au grand public ?
Des locaux suffisants pour cela, mais il est ouvert aux chercheurs, bien sûr.
Eh bien, écoutez, merci beaucoup, Jean Glavigny. Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes le président de l'Institut François Mitterrand et on vous recevait, évidemment, à l'occasion des 30 ans du départ de François Mitterrand, nous, contrairement à Majid Khiat, qui faisons partie de la génération Mitterrand. Voilà, c'est comme ça. Merci à vous, en tout cas. Et puis, je rappellerai évidemment votre livre « Conversations intimes » aux éditions Perrin. Merci. On va terminer avec nos deux invités. Des questions de dernière minute. L'homme ou la femme politique de l'année, selon vous, 2026 ? Qui veut répondre en réfléchissant assez rapidement comme ça ? David, peut-être ?
2026.
2026, ou alors 2025 aussi, évidemment.
En 2025, Olivier Faure qui a quand même réussi à obtenir la réforme des retraites sur le budget de la sécurité sociale.
Et qui a été redésigné aussi par son parti, il n'a pas gagné forcément d'avance. L'homme ou la femme politique qui va émerger en 2026 selon vous ? A part Jean-Michel Lach ?
Sinon Rachida Dati très certainement, elle va faire l'actualité parce qu'il y a un procès qui va avoir lieu en septembre et il y a ses élections municipales en mars.
Dans tous les interlocuteurs politiques que vous avez rencontrés ces derniers mois, quel est le plus authentique selon vous ? Celui qui parle le plus vrai, finalement, j'allais dire, aux Français ou en tout cas à ses administrés ou à ses futurs électeurs, que ce soit sur le plan local ou national, évidemment.
Je ne sais pas si c'est du parler vrai, mais Bruno Bernard, malgré l'image qu'il peut avoir quand vous discutez avec lui à côté de la parole officielle, peut être quelqu'un d'assez facile à côtoyer.
Et le plus passionné parmi tous les hommes politiques, ils sont tous passionnés finalement,
quelque part. Je m'imagine qu'on voulait croiser dans les couloirs de la Commune Nationale. Passionné d'histoire, je pense à Antoine Léaumant, qui est passionné d'histoire. Après, sur la politique, très honnêtement, quelle que soit la classe politique et quel que soit le parti, les députés que je croise à l'Assemblée sont passionnés et ont envie de changer la vie des Français. Ils ont des solutions différentes, mais en tout cas, ils me donnent l'impression de croire dans leurs propositions.
Ce n'est pas que des gens qui profitent des avantages, c'est quand même des gens passionnés par ce qu'ils font et l'envie de changer les choses.
Ceux que je croise à l'Assemblée nationale, en tout cas ceux qui répondent très régulièrement aux journalistes, sont passionnés.
David, c'est votre cas aussi, évidemment. Tous ceux que vous avez rencontrés, que ce soit Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet, Bruno Bernard.
Oui, complètement. Je souscris parfaitement ce qu'il vient d'être dit. Ils sont tous à fond dans leur dossier et dans leur volonté de faire avancer, même s'ils ont des solutions très différentes. Mais je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui triche là-dedans.
On n'aura pas à faire des tréchures, au moins sur 2026. Merci à vous deux, et merci également à Richard Chiqui, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne-Rhône-Alpes, qui était avec nous par téléphone tout à l'heure. Il est d'ailleurs, je le précise, auteur de nombreux ouvrages, La Guerre des Stubes, L'Histoire vraie du gang des Lyonnais chez Talendier, Les Oubliés d'Action Directe à la Manufacture de Livres. Merci aussi à Majid Kiyat, qu'on vous retrouve sur France Avo TV, et puis dans l'émission politique L'Événement sur France 2. Il y a certainement un rendez-vous dans les jours qui viennent. Et puis, merci également à David Gossard dans Tribune de Lyon. qui n'en finit plus de recueillir les propos, comme on le disait, des candidats aux élections lyonnaises. Merci à Christian qui était une nouvelle fois aux commandes techniques de l'émission. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver ce programme en podcast et l'écouter autant de fois que vous le souhaitez, évidemment, jusqu'à plus soif. Demain, 11h, complètement toqué, à peine remis des fêtes, réunira le chef meilleur ouvrier de France, Guy Lassoset et Éric Chetail, président fondateur de Cerise et Potiron, sous le mixeur d'Odile Matéi. Je vous souhaite encore une fois une bonne année à toutes et à tous et comme d'habitude, bon samedi, bon appétit !
Vous pouvez tous les inviter politiques en podcast sur lionpremière.fr. Écoutez votre radio Lion Première en direct sur l'application Lion Première, lionpremière.fr et bien sûr à Lion sur 90.2 FM et en DAB+.
Description
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
A Lyon, vous écoutez Lyon 1ère. Lyon 1ère, l'invité politique du samedi,
Wilfried Delacour.
Bonjour à tous, très bonne année à vous et à vos proches, sincèrement de la part de toute l'équipe de Lyon 1ère. Que 2026 soit sympathique avec vous, nous reprenons nos bonnes habitudes du samedi 11h, enfin presque, puisque je vous propose un numéro spécial aujourd'hui, pas d'invité politique, mais trois journalistes qui suivent la politique, et pas des moindres. Le premier à avoir répondu à l'invitation, c'est Majid Kiyad. Bonjour et bienvenue sur Lyon 1ère.
Bonjour, merci de l'invitation.
Grand reporter à France Télévisions et chroniqueur dans l'émission politique L'Événement sur France 2 et Lyonnais, je le précise.
Tout à fait, de Gerland.
De Gerland. David Gossard, bonjour David.
Bonjour.
Journaliste à l'Evdemaire Tribune de Lyon qui fait sa une cette semaine sur les propositions de l'équipe Olas. Et puis, par téléphone, recherchez qui ? Bonjour.
Bonjour.
correspondant au Novernier Ronald du quotidien Le Monde. Un plateau de choix pour revenir sur les faits marquants de la politique en 2025 et surtout pour nous projeter sur les municipales de mars prochain et sur la campagne présidentielle qui débutera dans la foulée. Alors messieurs, pour commencer cette émission, j'ai envie de vous demander quel serait votre vœu le plus cher pour la politique française en 2026 ? De la stabilité, le retour du clivage droite-gauche, une classe politique adulte ? Majid ?
Un retour du clivage Ausha, je n'arrive pas à y croire. Je dois vous dire parce que c'est quand même... Bien explosé à l'Assemblée nationale, il y a tellement de groupes. La stabilité,
on va croiser les doigts pour avoir plus de stabilité.
Oui, on va en discuter, mais effectivement, 2025 n'aura pas été la plus stable sur le plan politique. David, également, un vœu ?
La stabilité, je confirme. Et de la place à la nuance aussi dans les débats et dans les discussions, parce qu'on est très clivés. Essayer de porter une parole un peu nuancée, on se fait attaquer parce que ça n'est plus accepté.
Vous sortez déjà cette tension dans la campagne, notamment locale, à Lyon ?
Oui, clairement. Là, en plus, à Lyon, on est dans, pour l'instant, un débat de bloc parce que la tension est concentrée autour du duel Ola Sarsidi d'Oussé Bernard. Ça invisibilise un peu les autres candidats, qu'ils soient de LFI, du RN, ou Nathalie Perrin-Gilbert, ou M. Kepenica. Pourtant,
j'ai l'occasion de vous recevoir, y compris dans votre hebdomadaire. Alors, revenons sur 2025. Et pour 2025, Emmanuel Macron souhaite que l'année soit celle du ressaisissement collectif. et qu'elles permettent la stabilité. Là aussi, je souris, et Magide aussi. Avec le recul, on peut dire que c'était un vœu pieux.
Ah oui, tout à fait. Ça a été très, très compliqué en 2025. Parce qu'on va quand même se souvenir, l'année a commencé avec François Bayrou à Matignon. Elle s'est terminée avec Sébastien Lecornu, qui a démissionné, qui est revenu. On va en parler,
on va revoquer tout ça, effectivement. Qu'est-ce qui ne marche pas, en fait, depuis 2024 ? Évidemment, on sait que c'est la dissolution. qui a provoqué cet éclatement sur le plan politique, et notamment à l'Assemblée nationale. Qu'est-ce qui s'est passé pour que rien ne fonctionne, qu'aucune décision ne puisse être prise ? Les clivages, justement, David le disait, les clivages sont trop importants entre partis pour qu'on aboutisse au moindre accord ?
Ah oui, tout à fait. Moi, je le constate au quotidien à l'Assemblée nationale. Il y a des discussions entre les différents groupes, parce que tout se passe à l'Assemblée nationale aujourd'hui, et même le Premier ministre l'a bien compris.
Il n'y a pas que dans les mille cycles qu'on discute, d'ailleurs, dans les travées également, et dans les commissions.
et sur les travées ils discutent mais il y a des désaccords au fond, et les forces politiques n'arrivent pas à s'entendre. Même sur des textes finalement assez consensuels, il y a des oppositions, on l'a vu sur le budget. Le budget de la Sécurité sociale, il a été voté, ça a été très très compliqué pour Sébastien Lecornu. Le budget de l'État, le PLF, je peux déjà vous le dire, il n'y aura pas de vote.
Oui, alors effectivement, il y a des solutions, le 49.3, les ordonnances éventuellement, mais ça risque d'être là aussi très compliqué. Les premières des causes à tous les deux, c'est le morcellement de la société française, David.
Le morcellement de la société française ? J'ai l'impression que chacun a juste envie d'être convaincu de ses propres avis et effectivement de moins en moins ouvert aux autres.
Et à la concertation en tout cas.
Oui, oui.
Ce qui est intéressant, c'est qu'aujourd'hui l'Assemblée nationale, moi je prends l'exemple de l'Assemblée nationale parce que c'est là où tout se passe, elle représente finalement... La société française, vous l'avez dit, il y a un morcellement majeur, il y a plein de groupes politiques et finalement il n'y a pas de majorité. C'est le constat qu'a pu faire Emmanuel Macron lorsqu'il a dissous l'Assemblée Nationale. Il n'y a pas de majorité parce qu'il y a eu ce front républicain qui n'a pas permis très certainement au Rassemblement National d'avoir une majorité relative. Maintenant si aujourd'hui il y avait une dissolution, je pense que ça pourrait être différent.
C'est la proximité des élections municipales, puis évidemment celle de l'année prochaine, de l'élection présidentielle, qui fait que chaque parti tire la couverture à lui. Là aussi, il n'y a pas de concertation, il n'y a pas de concession. David ?
Clairement, les législatives anticipées ont rebattu les cartes. Ça a attisé les ambitions de certains, qui n'étaient pas forcément prévues. Je pense qu'à côté d'ici, à Villeurbanne, où Jean-Paul Brette, l'ancien maire, qui est allé au deuxième tour face à Gabriel Amart insoumis, a fait un score tellement proche, il s'est dit, Why not ? Et du coup, là, on le retrouve en opposition au maire sortant qui était son poulain. Et vous avez désormais une liste insoumise, séparée de la majorité. Les législatives ont tout rebattu.
Alors pour en dire sur la politique nationale, depuis deux ans, l'adoption de la loi de finances se fait au forceps. Majid en parlait. François Bayrou, pour en dire effectivement sur le début de l'année 2025, a blanché et aussi tout l'été pour finalement chuter sur le vote de confiance à l'occasion de son discours de politique générale. Finalement, à votre avis, Bayrou, c'était le bon choix ?
Je pense qu'au moment où Emmanuel Macron choisit François Bayrou, d'abord, il faut se souvenir du moment de sa nomination. Ce qu'on entend des proches du chef de l'État, c'est qu'on a un homme, François Bayrou, qui vient le matin, qui a au téléphone notamment Emmanuel Macron les jours précédents, et qui s'impose un peu, puisqu'il explique à Emmanuel Macron qu'il n'est pas nommé Premier ministre. Oui, c'est ça, c'est pas forcément le choix du président à ce moment-là. Le Modem pourrait quitter la coalition avec les autres parties du Bloc central. Donc, François Bayrou, est-ce que c'était le bon choix ? C'est sûr qu'on savait que c'était un négociateur, comme Michel Barnier. Le problème, c'est que François Bayrou... comme Michel Barnier et comme Sébastien Lecornu, se retrouvent face à une assemblée totalement fragmentée avec laquelle il faut trouver des consensus. Et c'est là la difficulté pour les premiers ministres.
Alors consensus, mais Bayrou n'a rien voulu céder, sur rien. L'histoire retiendrait qu'il a manqué de souplesse à un moment donné et qu'il a fait perdre du temps à la France ou qu'il a eu raison au contraire de garder le cap.
Je pense qu'au moment où en juillet, pour que le... Tout le monde se souvient, en juillet, il donne cette conférence de presse, je me souviens, j'y étais. Il dit qu'il faut 40 milliards d'économies. Et à ce moment-là, il fait un constat que toutes les forces politiques, quasiment toutes, font qu'il faut des économies. Le pays va mal économiquement.
Tout le monde n'était pas d'accord sur le diagnostic, pas forcément sur les solutions.
Exactement, tout le monde n'était pas d'accord sur les solutions. Et très vite, François Bayrou va s'enfermer dans la même rhétorique. C'est-à-dire que tout l'été... Souvenez-vous, tout l'été, il dit « il faut économiser 40 milliards, je ne céderai pas » . Finalement, il va au vote de confiance alors que c'est très bien qu'il n'obtiendra pas le vote de confiance. Et ce que je peux vous dire aujourd'hui, j'ai échangé justement sur François Bayrou avec un député Renaissance du Bloc Central. Lui, à l'époque, était persuadé, m'a dit « François Bayrou, il va au vote de confiance en sachant que ça ne va pas marcher. » Pourquoi ? Parce qu'il veut dire « j'ai donné le diagnostic, j'ai donné la solution, vous ne la voulez pas » . je pars et je proposerai un projet pour 2027 maintenant est-ce que François Bayrou a ses chances en 2027 ?
c'est une autre question sur laquelle on aura peut-être l'occasion de revenir plus tard est-ce qu'à votre avis le président aurait dû à ce moment-là justement nommer un premier ministre de gauche tendance LFI ou socialiste ?
non ça paraissait compliqué les socialistes et les insoumis à ce moment-là ont quelques divergences au moment de la nomination de François Bayrou Est-ce qu'ils auraient pu s'entendre sur le long terme ? Moi, personnellement, j'y crois pas. On a compris que de toute façon,
c'était pas une affaire de long terme.
Mais même sur une année, est-ce qu'ils auraient pu faire passer les textes du NFP ? Pas sûr. Est-ce que les socialistes auraient suivi le programme du NFP ?
Il a préféré Sébastien Lecornier en fin d'année. Cinq mois après cette nomination, est-ce qu'on peut dire que c'est un fin stratège ou un bon exécutant, Sébastien Lecornu ? Avec cette histoire de fausse vraie démission et renomination juste derrière.
Ce qui m'a marqué le jour de son départ, de sa démission, j'étais devant Matignon. Et on voit un cortège sortir de Matignon. Et vraiment, on était avec les camarades. Je dis les camarades parce que c'est des confrères, mais on est toujours avec eux. Et je dis, il y a un cortège qui vient de sortir. Et on a les plaques d'immatriculation et on constate que c'est le cortège de Sébastien Lecornu. Et il est 8h du matin, 8h20, on se dit oula, il se passe quelque chose. Il se passe quelque chose et il va à l'Elysée en fait remettre sa démission. On l'apprend un peu plus tard, c'est la stupéfaction à ce moment-là. Moi, je ne suis pas de ceux qui pourraient dire qu'il a fait exprès de démissionner pour mettre la pression. Ça, je n'en sais rien. Une chose est sûre, c'est que c'était la première fois qu'un Premier ministre nommé met 26 jours à choisir son gouvernement. C'est dire la situation du pays quand même.
Avec une équipe qui était composée essentiellement de ministres, d'ailleurs de l'équipe précédente, François Bayrou. Là, il y a eu une erreur quelque part.
Une erreur, je ne sais pas. Je sais qu'un homme m'a fait poser beaucoup de questions. C'est Bruno Rotailleau. Parce que Bruno Rotailleau, tout le week-end avant la nomination du gouvernement, il le passe une bonne partie à Matignon, à échanger avec Sébastien Lecornu, à décider limite des ministres LR qui pourraient rejoindre ce gouvernement. et au moment de la nominisation du gouvernement, le dimanche soir, il y a ce tweet à 21h40 qui nous surprend tous. Je pense que vous, quand vous l'avez vu, vous n'avez pas compris. Et il décide de ne plus rejoindre le gouvernement. À ce moment-là, Sébastien Lecornu se dit qu'il faut repartir de zéro. Et repartir de zéro sur un casting aussi large, c'est compliqué. Et je pense que c'est l'un des éléments, en tout cas, qui l'a poussé à amener sa démission sur le bureau d'Emmanuel Macron.
Du coup, ça donne quelle santé des différents partis ? Le parti présidentiel, dans l'année qui vient, est-ce que là, ça va être compliqué pour lui quand même, même s'il y a...
Ça va être compliqué, oui. Moi, je suis pas mal le parti présidentiel. C'est le parti renaissance. C'est un peu dur de dire parti présidentiel aujourd'hui parce que Gabriel Attal s'est quand même bien démarqué d'Emmanuel Macron. Ce qu'on peut se dire aujourd'hui, c'est que ce parti présidentiel, il va être en grande difficulté si demain, il y a des élections législatives anticipées. Il pourrait y avoir beaucoup moins de députés qu'ils ont de députés aujourd'hui.
On aura l'occasion d'en reparler dans la deuxième partie de cette émission. On va retrouver donc Majid Kiyat qui est avec nous, David Gossard de Tribune de Lyon et puis Richard Chiqui qui nous rejoint également par téléphone correspondant du quotidien Le Monde dans Auvergne et Ronalp et on va parler plus local dans la deuxième partie évidemment avec les élections qui se profilent, les élections municipales. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Léon Premier avec aujourd'hui une émission spéciale journaliste avec David Gossard, journaliste hebdomadaire Tribune de Lyon, Majid Kiyad, grand reporter à France Télévisions et Richard Chetier par téléphone correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, au Rhône-Alpes. Alors messieurs, on revenait juste avant la pause sur 2025, mais on va y venir maintenant sur le plan plus local. Les candidats à la mairie de Lyon et à la métropole de Lyon se sont fait connaître. La surprise, bien sûr, c'est Jean-Michel Hollat, chef d'entreprise, ancien président de l'OL. Est-ce qu'il a tout à perdre ou a tout à gagner dans cette démarche, David ?
Il n'a pas grand-chose à perdre. Lui, à titre individuel, il a fait sa carrière. D'ailleurs, il en joue beaucoup, à juste titre, pendant la campagne.
C'est peut-être un élément marquant, évidemment, un élément important.
Ah ben, alors, ils ont commencé à faire campagne avant les fêtes, un peu tout seul, puisque les sortants préféraient attendre un peu plus tard pour se lancer. Donc, il a eu le terrain complètement ouvert pour pouvoir avancer et profiter de sa notoriété. Ils ont aussi su faire le rassemblement derrière lui. Il faut le reconnaître, il ne part pas tout seul. Il y a tout le monde derrière lui, LR et le bloc central. Donc, lui, il a tout à gagner. S'il ne gagne pas, concrètement, ce n'est pas très grave. Ce qui est plus surprenant, c'est qu'on le retrouve là. Parce qu'à l'origine, quand on a commencé à avoir des rumeurs, genre Michel Aulas pourrait, on est en train de sonder, etc. Au début, on se disait, hum. Et puis finalement, la dynamique, elle a vraiment lancé. Donc,
ça a été véritablement une surprise quand même en 1025. Et Ritter également. Est-ce qu'il a tout à perdre ou tout à gagner ?
Moi, je ne suis pas tout à fait d'accord avec David.
Mais c'est bien.
Oui. Je pense qu'il y a quand même à perdre dans le sens où c'est un homme... un peu de challenge pour reprendre son vocabulaire d'entrepreneur, et que donc il s'est lancé un défi, et que pour lui, en termes d'image personnelle, je pense en termes de, oui, même de vie personnelle, de trajectoire personnelle, c'est un enjeu assez important. Et il aurait assez à perdre de ce point de vue-là, je crois. Il a toujours été gagnant dans ce qu'il entreprenait. Et là, ce serait quand même un mauvais coup pour lui si ça devait arriver.
Surtout qu'il a pris goût à cette bagarre-là qu'il ne connaissait pas. Il l'a reconnue dans nos colonnes la semaine dernière. Il a découvert tout un pan de la société civile, de la vie locale avec qui il n'était pas forcément connecté. Il commence à prendre goût à la bataille, à aller sur le terrain et à connaître les gens. Donc je pense qu'effectivement, comme tu le dis, il n'a rien à perdre objectivement. Mais effectivement, je pense qu'il a bien envie maintenant quand même.
En tout cas, il a déjà remporté au moins trois sondages avec 46-47% des intentions de vote dès le premier tour. Est-ce qu'il a déjà remporté au moins la bataille de l'image ?
Moi, c'est la vision plutôt parisienne. Pour le coup de Paris, lorsqu'on parle des élections municipales depuis quelques mois, Lyon vient quasiment en tête avec l'élection municipale à Paris. Pourquoi ? Parce que Jean-Michel Aulas. En termes d'image, tout de suite, tout le monde le connaît. Quelle que soit la commune dont vous venez en France, vous avez déjà vu Jean-Michel Aulas répondre à la presse après un match de l'Olympique lyonnais. Donc moi je dirais qu'en termes d'image, il a un background derrière lui qui est assez important.
Ça veut dire que les électeurs potentiels se focalisent plus sur l'image, la personnalité, que sur les propositions qui tombent, notamment dans les colonnes de la tribune de Lyon cette semaine ?
Il peut ramener dans les urnes des gens qui n'auraient pas forcément voté pour les partis sans lui. Clairement c'est un peu ça le pari de l'avoir choisi lui. Il peut amener au vote des gens qui ne votent pas.
Richard, oui.
C'est en ça où cette élection est parfaitement inédite. Une des questions qui ne s'est jamais présentée jusqu'à présent, c'est de savoir si un candidat comme Jean-Michel Aulas, qui bénéficie d'une notoriété exceptionnelle et pour l'instant de la faveur des sondages, c'est de savoir si cette notoriété se transforme en intention de vote au final. Et ça, on ne l'a jamais vraiment vécu. Donc on va voir au mois de mars ce que ça va donner. Donc je dis oui pour la notoriété, évidemment. Mais est-ce qu'en termes de vote, est-ce qu'en termes, une fois que les débats, les propositions auront été posées, est-ce que cette notoriété va résister, j'allais dire, à l'épreuve électorale ? Voilà, c'est une question qui se pose et qui était vraiment intéressante. Une des nombreuses questions intéressantes de cette élection, je trouve.
Alors justement, il y a la personnalité des candidats, évidemment, et puis les thèmes de campagne. Encore une fois, il en tombe de nombreux depuis le début de l'année. Sur quel thème ? Je pose la question à tous les trois. Les élections municipales vont-elles se jouer, que ce soit à Lyon, à Paris, à Marseille, dans les autres grandes villes françaises, selon vous ?
Ce qui est donné à l'échelle nationale, en tout cas, il y a eu des sondages. Le premier thème reste la sécurité et la lutte contre la délinquance. et parmi donc Dans le sous-thème sur la sécurité et la lutte contre la délinquance, il y a la question de la police municipale qui se pose dans de nombreuses villes en France.
Ou des polices métropolitaines. Exactement.
Et il y a aussi la propreté, la propreté de la commune. Il y a aussi l'environnement forcément qui compte. Et la santé, c'est assez surprenant parce que finalement les hôpitaux ne dépendent pas. forcément de la commune, mais c'est un thème, en tout cas, l'offre de soins.
Des propositions du côté de Grégory Doucet, notamment de créer comme ça des maisons de santé, une dizaine de maisons de santé, je crois.
Oui, tout à fait, sur la santé, sur la famille. Grégory Doucet veut vraiment concentrer sa campagne et ses propositions sur le lion du quotidien, le lion à vivre, comme il le dit. Le lion plus facile à vivre.
Touré-Magil, qui est parisien, qui voit ça de travaux, qui était prévenu à Lyon depuis un an, mais il s'est rendu compte que les lois étaient rétrécies.
Beaucoup d'embouteillages aussi.
une partie de la campagne se joue là-dessus, mais la volonté de faire campagne sur ce lion du quotidien, c'est aussi ça, c'est essayer de se démarquer de tout ce mandat où beaucoup de gens ont râlé sur les chantiers, effectivement. D'ailleurs, la métropole a mis un petit peu la pédale douce sur certains chantiers à la fin pour éviter que tout ça ne s'agglomère trop. Mais effectivement, Grégory Doucet veut rendre la vie des Lyonnais plus facile, il veut être sur le terrain, il veut être les pieds dans la vie quotidienne et sortir des étiquettes qu'on lui a collées à tort ou à raison d'idéologues écologistes.
Il y a quelque chose qui a fait polémique cette semaine, et encore une fois, à travers les publications de Tribune de Lyon, c'est la reprise de l'espace public par Jean-Michel Aulas. Plus de situations d'immigration clandestine, plus de squats. Là, ça fait polémique, et ça commence à faire polémique. Richard ?
Je nuance un peu ce que vous dites. C'est-à-dire que je parle sous contrôle de mes confrères. Il y a eu des études d'opinion récentes qui ne placent pas forcément la sécurité, en tout cas à Lyon, en tête des préoccupations. Il me semble me souvenir que le logement... et l'environnement restait quand même dans les préoccupations des Lyonnais. Je ne sais pas si mes confrères ont vu la même chose. Donc c'est sûr que ces préoccupations ont joué. La deuxième chose qu'il ne faut jamais oublier, c'est que les élections municipales, elles sont très particulières par rapport aux autres. Elles sont quand même assez déconnectées habituellement, traditionnellement, des enjeux nationaux. donc si la sécurité C'est une préoccupation nationalement partagée, oui. Mais au niveau municipal, ce n'est pas forcément automatique.
C'est quand même la préoccupation de nombreux maires, comme même ici, que ce soit celui de Villeurbanne ou de Lyon, et de nombreux candidats à la mairie de Lyon, notamment.
Oui, bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est qu'il peut se jouer des choses un peu irrationnelles dans les campagnes municipales, qui tiennent à l'image des candidats, qui tiennent aussi à tout ce qui peut se passer dans les trois mois qui viennent. Et là, on peut avoir encore une fois des surprises.
Et justement, en matière de logement, Lyon a été moteur dans la politique d'encadrement des loyers. D'ailleurs, Bruno Bernard voudrait étendre le dispositif à huit autres communes que Lyon et Villeurbanne, Caluire, Oulin, Vénissieux, Saint-Géné-Laval, Brons, Saint-François, les Lyons. Là, quant à lui, au contraire, il veut désencadrer les loyers, car l'encadrement fera baisser, selon lui, l'offre et augmenter les tensions. Il y aura donc un vrai choix en mars, David ?
Exactement. Oui, Richard ? Je trouve qu'il y a un vrai... l'involution... Le point très intéressant de ces élections à Lyon, c'est vraiment des choix de société qui vont s'opérer. Et le logement, vous venez de le rappeler, c'est exactement, il l'ouvre tout à fait ça. C'est-à-dire, est-ce qu'on veut encadrer, réguler les loyers, ou est-ce qu'on veut laisser la liberté aux propriétaires ? Ça, ce sont des vrais choix de société, c'est-à-dire même des choix presque idéologiques, en tout cas des choix de réfléchis sur l'avenir d'une ville. Et cette élection, elle va polariser les camps. on va avancer je pense et donc les électeurs vont percevoir ces choix de société et là encore je pense que rien n'est effectué d'avance
Richard a raison, il y a d'autres sujets effectivement qui sont de cet acabit, notamment les transports évidemment qui vont être très clivants et qui relèvent aussi du choix de société anti-vélo, anti-voiture, on est vraiment sur ce débat là la proposition de Véronique Sarsely et Jean-Michel Aulas en début de semaine d'un nouveau tunnel sur Fourvière on est la preuve Oui, On est la preuve. Faire ou ne pas faire le projet Rive-Droite qu'a proposé Bruno Bernard, ça c'est des choix, si ce n'est de société, en tout cas des choix structurants. Et là aussi, il y aura un choix à faire pour l'un ou l'autre en marque.
Richard disait que l'environnement, ça serait un des principaux thèmes de cette campagne à Lyon. Ce n'est plus l'apanage forcément des écologistes ou alors au contraire, ça va leur donner des électeurs et des voix ?
C'est aussi très paradoxal, c'est-à-dire que les écologistes... étant un peu acculé, accusé d'être dogmatique sur ces questions-là, ils l'ont mis un peu au second plan. J'ai ressenti le vent venir. C'est ça qui est très étonnant. On va voir comment ils vont évoluer là-dessus. Mais c'est vrai que leur sujet qui les a portés au pouvoir en 2020, on s'en souvient, on s'en souvient des marques pour le climat, c'était vraiment une préoccupation majeure. Ils étaient dans ce contexte-là, ça a changé. mais est-ce que ça va revenir un thème un peu déterminant dans le vote ? On le verra, et ce n'est pas ici.
En tout cas, il y aura un vrai choix, effectivement, en mars prochain, quelle que soit la commune, en tout cas à Lyon et à Villeurbanne, et dans l'agglomération lyonnaise, ça sera vraiment un choix qui sera opéré, un choix tranché.
Je pense.
On parle souvent, on en a beaucoup parlé dans les différents candidats, ou en tout cas politiques, qu'on a pu recevoir depuis le mois de septembre. Ils se font un peu les porte-parole des commerçants, notamment. Est-ce que c'est un vrai poids, les commerçants, dans les élections locales, notamment ? Qui veut répondre ? David, peut-être ? Ou Majid ? David, la Chamine de Lyon ?
Oui, la souffrance des commerçants qui a été... Notamment dans le monde de l'économie, c'est bien entendu. Effectivement, c'est ça que j'allais dire. C'est surtout là où se sont concentrés les grands chantiers, ou en tout cas les chantiers symboliques. que les commerçants se sont beaucoup fait entendre. Donc effectivement, il y a une capacité à rassembler aussi, à se faire entendre, dont vont se saisir les équipes Jean-Michel Wallace et Véronique Sarcelli, bien sûr. Mais dans les autres communes, je ne suis pas sûr qu'en dehors de Lyon, le sujet commerce soit si important. Dans les communes un peu limitrophes, il y a aussi effectivement la santé, la proximité des services publics, la sécurité, effectivement. Le commerce, c'est très lyonnais, là, je pense. C'est ce que pense Richard.
Oui, on a une loupe, on a une focale précise quand même. On ne retrouve pas dans les autres communes. Ils partagent la vie de David avec des groupements de commerçants, des associations qui savent se faire entendre, qui expriment de vrais soucis, ça on ne peut pas le nier, politiquement orientés parfois. Mais là encore, quelle est la part électorale des commerçants dans l'électorat global à Lyon ? Il faut encore mesurer les choses, il faut faire attention entre les réseaux sociaux, le bruit un petit peu ambiant et la réalité électorale qui va s'exprimer. Il y a une petite réserve là-dessus, mais en tout cas, ça a poussé les écologistes à s'interroger un peu sur leurs méthodes, à réfléchir. Ça va encore se remettre en cause,
mais ils y réfléchissent.
Oui, et puis ça les a vraiment un peu poussés à réfléchir sur le fait de... écouter, d'écouter les gens. Il y a quand même un point de campagne qui est intéressant autour de ça.
Alors, en tout cas, il y a un nouveau mode de scrutin qui a été voté pour les élections municipales. Les électeurs vont voter pour les conseillers d'arrondissement et les conseillers municipaux. La liste arrivée en tête va bénéficier de 25% des places seulement contre 50% auparavant. C'est une bonne réforme, selon vous, et qu'est-ce qu'elle peut changer ? Est-ce que ça peut avoir une incidence sur telle ou telle liste ?
Moi, j'ai du mal à répondre. J'ai du mal à voir Quelle va être la traduction concrète Si vous voulez De cette plateforme Si l'idée c'est de donner aux mairies d'arrondissement Plus d'autonomie, plus de pouvoir Il faut quand même les moyens qui vont avec Ce n'a pas beaucoup de sens C'est aussi le risque De déconnecter la mairie centrale Puisqu'on aura un scrutin Avec une pour la mairie centrale, et dans chaque mairie annexe, comme on dit, un scrutin propre. Donc est-ce qu'il y aura une déconnexion entre ces deux niveaux de pouvoir ? J'avoue que j'ai du mal à lire la traduction concrète de tout ça, très franchement. Et je trouve que ça a été une réforme un peu précipitée et très poussée par le contexte parisien. je crois que ça a été quand même très voulu par le gouvernement autour de la candidature de Rachida Dati. Et que pour Lyon, ce qu'on oublie à Paris, c'est qu'à Lyon, il y a une troisième élection qui est celle de la métropole. Qui est très liée,
évidemment. Car encore une fois, le maire de Lyon n'a presque aucun pouvoir s'il n'a pas la majorité également à la métropole.
Exactement. Je trouve que ça fait beaucoup. C'est un peu conçu dans mon esprit pour l'instant.
On a parlé d'environnement, de déplacement, de sécurité. La culture a encore un peu une place dans le programme des candidats, David ?
On avait une réunion aujourd'hui à Tribune de Lyon, on s'est dit, parce qu'on organise un débat à la Comédie Odeon le 19, métropolitain entre Bruno Bernard et Véronique Sarcelli, ça portera sur l'attractivité économique, et on s'est posé la question, bon pour le deuxième débat il y en aura un autre, qu'est-ce qu'on va porter comme sujet, et dans la réflexion, il n'y a rien à être arrêté, mais on s'est dit, la culture a quand même, comme souvent d'ailleurs, oublié des débats pour l'instant. Les débats, on peut porter dessus.
Il faut de moyens, souvent. Il y a quelque chose qui n'est pas sur le dessus du panier du budget.
Non, c'est même le contraire. C'est plutôt eux qui ont payé pendant tout le mandat les réductions budgétaires en cascades et en ruissellement du national au local et des collectivités territoriales qui ont réduit leurs subventions. Mais il y a aussi un enjeu politico-urbanistique autour de la culture et des salles de culture dans la métropole de Lyon, entre la LTE Niguernier, la LCL RNA qui est arrivée et qui marche très bien. la volonté de Villeurbanne, puisqu'on en parlait tout à l'heure, de refaire l'Astrobal et donc d'en faire, si possible, une salle de spectacle. Donc il y a toute une chose à interroger sur le tissu culturel lyonnais, bien sûr.
Richard ?
Oui, il ne faut jamais oublier que la culture, c'est une grosse compétence de la mairie, pour le coup. C'est un de ses trois principaux budgets. Donc elle a un rôle, il y a l'orchestre et l'opéra de Lyon. Voilà, il y a des grosses institutions. C'est une lumière aussi, oui. C'est un débat très important. Et là encore, il y a des paradoxes dans le début de cette campagne. Au début, Jean-Michel Aulas a parlé culture. Il a dit que c'était quand même pour lui... Alors, c'est dans son entourage, on voit des influences qui le disent un peu dans ce sens-là, je pense. Mais il a dit que le sujet était pour lui une vraie préoccupation. Donc on va voir. dans la suite de la campagne.
Dans le document des propositions. Merci Richard, merci d'avoir été avec nous, parce que je sais que vous devez nous quitter. Merci à vous d'avoir été avec nous par téléphone. Je vous rappelle le correspondant du quotidien Le Monde dans nos verres, Néronalp. Merci, on va marquer une pause, une nouvelle pause dans cette émission. On va se retrouver dans quelques minutes après la pub avec David Gossard, qui reste, et Majid Khiat, de France Télévisions, qui reste. A tout de suite et merci d'être avec nous sur Lyon 1ère. Et c'est le retour de l'invité politique du samedi sur Lyon 1ère, une émission spéciale journaliste aujourd'hui avec Majid Khiat, grand reporter à France Télévisions, David Gossard, journaliste à l'hebdomadaire Tribune de Lyon, et Richard Chiqui, qui était avec nous au début de cette émission, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne, Rhône-Alpes. Alors, vous le savez, dans cette émission, nous avons l'habitude de demander à notre invité principal... de choisir lui-même un invité par téléphone, mais aujourd'hui, je me réserve un petit peu ce rôle. C'est le principe de cette émission. Jeudi, nous avons commémoré les 30 ans de la mort de l'ancien président de la République, François Mitterrand. C'était le 8 janvier 1996. Que reste-t-il de François Mitterrand, de son esprit et de son action en 2026 ? Je me disais que qui de mieux pourrait en parler que Jean Glavani, ancien ministre de l'Agriculture sous Lionel Jospin, mais surtout actuel président de l'Institut François Mitterrand. et ancien chef de cabinet de François Mitterrand au Parti Socialiste, puis à l'Élysée durant tout le premier septennat. Bonjour Jean Glavani. Bonjour. Bienvenue sur Lyon Première. Cette commémoration s'accompagne de la sortie d'ailleurs d'un livre « Conversations secrètes » que vous signez aux additions Perrin. Tout d'abord, comment vous avez marqué cette date anniversaire, cette semaine ?
Juste une conversation intime, non pas secrète. Parce que si c'était secret, je déviulerais. Déviulerais quoi ? Eh bien écoutez, nous avons fait, comment dire, célébrer ce 30ème anniversaire d'abord par un pèlerinage à Ajarnac, le caveau de la famille Mitterrand, la ville natale de François Mitterrand, et là où il a été inhumé, là où se situe aussi la maison natale qui appartient à l'Institut François Mitterrand, que nous essayons de faire vivre et de s'avionner. Puis nous sommes rentrés à Paris, où nous avons déposé une autre gerbe en fin d'après-midi. avenue Frédéric Le Plec, le domicile où il était éteint, le dernier domicile de sa vie. C'est son domicile bureau, effectivement. Oui, enfin, nous sommes allés au théâtre de la Concorde, où avec la ville de Paris, nous avions organisé une représentation. théâtral, de lecture de texte de François Mitterrand lui-même, et aussi d'auteur qu'il aimait particulièrement. Il avait une représentation avec deux anciens, deux comédiens de la comédie française, et qui est mise en scène par Yvan Morane, qui est un très bon homme de théâtre, un ami de l'Institut.
C'est ça, François Mitterrand était un homme de lettres, bien sûr.
C'est d'ailleurs pourquoi l'Institut François Mitterrand, sur ma proposition, le Conseil d'administration, à décider. Il faut que de faire des cérémonies comme ça, un petit peu impersonnelles, et de fonder simplement sur le recueillement et sur des herbes de fleurs, il faut le faire bien sûr. Mais de passer toute l'année 2026 dans le cadre d'un cycle de manifestations sur ce thème, de François Mitterrand, homme de lettres, à la fois homme tout privé des lettres, d'ailleurs nous avons publié, nous allons en 2026 publier un recueil de correspondance de François Mitterrand,
à différents destinataires.
homme de l'Est, mais aussi homme d'écriture, il a écrit des livres, amoureux des bibliothèques et des livres anciens, amis des écrivains, de très nombreux écrivains qu'il fréquentait, et donc nous allons faire tout au long de l'année des manifestations, ce qui se termineront d'ailleurs par deux grandes manifestations à l'automne, l'une un colloque à la Bibliothèque Nationale de France, dans le sud de France-Amitéran, du 13ème arrondissement, un colloque sur ce thème de France-Amitéran-Andolètre, et la dernière, ou la coupole, puisque les académies... toutes les académies, dont l'Académie française nationale, recevront pour une manifestation d'hommage à Mitterrand-Lolet. Donc, ça a commencé hier par cette représentation au théâtre de la Concorde.
En ce qui vous concerne, vous avez attendu 30 ans pour écrire sur François Mitterrand. Ça laisse quand même le temps de prendre du recul, j'allais dire.
Oui, j'ai longtemps hésité à le faire, parce que toutes sont trop précipitées. Ils auraient pu m'en dissuader, mais ils m'en ont dissuadé longtemps.
Ça a faussé leur jugement à cette époque ?
Je pense que certains se sont tellement précipités que les archives sont ouvertes. Elles ne l'ont pas été pendant 25 ans. Elles le sont et on a quelques démentis qui sont désagréables pour ceux qui se sont précipités. Mais ce que je veux dire, ce n'est pas tellement le sujet, c'est que j'ai un de mes amis qui est un grand historien, qui est Jean-Noël Jadonnet, que je vois souvent et avec qui j'étais ministre dans le gouvernement de Bérégovore. Et à savoir qu'on parlait de politique et qu'on parlait de Mitterrand et que je lui disais de raconter des anecdotes ou des conversations, il me disait de manière combinatoire, écris Jean, écris Jean, écris. Et à un moment, j'ai dit, on est marre, j'ai dit, écoute, je veux bien écrire, mais je ne vais pas écrire une biographie de Mitterrand, ni écrire un essai sur Mitterrand. Des biographies m'ont eu très bonne de fait, notamment par exemple la couture ou Michel Vinoch. Et un essai, je ne suis pas un essayiste, l'objectif est neutre. Et donc, il m'a dit, non, non, et qu'est-ce que tu as vécu avec lui ? Oui, car vous avez été au plus près de François Mitterrand.
Une question de Majid Kiliat.
Bonjour, Jean Glavani. Alors, moi, je suis né en 1994. Je n'ai pas connu François Mitterrand. Selon vous, c'est quoi l'héritage politique, aujourd'hui, de François Mitterrand ?
C'est vraiment une question que je comprends complexe, mais c'est de la résumer. D'abord, il y a un héritage. politique.
C'est un peu le travail d'ailleurs de l'Institut François Mitterrand, on est bien d'accord.
Absolument. L'héritage politique, c'est celui de l'alternance. La Vème République, pendant 23 ans, elle n'avait pas connu l'alternance, et le fait que François Mitterrand, en rassemblant la gauche, c'est un fédérateur de la gauche, provoque l'alternance en 1981, c'est un événement très important dans l'histoire de la République. Ensuite, il y a les grandes conquêtes sociales de 1981, les droits des travailleurs, même la retraite à 60 ans, donc tout près à... Parlez avec vous si vous le voulez. Il y a eu des vraies grandes conquêtes sociales en 1981 qui, en matière de politique sociale, ont été un grand progrès. Le troisième domaine, c'est évidemment les droits et libertés. On dit l'abolition de la peine de mort. C'est évidemment une mesure symbolique, centrale. Mais n'oublions pas aussi l'abolition du débit d'homosexualité qui était pénalement répressif, ou bien la suppression de la Cour de sûreté de l'État, des tribunaux d'exception. Il y avait quand même un arsenal.
On va parler pour notre paroisse et notre chapelle aussi.
Voilà, la liberté des sondes absolument, la liberté des communes avec la décentralisation, la liberté des médias avec la rupture du cordon umbilical entre le gouvernement et les scènes publiques. Bref, en matière de droits et libertés, c'est quelque chose de fondamental. Je vais mettre en cadre la culture. Ça a été, François Mitterrand, c'est engagé pour la culture, pour le budget de la culture, ça a connu un doublement. Et pour une politique culturelle très ambitieuse que Jacques Lang a magnifiquement mise en scène, il y a eu un bouillonnement culturel qui a marché toute cette époque. Et puis, je dirais le dernier domaine, je peux m'arrêter, il y en a deux autres.
toute la journée.
L'Union Européenne qui était sous l'engagement et toute la vie de François Mitterrand, qui a connu des progrès considérables avec le Nothalement, le coup franco-allemand entre Mitterrand et Co, la présence de Jacques Delors à la Commission, qui ont fait faire de gros progrès à l'Union Européenne. Voilà, c'est un héritage.
Ça, c'est évidemment, Jean-Glaveni, pour nous qui sommes de... Si me concerne, en tout cas, la génération Mitterrand, contrairement à Majestic Yard, par exemple, je voudrais avoir une avis. Mais pas du tout, au contraire. Et puis d'ailleurs, il est tanné quand François Mitterrand était encore vivant. Cela étant, on connaît effectivement tout ça. Maintenant, tout à l'heure, j'ai fait le lapsus, effectivement, sur le titre du livre qui est sorti avant-hier, Conversations intimes. Donc, encore une fois, puisque vous étiez vraiment assez tout proche, et encore une fois, à son contact professionnel, du moins, ce Mitterrand intime, on le découvre à travers toutes les pages, évidemment, de votre livre. Est-ce que vous pouvez nous en déflorer, quand même, quelques anecdotes ?
C'était un homme secret, je pense à Mitterrand.
Le secret l'a entouré d'ailleurs, oui.
C'était secret pour une raison que j'analyse assez bien avec le recul, c'est qu'il était passionnément amoureux de sa liberté propre. Il ne voulait être sous l'influence de personne, il ne voulait dépendre d'aucune influence, il ne voulait dépendre pas d'un seul conseil. Il voulait être maître de son temps, de ses décisions. Il ne supportait pas les injonctions à agir, il ne supportait pas du tout le... les phrases du genre « il n'y a pas d'alternative » , ça c'est pour lui, c'est la négation non seulement de la politique, mais de sa liberté personnelle.
C'est toute la définition d'un leader, c'est ce que vous nous dites.
Je vous laisse peut-être sans doute vous être en certitude, sans s'habiter de ce propos. Il l'était assurément. Donc cette liberté personnelle, c'était quelque chose de très important. Ensuite, c'était un féru d'histoire, un homme profondément imprégné de la culture historique. Il réfléchissait toujours, à la fois dans le temps long, à la fois dans le passé, pour se trouver toutes les leçons de l'histoire des décennies, des siècles auparavant, et aussi dans le temps long pour l'avenir. Il était spécifique de ne pas raisonner au bout de son nez, mais de regarder loin devant. C'était quelque chose de très remarquable chez lui. Il était tout le temps en train de se référer à l'histoire. Je vous donne deux caractéristiques, vous pourrez en trouver d'autres. C'était un homme réservé. Personne ne tutoyait autour de lui. Les seuls qui le tutoyaient... Il avait de l'aura. ... Mais sinon, tous les gens du Parti Socialiste comme collaborateur à l'Élysée, tout le monde le bouvoyait.
Et justement, comment a-t-il vécu et géré l'annonce de sa maladie, finalement, peu de temps après avoir accédé au pouvoir ?
C'est un sujet de controverse que je comprends très bien, parce que des commentateurs ou des observateurs peuvent penser qu'il a menti aux Français, mais... Merci. J'entends ce message, j'accepte que les gens pensent cela, mais beaucoup de familles de France savent, ont connu, la situation de grands malades condamnés à mort, mais qui nient leur maladie, parce qu'ils pensent qu'ils l'ont vaincu. D'ailleurs, quand on parle du mensonge de France Américaine, on doit avoir l'honnêteté de dire que ce mensonge a pris fin quand ? Il a pris fin quand il s'est fait opérer publiquement en 92, et là, il a pris fin quand il n'a plus pu nier sa maladie. comme beaucoup de grands malades il a pris conscience que la maladie allait l'emporter et à ce moment là il l'a révélé et c'est là où l'intime est devenue publique aussi c'est là où l'intime est devenue publique également exactement
Jean Glavany, vous êtes le président, je le disais, de l'Institut François Mitterrand à Paris depuis 2022, je crois après avoir succédé à Hubert Védrine, deux fidèles de François Mitterrand. Cet institut est donc chargé de faire vivre l'esprit mitterrandien ou il a un objet plus large, encore une fois ?
Eh bien écoutez, c'est un sujet sur lequel nous réfléchissons à ce coup. Ce que j'essaye d'imprégner depuis deux ou trois ans, c'est que je ne veux pas en faire un instrument politique, partisan et encore moins sectaire. J'essaye d'en faire un centre de recherche. en histoire contemporaine, et donc encourager les chercheurs d'accumuler les articles privés, d'être un centre de ressources et de recherche. Je crois que, quoi que nous fassions les uns et les autres, en pour ou en contre, si je veux dire favorablement ou défavorablement, on rentrera tranquillement dans l'histoire, c'est le cas d'ailleurs, mais ce que je voudrais c'est faciliter le travail des jeunes chercheurs. s'intéresse à l'histoire contemporaine.
Oui, c'est ça. C'est un endroit qui est réservé uniquement aux chercheurs ou qui est ouvert également au grand public ?
Des locaux suffisants pour cela, mais il est ouvert aux chercheurs, bien sûr.
Eh bien, écoutez, merci beaucoup, Jean Glavigny. Merci d'avoir été avec nous. Je rappelle que vous êtes le président de l'Institut François Mitterrand et on vous recevait, évidemment, à l'occasion des 30 ans du départ de François Mitterrand, nous, contrairement à Majid Khiat, qui faisons partie de la génération Mitterrand. Voilà, c'est comme ça. Merci à vous, en tout cas. Et puis, je rappellerai évidemment votre livre « Conversations intimes » aux éditions Perrin. Merci. On va terminer avec nos deux invités. Des questions de dernière minute. L'homme ou la femme politique de l'année, selon vous, 2026 ? Qui veut répondre en réfléchissant assez rapidement comme ça ? David, peut-être ?
2026.
2026, ou alors 2025 aussi, évidemment.
En 2025, Olivier Faure qui a quand même réussi à obtenir la réforme des retraites sur le budget de la sécurité sociale.
Et qui a été redésigné aussi par son parti, il n'a pas gagné forcément d'avance. L'homme ou la femme politique qui va émerger en 2026 selon vous ? A part Jean-Michel Lach ?
Sinon Rachida Dati très certainement, elle va faire l'actualité parce qu'il y a un procès qui va avoir lieu en septembre et il y a ses élections municipales en mars.
Dans tous les interlocuteurs politiques que vous avez rencontrés ces derniers mois, quel est le plus authentique selon vous ? Celui qui parle le plus vrai, finalement, j'allais dire, aux Français ou en tout cas à ses administrés ou à ses futurs électeurs, que ce soit sur le plan local ou national, évidemment.
Je ne sais pas si c'est du parler vrai, mais Bruno Bernard, malgré l'image qu'il peut avoir quand vous discutez avec lui à côté de la parole officielle, peut être quelqu'un d'assez facile à côtoyer.
Et le plus passionné parmi tous les hommes politiques, ils sont tous passionnés finalement,
quelque part. Je m'imagine qu'on voulait croiser dans les couloirs de la Commune Nationale. Passionné d'histoire, je pense à Antoine Léaumant, qui est passionné d'histoire. Après, sur la politique, très honnêtement, quelle que soit la classe politique et quel que soit le parti, les députés que je croise à l'Assemblée sont passionnés et ont envie de changer la vie des Français. Ils ont des solutions différentes, mais en tout cas, ils me donnent l'impression de croire dans leurs propositions.
Ce n'est pas que des gens qui profitent des avantages, c'est quand même des gens passionnés par ce qu'ils font et l'envie de changer les choses.
Ceux que je croise à l'Assemblée nationale, en tout cas ceux qui répondent très régulièrement aux journalistes, sont passionnés.
David, c'est votre cas aussi, évidemment. Tous ceux que vous avez rencontrés, que ce soit Jean-Michel Aulas, Grégory Doucet, Bruno Bernard.
Oui, complètement. Je souscris parfaitement ce qu'il vient d'être dit. Ils sont tous à fond dans leur dossier et dans leur volonté de faire avancer, même s'ils ont des solutions très différentes. Mais je ne pense pas qu'il y ait quelqu'un qui triche là-dedans.
On n'aura pas à faire des tréchures, au moins sur 2026. Merci à vous deux, et merci également à Richard Chiqui, correspondant du quotidien Le Monde en Auvergne-Rhône-Alpes, qui était avec nous par téléphone tout à l'heure. Il est d'ailleurs, je le précise, auteur de nombreux ouvrages, La Guerre des Stubes, L'Histoire vraie du gang des Lyonnais chez Talendier, Les Oubliés d'Action Directe à la Manufacture de Livres. Merci aussi à Majid Kiyat, qu'on vous retrouve sur France Avo TV, et puis dans l'émission politique L'Événement sur France 2. Il y a certainement un rendez-vous dans les jours qui viennent. Et puis, merci également à David Gossard dans Tribune de Lyon. qui n'en finit plus de recueillir les propos, comme on le disait, des candidats aux élections lyonnaises. Merci à Christian qui était une nouvelle fois aux commandes techniques de l'émission. Je vous rappelle que vous pouvez retrouver ce programme en podcast et l'écouter autant de fois que vous le souhaitez, évidemment, jusqu'à plus soif. Demain, 11h, complètement toqué, à peine remis des fêtes, réunira le chef meilleur ouvrier de France, Guy Lassoset et Éric Chetail, président fondateur de Cerise et Potiron, sous le mixeur d'Odile Matéi. Je vous souhaite encore une fois une bonne année à toutes et à tous et comme d'habitude, bon samedi, bon appétit !
Vous pouvez tous les inviter politiques en podcast sur lionpremière.fr. Écoutez votre radio Lion Première en direct sur l'application Lion Première, lionpremière.fr et bien sûr à Lion sur 90.2 FM et en DAB+.
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