- Chloé
Yann a toujours été passionné d'automobile. Pourtant, ce n'est qu'à 26 ans qu'il a tout quitté pour vivre de sa passion. Comment grandir avec un père violent ? Comment vivre de sa passion ? Comment créer le podcast Auto n°1 en France ? Autant de questions auxquelles répond Yann dans cet épisode. Salut Yann, comment vas-tu ?
- Yann
Très bien, merci Chloé de me recevoir.
- Chloé
Merci à toi. C'est un peu original aujourd'hui, c'est la première fois qu'on enregistre dans une voiture. Donc merci pour ce cadre plutôt sympa. Je commence toujours de la même manière, à savoir dans quel environnement tu as grandi et ce que tu fais aujourd'hui.
- Yann
Alors j'ai grandi pour mes dix premières années dans un petit village dans le sud de la France, Coutet de Grasse, sur la côte d'Azur, derrière pays niçois. Et pour ce que je fais aujourd'hui, j'ai créé un podcast qui s'appelle Dans la boîte à gants. qui est devenue un petit peu la référence, on va dire, francophone, auto, moto, pour les passionnés. Mais si tu veux, c'est un peu comme ce que tu fais aussi, c'est des histoires humaines avant tout. L'auto, la moto, il n'est qu'une excuse. Et puis j'ai d'autres business à côté qui se sont un peu créés tout autour de ça, si tu veux.
- Chloé
Super, on va essayer de comprendre un peu comment tu en es arrivé là. Moi, ce qui m'intéresse, c'est de comprendre vraiment qui tu étais enfant. Donc, qu'est-ce que tu aimais faire et de quoi tu rêvais ?
- Yann
C'est une super question. Alors en fait, si tu veux... Moi j'ai pas forcément énormément de souvenirs de ma toute petite enfance. Non pas que j'ai vécu une enfance malheureuse en soi, mais on va dire que j'ai vécu quelques traumatismes qui ont fait que j'ai des coupures. C'est comme si l'électricité avait disparu. Depuis que je suis tout petit, je suis passionné par les voitures. Te dire que quelqu'un a une incidence là-dessus, je pense pas. Mon père, qui est malheureusement à l'origine de beaucoup de ces traumatismes, a eu quelques caisses cool, mais n'était pas passionné de caisses. Mais tu vois, j'ai l'impression que c'est peut-être la seule chose qu'on a un petit peu partagé. C'était qu'il avait des caisses sans être des caisses très chères du tout. Mais tu vois, des 205 GTI, des choses comme ça, ça parlera peut-être à certains de personnes. À l'époque, ça ne valait rien du tout. Et moi, c'était toujours le truc qui... Le côté mécanique, le côté odeur, le design, le bruit. Tout ça, ça m'enchantait complètement. Et depuis que j'ai trois ans, je pense, je suis obsédé par ça. C'est-à-dire que je lisais tous les magazines, je connaissais par cœur tous les prix des voitures, des sorties. C'est-à-dire la voiture dans laquelle on est à l'heure actuelle, une BMW somme toute classique. À l'époque, j'aurais pu te dire, avec telle option, telle option, ça vaut tant. Enfin, un malade mental. Oui,
- Chloé
tu étais passionné. Oui,
- Yann
oui. Mais tu es petit, tu ne peux pas conduire. Je reconnaissais les voitures à leur phare dans la nuit à 500 mètres. C'était une obsession, tu vois. Et je pense que je me suis un peu réfugié là-dedans parce que, effectivement, ils ont des difficultés relationnelles avec mon père, qui justement est quelqu'un, si tu veux, qui a, à mon sens maintenant avec le recul, eu la vie qu'il ne voulait pas avoir. C'est-à-dire, il avait plein de rêves, il est jamais allé au bout de ses rêves. Et moi, je pense au contraire, petit, j'étais très très rêveur. Je suis toujours. Et j'avais peut-être cette frustration de me dire, tu vois, j'ai pas eu quelqu'un qui m'a dit, tu peux croire en tes rêves, il faut le faire, tu vois. Ça arrivait bien, bien, bien plus tard. Donc, ouais, j'ai très vraiment, je te le disais en off, mais j'ai que des vagues voiles de mon enfance. J'ai pas trop de souvenirs. Et puis après, mes parents se séparaient, je suis parti à Rennes avec ma mère. Et là, je suis passé d'un petit village de 800 habitants dans le sud à une grosse ville, quartier HLM, etc.
- Chloé
Gros changement.
- Yann
Et ouais, très gros changement, multiculturalisme. Je pense que j'ai pris une bonne claque et d'une certaine manière, c'est un peu là que ma vie a vraiment commencé. Un peu dans la douleur au début, tu vois, mais j'ai découvert plein d'autres choses, tu vois.
- Chloé
Mais tu sais de quoi tu rêvais à ce moment-là ?
- Yann
C'est une bonne question. Comme je te disais, en fait, j'étais très rêveur, mais en même temps, je m'interdisais de rêver. Il y avait cette espèce de dualité, tu vois. J'ai du mal à... Je rêvais d'être riche, ça c'est sûr. Ça, c'est depuis que je suis tout petit, tu vois.
- Chloé
C'est d'où ça vient ?
- Yann
Foncièrement non, parce que, pour te dire, j'ai grandi dans une famille très à gauche, plutôt. Ma mère étant prof, mon père l'était aussi. L'une par passion, l'autre par dépit. Ouais, très à gauche, presque anarchiste, tu vois. Et quand t'es petit, si tu veux, tu suis tes parents. Moi, j'ai grandi dans les manifestations à casser des cuillères en bois sur des casseroles, tu vois. Sur la promenade des Anglais, ça y allait avec la CGT.
- Chloé
Mais tu te retrouvais pas dans ce modèle ?
- Yann
Quand t'es petit, moi, j'étais content d'être avec ma maman et de taper sur une cuillère en bois et dire à bas les puissants, quoi, tu vois. Et puis, il y a un truc qui est arrivé assez tôt dans ma vie, c'est que j'adore le commerce, en fait. Mais très petit, j'adorais le concept de convaincre quelqu'un qu'il a un besoin et qu'il achète finalement la chose que tu lui proposes. Alors au début, ça commence par des choses comme, je pense, beaucoup d'enfants, tu sais, à créer des espèces de petits marchés avec des... Moi, j'étais comme un ouf, quoi. Vraiment, ça avait une importance plus. plus marquée que pour mon petit frère, par exemple. Qui n'a pas du tout ce côté-là, qui plus lui va être médecin, tu vois. Et ouais, je crois que c'est ma mère qui m'a raconté ça il n'y a pas longtemps. 5-6 ans, tu sais, on demande souvent dans les classes qu'est-ce que vous voulez faire plus tard. Et moi, j'ai vu le millionnaire.
- Chloé
Ah oui, donc c'était vraiment juste être riche, quoi.
- Yann
Et ma mère ne comprenait pas.
- Chloé
Elle se disait, mais il vient d'où ?
- Yann
Elle se disait, mais je suis mal éduqué, c'est pas possible, c'est pas mon fils.
- Chloé
Et t'avais des modèles autour de toi qui pouvaient te faire rêver ?
- Yann
Aucun. Dans ma famille, enfin, je suis du grand-parent qui avait un peu d'argent parce que j'étais de la famille un peu, enfin, ils sont tous partis maintenant, mais chirurgien, mais c'était loin d'être des bons gestionnaires ou des bons businessmen ou quoi que ce soit. Sans méchanceté aucune, souvent les médecins sont les pires gestionnaires de la Terre. Et c'est un débat. Non, non, pas de modèle particulier, mais juste une envie. Tu sais, je pense que ça arrive à beaucoup d'enfants, mais maintenant, avec leur culte, je... Je me rends compte que c'est peut-être d'une certaine manière ce qui, en tout cas moi, dans mon esprit, m'a rendu peut-être un peu unique. C'est que j'avais cette rage, ce besoin d'avoir très tôt une vie différente, de rêver de beaucoup de choses. Alors oui, ça passait par l'argent, le succès, etc. Et puis plus j'ai grandi, plus ça s'est canalisé, tu vois, ça a mis du temps, mais sur des choses qui, à mon sens, sont peut-être un peu plus... Ouais, font plus évoluer, ont plus de sens, tu vois. Je pense que tout ça vient de ce mal-être que j'avais petit, sans rentrer en détail, si tu veux, j'avais un père violent, encore une fois, qui a pas eu la vie qu'il voulait avoir et qui le faisait payer à tous les autres, en fait, et qui était foncièrement... Enfin, qui est foncièrement une mauvaise personne, que je vois plus depuis très longtemps.
- Chloé
Et tu as été en contact avec lui quand tu as déménagé justement à Rennes ?
- Yann
Ouais, ouais, ouais, tout à fait. Ouais, mes parents s'étaient séparés et moi je descendais dans le sud pour le voir avec mon petit frère. Donc j'avais 10 ans et je traversais déjà la France, tu vois, en TGV.
- Chloé
Et t'étais l'aîné ?
- Yann
J'étais l'aîné.
- Chloé
De la fratrie. Ça aussi, je trouve ça...
- Yann
Ouais, ouais, bien sûr. Ça m'a dit beaucoup. Mon père n'a jamais eu de problème avec mon petit frère, ça a toujours été avec moi, au blocage. Et donc forcément, il y a eu aussi une incompréhension petite de pourquoi moi et pourquoi je suis un bon à rien, tu vois. Et je pense que ça a donné une rage et un caractère... Enfin, mon petit frère, on est très différents. Et je suis très fier de lui maintenant, mais... On est totalement les opposés. On se ressemble sur plein d'autres choses. Mais lui, le business ou quoi que ce soit, c'est un truc, lui, on parle lui-même pas.
- Chloé
Ouais, vous êtes différents. Tu renvoyais sûrement à ton père tout ce qu'il avait pas fait, justement.
- Yann
Je pense pas, parce que je suis... Ou alors, peut-être qu'il le voyait déjà petit, peut-être. J'en sais rien. J'ai arrêté de me... pour me torturer l'esprit avec ça. J'ai fait beaucoup de psychanalyse, etc. Je suis en paix avec tout ça maintenant. Je dis ça à l'heure où il est plus ou moins en train de partir. Donc, c'est vraiment des questions qui sont opposées à la surface pas plus tard que ce week-end. Mais je suis vraiment OK avec ça.
- Chloé
Et comment t'évolues quand t'arrives à Rennes où là, tout change pour toi ? Tu passes d'un petit village à une grande ville. Comment tu te comportes ?
- Yann
Tu vois, c'est quelque chose que je n'ai jamais raconté. C'est assez classique des enfants qui ont vécu des violences, c'est que moi-même j'étais assez violent. Et vu que j'étais grand depuis que je suis tout petit, si tu veux, quand t'as un jeune âge et que t'es grand, tu domines. Il n'y a pas encore vraiment de développement musculaire, de la force, etc. Et donc dans mon village, je suis un peu le caïd qui martyrisse tout le monde. Et quand j'arrive à Rennes, ben là c'est pas pareil. T'arrives dans un quartier HLM, un multiculturalisme. Moi j'avais un nom d'avance. Donc là je me retrouve avec des mecs qui ont plus redoublé, c'est limite je suis en CM1, il y a des mecs qui arrivent en scooter avec de la barbe, je caricature mais c'est presque vrai. Et je comprends que je ne suis plus du tout le plus fort tu vois, donc il y a un switch qui se fait aussi à ce niveau là. Ça paraît totalement hors sujet mais en vrai ça n'est pas tant parce que je passe d'un statut si tu veux où je te dis je suis le petit Kaïd à un autre où en gros... je me calme, je suis plutôt très à l'aise à l'école, sans rien foutre. Donc j'ai ce statut d'intello, qui n'est pas forcément le meilleur statut dans un quartier. Non, pas du tout. Donc j'apprends à beaucoup me défendre avec les mots, j'écris beaucoup, beaucoup de poésie, je fais beaucoup de concours d'écriture, des choses comme ça. Je suis toujours une... peut-être moins maintenant, mais j'écris un bouquin maintenant, donc il faudrait que je me remette là-dedans. Mais j'ai toujours bien aimé écrire, ouais.
- Chloé
Ça, tu le tiens de ta maman ?
- Yann
Ouais, je pense. Elle lit beaucoup. Moi, je ne lis pas du tout, par contre. Et donc, les années évoluent comme ça. Moi, je fais beaucoup d'aller-retour entre Rennes et le Sud, où habite mon père. Toujours très difficile comme trajet. C'était une époque, en plus, où les lignes directes n'existaient pas. Il fallait 12 heures pour descendre dans le Sud. Donc, toutes mes vacances étaient sacrifiées là-dedans. Je n'étais pas heureux d'y aller, parce que je savais que ça allait mal se passer. Donc je cherchais tous les moments d'évasion. Typiquement, j'allais beaucoup à la pêche quand j'étais au sud. Parce que je partais toute la journée tout seul faire de la pêche. Et je savais que moi j'étais peinard, j'étais avec mes petits vieux qui... Sur la côte, je prenais mon bus. Ça, ça n'a rien à voir. Je ne sais pas pourquoi je te raconte ça.
- Chloé
Mais tu étais hyper indépendant très jeune. Toujours,
- Yann
toujours. J'avais mon monde quoi. Et ouais, j'ai eu cette recherche d'identité, tu vois. Et puis les années passent, collège, lycée. collège toujours bon élève mais sans rien foutre et puis lycée écoute c'est l'année où voilà tu fais les années où tu commences tu sais tu as besoin de prouver des choses commence à avoir des filles tu commences à pas mal sortir machin puis moi j'étais toujours un petit jeune je traîne avec des mecs plus vieux mon meilleur pote à deux ans de plus que moi je faisais très jeune en plus physiquement tu vois et puis tu grandis et puis ça y est tu as un après saoul ça y est tu deviens tu deviens tu deviens un mec cool t'es un mec cool Et donc, les études, forcément, n'ont un peu pâti. J'ai eu mon bac et je suis désolé de le dire, maman, si t'écoutes, mais j'ai triché pour le bac.
- Chloé
Donc là, tu devenais un peu plus rebelle, quoi.
- Yann
Ouais, clairement. J'avais l'impression d'être déjà depuis très longtemps et de devenir celui que je voulais être, tu vois. Franchement, j'étais pas tellement vrai, mais c'était un autre débat. Et puis, il y a toujours ce côté je veux faire d'argent, tu vois. J'avais monté des petits business. Au début, ça commence par vendre tout et n'importe quoi sur le bon coin. Et puis ça finit avec un espèce de... Je ne sais même pas comment je pourrais appeler ça. Est-ce qu'il y a prescription ? Oui, il y a prescription, c'est moi. Jusqu'à rien. Un espèce de... Ce ne sont pas les bons termes. C'est pas un réseau de recel, parce que c'est pas le bon terme. Mais en gros, si tu veux, je dois avoir 14 ans, et j'étais allé voir un peu, vu que je vendais beaucoup de matériel, trouver à droite, à gauche, jamais de vol, jamais d'agression, jamais de drogue. Mais je suis allé voir, en fait, les éboueurs, si tu veux, de la déchetterie d'à côté de chez moi. Et du coup, mes petits 14 ans ou 15 ans, tu vois, je leur ai dit...... Voilà, en fait, je vous donne 50 balles par mois. C'est des gens qui ont des petits salaires, tu vois. Je crois que c'était 50 balles. Je ne sais plus comment j'avais fait le truc. Si vous me sortez du matériel de la déchetterie qui est en bon état cosmétique, qui est vendable.
- Chloé
À quel moment tu as une idée comme ça, par contre ?
- Yann
Parce que là, je crois que je m'étais rendu compte, si tu veux, que le matériel, c'était l'époque des MP3 encore, tout ça, ça se vendait super bien et que les gens avaient tendance à jeter pas mal de choses qui, soit marchaient encore, soit avaient été en bon état. Et... Je le dis franchement avec beaucoup de honte maintenant. Je cherchais pas à savoir si le matériel marchait ou pas. Je cherchais juste à le vendre, etc. Et in fine, ça a commencé à pas mal prendre, ce truc-là. Et en parallèle, dans mon lycée, il y avait plein de gens bien plus fortunés que moi dans le lycée. Et moi, j'étais devenu un peu le vendeur pour le compte de ces gens-là, qui avaient plein de trucs cools à vendre. Ils avaient la flemme. Moi, je prenais une coble, je prenais 15%.
- Chloé
Donc, en fait, très jeune, t'as commencé avec l'entrepreneuriat sans vraiment mettre au-dessus, mais c'était déjà très jeune.
- Yann
Mais bon, après, si tu veux... J'ai dû faire ça peut être un an, mais je te raconte, je te passe les détails. Mais plusieurs fois, j'en ai le truc, je courais parce que ça ne marchait pas. Mais je partais en fuite en bus, donc c'était ridicule comme fuite. Si le bus partait, bref, chaque fois je donnais rendez vous très loin de chez moi pour ne pas prendre de risque. Et puis après, je suis en grandissant. Je me suis rendu compte que majoritairement les gens à qui je vendais des choses qui fonctionnait ne marchaient pas et vraiment, je ne suis pas fier. C'était des gens qui n'étaient pas forcément plus riches que moi parce que Bah, malheureusement, les gens les plus facilement arnaquables sont souvent les personnes qui sont les plus naïves, les moins éduquées, etc. Et puis à un moment, ça a commencé à me poser un problème éthique en me disant, mais t'es un sombre connard, quoi. Et puis voilà, j'ai arrêté. Mais ce côté vente, en fait, au-delà de l'argent, j'adorais ça, en fait.
- Chloé
C'était le relationnel et le fait de vendre quelque chose à quelqu'un.
- Yann
Convaincre quelqu'un qu'il a besoin de ce produit ou ce service, en l'occurrence, le produit. Et ouais, j'adorais vraiment ça.
- Chloé
Et là, ça commence un peu à émerger en toi où tu te dis je vais travailler un peu plus dans ce secteur ou pas du tout ?
- Yann
Pour tout te dire, à ce moment là, moi, mon rêve, c'est de faire une école de commerce. Mais j'ai une vision, encore une fois, financière qui est un peu... Je me dis jamais je vais faire un crédit pour faire une école de commerce. Tu vois, dans ma tête, ce n'est pas possible. que j'ai pas grand chose et je veux pas partir avec des dettes tout de suite. Du coup, je me dis OK, qu'est ce que je peux faire ? J'ai un dossier de merde, je vais en fac de droit parce que le fac de droit m'a dit ouais, tu peux faire de l'argent. Avocat, ça a l'air stylé parce que t'es libre, tu fais, tu fais de l'oseille. C'est super. Et du coup, le problème, c'est que la fac, c'est la liberté. Je suis dans une époque de grosse rébellion. Donc, première année, je ne fous rien. Je retape, évidemment, je passe ma vie en boîte. C'est un carnage.
- Chloé
Et là, avec tes parents, du coup, c'est encore plus compliqué.
- Yann
Bah, si tu veux, oui, avec ma mère. Mon père, je le vois déjà. Si je le vois encore un petit peu, mais très peu. Mais je ne lui donne pas longtemps de conseils ou que ce soit. De toute façon, encore une fois, il n'en a pas vraiment beaucoup à me donner. Ma mère, c'est la figure d'autorité qui fait père et mère, en fait. Et ouais, elle est un peu dépassée, quoi. Mais comme beaucoup de mères, je pense, seules, avec deux mecs, dont un qui part un peu en cacahuète. Encore une fois, partir en cacahuète sans...
- Chloé
Oui, sans aller dans les jeux de famille.
- Yann
Mal à personne, je fais pas de délits, tu vois, voilà. Mais ouais, je suis perdu, quoi. Je suis perdu. T'as un choc entre ce que je veux être... qui j'ai envie d'être et ce que je suis vraiment et ce que je fais vraiment.
- Chloé
Est ce que tu n'as pas de modèle qui fait que ça arrive ?
- Yann
Je suis pas fier de moi parce que franchement, je me bouge pas spécialement le cul et je stagne. Comme beaucoup, je pense à cette période là.
- Chloé
Oui,
- Yann
ouais. Des jeunes à qui tu demandes de savoir ce qu'ils veulent faire alors que. On leur a jamais donné les outils pour savoir vraiment ce qu'ils veulent faire, tu vois. En tout cas, tester des choses. Et devenir bon. Apprendre à... Quand tu es passionné par quelque chose ou quand tu fais quelque chose, peu importe la manière, de devenir excellent dans ce que tu fais. Tu vois, c'est un genre, je dis à les enfants, s'ils ont envie de devenir boulangers, ils seront boulangers. Par contre, mon gars, t'as intérêt à devenir le meilleur boulanger du monde.
- Chloé
Oui, c'est ça, c'est se donner à fond pour ce que t'aimes faire, quoi.
- Yann
Exactement.
- Chloé
Et tu finis par travailler, quand même ?
- Yann
Bah ouais, en fait, si tu veux, ce qui se passe, c'est que je... J'ai un peu un coup du destin, parce qu'avec le recul, je me dis que c'était une bonne chose. Un soir, complètement bourré, je décide avec des potes de faire un espèce de concours de bras de fer avec des gens qu'on ne connaît pas dans la rue, sur un pylône en béton. Et moi, bourré comme pas possible, il ne faut pas oublier que j'habite à Rennes à ce moment-là, donc l'alcool, c'est un sujet qu'on maîtrise. Je me rends compte maintenant avec le recul à quel point on se mettait des sacrées quantités. Et en fait, si tu veux, moi je suis gaucher, je suis épais comme un câble de frein à main.
- Chloé
La référence.
- Yann
Ouais, et... Et voilà, bourré, tu te sens pousser des ailes, donc tu chambres. Et je prends le bras gauche, comme ça, tu vois, je n'ai jamais fait un bras de fer de ma vie. Et je suis sur ce espèce de pilon en béton, comme ça. Et puis je force, et en fait, mon muscle se bloque. C'est l'os qui prend toute la tension, et ça fait un énorme bruit. Mais genre des gens qui l'ont entendu à 400 mètres, sans blague. Et en fait, j'ai un deuxième coude, tu vois. J'ai l'humérus, pour ceux qui connaissent, c'est le plus gros os du bras, qui est cassé en deux. Pas de fracture ouverte, mais explosé en deux à ce niveau-là. avec une fracture ce qu'on appelle spiroïdale. Tu connais très bien les bras maintenant. Oui,
- Chloé
du coup.
- Yann
Je fais beaucoup de bêtises plus jeunes aussi, des sauts, des cascades, donc j'ai eu beaucoup de fractures. Et tu vois, là, j'ai encore une fracture, je me fais opérer la semaine prochaine. Et donc, en fait, ton os, ça veut dire qu'il a tourné, en fait. Il s'est explosé et il a tourné en même temps. Et quand tu as une fracture de l'humérus en plein milieu, tu es obligé de te faire opérer parce que c'est un os qui est trop important et il ne peut pas se recalcifier tout seul. Donc je vais à l'hôpital, je reste une semaine à l'hôpital parce qu'il traîne pour m'opérer, c'est un carnage. Et lors de l'opération, c'est un peu comme docteur Maboule, il y a tellement de nerfs que les mecs titillent un peu trop un nerf pendant l'opération. Résultat, je me retrouve paralysé de mon poignet pendant plus d'un an. Donc il faut s'imaginer que mon poignet est retombé tout en l'air, j'avais une attelle pour le soutenir. Et au bout de six mois, à force de voir un médecin différent, ils me disent Monsieur, on est désolé mais... ça va pas revenir quoi. Tu réagis quoi. Et là, t'as 18 ans. C'est ça. Et on te dit, tu vas être handicapé à la vie. Et moi, en fait, dans ma vie, là, ça a été un déclic, comme un moteur en mode, les gars, pas du tout en fait. Je crois que vous avez pas compris, j'ai 18 ans, il n'y a pas un cas où je ne rentre pas moi. Et je faisais beaucoup de kiné, c'est-à-dire que quand je dis beaucoup, c'est tous les jours. Et je deviens assez pote avec mon kiné d'ailleurs. On a fait un peu de business ensemble, c'est un autre débat. Et, Et en fait, finalement, petit à petit, grâce aux traitements à base d'électricité, de manipulation, beaucoup de souffrance quand même, parce que c'était très dur. Ça m'a remis dans un mood où, en fait, si tu veux, j'avais un objectif. L'objectif, c'était de récupérer mon bras, en l'occurrence. Mais ça a un peu changé mon mindset. Et ça, ça a intervenu vraiment au milieu, fin de la première année où je faisais de la merde. Je savais de toute façon que c'était déjà fini pour moi. J'ai fini, il y avait des classements en droit, j'ai dû avoir 6 de moyenne. C'était catastrophique. Tous ceux qui étaient derrière moi, c'était juste des gens qui avaient abandonné littéralement. J'étais vraiment nul. Et ça me revient dans un mindset où l'année suivante, je ne suis toujours pas passionné par le droit, mais en fait, je veux me prouver que si je veux, je peux. C'est l'esprit compétiteur, tu vois, plus. Je ne voulais pas être vu comme un naze.
- Chloé
Donc là tu te mets à retravailler, faire ta rééducation, et tu as un vrai objectif.
- Yann
À fond, et puis tu vois c'est l'année où je performe de ouf en droit, je crois que je fais top 10 en deuxième première année, donc je dois avoir plus de 15 de moyenne, avec tous les meilleurs quoi tu vois. Je n'ai jamais refait depuis, c'est vraiment moi je me suis prouvé que je l'avais fait.
- Chloé
C'est ça en fait, il fallait se prouver que tu arrivais.
- Yann
C'est plutôt. Et donc, si tu veux, j'ai quand même suivi après deuxième année, troisième année, pas brillamment, mais correct. J'avais compris la logique. J'ai eu besoin de trop travailler. Donc, donc, ouais, je retenais très vite le truc. J'essaie de comprendre les automatismes et tout. Quand on dit le droit, c'est par cœur, c'est pas tellement vrai, mais je retenais vite. J'ai une mémoire photographique et je retenais assez vite. Et voilà, donc les années passent. J'ai une certaine stabilité, mais je sais que, foncièrement, au fond de moi, si je suis un peu honnête, je sais que ce n'est pas fait pour moi. Et je cherche déjà des échappatoires, puisque l'année suivante, première année de master, je pars en Erasmus, Cardiff. Parce que je suis né en anglais, je me dis qu'il faut battre ce complexe. Ce n'est pas normal de ne pas savoir parler anglais à notre époque.
- Chloé
C'est la première fois que tu pars à l'étranger ? Seul ?
- Yann
Seul oui. Seul oui. Ma mère nous a fait un peu voyager mais seul oui. Puisque c'est quelque chose qui... Voilà, je voulais mon indépendance. Je voulais vivre mes trucs. Je crois que je suis parti avec l'intention, même pas de valider mon année, mais juste par l'anglais, vivre un truc. C'est ce que j'ai fait. C'était en 2014. C'est la coupe du monde de rugby. Et tu vois, ça m'a donné l'opportunité business encore une fois. C'est que je me suis rendu compte sur Abinbi qu'un peu à la même manière pour les JO, sauf que ça n'a pas très bien marché cette année. Beaucoup de gens pensaient pouvoir louer leur appart super cher et tout. Ce n'était pas vraiment le cas. Par contre, moi, au Cardiff, dis-toi, je suis en coloc. Il y a quatre nanas que je ne connais pas, mais tu sais, tu trouves des colocs sur Internet. Les Italiens, les Espagnols, avec qui je n'ai pas forcément eu plus d'affinités que ça. Puis en plus, 4 nanas, c'est compliqué quand t'es le seul mec, elles se liguent un peu contre toi. Bien sûr. Bref. Mais moi, si tu veux, très vite, le proprio, je me rends compte que c'est un gars qui gère plein d'appartements, mais qui n'est pas très, comment dire, un peu marchand de sommeil, si tu veux, sur les bords. L'appartement a beaucoup de problèmes. Oui, il fait du business. Il fait du business, il m'en déprime vraiment des gens. En tout cas, il ne m'en fallait pas plus pour moi, avoir aucun scrupule et me dire, vas-y, je vais faire une sous-loc de ma chambre en coloc. Et là, je regarde un peu ce qui se fait et les tarifs sont fous, tu vois. Et pour te dire, pendant une semaine, j'ai souloué ma chambre en reversant une petite somme à mes colocataires, parce qu'elles se taisent, évidemment. Je devais leur verser 50 balles chacune et moi, je devais prendre 800 ou 900 euros par nuit.
- Chloé
C'est énorme.
- Yann
Oui, c'est énorme et j'ai fait ça pendant une semaine. Je me suis fait balancer, je ne sais pas par qui. Mon landlord, mon proprio, a su. Il a voulu mettre la pression, etc. pour que je rende chez mes CD. Et pour la petite histoire, cette somme m'a permis de partir après aux Etats-Unis pendant mon année à Cardiff où je ne foutais rien en cours. Je faisais que voyager. Je suis parti en Irlande et tout. Je fais des road trips. J'ai vécu une vie cool.
- Chloé
La vraie vie d'Erasmus.
- Yann
Exact. Et du coup, je suis revenu avec un vrai niveau d'anglais. Parce que pour le coup, je m'étais fixé une seule règle, c'est de ne parler avec aucun français. Mais vraiment... Bravo,
- Chloé
parce que c'est pas le plus simple quand on est en erasmus.
- Yann
Ouais, je suis très content parce que j'étais vraiment... Quand je t'ai dit une bille, c'est que quand je suis arrivé, on me posait une question, il me fallait 15 minutes pour comprendre la question et le mec était déjà passé à autre chose.
- Chloé
T'as réussi à te faire des amis assez facilement ?
- Yann
Ouais, parce que c'est mon caractère, je suis très sociable et c'est peut-être... La seule chose que je sais vraiment faire, c'est créer des liens avec les gens. Je me souviens notamment d'un gars que je n'ai pas revu depuis, tu vois, qui s'appelle Xavi, donc un espagnol qui vivait à Cardiff depuis très longtemps, qui parlait l'anglais comme un espagnol, c'est-à-dire très, très vite. Et moi, je ne comprends pas qu'il parle, je ne comprenais rien et rien. Mais il a dû se prendre l'affection pour moi alors qu'on ne communiquait pas parce que...
- Chloé
Vous n'y arriviez pas.
- Yann
Non, je n'y arrivais pas du tout. Je ne parle pas un mot d'espagnol non plus. Et je l'ai revu, tu vois, trois mois après. Edinburgh, comme ça ils disent, mais c'est à Edimbourg quoi. Et à faire une visite de whisky, des manufactures de whisky complètement arrachées. Et d'un coup, on se croise, parce que c'était des groupes d'Erasmus etc. Et lui il allait toujours, même s'il était plus âgé, pour aller chercher les petites meufs et tout. Classique. Et c'était un petit chineur. Et on se retrouve à parler et tout. Et d'un coup, il s'arrête et il me dit Mais, speak English ! Et forcément avec un accent espagnol. Et je dis Bah ouais, putain, je parle anglais !
- Chloé
Ça y est, en trois mois, du coup,
- Yann
tu parles anglais. Ouais, évidemment pas exceptionnel.
- Chloé
Mais t'arrives à te faire comprendre.
- Yann
Ouais, t'as une phase énorme où ton cerveau bouillonne de fou pendant deux mois parce que tu comprends rien, tu prends trop d'infos. Et puis je pense qu'à partir de trois mois, tu commences à rêver en anglais. Et ouais, là, après, je sais plus. Évidemment, j'ai perdu un peu, je pense, mais j'ai toujours une base très correcte. qui me permettra du coup de faire des interviews en anglais je pense.
- Chloé
Et à ce moment-là, ça te donne d'autres perspectives ? Le fait d'être parti, d'apprendre l'anglais, ou tes objectifs sont toujours les mêmes ?
- Yann
Bon, en fait, si tu veux, je reviens en droit. À ce moment-là, je refais un master 1, parce que si tu veux, de toute façon, le common law, donc le droit britannique, n'est pas valable en France, donc c'était déjà prévu comme ça. En plus, je n'avais pas védé mon année, mais j'en avais rien à foutre. Mais là, je capte, si tu veux, que vraiment, je le vis dans la douleur, le master. Je ne suis pas heureux du tout. Je me rends compte que j'étais là pour les mauvaises raisons, à savoir faire du fric, et c'est en réelle raison. Foncièrement en plus, j'ai fait des stages entre temps, je me rends compte que les mecs ne font pas, à peu part, pas tant de fric que ça. Que la liberté que je croyais derrière le ministère d'avocat n'est pas vraiment existante. Que c'est tous plus ou moins, je parle de mon droit à des affaires, des mecs qui passent leur vie derrière leur bureau, seuls, avec très peu de contacts, avec des costards mal taillés et tout. Je me dis, wow, c'est pas du tout mon monde.
- Chloé
Et là, tu réagis comment ? Parce que du coup, tu te dis, j'ai fait 5 ans d'études pour quelque chose qui, au final, ne m'attire pas du tout.
- Yann
Bah ouais, je me dis comment je vais convertir ça, comment je vais valoriser tout ça. À ce moment-là, moi, je suis en coloc avec mes meilleurs potes. C'était un rêve qu'on avait un peu, de se faire... T'es trop content de l'avoir fait quoi. Et on avait une maison, tu vois, qui allait être détruite parce que c'était un gros plan de promotion immobilière. On avait trouvé un deal de fou, genre on payait rien, la baraque était folle, jardin et tout en plein Rennes. On faisait des soirées malades, la plupart des gens s'en souviennent encore. On donnait des bombes de peinture et des marqueurs aux gens quand ils rentraient.
- Chloé
Vous aviez poussé vraiment le truc.
- Yann
On a poussé le vis. Et d'ailleurs, ils ont fait un sale coup, l'agence immobilière, c'est qu'à la fin, quand on a rendu la maison, alors qu'elle est détruite, je ne sais pas pourquoi, vraiment, je ne saurais jamais, mais je pense que pour nous faire chier, ils ont dit, vous repeignez tout, vous remettez tout, on est là. Et là, je veux dire, on en garde, on garde les bons souvenirs, ça a été opération comme on doit aussi. Donc bref, et du coup, je suis dans une époque où je vis de manière très libre, tu vois, avec mes potes et eux sont, il y en a qui sont déjà dans la vie active, enfin, il y a différents profits. Et ouais, à ce moment-là, je me dis, il faut que je fasse autre chose. Et je pense à Commissaire Priseur, tu vois. Donc, pour les gens qui ne connaissent pas, Commissaire Priseur, c'est les personnes qui sont dans les maisons de vente, c'est des professions réglementées, il y en a très peu en France. Il y en a plus de 600, mais c'est très compliqué de l'être. Et donc, c'est des gens qui vendent des objets, avec le marteau, tout ça. Il y a toute cette imagerie qui me plaisait beaucoup. Ma mère étant prof d'art plastique, moi, toujours une culture un peu artistique, je me suis dit, vas-y, c'est cool. Et je me présente à la commissaire priseur dont je tairai le nom à Rennes, parce qu'il n'y en a qu'une, donc on va se tromper, pour une demande de stage en fait. Et elle me dit, en fait pas du tout, parce que moi j'ai 100 demandes de stage, pourquoi je te prendrais toi ? Et tu vois, ça argumente, et puis là d'un coup, elle a le malheur de dire qu'elle aimerait bien développer une spécialité, à savoir l'autonomie. Et elle n'y connait rien. Et là, elle n'aurait jamais dû dire ça parce que c'est ma passion.
- Chloé
C'est la passion.
- Yann
J'ai jamais lâché. Ça a toujours été la chose que j'ai jamais lâché. Tu vois, autant j'ai fait beaucoup de sport, notamment du badminton en compétition à assez bon niveau et après j'ai lâché. Mais l'automobile, vraiment, c'est la constante.
- Chloé
Et pourquoi tu n'as pas cherché à bosser dans l'automobile ?
- Yann
Parce que... J'ai jamais eu d'amis là-dedans, j'ai jamais eu de contacts là-dedans et je me suis toujours dit que c'était impossible. À ce moment-là, je me suis toujours dit que c'est du rêve. Les gens qui en vivent, ils ont des familles, ils ont machin. Je me suis mis des barrières moi-même. J'ai jamais cherché à aller les confronter ces barrières. Donc pour moi, la bagnole, c'est un milieu... Vraiment, je crois que j'ai jamais partagé cette passion. Il y a autre chose, c'est que j'en ai même honte. On m'a mis cette image dans la tête. Je pense que ma mère, ça lui plaira pas d'entendre ça, si elle écoute, mais elle m'a toujours dit que c'était un peu un truc de beauf, tu vois. Et je pense que je m'en suis un peu convaincu, donc je vivais ça vraiment dans mon coin, quoi. Je voulais pas en parler, je voulais pas qu'on me stigmatise pour ça. Oui, il y avait peut-être une forme d'un peu de honte.
- Chloé
Oui,
- Yann
sûrement. C'était plus fort que moi, tu vois. Je pouvais pas lâcher. Quand YouTube est arrivé, je regardais que des vidéos de YouTube sur les bagnoles. Enfin, c'était vraiment...
- Chloé
Oui, ça prenait quand même une grosse partie de ton temps.
- Yann
Ah oui, dès que... Et encore maintenant, tu vois, dès que je veux faire une pause en regardant une vidéo, c'est soit une vidéo d'histoire, soit une vidéo sur le parcours de quelqu'un, soit de la bagnole. Et avant, c'était que la bagnole. Mais que la bagnole. Le contenu anglais...
- Chloé
Contenu français, contenu anglais, à partir du moment où je commence à parler anglais, je suis trop content.
- Yann
Je trouve ça fou quand même que ça soit une passion aussi importante dans ta vie, et que tu ne te dises pas bon, je vais en faire mon quotidien
- Chloé
Tu sais que c'est la plupart des gens, malheureusement, ils ont des passions folles et ils n'en font jamais rien. Je suis une exception parmi les exceptions d'avoir réussi à en faire mon métier. Donc malheureusement, je pense que c'est assez courant.
- Yann
Mais au moment où tu rencontres cette commissaire priseur... Là, ça devient un peu une opportunité.
- Chloé
Oui, je me dis, ça y est. En fait, moi, j'y vois déjà presque mon chemin qui se rase. C'est-à-dire, je vais faire mon petit temps avec elle. Et après, je vais monter sur Paris. Il y a des commissaires-priseurs, notamment un gars que je connais bien, qui s'appelle Mathieu Lamour, Artcurial. C'est des spécialistes de ça. Donc, je vais pouvoir les intégrer après. Et puis, c'est l'autonomie. C'est-à-dire que je me retrouve à monter une vente de bagnole tout seul, avec une liberté totale, puisqu'elle n'y connaît rien. Je fais évidemment plein de conneries. C'est ce qui a d'ailleurs un peu sonné le glas de notre collaboration parce que j'ai pas aimé la relation qu'elle avait ni avec ses salariés ni avec moi en particulier parce qu'elle prenait un peu tout ça pour acquis si tu veux. Je me retrouve à faire la vente et peut-être dix minutes avant la dite vente, elle me dit alors explique-moi un peu les voitures qu'on a, elle s'est pas du tout intéressée. Puis dès qu'elle voit une voiture, qu'il y a une voiture d'origine... une m3 csl c'est une voiture assez rare etc et tout ce qu'elle a à me dire c'est or on dirait du tuning et si tu veux moi je le prends comme un comme crash dans la soupe foncièrement avec le recul ma vente n'était pas terrible mais mais mais il y avait du travail et puis elle a surtout fait de l'argent sur mon travail tu vois je crois qu'elle m'avait rétribué Je ne sais plus si c'était une bouteille de champagne.
- Yann
C'était vraiment le stagiaire pas respecté.
- Chloé
Si bien que notre relation explose quelques semaines après, au cours d'une vente, où vraiment je l'envoie chier d'une manière assez magistrale. Donc je ne suis pas peu fier. Et c'est là où je me dis, bon, ok, bah... Je suis dégoûté de ce milieu-là. C'est un milieu aussi, je ne te l'ai pas dit, mais très aristo. On est vraiment dans la transmission de famille en famille. Moi, je ne me reconnais pas là-dedans, encore une fois, le petit gars d'HLM. Même si j'ai... Sincèrement, on me le dit souvent. pas la tête de l'emploi tu vois j'ai ce caractère là de petits gars un peu débrouille tu vois je me dis comment je fais ça va pas mes plans je suis toujours casse départ et tout à ce moment là tu as plus rien je n'ai rien et puis je me dis Ça m'a bien plu le côté mener un projet tout seul. Est-ce que l'entrepreneuriat, c'est pas un peu... Je crois que je commence à m'enseigner sur l'entrepreneuriat. Les vidéos de The Family à l'époque, qui explosent.
- Yann
On a tous commencé comme ça,
- Chloé
je pense. Ouais, et puis je me dis, ouais, c'est cool. Je comprends pas tout, mais ça a l'air cool. Et je me dis, bon bah, j'ai jamais fait d'école de commerce. Est-ce que j'en ferais pas une ? Ah oui, mais t'as toujours pas de sous. J'ai toujours ce raisonnement-là. Donc, ah bah, je vais faire un IAE. Je regarde un peu ce qui se fait. Lyon, c'est le meilleur truc sur les IAE, le formation entrepreneuriat. Je me dis Ok, qu'est-ce que je dois faire ? Ah, je dois passer un concours, ça s'appelle le Score & Message c'est l'équivalent des concours pour rentrer en école de commerce. Je me dis, OK, là, tout de suite, il faut faire des maths et tout. Oh là là, l'enfer. Il faut faire de la logique. Oh là là, l'enfer. Et du coup, je me mets à bosser là-dessus. Je crois que je prends même des cours particuliers et tout pour vraiment devenir une machine. Je crois que je le passe deux fois le concours. La première fois, je suis mauvais. Je crois que le score mêlant, c'était 180, si je me souviens bien.
- Yann
C'est ça.
- Chloé
Et je crois que la première fois, j'avais 176. Donc là, ça ne va pas du tout. Je me déterre et je le repasse deux mois après. Et là, je crois que je tape le plus gros score de la session. Je fais 256.
- Yann
Oui, comme quoi, quand tu veux atteindre tes objectifs.
- Chloé
Ouais, ouais, ouais. Et en fait, la petite histoire, c'est qu'en fait, ça m'a servi à rien parce que aux entretiens, donc à Sommelier Lyon, en fait, ils n'ont rien à foutre du score des messages. Oh non, bon, tant pis.
- Yann
Après, au moins, tu t'es challengé une deuxième fois.
- Chloé
Et pour la petite histoire, en fait, pour je peux le dire maintenant, pour rentrer dans ce master, il fallait avoir déjà un projet entrepreneurial. Donc moi, je m'en suis inventé parce que je n'en avais pas. J'ai inventé, si tu veux, j'ai créé une fausse micro entreprise. J'ai créé une micro entreprise en disant que je faisais de l'achat, du conseil, de revente de bagnoles de collection en revendant, si tu veux, mon expérience que j'avais eue en maison de vente. Et ça,
- Yann
tu as inventé ça pendant l'entretien ? Non,
- Chloé
j'avais structuré un peu avant parce qu'il y avait des dossiers à envoyer. Donc, si tu veux, j'avais prouvé le truc. C'était que du blabla, en fait. J'avais du storytelling. Je me suis rendu compte avec le recul et les années que beaucoup de mes camarades avaient fait la même chose, évidemment. Et que cette formation n'était pas bidon, mais... Si tu veux l'entrepreneuriat, ça ne s'apprend pas, ça se vit. Et ça m'a permis de me mettre le pied à l'étrier, donc ça c'était top. De rencontrer un pote qui est toujours mon pote, et qui, tu vois, je vais apprendre qu'il va se marier en pas très longtemps, et qui est, je crois, le seul qui est vraiment devenu entrepreneur dans ma promotion. On est deux, tu vois, à vraiment avoir un projet. Puis permanent son salarié, et aucun souci avec ça. Et c'est le seul dont je suis resté proche. Mais donc voilà, et si tu veux, là je monte un premier projet, plus dans le milieu artistique. un peu comme, en tout cas dans mon esprit, un renvoi d'ascenseur pour ma mère. Tu vois, je ne lui ai jamais dit comme ça et je pense qu'elle ne l'a jamais compris comme ça, mais c'est le cas. Donc, en gros, j'organisais des soirées de musique en live avec de l'art graphique en live, c'est à dire, je te dis une bêtise, un orchestre et un gars qui va faire du graphe dans le même lieu. En fait, l'idée, c'est que le public puisse se déplacer et même à terme, avoir les deux spectacles en même temps. C'est-à-dire qu'ils puissent regarder l'art graphique en tant que la musique et essayer de trouver toujours des synergies entre les deux, etc.
- Yann
Et tu montes tout ça tout seul ?
- Chloé
Non, à ce moment-là, j'ai deux gars qui sont avec moi, qui sont dans ma promo. Un qui est vraiment sérieux, l'autre qui est un énorme branleur. Et je comprends aussi ce que c'est que la détermination, le management. C'est des premiers trucs vraiment où... En tout cas, j'ai les premières visions de ça. Et surtout, je capte que... Ça peut paraître un peu prétentieux, mais que je... On va dire que je suis plutôt un leader né, en fait. Que j'aime vraiment...
- Yann
Ça, tu le savais depuis toujours ? Ouais,
- Chloé
peut-être. Mais tu sais, quand tu ne le vois pas, quand tu ne le constates pas, quand les gens ne te le disent pas...
- Yann
On ne te disait pas quand tu étais enfant que...
- Chloé
Si, mais je n'avais jamais vraiment pris de risques ou de mener des vrais projets, etc. Tu vois ?
- Yann
Mais dans un groupe, tu devais déjà l'être assez naturellement.
- Chloé
Oui, mais je ne cherchais pas forcément à l'être, à être dans des groupes. Donc, je ne m'en ai pas forcément compte. Et donc, du coup, il y a ce fameux projet qui dure deux années avec des hauts et des bas, durant mes études d'entrepreneuriat. Et normalement, si tu veux, l'apogée du truc, c'est de faire un festival. Sauf qu'il y a un événement qui s'appelle le Covid qui arrive. Et le festival qu'on devait faire...
- Yann
Bah d'un coup ça fonctionne moins bien.
- Chloé
Ouais, dans un jardin et tout, donc à Lyon ça fonctionne plus du tout même. Et donc les deux gars avec qui j'étais lâchent plus ou moins le projet, surtout un d'ailleurs. Et on convertit si tu veux ce festival en festival digital. Alors sans comprendre toutes les galères que ça va être, ce que ça veut dire créer une plateforme, si tu veux, où tu recrées l'atmosphère du festival avec différents trumes, où tu vas avoir une musique rock, une musique rap, de l'art graphique, enfin tu vois, on veut recréer un peu l'annonce de nos soirées, et puis c'était vraiment mettre en avant des artistes qui ne pouvaient plus se produire, et des lieux qui ne pouvaient plus ouvrir. Et de reverser cet argent aux articles qui étaient évidemment en manque. Ça a été une galère, son nom. Mais c'était assez intéressant comme projet à mener. J'avais des petits stagiaires avec moi qui étaient super, qui m'ont aidé. Là aussi, Management, tu vois, qui m'a bien plu. Je me suis aussi rendu compte que... Avoir une grosse boîte pour avoir une grosse boîte, ça ne serait jamais ma cam, tu vois. À l'heure où sur LinkedIn, on fait rêver tout le monde en disant qu'on a levé 20 millions et qu'on a 200 salariés. Je pense que forcément, ce n'est pas les bonnes métriques. Et du coup, on va au bout de ce projet. Moi, à ce moment-là, je suis déjà en alternance dans un cabinet de droit des affaires, là où je m'étais promis de ne plus jamais retourner, si tu veux.
- Yann
Et pourquoi tu y retournes ?
- Chloé
Parce que Nicolas Faussel, je te salue si tu écoutes un jour, m'a convaincu. C'est-à-dire qu'en gros, c'est un gars qui m'a contacté sur LinkedIn. Alors, c'est vraiment pour les mauvaises raisons, parce qu'à ce moment-là, il pense que je suis et juriste et entrepreneur, alors que je ne suis ni l'un ni l'autre. Et il me dit, voilà, je vais monter un cabinet à Laval. Donc, Laval, c'est une petite ville totalement paumée entre Paris et Ré.
- Yann
Oui, il faut vouloir déjà.
- Chloé
Il faut vouloir y aller. Moi, à ce moment-là, je suis à Lyon, tu vois. Et il me dit, ouais... J'aimerais que tu m'aides à monter ce cabinet en développant la partie commerciale. Tu serais un bon asset parce que tu as une vision du juridique et en même temps, on ne se connaît pas. Je ne sais pas comment il a cette intuition. C'est assez fou quand je y repense. J'ai eu le téléphone il y a pas longtemps.
- Yann
C'est pour avoir des rencontres parce que pour le coup, il avait quand même vu juste en ton profil.
- Chloé
Ouais ouais pas tort mais moi je lui dis non et il me dit si, je lui dis non et puis on se voit et puis je lui dis bon bah en fait peut-être mais là je me lance dans une galère parce que si tu veux je suis en deuxième année de master, j'ai 7 assos donc qui s'appelait des nicheurs donc j'organise des soirées, j'ai 7 alternances, je travaille entre Laval, j'habite à Rennes, j'habite à Lyon et je passe par Paris et donc en fait ma vie je passe dans la TGV là aussi je reprends Franchement, je ne sais pas combien j'ai de TGV par semaine, mais ça doit être 4-5. Et je suis tout le temps en costard. J'ai l'impression d'avoir à vivre cette petite vie. En fait, dans ma tête, je me remets dans un mood où je me dis ça y est, je commence à peser. Même par rapport à mes camarades, je suis complètement déconnecté. Je ne vais quasi plus en cours. Et puis voilà, même quand je suis en cours, je bosse sur les dossiers et tout. Je trouve que ma petite histoire, j'ai quand même fini ma genre de promo. Ça, je ne sais pas comment...
- Yann
Mais tu perces quand même !
- Chloé
Mais euh... Mais si tu veux, ça m'a amusé pendant un temps, ce challenge de monter un business de A à Z. Sachant encore une fois que tu avais quand même la puissance d'un énorme groupe. Au final, c'est 2000 avocats, enfin demi-salariés je crois plutôt. Tu auras plus de 1000 avocats en France. Et puis, je suis un peu le premier, si tu veux, de cette boîte à être une espèce de responsable commercial. Ça ne s'est jamais fait sur une structure.
- Yann
Et tu avais un gros rôle quand même pour une sortie d'école.
- Chloé
Oui, oui, oui, totalement.
- Yann
Parfois tu coches les cases.
- Chloé
Oui, oui, mais... Je retourne dans un piège dans un sens. Au bout de quelques mois, je m'en rends compte à nouveau. Finalement, c'est un challenge qui roule assez facilement. À partir du moment où tu as vraiment lancé, tu as initié le truc, forcément ça marche et je m'ennuie assez vite. Et j'arrive à la fin de ces études, le projet d'assaut qui s'arrête parce qu'on a fini ce festival, on est un peu au bout du truc. Les gars avec qui je bossais, c'était bien, mais ce n'est pas ma passion non plus. On était très différents, tu vois. Ils n'avaient pas les mêmes ambitions que moi ou alors pas du tout. Et en fait, si tu veux, il y a ce Covid qui arrivait. Tout le monde s'est pas mal posé de questions sur qui tu veux vraiment être, quel sens tu mets dans ton taf et tout.
- Yann
Tu te posais ces questions-là ?
- Chloé
Oui, ça faisait longtemps que je me posais déjà. Et puis là, je pense que c'est une vraie claque. Et je me dis, putain, tu as 25 ans. T'es parti pour faire une carrière dans un milieu qui t'excite pas du tout. Tu trouves que les gens sont tristes. Et à moi, c'est un truc qui me... Je crois que les gens me foutaient de le cafard, tu vois. Ce Nicolas Fossel était l'exception, tu vois, mais... Sinon, il y avait un manque de dynamisme assez énorme. D'ailleurs, pour petite histoire, il ne bosse plus non plus au cabinet juridique. Il bosse dans un fonds d'investissement. Et je crois qu'il s'éclate beaucoup plus. Et lui était passionné de chevaux, donc il avait ce refus. Je trouve qu'il avait compris son équilibre entre les deux. C'est à dire qu'il bossait beaucoup, mais tout son temps après, il l'a loué à ses chevaux. Et vraiment, c'est ce qui le rend heureux. Et peut être que d'une certaine manière, tu vois, en t'en parlant, je n'ai jamais fait le lien.
- Yann
Il t'a inspiré d'une certaine manière.
- Chloé
Je me suis dit en fait, moi, ce qui me rend heureux, c'est les bagnoles. Je suis obsédé par ça. Dès que j'entends un bruit dans une rue, je suis encore comme ça maintenant. Je me retourne et les motos en plus, c'est pareil. Et je me dis putain mais en fait tu veux passer à côté de ta vie et je pense que c'est un mélange. Mon père tu vois je le vois plus depuis des années parce que j'avais essayé de rendre moi le contact, ils m'avaient envoyé chier. Et au moment, si tu veux la rupture c'est fait, je te l'ai pas dit mais au moment où je suis parti à l'étranger. Parce que c'est bête, on commence et c'est fini. Mais c'est la réalité, c'est la première fois que je l'ai vue. J'avais 20 ans, j'en ai 30 donc ça fait 10 ans. Et en gros je lui avais demandé je crois de me verser, est-ce qu'il me versait encore une pension alimentaire ? De me verser directement à moi parce que pour des raisons logistiques c'était plus facile. Ma mère étant d'accord, il n'y avait aucun souci. Et il a refusé. Et moi... énervé et sur deux mois si tu veux je lui ai cité le code civil en lui disant voilà pourquoi en fait t'as pas le choix donc donc fais-le quoi il a commencé à m'en rester tous les noms et je lui dis écoute c'est simple c'est la d'un faux tu vois et je suis plus jamais revu et effectivement jamais versé la pension directeur et en fait tu veux je pense que je fais une indignation mais tout ça revient en fait à ce moment là et tous c'est comme si le puzzle en fait s'aligner tu vois et que je me suis vraiment dit à ce moment-là, OK, c'est ta passion, OK, tu penses que c'est un truc de beauf, OK, tu n'as aucun pote là-dedans, OK, tu ne connais personne, tu ne connais pas le garagiste de ta mère, ce qui est vrai. Mais pourquoi tu ne te laisses pas une chance ? Sinon, tu vas l'en garder toute ta vie et tu vas finir comme ton père.
- Yann
Parce que lui a été gris de ce qu'il a dit.
- Chloé
Il rêvait d'être médecin, il rêvait d'être architecte, il a commencé architecte, il a abandonné la dernière année. Médecin, il ne l'a jamais fait parce que... C'est une histoire un peu longue, mais il avait passé son bac en 68 et à l'époque, tu sais, en 68, il donnait le bac, tu pouvais le passer en candidat libre, enfin c'était un bordel. Et du coup, en médecine, il n'avait pas été admis, mais il aurait très bien pu insister s'il avait vraiment été déter. Il ne l'a pas fait. Et si tu veux, j'avais l'exemple de quelqu'un qui... qui était devenu foncièrement quelqu'un de mauvais parce qu'il n'avait pas eu la vie qu'il voulait. Mais je ne veux certainement pas devenir ça.
- Yann
T'avais peur de ressembler à lui ?
- Chloé
Bien sûr, avec pleur et une peur. J'en suis sûr que je ne le serai jamais, mais maintenant.
- Yann
Mais au moment où t'es pas heureux dans ce que tu fais,
- Chloé
ouais, il est toujours ce que ça te renvoie. Evidemment, évidemment. Et je me suis dit tu sais quoi ? T'as quoi perdre ? T'as pas grand chose de toute façon, donc t'as rien à perdre. Je savais que j'avais un an de chômage devant moi. Donc en fait, si tu veux, ce qui s'est passé, c'est que j'ai eu une promotion, on m'a proposé un job. Et au lieu de dire ce job qui était foncièrement un job super, donc chef fidèle, pour avoir une équipe commerciale niveau France. Au lieu de me dire, ouais c'est super, je vais bien gagner ma vie à mon âge.
- Yann
C'était ce que tu voulais à la base.
- Chloé
Ouais, mais il y avait ce côté statut social, si tu veux. Je vais avoir une grosse caisse et je vais être en costard et tout le monde va m'aduler à mon âge. Et en fait, si tu veux, tu te rends compte que non, tous... Je sais pas, ma petite voix me dit non, il veut pas. et pour une fois tu vois je l'écoutais et j'ai dit bah vous savez quoi en fait non merci et moi j'ai envie de vivre de l'autre enfin j'ai envie de laisser une chance de faire un truc dans l'automobile c'est ma passion je sais pas du tout ce que je ferai mais métier au bail et autour de toi c'est pris comment c'est la compréhension c'est ça encore une fois c'est un peu flou tout ça parce que ça me paraît tellement loin alors que ça allait pas tant tu vois ça fait moins de quatre ans mais ouais c'est même moi j'ai peur en vrai mais je le dis pas
- Yann
Oui, parce que là, à 26 ans, tu quittes tout et tu ne sais pas ce que tu vas faire. C'est le flou total.
- Chloé
Bah si, je sais que forcément, j'ai une place qui m'attend dans l'automobile, évidemment. Tout le monde m'attend. Alors que pas du tout, évidemment. Et donc là, je passe les meilleures vacances d'été de ma vie, je crois. Tu vois, pour la petite histoire, j'ai acheté ma première caisse. Je me suis dit, vu que j'avais une petite idée de faire de l'achat-revente-investissement, je me suis dit, je vais le tester à titre perso. J'ai acheté une petite Mercedes, une SLK. C'est des petits coupés cabriolets, mais des années 2000. Je l'ai acheté à un petit papy pour les passionnés première main. Ça veut dire qu'elle a vécu un seul propriétaire, 50 000 kilomètres. C'est une voiture qui avait plus de 20 ans. Bel état, etc. Juste un tout petit peu de corrosion. Le gars vivait à Havane, donc il était proche de la mer, donc un peu de sel. Je me dis, bon, j'achète cette voiture, je crois, j'achète 5000. Je me dis, ouais, OK, donc là, je pourrais peut-être la rebondir. Et en fait, je l'utilise tout l'été, donc Flambeur avec son petit coupé cabriolet. Je découvre ce que c'est que...
- Yann
C'était la première fois que tu pouvais vraiment...
- Chloé
C'était ma première voiture, vraiment, donc c'était un peu insolent, tu vois. Et puis, je découvre aussi le regard des gens assez étonnants, tu vois, genre... Je me souviens d'un gars au feu rouge qui m'a insulté en disant fils de riche et tout. Faussement, la voiture, elle vous le prie une Clio, tu vois.
- Yann
Oui, mais dans la tête des gens, ce n'est pas du tout le cas. C'est le problème.
- Chloé
C'est rigolo. C'est marrant parce que maintenant que je conduis beaucoup des voitures très chères, de par mon métier, je n'ai jamais eu à nouveau ce genre de... Oui,
- Yann
puisque tu es plus vieux aussi.
- Chloé
Oui, peut-être, peut-être. Mais donc, si tu veux, je kiffe mon été à fond, mais sans vraiment me soucier de ce que je vais faire à la rentrée. Je revends cette caisse à la fin de l'été après avoir mis 10 000 bornes. Je la revends 2500 euros de plus, donc 7500. Toute une galère, je l'ai vendue à Aix-en-Provence, sur Jean de Confiance. Alors que... Le gars, il avait envoyé un gars de genre de confiance pour examiner la voiture. La voiture avait bugué quand il avait examiné. Il avait dit non, mais je vous fais confiance que vous êtes genre de confiance. Il sort de fou. Et le contre-zénith n'était pas passé une semaine avant de vendre la voiture. J'avais dû aller voir, faire une contre-visite alors que j'étais en Bretagne sur un bateau avec des potes. Enfin, moi, je me suis porté le cou. Et j'avais dû faire nuit blanche. J'avais tracé, j'avais fait Rennes-Aix-en-Provence d'une traite. Je crois que je m'étais endormi. Je m'étais fait arrêter à Lyon parce que je m'endormais au volant. Enfin, il sort de fou.
- Yann
Tu avais réussi à la vendre.
- Chloé
J'avais réussi à la vendre. J'avais ces petits 7500 qui étaient un peu mon petit pécule plus un PEL, je crois. Il devait y avoir quelque chose comme 10 000 balles. Et voilà, c'était ma sécurité, tu vois. Et je m'étais dit, j'ai mon chômage. Maintenant, je suis roi du monde, il peut rien m'arriver, tu vois. Peut-être que c'était comme ça. Et j'arrive à la rentrée, je me dis OK, on va peut-être pouvoir faire quelque chose. Et je me dis OK, je vais monter un business de conseil en investissement automobile parce que forcément, je suis le meilleur vu que j'ai réussi à faire un coup là sur une caisse. Évidemment, j'ai tout compris.
- Yann
C'est bien parce que tu es convaincu.
- Chloé
Oui, je me convainc. Et ça aide. En fait, je pense que tu sais, avec le recul, j'espère en tout cas que je monterai plein d'autres business. Et il y a une qualité dont on ne parle pas souvent, je trouve, au début, c'est la naïveté. Pourquoi je trouve que c'est une qualité ? Parce que sans ça... évidemment tu vas avoir plein de problèmes, évidemment t'as rien compris, mais sans ça tu te lances pas. Et c'est bien d'être naïf des fois, donc là je suis totalement naïf, et je me lance là-dedans, et en fait c'est un fiasco très rapidement parce que c'est compliqué de vendre des voitures qui ne sont pas les tiennes, or j'avais pas de trésor pour acheter des stocks de voitures et les revendre, enfin ça aurait été stupide de le faire, je pourrais peut-être plus tenter, j'en sais rien. Et puis surtout, je cible très mal ma clientèle. Moi, mon idée, c'était de me dire, je vais aider des gens passionnés à acheter des voitures cool pour des budgets raisonnables comme j'avais pu le faire. Et je prendrais une com'là-dessus. Sauf que je n'arrive pas du tout à cibler ma clientèle. Je fais du Facebook ad et tout. J'essaie de découvrir ces choses-là. Et je me retrouve qu'avec des mecs qui veulent vendre l'arsénique, enfin de l'utilitaire, des gens qui voient la voiture comme 95% des gens voient la voiture, c'est-à-dire un moyen de déplacement d'un point A à un point B. Ce que j'entends tout à fait, tu vois, mais moi ce qui m'intéresse pas du tout.
- Yann
Et tu viens à faire ça quand même ?
- Chloé
Ouais, et puis en fait je me dis, ça va pas du tout, parce que je suis pas heureux en faisant ça. Je discute pas avec les personnes avec lesquelles j'ai envie d'échanger, etc.
- Yann
Et tu vis où ?
- Chloé
Je suis retourné chez ma mère, ça aussi c'est un truc.
- Yann
Et tu le vis comment ?
- Chloé
Mal, mal évidemment, mais ma mère était plutôt cool, elle m'a laissé de l'espace et tout. Et puis, si tu veux, ouais, il y a ce côté où je suis... seul toute la journée dans ma chambre, à essayer de faire mes business et tout. Très vite, je comprends que ça ne va pas le faire. J'estime que j'ai créé un site, j'ai fait plein de choses, j'ai appris des trucs. J'ai dépensé de l'argent, mais je vois très vite ça comme de l'apprentissage. Et c'est OK. Mais je capte aussi qu'il faut vite changer parce qu'à ce moment-là, je pense avoir deux ans de chômage et je me dis que le temps tourne. La réalité, c'est que je n'avais qu'un an de chômage.
- Yann
Et tu es isolé quand même parce que tu montes ça seul.
- Chloé
Ouais, ouais, ouais, je suis isolé, mes potes me regardent un peu avec des grands yeux, même si ils ont jamais été décourageants. C'est déjà pas mal. Je pense que de diverses manières, j'en ai parlé avec mon meilleur pote, il m'a toujours vu comme le gars qui allait faire des trucs un peu hors normes et qui allait monter des business, tu vois. Et je lui ai toujours dit aussi qu'un jour on monte un business ensemble. On a encore le temps. lui est responsable événementiel dans un gros club de foot à Toulouse.
- Yann
Donc il y a des possibilités.
- Chloé
On verra, on verra. Mais il est très fort. En fait,
- Yann
les gens ont toujours su que tu allais finir par monter des projets.
- Chloé
Ouais, peut-être. En tout cas, les gens qui me connaissent vraiment, ouais. Je pense. En tout cas, ça ne les a jamais surpris maintenant. Ça m'a mis aussi une certaine pression, tu vois, parce que très jeune, on m'a toujours dit... Tu sais, ces phrases un peu bateau de... parce que justement je voulais être riche parce que je voulais toutes ces choses là je suis pas inquiet pour toi c'est la pire phrase en temps de ces phrases qui te pseudo rassure et qui te disant bon en fait je peux rien branler tu vois alors que c'est nul ces phrases vraiment que le recul je sais que ça part du bon sentiment mais je déteste pareil je suis pas inquiet c'est toujours au pire moment quand la sorte donc et puis maintenant on dit oui c'est sûr que c'est toi le premier de la bande a pété le game tu vois enfin bref Je trouve que ça part toujours d'un bon sentiment, mais ça sert pas à grand chose. Ça, c'est mon avis.
- Yann
Et du coup, comment tu fais ? Parce que tu as ton business qui évolue pas forcément très bien. Enfin, pas comme tu le vois.
- Chloé
Ouais, bah ça évolue pas du tout. C'est un carnage, tu peux le dire. C'est nul, il se passe rien. C'est même pas un business. Et du coup, qu'est-ce qui se passe ? Bah en fait, je lâche le truc et je suis en recherche un peu de ce que je pourrais faire par la suite. Et il se trouve que j'avais fait mon mémoire de fin d'étude sur un... un sujet qui ne m'intéressait plus à l'heure actuelle, à savoir le développement du business, enfin du développement commercial de tout le business des avocats d'affaires en France. Quelque chose de très précis, très honnondant.
- Yann
Mais qui avait quand même déjà l'aspect commercial qui, toi, t'intéressait.
- Chloé
Ouais, mais c'était surtout basé, si tu veux, sur des études plus des modèles anglais et américains et comment ils avaient vraiment... Ouais, ils avaient une vision beaucoup plus business qu'en France. Et je m'en étais rendu compte, puisque je travaillais à ce moment-là. dans un câble, et je ne vais pas rentrer dans les détails, mais en gros, si tu veux, je me dis, putain, j'ai passé beaucoup de temps là-dessus, la thèse, enfin la thèse, le mémoire de fin d'études avait très bien marché, j'avais une excellente note, et je me dis, comment je peux valoriser ce truc-là ? Parce que j'ai passé du temps pour rien, parce que je n'ai pas envie de bosser là-dedans. J'avais écrit un post LinkedIn en disant, voilà, si ça vous intéresse, je vous l'envoie, vous commentez, je ne sais plus ce que j'avais dit, mais commentez Flamme, une connerie comme ça, comme ça tu as un bon référencement, tu l'écris un peu, bref.
- Yann
Et pourquoi LinkedIn à ce moment-là ?
- Chloé
Parce que réseau professionnel, moi, sur LinkedIn, je m'étais mis en tête qu'il fallait avoir plein d'abonnés. Donc j'avais ajouté plein, plein, plein de gens. Je ne faisais pas vraiment de poste à ce moment là. Je n'y avais pas. Je ne sais pas, je devais avoir 3000 personnes.
- Yann
Mais tu avais déjà quand même compris des mécanismes.
- Chloé
Ouais, je pense non, je me prenais très mal, mais j'observais un peu ça à distance et je me mets un peu de manière passive. Et ce poste là, en fait, je le fais parce que je me dis ça...
- Yann
Ça va t'aider, quoi.
- Chloé
Je ne sais même pas si ça va m'aider, en vrai, je ne sais pas, j'étais perdu. Et je l'envoie à quelque chose comme 300 personnes, dans la niche, donc c'est quand même pas mal. Évidemment, plein d'offres d'emploi. Donc je retombe sur ce fameux dilemme où moi, je n'ai pas une cacahuète, elle en propose des jobs plutôt bien payés. Mais je me dis, non, non, mais t'as quitté ce milieu, tu ne vas pas pouvoir y retourner. Par contre, dans le lot... T'as deux petits gars, mon âge, 25-26 ans, bonne tête de puceau, c'est ma expression, et qui m'expliquent qu'en gros, ça les intéresse, qu'ils ont monté une boîte, je crois que ça s'appelait Avoxia, ils l'ont revendue il y a pas longtemps d'ailleurs. Je sais pas combien, mais bravo eux. Et en gros, leur job, c'est justement de vendre du conseil en développement commercial pour les avocats. Je me dis, putain, c'est fou. Ils arrivent à convaincre, avec leur tête de petit jeune, qui sont même pas avocats, des barons qui sont... enfin des boss du barreau si tu veux puisque je voyais sur leur site qu'ils citaient des noms que je connaissais bien et c'était pas forcément les mecs les plus commodes du monde et je leur dis putain mais comment vous avez fait pour avoir ce note là et tout moi tout de suite dans ma tête je me dis il doit y avoir un réseau peut-être le daron je sais rien ils me disent bah si tu veux viens on se rencontre à Paris on t'expliquera Franchement, j'ai que ça à faire.
- Yann
Tu vas parler, du coup.
- Chloé
Et on déjeune ensemble. Tout franchi, c'est pas le feed incroyable avec ces mecs-là. C'est un monde qui, moi, m'est un peu étranger. Des gars qui sortent à HEC, à Cuba Station F, on est vraiment sur le cliché. Je vais pas rentrer plus dans le cliché, mais vraiment, on est sur le cliché de ce que j'appelle, avec des potes, les start-upers.
- Yann
Et comment, toi, tu te positionnes dans ce monde un peu avocat, costume ? Ce monde qui était finalement très étranger.
- Chloé
Étranger, non, parce qu'en fait, je pense que c'est une qualité que je revendique, c'est la capacité d'être à Caméléon. Jamais personne n'a eu l'impression que je n'étais pas à l'aise. C'était juste moi qui me faisais chier dans ce milieu-là. Je pense que la plupart, si je leur demande, ils diraient que j'étais un fils d'eux. Jamais ils n'auraient imaginé que j'avais ce background-là, mais comme sûrement plein de gens. Et si tu veux, ils me disent, en gros, c'est assez simple, comment on a fait la chose, c'est qu'avant de créer ce business, on a créé un podcast. Et ce podcast a fait que... On a réussi à atteindre une première personne, en forçant un petit peu. Cette première personne, on a eu beaucoup de temps d'échange avec elle pour comprendre ses vraies problématiques business. Et surtout, cette première personne nous a recommandé la deuxième, la deuxième, la troisième, et ainsi de suite. Moi, si tu veux, dans ma tête, ça me fait un énorme déblocage où je me dis, mais... Mais elle est peut-être là, en gros, ma porte d'entrée vers l'automobile et vers le réseau qui me permettra de monter des business par la suite.
- Yann
Et tu écoutais des podcasts à ce moment-là ?
- Chloé
À fond, à fond, à fond, à fond. Et donc, en fait, si tu veux, ça fait sens tout de suite pour moi. Et là, c'est comme, tu sais, quand tu as une espèce de révélation, tu n'écoutes même plus les gens presque. C'est une obsession.
- Yann
Tu sais que tu vas le faire.
- Chloé
Du coup, très vite, je me barre du repas. Je rentre en TGV et direct en TGV, je commence déjà à bosser dessus. Et là, tout est allé très vite. C'est-à-dire que... J'ai vu qu'il y avait vraiment un manque, parce qu'il n'y avait rien sur Mad, Vertical, Automoto, de très storytelling comme je voulais. Ou alors c'était des journalistes qui parlaient à d'autres journalistes. Et moi je me sentais pas concerné tu vois. Et je me suis dit putain mais il doit y avoir forcément plein de mecs comme moi qui qui trouvent pas, qui ont envie d'apprendre plein de choses mais qui trouvent pas forcément le contenu qu'ils veulent, quelque chose d'accessible et pas de l'entre-soi tu vois, automobile. Et je sais pas, je me mets cette idée en tête, c'est une obsession quoi. Je me dis faut que je trouve un nom sympa, faut que je trouve un logo. Je commence à... J'avais déjà créé une page un peu insta où je... Tu parlais dans ma première activité, je mettais des photos de bagnoles, j'avais créé une fausse communauté un peu là dessus. Je ne peux pas racheter 2000 personnes dessus. Et vite, je supprime tout. Je change, je crée un petit logo à l'arrache. J'avais fait ça Histoire Automobiles, c'était nul. Et je commençais à envoyer plein, plein de DM à plein de youtubeurs que je connais, en me disant je vais me servir de leur communauté pour construire la mienne, etc. Je salue Nicolas Roland, qui est mon deuxième invité, qui est un gros youtubeur qui s'appelle Le Vendeur Auto. On en a reparlé parce qu'on a déjeuné ensemble il y a pas longtemps. Je me souviens que le premier message, je lui dis, mec, on ne se connaît pas, j'ai créé ça, j'avais créé un vieux PDF nul, marqué histoire d'auto, voilà le concept. C'était nul. Et lui, fou comme il est, il m'a dit, OK, on fait ça. Mais en vrai, avec l'enculé, je me mets à sa place. Moi, je n'aurais jamais accepté. Parce que toi,
- Yann
tu sortais de nulle part, tu n'avais pas de... Oui,
- Chloé
il prenait plus un risque que moi parce qu'il a une image déjà et tout. Et tu vois, il a bien fait parce que c'est devenu ce que c'est devenu. Donc ouais, il a dû se passer à peine une semaine. En une semaine, j'avais acheté une formation qui finalement n'a pas servi à grand-chose, mais a confirmé tout ce que j'avais déjà appris sur Internet. C'était Mathieu Stéphanie qui a sorti une formation sur le Podcaster que j'ai bouffée en deux secondes. Le logo, j'ai bossé dessus avec un pote. Le nom, c'est mon petit frère qui l'a trouvé à 4h du matin complètement arraché. Parce que, si tu veux, histoire d'auto, je me suis rendu compte que ce n'était pas une bonne idée parce qu'encore une fois, tu stigmatises et tu... peut-être dans l'entre-soi, je me suis dit comment je peux trouver un nom qui soit un peu évocateur et qui en même temps va intriguer des gens qui ne sont pas passionnés. Et le fameux Dans la boîte à gants est arrivé, pour la piste soir ça aurait pu s'appeler Sur la plage arrière, c'était le premier nom qu'on s'y ferait à trouver,
- Yann
je lui ai dit écoute ça peut être border.
- Chloé
Ça peut être un peu film de cul quand même.
- Yann
Un peu tu vois là quand tu me le dis c'est le cash que j'ai.
- Chloé
Clairement et tu peux mettre un peu ce que tu veux dans une boîte à gants, des souvenirs, tu l'ouvres c'est un peu stus. Cet esprit de qu'est-ce que je vais découvrir, j'aime bien l'idée. Et puis voilà, tout se lance. Premier épisode. à distance. Je suis nul, c'est nul. Le son est catastrophique.
- Yann
Tu te sens à l'aise au début ? Parce que je me dis, bon, tu commences ça assez facilement. Pas du tout.
- Chloé
Je ne suis pas à l'aise, mais je suis convaincu d'une chose, tu vois, c'est peut-être ce que j'ai retenu depuis le début de l'entrepreneuriat, c'est que peu importe le projet que tu fais, pour devenir bon, il faut faire beaucoup tout de suite. Donc, c'est-à-dire que je me suis dit, il faut produire, produire, produire, produire, produire, produire. Et tant pis si je suis mauvais, j'assume. De toute façon... En soi, je n'ai pas vraiment de référentiel. Il y avait un gars, je te dis, qui faisait ça, qui pour le coup s'appelait Histoire d'Auto, qui était un peu le leader, mais qui était un journaliste qui parlait de journaliste. C'est terrible, je vais dire, mais je l'ai explosé très, très rapidement parce que j'ai mis énormément de densité en termes de contenu. Pendant un moment, je sortais deux épisodes par semaine en présentiel.
- Yann
Oui,
- Chloé
c'est énorme.
- Yann
Tu travailles derrière. Oui, tu étais tout seul sur ce projet.
- Chloé
Tout seul. Je voyageais, je montais, je... Le nombre de fois où j'ai effacé le montage parce que j'étais tellement dans le jus que, genre pendant la nuit, avant le truc, j'effaçais. Enfin, un carnage. Un carnage.
- Yann
Tu t'es mis à 200% dans ton projet et tu croyais.
- Chloé
Ouais, ouais, très vite. Et en fait, t'as plusieurs événements qui marquent le truc. C'est que je crois dès la deuxième semaine, je fais déjà 2000 écoutes, tu vois. Donc je me dis, il y a un truc. Moi, je me rends pas compte, mais je me dis, il y a un truc.
- Yann
Tu fais que de l'audio à ce moment-là ?
- Chloé
Je fais que de l'audio. Je fais que de l'audio.
- Yann
Et comment ça se fait que ça prend tout de suite ?
- Chloé
Parce que je pense qu'il y avait un manque. Honnêtement, je pense que j'ai répondu à quelque chose. J'ai trouvé un moyen, si tu veux, de... Alors au début, c'était pas des grosses restas, mais maintenant, ça l'est beaucoup plus. Mais de rentrer dans l'intimité de parcours que beaucoup de passionnés connaissent. Et puis surtout, de déconstruire les parcours. Je trouve ça intéressant d'arrêter de voir l'image finale et surtout de comprendre comment la personne en est arrivée là, avec des hauts et des bas. Et je suis forcément amélioré en tant qu'intervieweur par la suite. Et puis surtout le côté anecdote. J'aimais bien aussi que les petites histoires marquent. Je suis convaincu que les petites histoires font les grandes. Et voilà, je te dis, la densité, la vélocité. Le vrai talent que j'ai, c'est que je sais faire du réseau. Donc vu que je rencontrais les gens, je connectais avec les gens. Et puis après, j'étais un mort de faim. Je les saoulais.
- Yann
C'est comme ça que tu as trouvé tes premiers interviewés ? Bien sûr,
- Chloé
bien sûr. Et puis après, j'en avais vraiment beaucoup. Alors déjà pendant les 14 premiers épisodes, j'ai pas compris comment ça marchait un Zoom. J'ai un enregistreur Zoom où tu branches des micros en XLR et tu as un micro interne à l'appareil. Et normalement quand tu branches en XLR, donc c'est des micros externes, tu pourras avoir une très bonne qualité de son. Sauf que moi j'étais tellement obnubilé par plein de choses et tellement dépassé, parce que technologiquement je suis nul, je n'avais pas compris que j'étais sur le mauvais mode. Si bien qu'en fait à chaque fois j'enregistrais avec le micro interne, alors même que je branchais, il me fallait 14 épisodes pour comprendre ça, et c'est un auditeur qui me l'a dit. Mais je pense que tu as un problème, tu t'en mets tous.
- Yann
Oui, mais ça prouve qu'en fait, il faut commencer. Et peu importe...
- Chloé
C'est la preuve, tu vois, quand les gens... Maintenant, j'aide pas mal de créateurs à un peu faire exploser leur vertical, leur game. Beaucoup se mettent des limites en se disant Ah oui, mais ça, c'est trop dur. Mec ou meuf, si j'ai réussi, tout le monde peut réussir. Parce que je te jure, j'ai fait toutes les plus grosses conneries que tu peux imaginer.
- Yann
Oui, mais t'as appris à faire ça.
- Chloé
Mais c'est ça, en fait. C'est pour ça que je te dis que la vélocité, c'est le truc le plus important. Je trouve qu'il y a trop de gens qui vont itérer pendant des mois et des mois à se dire Ah, je voudrais que ce soit parfait. Ouais, mais mec, ton truc, il sera pas parfait. Ah non, c'est pas les mêmes. Ça sera naze. C'est sûr que ça sera naze. Mais en fait, si tu le comprends vite et que tu améliores vite, potentiellement, tu vas arriver sur un truc cool plus rapidement.
- Yann
Et tu filmes ?
- Chloé
Non, je ne filme pas du tout. La vidéo, c'est arrivé au bout d'un an. Ce n'est pas du tout arrivé tout de suite. Il y avait des petites brides, mais c'est arrivé bien plus tard. Et oui, il y a cette révélation, épisode 30. Un pilote qui s'appelle François Delucour, d'ailleurs, qui s'est pété la gueule en VTT il n'y a pas longtemps. Je lui souhaite bon enthabissement. Qui, en gros, il habite à côté de Saint-Tropez. Tu t'imagines le gars qui a beaucoup d'argent dans sa vie. qui a d'ailleurs une villa un peu cliché du Nouveau-Riche, c'est un autre débat. Et j'arrive chez lui, et en fait, j'y traverse toute la France, et le gars ne se souvient quasiment plus. Il revient du sorti VTT, il y a tous ses potes, son quinze-un à Barac, sa gueule et tout, et puis son tout cela. Tu fais quoi ? Tu fais un podcast ? C'est quoi ce podcast ? Je suis en angoisse, je suis avec un membre de la famille qui kiffe le rallye, je l'ai emmené pour le faire plaisir, donc je dois m'occuper de lui en plus, donc ça me fait un stress de plus. Et il y a mon ex aussi qui est avec moi et tout. Voilà, c'est une angoisse. Et au bout d'une heure, je lui dis, mec, faut peut-être qu'on y aille, parce que je suis venu pour ça, quoi. Il dit, OK, on va dans ma salle de cinéma. OK, salle de cinéma, évidemment. Évidemment. Qui n'a pas de salle de cinéma. Et en fait, tous ses potes suivent, tu vois. Et là, je suis là, waouh, ça lance.
- Yann
Donc là, ils vous écoutent tous en train d'enregistrer.
- Chloé
Non, mais c'est surtout qu'ils sont tous ultra dissipés. Donc à un moment, je dois leur dire, en gros, fermez votre gueule, parce qu'on va commencer, tu vois. Surtout sur leur téléphone, macho, macho. Et en gros, on commence son podcast et tout de suite, on commence dans le dur. C'est-à-dire qu'il ne s'en souvenait pas vraiment, mais en fait, on s'est eu au téléphone vite fait. Il m'avait raconté des dingueries. Et ce qui est fou, c'est qu'il ne se souvenait plus de tout ce qu'il m'avait raconté. Et quand j'arrive et que je commence à lancer un vie, je vois dans ses yeux, il est surpris. Il fait putain, mais comment il sait tout ça ? Et là, en fait, ça part. Il y a une connexion qui se crée. C'est pour ça que je te dis, c'est peut-être mon seul talent, c'est qu'en deux minutes, si tu veux, ça y est, on est vraiment connecté. Et il commence à raconter des dingueries sur dingueries. Et l'épisode est assez court, tu vois, il doit faire 50 minutes. J'ai jamais réécouté, mais je pense qu'il s'écoute encore bien. Et en fait, là où... Moi, je m'occupe plus du tout de ses potes. Mais à mon sens, j'étais resté sur l'attitude ultra dissipée. À ce moment-là, je mettais des casques, en fait, vu que je filmais pas. Donc j'entendais plus rien. Et ça s'arrête, on finit le truc, et là, ils se lèvent tous. Ils commencent à applaudir et tout. François, tu nous as jamais raconté ça, on nous connaît depuis 20 ans, bien sûr. Et moi, je suis un peu d'easy, je comprends pas trop et tout. Ce fameux François Delucourt, je ne sais pas si on en reparlait, il regarde mon ex, et il lui dit C'est ton copain ? Question rhétorique. Et il dit Oui. Et il dit C'est bien, t'as beau de m'aider. Et là, en fait, si tu veux, t'as ce côté un peu un moment gênant, tu vois, mais en même temps, c'est la première fois de ma vie où je me dis Je suis au bon endroit,
- Yann
au bon moment.
- Chloé
et j'ai trouvé ma zone de génie donc je ne suis pas forcément resté plus que ça en contact avec lui mais tu fais ton déclic pour te dire je vais continuer et à ce moment là je me dis vraiment comment je fais pour en vivre tout simplement et puis je me renseigne un peu sur le monde du podcast et il y a cette fameuse phrase que tu as peut-être dû entendre où tu dis de toute façon pour vivre un podcast il faut 3 ans alors je ne sais pas pourquoi et moi je me souviens très bien de ce que j'ai répondu à la personne qui m'a dit ça de manière très arrogante je lui ai dit bah écoute moi bien Tu parles de ces trois ans, moi j'ai bossé trois fois plus que toi, je vais le faire maintenant. Et c'est ce que j'ai fait. Mais du coup, j'ai produit vraiment énormément, d'où les deux par semaine.
- Yann
Et comment tu te sentais quand t'interviewais des personnes qui sûrement t'inspiraient à la base ? Là, d'un coup, tu les rencontrais, t'avais accès à ton milieu.
- Chloé
C'est un sentiment fou, je me sens quand même privilégié, je le sens encore comme ça. Grâce à De Micro, j'ai hacké le système. Et maintenant, je peux le dire sans aucune prétention. En trois ans, j'ai sûrement le plus gros réseau que tu puisses te faire dans le monde de l'auto et de la moto. Et j'ai même un plus gros réseau que des gens qui sont là depuis des dizaines d'années. Et puis surtout, tu crées une vraie relation, une vraie connexion.
- Yann
Parce qu'ils se confient à toi via le podcast.
- Chloé
C'est ça. Et puis même, tu l'entretiens cette relation par la suite. Moi, je l'ai entretenue. Et il y en a beaucoup qui sont devenus des amis. Quand tu es avec des gens qui sont très, très occupés, très hauts. Tu les vois pas souvent pour autant, mais il y a un vrai respect et ouais j'en suis très content. Je pense que c'est des relations qui resteront... En tout cas que je ferai en sorte de les désentendre. En fait, je pense que si je réponds vraiment à ta question, j'ai eu ce sentiment de devenir... De passer de hors système à dans le système. Et surtout d'avoir la place que je voulais avoir. C'est-à-dire que le côté fame et tout que j'ai maintenant, c'est pas quelque chose qui me... en tout cas, on s'en gardait, mais dans le milieu, voilà, c'est pas quelque chose qui me fait kiffer. Mais je suis content que mon travail soit reconnu à sa juste valeur. Je sais que le jour où j'arrêterai, ce qui sera plus vite que les gens me pensent, c'est quand j'aurai réalisé tous mes rêves et que je passerai à autre chose. Mais pour autant, tu vois, j'aurai construit quelque chose sur lequel je pourrais m'appuyer toute ma vie, en fait.
- Yann
Oui, maintenant, t'as un réseau dans ta passion qui fait que...
- Chloé
C'était le but initial, en fait. Si tu veux, si je la résume, je pensais que ce réseau me permettrait de monter d'autres business dans l'automobile. En l'occurrence, le podcast est devenu le business. Maintenant, il y a une réalité où il y a d'autres business qui commencent à se mettre en place. Mais ça a largement dépassé toutes mes attentes.
- Yann
Mais ça t'a permis de te faire un nom dans ce milieu.
- Chloé
Exactement. Exactement. Et de pouvoir dire que je vis de ça, c'est fou.
- Yann
Parce que du coup, tu as réussi à en vivre assez rapidement.
- Chloé
Oui, bien sûr. Après, assez rapidement. Moi, je ne trouvais jamais assez rapide. Par rapport à l'échelle du podcast, apparemment, c'est très, très rapide même. Surtout en partant de zéro, parce que la plupart, ça, on ne le dit pas, mais souvent, les podcasteurs qui percent vite, c'est des gens qui avaient une communauté déjà de base. Oui,
- Yann
c'est ça. C'est le plus dur de se créer sa communauté.
- Chloé
Oui, de fou. J'en ai vivoté, on va dire. Il y a eu beaucoup de galères parce que je me suis installé à Paris. Mon associé, qui était mon stagiaire à la base, est arrivé à ce moment-là. C'est là que la vidéo arrive. C'est lui qui m'a permis de pouvoir déléguer des choses, et donc la vidéo arrive. C'est ce qui a fait que moi, je me suis posé mon business.
- Yann
Et t'as su bien t'entourer quand même ?
- Chloé
En fait ça a été mon choix très vite de me dire de toute façon j'allais péter en plein vol parce que j'avais trop donné, je travaillais vraiment trop pour te dire même à ma mère qui me conseille quand même à l'heure 5 études de femme-voix je travaillais jour et nuit Et je me suis toujours dit, tu vois, je préfère avoir un gros gâteau et le partager qu'avoir un petit gâteau et tout prendre pour moi. J'ai un truc qui peut paraître un peu bizarre, mais le côté go big ou go home, c'est tout à fait moi. Le fait de faire un truc plan-plan et de rester dans un truc plan-plan et après, vas-y, on sécurise, ça me fait chier. Parce que je m'ennuie vite. C'est pour ça que dans ma boîte à gants, j'arrêterais parce que j'aurais plus vraiment de challenge.
- Yann
Et tu as raffailli le tour, est-ce que tu vois là ?
- Chloé
Et ouais, j'ai envie de... C'est important, tu m'adores la nouveauté tout le temps. Ces rencontres m'ont permis de me stimuler vachement là-dessus.
- Yann
Et toi qui étais attiré par l'argent à la base, là, tu étais dans une période où tu ne gagnais pas beaucoup, comment tu le vivais ? Tu savais que tu allais finir par faire de l'argent ?
- Chloé
Je le vivais bien parce que j'étais tellement riche de toutes ces rencontres. Au début, je me payais vraiment comme ça, à travers ces rencontres. Évidemment, ça, ça ne tient qu'un temps. Mais là, tu y reviens. Et puis, ça m'a débloqué plein de choses, de rencontrer tous ces gens qui sont plus ou moins successfoules. Franchement, la plupart ont pas mal d'argent, surtout dans ce milieu où il y a beaucoup, beaucoup d'oseille. Ça m'a débloqué plein de plafonds. Et maintenant, je peux te dire que j'ai des potes qui sont multimillionnaires, chose qui n'était pas le cas avant. Et du coup, tu te crées plein d'imaginaire, en fait, par rapport à ça. Or, je pense que certaines personnes, c'est des gens totalement normaux. C'est bizarre de dire ça parce que maintenant, ça me paraît ridicule la vision que j'en avais. Maintenant, je pense que je sais comment faire de l'argent. J'ai sûrement encore plein de blocages, mais du coup, j'ai plus complexe là. Pas encore millionnaire, ça c'est spoiler alert. Mais c'est plus du tout un stress, parce que d'une, je sais que je le serai. Et en fait, surtout, je n'ai pas envie de l'être pour les mauvaises raisons. J'ai envie de l'être en faisant des choses qui me plaisent. J'ai capté en fait que quand tu fais quelque chose qui te plaît et qu'à priori t'es bon...
- Yann
Ça fonctionne mieux.
- Chloé
Ouais, et puis à un moment ou à un autre, si tu veux vraiment que ça gagne, tu le feras. Et puis, il y a peut-être un truc un peu plus basique, c'est de te dire que j'ai 30 ans, si j'avais déjà tout réussi maintenant, encore une fois...
- Yann
Et ce que tu ferais le reste de ta vie.
- Chloé
Exactement, exactement. Et c'est une discussion que j'ai assez souvent avec des mecs bien plus successful que moi. Et je vois que c'est un vrai problème maintenant de se dire, putain, mais j'ai déjà eu tout ce que je voulais. Fondamentalement, il y a des choses que je retarde alors qu'ils pourraient déjà se les payer, ou déjà les vivre, peu importe ce que c'est, parce qu'ils veulent se laisser des objectifs. Problème de riche.
- Yann
Mais toi qui ne venais pas du tout de ce milieu-là, tu t'adaptes assez facilement au final.
- Chloé
Oui, oui.
- Yann
C'est ce que tu voulais atteindre.
- Chloé
Oui, oui. C'est trop bizarre quand je reparlais à ma mère. Elle verrit toujours. Oui,
- Yann
parce qu'elle, ce n'est pas du tout son monde.
- Chloé
Non, et puis je lui ai toujours dit, moi je fais pour être riche et je le pense.
- Yann
Elle réagit comment quand tu lui dis ça ?
- Chloé
Maintenant, ça l'amuse, tu vois. Et puis, j'ai la vie qui correspond. Ça aussi, c'est un autre truc. Mais les... Les réseaux font croire à beaucoup de gens que ça y est, j'ai meurisé le game en deux parce que j'ai toujours des belles voitures, mais ce n'est pas forcément les miennes. Ce ne sont d'ailleurs pas les miennes.
- Yann
C'est le but des réseaux.
- Chloé
Il y a tout ce monde-là, tu vois. Mais ça me fatigue de plus en plus pour être totalement franc.
- Yann
Je suis d'accord avec toi.
- Chloé
Je serais content quand je mettrais vraiment tout ça derrière moi. Je pense que j'ai une relation saine par rapport à tout ça maintenant, ce qui n'était pas forcément le cas, et ce qui est normal au début, parce que tout arrive d'un coup, ça fait beaucoup. Je crois que j'ai jamais pris la grosse tête, mais tu peux à un moment vriller un peu, tu vois. Pour te donner un exemple, ça c'est la remonte. Première fois où j'ai gagné un peu d'argent, vraiment. Et ça c'est vraiment un réflexe de... de pauvre, clairement. Je suis allé chez Gucci.
- Yann
Oh non, je me suis dit pas ça. C'est ça, j'ai cliqué.
- Chloé
C'est ça, j'ai cliqué 10K. Et je suis sorti de là. Et pour te dire, c'est tellement ridicule, c'est que je pouvais même pas, ma carte avait pas les plafonds pour payer, donc j'ai dû retirer du cash. Les mecs, ils étaient hallucinés, chez Gucci, ils voient que des gens qui sont vulnérables. Et je crois que la vendeuse s'était pris un peu d'affection pour moi, parce qu'elle devait dire, mais c'est qui ce mec ? Et le lendemain, je suis venu tout rendre. Je suis venu tout rendre, sauf ces bagues que j'ai gardées, tu vois. Et du coup, c'est un souvenir un peu rigolo. En tout cas, dans ma tête, parce que ça a été une étape aussi. Je crois que j'ai eu besoin de faire ça. Je te dis, j'ai tout rendu. Je ne l'assumais pas du tout. Je ressemblais à Ninho, donc c'est possible. Et j'adore Ninho.
- Yann
Mais au moins, tu t'es prouvé que tu pouvais te l'acheter.
- Chloé
Ouais, mais c'était grand. N'importe qui peut se l'acheter. C'est juste une question de mauvais choix, tu vois. Oui. Tu veux mieux investir en autre chose. Mais je ne sais pas, j'ai eu ce besoin. Et ça m'a refait un autre déblocage. Je pense que je fais partie des gens qui sont un peu bêtes là-dessus. Moi, j'ai besoin de faire les choses et de faire les erreurs. Et je ne comprends pas les pièges. Enfin, même si je vois la merde arriver,
- Yann
il faut que je la fasse quand même.
- Chloé
J'apprends vraiment comme ça. Je pense que j'ai encore tellement de choses à apprendre si on parle de gestion financière. Je pense que c'est un vrai sujet en France. On n'apprend pas à...
- Yann
Personne ne nous apprend à gérer...
- Chloé
C'est complètement bête comme raisonnement.
- Yann
Faire de l'argent déjà, c'est un tabou. Donc le gérer, c'est un autre.
- Chloé
C'est idiot, tu vois. Ça ne devrait pas être comme ça. Et je pense que si on n'avait pas ce tabou-là, effectivement, on aurait une relation plus saine par rapport à ça. Je suis très fier de faire de l'argent grâce à ma passion, tu vois. J'aimerais que ça soit plus, évidemment. Mais c'est plus...
- Yann
T'as atteint ce que tu voulais quand même.
- Chloé
Ouais, bien sûr. C'est plus une course, tu vois. Je te dis, j'ai 30 ans et j'ai l'impression que... Je raisonne plus en me disant, je suis en avance, je suis en retard. J'ai plus tous ces trucs-là. Peut-être que ça reviendra.
- Yann
Et tu rêves de quoi maintenant ? Que t'as atteint ce que tu voulais ?
- Chloé
Ah, de plein de choses ! De plein plein de choses, de vivre plein d'aventures folles, tu vois là à titre perso je commence à investir dans d'autres choses, de construire une famille aussi, de faire vivre à mes futurs enfants tout ce que j'ai pas vécu, qu'ils aient une vie de pacha mais sans pour autant pas avoir la valeur des choses. J'ai envie de transmettre et puis j'ai envie d'avoir un impact, j'ai envie de... C'est même pas de l'ego ou quoi, j'ai envie de laisser une trace. Ça je pense que c'est un peu une obsession pour moi. Pas forcément une trace personnelle, mais une trace de... Tu vois dans la boîte à gants typiquement, tout ce qu'on fait, tous les épisodes qu'on crée, je les visualise comme quelque chose d'intemporel. C'est-à-dire que dans 20 ans, la plupart des invités que j'ai eus seront partis. parce que beaucoup sont assez âgés, si tu voudras savoir leur histoire, le classique sera dans la boîte à gants. Et c'est déjà devenu des classiques, ça j'en suis très content quand les gens disent, c'est le truc qui me rend le plus heureux, parce que tout le monde m'aura oublié, par contre dans la boîte à gants on sera resté, et ça sera un peu comme les archives INA. Et ça je trouve ça très cool, parce que je me dis que j'aurais laissé une petite trace, et la prochaine vie que j'aurai, parce que je pense qu'on fonctionne tous par cycle, je voudrais marquer d'une autre manière, peut-être moins avec le côté... du côté personnel, tu vois, personne ne grandit, mais avoir de l'impact.
- Yann
Donc aujourd'hui, tu as changé. Le but n'est plus vraiment de faire de l'argent, d'atteindre un certain stade, mais vraiment de laisser une trace, d'avoir un impact, ce qui n'était pas du tout le cas au début.
- Chloé
Exact, mais l'argent n'a jamais disparu de ma tête. C'est-à-dire que c'est juste que je l'ai canalisé différemment et je ne veux pas faire de l'argent à tout prix, je veux faire quelque chose qui me plaît, qui m'amuse. Tu vois, je me lance dans l'immobilier parce que ça m'amuse. et je pense que je vais déchanter parce que tout le monde me prévient mais j'ai envie de le faire au moins t'auras testé c'est ça en fait maintenant t'as envie de quelque chose et c'est ce que tu fais depuis le début t'avais envie,
- Yann
tu le fais, t'essayes et tu vois ce que ça donne c'est ce qu'il faut retenir ouais c'est ça,
- Chloé
je pense que c'est vraiment important de voir ça comme un jeu faire les choses sérieusement mais sans se prendre au sérieux et ouais s'amuser le plus possible c'est trop court Encore une fois, ce week-end, j'ai pas mal pensé à... Ça m'a remis dans ce mood-là parce que je te dis, mon père est en train de plus ou moins partir. Et je me dis, putain, sa vie, il a laissé aucune trace. Il n'a aucun pote, il n'a rien créé. C'est l'enfer de partir et d'avoir semé à la limite que des mauvaises choses. Rien de bien, aucun héritage, sans parler de finances.
- Yann
En fait, c'est aussi le déclic par rapport à ton papa. qui fait que toi, tu as envie de faire les choses, de faire l'opposé.
- Chloé
Bien sûr, je me suis construit sur un contre-exemple. J'ai eu beaucoup de haine plus jeune et maintenant, je n'ai plus du tout de haine et ce qui fait que je n'ai plus d'affect du tout par rapport à lui. Mais je m'en suis servi comme un repère de tout ce qu'il ne faut pas faire dans la vie. Et j'ai sûrement tort sur plein de choses, mais pour l'instant, ce repère, ça marche plutôt bien pour moi. En tout cas, c'est devenu un bon moteur que j'ai canalisé de manière sain. je pense, saine, pardon. Et je sais que ça étonne beaucoup de gens que vraiment, je n'en ressente rien par rapport à ce qui se passe maintenant, mais c'est le cas, tu vois.
- Yann
Oui, c'est personnel. Tu as fait ton bout de chemin, tu as compris quelque chose et tu t'en sers positivement, au contraire.
- Chloé
C'est ça, et puis je ne veux pas de haine dans ma vie, donc...
- Yann
Ça n'importe rien.
- Chloé
Non, mais tu sais, c'est un moteur pour beaucoup de gens, la revanche. Moi, j'ai eu ce moteur pendant longtemps. Oui,
- Yann
ça a été ton moteur quand même.
- Chloé
Mais maintenant, il n'y a plus du tout de revanche. j'ai rien à prouver à personne à part moi-même même si on fait tous attention plus ou moins au regard des autres etc on a dans une certaine proportion évidemment mais surtout dans l'époque dans laquelle on vit mais je suis assez en paix avec moi-même en fait en tout cas de plus en plus
- Yann
C'est bien, t'as atteint les objectifs.
- Chloé
C'est le principal, oui.
- Yann
Et je demande toujours aux invités, quel est ton mantra ? La petite phrase que tu peux te répéter et qui peut t'aider à avancer.
- Chloé
Vis ton rêve plutôt que rêver ta vie. Ouais, clairement. Bon, tu vois, j'ai un tatouage, j'en ai pas mal, mais c'est clairement ça. Ça paraît très basique. Je ne sais même pas comment on le formule, ce truc-là, mais c'est l'idée. C'est l'idée, c'est vraiment que... Même si tu n'y arrives pas, essaie de tendre à ce que ton rêve devienne une réalité. Si t'as eu le choix en chemin, faire enough, c'est pas grave. Mais ne pas essayer, je pense qu'il n'y a rien. En fait, juste ne pas avoir de regrets dans ta vie. On tourne un pas en rond, mais je pense qu'il n'y a rien de pire que d'avoir des regrets.
- Yann
T'as pas de regrets aujourd'hui ?
- Chloé
Non, franchement non. Je sais pas si on peut parler de regrets, c'est des petites choses. J'aurais aimé me réveiller plus tôt, j'aurais aimé... Mais ça, ça sert à rien de se dire ça. Parce que je l'ai fait.
- Yann
Oui, au final tu l'as fait.
- Chloé
Je l'ai fait, et puis évidemment, c'est comme pour tout. Demain était... enfin hier était la meilleure date, la deuxième meilleure date c'est aujourd'hui, tu vois. Donc, forcément j'étais sûrement pas prêt, pas construit, j'étais pas spécialement mature non plus, je pense. Mais euh... Non, j'ai pas de... ouais. Franchement j'ai pas de...
- Yann
C'est bien, au moins tu fais tout ce que tu veux.
- Chloé
Ouais ouais.
- Yann
Et je t'ai demandé d'emmener un objet. Est-ce que tu peux me dire quel est cet objet et pourquoi ?
- Chloé
Oui, alors j'aurais pu te montrer la photo qui est à l'origine de ce dessin. Ce dessin en fait représente la maison de ma grand-mère qui a disparu quand j'avais 18 ans. Et cette maison, c'était la maison un peu de vacances qu'on avait, que j'adore, dans les Côtes d'Armor, très bordin, à côté de Péros-Guirec. Et il se trouve que malheureusement, ma famille l'a vendu parce qu'il y avait énormément de travaux. Ça va être très cher parce que ça vaut toujours très cher. Ça vaut beaucoup plus cher même maintenant que bord de mer, etc. Et j'en veux beaucoup à ma famille de l'avoir vendu. Et en fait, pourquoi je l'ai en dessin ? Tout simplement parce que c'est aussi, c'est pour ça que je te disais, un tassoir. C'est pour ça que je n'avais pas forcément besoin de l'emmener. Et en fait, c'est l'objectif que je me suis fixé d'ici maximum une dizaine d'années, c'est que je recherche cette maison et elle reviendra dans ma famille. et ça je sais que j'y arriverai c'est-à-dire c'est une maison qui doit valoir maintenant à peu près 3 millions 5 donc un vrai budget je suis allé rencontrer les nouveaux propriétaires il y a pas longtemps tu leur as dit que tu étais le futur acheteur en fait j'aurais surtout expliqué que j'étais le petit-fils de la personne à qui ils m'ont acheté en tout cas de l'explication et je pense qu'ils ont été clairement touchés par l'histoire et ils m'ont dit nous franchement ils ont fait quasiment tous les travaux que j'aurais fait c'est incroyable ce qu'ils ont fait C'est une baraque immense, c'est fou. Et ils m'ont dit que oui, potentiellement, ils seraient vendeurs peut-être dans 10-15 ans. Je leur ai laissé mon numéro et je leur ai dit Vous savez ce que vous allez faire. Et je sais que je la relancerai assez régulièrement. Tout ce que je vais construire aussi à titre personnel en termes d'invest, c'est pour cet objectif dans 10-15 ans, le jour où ça sera en vente. Il faudra que je sois prêt.
- Yann
Et pourquoi ça te tient autant à cœur de racheter cette maison ?
- Chloé
Parce que je pense que... J'ai pas une famille qui est famille, et moi je veux l'inverse, sans les excès ou quoi que ce soit, mais je veux, encore une fois je te le dis, je veux que mes enfants, la famille par alliance ou quoi que ce soit, vivent les bons souvenirs que j'ai vécu et qu'ils puissent avoir un endroit où tous se rassembler.
- Yann
C'est la symbolique de la maison, le fait de se rassembler, d'avoir un endroit où... Ouais,
- Chloé
ouais, ouais, et puis je me sens bien là-bas, tu vois, donc... C'est aussi un objectif personnel parce que ça veut dire que... Encore une fois, je suis bien rendu parce que c'est une résidence secondaire. Voilà, et puis la mer, c'est quelque chose qui m'apaise de ouf. La pêche... Depuis que je suis petit, j'allais faire de la pêche à pied, tu sais, ramasser les crabes et tout. Je pourrais encore le faire maintenant, tu vois, j'adorerais ça. Je sais pas, c'est des heures tout seul là-dedans. l'odeur, tout m'apaise quoi. Donc ouais, c'est clairement un objectif. Dans la famille, tout le monde prend point fou, un peu moins maintenant, parce qu'ils voient que je commence à être vraiment très déter. Et je vais le faire. Maintenant, je ne suis pas pressé.
- Yann
Ça arrivera quand ça va arriver.
- Chloé
Ouais, le timing est plutôt pas mal. Ils m'ont dit 10-15 ans. Franchement, ça fait 40-45 ans. C'est pas mal. C'est pas mal. Ouais, alors si le truc s'explose, l'immobilier explose en ce moment. Oui,
- Yann
ça va être de pire en pire sûrement.
- Chloé
Voilà. Mais c'est un objectif. Moi, je sais que je fonctionne vachement par objectif. Et si je n'ai pas une vision de là où je veux aller, je n'y vais pas. Je pense qu'on est un peu tous pareil. Ouais, c'est important, je pense.
- Yann
Il faut se fixer des objectifs.
- Chloé
C'est important.
- Yann
J'ai une dernière petite question. Quel conseil tu donnerais au petit Yann qui était perdu, qui ne savait pas quoi faire, qui était un peu rebelle, avec le recul que tu as aujourd'hui ?
- Chloé
C'est une bonne question. C'est une très bonne question. J'ai du mal à me remettre dans les chaussures que j'avais quand j'étais petit. Déjà parce que c'était pas incroyable. Ça dépend quel âge. Quand tu dis petit, le petit Yann, il avait quel âge ?
- Yann
Celui qui déménage à Rennes, qui est un peu perdu, qui n'a pas le cadre qu'il aimerait, qui ne sait pas quoi faire.
- Chloé
Fondamentalement, je lui dirais de ne pas changer grand-chose et de continuer à croire qu'il fera des choses exceptionnelles. Et peu importe ce qu'il cache derrière les choses exceptionnelles. En soi, on en fait tous si on le veut. Mais surtout, peut-être d'accorder moins de crédit à tout ce qu'on raconte, tout ce qu'il faut faire pour être la personne que tu veux être. Moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup perdu, de vouloir rentrer dans des chemins qui n'étaient pas le mien.
- Yann
Rentrer dans le moule, ça c'est...
- Chloé
Ouais, ouais. Et c'est compliqué d'avoir déjà cette... Je sais que des gens sont capables aussi jeunes. Je n'étais pas formé pour ça.
- Yann
Ça dépend de où on vient.
- Chloé
Ouais, j'ai trop de travail à faire. Moi, tu vois, je sais que j'en discute assez souvent avec ma mère. La seule chose que je regrette un peu dans l'éducation que j'ai eue, c'est qu'on ne m'ait pas appris à croire en mes rêves. Et je pense, ça paraît bateau, mais c'est quelque chose qui s'apprend vraiment. Et je sais que je ferai en sorte d'essayer de le transmettre. Et donc, ouais, je dirais peut-être ça, en fait.
- Yann
Et toi, tu croyais en toi depuis tout petit ?
- Chloé
Je ne sais pas si je croyais vraiment en moi, en vrai. Je croyais en l'idée que j'étais à part. Mais je ne suis pas sûr que je croyais réellement en moi. Je pense que c'était un peu les mauvaises raisons. Mais surtout, j'aurais aimé croire en mes rêves très tôt, parce que ça m'aurait évité de m'égarer. Mais en même temps, est-ce que s'égarer, ça ne fait pas le chemin ? Si,
- Yann
c'est ça. Tu as appris d'autres choses et ça fait que tu es la personne que tu es aujourd'hui.
- Chloé
Donc tu vois, encore une fois, ça revient sur le discours, je ne regrette pas grand-chose. Tu sais, les phrases de si j'avais su, j'aurais fait ça moi je déteste. C'est horrible, c'est atroce de dire ça. tu peux pas savoir, t'as fait comme t'as pu avec les infos que t'avais à ce moment là, le mindset que t'avais, la capacité que t'avais il y a tous des choses où on a des blocages, où on est bon, on est pas bon et ce sera toujours le cas il y a personne qui est bon partout, ça n'existe pas, il y a juste des gens qui ont peut-être mieux compris comment valoriser leurs forces et leurs faiblesses et et s'entourer surtout, je pense que ça le plus important c'est de bien s'entourer ça tu vois je l'ai compris il y a un petit moment quand même mais à ce moment-là, je pense que je ne l'avais pas capté. Que l'entourage fait la force. Et que le réseau fait la force. T'as envie personnelle, professionnelle, ce que tu veux.
- Yann
À tous les niveaux. Si t'es bien entouré, tu peux réussir à ta manière.
- Chloé
Tout est plus facile, puisque tu apportes aux gens, et ils t'apportent en retour, et il n'y a même pas de recherche, de calcul, ou quoi que ce soit, c'est juste que ça se fait naturellement. Mais je te dis, j'ai du mal à répondre à ces questions-là, parce que je ne voudrais rien changer, en fait.
- Yann
C'est bien, c'est un bon conseil. Prends les choses comme elles viennent et ne change rien.
- Chloé
Mais vraiment croire en ses rêves, ça pourrait être tellement bateau de dire ça.
- Yann
Pas tant que ça, en vrai. Je pense qu'il n'y a pas beaucoup de personnes qui croient vraiment.
- Chloé
Oui, c'est vraiment croire sincèrement et surtout de faire en sorte que ça arrive sincèrement et de balayer d'un revers de main les gens qui, puisque tu en croiseras tout le temps, des gens qui, des sachants qui n'ont jamais rien fait et qui ont forcément te... T'essayer de te remettre dans le droit chemin. Pourquoi ? Enfin, dans le droit chemin, dans un chemin classique. Pourquoi ? Parce qu'en fait, ils ont pas envie que t'y arrives de cette manière. Ils ont pas envie que tu leur prouves que c'est possible et que eux, entre guillemets, c'est pas une question de couille ou quoi que ce soit, n'ont pas cette démarche.
- Yann
Et ton père, il a réagi comment à tout ce que tu as pu construire jusqu'à maintenant ?
- Chloé
Écoute, je pense que j'aurais jamais cette discussion ou je le saurais jamais.
- Yann
Tu sais pas du tout.
- Chloé
Mon petit frère m'a... m'a plus ou moins expliqué, j'ai du mal à y croire que il suit de ouf ce que je fais, etc. Ça me paraît assez fou. Moi, j'ai jamais cherché à le confronter, et tu vois, je le saurais jamais, je pense pas que j'aurais l'occasion de lui parler avant qu'il parte, mais je sais pas, il faut serment, je pense que je m'en fous.
- Yann
Oui,
- Chloé
bon, si t'es aligné avec ça. Donc, Je t'ai dit, c'est plus un moteur, c'est plus ce qui me pousse à réussir. Si tu veux, plus jeune, je rêvais d'arriver avec toute ma réussite et de dire, tu vois, je suis dix fois meilleur que toi. Sauf que foncièrement, je sais déjà que je vaux dix fois plus, tu vois. Mais j'ai plus besoin de le prouver ou quoi que ce soit. Je suis heureux dans ma vie et c'est tout ce qui compte.
- Yann
Écoute, c'est le principal. Merci, Yann, pour cette interview. C'était vraiment très enrichissant.
- Chloé
Avec plaisir.
- Yann
Je te souhaite de réaliser tes rêves.
- Chloé
Toi aussi, toi aussi, parce que tu as un concept qui est très cool. Et je te dis, moi, je m'en connais vachement dans la manière dont tu abordes les choses. Et je pense qu'il y a moyen que tu fasses péter tout ça.
- Yann
Écoute, j'espère. C'est le but. En tout cas, merci beaucoup. À bientôt. À bientôt. À bientôt. Salut.
- Speaker #2
Merci d'avoir écouté cet épisode de l'Odyssée jusqu'à la fin. J'espère qu'il t'a plu. Rendez-vous tous les dimanches à 16h pour un nouvel épisode. En attendant, abonne-toi pour ne rien rater. A très vite !