- Speaker #0
Alors bienvenue dans ce 34e épisode de La Bonne Aventure. La Bonne Aventure est une émission de podcast qui est enregistrée par la Slogarie et qui interroge les artistes le matin de leur père-missage. On les interroge sur la genèse de l'exposition, leur inspiration, leur façon de travailler. leur vie d'artiste tout simplement. Et aujourd'hui, pour cet épisode, ce 34e épisode de La Bonne Aventure, on accueille Lucille Clerc qui expose jusqu'au 8 septembre Pétricor, une vaste et généreuse exposition de plus de 120 dessins. C'est vrai, t'as compté ? On les conclut. WASH, cyanotype, aussi sculpture en plâtre et des sérigraphies également. Donc voilà, merci beaucoup. Bienvenue Lucie.
- Speaker #1
Merci Lamia.
- Speaker #0
Alors je précise que pour une fois c'est pas tout à fait le matin du vernissage. On est presque. On est quelques jours après le vernissage parce que Lucie l'a produit jusqu'à l'adversaire. Ça on en parlera de ta capacité hyper créative, de ta force de travail. c'est incroyable et donc les pièces sont arrivées même dans la nuit et livrées le matin. Et parties sur carton. Oui et donc Lucille, avant de parler vraiment de l'expo, est-ce que tu peux te présenter ? Tu es déjà quelqu'un de très connu, ça fait quelques années quand même de les faire. Ça fait quelques années,
- Speaker #1
oui, j'ai eu beaucoup de chance de faire ce travail. Oui, je fais une formation de graphiste à la base. J'ai fait mes études à Paris, à Olivier de Serres, et puis après à Saint-Martin, c'est à Londres, où j'ai vécu presque 20 ans. Et là, je suis de retour en France depuis février, en gros, parce que j'ai... Voilà, on a fait le dernier camion de déménagement de l'atelier, c'était février, donc c'est assez récent. Et donc, c'est très joyeux de revenir avec une expo en France.
- Speaker #0
C'est super. Après, je sais que ça n'a pas été forcément... Parce que tu as passé beaucoup de temps à Londres. C'est là où tu as construit ta carrière. Oui,
- Speaker #1
Tu étais au nom d'un club. Oui, oui. En fait, juste après mon diplôme, j'ai toujours été un peu entre le graphisme et l'illustration. J'ai toujours beaucoup dessiné. Et à Saint-Martin, les ateliers sont assez ouverts. Donc, l'atelier de sérigraphie m'a accueillie à bras ouverts. C'était très, très agréable d'apprendre cette nouvelle technique. Et je ne m'en suis pas... forcément servi dans le cadre de mon diplôme, mais j'avais très envie de développer ça après, donc j'ai cherché un atelier qui ouvrait à l'époque et voilà, en haut de ma rue. C'était vraiment parfait. Et j'y suis restée jusqu'à quelques mois. Oui, jusqu'à avoir mon atelier au-dessus. Je pouvais dessiner au-dessus et aller imprimer en bas.
- Speaker #0
Et c'est fou, alors nous on se connaît depuis une dizaine d'années aussi. C'est ta seconde exposition, la dernière fois, c'était Garde de Paris. la galerie venait d'ouvrir quasiment en 2015 et tu étais encore à Londres à ce moment là et ce qu'on avait présenté c'était quasiment, c'était que des sérigraphies quelques prints et c'était ça en fait ta signature aussi parce que t'es une excellente sérigraphe t'as développé ta propre technique un peu et bah oui oui alors en fait la sérigraphie elle est venue un petit peu par la contrainte parce que je
- Speaker #1
cherchais au départ à avoir un portfolio, un portfolio mais de grands dessins, à traduire mes dessins pour aller les montrer, pour aller démarcher. Au début, on est diplômés, on ne sait pas trop comment. Et je n'avais pas trop de sous. Donc l'option, c'était de les faire moi-même, d'apprendre. Et donc j'ai fait la petite formation que l'atelier faisait. Et je me suis dit, c'est pas mal en fait. Et puis plus on fait, plus on t'apprend. On a des idées qui viennent en faisant. Moi, je crois beaucoup à ça. comme la musique, comme tout ça. Enfin, voilà, tout d'un coup, on a d'autres idées qui viennent. Et donc, je me suis mise à utiliser la sérigraphie, peut-être d'une autre manière, en fait, que celles dont les membres officiels... Avec des aplats, toi,
- Speaker #0
tu l'utilises comment, la sérigraphie ?
- Speaker #1
C'est-à-dire que...
- Speaker #0
Tu peux nous dire, justement, les deux styles de sérigraphie ? Alors,
- Speaker #1
on peut le faire en aplat. Et on peut le faire, c'est une technique qui est assez proche de l'offset presque. C'est quatre couches de couleurs qui se superposent, donc il y a du cyan, du magenta, du jaune et du noir, sous forme de tout petits points de traitement. trame de points qui ont chacune un angle et en se superposant, elles vont créer toutes les autres couleurs. Il n'y a pas de vert, par exemple, dans mes sérigraphies, il n'y a pas de vert en ton direct. C'est une superposition de points jaunes et de points bleus, par exemple. Comme les impressionnistes, un peu, comme les pointillistes. Et puis après, en faisant... L'idée c'était pas de reproduire mes dessins, c'était vraiment de créer quelque chose sur la table d'impression. Donc de mélanger avec d'autres techniques, d'introduire peut-être des parties dessinées entre les parties imprimées ou d'avoir une série de motifs que j'imprime un peu de façon improvisée, les uns sur les autres en superposition et d'avoir comme ça une œuvre qui n'existe qu'en sérigraphie, qui n'est pas une reproduction mais qui est vraiment une création à part entière.
- Speaker #0
et c'est vrai que le résultat il est assez incroyable parce que des fois en fonction du décalage des fois ça vibre,
- Speaker #1
des fois c'est hyper vivant oui ou parfois je répète le même le même motif par exemple mais dans une autre couleur pour créer un effet de profondeur et ça permet de créer des formats très très grands ou de travailler sur des supports qui ne sont pas nécessairement du papier là ici on a un sur du verre ça permet d'imprimer sur du bois aussi enfin là je ne vais pas montrer mais j'imprime sur toutes sortes de Merci. support, c'est assez magique. Et c'est assez magique d'être autonome et de pouvoir faire ces petits essais. En plus,
- Speaker #0
tout ce que tu expérimentes, en fait, c'est sans fin. Il faut dire que c'est...
- Speaker #1
Oui, parce que je trouve que c'est...
- Speaker #0
Là, tu as déployé ici pour cette expo plein de nouvelles choses qu'on n'avait jamais vues.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et là, du coup, maintenant que tu es revenue en France, tu t'es installée dans l'atelier de tes grands-parents à Nancy. C'est ça, oui.
- Speaker #1
Oui, je suis régionnaire de Nancy. J'ai grandi au-dessus d'un commerce. au-dessus de l'atelier de mes nuits de rite de mes grands-parents donc il y avait toujours un peu du monde je pense que c'est un peu comme les gens qui grandissent dans les cafés il y a toujours un peu du monde il y a toujours de l'activité à partir de 6h30 tout le monde commence à arriver les machines se mettent en route vers 7h au mois le quart et hop on commençait et donc c'est à la fois joyeux parce qu'il y a toujours de l'activité et en même temps très sérieux très pointilleux sur l'exécution j'ai beaucoup de respect pour les gens qui... qui travaillent de leurs mains, les artisans ça t'a peut-être marqué aussi ce côté manuel moi ça m'a marqué incroyablement j'avais un peu les deux parce que j'ai mes parents qui étaient profs donc le côté plus haute étude et en même temps un grand grand respect pour le savoir-faire ça devrait être sympa du coup de réintégrer l'atelier de menuiserie c'est génial parce que c'est très émouvant ça a l'air super beau C'est vraiment la... un peu l'image de l'atelier qu'on se fait avec les grandes fenêtres qui donne sur un petit jardin qu'on est en train de remettre un peu en vie et puis il y a beaucoup de travail parce que la sciure c'est clairement l'ennemi du papier donc ça va prendre quelques temps pour bien tout nettoyer et que tout soit impeccable pour pouvoir imprimer sereinement
- Speaker #0
Mais là on peut dire que déjà Pétricor, ton exposition elle a été créée là-bas Oui, oui,
- Speaker #1
oui Il y a toute une partie... Oui, oui. Et les sources d'inspiration aussi sont... sont vraiment marquées par là où j'habite maintenant. Je suis assez pouruse pour tout ça. Quand je fais des projets personnels, c'est vrai que...
- Speaker #0
Tout t'inspire. Quand tu habitais Londres, il y avait beaucoup de sérigraphies qui étaient sur le Kew Garden. Parce que c'était un endroit que tu adores. Oui,
- Speaker #1
c'est mon endroit préféré.
- Speaker #0
Tu as énormément dessiné le Kew. Et c'est ça qui est assez particulier dans ta façon de travailler. Ton père était architecte. C'est que tu as une maîtrise. Il a dû aussi forcément influencer. Merci.
- Speaker #1
Ah bah forcément, on est peureux à ce qu'on nous montre. Bien sûr,
- Speaker #0
toi particulièrement.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui, oui. Et le Q-Garden, tu l'as dessiné sur tous ses angles, c'était magnifique. Et en plus, l'autre chose, c'est que tu adores les arbres, la botanique, la nature. Et donc, tu mélanges les deux, tu les fais coexister. Donc le Q, il est envahi de végétation.
- Speaker #1
Oui, ça sort un peu des serres et ça sort des maris.
- Speaker #0
fois à Londres où la nature reprenait ses droits. avec de la végétation et tout ça t'as beaucoup dessiné la nature et les villes et la nature qui reprend le dessus sur la ville c'est des sujets de prédilection chez toi ?
- Speaker #1
oui oui c'est des sujets qui m'intéressent quel rapport on a dans la ville moi je viens d'un un endroit très proche, en bordure de forêt. En haut de ma rue, c'est la forêt. Il y a vraiment les deux, la ville et comment ça coexiste. Et à Londres, c'est assez particulier, parce que c'est assez vert par rapport à Paris. et il y a une grande tradition quand même dans l'architecture l'art du paysage anglais d'inviter la nature chez soi à grande échelle ou à petite échelle c'était le sujet de ta première expo Garden Party d'ailleurs tu avais dessiné la
- Speaker #0
galerie en veille tu avais fait une animation c'est vrai un petit peu Oui, Et d'ailleurs, tu avais complètement végétalisé la pièce d'expo. Et là encore, alors là du coup, on n'a plus de ville dans cette expo Pétricor.
- Speaker #1
Non, on n'a plus de ville.
- Speaker #0
Et raconte-nous alors, est-ce qu'on peut revenir justement au sens de Pétricor, le mot étymologiquement, tu le disais tout à l'heure, ça vient de Pétralapierre.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu le sang de la pierre. Apparemment, c'est un néologisme des années 60. Pour décrire l'odeur de la nature après la pluie.
- Speaker #0
Mais il y a un côté scientifique là-dedans. Il y a un côté scientifique, oui. C'est un liquide huileux qui est secrété par certaines plantes.
- Speaker #1
Voilà, oui. En fait, c'est une réaction chimique. Vous regardez aussi par les bruits. Ça m'intéresse. Parce que j'aime bien la science. J'aime beaucoup.
- Speaker #0
Ça se sent dans la précision des deux. Voilà,
- Speaker #1
la biologie, la science. Donc c'est un phénomène chimique qui se produit. quand l'eau rentre en contact avec les huiles essentielles qui se déposent sur les feuilles, qui ont séché par exemple après une grande période de sécheresse, la pluie tombe et vient comme ça réanimer les huiles végétales. Et la géosmine, qui est aussi un composé chimique qui se trouve dans la terre, et quand tout se mélange, ça crée cette odeur très particulière, et apparemment l'humain est extrêmement sensible à cette odeur, mais vraiment très sensible, on peut la sentir à des sous-mètres. Et donc ça m'intéressait de raconter la nature, mais par le biais un peu plus des sensations, d'être peut-être un peu moins dans une description très littérale, mais d'évoquer plutôt les sentiments, les sensations qu'on peut ressentir à son contact. Parce que c'est vrai que ça fait plusieurs années que je travaille beaucoup. pour l'édition, pour la presse.
- Speaker #0
Tu as une vie de travaux de commande et hyper sollicitée par plein de marques prestigieuses, par la presse aussi. Oui, oui.
- Speaker #1
Pour un moment, je faisais beaucoup pour l'Obs et souvent pour des articles sur l'écologie. Et pour l'édition...
- Speaker #0
D'ailleurs, ce sont tellement beaux les articles que tu illustres, l'illustration que tu fais pour les articles, que souvent, l'Obs est sympa, c'est une question de droit, mais on avait les...
- Speaker #1
oui on en avait vendu quelques unes oui c'est vrai mais par exemple pour la presse c'est quelque chose qui m'importe beaucoup par exemple de continuer de travailler pour la presse je trouve ça très important c'est vraiment une belle manière d'utiliser un savoir-faire d'amener les gens à lire un article c'est une bonne porte d'entrée l'illustration c'est tout de suite plus
- Speaker #0
Je te rappelle ces livres.
- Speaker #1
que tu avais fait ou bien quand il y a des illustrations comme ça c'est marquant ça percute du coup tu sers vraiment l'article voilà on sert le sujet ça j'aime bien ça je trouve que il y a un rôle je suis à ma place en tant qu'illustratrice j'ai vraiment un rôle à jouer comme quand on fait une belle couverture qu'on donne envie de lire un livre ça ça me touche vraiment de travailler pour des auteurs que j'aime ou des journalistes qui s'attaquent à des sujets compliqués t'avais lu ça un bouquin de Paul Claudel aussi de Philippe Claudel oui oui plusieurs plusieurs couvertures Merci. La Rature Un petit roman graphique Il y avait une centaine d'illustrations C'était formidable comme projet
- Speaker #0
Ce genre de projet illustré Les illustrations sont quasiment Aussi importantes que le texte
- Speaker #1
Il m'avait donné Beaucoup de liberté Il m'avait donné son texte
- Speaker #0
En tout cas ton travail A côté de ça Là on présente des créations personnelles Une exposition complètement personnelle Avec des nouvelles œuvres compétence immédiate.
- Speaker #1
Voilà, moins descriptive, moins scientifique parce que là je venais de finir beaucoup de livres très descriptifs vraiment sur la botanique, donc avec une contrainte vraiment de représentation scientifique il faut que ça soit reconnaissable, il faut que ça soit à la bonne échelle extrêmement précis mais qui m'a servi aussi parce que du coup j'ai appris beaucoup en faisant tout ça, à les reconnaître, à les dessiner donc je me sers de ça pour donner l'illusion de réalité, mais en même temps pour montrer autre chose avec ça.
- Speaker #0
Il y a une féerie incroyable dans ton exposition, parce que Petricor, tu l'as déifiée en fait, tu en as fait un personnage.
- Speaker #1
Oui, j'imagine. C'est le fil rouge en fait de cette exposition. Voilà, c'est une sensation. mais moi j'en fais je la personnifie en fait alors je me dis bon si c'est une odeur elle est invisible donc comment est-ce qu'elle fait pour être invisible et puis on tire le fil comme ça de la métaphore c'est à dire si elle est invisible qu'est-ce qu'elle porte comme vêtement peut-être qu'elle a des vêtements qui sont
- Speaker #0
un peu des camouflages peut-être qui sont faits de végétaux et là tu nous as sorti une série de je ne sais combien de vêtements de pétricorps soigneusement pliés et avec une fantaisie et oui selon les saisons c'est dingue tous les vêtements que peut porter le pétricorps à base de mousse, à base de feuilles fléchées c'est pour ça qu'on ne la voit pas et puis j'imaginais des mous comme ça tu as une imagination incroyable je te laisse finir mais oui j'aime bien raconter des histoires en fait Donc là...
- Speaker #1
Là, il n'y a pas encore le texte. Bon, voilà, dans l'idéal, j'aimerais en faire un livre et accompagner toutes ces images de texte.
- Speaker #0
Tu as fait quelques textes pour nous expliquer, pour nous guider dans cette exposition. Oui, à chaque fois, comme des chapitres. Exactement, parce que Pétricor, elle a venu, comme tu disais, tu as dessiné ses vêtements, mais tu as dessiné aussi là où elle habitait.
- Speaker #1
Voilà, après je me suis dit, mais tiens, où est-ce qu'elle pouvait habiter ? Alors, est-ce qu'elle habite...
- Speaker #0
Mais tu n'en as pas imaginé un, tu en as imaginé 20 de lieux où habiter.
- Speaker #1
Oui, parce qu'elle est partout, donc il lui faut plein de maisons.
- Speaker #0
Tu as raison.
- Speaker #1
Et puis l'échelle aussi, est-ce qu'elle est très grande ? Est-ce qu'on ne la voit pas parce que c'est une géante ?
- Speaker #0
Alors il y a un petit dessin, une jambe de géante qui dépasse une forêt magnifique. C'est le fort de la carrière. Aujourd'hui encore, quelques jours après l'exposition, tu continues à créer sur Pétricor, et tu nous as ramené, juste avant qu'on commence ce podcast, une toute petite Pétricor qui est cette fois-ci minuscule et qui voyage.
- Speaker #1
Comment est-ce qu'elle voyage ?
- Speaker #0
Sur Ado Dhirondel.
- Speaker #1
Ah bah oui, Ado Dhirondel.
- Speaker #0
C'est magnifique.
- Speaker #1
Ou d'autres animaux annonciateurs de la pluie. Merci. est-ce qu'elle voyage en s'accrochant aux feuilles qui se détachent des arbres c'est autant de dessins qui vont arriver là aujourd'hui il y a
- Speaker #0
Petricor qui est vraiment métamorphose dans les nuages magnifique et c'est tellement à la fois tendre, poétique et on voit très bien le livre qui peut arriver derrière parce que c'est ça, c'est un cube et c'est vrai que les titres que tu donnes déjà non seulement tu as percemé cet expo de texte, même les titres que tu donnes aux oeuvres on a le catalogue de l'expo qui fait exceptionnellement 53 pages c'est vrai c'est une bible désolée j'ai beaucoup de pression sur les artistes qui exposent après toi parce que là les enfants de la pluie le bouteille des absents la mousse sans livre de la verse autant de titres qui sont magnifiques
- Speaker #1
alors il y a j'ai toujours un petit carnet des fois ça vient comme ça ou... c'est comme quand on est dans le train on laisse son esprit divailler un peu la création elle t'habite en permanence elle te laisse jamais, elle peut être écrite enfin tu cherches des titres il n'y a pas de bouton c'est ce qui est génial dans cette vie c'est que ça s'arrête jamais j'espère pouvoir créer jusqu'au bout du bout du bout un crayon à la main,
- Speaker #0
bien sûr tes dessins ils voyagent aussi tout seul bah oui ils ont leur vie ça c'était magnifique tu peux raconter ça rapidement ?
- Speaker #1
comme tout le monde j'étais médusée, choquée, horrifiée par les attentats de Charlie et puis impossible Je pensais à autre chose, de trouver le sommeil,
- Speaker #0
et donc j'ai fait ce dessin. Mais c'était très rapide en fait, une inspiration. Oui,
- Speaker #1
c'était tout de suite. Ce qui était beau, c'est que je l'ai beaucoup donné, je l'ai beaucoup envoyé à des mairies, à des écoles. Et ensuite, j'ai fait pas mal d'ateliers dans les écoles, justement, sur la liberté d'expression. Ça, c'est quelque chose que je trouvais important.
- Speaker #0
La transmission chez toi c'est hyper important ?
- Speaker #1
Oui, pour un moment, enfin là j'ai un petit peu arrêté, mais je faisais beaucoup d'ateliers pour les enfants ou les étudiants dans les écoles.
- Speaker #0
Là il faut dire que tu es maman maintenant, ça change le... le rythme ?
- Speaker #1
Récemment, oui, ça change bien le rythme.
- Speaker #0
La petite Charlotte, qui est une des plus adorables que j'ai jamais rencontrées dans ma vie.
- Speaker #1
Qui a ses crayons aussi maintenant.
- Speaker #0
Du coup, la vie d'une maman avec toute ta créativité qui est aujourd'hui... Tu compares souvent une eau vive, parce qu'effectivement, tu n'arrêtes jamais, tu travailles énormément. Là, pour l'exposition, pour créer toutes ces pièces, parce qu'il faut bien dire, il faut venir la voir déjà l'expo, elle est jusqu'à début septembre, mais non seulement il y a une profusion, mais il y a une précision, il y a une poésie sur chacune des œuvres. Tu vois, la qualité de chaque dessin est absolument extraordinaire. Et quand on voit le nombre d'œuvres que tu as créées, que tes mamans, en plus d'une petite fille de deux ans, et que tu as des travaux votre commande sans arrêt à gérer,
- Speaker #1
tu nous m'avais dit que tu les avais mis un peu en suspens un petit peu là pour quelques mois avant l'expo là ça repart oui mais en fait c'est Il y a quelque chose d'excitant. J'aime bien être assez occupée. Ce n'est pas quelque chose qui me pèse du tout. J'adore ce que je fais. J'adore les gens pour qui je travaille. J'ai la chance de pouvoir choisir mes projets, ce qui est quand même le plus grand des luxes. Je choisis des choses qui me passionnent vraiment. Ce n'est jamais un problème. Et puis l'expo, c'est tellement... une chance. Enfin, voilà, merci.
- Speaker #0
Ça faisait longtemps qu'on l'avait. Oui,
- Speaker #1
ça faisait tellement longtemps qu'on voulait en faire. Chaque année,
- Speaker #0
on en parlait. Et il y a eu des petits épisodes où on a contrarié.
- Speaker #1
On ne choisit pas toujours. Mais donc, voilà, c'est quand même une chance incroyable de pouvoir montrer des choses plus personnelles. Des choses un peu plus... Peut-être un peu moins... Je ne veux pas dire commerciale, mais un peu moins évidente, qui prenne peut-être un peu plus de temps aussi à regarder.
- Speaker #0
Tu t'es beaucoup amusée, enfin le plaisir que tu as, parce qu'on suivait. Oui,
- Speaker #1
je t'en voyais au fur et à mesure,
- Speaker #0
oui. Là, regarde, il y a des fenêtres, ça s'appelle la série Intérieur Pluie, et c'est une série, tu n'en fais pas un ou deux, d'Intérieur Pluie, tu en as fait huit. Huit Intérieurs Pluies, où c'est juste des gouttes d'eau qui dégoulinent sur une vie. qui sont d'une fraîcheur alors dans cette période de canicule évidemment pour venir prendre le frais à Petricor parce que tout t'invite à la fraîcheur et donc t'as ça t'as développé ça à la gouache alors effectivement on parlait tout à l'heure de ton expérience que t'as beaucoup développée en scénographie et là pour la première fois et ça c'est génial, on est super heureux et fiers de pouvoir montrer ce sont essentiellement des gouaches donc des œuvres uniques qui sont d'une... précision. La mousse, à la fois il y a des cadrages hyper audacieux, là où la mousse elle est attrapée au ras du sol. Oui,
- Speaker #1
on est au même niveau.
- Speaker #0
Oui et donc c'est une promenade dans ton exposition où on arrive des fois vraiment sur des entrelacs de mousse et d'ailleurs la scénographie que tu as fait, que tu as installée, elle est géniale. Oh bah ça merci ! Et du coup, il y a vraiment partout le regard se pose. des techniques un peu différentes, il y a de la gouache, il y a des cyanotypes aussi, il y a quelques scènes graphiques quand même mais il y a des cyanotypes et il y a aussi où habite Pétricor alors dans les petites maisons au dessin mais tu as aussi fait des...
- Speaker #1
Oui j'ai essayé de les imaginer en 3D oui oui en plâtre, c'est à dire que il y en a certaines que j'ai dessinées en fait à partir de de petits montages que j'ai fait en feuilles collées et assemblées. et j'aimais bien l'idée de dessiner d'après une maquette que je faisais moi aussi et puis après je me suis dit je vais les montrer les maquettes c'est bien de montrer le rigide et donc elles existent, on peut les voir c'est des montages à partir de de jouets d'enfants oui d'accord,
- Speaker #0
comme ça,
- Speaker #1
de Charlotte parce que je vais piquer ces jouets je vais piquer un peu ces petits jouets des formes qu'on utilise en pâtisserie et puis des moulages de feuilles que j'ai ramassées là où on habite et dans mon jardin c'est vachement beau parce que tu expliquais la dernière fois que quand tu étais à l'école primaire tu avais appris à faire ça tu sais en 5ème il y a un stage à faire et moi mon rêve c'était d'aller voir l'atelier d'Aume donc à Nancy où j'ai grandi il y avait encore les cristalleries d'Aume Merci. qui ont une grande tradition d'art nouveau. C'est comme ça que ça a débuté. Nancy, c'est à l'école de Nancy qui a lancé l'art nouveau en France avec tous les artistes comme Galet, Majorelle. Et la maison d'Aume, elle existe toujours. Et donc, on pouvait... Je suis allée un peu toquer à la porte. J'avais fait des dessins de leur création. Oui, déjà. Des petites maquettes et tout. Et donc, ils m'ont pris. C'était incroyable. En stage ? Oui, j'avais 12 ans. 13 ans. c'est dire l'égalité que le dessin c'était des dessins de tremblantes je pense qu'ils ont été attendris ils étaient formidables toute équipe, François Ponsignon c'était le directeur artistique à l'époque que je salue le stage s'est prolongé ça a fini par des petites maquettes vraiment en pâte de verre où ils m'ont permis de faire mes petites créations ils m'ont aussi formée sur ça Merci. ils m'ont montré quelques techniques de moulage, comment faire le moulage d'une feuille, d'une texture. On goutte ce goutte de plâtre au pinceau sur une feuille. Et puis ensuite,
- Speaker #0
voilà,
- Speaker #1
ou pas, ça dépend des espèces, ça dépend de la rigidité de la feuille. Et puis ensuite, on peut la décoller doucement et on a le moulage qui reste.
- Speaker #0
C'est incroyable. Et ensuite,
- Speaker #1
j'assemble chaque...
- Speaker #0
Donc c'est comme ça que tu as épuisé dans ton expérience de petite fille de 20 ans, de 12 ans, 11-12 ans.
- Speaker #1
Oui, oui, tout sert. C'est comme les petits cailloux sur le chemin.
- Speaker #0
Il manque les choses. Il y a des cyanotypes, ça on va dire aussi. Magnifiques. Ah oui, les cyanotypes. Ça, c'est important que tu adores les cyanotypes. Est-ce que tu peux, pour ceux qui ne savent pas forcément comment ça fonctionne, nous raconter déjà le principe et comment toi tu fonctionnes avec eux ?
- Speaker #1
C'est l'ancêtre de la photo qui était au départ utilisé par une botaniste anglaise, qui faisait des cyanotypes pour garder une trace. des plantes qu'elle découvrait, qu'elle ramassait. Et donc c'est une solution à base d'oxyde de fer qui est photosensible. Et c'est un peu comme les rayogrammes aussi de Banneray par exemple. Si on pose un objet sur cette solution sensible et qu'on la place à la lumière du soleil, aux UV, elle va laisser une silhouette blanche. Et donc l'idée c'est de jouer avec ça, soit de poser des dessins ou des plantes. ou les deux ou des petits photos montage et donc ça disons que c'est un peu l'utilisation plus classique et là, il y en a des comme ça là j'ai utilisé le médium lui-même la solution photosensible pour ce visage là qui est magnifique pour une petite série de visages donc c'est pétricor c'est un peu à quoi ressemblerait pétricor tricorps. Et je trouvais que le clin d'œil au botaniste était vraiment à propos, pour montrer ça. Donc c'est sa silhouette qui émerge comme ça des silhouettes de plantes aussi. Et puis après, j'ai poussé un peu l'idée et j'ai utilisé, puisqu'il s'agissait de montrer la pluie, la neige, la grêle, comment les représenter, sans les... sans les dessiner vraiment. Donc j'ai imprimé, j'ai laissé les papiers enduits de cette solution dehors, à différentes saisons et sous différents éléments. Il y a de la pluie, de la grêle, de la neige.
- Speaker #0
C'est incroyable.
- Speaker #1
Donc ça crée le fond, ça crée la texture vraiment. C'est pas dessiné, c'est vraiment l'élément qui crée ces motifs qui sont aléatoires, qu'on ne contrôle pas. Ça, ça me plaisait bien. aussi de perdre un peu de contrôle parce que souvent je fais des dessins très précis, très très presque obsessionnel au niveau des détails. Donc ça faisait du bien un peu de mélanger ce lâcher prise et puis après de redessiner dessus et d'avoir comme ça la silhouette, la silhouette de petit corps qui apparaît ou une silhouette de paysage. C'est le même,
- Speaker #0
il faut vraiment le voir pour le croire parce que c'est un peu difficile à décrire mais effectivement il y a ce fond déjà qui est tacheté et quand on sait que c'est la neige... qu'a grêlé ce fond bleu, qui a grêlé le blanc et que ce sont des traces de neige, mais c'est d'une poésie immense. Et là, par-dessus toi, t'as redessiné un petit paysage derrière, en bas à droite, et surtout ce visage de Pétricor. virtuose de faire ce que tu fais parce que tes visages ne sont jamais incarnés ils sont toujours universels et c'est très dur de faire ça et du coup d'arriver à faire tes visages sans que ça représente quelqu'un et que ça soit aussi majestueux Elle est magnifique, Pétricor. On a l'impression de la connaître maintenant un peu.
- Speaker #1
On a l'impression,
- Speaker #0
voilà. Et du coup, ça, c'est assez unique. On a l'impression, avec tout ce que tu as décroyé, parce qu'il y a aussi plein de planches juste au crayon de papier, d'une précision où tu as tordu les feuilles. On dirait que le vent s'en est emparé aussi.
- Speaker #1
Oui, je pensais aux chorégraphies. Tu sais, un peu de Leufler, avec la femme papillon qui dansait comme ça avec les voiles.
- Speaker #0
Donc, il y a ça aussi. d'un. il n'y en a pas qu'une, il y en a six ou sept et tu les as rehaussées alors on avait vraiment effectivement l'impression qu'il y a une liberté cette exposition je m'amuse je vais dans toutes les directions j'explore toutes les possibilités techniques et tu les as rehaussées ces planches de jus de fruits,
- Speaker #1
de légumes oui j'ai essayé de faire plein d'essais d'encre végétale donc je ramasse je veux que ça soit du local ça représente aussi le lieu qui a inspiré ces dessins. Je ramasse de la terre, des herbes, des légumes, des jardins. Et puis je m'amuse à créer des encres à partir de ça et de voir ce que ça peut donner. Donc là, je développe ça, par exemple, en ce moment. Tu nous as laissé un énoncier d'ailleurs. Oui, C'est génial. C'est très étonnant ce qu'on peut créer. L'avocat, c'est vraiment étonnant.
- Speaker #0
Du coup, ça fait des couleurs comme ça. des halos de couleurs. J'entoure les dessins blancs et blancs, ça les colorise. Mais ce sont des teintes naturelles.
- Speaker #1
J'aimais bien l'idée de voir ce qu'on pouvait faire sans trop de matériel, juste avec un crayon, une feuille et ce qu'on a sous la main. Ces dessins-là, les cyanotypes, ça ne sert à presque rien.
- Speaker #0
Oui, ça inspire aussi la création de dire qu'on n'a pas besoin de grand-chose.
- Speaker #1
Moi, je fais tout. un crayon,
- Speaker #0
c'est mon truc préféré un bon critérium et quand même c'est assez récent ce basculement justement à l'usage du crayon alors justement pendant qu'on se parlait tu me disais toujours mon crayon est en folie et je m'étais imaginée que tu avais ta table de travail
- Speaker #1
le crayon ça a toujours été c'est vraiment mon outil par défaut oui oui tout commence par le crayon oui oui et après la gouache quand même de te mettre à la gouache nonchalante.
- Speaker #0
Donc j'avoue qu'il y a eu une période, alors peut-être que je ne sais pas si tu me connais ou pas, où tu as eu un problème de santé assez grave.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'était en quelle année ? C'était il y a cinq ans.
- Speaker #1
Oui, donc il y a eu une petite pause.
- Speaker #0
Qui t'a forcé à arrêter vraiment de travailler pendant assez longtemps ? Oui,
- Speaker #1
j'étais vraiment immobilisée. C'était une grosse opération qui est assez invasive. qui a causé pas mal de dégâts. Ça prend du temps de se remettre.
- Speaker #0
Et qui t'a empêché de te tenir...
- Speaker #1
J'étais un peu prisonnière de mon corps. J'étais un peu prisonnière à l'intérieur.
- Speaker #0
C'était un alim de douleur quand tu travaillais.
- Speaker #1
Sans pouvoir trop bouger. Donc j'ai dû apprendre un peu à faire...
- Speaker #0
La scénographie déjà était...
- Speaker #1
La scénographie, c'était hors de question parce que tout le côté gauche était bloqué.
- Speaker #0
Ça a été la césure aussi dans ta façon de travailler ?
- Speaker #1
où il y avait énormément de sérigraphie avant et de très grand format et de très grand format et que c'est assez physique c'est très physique parce qu'il y a des contrepoids ça pèse des tonnes donc impossible de lever le bras pour remonter l'écran même aujourd'hui même
- Speaker #0
si tu fais des sérigraphies c'est des petits formats alors qu'avant tu faisais vraiment des très grands sérigraphies moi je compte bien m'y remettre j'ai pas dit mon dernier mot mais oui ça va qu'il y a une période comme ça où c'était est-ce que je vais y arriver ?
- Speaker #1
parce que je vais reprendre...
- Speaker #0
Vous ressentez du découragement ?
- Speaker #1
Bien sûr, bien sûr. Parce qu'on est vraiment prisonniers, prisonniers à l'intérieur. Et on ne peut pas. on ne peut pas, ça bloque. Pour la première fois, on ne peut pas. Donc je ne pouvais pas tenir assis, je ne pouvais pas tenir un crayon, je ne pouvais pas retenir quelque chose, je ne pouvais pas parler en marchant, j'ai réappris à respirer, c'était une opération du poumon, pour tout dire. Et donc il faut vraiment réapprendre beaucoup de choses, il faudrait apprendre aussi à fonctionner avec un... un nouveau corps, c'est pas forcément évident et puis petit à petit donc j'ai pris beaucoup de notes je me suis dit bah c'est pas grave, ça sera pour plus tard mais ça arrivera donc on réapprend tout doucement et puis habiter près d'une forêt c'est pas mal donc j'ai fait ma petite rééducation il se trouve il se trouve que c'est une rue qui monte énormément donc c'est un sacré bonheur bon exercice. Et donc le but, c'était tous les jours d'attendre la forêt. Vraiment, c'était le but de la journée. Et ben voilà. Puis après, on y arrive. Mais c'est vrai que ça a changé forcément. Ça a changé les techniques. Il a fallu que je sois beaucoup plus rapide parce que je pouvais travailler que par petites planches de temps. Après, il fallait que j'aille m'allonger. C'était compliqué. Donc j'avais des plages de un quart d'heure. Et donc, c'est vrai que finalement, j'ai gagné en rapidité. j'avais pas tellement le luxe de faire des essais donc voilà étant freelance j'avais pas trop le luxe de m'arrêter donc il a fallu trouver d'autres moyens de continuer à travailler de quand même gagner
- Speaker #0
ma vie mais c'est fou parce que la raison dans l'histoire c'est cette chose très dure qui t'est arrivée Tu en as ressorti quelque chose d'éminemment positif, tu as développé une technique à la gouache.
- Speaker #1
Oui, c'est quelque chose que je faisais déjà un peu sur le côté, enfin comme ça.
- Speaker #0
De façon si vertueuse, on sent que vraiment tu t'es vraiment beaucoup par rapport à la première exposition, il n'y avait que des sérigraphies, cette seconde-là, elle est là parce qu'il y a eu cette séance. Probablement, oui, probablement. Il y a deux grandes œuvres derrière toi, des arbres, alors je pense que tu les adores, j'aimerais bien que tu nous dises un petit mot de ce que tu connais. Bye !
- Speaker #1
c'est comme des portraits pour moi ils s'appellent comment ces deux là ? c'est des survivants c'est des autoportraits en fait presque c'est un peu c'est le seul arbre qui a survécu à la tempête de 99 qui a ravagé complètement une des forêts près des Cajabies et donc c'est le même arbre vu sous des angles différents mais c'est voilà C'est une espèce de héros local.
- Speaker #0
Tu disais que c'était les premiers dessins que tu avais faits. Oui, c'est parmi les premiers. Tu as repris ton crayon, tu as dessiné ces arbres-là.
- Speaker #1
Et je dessinais debout. Et donc, ça change aussi la façon de dessiner. Le rapport au corps et au médium est complètement différent. C'est quelque chose que je n'avais pas tellement expérimenté avant. Et c'est quelque chose que là, justement, je vais beaucoup plus développer avec... avec le nouvel espace que j'ai, avoir de l'espace et pouvoir dessiner debout, avoir une table à dessin en fin. Ça va changer plein de choses, j'en suis sûre. Ça va encore évoluer, sûrement.
- Speaker #0
Et cette passion pour la nature, enfin les arbres en général, j'ai l'impression que tu as un respect immense pour l'arbre, un peu comme dans certaines cultures.
- Speaker #1
Oui. Il y a cette légende des Kodamas aussi, qui dit qu'on a ces esprits qui habitent les arbres. Tu y crois un peu ? Tu y crois un peu, ouais, il y a quelque chose comme ça. de dire que tout est vivant, tout est vivant, c'est pas juste un décor, c'est pas juste joli, tout est vivant et on en est responsable. Et puis moi dans ma famille on était, donc je n'étais plus au-dessus d'une menuiserie, donc il y a ce rapport assez utilitaire. mais voilà le bois on s'en sert vraiment mais on gâche pas donc il faut faire très attention on s'en sert on s'en sert bien c'est comme par exemple ils avaient une parcelle où ils plantaient les arbres en vue de s'en servir après dans l'atelier donc il y avait comme ça un rapport au temps aussi parce qu'on les plante ensuite il faut attendre ensuite on récolte et ensuite on les transforme et la mousse enfin la nature en général est très sensible oui c'est à dire je fais pas de hiérarchie c'est à dire je me dis pas il y a une plante voilà il y a la belle plante qui fait la belle fleur et puis c'est celle là qu'on va mettre en valeur tout est honorable quelque part tout est noble tout est intéressant tout dépend du regard qu'on y prête en fait tout peut être beau les ruines à londres les sites en construction je trouvais ça beau enfin les mousses qui pousse dans des endroits improbables la vie qui reprend coûte que coûte c'est beau voilà et donc ça peut être tout petit et insignifiant et ça m'intéressait de révéler ce côté là aussi il ya toute la magie après que ton ami comme dans dans l'accroche nuage,
- Speaker #0
enfin évidemment le portrait de Pétricor qui est écrit dans le travail. de racines, de rochers, de pierres qui apparaissent dans les éléments naturels et là je me dis comment matche ton esprit parce que tu mets tellement de poésie tu inventes tellement de choses c'est d'une inventivité cet expo il y a aussi l'accroche nuage c'est un nuage qui passe derrière c'est le nuage qui passe derrière qui crée la toison de l'arbre tu as créé aussi cet arbre qui est fait de plein de petites feuilles différentes mais c'est C'est un peu retranscrit.
- Speaker #1
Transcrire les sensations. C'est-à-dire, si on respire à fond, si on sent ce pétricor, qu'est-ce que ça évoque comme image ? C'est un peu comme quand on dessine la musique. C'est un bon exercice aussi de dessiner les sons. J'avais un prof qui m'avait fait faire ça à Olivier de Serres et j'avais trouvé ça super intéressant. Et c'est quelque chose que je recommande vraiment comme exercice parce que ça libère complètement. Voilà, ça, ça fait un petit lâcher. prise de quelques minutes c'est un bon exercice à faire je trouve et on c'est comme l'écriture automatique presse et c'est comme ça que je trouve mes idées en général c'est d'accord ça vient comme ça c'est assez spontanément ou par des mots ou souvent j'écris et puis un petit croquis et puis j'y reviens ensuite mais quelle observation il y a aussi la... oui c'est souvent un croisement de choses Ça peut être une sensation, beaucoup de sensations,
- Speaker #0
c'est pour ça que c'est...
- Speaker #1
Oui, là j'avais vraiment envie qu'on soit plus sur l'émotion.
- Speaker #0
Il y a justement ce tableau qui s'appelle La timidité des arbres, qui est assez incroyable, une pièce très importante dans l'expo. Encore une fois, il est incroyable de très regarder ce tableau. Et du coup, tu peux nous le raconter un petit peu ? Parce qu'il n'est pas sa part, La timidité des arbres.
- Speaker #1
C'est aussi un phénomène scientifique. C'est aussi un... C'est un phénomène qui se produit dans certaines espèces. Quand les branches se rapprochent ou quand les arbres sont assez proches, ils laissent un petit espace de 10-15 cm entre leurs feuilles qui fait qu'ils ne se touchent jamais. On appelle ça la timidité des arbres.
- Speaker #0
Et du coup, c'est que tu l'as dessiné ?
- Speaker #1
Et du coup, je me suis imaginé ces arbres qui seraient tous un peu personnifiés, qui auraient des visages, pourquoi pas, Merci. qui chuchote, qui essaye de s'embrasser ou pas, ou de se parler et d'imaginer comme ça une grande conversation qui tiendrait place dans une forêt et il y a 7 visages que tu as à vous de les découvrir j'en compte à chaque fois,
- Speaker #0
je m'arrête à 5 et je me dis, t'adores ça, le cachet oui j'aime bien on sent que là, il y a une forme d'animisme peut-être dans ton interface,
- Speaker #1
on parle des choses de dire que tout a une âme une sensibilité tout est vivant qui était vivante.
- Speaker #0
et du coup là ta façon à toi j'ai l'impression de nous le raconter c'est d'y mettre un peu de retransformer,
- Speaker #1
de mettre des visages j'adore ça quand il y a plusieurs niveaux de lecture dans un village il n'y a pas une petite jambe qui sort oui voilà je l'avais fait dans une salle d'herbier dans une planche où
- Speaker #0
en fait il y avait des petites jambes Oui, à un moment donné, oui. des petits lutins qui se cachent partout. Et là, il y a sept visages dans ce feuillage qui est hyper dense. Chaque feuille est dessinée avec une précision. Mais comment, combien de temps t'as mis pour faire ce dessin ? Ah oui, parce que là,
- Speaker #1
c'est plusieurs jours. C'est le temps nécessaire. Chaque dessin a sa vie un peu propre. Et puis, j'y mets le temps nécessaire. Quand j'ai l'impression que la composition tient, je m'arrête.
- Speaker #0
et là tu as une... nous a fait aussi toute une série de petits cerfs-volants aussi en feuilles. Avec une imagination. Ce qui est assez fascinant, c'est la créativité à chaque fois. Et la facilité avec laquelle tu crées aussi,
- Speaker #1
je trouve.
- Speaker #0
Avec laquelle tu inventes.
- Speaker #1
La facilité, je ne sais pas.
- Speaker #0
La profusion d'oeuvres. Même d'une nuit à l'autre. Des fois, tu te réveillais, je recevais un message à 9h. Je me disais, regarde, j'ai fait ça. Qu'est-ce que t'en penses ? Oui, c'est super. Même à la dernière minute, regarde cette fleur.
- Speaker #1
cette feuille que tu as découpée qui est en fait le fond de la feuille c'est une feuille qui rêve d'évasion qui rêve de se détacher en fait pour s'envoler et c'est sur du papier en fait j'en ai fait plusieurs c'est sur du papier ensemencé j'en
- Speaker #0
ai mis à germer j'espère qu'avant la fin de l'expo j'aurai des photos oui le dessin germé ça me plaît bien comme idée Mais tu fais les choses toujours avec tellement de générosité. aussi même pour le vernissage, je t'avais préparé des goodies, des graines de soleil, des tote bags sérigraphiés qui sont magnifiques. D'ailleurs il en reste quelques-uns dans les boîtes des acquéreurs du Noeuvre de la Mission.
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #0
vous aurez un sac avec des petites surprises à l'intérieur.
- Speaker #1
Oui mais j'aime bien que ça soit un peu une fête.
- Speaker #0
C'est joyeux. Et puis c'est un monde à part entière aussi que tu inventes, dans lequel tu nous convies.
- Speaker #1
Oui, non mais je fais souvent ça, je mets toujours aussi
- Speaker #0
des petits trucs dans les paquets quand j'en reviens et s'il fallait parler justement d'un autre talent il est déjà présent par les petits textes que tu as écrits,
- Speaker #1
c'est l'écriture quand même on a évoqué ça tout à l'heure pour les titres les dessins oui j'écris des petites histoires on verra quelle forme ça prend là déjà c'est un voyage, c'est une histoire ça ressemble presque c'est comme un conte en fait j'aimerais bien cette idée et organiser un peu l'expo comme des chapitres presque Oui.
- Speaker #0
Mais on y est, et du coup, ton projet, ce que tu évoquais un peu tout à l'heure, c'est que l'écriture, qui est quand même un talent, t'écris depuis très longtemps aussi. T'aimes bien écrire.
- Speaker #1
Oui, j'aime bien en tout cas. Je ne sais pas si, voilà, on verra. Mais j'aime bien ça, oui, oui.
- Speaker #0
Déjà, t'as une super belle écriture. Évidemment, ça ne sera pas écrit à la main par quelqu'un,
- Speaker #1
mais... Peut-être en partie, on verra. Ah, remarque. On verra,
- Speaker #0
on verra.
- Speaker #1
Non, mais c'est quelque chose qui me tient à cœur, que j'aimerais bien développer avant la fin de l'année.
- Speaker #0
Il y a aussi, alors, une dernière robe.
- Speaker #1
Ah oui, il y avait une série de reflets aussi. Ah oui,
- Speaker #0
magnifique. Alors celle-là, c'est assez... vertigineux C'est ça, tout avec ton crayon.
- Speaker #1
En jouant sur les réserves.
- Speaker #0
En jouant sur les réserves. Et au début, quand on a le nez dessus, on se dit, mais qu'est-ce que c'est ? Il n'est pas terminé. En fait, on s'éloigne, on fait 3-4 pas en arrière et là, le dessin apparaît. Et là, ça apparaît, oui. Comment tu as fait ça ?
- Speaker #1
C'est fou. Parce que j'ai eu la même sensation et donc je voulais retranscrire ça un peu. C'était au sortir de l'hiver. Et donc il y en a quelques... Ça fait partie d'une série de dessins un peu plus... Presque abstraits, finalement. J'aimais bien ce côté-là, à la fois très réaliste et presque abstrait.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
C'est un des premiers que j'ai faits. C'est un de mes préférés, en fait.
- Speaker #0
Quelle est la place de la couleur dont on travaille ? Parce qu'évidemment, on sent l'amour que t'as pour le crayon, et donc le noir et blanc.
- Speaker #1
Là, j'ai utilisé beaucoup de couleurs.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de couleurs dans cette expo. Il y a notamment beaucoup de vert, qui est une couleur hyper difficile à retranscrire. Un vert mousse, presque fluorescent. le verre est...
- Speaker #1
très présent et c'est un vert jeune un vert plein de vitalité c'est vraiment le vert jeune pousse alors naturellement je dessine à la mine de plomb c'est en fait c'est là où je suis la plus rapide la plus efficace je dirais et là j'avais envie de changer un peu donc j'ai commencé par les aplats de couleurs et j'ai dessiné par dessus donc là j'y suis allée directement à la gouache et puis ensuite j'ai mis les détails bien assez sommaire juste pour placer les éléments et puis tout à la gouache et puis après je redessine les détails au crayon et au crayon de couleur.
- Speaker #0
Et après sur toutes les séries justement, tu as eu l'idée de rendre les bords du dessin, d'en faire comme des sortes de liserés, de passe-partout, d'illustrés en fait.
- Speaker #1
Oui, ils ont tous une histoire parallèle en fait presque sur les marges et ça ça donne comme... comme... J'aimais bien l'idée d'un peu d'un kaleidoscope et d'avoir plusieurs points de vue. D'avoir plusieurs points de vue dans la même image. Et comment... C'est presque comme si on regardait à la fois...
- Speaker #0
Le microscope et de loin. Voilà. Et les marges, donc, sont toutes dessinées, sont toutes différentes. Des fois, il y a des arbres dedans. Des fois, il y a des détails. Il y a le titre qui est en bas.
- Speaker #1
Il y a le titre. En fait, l'été dernier, j'ai fait une résidence un nombre de... dans un ancien présbytère qui a sauvé énormément de livres. C'est un peu... C'est bien après au nom de la rose, mais c'est assez similaire avec une bibliothèque cachée, parmi les premiers livres de médecine, de science. C'est assez étonnant d'ailleurs pour des religieux. Et parmi leurs collections dans leur incroyable bibliothèque, il y a aussi un original de quelqu'un qui s'appelle Owen Jones qui a fait un livre où il recense absolument tous les motifs. du monde, c'est absolument prodigieux comme livre, ça s'appelle la grammaire des ornements, je recommande et donc il y a une espèce d'utilisation comme ça folle des frises, des marges et ça m'a beaucoup inspirée pour utiliser ça mais à ma manière puisque en fait j'inclus des paysages dans ces cadres et je recherche aussi le développement d'un petit motif à chaque fois qui inclut le
- Speaker #0
sujet principal superbe Est-ce que... des dessins qui te pose problème on a l'impression que tu fais absolument ce que tu veux tu as une maîtrise telle du dessin que tu peux tout dessiner absolument tout parce que ce coup c'est qu'on voit pas forcément dans cette poids si on comprend mais moi je sais que tu avais illustré un bouquin sur les bonnes recettes de cuisine des grands hommes ah oui c'est vrai des gens célèbres qui s'appelait l'histoire passe à table voilà c'est ça tu as une super mémoire Je crois que tu es une super meuf moi Et il t'avait fait des portraits De Napoléon Bonaparte Oui c'était tous les...
- Speaker #1
C'était plein de figures historiques comme ça et leurs plats préférés.
- Speaker #0
J'ai vu les portraits, parce que ce n'était pas juste le portrait de Napoléon. Tu l'avais fantasmé, sublimé. Il était magnifique, je ne me souviens pas. Oui,
- Speaker #1
j'ai inclué les plats dans leur...
- Speaker #0
Du coup, il était complètement chamanique. Napoléon, il avait donné une dimension. On connaissait immédiatement Napoléon. Mais c'était encore avec un vêtement. Il aurait été hyper content de son portrait, s'il avait pu le voir. Je me suis dit, donc, tu sais, c'est un super portraitiste aussi. Oui,
- Speaker #1
je peux le faire. Donc,
- Speaker #0
je me suis dit, je suis bien connue. super bien faire, donc tu sais tout dessiner, il n'y a rien qui te pose problème ou est-ce qu'il y a quand même des choses où des fois tu dis les portraits c'est quand même plus difficile les portraits c'est quand même plus difficile enfin très naturel tu dessines comme tu respires en fait tu n'as même pas besoin d'un moment à toi de concentration et tout ça, si tu as besoin de faire quelque chose par le dessin, tu vas trouver toujours un instant, tu dessines tout ça tu dessines par nécessité,
- Speaker #1
en fait j'ai jamais vraiment eu de lieu à moi calme tu vois donc j'ai toujours été... A la maison, il y avait toujours du monde, du bruit. J'étais un peu dans l'entrée, sur une petite table pour faire mes devoirs, ou dans la cuisine. La cuisine, c'est un peu le lieu où tout se faisait. Il y avait toujours du monde, il y avait toujours de la musique ou des gens qui parlaient. A l'école, pareil. J'ai eu beaucoup d'ateliers partagés, donc il y avait toujours du monde aussi. Ce n'est pas quelque chose qui me gêne du tout. Je peux faire... Bon, on va mettre dans une... une petite fille de 2 ans aussi donc il y a pas mal de petites mains et de demandes en même temps et donc voilà la vie est inclue dans le reste tu travailles
- Speaker #0
la nuit des fois aussi je travaille un peu la nuit est-ce que ce moment de la nuit il t'offre un peu de répit il n'y a plus personne qui te sollicite oui c'est sûr que c'est un moment très calme un peu figé mais il n'y a presque pas
- Speaker #1
pas assez de bruit,
- Speaker #0
tu vois.
- Speaker #1
Je suis pas forcément... Voilà, j'ai pas forcément besoin d'un grand silence ou...
- Speaker #0
Tu pourrais dessiner dans un café.
- Speaker #1
Oui, oui, complètement. Oui, oui, j'aime bien, même. Après, la nuit, du coup, je mets des podcasts ou je regarde un film en fond. Voilà, oui.
- Speaker #0
Est-ce que les petites questions qu'on aurait pu te poser pour te connaître un peu mieux ? Est-ce qu'il y a un souvenir d'enfance qui t'a marqué ?
- Speaker #1
Un souvenir d'enfance ? Ah ! Alors, c'est marrant parce que j'ai J'ai beaucoup dessiné Q. Q Gardens à Londres. Et il se trouve que... Maintenant, je travaille pour eux. C'est assez rigolo comme histoire.
- Speaker #0
C'est un client ?
- Speaker #1
Oui. Ah,
- Speaker #0
c'est bien. Tu fais des dessins régulièrement ? Oui, De commandes ?
- Speaker #1
De commandes. Et puis, il y a quelques années, il y avait eu une compétition nationale pour la rénovation. Ils ont une pagode, en fait, pour faire une grande fresque. Et j'ai fait ça pendant quelques mois. donc ça fait 5 mètres par 21 je crois tout peint à la main et en sérigraphie et il se trouve qu'on a retrouvé un dessin il se trouve que j'y suis allée quand j'avais 4 ans et on a retrouvé un dessin de la pagode quand j'avais 4 ans
- Speaker #0
c'est assez marrant oui parce que tu voyageais beaucoup oui on voyageait beaucoup notamment à
- Speaker #1
Londres j'ai beaucoup de gens très voyageurs quoi. mon papa qui m'a élevé, mon autre papa qui est musicien, et ma mère qui était prof d'anglais, qui s'occupait des échanges Erasmus, donc qui voyageait beaucoup, pour mener tout ça, et qui m'emmenait souvent avec elle.
- Speaker #0
Et on a l'impression que rien dans ta vie n'arrive par hasard. Tout est tissé, tout revient, tu vois, t'as retrouvé le dessin de tes 4 ans de la pagode. Mais oui, c'est drôle. Plus tard, t'as bossé pour ce lieu que t'adores,
- Speaker #1
c'est ton client désormais.
- Speaker #0
C'est presque magique, mais c'est pas de hasard.
- Speaker #1
Je crois vraiment beaucoup, beaucoup aux rencontres. du monde. vraiment beaucoup de chance, je me sens très chanceuse, vraiment d'être là déjà et puis toutes les belles rencontres vraiment, je savoure chaque projet, chaque rencontre voilà,
- Speaker #0
tout est important tu choisis aussi des projets avec des gens qui sont intéressants,
- Speaker #1
oui avec des gens dont je partage voilà les sensibilités, les opinions il y a une harmonie et ça se poursuit, enfin la plupart c'est,
- Speaker #0
bah voilà moi j'appelle ça le karma Merci.
- Speaker #1
Ça fait longtemps et il y a beaucoup de gens comme ça avec qui je continue de travailler. C'est vraiment des belles histoires.
- Speaker #0
On a tellement de chance. Je suis vraiment chanceuse de pouvoir t'exposer, Lucine. Ton talent est assez vertigineux. Tu ne l'as pas dit, on ne l'a pas dit, mais plusieurs mois que tu travailles. Trois, quatre mois de travail, sept jours sur sept.
- Speaker #1
C'est une belle aventure.
- Speaker #0
On va la porter encore tout l'été. Au-delà même de ces dates, on va continuer à présenter les pièces. le print parce qu'il y en a aussi et du coup pour conclure on tire une carte de bonne aventure on prend les 22 lames majeures il y en a 22 et donc toi tu vas les brasser dans le sens inverse de ce que tu montres avec ta main gauche et tu t'arrêtes quand tu veux le temps d'y mettre ton fluide quand même comme
- Speaker #1
ça tu fais comme ça ?
- Speaker #0
voilà, merci, maintenant tu les coupes avec la main gauche on a pression il y a surtout de bonnes, il n'y a pas de mauvaises Oui.
- Speaker #1
Allez.
- Speaker #0
allez hop prends les bras celle-ci c'est quoi ? le monde le monde waouh c'est beau c'est très beau c'est une des meilleures cartes du jeu c'est une carte qui représente alors l'ancien terreau de Marseille il est super pour ça parce qu'il est assez facile déjà les couleurs sont toujours il y en a 4 mais facile à Les cartes sont faciles à interpréter, tu vois dans ce centre, en fait le monde ça signifie les rencontres, les opportunités, les voyages aussi. En fait c'est tout ce qui est épanouissement vers l'extérieur, qui est porteuse de plein de choses. Comme tu disais tout à l'heure, c'est marrant que tu sortes cette carte. carte parce que tu disais, je crois aux rencontres, j'ai beaucoup de chance et chaque rencontre m'amène quelque part, on me fait fructifier quelque chose. Et le monde, c'est un peu ça, c'est les rencontres et tout ce qui arrive derrière de ces rencontres qui se prépare. Ah, c'est beau. créent, qui sont des embryons de choses, donc c'est très positif c'est une carte très très heureuse bravo c'est super beau ouais, génial et attends, c'est presque pétricor un peu, quelque part et moi j'adore créer des mondes oui mais c'est ça c'est vraiment une carte qui est toute sorte je ne l'avais pas fait enfin il y a vraiment la mienne des dons merci beaucoup du CIL Merci. Merci Marie. Merci, merci, merci. Venez prendre le thé. Oui ! Le tricot, c'est un congé. Au revoir.
- Speaker #1
Au revoir.