- Lamia
Bienvenue dans la Bonne Aventure, c'est le 28e épisode. Cet épisode est enregistré en compagnie d'Emilie Sandoval et de Pierre-Emmanuel Liette. Ils ont composé à quatre mains cette exposition sobrement intitulée « Nous » . Ce « Nous » qui les rassemble tous les deux déjà et qui invite tout le monde à s'y inclure. C'est la dernière exposition de l'année. Vous avez travaillé ensemble avec beaucoup de générosité pour nous émerveiller, nous rassembler, nous donner de la magie à cette fin d'année. Personnellement, j'ai toujours rêvé d'une vitrine lumineuse à la galerie pour Noël et ça aussi, vous l'avez fait. Vous avez travaillé comme des titans pour nous. Alors du fond du cœur, déjà un grand merci et bienvenue dans votre bonne aventure. Salut Émilie.
- Emilie
Salut Lamia.
- Lamia
Et salut Pierre-Emmanuel.
- Emilie
Coucou.
- Lamia
Alors déjà, est-ce que vous pouvez vous présenter chacun à tour de rôle?
- Emilie
Alors moi, je suis Émilie Sandoval. Je suis dessinatrice et réalisatrice de films d'animation ou films en prise de vue réelle. Et voilà.
- Lamia
D'accord. Tu habites ?
- Emilie
J'habite dans le 20e arrondissement à Jourdain, un quartier que j'adore.
- Lamia
C'est très important ce quartier dans lequel tu habites. Et tu habites avec quelqu'un qui est tout à côté de toi.
- Pierre-Emmanuel
Ah bon ?
- Lamia
Alors, Pierre-Emmanuel Lyet. Monsieur Pierre-Emmanuel Lyet, qui es-tu ?
- Pierre-Emmanuel
Hello, je suis Pierre-Emmanuel Liette et je suis aussi illustrateur et réalisateur de films d'animation. J'habite aussi... à Jourdain dans le 20ème.
- Lamia
Sous le même toit.
- Pierre-Emmanuel
Sous le même toit, on partage à la fois notre vie personnelle et professionnelle.
- Lamia
Vous avez eu la même formation, vous avez fait les mêmes études, vous vous êtes rencontrés ?
- Emilie
On s'est rencontrés après les études, mais il se trouve qu'on a fait les mêmes études. En fait, on s'est rencontrés après les études à travers... Comment c'était ? C'était à travers Point. C'était une expérience de BD collaborative. auto-édité, mené par deux anciens des arts décoratifs. Mickaël Préjean et
- Lamia
Aurélie Pollet.
- Emilie
Et sur la deuxième session, parce qu'il y a eu une première session, point 1, et ensuite la deuxième session, Pierre-Emmanuel a fait partie de l'aventure aussi. Et on s'est rencontrés le soir du Vernissage. Et en fait, le point 1 était fin 2013. Donc je pense que c'était à la suite du point 1 qu'il y a eu... que tu avais organisé quelque chose ? Oui,
- Lamia
au sein de la course. Vous avez plein d'idées dans cette équipe. Dans cette exposition qu'on va présenter, c'est un peu pareil. C'est des surprises à n'en plus finir, des expérimentations, des nouveautés. Et du coup, je me souviens bien. Elle était sur les deux salles.
- Emilie
Oui.
- Lamia
Et on avait fini la soirée à deux ou trois heures du matin. Est-ce que ça tombait en même temps que la fête de la musique ?
- Emilie
Ah bah oui, alors c'est bien possible.
- Lamia
C'était cool cette soirée. Vous avez une vie sociale hyper, je trouve, chaleureuse et intense. On sait que vous êtes plein de potes. Ce soir au vernissage, ça va, j'imagine, il y aura beaucoup de monde, tous vos amis. Donc c'est Pierrot pour Pierre-Emmanuel et Mima pour toi, Émilie. Oui. Tout le monde t'appelle comme ça.
- Emilie
Alors Mima, ça vient d'un surnom de mes grands frères et grandes sœurs.
- Lamia
D'accord.
- Emilie
tranquille. C'est ancien, je pense que j'étais adolescente quand il est arrivé et puis il est resté.
- Lamia
Ça t'est resté.
- Emilie
Et du coup, je signe Mima, même si mon nom, au départ d'ailleurs sur les BD.com, c'était Mima. Et puis après, je me suis dit, je vais assumer Émilie Sandoval. Mais par contre, j'ai toujours continué à signer Mima.
- Lamia
Parce que c'est beau, Émilie Sandoval. Sandoval, c'est un nom qui vient d'Amérique latine. Oui,
- Emilie
mon père est Chilien. Il ne se souvient pas. Je suis de Chili.
- Pierre-Emmanuel
Père de Chili.
- Lamia
C'est important pour toi tes racines aussi chiliennes, Emilie ? Parce que je me souviens qu'on en avait parlé, tu es illustratrice pour l'édition Jeunesse aussi. Tu fais pas mal de bouquins. C'est un sujet que tu avais exploré.
- Emilie
Oui, surtout je travaille sur un film qui parle de ça. Je ne vais peut-être pas parler du film.
- Lamia
N'empêche, c'est intéressant. Tu bosses sur un film qui parle de ça.
- Emilie
Je travaille sur un film d'animation qui est produit par Novanima. C'est plus à travers le regard d'une petite fille qui se pose des questions sur son père, parce qu'au Chili, il s'est passé des événements dans les années 70, dont plusieurs Chiliens ont été ensuite percutés par ces événements de l'histoire. Et mon père est donc ce qu'on appelle un émigré politique, enfin il est réfugié politique ici en France, depuis 1960. Il est arrivé en 1974. D'accord. Et donc... Quand on est enfant de réfugié politique, on a un petit peu des interrogations sur ce qui a pu se passer. On a du mal forcément à comprendre aussi les enjeux, ce qu'on appelle les enjeux politiques. Quand on est petit, rien que le monde politique est compliqué. Donc on sait des bribes de choses, mais on ne sait pas tout. On ne sait peut-être rien. Du coup, on s'imagine beaucoup de choses. Et donc le film porte un peu sur ce truc qui raconte comment en gros des tabous familiaux s'installent par rapport à... à des vécus un peu traumatisants pour des personnes. Et du coup, c'est la petite fille qui regarde son père avec un regard à la fois d'admiration... Il y a à la fois plein d'interrogations sur qu'est-ce qu'il a pu vivre et qu'est-ce qui fait qu'il a été obligé de partir de son pays, de tout lâcher derrière lui. C'est un autre sujet.
- Lamia
Oui, c'est la vie, c'est ta vie. Et ça a dû aussi beaucoup inspirer ton travail et puis aussi tes sources d'inspiration dans ta façon de travailler. Tu parlais de l'enfance aussi. Alors l'enfance,
- Emilie
c'est venu un peu plus tard. C'est venu un peu plus tard. Je pense que c'est aussi en devenant parent qu'on se pose des questions sur l'enfance et on passe à un autre... En tout cas, moi, je sais que c'est comme ça où je me suis... J'ai l'impression de passer... Oui, un peu, pas de l'autre côté, mais de me dire, bon, en fait, là, j'ai la responsabilité d'un enfant et du coup, de me questionner sur qu'est-ce que j'avais reçu, moi, enfant et du coup, qu'est-ce que je vais donner, moi, à mes enfants. Enfin, c'est aussi ça qui fait que du coup, j'ai eu un regard sur... En étant enfant, j'ai des souvenirs de ça, de ça. Je ne sais pas, je ne fais que de parler. Non,
- Pierre-Emmanuel
mais attends.
- Lamia
Mais partager ensemble avec Pierre-Emmanuel, avec Hérault, cette histoire qui est assez particulière quand même de ton père. Mon histoire familiale, oui.
- Emilie
Après, du coup, forcément, mon histoire familiale est un point... C'est très politisé aussi, ma famille est très politisée. J'ai toujours... Les valeurs de partage et d'essayer d'égalité entre les gens ont été très fortes dans ma famille. Donc c'est vrai que c'est ça aussi, je crois, qui, par rapport au monde, de se questionner sur le monde et comment faire en sorte de réfléchir ensemble sur les possibilités d'amélioration, mais à travers l'art, finalement. Du coup, c'est peut-être ça qui m'a emmenée sur le chemin de l'art. C'était de me questionner, de questionner un peu le monde, mais par rapport aussi à mes origines et du coup le fait que...
- Lamia
Choisir l'art comme mode d'expression pour partager et pour évoquer aussi les valeurs qui te sont chères. Et cette exposition, s'il faut raccrocher les wagons, elle vient de vous deux. Mais on comprend qu'elle vient de loin aussi, qu'elle a des racines assez profondes, c'est d'inclure, de partager, d'être solidaires les uns avec les autres dans une société qui en ce moment est un peu âpre quand même. On vit dans un monde où on a l'impression que c'est difficile, l'individualisme etc. se développe. pas mal, qu'on reste un peu entre soi et vous nous proposez on va faire attention au pronom là aujourd'hui vous nous proposez une exposition qui englobe qui vise à englober le plus grand nombre Pierre-Emmanuel aussi, tu es d'une valeur qui t'est chère, on sait ça
- Pierre-Emmanuel
Ouais en fait c'est vrai que quand on a su qu'on allait faire l'expo ensemble on s'est posé la question de quoi on allait parler parce que pour nous c'était assez important qui est Un récit qui est quelque chose, un message fort. Et donc, on a beaucoup parlé au début. On a beaucoup réfléchi.
- Lamia
Ça fait à peu près un an que cette expo est sur les rails. Oui.
- Pierre-Emmanuel
Et c'est vrai que comme on est deux, on a des gestes instinctifs chacun dans nos pratiques. Mais quand on est deux, on réinvente un peu les choses. Du coup, il faut quand même qu'on se mette un petit peu d'accord sur ce qu'on va faire. Et c'est vrai que par rapport à ce qu'on vit en ce moment, on est parents, on rencontre plein de gens, on voit comment a évolué la société, on voit comment se conduisent les gens autour de nous, comment ça évolue et on sent pas mal de crispations, on sent qu'il y a des gens qui ne vont pas très bien. Du coup, ça nous touche parce que ça, parfois, c'est même des amis. Et du coup, on a eu envie de réagir par rapport à ça et de remettre un petit peu le collectif au centre de la création. Donc déjà, par un geste collectif, parce qu'on est deux.
- Lamia
C'est vrai que c'est déjà nous deux.
- Emilie
Voilà,
- Pierre-Emmanuel
c'est ça. Et puis, c'est aussi un geste collectif parce qu'il y a une équipe ici qui s'occupe de ça et qui rend ça possible. Donc, c'est quand même important de le signaler. Et puis après, on a cherché des moyens de faire vivre des personnages. C'était un peu le fil conducteur qui a été vraiment la matrice de tout ce qui a découlé sur l'exposition.
- Emilie
Alors je dirais même que le point de départ aussi, c'était qu'il y avait cette résidence. à New York, où on allait passer deux mois et demi en famille là-bas. Alors, c'est une ville que j'ai connue étudiante parce que j'avais fait un échange pendant mes études. J'avais un souvenir d'une ville vraiment très éclectique, avec beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens du monde entier qui brassaient des gens du monde entier qui étaient tous très contents d'être dans cette ville. Et avec, donc voilà, une ville ou d'un... D'un trottoir à un autre, on entend parler une autre langue. Et puis tout ça se mélange dans une énergie et dans une sorte d'envie folle. Moi, j'avais ce souvenir-là. Et quand on est allé là-bas, on s'était dit, c'est vrai que c'est assez fou, cette ville-monde. Et du coup, on s'était dit, et c'était aussi, le point de départ était aussi cette résidence que Pierre-Emmanuel avait eue avec la ville d'Albertine, pour un projet d'illustration jeunesse. qui a donné lieu à son livre d'ailleurs, qui est sorti là.
- Pierre-Emmanuel
Qui est sorti là.
- Lamia
Comment ?
- Pierre-Emmanuel
Il s'appelle De l'autre côté de la pluie.
- Lamia
Oui, il est très beau ce livre.
- Emilie
Et du coup, oui, c'est vrai que... Mais du coup, on s'était dit, on en avait parlé avec toi, et on s'était dit, ce qu'on aime beaucoup là-dedans, et le rapprochement qu'on voulait faire avec Paris, pas forcément Paris d'ailleurs, c'était le monde, c'était de parler des gens et de faire... Merci. de faire en sorte de parler des gens, que les gens fassent des choses ensemble. Et c'est ça la chose la plus belle, c'est d'exister les uns à côté des autres et les uns avec les autres. Sans se marcher dessus, sans se faire la guerre, qui est quand même beaucoup de guerre en ce moment. Sans avoir de... Aller à tout l'inverse de gestes de mépris ou de mauvais gestes, en fait, mais plutôt de réunir les gens. Alors du coup, ça a poussé. C'était ça un peu le point de départ. de notre fil conducteur. Ce qui a fait qu'après, on s'est raconté toutes ces histoires.
- Lamia
C'est au retour de cette résidence de New York que le projet est utilisé. C'est très beau.
- Pierre-Emmanuel
C'est vrai qu'à New York, c'est quelque chose qu'on trouvait très beau. New York, en plus,
- Lamia
c'est une ville tellement à part, même aux Etats-Unis. Oui,
- Emilie
c'est sûr que c'est complètement à part. Ça intéresse les Etats-Unis, mais avec la mentalité quand même très américaine. Et puis la ville a beaucoup changé, c'est une ville maintenant vraiment hors de prix, ça c'est encore autre chose. Mais disons que nous, ce qu'on a voulu y voir et ce qu'on y voyait, ce qu'on a trouvé beau, c'est ce mélange, cet éclectisme. Cette mignoté sociale,
- Lamia
qui est à Paris aussi, en un sens aussi.
- Pierre-Emmanuel
Oui.
- Lamia
Paris, il y a plein de quartiers différents, il y a plein de Paris en fait. et c'est vrai que... Vous avez du coup transposé le sujet à Paris, parce que vous habitez Belleville, enfin dans les hauteurs. C'est magnifique d'ailleurs. Je suis allée visiter votre atelier. Après, vous n'habitez pas loin de l'atelier, mais on a l'impression d'avoir une vue comme ça sur l'ensemble, d'englober Paris. Et je comprends bien que l'expo, elle soit née aussi, parce que vous habitez là. Vous adorez votre quartier.
- Pierre-Emmanuel
Oui.
- Lamia
Vous êtes bien. C'est un quartier très mixte aussi.
- Pierre-Emmanuel
Oui, c'est... Très mélangé. C'est complètement... C'est cosmopolite. Oui. Il y a... Merci. Il y a beaucoup de communautés qui cohabitent et qui cohabitent bien en fait. C'est-à-dire que c'est un quartier où il fait bon vivre, on aime cette vie-là. Et du coup, évidemment, tout n'est pas simple, tout n'est pas blanc ou noir, mais... C'est la vie,
- Lamia
quoi.
- Pierre-Emmanuel
Voilà. On voulait un peu célébrer ce brassage, cette idée que le vivre ensemble ça existe et mettre ça un peu au cœur de l'expo. Et du coup,
- Lamia
ça vous a amené à dessiner 356 personnages. Et plus parce que vous avez réalisé des scénettes dans des box qui s'éclairent. C'est un vrai festival, c'est magique cette expo. Franchement, il faut venir la voir. Et vous avez dessiné des tout petits personnages qui sont partout sur les murs, c'est fou en fait, il y a une foule de gens qui se baladent.
- Emilie
Et ça c'était une idée, vraiment l'idée de première, c'était ça, c'était de réunir une foule de personnages qui gravitent, où tout le monde marche dans un sens, d'ailleurs on les a réunis aussi, bon là c'était un peu compliqué aussi, mais on a essayé d'en réunir sur des animations, c'est-à-dire que chaque personnage était à la fois un personnage unique sur un morceau de papier, mais à la fois un morceau d'un mouvement donné dans une animation de marche. Et donc du coup, c'est ce qui nous a fait faire des marches de Ausha droite, de droite à gauche, des sauts.
- Lamia
Vous êtes amusés, on le sent, vous êtes vraiment bien amusés à faire ça. Et ils sont du coup, vous les avez contrecollés sur un petit bout de carton plume et donc ils sont partout sur les murs. C'est ça, c'est assez atypique comme exposition, c'est difficile à décrire, mais on va essayer quand même de mettre des voix sur ce qu'on voit.
- Pierre-Emmanuel
Et ils voyagent d'une œuvre d'une pièce à l'autre.
- Lamia
Voilà, ils rentrent dans les boîtes, ils agissent ensemble, ils interagissent. Et donc le public qui va venir voir l'expo, votre idée, je pense que ça va marcher, c'est que les gens se l'approprient et repartent avec un personnage. qui va avoir piqué, ils sont en vente, on peut le dire, on n'a pas trop l'habitude de le faire, mais ils sont en vente à prix modique, c'est des œuvres uniques qui sont signées au dos par les mains des deux artistes et qui sont à 10 euros. Donc tout le monde peut venir prendre un bout de l'expo et l'emporter chez soi et du coup il y en a tellement que celui qui part va être remplacé et c'est un peu le concept.
- Pierre-Emmanuel
Voilà c'est ça, on fera des petites mises à jour si jamais la foule désemplit le mot. Mais l'idée c'est que ça évolue un petit peu. peu que c'est un peu organique. Ça, c'était quelque chose qu'on aimait bien aussi. Quelque chose qui est un peu en mouvement, en fait. Et du coup, qui est très humain. Parce qu'en fait, le mouvement, c'est la vie.
- Lamia
C'est ça.
- Pierre-Emmanuel
Du coup, on a fait tous ces petits personnages. Ces petits personnages viennent soit de notre imaginaire, soit... Parfois, on regardait juste dans la rue, quand il passe et on le dessine. Donc c'est un mélange de réel, d'imaginaire et de ce que pour nous les gens sont.
- Emilie
Avec vraiment des petits, des grands, des personnes âgées. Des minces, des gros. Des longs cheveux, des cheveux courts. Des musiciens,
- Lamia
des boxeurs, des basse-coeurs. Des jeunes,
- Pierre-Emmanuel
des vieux, des pas vieux. Des fashion. Des pas fashion.
- Lamia
Il y a tout le monde, il y a vos voisins. Alors,
- Pierre-Emmanuel
il y a... Oui, oui, il y a tout le monde. Après, on n'a pas spécialement représenté de gens qu'on connaît.
- Lamia
Donc,
- Pierre-Emmanuel
il ne faut pas chercher forcément à se retrouver.
- Lamia
Il y a aussi le Père Noël.
- Pierre-Emmanuel
Il y a le Père Noël.
- Lamia
Et il y a Zouzou,
- Pierre-Emmanuel
notre chien, là. Alors, ce n'était pas Zouzou à la base. Oui, il est là, il est tout seul. Mais il y a... Pour les enfants, il y a des trucs à trouver, il y a un truc à chercher. Je trouve. Donc il y a le Père Noël, il y a le Yeti, il y a...
- Lamia
La sorcière.
- Pierre-Emmanuel
La sorcière.
- Lamia
Il y a des gens en slip. Oui. Il y a des gens en slip. Et alors ces gens-là, ils rentrent après dans des boxes. Alors ça, c'est assez marrant parce que c'est comme des sortes de petites scénettes. C'est des tableaux en 3D. Donc l'encre et le papier. Alors le papier, c'est un sujet chez vous pour cette expo parce que vous allez nous raconter comment vous l'avez travaillé. parce que Vous êtes lancé justement dans une aventure où vous avez expérimenté le papier et vous l'avez mis dans tous ses états. C'est des vagues, c'est des pans de rideaux. Il y a des scènes de théâtre où le papier devient le rideau rouge du théâtre. Enfin, comment vous l'avez travaillé le papier ? Pourquoi vous avez choisi cette piste ? Je pense qu'elle vous a offert beaucoup de liberté. C'est ce qui vous a conduit aussi.
- Pierre-Emmanuel
On s'est posé des questions de technique quand on a commencé à travailler. parce que... On n'a pas la même technique avec Émilie, mais on travaille souvent ensemble. Oui,
- Lamia
parce qu'on va en parler tout à l'heure, mais c'est Campana Studio qui vous réunit tous les deux. C'est le studio d'animation.
- Pierre-Emmanuel
Studio d'animation et puis on répond à des commandes un petit peu atypiques qu'on fait ensemble pour des festivals ou des choses comme ça. Et c'est vrai que moi, mon outil de prédilection, c'est le crayon couleur. Les gens me connaissent pour ça. Et Émilie, elle travaille à l'encre de Chine et à l'aquarelle. Du coup, il fallait qu'on trouve un terrain d'entente. On a d'abord tenté...
- Emilie
C'était deux techniques. Deux techniques,
- Pierre-Emmanuel
avec des personnages faits à l'encre de Chine sur du dessin fait au crayon de couleur. Alors, ces pièces-là ne sont pas dans l'expo, par choix. Mais en fait, c'était pas mal. Mais on s'est dit, c'est un peu... Il y avait un côté facile, un petit peu paresseux. c'est à dire que c'était un peu nos sur vos acquis quoi voilà on trouvait un terrain d'entente c'était trop confortable on mélangeait ça et puis c'était un peu attendu en fait très attendu et du coup on s'est dit non mais en fait on va travailler pour que ce soit plus mixé encore et que vraiment pour brouiller les pistes et pour qu'on n'arrive pas vraiment à savoir Pour quelqu'un qui nous connaît, qui fait quoi.
- Lamia
Et créer une identité commune en fait. C'est ça, exactement.
- Emilie
Avoir un vocabulaire, une grammaire qu'on puisse utiliser l'un comme l'autre. C'est hyper intéressant.
- Lamia
Parce que forcément quand on voit l'expo et quand on sait qu'elle vient de deux personnes et de quatre mains, on s'interroge et ça, ça va être des questions qu'on va nous poser nous après. On va faire la médiation culturelle de votre expo pendant les deux mois. Elle dure jusqu'au 13 janvier. Donc elle dure assez longtemps. Comment vous avez travaillé justement ?
- Emilie
Moi je me demande si ce n'est pas aussi le fait que, parce que cette idée des personnages qui circulent, donc qui étaient sur petits bouts de papier, si je me refais un peu l'historique de notre façon de travailler, je me demande si ce n'est pas ça qui a généré le fait de travailler sur le papier, parce qu'après on s'est posé la question de... comment faire en sorte qu'on comprenne qu'ils voyagent et qu'ils circulent dans les boîtes. Et du coup, ça a amené les boîtes parce qu'on a commencé à essayer de mettre certains petits... On a d'ailleurs des photos comme ça où on voit juste les petits papiers posés sur des fonds qu'on avait un peu commencé à travailler justement en mix ancré. Oh !
- Lamia
Le sien, Aya.
- Pierre-Emmanuel
Dans la mort.
- Emilie
En tout cas, je pense que c'est ça qui a amené vers la question du volume, ou en tout cas de l'intégration d'un personnage potentiellement sur petite étiquette, parce qu'au départ, c'était quand même un peu un pari de mettre ces petits personnages, c'est-à-dire de faire, par exemple, d'assumer clairement un petit rectangle de papier avec deux personnages ou un, sur un fond. Il fallait qu'on assume ça, et je pense que petit à petit, en expérimentant, On a commencé à se dire, mais on a essayé sur des petits formats au départ de vitrine.
- Lamia
Le premier que vous avez réalisé, la première...
- Pierre-Emmanuel
La lune, ouais. En fait, ça a été déclencheur parce qu'on s'est rendu compte que ça fonctionnait quand on assumait le personnage sur un papier blanc collé en relief sur une image en couleur.
- Lamia
Donc en fait, pour expliquer, c'est vraiment ça. C'est des boîtes qu'on appelle des boîtes américaines, mais le fond, il est coloré, il sert de paysage en fait.
- Pierre-Emmanuel
C'est des vitrines. Voilà. C'est un verre. En fait, une boîte américaine,
- Lamia
c'est juste le cadre en bois.
- Pierre-Emmanuel
Non mais tu as appris la différence là. C'est ça, ouais. Je pensais que c'était des boîtes américaines aussi. Oui,
- Emilie
c'est des vitrines qui ont 3 ou 4 centimètres, je crois. profondeur.
- Lamia
Voilà, et du coup, le fond, il est coloré à l'encre, il se passe quelque chose. Là, c'est un soir de pleine lune, la lune, elle est rousse, et vous avez mis en relief un petit personnage qui est posé, il y a un petit espace avec une carte en plume.
- Pierre-Emmanuel
Un papa avec son enfant.
- Lamia
Et voilà, et qui regarde ensemble la lune. Et du coup, il y a forcément un effet de perspective, c'est fou en fait, c'est très très beau, c'est très réussi. Et là, devant le mur principal, c'est... Il y en a combien, du coup, de boîtes ? Vous avez travaillé ça, de vitrines ? 19 vitrines. 19 vitrines, donc c'est un travail de titan. Et parfois, on sent l'amusement du papier. Le papier, il devient fenêtre. Là, il y en a une qui est juste en face de nous, où c'est un immeuble. Et donc, les fenêtres de chaque étage s'ouvrent sur une scène de vie qui est colorée.
- Pierre-Emmanuel
Oui.
- Lamia
Génial.
- Pierre-Emmanuel
Et en fait, ça a été du coup le moteur. C'est-à-dire qu'en posant ces premières expérimentations, On s'est rendu compte que ça marchait, on trouvait un bon équilibre entre quelque chose qu'on voulait à la fois minimal et en même temps foisonnant. Et ça, on aimait beaucoup ce mélange. En fait, avec Campana Studio, on travaillait souvent des choses un petit peu plus graphiques. Et du coup, on aimait bien la direction artistique que ça a commencé à poser et on a commencé à développer. Et en développant et vraiment en expérimentant. Et alors là, on parle vraiment d'une période où c'est tempête sous un crâne. Parce qu'en fait, ça a l'air très sympa comme ça, mais c'est quand même un moment qui n'est pas forcément très agréable parce que c'est un moment où on est complètement...
- Emilie
On est en expérimentation constante.
- Lamia
C'est prise aussi, c'est ça. C'est idiot.
- Pierre-Emmanuel
Et à deux cerveaux. Et du coup, on ne sait pas trop où on va. On ne sait pas trop si on va arriver quelque part. Et du coup, ça... Parfois, c'est un peu flippant, mais on continue, on y va. Et tout d'un coup, il y a des trucs qui se passent. Des fulgurances. Des fulgurances, oui. Et je pense que l'un des trucs qui nous a vraiment... C'était le jeu avec la lumière et les reflets des doublures. Parce qu'en fait, les personnages sont doublés avec des couleurs fluo et qui sont différentes. Et quand il est à la lumière, ça crée un reflet sur le papier.
- Lamia
Naturel.
- Pierre-Emmanuel
Et là, on s'est dit, ah mais ça c'est... ça raconte quelque chose, c'est super fin, c'est super beau. En fait, tout d'un coup, le papier devient, le dessin sur papier devient un petit peu autre chose. Il devient presque une sculpture et il devient un objet qui va pouvoir être mis en scène. Et nous, la mise en scène, on aime beaucoup ça.
- Emilie
Oui, puisque ce qui est hyper beau, c'est la lumière, que ça renvoie tout d'un coup, le papier lui-même renvoie de la lumière, qui est une lumière teintée, colorée. Et ça, on trouvait ça assez magique. Donc ça, c'est vrai que c'était un accident en manipulant, parce qu'en fait, dans cette phase d'expérimentation, qui en fait, oui, tu dis que c'est un peu vertigineux, et en même temps, c'est un moment ultra plaisant. Ça doit être grisant,
- Lamia
parce que c'est tout nouveau aussi. C'est un terrain de jeu nouveau pour nous. C'est ça,
- Emilie
mais le côté terrain de jeu, on se disait, je pense que c'est quelque chose qu'on a, je pense, comme on a la même formation, qu'on avait beaucoup travaillé à l'époque pendant les études, en tout cas les études qu'on a eues. encouragé beaucoup et on a eu un peu le même je crois les mêmes teams de professeurs.
- Lamia
Ça rend hommage d'ailleurs aux Arts Déco de Paris, on peut dire qu'il y a une super école, en tout cas super profs qui ont encouragé.
- Pierre-Emmanuel
On a eu les mêmes professeurs, toi en travers et moi en premier.
- Lamia
Parce que techniquement vous êtes hyper précis et en même temps ils vous ont donné le goût de la liberté de la technique, l'expérimentation, d'aller dans des terrains connus.
- Pierre-Emmanuel
espèce de culture du... ne vous reposez pas sur vos acquis.
- Lamia
Le risque.
- Emilie
Chercher, rechercher, rechercher, rechercher, chercher, expérimenter.
- Pierre-Emmanuel
En fait, c'était des profs, par exemple, si on dessinait très, très bien. Moi, je me souviens, on sortait de prépa, donc on faisait des dessins d'analyse de fou. Et en fait, ça ne les intéressait pas du tout. Et quand on arrive aux arts déco, qu'on a passé le concours et qu'on a passé un an à dessiner et qu'on nous dit ça en arrivant aux arts déco, on ne comprend pas trop. On se dit mais c'est quoi ce délire ? C'est quoi cette arnaque ? Mais en fait, ils avaient raison parce qu'ils disaient en fait ce que tu sais faire, c'est super. Mais nous, ce qu'on veut, c'est que tu apprennes à faire d'autres choses en fait et que tu évolues. Et du coup, il ne faut surtout pas te dire que tu es arrivé quelque part. Il faut que tu continues à chercher.
- Emilie
Je me souviens, c'était en première année, alors ce n'était pas tant sur le dessin que plutôt sur l'observation du monde et la manière de le retranscrire et d'en parler, en fait, de parler du monde. Et en première année, on avait, donc l'équipe, c'était Tissier, Ungerer et Jean-Yves Hamel, qui étaient vraiment, bon après, il y en avait d'autres avec eux dans leur équipe, mais c'était les trois, vraiment les trois piliers moteurs. Et en fait, nous, on avait eu un thème à l'année qui s'appelait les communautés.
- Lamia
Ah ouais ?
- Emilie
et qui nous avait amené à aller chercher dans la ville de Paris, effectivement, tous les endroits. Enfin, moi, je n'étais pas dans la même année que toi, mais je me souviens qu'on devait aller chercher les quartiers turcs, les quartiers chinois, les quartiers... Un peu tout ce qui était du monde dans la ville de Paris et se rendre compte qu'en fait, graphiquement, il y a des écritures qui sont différentes, qu'il y a des choses qui sont différentes. Voilà. En fait, commencer à ouvrir ses yeux sur le monde et ensuite, par rapport au sujet qu'il nous donnait, en parler. Et du coup, après, expérimenter pour... Eux, ils étaient sur des formes ouvertes, on pouvait autant faire des images que du volume. Du coup, ça nous a beaucoup appris et Travers, c'était une classe spéciale pour ça, à la fois répondre à des commandes et en même temps utiliser tous les moyens possibles et imaginables pour être le plus juste possible par rapport au sujet et ce qu'on veut raconter sur ce sujet. C'est vrai que là, on s'est retrouvés dans cette position où c'est à la fois... pas flippant mais un peu vertigineux parce qu'on ne sait pas trop si on va arriver à une forme qui va se tenir tout du long. Et en même temps c'est hyper agréable parce que les idées foisonnent, on n'arrête pas de faire un jeu de ping-pong, on se passait les œuvres l'un comme l'autre. Et du coup le jeu, les réflexions, et puis un jour on découvre la lumière, l'autre jour on découvre l'ouverture papier, le jour d'après on découvre encore autre chose. Et ça, c'est génial.
- Lamia
Et dès que vous aviez trouvé quelque chose, une clé, vous l'avez explorée dans toutes ces pistes.
- Emilie
Et encore, on est très frustrés. On peut encore expérimenter. Oui,
- Pierre-Emmanuel
on a un peu l'impression que c'est un point de départ. Ah,
- Lamia
bah écoute, après, on peut continuer à faire notre expo. Il y a l'encre en plus qui s'est rajoutée là-dessus. L'encre qui décide de ce qu'elle a envie de faire aussi.
- Pierre-Emmanuel
Oui, c'est ça. L'encre qui est un peu aléatoire, mais qui est parfaite en fait quand on travaille le papier vraiment comme un médium. qu'on va tordre, qu'on va courber, qu'on va plier. Du coup, l'encre là-dessus, ça marche super bien parce qu'on peut créer des fonds unis, on peut créer des dégradés. Et on pouvait aller chercher aussi des couleurs qui étaient vraiment hyper saturées. Et ça, on a utilisé de l'aquarelle, mais aussi des colorex. On a utilisé des aquarelles qu'on a achetées à New York, qui sont des aquarelles fluo. Là, on a foutu un petit peu des tonnes. Mais c'était super de pouvoir utiliser ça. On a défini des outils et c'était des outils où on arrivait à se les interchanger. Et ça, c'était très pratique. Poisonner chacun dans le truc qu'on sait faire, en fait on pouvait récupérer un poste à chaque fois à différentes étapes de fabrication, soit l'ancrage, soit la couleur, soit la découpe. Et très souvent en fait les œuvres sont passées d'une main à l'autre parce qu'on en avait plusieurs en cours et que du coup on en faisait chacun un petit peu à chaque fois, on faisait avancer les choses. Là, il y a une esquisse à faire, tu la fais, moi j'en creurais. Ok, je ferai la colo après. En gros, toutes les œuvres que vous voyez dans l'expo sont vraiment faites à quatre mains. Et aussi,
- Emilie
pensez à deux cerveaux. On réfléchissait ensemble, on se posait des questions.
- Lamia
Vous n'avez pas eu de frustration entre vous deux de j'aurais aimé faire ça, mais finalement, vu qu'on est deux et que l'un ou l'autre n'est pas d'accord, je vais m'empêcher de s'empêcher d'aller dans une direction. Parce que travailler à deux, ça pourrait, on imagine. provoquer un peu de frustration parce qu'on ne va pas au bout de son idée à soi. Non, ça a été une belle synergie.
- Emilie
Pas du tout. Justement, je pense que c'était ça aussi. Effectivement, tout l'enjeu, c'est comment écrire à quatre mains. On avait cette envie commune. On s'était aussi beaucoup, au départ, on avait beaucoup parlé de qu'est-ce qu'on veut dire ? On voulait des scènes, à un moment donné, de Pyramid et le Médis. Là, on peut trop dans le théorique. On va peut-être passer à l'action et faire. Moi, je peux rester des heures à réfléchir. Ah oui ? Et puis finalement, parfait, c'est plus facile.
- Pierre-Emmanuel
On avait presque pas de théorie.
- Emilie
Mais on avait beaucoup théorisé. Ah oui, des moments d'échange, des moments de partage. Oui, oui. Mais ce qui fait que, en fait, c'était pas plus mal, parce que ça fait qu'une fois qu'on a trouvé notre langage, on se rattachait toujours à la direction dans laquelle on voulait aller, en termes de récits. Le récit était important au départ.
- Lamia
Oui.
- Emilie
et qui est le récit de ces scènes de partage, ces scènes d'encouragement. Par exemple, pour la piscine, on va s'encourager. Et ensuite, comme il y avait toutes ces notions partage, d'encouragement, d'entraide, d'amour, d'amitié, quand on se retrouvait avec ce langage papier, encre et volume, des choses sont apparues. qui allaient dans ce sens-là, mais qui n'auraient pas été forcément dessinées pareil. Si moi, par exemple, je les avais faites avec juste mon écriture, j'aurais fait la scène extrêmement différemment. Et toi aussi, pour raconter à notre manière quelque chose. Mais là, on a trouvé un langage commun. Où tous les deux, on s'en sort de votre identité à chacun.
- Lamia
C'est fou. Et du coup, c'est la première fois que ce travail, cette fusion de vous deux, de vos deux créativités, de vos...
- Pierre-Emmanuel
C'est la première fois sur une expo.
- Lamia
Ce Campagna Studio, vous le faites toujours, mais là, ce n'est pas un travail de commande, c'est vraiment un travail en plus personnel. Oui,
- Pierre-Emmanuel
c'est la première fois en tant que travail personnel.
- Lamia
C'est peut-être le début d'une longue série de collaborations à deux, maintenant que vous avez trouvé votre grammaire commune.
- Pierre-Emmanuel
On aimerait bien continuer à travailler cette grammaire qui est... En fait, il y a une... relation au papier qui est vraiment très agréable. C'est vraiment un truc... Le fait de faire raconter des choses au papier en le pliant...
- Lamia
Vous avez utilisé des outils pour ça ? Il y a des vagues qui se retournent, le papier se courbe... Comment vous avez réussi à le faire de façon si harmonieuse ?
- Emilie
Il fallait y aller de tout.
- Pierre-Emmanuel
Un papier à gros grammage. D'accord. 300 grammes. Et en fait, pour tordre le papier comme ça, de manière à ce qu'il soit entièrement courbe et qu'il ne fasse pas des crénelages un peu... Il faut l'accompagner avec un objet rond, un espèce de rouleau. Et on va vraiment tout doucement le tordre. Il faut être très patient. Ça prend plusieurs minutes. Et il ne faut surtout pas brusquer la courbe. Il faut vraiment l'accompagner. mais du coup... En fait, c'est presque charnel. Il y a un truc super... Sensuel. Oui, parce qu'en fait, il faut sentir le papier et voir comment la fibre va réagir.
- Lamia
C'est vivant, le papier, en plus. Oui,
- Pierre-Emmanuel
ça devient un élément...
- Emilie
Surtout qu'on ne parle pas d'un papier blanc. En l'occurrence, les courbures sont faites sur des papiers où il y a déjà eu une passe d'âne, où l'encre, c'était déjà quelque chose d'avoir un aplat parfait. Et du coup, il ne fallait pas se nipper non plus.
- Pierre-Emmanuel
Non, il ne fallait pas se nipper. Mais on n'a pas eu beaucoup de ratés, en fait. Non, en fait, non. Donc ça, c'était quand même très cool. Et c'est vrai que sinon, c'est un échange. Une fois qu'on avait posé les bases de la grammaire et qu'on savait ce qu'on allait raconter... et que globalement, on savait qu'on allait représenter des scènes de collectif, que ce soit à 2 ou à 50, et des trucs de partage, après, on travaillait sur des idées, on en parlait, on faisait des espèces de mini-maquettes qu'on se montrait. Vous aviez trouvé le système,
- Lamia
et alors du coup... Voilà, parfois on était bloqués,
- Pierre-Emmanuel
et une congue amenait des réponses.
- Lamia
Et on sent le plaisir, la jubilation que vous avez eue à proposer chacune des scènes, les persos. Oui,
- Pierre-Emmanuel
avant de partir.
- Lamia
Ça, c'est votre travail, c'est une invitation aussi à proposer des vitrines pour des commerces, ou des événements, de l'événementiel, parce que ça s'y prête complètement, en fait.
- Emilie
Ça raconte des histoires. Quand on a rajouté la donnée vitrine avec la lumière, on a vu qu'en fait, c'est aussi... Tout un truc à jouer sur...
- Lamia
Il y a plein de gens qui passent déjà, on n'a pas fini tout à fait d'interdiction, il y a des gens qui passent et qui regardent les enfants, les petits...
- Emilie
C'est mignon parce que c'est un peu à hauteur d'enfants aussi, ils peuvent s'arrêter aussi. Mais du coup, on a découvert aussi des jeux de transparence. Ça a amené encore plein d'autres choses. Les boîtes en vitrine qui sont...
- Pierre-Emmanuel
Le facteur de la lumière amène encore d'autres choses. La mise en lumière d'une scène. créer des ombres, des couleurs, des trucs qui vont raconter d'autres choses. Et du coup, ça ouvre les possibilités sur plein de trucs. Et du coup, mais c'est terrible parce que c'est vraiment la boîte de Pandore. On a l'impression de pouvoir représenter. On a encore plein de boîtes. Ah oui, c'est vrai. Ah oui, il y a plein de choses. Mais après, voilà. Oui, c'est vrai que nous, on est moi, je sais que... quand j'étais petit, mais je pense toi aussi, j'étais fasciné par les vitrines de Noël. Eh oui, bien sûr.
- Emilie
Parce qu'on a grandi à Paris et qu'à Paris, les grands magasins, quand on était petit, avaient de l'horizon. C'est toujours un truc...
- Pierre-Emmanuel
Et ce truc de l'enfance, de la contemplation... Oui, oui.
- Lamia
Elles étaient beaucoup faites à la main, un peu, à l'époque. Il y avait vraiment des décors qu'on sentait faits main.
- Pierre-Emmanuel
Avec des moteurs très complexes. C'était magique.
- Lamia
Maintenant, c'est un peu moins le cas. C'est vraiment des gros gogos.
- Emilie
Il y avait des grosses productions. Et puis les jouets, c'était vraiment des marionnettistes. Je ne sais plus, il y avait quelqu'un qui s'occupait vraiment des galeries. Ah ouais ! Des artisans incroyables.
- Lamia
C'était une visite en soi d'aller voir les vitrines de galeries.
- Emilie
C'était la tradition.
- Lamia
Alors c'est peut-être le début d'une longue carrière.
- Pierre-Emmanuel
Ça serait fantastique, mais pour l'instant, on va vous être... Il faut forcément un début. Non, mais en fait, ce qui nous intéresse, c'est ce truc de la mise en scène du dessin. Parce qu'en fait, nous, on fait de l'anime. Et l'animation, c'est aussi ça, mais d'une autre manière.
- Lamia
Campana Studio, donc votre studio que vous menez tous les deux. Quels sont les projets que vous avez déjà eu à faire ensemble alors ?
- Pierre-Emmanuel
Alors, il faut savoir que Campana Studio, c'est un nom. C'est un... C'est un truc entre nous, mais c'est un truc entre nous qui s'est créé par la commande. Parce qu'on a eu des demandes.
- Lamia
Des très beaux projets.
- Pierre-Emmanuel
C'était des projets qu'on ne se sentait pas de faire tout seul. Il fallait qu'on soit...
- Lamia
Alors lesquels par exemple ? Ceux qui vous ont le plus marqué.
- Emilie
C'est avec MK2 et Le Bon Marché.
- Lamia
Quand même.
- Emilie
En fait, MK2 VR, ils avaient... à monter donc un...
- Pierre-Emmanuel
Réalité virtuelle en fait.
- Emilie
Les casques VR que j'ai découvert à l'époque d'ailleurs parce que je connaissais pas. C'était ce qu'ils avaient mis en scène du coup tous les casques VR qu'ils avaient et toutes les machineries VR qu'ils avaient au bon marché Rive Gauche. Donc il fallait pour les mettre en scène, il fallait créer une énorme fresque. Je sais plus combien ça faisait mais l'espace était énorme. Il fallait faire toute une fresque pour habiller... l'installation de ces différents espaces où il y avait des jeux. Il y avait l'oiseau qui volait au-dessus de New York.
- Pierre-Emmanuel
C'était sous la nef. Il y avait une baie.
- Emilie
C'était un espace où il y avait des shows, pas des forums. Du coup, MK2 avait cet espace-là et en même temps devait profiter aussi de ces cinémas pour faire de la publicité pour... ce nouvel espace MK2VRKids et du coup on avait fait aussi un spot de publicité qui était utilisé avec la même grammaire, le même langage graphique que ce qui était sur les murs.
- Pierre-Emmanuel
C'était deux fraises de 30 mètres quand même et le petit film de 20-25 secondes et en fait on avait très peu de temps, on avait deux semaines.
- Emilie
On avait pas d'enfants.
- Pierre-Emmanuel
C'était un peu un projet qu'on a mis en place.
- Emilie
On a travaillé la nuit.
- Pierre-Emmanuel
Mais on avait été hyper efficace et c'est là qu'on s'est dit, c'est génial, c'est trop bien. Si on peut refaire des trucs comme ça, on verra. Mais on n'a jamais... En fait, on n'est pas du tout dans un esprit de démarchage ou quoi que ce soit. On fait des trucs ensemble quand il y a une opportunité qui se présente. Donc, ça s'est reproduit avec le festival Inspire, où on a fait une fresque peinte en réalité augmentée.
- Emilie
On est souvent sur une hybridation entre le dessin et l'animation. Le dessin étant le point de départ de l'animation, mais où on trouve un langage pareil. Oui effectivement il y a le langage fresque, qui était une fresque imprimée, le langage fresque peinte, mais toujours avec une écriture qui permet de le mettre en mouvement derrière l'animation.
- Lamia
Oui, l'animation aussi c'est dans tes cordes aussi, comme dirait Emmanuel. Parce que vous avez fait tous les deux Terre de Parole aussi. C'était magnifique, cet hommage aux écrivains en... En 2023.
- Emilie
J'ai accouché d'Anouk et dans les trois jours après, je reviens de la maternité. Tu étais encore en train d'animer, ouais. Anouk en bébé. Incroyable,
- Lamia
on est allé le voir, Pierre-Emmanuel. Ouais, c'était cool. On avait fait le concert de Christian Belin aussi.
- Pierre-Emmanuel
C'est vrai, c'est vrai, je me rappelle. Ça avait bien ri. C'était très sympa.
- Emilie
C'était une collaboration avec la musique de Rhone Et c'était encore une commentaire
- Pierre-Emmanuel
Projetée sur la ruine De Junièges C'est ça, Abbeye Junièges Le film devait durer 16 minutes C'était un gros
- Lamia
Un gros morceau d'animation Et un délire aux écrivains Donc c'était sur ce thème là Colette C'est une série d'écrivains avec des textes.
- Emilie
L'année, en fait, pas beaucoup de sons de témoignages d'écrivains.
- Lamia
Mais c'était votre heure à part entière, parce que c'était vous qui aviez aussi sélectionné les extraits, et qui avez été lus ensuite et tout.
- Pierre-Emmanuel
Et le film, d'ailleurs, sera normalement visible à l'expo. Mais ça, c'est une surprise.
- Lamia
Oui, vous nous avez préparé plein de surprises.
- Pierre-Emmanuel
Oui.
- Lamia
Un petit cinéma de plein air.
- Pierre-Emmanuel
Le cinéma, comme... C'est aussi un collectif pour nous. Donc, en fait, on trouvait ça bien. Oui,
- Emilie
on ne pouvait pas passer à côté de l'hommage au cinéma.
- Pierre-Emmanuel
Alors, on n'a pas l'occasion de beaucoup y aller, nous, en ce moment. Mais du coup, on fait des maquettes. Oui,
- Lamia
parce que vous avez deux enfants, deux jeunes enfants. Et ça, c'est une question qu'on pourrait aussi poser, parce que vous n'êtes pas les seuls à créer et avoir aussi des enfants à s'occuper et à faire grandir. Comment ça s'articule, vos journées ?
- Pierre-Emmanuel
Ah.
- Emilie
C'est sport, mais là on a pris une vie qui fait trois soirs par semaine, parce que sinon c'est vrai que c'est très sport. C'est vrai que les journées sont raccourcies, et que quand on était plus jeune on pouvait travailler le soir ou la nuit, autant après quand on a des enfants en bas âge c'est plus compliqué, on n'a plus trop l'énergie, et puis comme il y a des réveils la nuit... Ça fatigue un peu.
- Lamia
Ou des réveils très tôt le matin, comme l'attend Émilie, c'est 6h.
- Pierre-Emmanuel
Mais après, c'est plus...
- Emilie
C'est inspirant. C'est vrai qu'on a eu... Je me suis remise au dessin, je crois, au dessin sur papier pendant le Covid, où Paloma venait d'avoir un an. C'était du coup... Le Covid, c'était en 2020, elle avait un an et quelques. Et c'est vrai que... Après, je faisais du dessin sur ordinateur pour l'animation, mais...
- Lamia
Ah, tu t'es remise au papier. Je me suis remise au papier.
- Emilie
Parce qu'en fait, c'était très compliqué de travailler à domicile. C'était le confinement. Et avec un bébé, c'est très compliqué. Donc, on alternait un peu nos journées. C'était une phase compliquée. Mais du coup, j'ai redécouvert le plaisir de juste la regarder et la dessiner.
- Lamia
Oui, oui.
- Emilie
Et en fait, c'est là aussi, tu disais tout à l'heure, tu parlais du fait que je parlais de l'enfance. et je... Je pense que ça a commencé là plutôt, où j'ai commencé à regarder vraiment et à prendre plaisir à finalement, avec ce temps qui était un peu disloqué, qui était un peu en suspens à ce moment-là, à juste avoir le plaisir de prendre le temps et le plaisir de la regarder et de la dessiner, de sentir ces petites choses de l'enfance.
- Lamia
Mais la famille aussi chez vous vous rend très heureux, c'est une source d'inspiration, on voit bien, c'est votre projet vous. D'ailleurs, l'Anne de Haute, la dernière exposition que tu as faite en solo ici, l'Anne de Haute, c'était aussi beaucoup de représentations de tes enfants, d'Emilie qui aussi t'amuse. Et même, tu as eu un de tes dessins qui s'appelle Miroir, qui a été la couvre du New Yorker quand même, ça c'est génial. C'est vrai. Une émotion totale quand même, qui est Mets en scène, Emilie.
- Pierre-Emmanuel
qui est sur un banc c'est Émilie et Paloma on peut dire quand même que la famille ça c'est vrai que c'est drôle de se dire qu'ils sont en couvre du New Yorker c'est un truc que j'ai encore un peu du mal à imprimer mais c'est vrai que c'est
- Lamia
super et qui parle d'ailleurs de ces échanges entre les générations parce que la petite fille s'avance vers le reflet de l'image qu'elle saura plus tard finalement c'est un double sens un peu comme dans ton histoire derrière la pluie Ouais.
- Pierre-Emmanuel
Oui, il y a toujours ce truc de filiation qui m'importe beaucoup. Alors, je ne sais pas exactement pourquoi, mais oui, ça me rend heureux. C'est épanoui. Oui, c'est quelque chose qui est...
- Lamia
Tu dis pleinement ton rôle de père, de famille, d'époux. C'est notre quotidien.
- Pierre-Emmanuel
Du coup, en fait, c'est ce qui nous inspire le plus. Qui vous nourrit. Qui touche aussi le plus. Et c'est beaucoup de moments de bonheur. Après, voilà, c'est... pas tous les jours facile, on est fatigué. Réussir à orchestrer une carrière professionnelle et la vie personnelle à la maison et la vie familiale, c'est pas toujours évident. Heureusement, on a beaucoup d'aide et on a beaucoup de chance. Vous êtes entouré. On en parle beaucoup d'ailleurs avec Émilie. On parle beaucoup de ça parce que ça nous inspire.
- Lamia
En général, on vous sent quand même très euh... épanouie, heureux et dans une vie à la fois familiale et une vie festive. On sait que vous êtes plein d'amis, un peu à l'image de cette exposition. Elle est très festive, elle est très joyeuse et je pense que vous avez un esprit festif. C'est votre ADN la fête un petit peu. Enfin je ne sais pas, c'est ce que je ressens moi.
- Pierre-Emmanuel
La fête,
- Lamia
les amis, la musique. Vous êtes tous les deux musiciens. On imagine, enfin à chaque fois que vous avez des événements, vous conviez tout le monde. Vraiment, ça se sent et vous avez vraiment... distiller ça dans cette exposition. À tel point, Pierre-Emmanuel, que tu fais un partenariat avec les bières de Belleville. On peut en parler parce qu'ils sont trop cool aussi. Tu dessines régulièrement des étiquettes pour eux.
- Pierre-Emmanuel
On échange deux bières. Et là,
- Lamia
on va en faire une ensemble. Vous êtes partenaire à vie avec les bières de Belleville.
- Pierre-Emmanuel
C'est des voisins et des copains aussi. C'est cool. Ils sont vraiment sympas. C'est un... C'est un échange, ils sont du quartier, on aime beaucoup leur manière de...
- Lamia
Les bières sont bonnes.
- Pierre-Emmanuel
Le commerce de proximité, un truc qui est fait sur place. On les a vus démarrer, c'est toute une aventure. Et du coup, ça fait un petit peu partie, c'est constitutif de ce petit quartier de Jourdain-Belleville qui est vivant en fait. On retrouve leur bière dans tous les petits commerces et on voit les étiquettes de Pierrot dans tous les petits commerces Ça veut dire beaucoup de choses C'est bien d'ailleurs parce que comme ça ils varient un peu leur image mais c'est vrai que moi j'ai pas mal bossé avec eux et c'était super et là ils seront représentés ce soir au vernissage parce que c'est ce qu'on boira en faisant la fête
- Lamia
Alors, est-ce qu'il y a une œuvre parmi toutes celles que vous avez fabriquées, présentées, et qui est présentée pendant cette exposition, qui est spéciale à votre cœur, et dont vous avez envie de parler ?
- Pierre-Emmanuel
On aime bien... En fait, la manif, c'est celle qui représente une manifestation, c'est tous ensemble. C'est ensemble,
- Lamia
elle se rappelle, elle est grande, hein ?
- Pierre-Emmanuel
Ouais.
- Lamia
Grand format.
- Emilie
60 par 80.
- Lamia
Ouais, c'est le plus grand de l'expo.
- Pierre-Emmanuel
Elle n'a pas été simple à faire.
- Lamia
Ah oui ?
- Pierre-Emmanuel
Ouais. Elle n'avait pas été simple parce qu'en termes de composition, en termes de dessin, elle a demandé beaucoup de travail. Et pendant très longtemps, on a eu des doutes sur celle-là. Mais au final, on est vraiment hyper content de ce qu'elle transmet.
- Lamia
Alors, qu'est-ce qu'elle raconte ?
- Pierre-Emmanuel
Alors, elle représente une scène de manifestation telle qu'on les connaît très bien à Paris. La manif, c'est quand même un truc de la culture parisienne. Mais on voit beaucoup de manifs à Paris.
- Lamia
Ici, à République, on est au Pays-Bas. À République, particulièrement.
- Pierre-Emmanuel
Et en fait, on voulait vraiment faire un tableau sur quelque chose qui montre ça, mais de manière très positive. C'est-à-dire que pour nous, c'est un truc hyper positif que les gens s'expriment. Au même moment. Alors, dans ce tableau-là, ils n'ont pas de message particulier à faire passer. Il y a un petit peu... En fait,
- Emilie
on aime bien l'idée aussi que les gens peuvent se raconter devant les messages qu'ils veulent. Voilà, c'est ça. Par rapport à ce qu'ils auraient à revendiquer. Parce qu'à un moment donné, on s'était aussi posé la question de faire un... L'égué-vélagué. Pride, ok. En fait, on voulait une scène où les gens marchaient tous ensemble dans une même direction, avec une même envie, qu'elle soit positive, chargée de quelque chose.
- Pierre-Emmanuel
Et des gens très différents.
- Emilie
Et surtout des gens très différents, voilà. On voulait une déambulation inclusive, où il y ait le plus de différences possibles, mais en même temps réunies pour qu'ils soient tous... Finalement, pareil, on est tous pareils. Et du coup, c'était ça aussi un peu le moteur de cette pièce. Et c'est vrai qu'on s'était posé la question, est-ce qu'il y a un message ou pas ? Alors, à un moment donné, on avait mis nous. La revendication de nous. On s'est dit, c'est peut-être un peu trop.
- Lamia
Mais là, la composition est parfaite parce que les personnages qui sont dessinés sur le fond, ils sont à l'encre. tout simple, sans couleur. Et tous ceux qui sont, vous avez rajouté, qui sont reliefs, sont habillés de couleurs pop, fluo et donc ça crée vraiment une lecture à deux niveaux.
- Emilie
Et puis ils sont étagés à différents niveaux. C'est ça. Trois niveaux pour les faire venir en avant-plan ou en arrière-plan. C'était ça aussi dans le jeu de la composition.
- Pierre-Emmanuel
Et puis qui crée des ombres. Et encore une part belle au blanc, au blanc pur. En fait, à un moment, l'image n'est pas totalement chargée. Elle est à moitié remplie, mais c'est vrai.
- Emilie
Il y avait pour nous aussi cette interrogation de comment cette pièce allait vivre dans l'exposition par rapport à cette envie de faire circuler aussi des filles en dehors et comment ils allaient rentrer dedans et passer sur les côtés. Et finalement, là, on l'a mis dans un endroit qui est super.
- Lamia
Une super oeuvre. Avec des personnages qui sont devant, on a vraiment l'impression effectivement que ça déborde.
- Pierre-Emmanuel
Les gens s'en vont de la maniche pour aller visiter d'autres tableaux. Ça c'était vraiment le pari qu'on voulait réussir.
- Lamia
C'est la première fois que l'espace en lui-même de la pièce d'exposition sert aussi, est intégré dans vos tableaux, c'est-à-dire que les murs parlent aussi en fait. Ils ne sont pas juste censés porter des œuvres, mais ils sont acteurs les murs. C'est génial.
- Emilie
Il y avait ce truc où hier, on se disait, cette envie première, justement de voir cette déambulation et de faire en sorte que les personnages rentrent et éprouvent des moments de vie dans chaque situation, chaque œuvre, si je puis dire. On s'était dit, mais il y a cette envie, on a fait tous ces personnages, on a fait toutes les œuvres, mais on ne les a pas vus sur les murs. Donc, au fur et à mesure qu'on les posait hier, on avait tout d'un coup les sensations qui... C'était un pari aussi pour nous. Et en fait, par rapport à l'envie toute première, et c'est vraiment la toute fin, une fois qu'on avait posé les derniers, qu'on pouvait enfin se satisfaire et se dire, mais c'est bien, ça marche.
- Lamia
Ça y est,
- Emilie
ça a été comme on voulait, mais on ne pouvait pas le faire sans les exposition.
- Lamia
L'exposition a été achevée, c'est fou. C'est la première fois pour nous aussi.
- Pierre-Emmanuel
L'accrochage hier faisait un peu partie du travail, parce que On se rendait compte, à fur et à mesure qu'on accrochait les personnages, qu'on ne pouvait pas en foutre partout, un peu n'importe où. C'est aussi un travail de composition, il fallait qu'il y ait des chemins, il fallait qu'il y ait des mouvements. Et du coup, c'est un peu la dernière pièce de l'expo, c'est cette pièce. C'est le volume.
- Lamia
pour nous on est assez, merci beaucoup parce que c'est vraiment une exposition jusqu'à temps qu'elle ne soit installée on ne se projetait pas sur ce que ça allait donner donc là on est vraiment totalement dans la magie du moment merci merci à toute l'équipe c'est vraiment un travail c'est à nous et bien merci beaucoup pour votre temps merci beaucoup parce que je sais que vous êtes très occupés salut
- Emilie
Salut !