- Speaker #0
La clé de la voix La clé de la voix Bienvenue dans la clé de la voix. Ensemble, partons à la rencontre d'artistes, de professionnels de la voix, de scientifiques et de thérapeutes holistiques pour vous aider à trouver votre voix dans tous les sens du terme. Je suis Clémentine Coppolagne, créatrice de ce podcast, mais aussi Praticienne en bref work, artiste et conférencière Je suis experte de la voix et de la préparation mentale Depuis 2008, j'accompagne des chanteurs, comédiens, orateurs et professionnels de tout horizon Dans cette sixième saison, nous aborderons bien plus que la technique vocale Nous parlons de l'impact, de notre état d'esprit, de notre dialogue intérieur De la manière dont notre corps et notre voix interagissent Nous discutons aussi de la scène, de la créativité, de la carrière musicale Pour vous offrir des clés pour un bien-être vocal, mais aussi global. Pour discuter avec moi au micro de la clé de la voix, contactez-moi sur les réseaux sociaux à Clémentine Coppolaigne. C'est aussi l'endroit idéal pour suivre les coulisses du podcast. Merci pour vos centaines de milliers d'écoutes. Si vous souhaitez entendre vos artistes favoris dans les prochains épisodes, c'est simple. Abonnez-vous, laissez un commentaire et des étoiles sur votre plateforme d'écoute et n'hésitez pas à partager. Toutes les informations sont disponibles dans la description, ainsi qu'un lien pour télécharger. Trois exercices gratuits. Et maintenant, faisons résonner la magie de la voix. Vous l'avez sans doute vu, enflammer la cérémonie d'ouverture et de clôture des JO sur le tableau de la liberté avec Saïra en compagnie du groupe Gojira, avant de devenir une mezzo-soprano acclamée. et récompensée par une victoire de la musique classique, Marina a fait ses débuts en tant que flûtiste, puis en tant que métalleuse. Elle nous parle du souffle, de sa technique favorite, le reverse, qui consiste à chanter en inspirant. Elle revient sur son parcours dans un milieu opératique viennois très codifié, où elle a dû changer son apparence pour s'intégrer. Même si le rock ne l'a jamais quitté, cela se ressent dans son énergie et sa présence qui captive instantanément le public. Marina partage ses conseils d'interprétation et d'hygiène vocale, évoquant l'impact des hormones sur la voix. Son approche pédagogique pour aider ses élèves à développer une voix saine, authentique et puissante. En plus d'être une artiste curieuse, Marina est une entrepreneuse formée en école de commerce, qui gère sa carrière avec une vision claire. Elle nous partage l'importance des modèles et les figures qui l'inspirent, comme Cecilia Bartoli. Nous écouterons son sublime dernier album, Mélancolia. qui fusionne toutes ses influences musicales.
- Speaker #1
Bonjour Marina. Bonjour. Je suis très heureuse de te recevoir dans le podcast. Est-ce que tu veux bien nous raconter l'un de tes premiers souvenirs marquants en lien avec la voix ?
- Speaker #2
Un de mes premiers souvenirs marquants en lien avec la voix, c'était quand j'étais petite et que j'allais voir les opéras que dirigeait mon père, c'était un chef d'orchestre, et je voyais ces chanteuses sur scène. À l'époque, il y avait encore les grands costumes d'époque, avec les corsets, les grandes robes, les énormes maquillages. Et c'était tellement impressionnant parce que je les voyais depuis le public. Et après, j'allais les voir en loge et on voyait du coup le contraste entre quand on voit ça de loin et de près. Je me disais, c'est incroyable déjà ce qu'elles peuvent faire vocalement, mais aussi, c'est trop bien d'avoir comme métier d'être une princesse.
- Speaker #1
Est-ce que le costume, l'habit, ça a été quelque chose qui t'a donné envie d'aller vers ça ?
- Speaker #2
Oui, définitivement. J'ai toujours adoré. Toute petite, je me déguisais tout le temps. Et ça faisait vraiment partie pour moi de... C'est tout l'intérêt pour moi d'être une chanteuse opéraste, c'est qu'on est un personnage dans une histoire, avec un costume, avec une perruque. Le moment où, après quatre semaines de répétition, on a ce qu'on appelle la dress rehearsal, qui est la répétition où on va avoir les costumes pour la première fois, les lumières et tout. J'adore...
- Speaker #1
La générale.
- Speaker #2
C'est la générale piano. Et c'est sans orchestre. Et c'est juste pour... C'est technique, en fait. Et c'est là où tout prend vie d'un coup. Et on comprend plein de choses, en fait, que... qu'on ne pouvait pas saisir quand on est en tenue habituelle. Et là, vraiment, on peut entrer dans le personnage, dans sa démarche, dans sa façon de bouger. Parce que selon qu'on soit un homme ou une femme, qu'on ait une jupe courte ou une jupe longue, un pantalon, ça n'a rien à voir. Donc, ça fait vraiment partie de mon métier, c'est sûr.
- Speaker #1
Donc, d'emblée, il y avait une attirance.
- Speaker #2
Oui, j'ai toujours aimé me déguiser.
- Speaker #1
Tu as été flûtiste, tu as joué du métal symphonique. Comment es-tu passée de la flûte au chant ?
- Speaker #2
Pour moi, j'ai fait de la flûte pour faire du chant. C'est-à-dire que je n'ai jamais vraiment voulu être flûtiste, ce n'était pas ma grande passion. Mais il y avait une similitude dans la gestion du souffle et du soutien. Et du coup, mes parents m'avaient dit, si tu veux être chanteuse, fais de la flûte. Ça va t'apprendre, bien sûr, le solfège, tout ça, mais aussi le souffle. Et c'est vrai que ça m'a beaucoup aidée.
- Speaker #1
Donc d'emblée, quand tu jouais de la flûte, dans ta tête, tu chantais les mélodies ? Voilà,
- Speaker #2
exactement. Et puis je les chantais avant de les jouer, ce qui m'a permis, comme la flûte a beaucoup de notes très rapides, ça m'a permis de développer ce qu'on appelle les coloratours, qui sont un peu ma marque de fabrique aujourd'hui, en ayant l'habitude de voir toutes ces doubles croches et de les déchiffrer très vite à la flûte.
- Speaker #1
Tu disais que ça t'avait aidé pour le souffle. Est-ce que tu veux bien nous en dire plus ?
- Speaker #2
La flûte, c'est un instrument avant. Ça veut dire que pour créer un son, il faut souffler dedans. Et le chant, c'est aussi un instrument avant. C'est-à-dire que même si on a des cordes, pour les faire vibrer, c'est tout avec la gestion de l'air. Et du coup, ça part du diaphragme. C'est vraiment souffler. En fait, chanter, c'est souffler fort. Et d'ailleurs, il y a un super exercice qu'on peut faire avec une paille dans un verre d'eau. Et vous chantez une mélodie dans la paille et ça fait des bulles dans l'eau parce que c'est l'air. Et vous visualisez à quel point vous utilisez de l'air pour chanter. C'est hyper intéressant.
- Speaker #1
Et si les bulles sont constantes ou pas constantes, si on déborde.
- Speaker #2
J'aime beaucoup cet exercice. Tu le fais toujours ? Oui, je le fais des fois quand il y a du monde autour et que je ne peux pas trop chauffer, parce que ça fait du bruit, donc je fais ça. Là, c'est comme si on ne l'entend quasiment pas. Et en même temps, ça chauffe, ça fait travailler vraiment le soutien. On sent tout de suite la colonne d'air.
- Speaker #1
Une résistance. Qu'est-ce que ta voix dit de toi que laisse-t-elle transparaître ?
- Speaker #2
Je pense que j'ai une voix très versatile. Et ça dit de moi ce que j'ai toujours été depuis toute petite aussi, c'est que je suis quelqu'un de très curieux, qui aime beaucoup m'intéresser à plusieurs choses, à plusieurs... hors musique d'ailleurs, mais même dans la musique, à plusieurs styles de musique, à plusieurs genres de musique, à plusieurs façons de chanter. Et du coup, c'est quelque chose qui m'intéresse parce que ça me garde, je pense, intéressée et ça remplit cette palette de couleurs qu'on a dans une voix de plein de couleurs différentes. Et c'est ça que j'aime dans ce métier. C'est aussi explorer vocalement des couleurs différentes, des façons de chanter, des nuances. Et je pense que ma voix, elle est aussi très solide. C'est aussi quelque chose que je suis dans la vie. Je pense que je suis quelqu'un de très stable, un peu une guerrière comme ça. Et j'ai une voix qui ressemble un peu à ma personnalité, c'est vrai. Il y a une certaine chaleur, mais il y a aussi un côté un peu piquant. Et je pense que c'est très drôle parce que c'est une bonne question. Je pense vraiment que la voix, ça reflète beaucoup la personnalité d'une personne.
- Speaker #1
C'est un peu aussi comme une photographie. À l'instant T, je ne sais pas si tu réécoutes parfois certains de tes enregistrements qui datent d'une certaine époque. Tu entends des traits de ta personnalité ou de ce que tu vis. Oui,
- Speaker #2
complètement. Je pense que j'étais beaucoup plus timide à l'époque parce que ma voix est plus timide. Et c'est normal, on commence, on ne sait pas trop. Sur scène aussi, j'étais... Et c'est vraiment drôle en 3-4 ans, l'évolution. Et aussi le fait qu'elles prennent chair, corps, sans que je m'en rende compte. C'est assez drôle. C'est vrai qu'on sent même une évolution par rapport à... À la personnalité artistique, je trouve. Aussi, quand on passe 35 ans, forcément, il y a beaucoup de choses dans le corps qui se passent et on le sent dans la voix.
- Speaker #1
Il y a les hormones aussi qui permettent de gagner un peu de grave.
- Speaker #2
Oui. Ou pas, d'ailleurs. Ça dépend des moments. Mais les hormones, on s'en passerait des fois.
- Speaker #1
Quel impact tu as remarqué sur ta voix, sur celle de tes élèves ? Est-ce que tu adaptes tes représentations ?
- Speaker #2
C'est l'enfer. Ça dépend des gens, mais moi, c'est déjà un steak à la place de cordes vocales. J'ai mal, je ne suis pas bien, je n'ai pas envie. C'est dur, c'est lent. Donc, la bromélaïne, déjà, super. Très, très bien, ça m'aide beaucoup. Beaucoup boire. Et puis, faire avec. On espère que ça ne tombe pas le jour d'un spectacle. Et quand c'est le cas, l'adrénaline fait qu'on oublie et qu'on se sent quand même pousser des ailes. Mais c'est vrai que ce n'est jamais agréable. pas de solution de miracle à part le pif, quoi. Mettre dans le pif parce qu'on n'a rien là, on sent rien, ça fait mal. Donc, pas mes meilleurs souvenirs, mais du coup, techniquement, je suis souvent beaucoup plus concentrée.
- Speaker #1
Est-ce que ça joue sur l'agilité de ta voix ou pas forcément ? Oui,
- Speaker #2
clairement. C'est logique, le corps est crevé, quoi. Donc, c'est dur de soutenir tout ça. Après, je viens de faire une Olympiade où je l'avais, je crois que c'était pas la première d'ailleurs, j'avais mes règles. Et ça s'est bien passé quand même, parce que l'adrénaline fait que, ça compense. Mais voilà, on ne passe pas un très bon moment, on a mal à la tête, on est bouffi, c'est vrai. C'est vraiment pas fun. Je pense que moi, je milite pour que ce soit OK que les chanteuses, quand elles ont leur règles, elles restent chez elles. Mais bon, pas pour une première, mais peut-être pour des répètes.
- Speaker #1
Tu as fait des études de marketing culturel à Marseille, tu m'en parlais tout à l'heure. Tu as travaillé aussi dans un label de métal, tu as créé une association de métal à Lyon. Comment ces expériences ont-elles façonné ton approche de l'industrie musicale et du monde de la musique ?
- Speaker #2
Elles m'ont beaucoup appris justement, parce qu'aujourd'hui je pense que le métier d'un chanteur d'opéra, c'est plus juste être un chanteur, c'est presque être une entreprise. C'est être aussi en gestion de son image, en gestion de ses réseaux sociaux, YouTube, Spotify. d'avoir une image globale de tout ça et un contrôle de tout ça. Et bien sûr, après, il y a la production du disque. Là, pour la première fois, je vais produire mon album moi-même. D'accord. Je dois devenir une entreprise pour ça. Donc, j'ai produit aussi deux documentaires. Je me rends compte que chanter, ce n'est pas suffisant. En tout cas, pour mon type de personnalité, ça ne l'est pas. Et tout le reste, quand je produis, même quand je crée un récital que je mets en scène, ce côté management, Je l'ai carrément appris en école de commerce, c'est sûr, et en prépa littéraire, parce que j'ai aussi fait ça avant. Ça, c'est vraiment une discipline, c'est une organisation, c'est un esprit critique, c'est proposer des choses qui ont du sens. Tout ce parcours que j'ai eu avant, je pense, fait un peu l'artiste que je suis aujourd'hui et m'aide à justement gérer. Et en plus, la logistique. Alors maintenant, j'ai aussi toute une équipe derrière moi qui m'aide parce que c'est beaucoup. Quand tous les deux jours, on est dans une ville différente, dans un projet différent, un récital différent, on ne s'en sort plus au bout d'un moment. Donc, j'ai des gens, j'ai une assistante qui m'aide à justement faire toute cette partie-là.
- Speaker #1
Administrative et...
- Speaker #2
Administrative, les e-mails, tout ça, le logistique. Donc, vraiment, en fait, on est un entrepreneur quand on est un chanteur. Partoli, pour moi, c'est l'exemple parfait de la chanteuse businesswoman aussi.
- Speaker #1
Elle t'a inspirée ?
- Speaker #2
Oui, beaucoup. Elle m'inspire beaucoup parce que je me dis, bon, alors si elle peut le faire, je peux le faire aussi. Voilà, son théâtre, son orchestre, son festival, j'en suis pas encore là, mais c'est là que je veux aller. Et du coup, voilà, c'est rassurant de se dire que ça existe, qu'on peut le faire. C'est beaucoup de travail. Et voilà, c'est tout ça que m'a appris l'école de commerce, le fait d'avoir une asso. Je travaille aussi maintenant avec une asso pour un jeune festival à Genève, dont je suis la co-directrice artistique. Donc toutes ces choses-là, c'était en moi. J'ai toujours aimé. Je suis très, très organisée. J'aime bien ça. Je dis toujours que si je n'étais pas chanteuse, je serais wedding planner, mais j'ai vraiment ça en moi. On m'appelle checkpoint, mes amis m'appellent checkpoint des fois. Je suis très planning, je suis très orientée sur les objectifs. Donc, c'était un peu naturel pour moi de faire ces études, d'avoir tous ces projets. Et je vois à quel point ça me sert aujourd'hui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil pour les artistes qui ont envie de franchir le pas de l'artiste entrepreneur ?
- Speaker #2
Justement de bien s'entourer, d'avoir une équipe derrière soi, avec soi. Aujourd'hui, je me rends compte... Je ne l'ai pas encore, mais il faudra à un moment donné que j'ai une équipe qui s'occupe aussi de tout ce qui est visuel. C'est beaucoup de travail à chaque fois d'aller quelque part, de faire des images pour les réseaux sociaux. Je pense que maintenant, ce n'est pas pour rien qu'il y a des métiers comme ça de community manager qui vous suivent. C'est hyper utile finalement. Donc, bien s'entourer, bien répartir les tâches et puis se lancer en fait. Après, ça devient un rythme, ça devient une habitude.
- Speaker #1
J'ai diffusé un épisode avec Miroschka. c'est une coach. en saturation vocale. Et dans son épisode, elle détaillait les différents effets de saturation vocale sauf ta technique de prédilection. Est-ce que tu veux bien nous en dire plus ? Ah,
- Speaker #2
je ne savais pas qu'elle le disait pas. Le reverse ?
- Speaker #1
En tout cas, elle n'en a pas parlé ce jour-là.
- Speaker #2
D'accord. Alors, il y a plusieurs techniques de saturation vocale, donc de growls. Et moi, à l'époque, j'avais essayé le growls qu'on expire, qui est vraiment le... Mais ça me fatiguait, je ne l'avais pas bien.
- Speaker #1
Au bout de combien de temps tu te fatigues ?
- Speaker #2
20 minutes, j'étais à faune. Donc, c'était très, très, très clair. Donc, je me suis dit, c'est pas ça. Et après, j'ai entendu parler du reverse, qui est un son saturé inspiré. Donc, et en fait, c'est que de l'air de nouveau. Et ça, ça ne me fatigue pas du tout. Enfin, à l'époque, moi non, je ne sais pas si je leur faisais, mais je pouvais faire une heure et demie de concert sans problème. Donc, je chantais en clair, avec une voix claire, et je chantais en chant saturé reverse. Et en fait, c'était... plutôt technique de chanter en expirant et de growler en inspirant. Donc c'était plus une gestion du souffle qu'autre chose. Et après, avec la scène, le micro, ça part tout seul.
- Speaker #1
Est-ce que tu avais un ingé son qui pouvait jouer sur les volumes et baisser quand tu étais en son clair et amplifier quand tu étais en ressaturé ? Non,
- Speaker #2
malheureusement, on n'avait pas les moyens. C'est vraiment un milieu qui a peu de moyens. Ça nous aurait beaucoup aidé. Il y a tellement de concerts que j'ai faits où je n'entendais rien de ce que je faisais. C'était l'horreur. On y avait pensé à la fin, quand je suis partie, juste avant que je parte et qu'on commençait vraiment à prendre de l'ampleur. On s'était dit, il faut qu'on engage un ingé son parce que justement, c'était un vrai problème d'avoir le bon équilibre. Et puis les ingés sons des salles, ils n'ont pas que ça à faire. Ils ont cinq, six groupes dans la soirée.
- Speaker #1
Puis ils ne connaissent pas le répertoire. Voilà,
- Speaker #2
ils savent pas ce qu'on fait. Donc c'était très rare qu'on ait quelqu'un qui fasse ça et ça m'aurait beaucoup arrangé. Même moi, aujourd'hui, je mettrais une pédale à effet moi-même que je gérerais ce que je fais dans un de mes projets. Mais à l'époque... Donc déjà, j'étais un bébé et on n'avait vraiment pas, je crois qu'on gagnait 250 euros par concert à répartir en cinq. Donc voilà, ça ne nous payait même pas le trajet des fois. Oui,
- Speaker #1
c'était vraiment par passion. Et qu'est-ce que ça représentait d'alterner chancler, chansaturer, la gestion du micro comme défi et puis terrain de jeu ?
- Speaker #2
C'était un vrai challenge les premiers temps justement de gérer ça, de savoir quand est-ce que je crie, quand est-ce que je chante, de gérer le micro, la distance avec le micro et le souffle. Mais en fait au bout d'un moment c'est beaucoup, le métal c'est de l'énergie et du coup c'était beaucoup aussi avec le public. Le plus gros challenge pour moi c'était le son vraiment parce que je m'entendais très peu, donc chanter juste, savoir ce qu'on fait vocalement quand on ne s'entend pas c'est très frustrant.
- Speaker #1
Ne pas forcer aussi si on ne s'entend pas. Voilà,
- Speaker #2
donc souvent je forçais, je finissais limite à faune quand même. Bon, au bout d'une heure et demie, puis les gens fumaient encore à l'époque dans les salles, donc ça n'aidait pas. Et puis la bière, et puis voilà. Ce n'est pas le même hygiène de vie qu'aujourd'hui. Mais ça m'a, je pense, vraiment donné beaucoup de personnalité scénique parce que dans le métal, on n'a pas le choix. On arrive et dans les premières secondes, on doit être avec le public, leur donner quelque chose et recevoir. Et c'est tout de suite comme ça. Et je pense que j'ai un peu gardé ça aujourd'hui dans mes récitals. J'aime vraiment communiquer avec les gens.
- Speaker #1
Quand on est une femme, surtout à cette époque-là.
- Speaker #2
Oui, c'était un challenge aussi. Il fallait convaincre toujours deux fois plus qu'un homme. Je me souviens quand j'arrivais, les gens me disaient encore une évanescence. Donc en général, je faisais un gros growl au soundcheck et ça calmait tout le monde. Je disais ouais, c'est bon. Et alors par contre là, ils me regardaient comme ça. J'avais beaucoup de succès dans ce milieu-là aussi parce que j'étais vraiment une passionnée. Et là-bas, en fait, peu importe à quoi vous ressemblez, vous êtes... belle, pas belle, moi j'étais un peu chubby, on s'en fiche. En fait, si vous êtes à fond, vous aimez ce que vous faites, vous êtes accepté, vous êtes aimé, vous êtes entouré, vous êtes soutenu, et c'est, j'ai toujours, c'est un peu quand même un monde de nounours, les métalleux, même si, bien sûr, comme dans tout milieu, il y a des cons, mais globalement, que des bonnes expériences, je dois dire, avec quand même toujours ce côté un peu macho au début, qu'il fallait un petit peu calmer.
- Speaker #1
Comment chauffes-tu ta voix ? Tu nous as parlé de la paille. Est-ce que tu as d'autres façons de chauffer ta voix ?
- Speaker #2
Pour être très honnête, je chauffe très peu parce qu'en fait, je chante beaucoup. Par exemple, aujourd'hui, c'est un day-off, je ne chante pas. Je ne vais pas faire un son. Mais tous les deux jours, en ce moment, j'ai un truc. Donc, ma voix, elle est chauffée. C'est mon corps que je dois garder en forme surtout. C'est plutôt mon corps que je chauffe en faisant des exercices, des abdos, des planches, en courant. Enfin, je cours. pas, mais du vélo.
- Speaker #1
Tu en fais quasiment tous les jours ?
- Speaker #2
Tous les jours, oui. Ça, c'est important pour l'endurance, pour le souffle, pour le rythme. Et sinon, je fais bouche fermée. Que des bouches fermées, des... Des choses qui engagent justement le corps, le souffle, le diaphragme, voilà. Et qui, avec beaucoup de legato, beaucoup de portamento, pour vraiment faire un petit massage des cordes sur des octaves, en fait. Et voilà. Et si je dois vraiment, si j'ai un rôle très exigeant, où il y a des choses... particulières à faire, genre des aigus ou des coloratours, je vais en faire deux. Mais en fait, je chauffe selon ce que je chante. Voilà, c'est ce que je dis toujours à mes élèves, c'est chauffer pour chauffer, ça n'a aucun sens. Il faut chauffer en fonction de ce que vous allez chanter.
- Speaker #1
C'est ça, il faut que ce soit ciblé.
- Speaker #2
Voilà, comme un sportif, s'il doit faire du triple saut ou du saut à la perche, c'est pas les mêmes entraînements, c'est pareil. Si vous devez faire, si c'est plutôt bel canto, si c'est plutôt du lead, c'est pas du tout les mêmes choses qu'on travaille. Est-ce que c'est les voyelles, les consonnes ? Est-ce que c'est la ligne ? Voilà, donc je trouve que c'est plus intéressant de se donner deux exercices bien faits avec un objectif. Et puis voilà, moi, c'est comme ça que je fonctionne et ça marche bien. Il y a des voix qui ont besoin de beaucoup plus de temps, mais moi, je chauffe pendant le show en général.
- Speaker #1
De par l'ordre.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aimes transmettre à tes élèves ?
- Speaker #2
La sécurité technique. Pour moi, c'est tout. C'est-à-dire que ça ne sert à rien de travailler de l'interprétation si on n'est pas sûr techniquement de ce qu'on fait. Donc, j'essaie vraiment de... de leur donner tout ce que j'ai moi-même, j'ai beaucoup galéré techniquement, tout ce que j'ai appris, de leur transmettre pour éviter du temps perdu. Et pour qu'ils sachent que quoi qu'il arrive, moi c'est ça que je trouve génial et très rassurant, c'est que quoi qu'il arrive, quand je suis malade, quand je suis fatiguée, quand j'ai mes règles, je peux quand même toujours chanter. Parce que je sais ce que je fais, je sais comment je dois faire. Et c'est tellement rassurant, et c'est tellement un métier avec beaucoup de stress, que si on a en plus ce stress-là... Pour moi, c'est invivable. Je trouve que c'est hyper important d'avoir cette sécurité technique. Je fais beaucoup de techniques et projeter la voix, c'est-à-dire la mettre dans le masque, la santé vocale. Je ne comprends pas. Il y a des profs, on sort au bout de 20 minutes, on est fatigué vocalement, ce n'est pas normal. Pour moi, quand mes élèves me disent ça, au bout de 10 minutes, je n'ai plus de voix, je fais, pour moi, c'est des assassins, ces gens-là. Après, il y a des profs aussi qui sont très bien pour des élèves et pas pour d'autres. Chaque personne aussi a une morphologie différente. J'essaie de m'adapter. J'ai fait beaucoup d'écoles techniques différentes avant d'arriver à la technique italienne qui est la mienne aujourd'hui, que je mélange un peu avec les autres. que je trouve la plus saine, mais j'ai vraiment... Je sais un petit peu où... Quand j'entends une voix, je sais où elle est, je sais à peu près comment on peut la diriger. Et je veux que, quand on est un chanteur, je trouve qu'on doit diriger sa voix. C'est pas la voix qui nous dirige. Pour moi, c'est comme prendre un instrument. On est le maître de son instrument. Et donc j'aimerais... J'essaie de donner ça à mes élèves, ce côté, je sais ce que je fais avec ma voix. Et après, du coup, interprétation, on se régale, parce qu'on a tellement de possibilités. Mais pour moi, un peintre, sans s'il ne sait pas se servir de son pinceau, il ne peut pas faire grand-chose.
- Speaker #1
Tu disais que tu faisais faire beaucoup de techniques. Est-ce que tu as des approches, des exercices que tu aimerais partager aux auditeurs chanteurs ou professeurs de chant qui écoutent ?
- Speaker #2
Encore une fois, ça dépend tellement du niveau de l'élève, de ce qu'il doit travailler. Mais moi, ce que je trouve qui est toujours, comme je disais avant, toujours important, c'est les premiers exercices de jamais ouvrir la bouche. Parce qu'il faut que la voix, elle se réveille comme notre corps, comme notre souffle, comme notre soutien. Donc, c'est vraiment des exercices bouche fermée. Je trouve le brrrr, ce que je demande toujours, c'est d'abord chauffer les résonateurs du masque. Parce que quand ceux-là, ils sont bien chauds, tout le reste suit. Or, si on chauffe d'abord, je dirais, la voix de gorge, la voix laryngée, la voix qui est un peu en arrière, c'est beaucoup plus difficile après d'aller dans le masque. De la même façon que si on a toutes ces harmoniques aigües qui sont présentes. Tout le reste suit, alors que c'est beaucoup plus difficile quand on a toute la masse corporelle d'aller après dans ces rhématiques aigus. Pour moi, du coup, je sonne très trompette dans mes premiers exercices. Donc je fais vraiment, par exemple, sur le brrr, si je vous fais brrr, ça c'est un son très très laringé. Mais si je fais brrr, c'est les mêmes notes, on dirait que c'est beaucoup plus aigu. Pourquoi ? Parce que c'est tous les résonateurs du masque, tout ce qui est résonateur aigu, et c'est la santé pour moi de la voix. Quand on est fatigué ici, on met tout là. Et ça marche. Donc moi, je chauffe tout que ça d'abord. Ça n'empêche pas que ça implique le corps, que ça implique le souffle. Donc je fais vraiment... Et après, je fais un exercice qui est affreux et je leur dis à mes élèves qu'il ne faut pas s'écouter. Parce qu'en fait, c'est ça le problème d'un chanteur. C'est qu'on s'écoute et on n'aime pas quand c'est moche. Mais si c'est moche, c'est bien dans cet exercice. Donc c'est...
- Speaker #3
Et c'est vraiment un truc comme ça qui ne doit pas être beau.
- Speaker #2
Avec beaucoup de twang et de résonateurs de masque. Et puis après, ça en général... parce qu'ils n'aiment pas ce qu'ils entendent. Je faisais pas grave, on s'en fout. C'est un exercice technique. Le but, c'est pas que ce soit beau. Le but, c'est qu'on sente ici que ça vibre, que c'est presque un peu désagréable, ça chatouille. Si ça se réveillait, on peut chanter pendant des heures. Si ça ne l'est pas et qu'on est ici, on a de l'air dans la voix, on commence à faire mal à la gorge. C'est pas sain. Je l'ai compris moi-même en travaillant mes aigus, parce que j'en avais aucun pendant très longtemps, parce que j'avais rien ici. J'étais toute ici parce que On aime bien ce son un peu chaleureux, un truc un peu comme ça, un peu à la rue, c'est très beau. C'est très beau de près, mais ça ne traverse rien si on n'a pas ça. Donc ça, c'est aussi quelque chose que j'ai découvert un jour où j'étais allée voir, je crois que c'était Electra, où il y avait deux chanteuses très, très différentes. Une un peu technique allemande, un peu en arrière, comme ça, dans la gorge. Très beau de près, très, très beau, très puissant. Et une très, très nasale, pas très beau de près. Et après, je suis allée dans le public, parce que j'avais assisté à des répétitions. Et c'était l'inverse. Et c'était vraiment celle qui était très nasale, qu'on entendait passer l'orchestre, l'autre on ne l'entendait pas du tout. Je me suis dit, c'est incroyable ça, parce qu'à ce moment-là, je suis de chez justement entre les deux techniques. Et je me suis dit, quand j'ai vu que mon prof qui a 72 ans, il peut encore chanter avec cette voix un peu trop des fois nasale, moi je la contrebalance, mais ce résonateur-là, je me dis, il y a quelque chose qu'on devrait comprendre. Notamment en France, on est très éloigné de cette technique-là, et la plupart des élèves que je récupère, perds, entre guillemets, ils sont coincés dans la gorge, il n'y a pas le son qui traverse, c'est très joli, mais ce n'est pas possible avec un orchestre, ça ne s'entend pas. Donc, comment est-ce qu'on équilibre ça ? Parce qu'on ne peut pas non plus le perdre, je ne peux pas en parler pendant des heures, mais c'est très intéressant, et surtout, ça marche à 100%. Donc, ils me disent toujours, ah, je n'ai pas d'aiguille, je fais, bah oui, c'est normal, je ne les avais pas non plus pour la même raison. Donc, c'est très simple, tings, le pif, la trompette, et boum, les aiguilles descendent, tac, ils arrivent, c'est moche, c'est acide, c'est trompette. Mais après, il suffit juste de les contrebalancer en les enveloppant, en rajoutant le corps. Donc, je leur dis, il faut faire confiance sur le fait que ça ne va pas être très beau pendant un moment. Et ce n'est pas grave.
- Speaker #1
C'est un excellent exercice. Et c'est vrai que c'est beaucoup utilisé en technique de musique actuelle, mais assez peu en France en lyrique.
- Speaker #2
C'est très dommage parce que c'est la santé de la voix, je pense.
- Speaker #1
Mais bon, au fur et à mesure, il y a la science vocale aussi qui évolue. L'enseignement évolue.
- Speaker #2
Oui, il y a YouTube et on peut découvrir des nouvelles choses. Et encore une fois, il y a des gens pour qui ça fonctionne très bien. Mais globalement, je pense quand même que c'est aberrant. C'est comme le souffle. on n'utilise plus du tout les côtes flottantes, on n'utilise que le diaphragme. Pour moi, c'est ridicule. On a toute une réserve d'air là, comme ça, qu'on n'utilise pas. Nous, on nous enseigne que le diaphragme. OK, c'est bien, le diaphragme, c'est important. Mais ça, c'est la vie. Moi, quand j'ai découvert ça, j'ai pris en souffle. D'ailleurs, je me suis élargie à mort du thorax.
- Speaker #1
Ça élargit, effectivement. Parfois, j'ai des élèves, elles me disent « mais j'ai pas pris de poids, mais mes robes, je vois que j'ai plus de mal à... »
- Speaker #2
C'est bien, en fait, ça veut dire qu'on respire bien. Mais bon...
- Speaker #1
Et ça, en flûte, tu ne l'avais pas appris ?
- Speaker #2
Non, pas du tout. C'était aussi que ceinture abdominale. Ce n'était pas les côtes du haut.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Bizarrement. Mais je pense qu'on a peut-être besoin de moins de souffle aussi, je ne sais pas. Mais là, je vois sur les coloratours, on n'a pas le temps de lâcher le souffle et de le reprendre. Ça va trop vite avec le diaphragme. Pour moi, je dis toujours ça, c'est la réserve pour l'endurance, pour le long terme. Elle est là tout le temps. Et par-dessus, tu fais...
- Speaker #1
Ça va plus vite, c'est qu'on a besoin d'air rapidement.
- Speaker #2
Ça fait clac, Et ça n'empêche pas que tu continues à avoir ce soutien ici. Mais pour moi, ça va ensemble. Tu ne peux pas faire l'un sans l'autre.
- Speaker #1
Et ça, tu l'as appris avec des professeurs, en cherchant toute seule, en observant des collègues ?
- Speaker #2
Avec des professeurs. J'ai fait beaucoup, beaucoup de masterclass très différentes, avec des techniques très différentes. Jusqu'à ce que je trouve, c'est Raoul Jiménez, le prof qui m'a vraiment débloqué tous les aigus, le masque, tout ça. Et lui, il a un thorax. C'est un ténor. Et c'est lui qui m'a fait découvrir ça. Et en fait, beaucoup de chanteurs du passé, ils ont des thorax monstrueux. Parce que déjà, il faut imaginer que les femmes, elles ont toutes des corsets quasiment sur scène. Tu ne peux pas respirer dans un corset. Tu es obligée d'utiliser le dessus. Tu les vois, elles ont des respirations. C'est hyper solaire aussi. C'est une présence qui est hyper importante.
- Speaker #1
Quand tu avais 25 ans, à Vienne, on t'a dit que tu étais trop vieille pour le chant lyrique. Comment est-ce que tu as surmonté ces préjugés liés à l'âge, mais aussi à l'apparence ?
- Speaker #2
En faisant beaucoup de changements, c'était un peu dur. D'ailleurs, je trouvais ça stupide de devoir changer son look. J'étais vraiment contre ça, j'étais très rebelle. Donc, il fallait que j'enlève tous mes piercings, que je m'habille mieux. Mieux, c'est-à-dire moins gote, quoi. Mais bon, je t'invienne, c'est aussi un peu l'endroit pour ça, quoi. Et en travaillant deux fois plus dur que tout le monde pour prouver que... pas d'âge, en même temps je suis tombée aussi sur les bonnes personnes, celles qui m'ont accompagnée, qui ont dit « moi j'y crois, faut pas lâcher, on y va » . C'était un long parcours, mais finalement aujourd'hui je me dis « j'ai bien fait » . Ça a été beaucoup de doutes quand même de remise en question. J'ai fait Opéralia, qui est le gros concours du chant, où on m'a dit que j'étais trop vieille pour Rossini, j'avais 32 ans. Et le surlendemain, j'avais ma première du Barbier de Séville, et le titre c'était « Le triomphe de la jeunesse » , donc déjà ça, ça m'a fait plaisir. et juste après j'ai gagné le award Best Young Singer of the Year au International Opera Awards à Londres et ça c'était mais tellement je me suis dit voilà ça n'a aucun sens tout ça et ça me fait toujours plaisir quand après des concerts les gens ils me disent ah vous êtes tellement jeune et je suis là ah voilà donc c'est un point de vue la jeunesse et c'est aussi un répertoire parce que comme je continue à faire des rôles légers Rosine tout ça ça me maintient jeune dans la tête des gens Merci. Et c'était une discussion que j'avais avec mon agent il n'y a pas longtemps pour éventuellement une Dalila dans 3-4 ans. Et il m'a dit, le problème c'est que quand tu fais Dalila, automatiquement, tu as passé les 40 ans dans la tête des gens. Tu switches, tu deviens une femme plus âgée. C'est sûr. Et il a tellement raison. Et je me suis dit, je n'ai pas besoin en fait. Déjà, vocalement, je ne suis pas obligée de Dalila maintenant. Mais tant qu'à faire, le plus longtemps possible, si je reste dans quelque chose, c'est comme Bartholi, elle a, je ne sais pas, 60 et quelques. Mais tout le monde la voit encore à 45, parce qu'elle continue à chanter tous ces Tchénérento-là, avec cette joie, cette fraîcheur. Et je pense que c'est aussi beaucoup ça.
- Speaker #1
Est-ce que tu as eu vraiment l'impression de devoir t'adapter et te modeler à ce qu'on attendait de toi ? Ou est-ce que tu avais l'impression que, quelque part, la Marina, chanteuse lyrique, elle existait déjà à l'intérieur de toi ? Et que c'était son moment ?
- Speaker #2
Non, clairement, sur le moment, je l'ai vécu plutôt comme une... être obligée de s'adapter à l'image que les gens voulaient que je sois. Et ça, ça me dérangeait beaucoup en tant que goth punk métalleuse. C'était compliqué. Et puis après, je me suis dit, ce n'est pas l'apparence qui fait qui tu es.
- Speaker #0
Et le rock, je l'ai en moi et je l'aurai dans mon attitude et je l'aurai dans ma personnalité. Et ce n'est pas grave si je ne suis pas tout en noir. La preuve, hier pour le concert, j'étais tout en noir avec des clous. Là, je suis en blanc et puis ça n'empêche pas d'être qui je suis. Mais ça, c'est aussi un travail de maturité aussi, de se dire qu'on n'est pas défini par notre look. Mais c'était long, c'était un vrai questionnement. C'était beaucoup de rébellion au début. Oui, c'était un piercing. tu ne peux pas faire d'audition. C'est ridicule. J'avais un anneau dans le nez, ce n'est pas non plus... Aujourd'hui, ça change. Et c'est bien.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on voit de plus en plus de chanteurs lyriques tatoués. Tu parlais en interview que Ludovic Tézier travaillait ses airs d'opéra à la Gibson.
- Speaker #0
A Fender.
- Speaker #1
A Fender.
- Speaker #0
Je crois que c'est Fender. Oui, mais il y a beaucoup de chanteurs d'opéra qui viennent du métal. Il y a beaucoup de chanteurs d'opéra tatoués. J'ai des élèves crânes rasés piercing. J'ai des élèves mecs en robe, mecs avec... avec rouge à lèvres, filles transgenres. Et c'est bien, c'est ça la société aussi aujourd'hui. Après, de là, pour moi, à se dire qu'il faut que Carmen soit chantée par un basse, là, il ne faut peut-être pas non plus. Pourquoi pas ? C'est fun, mais dans ce cas, laissez-moi faire Scarpia, qu'on se marre un coup. Mais je veux dire, il y a peut-être quand même des petites limites. Mais c'est chouette de voir qu'aujourd'hui, c'est accepté et j'ai des élèves qui ont des très fortes personnalités. qui savent exactement qui ils sont.
- Speaker #1
Dans quel état es-tu juste avant de monter sur scène ?
- Speaker #0
Je suis très calme. J'ai beaucoup d'adrénaline, très excitée, très contente, mais concentrée et calme. Je ne suis pas stressée en général.
- Speaker #1
Tu n'as pas besoin de t'isoler forcément ?
- Speaker #0
Non, je vis tout à fait normalement le jour d'un spectacle. Je parle, je vois les gens, je vais au sport.
- Speaker #1
Tu n'as pas de rituel ?
- Speaker #0
Si, je fais du sport, je mange sainement et je bois beaucoup d'eau. Mais sinon, non. Sinon, je veux vraiment faire en sorte que ça reste un jour comme un autre.
- Speaker #1
Et est-ce que tu as des aliments que tu évites quand tu chantes ?
- Speaker #0
Oui, tout ce qui est acide. J'évite la tomate, le citron, trop de viande, trop de tout ce qui est gras. En fait, c'est simple, je fais légumes, riz, poulet. C'est mon repas. Vraiment hyper sain, basique. Fromage, laitage, tout ça, j'évite. Là, c'est pour moi l'acidité que je ressens après dans ma gorge de ces choses-là, les poivrons, ce genre de trucs. Quand on boit un jus de citron, on sent qu'il y a de l'acidité. C'est pas agréable derrière de chanter, je trouve. C'est comme manger du chocolat, ça reste un peu sur les cordes. Mais de plus en plus, je me rends compte que j'ai maintenant besoin de manger avant. Avant, il ne fallait surtout pas que je mange. Maintenant, j'ai besoin. J'ai besoin de sentir une... Ça dépend aussi du rôle qu'on fait. Mais Carmen, par exemple, j'avais besoin de manger avant.
- Speaker #1
Une heure ou deux avant ?
- Speaker #0
Ouais, une heure et demie, deux heures. Et après, pendant, je mange des bananes et des amandes et des trucs là. Pendant le spectacle, il faut que je garde pour l'énergie.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Des fois, un coca aussi. J'aime pas ça, mais c'est vachement bien pour donner un petit kick.
- Speaker #1
Du moment que ça donne pas de reflux. Ouais, voilà.
- Speaker #0
C'est rare que je le fasse, mais ça m'est arrivé quand j'étais très fatiguée.
- Speaker #1
Pour donner de l'énergie. Et quand tu es sur scène, qu'est-ce que tu ressens ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #0
Ça dépend beaucoup de ce que je chante. Je suis un personnage quand je suis sur scène, quand je suis à l'opéra. Donc je ressens ce que lui ressent. Ou plutôt, je fais ressentir ce qu'il ressent. Parce que je trouve que c'est pas à moi de ressentir des choses. Moi, je suis le vecteur de cette émotion. C'est les gens qui doivent la ressentir. Des fois, ça vous traverse, évidemment. Des fois, on est ému, mais c'est difficile d'être ému par soi-même. C'est plus par l'histoire, par la réaction. Des fois, il y a une énergie dans le public, quelque chose d'assez fort, où on se dit « waouh, il se passe un truc » . C'est souvent non prévu et c'est très agréable. Mais plutôt en récital, je trouve que là, j'ai souvent des émotions inattendues. Parce que là, c'est moi. Donc, c'est un peu différent. Et là, il y a une vraie communication avec le public. Hier, à un moment, j'avais ce duo Historia de Un Amor avec Christian Zaremba, qui est mon partenaire. Il était là et on chantait ça. Et j'ai pourtant chanté ça beaucoup de fois. Je ne sais pas pourquoi, j'étais très émue. Ça m'a pris d'un coup comme ça. Mais je sentais que les gens étaient très émus. Il y avait un espèce de moment, je me suis dit, ça m'a traversée. J'ai failli perdre ma voix. J'ai fait, OK, OK, OK, tu te calmes. Et voilà, ça c'est des moments magiques un petit peu. Ça m'est arrivé sur Carmen il n'y a pas longtemps aussi. Avec Stanislas, on avait fait ça au Théâtre des Chansons d'Isée. C'était ma première Carmen. C'était en concert. Mais il me chantait des trucs. Il était tellement dans cette sincérité que j'adore chez lui. Et je me disais, c'est quoi ce... Qu'est-ce qui se passe ? J'avais à la fois peur. J'avais... Dans le personnage. J'étais complètement dans mon personnage. Mais il y avait ce côté violent, ce côté... fou, passionné. Je me disais, ouais, mais j'adore mon métier, c'est ouf.
- Speaker #1
Tu parlais du récital où c'était vraiment toi. Comment est-ce que tu l'abordes, le récital, dans sa construction, dans ce que tu y mets, aussi bien en chantant qu'en parlant au public ?
- Speaker #0
Le récital, pour moi, c'est vraiment un moment de créativité totale où j'essaye de les mettre en scène pour beaucoup. Je fais carrément... Piano, contrebasse, saxophone, crossover, on raconte une histoire, je suis un personnage. Les musiciens aussi sont des personnages de l'histoire. Quand ils ne jouent pas, il y a une petite mise en scène, il y a une petite table, etc. Ça, j'aime bien parce que je trouve que rester là avec son piano pendant une heure et demie, c'est... Après, là, par exemple, hier, c'était avec l'orchestre. Là, je leur raconte au public chaque air. Je les fais rire ou je leur donne une petite info pour qu'ils comprennent de quoi ça parle parce que je trouve qu'enchaîner des airs comme ça, bon...
- Speaker #1
Quand tu leur... parle, est-ce que c'est quelque chose qui te vient spontanément ou tu prépares un petit peu ?
- Speaker #0
Non, c'est que du spontané. Je prépare que quand je ne parle pas la langue vraiment bien. J'ai vraiment gardé ça du métal, j'adore faire ça. C'est qui je suis. C'est impossible pour moi de ne pas parler aux gens quand je les vois devant moi. Je trouve ça presque impoli. Donc voilà, mes récitals, j'aime bien qu'ils racontent quelque chose qui fait une histoire et que ça a un sens en fait. Je ne ferai jamais... On va dire que je vais faire cinq Brahms, cinq Schubert... Oh non ! Alors je vois aucun intérêt de faire ça. C'est pas du tout mon truc. Et puis je peux pas rester juste stable avec un piano. Et j'adore le récital, c'est vraiment un des trucs que je préfère. Pour la liberté, c'est moi qui choisis le programme, c'est moi qui choisis comment je chante. C'est génial.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu envisages dans la préparation la proposition artistique que tu vas faire, l'interprétation ? Est-ce que tu hésites ? Est-ce que tu demandes des avis à d'autres personnes ? Est-ce que tu te fais confiance à 100% ? Non,
- Speaker #0
j'avoue. C'est vraiment moi et je fais ce que j'ai envie de faire. Et c'est justement ce que j'aime. C'est que pour une fois, il n'y a personne pour me dire comment je dois faire. Et ça, j'adore. Je n'ai pas de metteur en scène. Des fois, je travaille avec un metteur en scène quand j'ai besoin d'un œil, de quelqu'un qui m'aide, ça bien sûr. Mais ça reste mes projets. Je les mets moi. Je raconte mon histoire. Je peux me faire aider pour la langue. Je peux me faire aider pour certaines choses. Mais ça reste, j'aime bien le faire moi. Ça fait partie de ce que je propose et ça doit me ressembler. Et c'est ma liberté, c'est mon moment où je peux faire ce que je veux. Donc j'en profite.
- Speaker #1
Et par rapport à l'interprétation, est-ce que tu aurais des conseils à donner ?
- Speaker #0
On est 700 000 des conseils à donner pour l'interprétation, mais le plus important pour moi, c'est le texte et c'est l'honnêteté. C'est-à-dire pas besoin de l'esbrouf, le surjeu, tout ça. Moi, ça ne m'intéresse pas du tout. Et je pense qu'on touche les gens quand on est sincère dans ce qu'on raconte. Et donc pour moi, les chanteurs qui arrivent, mes élèves qui arrivent, qui n'ont pas travaillé leur texte, qui ne savent pas de quoi ils parlent, pour moi, je ne peux pas comprendre. Pour moi, ça, c'est ne fais pas ce métier, fais autre chose aussi. On est là pour raconter quelque chose. Donc pour moi, quand on fait un récit, on doit choisir des choses qui nous plaisent déjà, parce que comme ça, on les transmet mieux et qui racontent quelque chose et qui nous aident à avoir cette sincérité. Donc moi, je ne choisis vraiment que des choses que j'adore faire, des choses qui me touchent. Il faut savoir qui on est aussi pour faire un restyle. Il faut faire des choses qui sont adaptées à notre voix, à ce qu'on a en nous, c'est notre univers intérieur. C'est le moment où on peut s'exprimer justement. Et là, on va être dans une interprétation juste. Si on fait des choses qui ne sont pas trop pour notre voix, qu'on nous a dit de faire, mais qui ne nous plaisent pas vraiment, qui sont difficiles, qui ne racontent rien, c'est dur d'avoir de la sensibilité. Parce qu'on est dans le stress, on est dans le contrôle, on est dans autre chose. Donc pour moi, c'est presque raconter une histoire à des gens. Et donc pour ça, après ça aide aussi, par exemple là, c'était un récital hors casque, c'est différent, c'est pas moi qui ai choisi le programme, j'ai un regard dessus, mais c'est entrer dans un personnage en cinq secondes, complètement délivrer quelque chose, on a très peu de temps entre chaque morceau. Qu'est-ce qu'on se raconte ? Qu'est-ce qu'il vit ce personnage à ce moment-là ? Qu'est-ce qu'il y a autour ? Qu'est-ce que je vois en face de moi ? Qu'est-ce que je visualise ? Je suis où ? Je suis qui ? Je suis habillée comment ? Enfin voilà. Moi, pour moi,
- Speaker #1
il est vraiment personnage.
- Speaker #0
Je suis ce personnage, boum, et c'est ce qui fait que je serai juste.
- Speaker #1
Est-ce que tu imagines, quand tu ne connais pas son passé, des couleurs, des formes, des odeurs ? Oui,
- Speaker #0
tout ça en même temps. C'est-à-dire, je vois, je ne sais pas, là, en bras maïfou, ben voilà, boum, il y a un platane, je fais un câlin en platane. Voilà, ça, c'est mon image. Et je chante ça comme ça, du coup. Ou Judita Triomphante, ben voilà, je suis vénère. Je viens de voir mon meilleur pote qui est mort, j'appelle au furie et je vois une tombe, je vois des espèces de démons. C'est un peu chelou, mais ça fait que boum, je suis dedans.
- Speaker #1
Oui, donc plutôt le côté visuel. Oui,
- Speaker #0
l'imagination.
- Speaker #1
Comment est-ce que tu arrives à mémoriser tout ce qu'est apprendre les paroles, les mélodies, les mises en espace ?
- Speaker #0
Ça, c'est de plus en plus dur parce qu'il y a tellement de choses déjà dans ma tête. Mon disque dur, il est... saturé. Et je dois dire que de plus en plus dans les récitals, je suis obligée d'avoir la partition. Parce que de plus en plus aussi, il y a moins de budget, on a moins de répètes, on a une répète. Et en une répète, c'est impossible quasiment d'intégrer. Parce que moi, pour beaucoup de gens, la mémorisation, elle se fait dans le corps pour moi. Donc j'ai besoin de beaucoup le faire. pour qu'elle s'intègre en fait. Et quand je la fais qu'une seule fois en répète, avec de moins en moins de temps, alors bien sûr, quand c'est un opéra, on a cinq semaines, c'est génial, il n'y a aucun problème. La préparation que j'ai avant, c'est d'apprendre le texte, d'écouter beaucoup l'opéra de plein de versions différentes pour me le mettre en tête, pour comprendre un peu l'univers de cet opéra. Moi, j'apprends beaucoup comme ça aussi par la mémoire, par l'auditif, le visuel, et après, j'apprends en le faisant. Donc souvent, j'ai la structure, la base, mais Merci. Il me suffit d'une journée full de répètes sur une scène et c'est bon, elle est intégrée. Mais tant que je ne l'ai pas faite avec mon corps, elle ne sera jamais vraiment intégrée. Et du coup, pour le récital, soit je fais des morceaux que je connais déjà depuis des années, il n'y a pas de problème. Mais là, par exemple, hier, il y avait 3-4 morceaux que je n'avais jamais chantés dans ma vie. Pour ceux que je connaissais, je les ai faits par cœur, les autres, j'avais la partition. Je ne suis pas le nez dedans, mais j'ai besoin. Ça te rassure ? Oui, ça ne fait pas suffisamment de temps que je l'ai fait. Je l'ai fait une fois pendant 10 minutes, ce n'est pas suffisant. Moi, c'est ce que je dis. Soit on fait par cœur, mais je veux deux, trois répètes pour vraiment avoir le temps de ressentir le truc. Parce que même les musiciens, en une journée, ils ne sont pas safe non plus. Donc, si eux n'ont pas safe et moi non plus, c'est la cata. Donc, je préfère avoir ça, être tranquille. Et comme disait, je crois que c'est déjà dit dans la tour, il n'y a pas une police de la partition. Mais bien sûr, je préfère sans parce que c'est plus facile de communiquer avec le public. Donc, j'essaie d'apprendre au maximum tout par cœur quand même. Mais c'est vrai que là, dans les plannings que j'ai en ce moment, je n'ai pas. J'y arrive pas, j'ai plus le temps. Donc les nouvelles choses, soit j'ai assez de répètes, soit je les fais avec partition. Heureusement, j'ai beaucoup appris par cœur avant, donc j'ai beaucoup de choses quand même déjà dans le disque dur. Mais je me rends compte que c'est ça un peu le challenge. C'est comment on trouve de l'espace mental.
- Speaker #1
Surtout avec tout ce que tu fais.
- Speaker #0
C'est un peu tout matché, mais c'est intéressant. Mais bon,
- Speaker #1
ça nourrit. Donc tu disais que tu avais des cordes vocales en acier. Comment est-ce que tu prends soin de ta voix ? Par exemple, est-ce que tu as des routines au quotidien ? Ou si tu es malade et que tu dois chanter, est-ce que tu as des remèdes, des choses que tu aimes bien utiliser ?
- Speaker #0
C'est vrai que j'essaie de la laisser le plus tranquille possible. C'est-à-dire, je n'y pense pas. Là, courant d'air, air conditionné. Plus je m'en détache, mieux je me porte. Parce que quand j'étais très, très obsédée par ça, j'étais tout le temps malade. Donc, j'ai compris que pour moi, il ne valait mieux pas s'en préoccuper. Quand je suis malade, Le traditionnel gingembre, sauge, thym, miel, citron, toute la journée, ça aide à fond. J'ai le Revoice, ça c'est la vie. À chaque pause, je prends ça, c'est une pastille qui se dilue et qui hydrate les cordes vocales, c'est génial. Beaucoup d'eau et puis une vie saine. Et puis des fois, on est très malade. Le masque, le nez. Et quand on ne peut vraiment pas, on reste chez soi et on annule. Ça, c'est un truc aussi que j'ai dû apprendre. Je l'ai fait une fois pour l'instant. C'est dur, c'est horrible. On se sent hyper mal, hyper coupable et tout. Mais la vie, elle ne s'arrête pas là, en fait. On n'est pas irremplaçable. La vie, elle est longue et on est des humains. Et n'importe qui, dans son métier, est malade, il ne va pas au travail. Donc nous, on se force. Des fois, on se fait mal. C'est dangereux. Et j'essaye vraiment maintenant d'avoir ce côté. Ben, tant pis. C'est pas grave. Ça arrive. C'est comme ça. J'espère que ça ne m'arrivera pas trop, mais ça peut.
- Speaker #1
Donc, on va arriver sur les dernières questions du podcast, que je pose toujours. Qui aimerais-tu entendre parler de la voix dans un épisode ? Un artiste parlant français.
- Speaker #0
Aurélie Redron. Pourquoi ? Son surnom, c'est Asphodel. Parce que je n'ai jamais vu quelqu'un qui sait maîtriser autant de choses vocalement. Là, elle sort, elle revient de Mongolie, elle arrive à faire ce chant guttural. Elle peut tout te montrer, elle peut tout faire. Tous les types de growls, tous les types de chants lyriques, clairs, belts, tout. C'est une génie pour moi de la voix, cette fille. Puis elle est géniale, elle est hyper intéressante, elle est drôle, je la connais depuis presque 30 ans.
- Speaker #1
Merci pour la recommandation. Si ta voix était verbe créateur, qu'aimerais-tu créer ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Moi, mon rêve, ce serait de créer vraiment un univers où il y a tous les styles de musique ensemble. Tous les styles de chant. toutes les cultures, les ethnies et de créer quelque chose tous ensemble parce que je pense qu'il y a tellement d'univers sonores qu'on ne connaît pas et qui peuvent nous enrichir et que ce serait hyper passionnant de partager sur les techniques vocales, sur les... Et je pense que la voix, elle sait un verbe créateur pour ça, pour réunir toutes les cultures, pour réunir tous les types de gens et c'est ça qui est passionnant.
- Speaker #1
Tu as une saison à venir très chargée. Est-ce qu'il y a des projets dont tu aimerais parler ?
- Speaker #0
Ah oui, il y a mon... Mon nouveau disque qui va sortir en octobre-novembre, et celui-là j'avoue que je l'attends avec impatience, c'est Melancholia. C'est très goth, c'est un disque très personnel, je te dis pas pourquoi parce que j'ai pas spoilé mais tu le verras. C'est vraiment une partie de ma vie, de moi, que les gens ne connaissent pas. Très peu, en tout cas. Et c'est très personnel, très intime. C'est presque une méditation. Et ça mélange Doland, donc musique Renaissance, revisité, luth, guitare électrique, Moog, Mélotron, Revox, ce sont des vieux instruments des années 70-80, tout en analogue. Et des chansons d'aujourd'hui, sur des thématiques communes, qu'on a justement un peu renaissance-sisées.
- Speaker #1
J'avais vu sur Internet, il y avait... Oui,
- Speaker #0
il y a des petits extraits, et là, on sort l'album. C'était très beau. Et l'album, il... il est bien. Je crois qu'il est vraiment bien. C'est une façon de chanter qui est très différente que j'utilise, qui est vraiment une voix hyper naturelle. Et c'est un beau projet qui me tient vraiment à cœur et j'ai hâte, hâte. Ça fait un peu la jonction entre le métal, le classique, le trip-hop, la new wave.
- Speaker #1
Qu'est-ce que je peux te souhaiter pour être une artiste encore plus épanouie ? Un peu plus de temps pour moi. Très bien. Je vais te libérer de suite.
- Speaker #0
Non, en général. En général. C'est vrai que ça, je... Je me surcharge de trucs parce que j'aime faire tellement de choses. Et je me rends compte qu'il y a un moment, il faut aussi que j'ai un peu de vacances.
- Speaker #1
Très bien. Je te souhaite des belles vacances. Merci.
- Speaker #0
Je ne sais pas comment.
- Speaker #1
Et à bientôt. Merci beaucoup Marina.
- Speaker #0
La clé de la voix.
- Speaker #1
J'espère que l'écoute de cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, parlez-en autour de vous. N'hésitez pas à partager sur les réseaux sociaux en me taguant. Clémentine Coppolaigne, ainsi qu'en taguant mon invité. Si le podcast est utile pour vous, s'il vous plaît, mettez un commentaire sur Spotify ou Apple Podcasts pour m'aider à le faire découvrir. Pour plus de renseignements sur mes accompagnements ou pour toute question, vous pouvez m'écrire par mail ou sur les réseaux. Mille merci d'avoir écouté La Clé de la Voix. À très vite pour un nouvel épisode.