Speaker #0Bonjour et bienvenue dans l'émission La Clé de Voutre. Je suis Audrey Karsalade, coach, autrice et femme médecine. J'aide les entrepreneurs du Nouveau Monde à développer leur business, les pieds dans la terre et la tête connectée aux étoiles. Un lundi sur deux. Seul ou accompagné d'un invité, nous parcourons des chemins de vie puissants et singuliers, des réflexions vers une nouvelle vision du mot « entreprendre » en participant à l'éveil des consciences. La clé de voûte, le trait d'union entre le monde visible et invisible de l'entrepreneur conscient de ses actions et à l'écoute de son intuition. Et bonjour à tous et bienvenue ! Au moment où j'enregistre cet épisode, je suis à Paris pour les fêtes, donc veuillez m'excuser, je n'ai pas mon micro habituel, le son n'est pas optimal. Peu importe, je profite de ce moment pour faire mon propre bilan, prendre du recul sur l'entrepreneuriat en général et sur l'entrepreneuriat féminin plus spécifiquement. Et ce que j'observe depuis quelques années est très clair. Il y a un véritable tournant qui est en train de se jouer dans la manière de diriger. Un tournant que beaucoup de femmes vivent sans. forcément le nommer. Un tournant qui bien évidemment ne remet pas en question leur réussite, leur ambition, ni même la capacité à porter une vision. Mais c'est plutôt un questionnement profond intérieur sur la manière de diriger et surtout cette vision portée dans le temps. Ce tournant, moi je l'observe chez beaucoup de mes clientes, c'est des femmes brillantes, engagées, ambitieuses. Moi j'aime les appeler des femmes de pouvoir. Et souvent ce qu'elles vivent se décrit, se ressent bien plus qu'il ne s'explique en réalité. Ce n'est pas vraiment un manque d'élan, ce n'est pas une perte de motivation, ce n'est pas un désengagement, c'est quelque chose de finalement beaucoup plus subtil. C'est cette sensation que ce qui fonctionnait avant, dans leur manière de diriger, que ce soit leur entreprise ou leurs équipes, n'est plus vraiment aligné avec qui elles sont devenues parce que tout simplement elles ont évolué. D'ailleurs, avant de rentrer dans le vif du sujet de cet épisode, je t'invite à avoir une forme d'introspection pour voir ce qui résonne avec toi et ce qui peut être juste. C'est parti ! Car bien sûr, les femmes de pouvoir savent décider. Elles savent structurer, elles savent tenir un cap, une vision, une mission. Elles savent gérer la complexité, elles savent porter la responsabilité, bref, elles savent faire face. Mais ce que je vois aussi concrètement sur le terrain, c'est autre chose, c'est ce qu'on pourrait appeler l'envers du décor. La réalité, c'est qu'elle porte seules des décisions lourdes, souvent sans véritable espace de décharge. Elles anticipent en permanence, même quand tout va bien. Et donc le mental reste en alerte continue. Elles pensent, mangent, vibrent, entreprises non-stop. Et même quand elles ne travaillent pas officiellement, leur tête, elle ne s'arrête jamais vraiment d'y penser. Elles ont du mal à décrocher mentalement, même en dehors du travail. Les vacances certes existent, mais l'état à l'intérieur, lui, Cet état de vacances tranquilles est bien plus rare. Elles sont devenues par la force des choses le centre de gravité de leur système. Tout repose sur elles, ou presque. On attend d'elles des réponses, des arbitrages, une direction claire, une énergie stable, une humeur bien évidemment constante. Elles donnent de l'input en permanence, de l'énergie à leurs équipes, à leurs clients, à leurs partenaires. Et ce rôle-là, bien entendu, elles savent l'assumer, elles l'ont toujours fait et le feront. encore. Mais il y a quelque chose que ces femmes partagent encore trop peu, quoique je le vois un peu émerger sur les réseaux, par peur du jugement, parce que c'est pas toujours audible aussi lorsqu'on appartient à un cercle qui réussit. Tu réussis, alors de quoi te plains-tu ? Ce n'est pas qu'elles n'y arrivent plus, mais c'est qu'elles ressentent une forme de crispation intérieure qui peu à peu les désaligne. Pour vous prendre un exemple, c'est comme si vous aviez une machine ultra performante et peu à peu elle venait à manquer d'huile. Donc ça continue d'avancer mais ça grince. Je vous rassure tout de suite, non, je ne suis pas spécialiste, mais je pense que vous aurez compris la métaphore. C'est-à-dire qu'à l'extérieur, tout fonctionne à merveille. Elles ont atteint leurs objectifs, leurs ambitions restent intactes. Elles ont même un statut social. Moi, c'était le cas, par exemple, lorsque j'ai travaillé chez Hermès. Il y a une forme de statut social et de positionnement qui est toujours agréable. Mais intérieurement, c'est comme s'il y avait quelque chose qui ne suffisait plus. Ce qui les faisait avancer autrefois devient un poids et donc demande à évoluer. Non, leur leadership basé sur un mental puissant n'est pas en train de s'effondrer. Mais il finit par créer une forme de rigidité intérieure. Les papillons et l'envie des débuts ont laissé place à une vigilance et un contrôle constant, une posture tenue même quand personne ne regarde. Ces femmes savent fonctionner sous pression et extérieurement, elles donnent finalement les signes attendus de la réussite. Mais par contre, intérieurement, l'espace s'est vraiment rétréci. Moins de plaisir, moins d'intuition, elles sentaient tellement les choses. Moins d'évidence. Extérieurement, tout semble encore fonctionner à merveille. Le chiffre est là, la structure tient. La vision existe toujours. Pour combien de temps ? On ne sait pas. Mais cela demande déjà plus d'efforts et d'énergie qu'auparavant. Non, ces femmes de pouvoir ne sont pas devenues moins compétentes. Mais plutôt parce que leur leadership a évolué alors que leur manière de l'incarner est restée au même endroit qu'à leur début. Ce que ces femmes vivent n'est pas une crise, ce n'est pas une perte d'élan, une perte d'identité. Ce n'est pas une remise. en cause non plus de leur ambition. C'est en fait un seuil, un seuil de maturité de leur leadership. Un moment où une question commence à émerger. Souvent au départ sans être formulée très clairement. Est-ce que cette manière de diriger est encore soutenable pour moi dans la durée ? Est-ce que je m'y retrouve en fait ? Quel est mon niveau de plaisir ? Est-ce que j'y arrive à ce niveau d'exigence, à ce niveau de responsabilité ? Ce n'est pas qu'elles ne se sentent pas... capables de continuer ainsi, elles savent très bien qu'elles vont pouvoir le faire, c'est qu'intérieurement, il y a une forme de dissonance et qu'il est temps pour elles de passer à une nouvelle étape pour retrouver l'élan. Et il y a une question profonde qui apparaît. Est-ce que ce mode de leadership que j'ai à l'heure actuelle me permettra d'aller plus loin, durablement, sans me durcir, sans me trahir ? Ce questionnement n'est pas un doute, c'est simplement un signe de maturation. Un leadership qui évolue plus vite que les repères qui l'ont porté jusque-là. Ce seuil, on ne va pas sentir, il apparaît rarement au début d'un parcours, il n'apparaît pas non plus dans la phase de conquête, il n'apparaît pas non plus lorsqu'on a tout à prouver. Il apparaît justement quand la réussite parfois elle est déjà là, quand la structure est posée, quand la vision est incarnée. Et précisément, c'est pour cela que c'est toujours pas forcément bien compris. Parce que de l'extérieur, rien ne justifie un... tel questionnement. Tout fonctionne, tout tient, mais à l'intérieur, quelque chose appelle autre chose, une autre posture. Sauf qu'à ce stade, ces femmes, elles pensent simplement traverser une phase passagère. On sait qu'on n'est pas non plus linéaire, donc elles vont se dire que ça va revenir, que l'élan va se rallumer, que la fatigue va passer, et elles ne vont pas avoir ce voyant orange qui doucement, mais sûrement, passe au rouge. Sauf que, bien évidemment, ce n'est pas un manque d'élan et ce n'est certainement pas une fatigue passagère. Mais elles vont continuer à vouloir comprendre et de façon factuelle. Elles vont vouloir analyser, ajuster et reprendre le contrôle. Elles vont chercher une réponse mentale à un cumul de tensions alors qu'ils ne se résoutent plus uniquement par l'analyse, le contrôle ou la stratégie. Elles vont du coup vouloir ajouter de l'organisation, du cadre, de la structure, encore plus de maîtrise pour venir soulager cet espace. Mais en fait, ce n'est pas le sujet. Le sujet, il n'est vraiment plus là. Elle ne manque pas de clarté, elle ne manque pas de... compétences, elle ne manque pas non plus de stratégie. Elle cherche à optimiser alors qu'en fait, c'est quelque chose qui appelle une autre façon de tenir sa posture. Elle cherche à résoudre depuis l'espace du mental, ce qui révèle désormais un besoin de passer à un autre niveau de leadership. Et tant que ce décalage n'est pas reconnu, alors leur leadership va devenir de plus en plus lourd, plus contracté et de moins en moins vivant. Les décisions bien sûr restent justes, mais elles vont être... plus lourde à porter. La vision est toujours là, mais elle demande un effort constant pour rester incarnée. Le leadership fonctionne encore, mais il ne respire plus, il est étriqué, il étouffe. C'est précisément à cet endroit que la bascule, elle peut se faire. Le moment où elle comprend que la réponse ne viendra plus de son mental, pas d'une analyse supplémentaire, pas d'un meilleur cadrage, pas d'effort en plus, mais d'un autre endroit en elle, de son cœur, de son âme, de cet espace intérieur. où la vision est encore pleine de vie. Et cette prise de conscience, elle est souvent dérangeante, parce qu'on réalise que plus on s'obstine à vouloir tenir avec le mental, plus on risque de créer un fossé. Un fossé entre ce que je fais et ce que je ressens. Entre la femme qu'elle est devenue et la posture qu'elle continue d'adopter. Entre la vision qu'elle porte et la manière dont elle se porte elle-même. À cet endroit, le mental ne suffit plus à soutenir le mouvement. Non pas parce qu'il est mauvais, mais parce qu'il n'est pas fait. pour porter seul ce niveau de responsabilité et cette quête et cette envie de sens. Ce qui est demandé ici, ce n'est pas de lâcher le mental, c'est juste de le remettre à sa juste place et d'autoriser une autre intelligence à guider la posture, votre posture. Et c'est là où les femmes de pouvoir comprennent que diriger avec le mental construit certes des empires, mais à un certain niveau, ce n'est plus suffisant pour porter une vision dans la durée. Et c'est en dirigeant avec présence que l'on peut construire un vrai leg. Et pour conclure, j'aimerais dire à ces femmes de pouvoir qu'elles n'ont pas à changer la manière de se diriger. Il s'agit simplement de reconnaître que leur leadership a évolué plus vite que les repères qu'elles utilisent aujourd'hui. Et j'ai trois questions d'ouverture pour t'inviter à l'introspection. Qu'est-ce qui aujourd'hui, en tant que leader, dirigeante ou femme de pouvoir, dans ta posture actuelle, invite à une évolution pour rester vivante, ambitieuse et alignée ? En d'autres termes, qu'est-ce qui ramènerait de l'espace, de la vie à l'intérieur de toi ? Et à l'inverse, qu'est-ce qui dans ta manière de diriger aujourd'hui te coûte, non pas forcément en résultat, mais en énergie, en présence et en joie pour porter ta vision. En d'autres termes, quels sont les espaces qui sont lourds pour toi ? Ça peut être en management, peut-être qu'il y a des changements à faire dans ton équipe, ça peut être en organisation, ça peut être les réunions, il y a tellement de choses en fait, les process. Qu'est-ce qui te tue et qui t'empêche de prendre de l'espace et de la hauteur ? Qu'est-ce qui t'étouffe à l'intérieur du système que tu as créé ? Et est-ce que c'est vraiment avec cette posture-là que tu as envie de diriger dans les années à venir ? Si ces questions te parlent, je t'invite à les garder présentes. Elles n'appellent pas forcément une réponse immédiate, elles indiquent simplement que ton leadership est en train de changer de niveau. Je te souhaite une magnifique journée, une magnifique soirée, une magnifique matinée et je te dis à très bientôt. J'espère que cet épisode vous aura plu. N'hésitez pas à le partager à des personnes qui veulent, elles aussi, créer les pieds dans la terre et la tête connectée aux étoiles. Retrouvez l'ensemble des informations et des liens dans le descriptif de l'épisode ainsi que sur mon site audreycarsalade.com N'hésitez pas non plus à laisser un commentaire si vous avez des suggestions, des idées ou tout simplement si vous avez aimé cet épisode. Pour cela, rien de plus simple, filez sur Apple Podcasts et n'oubliez pas les petites étoiles. Retrouvez-moi aussi sur les réseaux sociaux sous le nom de Audrey Carsalade et à l'adresse contact.at audreycarsalade.com N'oubliez pas non plus de vous abonner à la Clé de Vout sur votre plateforme d'écoute podcast préférée pour être informé de la sortie du prochain épisode. Bonne semaine à tous et merci de votre écoute.