Speaker #0Et bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Cette semaine, j'aborde avec vous une notion mais alors fondamentale lorsqu'on souhaite passer son entreprise à un prochain niveau d'expansion. Je vous parle de l'axe intérieur du leader. Et je vous invite tout au long de cet épisode, lorsque vous l'écoutez, à penser à une personne et à le partager. Parce que vouloir plus grand lorsqu'on entreprend, bien évidemment c'est naturel. Que l'on soit leader, chef d'entreprise, dirigeant ou entrepreneur, cette envie d'expansion, cette vision plus vaste, plus ambitieuse, ce n'est pas un excès ni un caprice. C'est le signe qu'une trajectoire a mûri, d'une ambition qui s'affirme d'une capacité à vouloir porter plus, à contribuer davantage, là on parle de l'aigle, et à jouer à un autre niveau. L'entrepreneur, par essence, il aime les challenges, pousser le bouton à fond, et c'est un peu comme si c'était dans son ADN. Mais vouloir plus grand et désirer faire passer son entreprise à un prochain seuil demande une compétence qui est rarement nommée. Une compétence qui ne révèle ni de la stratégie, ni de l'organisation, ni même du mindset au sens classique du terme. Moi, ce que j'ai pu très clairement observer ces dix dernières années sur le terrain et ce que confirment aujourd'hui certaines recherches en leadership, c'est que ce ne sont pas les leaders les plus ambitieux qui viennent s'épuiser. Ce sont ceux dont la posture intérieure n'a pas encore évolué au même rythme que ce qu'ils sont en train de porter. Une étude publiée en 2024 par Harvard Business Review autour de la notion du leadership character montre que les dirigeants capables de se reconnaître, de se réguler intérieurement et de rester stable face aux niveaux croissants de responsabilité sont significativement plus résilients, plus cohérents dans leurs décisions. Autrement dit, plus la vision s'élargit, plus la qualité de l'appui intérieur devient déterminante. Et c'est précisément ce point d'appui intérieur que moi j'appelle l'axe. Dans cet épisode « L'axe intérieur des leaders » , je te parle d'une clé essentielle ? Ce qui te permet de porter une ambition plus vaste dans la durée n'est pas seulement la stratégie, mais ce fameux axe intérieur depuis lequel cette ambition est portée. Dans cet épisode, j'explore avec vous qu'est-ce que c'est réellement finalement cet axe intérieur de leader, de quoi tu nous parles Audrey ? Pourquoi il peut se réajuster à mesure que l'entreprise grandit et que nous-mêmes nous grandissons ? Comment reconnaître les signaux qui indiquent que l'axe ne soutient plus pleinement l'expansion ? Et pourquoi à ce niveau-là, continuer comme avant ne permet plus vraiment de porter avec grande justesse ? Allez, c'est parti ! Déjà, avant d'aller plus loin, j'ai envie de poser une base qui est très claire. C'est quoi finalement cet axe intérieur du leader ? Quand je te parle d'axe intérieur, je ne te parle pas d'un concept métaphysique, théorique, d'un idéal à atteindre, ni même d'un état de sérénité permanente. Je te parle finalement de quelque chose qui est très concret. L'axe intérieur, c'est la partie intérieure. posture depuis laquelle tu décides, diriges et tu portes ta vision. C'est l'endroit intérieur depuis lequel tu engages finalement ton énergie, prends des décisions importantes, assume des responsabilités et soutiens finalement ce que ton entreprise te demande aujourd'hui. Quand cet axe est juste, porter plus grand finalement ne signifie pas se crisper davantage. Oui, bien sûr, il peut y avoir de l'intensité. L'entrepreneur maîtrise ça, le connaît, il sait que ça fait partie du jeu. Il peut y avoir de l'exigence, il peut même aussi bien évidemment avoir de la pression. Mais intérieurement, il y a vraiment une forme de stabilité. Les décisions se posent avec clarté, les arbitrages se font sans agitation. La vision est tenue avec une forme de calme, même quand l'enjeu est élevé. A l'inverse, quand ton axe est désajusté, Ce n'est pas que la vision disparaît ni que l'ambition affaiblit. Ce n'est pas non plus un problème de compétence, c'est la posture intérieure qui ne soutient plus complètement la taille que tu es en train de porter. Et c'est là que beaucoup de leaders viennent se tromper dans l'analyse. Parce que lorsqu'on veut passer un cap et qu'on ressent ces premiers signes un petit peu de désalignement subtil, le réflexe est souvent très rationnel. Et du coup on cherche ce qu'on a déjà fait. On cherche plus de structure, plus d'organisation, plus de stratégie, plus de clarté dans les rôles et dans les priorités. Et tout cela est juste nécessaire même. Mais à un certain niveau d'expansion, Ce n'est plus uniquement les leviers extérieurs qui font la différence. Car l'axe intérieur ne se situe pas dans ce que tu fais, mais dans la manière intérieure dont tu le fais. Concrètement, ce désalignement se manifeste de façon très subtile. Les décisions que tu prenais autrefois en un claquement de doigts te prennent mille ans. En fait, ça te prend beaucoup plus d'efforts intérieurs qu'avant. Certaines responsabilités te pèsent davantage, le management devient plus lourd, plus oppressant, alors que tu sais exactement ce qu'il faut faire. La vision, bien entendu, elle est toujours là, mais la tenir dans la durée te coûte plus en termes d'énergie. Et ce n'est pas le problème, ce n'est pas un signal d'échec, c'est le signe que ce que tu portes a changé d'échelle et que l'axe intérieur depuis lequel tu diriges a maintenant besoin d'évoluer aussi à son tour. L'axe ne se perd pas, il ne se casse pas, il ne disparaît pas non plus. Il peut simplement devenir insuffisamment ajusté à la taille de la vision que tu incarnes aujourd'hui. Et tant que ce décalage n'est pas pleinement reconnu et identifié, le leader, lui, il continue de compenser. Par l'effort, par la maîtrise, par le contrôle. Alors que ce qui t'est demandé ici, c'est pas de faire plus, mais de tenir autrement. Et c'est précisément à partir de là que l'expansion peut devenir bien plus fluide. Mais au fond, on pourrait se poser la question de qu'est-ce qui fait que l'axe va se déj'ajuster quand on porte plus grand ? Et c'est souvent une question qui revient. Si mon axe est là et qu'il m'a soutenu jusque-là, alors pourquoi tout d'un coup il vient se désajuster maintenant ? La réponse est assez simple mais rarement formulée ainsi. L'axe ne se désajuste pas parce que tu fais quelque chose de mal. Il se désajuste parce que ce que tu portes change de dimension. Pendant longtemps, ton axe a été parfaitement ajusté à la taille de ton entreprise, à ton niveau de responsabilité. et à ton champ d'action. Il t'a permis de construire, de décider, de tenir la charge et de traverser les défis. Et toujours avec cette même vibe, j'ai envie de dire, l'élan, la vie et l'envie. Mais quand la vision s'élargit, quand l'impact grandit, quand les décisions engagent plus de personnes, plus d'argent, plus de sens, l'axe qui te suffisait hier, il est vraiment en train de devenir trop étroit pour toi aujourd'hui. Et là où beaucoup de leaders font erreur, c'est qu'ils interprètent ce décalage comme un problème personnel. Parfois, ils pensent penser manquer de discipline ou de clarté ou de structure. Alors qu'en réalité, ils sont simplement en train de changer d'échelle intérieurement. Porter plus grand ne demande pas simplement plus de stratégie, cela demande une autre posture intérieure. Une posture qui va être capable de soutenir plus de complexité, plus d'ambiguïté, plus de responsabilité en simultané et souvent aussi moins de contrôle direct. Et c'est ici que le désajustement vient apparaître, non pas de façon brutale, mais plutôt de façon plus subtile. Tu continues à faire ce que tu faisais avant, tu prends les bonnes décisions et tu avances. Mais intérieurement, ça te demande tellement plus d'efforts, non pas parce que tes compétences ne sont pas alignées avec ces nouvelles ambitions, mais parce que tu tiens encore depuis un axe qui est calibré pour une version précédente de ton rôle. À ce niveau, beaucoup de leaders vont venir compenser. Ils vont tenir encore plus, ils vont contrôler davantage, ils vont anticiper ou chercher à anticiper encore plus. Bien sûr, il reste performant, mais au prix d'une tension intérieure de plus en plus forte. Et c'est là où l'axe se rigidifie. Pas parce qu'il est mauvais encore une fois, mais parce qu'il a été sollicité au-delà, ce pourquoi il a été initialement construit. Ce désajustement est donc un passage normal dans toute trajectoire d'expansion mature. Un passage que l'on peut ignorer ou que l'on peut traverser consciemment, up to you. Car si ce décalage n'est pas reconnu, le leader finit par croire que pour porter plus grand, il faut se durcir et ça peut même finir par influencer sa vision et ses ventes. Alors qu'en réalité, porter plus grand demande plus de justesse, pas plus de tension. Et c'est précisément là où se joue la suite. Ok Audrey, mais concrètement, c'est quoi les signaux ? Comment je peux savoir que mon axe ne soutient plus mon expansion ? Quand l'axe intérieur commence à ne plus soutenir pleinement ce que tu portes, qui tu es, les signaux ne sont jamais ultra spectaculaires. Il n'y a pas une rupture nette, il n'y a pas de crise visible et pas non plus d'effondrement. Au contraire, tout continue de fonctionner. Mais la manière dont tu le portes, par contre là ça change. Le premier signal c'est souvent, tu vas le ressentir dans tes prises de décision. Tu sais quoi faire, la vision est là, mais décider te demande tellement plus d'efforts intérieurs qu'avant. Non pas parce que tes décisions sont plus complexes, elles ont toujours été plus ou moins, mais parce que ce que tu portes, mais parce que tu les portes depuis un endroit beaucoup plus tendu, beaucoup moins posé, beaucoup moins soutenant. Les décisions, elles deviennent tellement plus lourdes à tenir quand... Les décisions deviennent beaucoup plus lourdes à tenir même quand elles sont justes. Concrètement, tu peux ressentir un brouillard mental, un poids physique sur tes épaules, coucou... les rendez-vous chez l'ostéo, les rendez-vous chez la masseuse ou chez l'énergéticienne. Ce que tu faisais en un claquement de doigts te prend 1000 ans pour prendre une décision. Un deuxième signal va se manifester dans ton management. La relation aux équipes peut devenir plus dense intérieurement. Tu peux davantage avoir besoin ou le sentiment de devoir expliquer encore plus. Tu viens réajuster souvent et tu contrôles parfois plus finement. Et comme tu es entre ces deux postures, comme ton axe est désaligné, que tu es entre l'ancienne et la nouvelle identité, ton recrutement peut être clairement aussi aléatoire. Pas par manque de confiance mais parce que l'axe ne soutient plus complètement la délégation et la distance nécessaire à ce niveau-là. Et très souvent ça s'accompagne vraiment d'une fatigue aussi qui est subtile. Pas forcément physique mais mentale et émotionnelle. Un troisième signal, du coup, qui apparaît, c'est le rapport à ta vision. Oui, ta vision, elle est présente, mais en fait, elle se resserre, elle devient un peu plus étriquée. Non pas parce que tu vas manquer d'ambition, on l'a bien compris, mais parce que tu la portes depuis un axe qui est désajusté. Et donc, ça te coûte tellement plus énergétiquement. Et donc, inconsciemment, tu commences à réduire doucement et sûrement. Tu vas sécuriser, tu priorises ce qui est déjà connu. Tu repousses certaines... intuitions qui sont pourtant tellement justes. Et toi, tu t'y fiais tellement à ton intuition autrefois. Ce n'est pas un manque de courage, c'est un mécanisme de protection. Point. Le quatrième signal, c'est que tu vas le ressentir vraiment dans ton corps et dans le rythme. Ton corps est plus contracté, plexus solaire, des tensions sur les épaules, des aigreurs d'estomac. Ton corps t'envoie des signes que tu n'écoutes pas forcément ou que tu relativises. le rythme devient plus soutenu et beaucoup moins fluide. Bien sûr il existe encore des temps de pause et tu en mets toujours, mais ils sont tellement moins régénérants qu'autrefois et en tout cas à temps égal ils vont beaucoup moins te régénérer qu'auparavant. Parce que la tension ne vient pas du rythme mais elle vient de l'endroit intérieur depuis lequel tu tiens ce rythme. Un signal que beaucoup de leaders connaissent mais vont souvent minimiser. C'est la perte progressive de spontanéité, l'élan, la joie. Moins d'élan naturel, moins de joie simple dans les actions, moins de créativité libre et folle. Pas parce que le projet ne te nourrit plus, en tout cas pas encore à cette étape-là, mais parce que ton axe est rigidifié pour tenir plus grand. Et à ce stade, beaucoup pensent que « ok c'est normal » , La bille, le prix à payer. Parce que porter plus grand implique forcément de se durcir. Mais en fait, ce n'est pas vrai. Ce ne sont pas des signaux d'alerte négative, c'est des indicateurs de maturité. Ils montrent que ce que tu portes appelle désormais un nouveau niveau de tenue intérieure. Reconnaître ces signaux, ce n'est pas ralentir, c'est encore moins renoncer. C'est faire un pas de recul pour préparer une expansion bien plus vaste, plus ambitieuse, plus juste et beaucoup plus soutenable pour toi, tes équipes, ton corps et ta vision et ton leg. Et maintenant, si tu en as pris conscience, peut-être que la question qui vient après, c'est « Ok, mais comment je peux réajuster mon axe ? » Et à cet endroit-là, il y a souvent aussi une forme de confusion. Beaucoup de leaders pensent que pour retrouver de la fluidité, il faudrait faire autrement, changer de stratégie, repenser l'organisation, parfois virer des équipes parce qu'elles ne sont pas alignées, modifier le rythme. Mais quand il s'agit de l'axe, le réajustement ne commence pas par l'action Bien entendu qu'il peut avoir des prises de décision derrière. Mais en premier lieu, il commence par l'endroit intérieur depuis lequel est portée cette action. Avant de prendre une décision, je reviens à l'intérieur de moi pour me réaligner et prendre des décisions. Je vais me répéter, mais aligner avec qui je suis, ma vision, mon leg et qui je suis devenu. En effet, réajuster son axe à ce niveau de leadership, ce n'est pas corriger quelque chose qui serait faux. C'est réaligner une posture qui est devenue un peu étroite pour qu'elle te porte aujourd'hui. Et la première chose que ça demande, c'est de cesser un instant de tenir. Ce n'est pas de lâcher ton entreprise, ce n'est pas de renoncer à tes responsabilités, mais de faire un pas en arrière et de sortir de cette posture qui t'étouffe. Parce que tant que tu tiens, tu ne peux pas sentir depuis où tu tiens. Et c'est là que la dimension terre entre en jeu. Revenir dans la terre ici, ce n'est pas ralentir, ce n'est pas se reposer, c'est revenir dans ton corps, dans ton ancrage, dans la respiration, dans la sensation de stabilité. ou la tension au moment précis où tu décides. Un axe juste se reconnaît à une chose très, très simple. Les décisions sont tenables dans le corps, pas seulement cohérentes dans la tête. Et puis, il y a une dimension ciel. Moi, ma méthode terre et ciel que j'adore tellement et qui accompagne mes clientes. Réajuster son axe, c'est aussi se connecter à la vision. Non pas comme un objectif à atteindre, mais comme une direction intérieure. À ce niveau, la question n'est plus de « qu'est-ce que je peux faire de plus ? » Mais depuis quel endroit intérieur est-ce que je veux porter cette expansion ? Quand le ciel et la terre, quand ta vision est couplée avec ton ancrage, alors lorsque ces deux espaces sont synchronisés, la vision tire vers le haut et l'incarnation peut pleinement s'asseoir. Réajuster l'axe et permettre à la vision de rester vaste, ample, lumineuse tout en réajustant la posture intérieure qui la soutient concrètement au quotidien. Ce réalignement ne se fait pas par la réflexion seule, à ce niveau de leadership bien entendu que le mental il a déjà compris. Ce qui est demandé ici, ce sont des espaces tenus où le leader lui, il a de l'espace, il peut déposer sa charge, ressentir depuis quel espace il décide et réengager une vision depuis un axe plus juste. C'est dans ces espaces que se pose moi ce que j'appelle pas une décision stratégique, pas un plan d'action, une décision intérieure structurante de « ok » . Je ne veux plus porter cette vision depuis une tension et au contraire je choisis de diriger depuis cette stabilité. Ça permet vraiment de faire un pas en arrière et de venir observer ce qui nous procure de la tension, ce qui est lourd et ce qui vient rigidifier et ce qui au contraire vient nous nourrir et nous stabiliser. En effet quand cette décision est posée, la stratégie bien entendu qu'elle va revenir, l'organisation va s'ajuster et d'une façon ultra fluide et les décisions vont s'enchaîner aussi. Elles sont portées depuis un endroit intérieur qui soutient réellement l'expansion. Il y a de l'espace en fait. Réajuster son axe, ce n'est donc pas en faire plus, c'est tenir autrement. C'est un autre leadership qui te permet de pouvoir porter plus grand sans te durcir, sans réduire la vision et sans perdre cette qualité de présence qui fait la force d'un leadership mature tout simplement. Et dans cette dernière partie, pour vraiment te faire comprendre l'enjeu d'avoir un axe intérieur aligné, je vais te rappeler... partager une autre conséquence. L'axe intérieur du leader n'impacte pas que lui uniquement dans sa manière de décider ou de sentir, ça devient la nouvelle norme invisible à partir de laquelle l'entreprise s'organise et grandit. Quand l'axe est juste, l'entreprise elle est dynamique, elle répond et elle respire à la bonne hauteur. Mais quand l'axe est tenu trop durement, l'entreprise vient se réajuster avec cette tension. Les premières conséquences et la première conséquence, elle apparaît dans le système de décision. Les décisions, elles sont plus lentes, plus discutées, plus sécurisées. Non pas parce que les équipes manquent de compétences, a priori on les a engagées pour ça, mais parce que la tension intérieure du leader se diffuse dans la manière dont les choix vont être posés. Il y a plus de validation, plus de vérification, plus de prudence, moins de libre-arbitre aussi pour les équipes pour montrer aussi toutes leurs capacités, notamment capacité... créative, capacité de réagir, etc. A l'extérieur, cela peut sembler sérieux, maîtrisé, structuré. Mais en réalité, cela réduit progressivement la capacité de l'entreprise à se réajuster, à saisir des opportunités rapides et à jouer à la hauteur du potentiel de cette entreprise. La deuxième conséquence est bien entendu dans le système managérial. Quand l'axe du leader se rigidifie, bien entendu que les équipes vont le ressentir immédiatement. Ça redescend en fait. Ça passe du head office au manager, au manager aux équipes. Les prises d'initiatives, elles deviennent bien évidemment plus rares. La créativité va se canaliser pour ne pas faire de fausses notes. Les collaborateurs attendent davantage des directives, ils sont moins dans le input. Ce n'est pas un problème d'engagement vis-à-vis de l'entreprise, bien qu'au bout d'un moment ça peut avoir cette conséquence. C'est justement un ajustement inconscient du cadre intérieur du leadership. L'entreprise devient plus dépendante, moins autonome, moins vivante dans cette dynamique collective. Et on le voit très clairement, moi je l'ai expérimenté lorsque j'étais en CDI. Lorsque tout est tellement sécurisé, rigidifié, du coup les personnes qui sont en dessous, elles ont du mal à passer à l'action, à oser proposer de peur de faire des erreurs. Et comme tout doit être validé, revalidé, trivalidé, finalement l'autonomie elle est quasi nulle. Et bien évidemment si l'autonomie est quasi nulle, au bout d'un moment, l'envie, la passion, l'engouement pour son poste vient se faire sentir aussi. La troisième conséquence, elle vient toucher la vision stratégique. Quand portée plus grand coûte intérieurement, le leader, souvent sans s'en rendre compte, il commence à réduire sa vision pour se préserver. Oui, on ne peut plus. La vision devient plus raisonnable, plus sécurisée, plus acceptable. Non, ce n'est pas parce que le potentiel a disparu, c'est parce que l'axe depuis lequel elle est portée ne permet plus de tenir pleinement cette vision. Et là, c'est ici que l'impact économique apparaît. Pas sous une forme de... Chute brutale, mais plutôt on va dire sous une forme de plafonnement. Mais la chute peut arriver aussi. Le chiffre d'affaires, il reste bon, les résultats restent stables. Mais l'entreprise, elle a cessé de refléter son potentiel réel. La croissance peut s'affaiblir, devenir plus lente. Les cycles vont s'allonger. L'expansion demande plus d'efforts et moins d'effets leviers. Ce n'est pas un problème de marché ici en l'occurrence. Ce n'est pas un problème d'offres. Ce n'est pas un problème de stratégie. C'est un problème éventuel. d'axe. Plus précisément, c'est le signe que l'axe du leader n'a pas encore évolué au même rythme que l'ambition de l'entreprise. Et c'est là où beaucoup se trompent dans la solution et cherchent encore une fois, je me répète, à optimiser, structurer, relancer autrement. Ils réfléchissent avec le mental alors qu'en réalité, le levier principal se situe en amont. Quand l'axe intérieur se réajuste, l'entreprise n'a plus besoin d'être poussée. Elle vient se réorganiser naturellement, spontanément Les décisions sont plus légères et autour d'une posture qui est plus stable, plus claire, plus expansive. Les décisions se fluidifient, les équipes reprennent de l'autonomie, la vision peut de nouveau s'élargir sans devenir coûteuse à porter.