Speaker #0Bienvenue dans l'émission La Clé de Zout. Je suis Audrey Carsalade, coach et mentor en puissance personnelle et leadership autrice et femme médecine. Un lundi sur deux, seule ou accompagnée d'un invité, j'explore avec vous les réflexions, les rencontres et les expériences qui peuvent profondément transformer notre façon de choisir et de vivre notre deuxième partie de vie. Amour de soi, désir, choix, audace, intuition et spiritualité. Autant de sujets pour nous rapprocher un peu plus. d'une vie pleinement choisie. La clé de voûte, le trait d'union entre le monde visible et invisible pour des femmes plus libres, plus assumées dans leurs choix et à l'écoute de leurs intuitions. Et bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Qui a dit qu'en vieillissant, on devait renoncer à ses désirs ? Dans l'imaginaire collectif, on raconte beaucoup sur la jeunesse, la fougue des 20 ans, la construction des 30, la famille, la carrière, les projets, l'ambition. Puis, passé un certain âge, et je dirais particulièrement autour des 50 ans, notamment pour les femmes, il y a quelque chose qui semble se calmer dans le récit collectif. Comme si la vie devait se stabiliser, les ambitions devenir plus raisonnables et le désir plus sage. Mais concrètement, qu'est-ce qui se passe réellement quand on avance en âge ? Est-ce que le désir disparaît ou est-ce que notre rapport au désir évolue change ? Je dirais tout d'abord que vieillir, ce n'est pas seulement une question d'âge ou de rapport à son corps. Il arrive un moment où notre rapport au temps change, où on regarde davantage derrière soi, on mesure, on fait le bilan, on mesure ce qu'on a vécu et on commence à faire un premier bilan de sa vie. Ce bilan, il peut arriver à 40, 50, 60, 70 ans, peu importe l'âge. Il y a une forme de prise de conscience qu'une première partie de vie est derrière soi et que la suite mérite d'être choisie et rechoisie. Cette année, j'ai fêté mes 50 ans et pour la première fois, j'ai une sensation... d'être vraiment dans un véritable bilan, comme si je flottais un petit peu au-dessus de ma vie. Alors je ne sais pas si c'est les hormones de la ménopause ou quoi, mais j'avais vraiment cette sensation d'être en flottaison et je me suis mise à observer cette première partie de vie. Et vous savez quoi ? Qu'est-ce que j'en suis satisfaite ? Qu'est-ce que j'en suis contente ? Je suis contente d'avoir osé, je suis contente d'avoir vécu, je suis contente d'être arrivée là où j'en suis aujourd'hui. J'ai ce sentiment très fort d'avoir déjà réussi ma vie. Et pour moi, le bilan ne referme nullement l'espace du désir. Au contraire, il permet de mieux comprendre depuis quel espace, désormais, je veux désirer et redésirer ma vie. Faire un bilan n'oblige absolument pas à fermer la suite. Il permet de repartir depuis la femme que je suis devenue à cet instant T à mes 50 ans. Mais pour désirer la suite, il y a une étape importante à faire, c'est celle de faire la paix avec soi. et je crois que lorsqu'on est dans cette quête de vieillir et de continuer à désirer, c'est une étape dont on ne peut pas faire exception. Il va être en effet difficile d'être pleinement disponible à ce que l'on désire vivre aujourd'hui, lorsqu'une partie de notre vie reste encore coincée dans le « si j'avais su » , « si j'avais osé » , « si j'étais née ailleurs » , « s'il ne m'était pas arrivé ça » , « si j'avais eu cette opportunité-là » . Faire la paix avec sa première partie de vie ne veut pas considérer que tout était parfait, heureux ou tout était réussi. Ça veut juste dire se libérer en fait de cette amertume, de ces regrets et de ces scénarios impossibles à réécrire pour pleinement dessiner la suite. Si l'on reste entièrement tourné vers ce qu'on aurait désiré vivre, alors l'espace de vieillir peut devenir douloureux parce qu'on sait qu'on ne pourra pas revenir exactement en arrière. Faire la paix avec le passé rend à nouveau le désir futur possible. pleinement satisfaite de cette première partie de vie, c'est parce que j'ai su faire la paix avec les illusions qui ne se sont pas transformées. C'est parce que j'ai su à un moment avoir une autre lecture sur les difficultés que j'ai pu traverser, tous les enseignements que j'en ai retirés. Aujourd'hui, ce que j'honore, c'est mon courage. Aujourd'hui, ce que j'honore, c'est ce parcours de vie que je prends en intégralité. J'en choisis pas juste une partie, celle qui m'arrange, et je ne raconte pas l'histoire. Je prends l'intégralité. Et l'intégralité dans son ensemble, me donne une entière satisfaction et je suis en paix avec ça. Mon invitation pour toi aujourd'hui, c'est d'observer les endroits dans cette première partie de vie où il resterait encore des regrets, de la colère ou quelque chose que tu cherches à vouloir réparer et à transformer. Aujourd'hui, et je te le dis du fond du cœur, si tout s'arrêtait, si demain je mourais, je serais en paix. J'ai eu une belle vie et je n'ai pas de regrets. Et j'ai ce sentiment. très fort d'avoir déjà pleinement réussi ma vie. Bien entendu, ça ne signifie pas que j'ai envie que ma vie s'arrête. Au contraire, j'ai envie de voyager, j'ai encore envie de vivre des expériences magnifiques. Je rêve de refaire des conférences, de faire des retraites, j'ai encore envie d'accompagner mes clients, j'ai encore envie de voyager. J'ai encore plein de désirs. Mais simplement, j'ai cette paix intérieure que cette première partie de vie, elle a été pleinement célébrée et que je suis en paix avec elle. Être en paix avec ce qui a été libère un espace pour ce qui vient. On ne cherche plus à utiliser deux mains pour venir réparer l'hier. Vieillir ne veut pas dire forcément moins désirer, cela veut dire aussi désirer plus juste pour soi. Avec l'âge et l'expérience, on se connaît mieux, on identifie plus vite ce qui nous correspond, ce que l'on veut plus vivre, ce qu'on veut vraiment aujourd'hui autour de nous et surtout il y a une forme de liberté par rapport aux attentes extérieures. Les désirs aussi évoluent. Bien entendu que ce que je désirais à 25 ans, je le désire plus forcément à 50. Une première partie de vie a déjà été construite, des familles pour certaines personnes, carrière, relation, réussite, erreur, expérience. La vie devient moins « est-ce que je dois encore construire ? » mais davantage « qu'est-ce que j'ai réellement envie de vivre là, maintenant ? » Autre chose, le plus, ce n'est pas toujours plus. Dans la deuxième partie de vie, le plus, ce n'est pas forcément l'accumulation, la comparaison ou l'insatisfaction permanente. Il peut simplement devenir l'envie d'une expérience plus juste, plus personnelle et plus vivante. Pour moi, vieillir ne signifie donc pas perdre le désir. Ça peut permettre de le trier, de l'épurer et de mieux reconnaître ce qui est vraiment pour soi aujourd'hui. Vieillir aussi, c'est être moins dans la preuve et donc être beaucoup plus libre. Pour moi, l'âge peut devenir une vraie force pour oser encore plus ses désirs. À 20, 30, 40 ans parfois, Il y a une grande partie de l'énergie qui peut être encore prise par le regard des autres, la comparaison, la légitimité, la peur de se décevoir, de décevoir les autres, le besoin de prouver. Mais avec l'âge, beaucoup de femmes se connaissent mieux, savent davantage ce qu'elles veulent, ce qu'elles acceptent, ce qu'elles refusent catégoriquement. Pendant longtemps aussi, la société a renvoyé aux femmes l'idée qu'après 50 ans, quelque chose se terminait. Et si ce récit existe encore, il est vraiment en train de bouger. Aujourd'hui, moi, ce que j'observe, c'est vraiment l'inverse, notamment sur le marché américain, où je vois des femmes de 50 ans et plus qui se lancent dans l'entrepreneuriat et qui font des business successful. Elles deviennent visibles, elles se reconnaissent et elles se sentent pleinement libres de réussir après 50 ans. Je crois qu'aussi en France, il y a vraiment ma génération, 50, 55 ans, peut-être même 60, qui est en train davantage d'installer une forme de liberté dans le... après 50 ans et enlève cette date de péremption. Pour moi, l'expérience, la connaissance de soi et la diminution de l'énergie de la preuve permet de rendre une femme beaucoup plus libre pour entreprendre, pour créer, pour aimer, pour voyager, pour prendre sa place ou pour recommencer autre chose. À 50 ans, une carrière n'est pas terminée, une vie de projet non plus. Depuis 10 ans, j'entreprends. et j'ai toujours écouté l'évolution de mes désirs. Le désir, ce n'est pas seulement aujourd'hui l'envie de réussir ou de prouver ma valeur, mais de vivre l'expérience, la connexion et les challenges qui font sens. Je n'ai pas moins la niaque, par contre, j'arrête de me battre pour des choses qui ne sont pas vraiment de l'ordre de mes désirs. Si cette niaque ne me nourrissait plus, je pense que j'aurais arrêté l'entrepreneuriat. Mais au contraire, cette niaque, elle est poussée par un désir d'expérimentation. Et ça me rend... inarrêtable, même face à ce que toutes les entrepreneurs se connaissent, les douces et les remises en question. Je continue, j'affine, j'ose aussi me tromper parce que je sais que c'est une expérience et j'ose aussi expérimenter des chemins différents pour trouver ce qui est juste pour moi. Donc la vraie question, c'est maintenant que ce sentiment de ne plus rien approuver est là, qu'est-ce que j'ai encore envie de vivre ? Moi, j'ai envie de remonter sur scène. Alors oui, je l'ai fait, je n'ai plus besoin de me prouver que j'en suis capable, ça c'est ok. Mais par contre, j'ai ce désir de connexion, d'échange, de partage, peut-être de monter sur une scène encore plus grande pour vivre encore plus de sensations. Mais en revanche, je me suis libérée de la preuve. Contrairement au vieux récit de la fameuse date de péremption, avancer en âge peut devenir un accélérateur de désir et d'audace. Moins d'énergie à consacrer au regard extérieur, davantage de connaissances de soi et donc davantage de liberté pour vivre vraiment ce qui nous fait vibrer et ce qui nous appelle. Vieillir, c'est aussi apprendre à choisir et à laisser partir plus tôt. Continuer à désirer ne signifie pas s'accrocher à tout. L'expérience nous apprend aussi à renoncer peut-être plus vite à une relation, un projet, une ambition ou une direction qui en fait ne nous correspond plus. Renoncer à un désir qui n'est plus juste pour nous, C'est pas renoncer au désir dans le sens général du terme, c'est récupérer son énergie pour ce qui compte réellement. Cet été, je me suis séparée de mon compagnon et je me suis rendue compte à quel point c'était beaucoup plus simple qu'auparavant. Pourquoi ? Parce que j'ai l'expérience, j'ai déjà comme beaucoup vécu une première expérience amoureuse la toute première fois à mes 16 ans. J'ai déjà aussi vécu une grosse relation dans laquelle j'ai mis un certain temps à me remettre et aujourd'hui j'ai une lecture beaucoup plus fluide. Ça fonctionne, ça ne fonctionne pas. J'essaye, je donne mon maximum, parfois je vais même au-delà de ce que j'accepte vraiment et puis à un moment je m'arrête. Parce que je refuse de me changer, je refuse de me transformer, je refuse de me travestir et j'arrête de lutter pour quelque chose qui ne fait pas sens et qui ne fonctionnera pas. Il y a une forme de sagesse où peut-être on s'accroche un peu moins. Et c'est dans ce sens où on peut, avec beaucoup plus de sérénité, laisser partir les gens, les projets. les expériences, lorsqu'elles sont plus connectées à qui l'on est aujourd'hui. La maturité pour moi, elle permet d'épurer. On perd bien moins de temps à retenir ce qui ne fait plus sens et l'on reste disponible pour rester connecté au vivant. Vieillir, c'est aussi avoir la conscience du temps. Le temps ne tue pas le désir, il le rend plus précieux. À un moment de notre vie, on comprend réellement que le temps n'est pas infini, qu'il y aura une date de fin. Cette prise de conscience peut faire peur, mais elle peut aussi devenir une vraie boussole intérieure. Si le temps compte, certains « un jour je le ferai plus tard » deviennent des « aujourd'hui » . Ce qui change pour moi vraiment dans ma manière de choisir la vie aujourd'hui, c'est de savoir qu'il y a une date de fin. Je refuse que parce que j'ai 50, 60, 70, 80, ma vie n'ait plus la même saveur ou la même qualité. Pour moi, chaque période doit avoir sa saveur et son expérience unique à vivre. Et de cette prise de conscience, le... un jour n'existe plus, le un jour c'est maintenant. Concrètement, ça faisait 10 ans que je rêvais de partir à Bali. Il y a 2 ans, le un jour j'irai à Bali est devenu maintenant. C'est une case qui est cochée, je rêvais de le vivre et c'est fait. J'arrêtais de me dire un jour j'irai à Bali et je suis devenue cette femme qui s'est remise à voyager. Pas voyager pour voyager, mais pour vivre des expériences qui étaient importantes et qui comptent pour moi. Ma légende personnelle, elle est vraiment dans le fait de me créer des souvenirs. dans le fait de vivre des expériences que j'ai pu repousser jusqu'alors, dans le fait de ne pas vivre dans le regret. Et j'irai même encore plus loin, on peut complètement faire coexister le fait d'aimer sa vie et de vouloir désirer plus. J'aime profondément ma vie, j'ai beaucoup de gratitude pour ce que j'ai créé, j'en suis fière, je savoure chaque espace de ma vie et je désire encore vivre plein d'expériences. L'un n'est pas antidomique de l'autre. La seule chose, c'est la conscience du temps. Avoir conscience qu'il y aura un début et une fin ne veut pas forcément réduire le désir. Au contraire, ça peut lui donner du poids, de la priorité, et transformer certains rêves reportés en choix réels maintenant, tout de suite. Et enfin, pour continuer à vivre ses désirs, il faut aussi prendre soin de la femme qui va vivre la suite. Vieillir implique aussi une réalité matérielle. Le corps change. Continuer à désirer la vie suppose aussi de prendre soin de cette capacité physique qui va nous permettre encore de la vivre. Sports, alimentation, soins du corps ne sont pas abordés ici comme une injonction anti-âge absolue. Chacun fait ce qu'il veut, mais comme une façon de préserver l'énergie, la souplesse, les muscles, les os, la forme et la possibilité derrière de pouvoir vivre des expériences, de voyager, de marcher, d'aimer, de créer, de travailler, de monter sur scène et de profiter. La dimension esthétique peut bien sûr coexister, continuer à se trouver jolie, à rester coquette, à aimer son apparence, à prendre soin de soi. Ce n'est pas antinomique non plus. Pour moi, je dois prendre soin de mon corps si je veux continuer à vivre ma légende personnelle. Et cette année, avec la ménopause, j'ai vraiment senti, sans rentrer dans les détails, mais que mon corps se rigidifiait, que j'avais beaucoup moins de souplesse, que j'avais moins d'énergie, que j'avais parfois aussi moins de focus. Et donc, j'ai pris une année entière. à m'occuper de mon mental, à m'occuper de mon énergie. Et cette année, je remets le sport. Pas uniquement pour l'aspect physique, même si je l'assume complètement, mais tout simplement pour que mon corps puisse soutenir tous mes désirs et tous mes projets à venir. Bien vieillir, ce n'est pas lutter absolument contre l'âge, c'est aussi préserver la possibilité concrète de continuer à vivre ce que l'on désire. Pour conclure, je dirais que peut-être la vraie question n'est finalement pas est-ce qu'on continue d'avoir des désirs en vieillissant, mais plutôt qu'est-ce qui devient enfin possible quand on s'autorise à désirer sans avoir à se justifier. Quand on a enfin fait la paix avec la première partie de son histoire, quand on se connaît suffisamment pour savoir ce qui est à soi et ce qui ne nous appartient pas du tout, quand on n'a plus besoin de se prouver et de cocher les bonnes cases, quand on a compris que le fameux un jour, mais en fait c'est maintenant, Alors peut-être que le désir change complètement de place. Il n'est plus là pour combler quelque chose, il n'est pas là pour réparer ou prouver qu'on est encore capable. Il redevient simplement un vrai élan de vie à l'état pur. Et pour moi, c'est comme ça que j'ai sincèrement envie d'aborder cette deuxième partie de vie. Pas en me demandant ce qui est encore raisonnable à mon âge, merci, pas en regardant une liste de ce que j'ai déjà fait ou avec nostalgie, mais en restant profondément attentive à ce qui me donne encore envie. Envie d'aimer, envie de créer, envie de voyager, envie de rencontrer, d'essayer, envie aussi de changer d'avis. Parce que je crois que tant qu'il y a du désir, il y a de la vie. Alors non, vieillir pour moi, c'est certainement pas commencer à renoncer, c'est arrêter d'attendre. Arrêter d'attendre le bon moment, arrêter d'attendre d'être certaine, arrêter de remettre ses désirs à ce fameux un jour. Parce qu'à un moment, on comprend que le un jour, il n'existe pas. Le un jour, c'est maintenant. Et c'est peut-être ça finalement que j'ai envie de nous souhaiter dans cette deuxième partie de vie. Ne pas devenir des femmes qui ont moins de désirs, mais des femmes qui n'attendent plus pour les vivre. Je vous souhaite une magnifique fin de journée, une magnifique matinée, une magnifique après-midi, et je vous dis à très bientôt. J'espère que cet épisode vous aura plu. N'hésitez pas à le partager à des personnes qui veulent, elles aussi, créer les pieds dans la terre et la tête connectée aux étoiles. Retrouvez l'ensemble des informations et des liens dans le descriptif de l'épisode, ainsi que sur mon site audreycarsalade.com N'hésitez pas non plus à laisser un commentaire si vous avez des suggestions, des idées ou tout simplement si vous avez aimé cet épisode. Pour cela, rien de plus simple, filez sur Apple Podcast et n'oubliez pas les petites étoiles. 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