Speaker #0Bienvenue dans l'émission La Clé de Zout. Je suis Audrey Karsalade, coach et mentor en puissance personnelle et leadership autrice et femme médecine. Un lundi sur deux, seule ou accompagnée d'un invité, j'explore avec vous les réflexions, les rencontres et les expériences qui peuvent profondément transformer notre façon de choisir et de vivre notre deuxième partie de vie. Amour de soi, désir, choix, audace, intuition et spiritualité. Autant de sujets pour nous rapprocher un peu plus d'une vie pleinement choisie. La clé de voûte, le trait d'union entre le monde visible et invisible pour des femmes plus libres, plus assumées dans leurs choix et à l'écoute de leurs intuitions. Et bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Cette semaine, j'ai envie qu'on ouvre ensemble un sujet qui personnellement me passionne, le transgénérationnel. Et vous savez quoi ? C'est le moment idéal pour ça. Pourquoi ? Tout simplement parce que nous approchons de la fête de Saiwain. C'est une fête majeure issue des traditions galéliques qui marquait l'entrée dans l'hiver et le début de la saison sombre. Cette période est aussi étroitement liée aux morts et aux ancêtres, avec cette idée que la frontière entre le monde des vivants et celui des défunts devenait de plus en plus fine et qu'ainsi les âmes pouvaient revenir auprès des leurs. Et c'est précisément pour ça que je trouve que c'est le moment parfait pour parler du transgénérationnel. Parce que autant symboliquement que spirituellement ou énergétiquement, c'est une période où la porte des ancêtres est grande ouverte. Dans cet épisode, on va d'abord regarder ce que recoue finalement le mot transgénérationnel, selon trois différents points de vue. Puis après, on va revenir à une question qui pour moi est centrale, c'est ok, c'est super, mais qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Qu'est-ce qu'on garde ? Qu'est-ce qu'on laisse ? Et finalement, où est notre libre arbitre ? Si tu découvres ce podcast, non, la clé de voûte, elle ne vient pas de nulle part. C'est exactement là où je me positionne et là où j'ai souhaité positionner ce podcast. Être le trait d'union entre le monde visible et invisible. Apporter à la fois du concret, du vérifiable, de l'actionnable, tout en restant pleinement connecté au ciel, aux enseignements de mes guides et aux expériences que vivent aussi mes clientes. Et c'est d'ailleurs ainsi que sont abordées la plupart des sujets dans ce podcast. Garder les pieds profondément ancrés dans la vie terrestre, tout en restant guidé par les étoiles. Allez, c'est parti, parlons transgénérationnel. Déjà, de quoi parle-t-on ? au juste lorsqu'on parle de transgénérationnel. Et il y a quelque chose que j'ai envie de poser tout de suite. Même si le transgénérationnel est beaucoup cité dans le chamanisme et dans les milieux spirituels, ce concept n'appartient pas, bien entendu, uniquement au monde spirituel. La question de ce qui se transmet d'une génération à l'autre est aussi étudiée depuis longtemps en psychologie, dans les thérapies familiales, dans des recherches sur l'attachement ou plus récemment au travers de l'épigénétique. Et comme souvent, il y a plusieurs approches qui existent. Aujourd'hui, on va surtout regarder trois d'entre elles, une lecture psychofamiliale, la lecture biologique épigénétique et bien entendu le côté plus spirituel. Commençons par la psychologie familiale. Elle, ce qui l'intéresse, c'est de regarder notamment la manière dont certains modes de fonctionnement peuvent se transmettre d'une génération à l'autre. On va retrouver là-dedans tout ce qui concerne les rôles familiaux, les croyances, les comportements appris, les non-dits, les fameux secrets, la façon de gérer les conflits ou encore les places attribuées notamment aux hommes et aux femmes. Le psychiatre américain Murray Bowen a beaucoup d'ailleurs travaillé sur cette dynamique familiale. Et lui, son idée, elle est assez simple. Lorsqu'on grandit dans une famille, on s'adapte forcément à la manière dont elle fonctionne. Selon le caractère de nos parents, les tensions et les rôles de chacun, ou tout simplement aussi ce qu'on attend de nous, on finit par trouver une manière de prendre notre place. Par exemple, dans une famille où les conflits sont nombreux, un enfant peut naturellement devenir celui qui va apaiser. Un autre va faire rire pour désamorcer la situation. Un autre va encore se taire ou se faire tout simplement oublier. Et donc d'extérieur, ce qui pourrait ressembler à un choix de caractère est souvent au départ une stratégie d'adaptation à l'environnement familial. Personne n'a forcément dit clairement à cet enfant « Toi, ton rôle, ce sera celui-là, ce sera celui qui fera marrer les autres. » Mais l'enfant, lui, a très vite compris et très tôt que cette façon de se comporter lui permettait de trouver sa place, de diminuer éventuellement les tensions et puis tout simplement de se sentir davantage en sécurité. Mais maintenant, il devient quoi en fait cet enfant une fois qu'il est adulte ? Il est fort probable qu'il continue spontanément à utiliser cette stratégie lorsqu'un conflit apparaît. On dira de lui qu'il est naturellement un super médiateur, qu'il sait prendre toujours le lead ou alors qu'il est incapable de supporter la moindre tension et qu'il disparaît dès que le ton monte. Et pourtant, ce que l'on prend parfois pour un simple trait de caractère a donc pu être façonné par son environnement familial. Et là, moi, je t'invite juste à venir observer. Peut-être tout d'abord chez toi, peut-être aussi auprès des personnes qui comptent pour toi, autour de toi, qui prend systématiquement les commandes. Qui cherche toujours et automatiquement à calmer et apaiser les tensions ? Qui disparaît de façon systématique dès que le conflit apparaît ? De qui dit-on qu'il est né pour apaiser les conflits ou au contraire qu'il fuit dès que le temps monte ? Et là, je t'invite simplement à te demander, qu'est-ce qui finalement relève de mon tempérament et qu'est-ce qui a peut-être été appris très tôt pour m'adapter ou pour que l'autre s'adapte à son environnement familial ? Parce que oui, on peut être extrêmement doué pour quelque chose, là dans cet exemple apaiser les conflits. simplement parce qu'on pratique cette gymnastique depuis l'enfance. Alors évidemment que c'est plus facile. Et pour autant, on peut aussi en avoir ras la casquette d'endosser ce rôle aujourd'hui. À ce stade, il n'y a rien à corriger, c'est juste de l'observation. Parce que pour moi, comprendre comment un mécanisme s'est construit permet de ne plus automatiquement le confondre avec qui je suis profondément. Mais le transgénérationnel familial, ce n'est pas seulement les comportements. C'est aussi toutes les histoires que l'on transmet. Les fameux secrets, les silences lorsqu'on rentre dans une pièce, les non-dits et les regards qui se baissent lorsqu'on évanque un membre d'une famille. Et parfois même les mensonges. Je pense à une cliente dont la mère avait toujours affirmé avoir eu le cancer du sein. Ce n'est que bien plus tard que sa mère a fini par lui révéler qu'en réalité, cette boule n'a jamais été cancéreuse. Moi, je trouve cet exemple fascinant parce qu'il montre quelque chose de très concret. Si cette vérité n'avait jamais été dite, L'histoire aurait pu continuer à être transmise. aux générations suivantes comme un antécédent familial réel. Une information fausse aurait fini par devenir une « vérité familiale » . Et là, on n'a pas besoin de parler d'énergie, d'ancêtre ou de mémoire cellulaire pour comprendre l'impact du transgénérationnel dans cet exemple. Une phrase répétée suffisamment longtemps peut traverser plusieurs générations. Et si ma cliente en a parlé, c'est d'ailleurs pas uniquement pour me raconter une simple anecdote familiale. Cette conversation est venue éclairer quelque chose de très actuel dans sa vie, sa difficulté à créer certaines relations professionnelles avec des femmes, avec derrière une croyance que peut-être les femmes cachent toujours finalement quelque chose. Et c'est exactement là que mon travail commence avec mes clientes. Moi, je ne cherche pas à faire de leur passé une explication permanente de leur présent, ni à passer mon temps à fouiller dans leur histoire familiale. Moi, ce qui m'intéresse et là où mon travail consiste, c'est de comprendre ce qui influence encore aujourd'hui leur choix, leurs relations ou leur manière de vivre. Parce que dans ma façon d'accompagner, finalement, lorsque l'on comprend, on peut pleinement choisir. On met de la conscience sur ce qui s'est construit, on regarde ce qui nous appartient encore, ce qui peut peut-être nous peser, puis on revient à la femme qu'on choisit d'être aujourd'hui et aux décisions qu'on a envie de prendre pour sa vie maintenant. Dans le cas de cette cliente, évidemment, il ne s'agissait pas de conclure « tout vient de ma mère » ou « je me méfie des femmes juste à cause de cette histoire » . Et en plus, je suis... suis pas psychologue, je suis pas là pour débattre de ça. Mais simplement d'ouvrir avec elle une question. Est-ce que cette histoire familiale participe d'une façon ou d'une autre encore aujourd'hui à la manière dont je fais confiance aux femmes ? Et si oui, est-ce que j'ai encore envie de fonctionner comme ça ? C'est là que la conscience commence à laisser de la place Ausha. Et là, t'es peut-être en train de te dire ok, très bien Audrey, mais maintenant qu'on voit tout ça, qu'est-ce qu'on en fait ? Bien entendu, on va y venir. Parce que si tu me connais, Tu sais que moi, j'aime comprendre pour pouvoir ensuite choisir plus consciemment comment j'ai envie de vivre et de profiter pleinement de ma vie. Mais avant ça, il y a un autre courant dont j'ai envie de te parler parce qu'il ouvre une question beaucoup plus vertigineuse. Et si certaines expériences pouvaient aussi laisser une trace biologique ? Et c'est là que rentre en jeu l'épigénétique. L'épigénétique, c'est comment notre environnement peut-il influencer la manière dont certains de nos gènes s'expriment. L'idée de départ, elle est simple. Ou pas. Notre ADN n'est pas un scénario écrit une fois pour toutes dans le marbre. Oui, nos gènes sont là, mais l'environnement peut influencer la manière dont ils vont s'exprimer. Je vais te simplifier au maximum l'idée. Imagine ton ADN comme un grand livre. Les gènes sont certains passages de ce livre qui contiennent des instructions. L'épigénétique ne réécrit certainement pas le livre. En revanche, elle influence plutôt les passages que ton organisme va lire davantage ou moins ou pratiquement pas. Alors, mais qu'est-ce qui vient influencer cette lecture ? Notre alimentation, le stress, certaines expositions, notre mode de vie, mais aussi certaines expériences peuvent influencer la manière dont nos gènes vont s'exprimer plus ou moins, sans pour autant, bien entendu, modifier la séquence de notre ADN. Ce qu'il faut retenir ici, c'est surtout que notre environnement influence l'expression de certains de nos gènes. On va prendre un exemple, l'agressivité. Des recherches menées sur des jumeaux ou des enfants adoptés montrent qu'un terrain biologique peut exister, sans déterminer à lui seul le comportement futur des jumeaux ou de l'enfant adopté. Autrement dit, avoir des parents biologiques qui ont un comportement agressif ne signifie pas qu'un enfant est condamné à reproduire exactement la même chose. Un environnement plus stable, plus sécurisant, moins violent ou moins chaotique peut bien entendu modifier considérablement la trajectoire. Et moi, c'est là où j'ai envie de revenir à une phrase essentielle. Oui, on peut hériter d'un terrain, mais le terrain ne fait pas notre destin. Ce dont on a hérité peut être influencé par notre environnement. notre mode de vie, nos expériences et aussi nos choix. Nos choix, vous allez l'entendre, moi c'est vraiment le mot que j'adore. Nous gardons donc une marge de liberté dans la manière dont cet héritage va s'exprimer. Personnellement, si j'avais entendu parler d'épigénétique auparavant, je me suis vraiment intéressée il y a quelques années, lorsque j'ai découvert Joey Dispensa et son livre Devenir Super Conscient. Il fait notamment le lien entre la méditation, l'épigénétique, la capacité à reprogrammer certains schémas du cerveau, et sa vision de la manifestation. L'idée de son enseignement, c'est qu'en changeant suffisamment nos pensées, nos émotions et notre état intérieur, nous pouvons commencer à conditionner différemment notre cerveau, notre corps, et finalement ne plus être simplement le résultat de ce que nous avons vécu jusque-là. Qu'on peut finalement transformer aussi son identité et donc manifester. Ce qui m'intéresse ici, là-dedans, dans le cadre de cet épisode, c'est cette idée Ce que nous avons vécu nous influence, oui, mais cela ne signifie pas que nous sommes condamnés à le reproduire. Nous venons donc de regarder le côté psychologique et biologique. Mais tu t'en doutes, pour moi l'histoire ne serait pas complète et à mon image, sans intégrer une lecture plus spirituelle, énergétique et chamanique du transgénérationnel. De la lecture et de la compréhension que j'en ai, nous ne recevons pas uniquement une histoire familiale ou un héritage biologique. Nous héritons aussi d'une énergie familiale. Celles qui nous influencent, celles qui nous donnent des forces, des qualités, des talents, des pouvoirs aussi de protection, certaines mémoires et transmissions beaucoup plus subtiles. Dans ma pratique, en tant que femme médecine, je travaille également avec cette dimension. Dans le monde spirituel, les ancêtres ne sont pas seulement ceux qui nous ont précédés sur un arbre généalogique. C'est aussi une présence, une continuité, un soutien auquel on a accès, et parfois quelque chose qui nous demande à être regardé, libéré, parce qu'on ne souhaite plus le porter. Et pour moi, il y a aussi une idée qui... ultra importantes, nos ancêtres ne nous transmettent pas que leurs blessures. Parce que oui, je trouve qu'on parle énormément des traumatismes, des poids et des choses à libérer, mais on pourrait aussi parler des cadeaux que l'on reçoit, de leur force, de leur courage, de leur capacité à survivre, de leur intuition, de leur manière d'aimer, de leur foi, de leur talent et leur capacité à traverser l'impossible. Je trouve que c'est essentiel de ne pas réduire le transgénérationnel à quelque chose qu'il faut uniquement réparer, nettoyer ou transformer. Parce que pour moi, nos lignées, c'est pas seulement quelque chose qui nous pèse et qui nous empêche de vivre pleinement notre vie. C'est aussi tout ce qui nous porte. Mais ok, une fois qu'on a compris qu'est-ce que c'est finalement le transgénérationnel et à quel point il peut influencer notre manière de penser, d'agir ou de choisir ou même de nous positionner dans la vie, il y a une phrase qui revient, bien entendu, c'est « Ok, mais c'est quoi la place de notre libre-arbitre là-dedans ? » Parce qu'être influencé par une histoire ne veut pas dire être cou... condamnée à la reproduire. Oui, bien sûr, notre famille nous influence profondément. Oui, certaines façons de penser, de réagir, de nous comporter peuvent traverser plusieurs générations. Oui, comprendre d'où viennent certains mécanismes peut être extrêmement éclairant. Mais à un moment, il y a une autre question cruciale qui arrive et là, c'est mon côté cartésien qui revient. Qu'est-ce qu'on fait de tout ça ? Reprenons l'exemple de l'agressivité. Je viens d'une famille agressive, donc je suis agressive. Cette phrase, elle peut expliquer, bien entendu, une partie de l'histoire. Elle peut permettre de comprendre comment certains réflexes se sont installés. Mais une fois que je vois ça, une fois que je le sais, qu'est-ce que j'en fais ? Parce que pour moi, il y a une vraie différence entre comprendre l'origine d'un comportement et considérer que cette origine décide définitivement de qui je suis. Et c'est là que vient pour moi la question du libre-arbitre. À quel moment une explication ou une compréhension m'aide-t-elle à me libérer ? Et à quel moment commence-t-elle à devenir une excuse ou une manière de ne plus prendre la responsabilité de ma propre vie ? propre vie. Parce que pour moi, hériter ne veut pas dire reproduire obligatoirement. Et c'est précisément là que j'ai envie de te partager ma lecture à moi du transgénérationnel. Oui, je crois profondément au travail déligné. Je crois qu'il est essentiel d'aller regarder, comprendre, libérer certaines choses qui nous pèsent. Je crois qu'aussi, parfois, ce travail est vraiment nécessaire pour pouvoir avancer plus librement par la suite. Mais je ne crois pas non plus que nous soyons venus sur Terre pour passer notre vie à tout nettoyer, encore et encore. et encore, quitte à développer une forme d'addiction au toujours plus. Parce que oui, il y aura toujours quelque chose à travailler. Il y aura toujours une blessure, toujours une origine possible, toujours une histoire familiale à aller regarder, toujours une arrière-grand-mère, un parent, un ancêtre, un événement auquel on pourrait revenir. Et pendant qu'on cherche sans cesse ce qu'il y a encore à réparer, la vie, elle, elle passe. Alors la question que je me pose aujourd'hui, elle est beaucoup plus simple. Est-ce que ce que je porte m'empêche réellement de vivre pleinement ma vie ? Et même mieux, est-ce que je suis vraiment heureuse même avec tous ces bagages pleins ma hôte ? Est-ce que ça m'empêche d'avancer, d'aimer, de choisir, de prendre ma place, de créer une vie que j'ai envie de vivre ? Si la réponse est oui, alors oui, va regarder, va comprendre, va travailler, va peut-être libérer. Mais si ce n'est pas le cas, peut-être qu'il est temps d'arrêter de chercher sans cesse ce qui ne va pas et de simplement profiter de l'instant présent et de vivre ici et maintenant. Et il y a un autre piège que j'observe parfois. À force de regarder ses blessures, on peut finir par s'identifier à elle. On n'est plus seulement une femme qui a vécu quelque chose, on devient la fille blessée, la femme rejetée, celle dont le père n'a jamais été là, celle dont la mère n'a pas fait ceci ou cela, celle qui porte le trauma de la lignée. Et petit à petit, la souffrance n'est plus simplement quelque chose que l'on a traversé, elle devient une part entière de notre identité. Et là, il y a peut-être une question qui peut devenir un poil inconfortable, c'est qui je suis si je ne suis plus dans cette souffrance ? J'ai le souvenir de Beata Alfoldi, qui avait perdu un enfant au moment de son accouchement, et qui m'a raconté comment, justement, elle a réussi à se dissocier de cette souffrance. Elle a arrêté, en fait, de retomber sans arrêt dans l'histoire. Bien sûr que ça fait partie de son histoire, elle n'oubliera jamais son fils, mais pour autant... Elle a arrêté de ressasser sans arrêt cette histoire pour profiter pleinement de sa vie ici et maintenant. Parce que parfois oui, même une identité douloureuse, même quelque chose qui a été super dur, peut finir par nous apporter quelque chose. Une place, une explication, une reconnaissance, une forme d'attention. Et parfois même une forme de sécurité simplement parce qu'on connaît parfaitement cette version aussi de nous-mêmes. Et c'est ce qu'on appelle le bénéfice secondaire. Il n'est pas conscient bien évidemment. Non pas bien entendu que l'on choisisse de souffrir en conscience, évidemment, mais parce qu'une partie d'une souffrance, d'une histoire ou d'un rôle peut finir par organiser une part de notre identité ou la place qu'on prend dans le monde. Par exemple, à l'époque où je voulais me reconvertir comme coach, mon coach voulait absolument que j'accompagne les mères sous prétexte que j'étais maman solo. J'ai toujours refusé. Pourquoi ? Parce que je ne voulais pas être dans cet entre-soi qui enferme. Je ne voulais pas que cette partie de mon histoire devienne à elle seule la définition de qui j'étais ou de ce que j'avais envie de transmettre. Et que ce soit clair, je n'ai aucun problème avec le fait d'être maman solo. Je ne m'en suis jamais cachée, j'en parle régulièrement. Mais pour moi, il y a une différence entre ça fait partie de ma vie et mon monde tour autour du fait que je suis maman solo. Et c'est précisément là cette différence qui m'intéresse ici. Une expérience peut faire partie de notre histoire sans devenir pour autant... toute notre identité. Il ne s'agit pas de juger qui que ce soit, quoi que ce soit, il s'agit de comprendre. Pourquoi ? Parce que comprendre nous redonne du choix. Et quand on voit clairement ce qui nous définit encore, on peut commencer à décider plus justement ce qu'on a envie de continuer à porter ou ce qu'on a envie peut-être de laisser derrière soi. Mais parfois aussi, ce qui nous retient, c'est même plus la blessure elle-même, c'est l'attente. L'attente que quelqu'un vienne réparer ce qui s'est passé. L'attente d'une excuse. L'attente d'être reconnu, l'attente d'une forme de compréhension, l'attente que quelqu'un dise « oui, je vois, oui, je me rends compte de ce que je t'ai fait vivre » . Et là, en toute vulnérabilité, je repense à ma mère qui a attendu, je pense, toute sa vie, que sa mère lui montre des signes flagrants d'attention. Alors bien sûr, moi j'ai essayé de faire le lien en tant que petite fille, mais je crois que ça aussi c'est du transgénérationnel, que le fait de ne pas avoir été réparé, d'avoir attendu, a eu un impact dans l'éducation qui a pu nous donner notre mère. Parce que oui, je crois que cette attente, elle peut nous attacher à une histoire pendant des années. Parce qu'on se dit que pour vraiment pouvoir tourner la page, il faudrait que l'autre reconnaisse enfin notre version. Qu'il admette les faits comme nous les avons vécus, qu'il change, qu'il se transforme, qu'il nous donne enfin une forme de réparation. Parfois oui, ça arrive, mais parfois ça n'arrivera jamais. Parce qu'il y a quelque chose qui est difficile à accepter, c'est que deux personnes peuvent avoir vécu la même histoire, mais pas en avoir du tout la même perception. Nous ne regardons jamais le monde depuis un endroit totalement neutre. Ma grand-mère a été élevée par des bonnes sœurs pendant la guerre, et donc bien évidemment qu'elle regarde l'amour qu'elle peut donner depuis cette fenêtre. Ma mère, elle, c'est sa fille. Donc elle ne regarde pas l'histoire avec le même passé. Nous avons tous notre histoire, nos filtres, nos blessures, nos mécanismes de protection, notre mémoire de ce qui s'est passé. Et l'autre peut profondément être convaincu de sa version. Ça ne veut pas dire qu'il a raison. Ça ne veut pas dire que ce que tu as vécu n'existe pas. Ça ne veut pas dire qu'il faut... tout excuser, ça ne veut pas dire qu'il faut tout pardonner et ça ne veut surtout pas dire qu'il faut parfois renouer avec des personnes que tu ne souhaites plus avoir dans ta vie parce que tu les trouves toxiques pour ton équilibre. Mais peut-être qu'à un moment, ça peut aussi vouloir dire, je cesse d'attendre que ta capacité de remise en question soit la condition de ma propre liberté. Et je dis ça aussi depuis ma propre expérience de fille et de relation à ma mère. Oui, ma mère, bien entendu, qu'elle me fait encore sortir de mes gonds. Il y a des choses sur lesquelles nous sommes fondamentalement en désaccord et nous ne voyons pas du tout la même histoire. Mais aujourd'hui, je la regarde autrement. C'est aussi une vieille dame et le temps passe. Et moi, du coup, ça me ramène à une question qui est beaucoup plus importante pour moi. Combien de temps de ma propre vie ai-je encore envie de donner à cette colère ? Et ça, j'ai vraiment pu l'observer depuis la relation de ma grand-mère avec ma mère. Pas parce que tout serait réglé, pas parce que tout serait forcément pardonné, parce qu'il n'y a pas des limites qui sont nécessaires. Mais parce que la vie, elle, elle continue de défiler. Et qu'à un moment donné, forte de toutes ces observations, moi, ma paix, je n'ai plus envie qu'elle dépende de l'excuse, de l'autre, de la compréhension de l'autre. Si la réparation arrive, c'est tant mieux. Mais je refuse désormais d'attendre qu'elle arrive pour que je puisse vivre librement. Ok, et là, on revient à une partie beaucoup plus concrète. Qu'est-ce que je fais de tout ça ? Parce qu'on peut comprendre énormément de choses sur son histoire, sa famille, ses lignées, ses blessures, mais à un moment, je crois que c'est intéressant de revenir à soi et de regarder aujourd'hui ce qui mérite réellement notre attention. Et surtout, j'ai envie de préciser quelque chose, le but n'est pas de traquer absolument tout ce qui vient de notre famille pour essayer de le changer. Parce que je crois qu'il y a aussi des façons de penser, de parler, de fonctionner, que l'on aime profondément. et qui nous rattache à notre clan. Dans ma famille, par exemple, on est plutôt, soyons clairs, taquins. On a la vanne facile. Et forcément, j'ai développé une très bonne répartie. Je trouve souvent la petite phrase à sortir au bon moment et qui fait rire tout le monde. Avec ma sœur, on peut encore aujourd'hui partir dans des fous rires à propos de nos parents, c'est vrai, et qui durent des heures. Et tu sais quoi ? J'ai aucune envie de le changer. Parce que cet humour nous a permis de créer un vrai lien, d'être... très soudés, notamment pendant l'adolescence, et ce lien y perdure encore aujourd'hui. Alors oui, c'est de la transmission familiale, ça vient notamment du côté de mon père, si tu veux tout savoir, mais en aucun cas, j'ai envie de moi d'aller nettoyer ça. En revanche, bien évidemment, au fil de ces 50 années, j'ai travaillé sur d'autres choses plus lourdes qui ont pu altérer la qualité de certaines de mes relations ou influencer certains de mes choix de vie. Et pour moi, pour choisir ce que l'on veut réellement nettoyer, la première chose à faire, c'est de redevenir l'observateur. Tu te poses et tu observes. Quelles phrases reviennent dans ta famille ? Quel comportement ? Quel rôle ? Quelle peur ? Quelle loyauté ? Quelle façon d'aimer, de se protéger, de réagir et de choisir ? Et tu peux finalement aussi aller regarder dans d'autres familles les modes de comportement pour pouvoir encore plus affiner ton observation. Qu'est-ce que tu retrouves encore et encore dans ton histoire ou celle de ta lignée ? Pas pour tout analyser, pas pour partir immédiatement à la recherche d'un problème. juste pour commencer à observer et voir. Parce qu'on ne peut pas choisir vraiment quelque chose qu'on ne voit même pas. La deuxième étape, ça va être de distinguer. Parce que ce n'est pas parce que tu identifies un schéma répétitif dans ta famille qu'il te concerne encore aujourd'hui ou qu'il te fait souffrir. Alors demande-toi, qu'est-ce qui joue encore un rôle vraiment pesant dans ta vie ? Qu'est-ce qui finalement appartient au passé parce que tu as su prendre du recul ? Qu'est-ce qui est encore au contraire vraiment actif ? Qu'est-ce qui continue d'altérer tes relations, tes choix, ta confiance, ta manière d'aimer ou ta façon de vivre ? Pour moi, ça oui, c'est essentiel. Parce qu'il ne s'agit pas de travailler sur ton histoire, ton transgénérationnel, pour travailler sur ton transgénérationnel. Il s'agit de regarder ce qui vraiment impacte réellement ta vie actuelle. La troisième chose, et c'est mon mot préféré, c'est choisir. Choisir ce que j'ai envie de garder. Qu'est-ce qui me nourrit ? Qu'est-ce qui me donne de la force ? Qu'est-ce qui crée du lien ? Quels sont les talents, les valeurs, les traditions, les codes familiaux que j'ai envie de transmettre aussi à mon tour ? Tout n'est jamais mauvais. Et l'exemple avec ma sœur, il est exactement à cet endroit-là. Cet humour, cette complicité, cette manière que nous avons mutuellement de nous faire rire, oui, je choisis de le garder. Parce que ça me nourrit, parce que ça participe à notre lien, parce que ça fait partie aussi de notre histoire sans pour autant me peser. Et enfin, la dernière partie, c'est de laisser partir ce que l'on ne souhaite plus porter. Et parfois, on arrive à le faire seul, par une prise de conscience, par une décision, au cours d'une conversation avec le temps. Et puis d'autres fois, on n'y arrivera pas tout seul et ça va demander à être accompagné. Peut-être par un psychologue, un thérapeute, un praticien en rebirth, une praticienne en chamanisme. Et je trouve d'ailleurs que plusieurs approches combinées permettent d'aller beaucoup plus vite et de travailler à différents niveaux. Mais là encore, l'idée ce n'est pas de passer sa vie à rechercher ce qu'il reste encore à libérer. L'idée pour moi, elle est beaucoup plus simple, c'est vraiment qu'est-ce qui continue encore d'affecter ma vie aujourd'hui ? Qu'est-ce qui me coûte ? Qu'est-ce qui m'empêche d'être pleinement heureuse et de me sentir libre ? Et si quelque chose a besoin d'être travaillé, alors oui, allons le regarder. Mais pour le reste, on peut aussi simplement choisir de le garder, de l'honorer ou simplement de le laisser derrière soi. Cet épisode, il est dense, parce que oui, le transgénérationnel, on pourrait en parler pendant des heures. Moi, ce que je te propose là, tout de suite, c'est de prendre un instant de recul. Parce que sinon, on écoute des podcasts et finalement, on n'en fait jamais rien. Je t'invite à prendre quelques grandes inspirations et expirations. Ce n'est pas un voyage chamanique, pas un exercice compliqué. Pour simplement revenir dans ton centre, revenir à toi et te dire « Ok, qu'est-ce qui m'a marqué dans cet épisode ? Qu'est-ce que j'en retiens ? Est-ce qu'il y a des blessures qui continuent finalement d'être une forme d'identité ? » Est-ce que je suis en train encore d'attendre des réparations de la part d'un tiers ou des excuses ? Est-ce que parfois dans certains espaces je suis en train de couper les cheveux en quatre alors qu'au fond j'ai surtout besoin de vivre ? Ou est-ce qu'il y a des espaces où vraiment je sens que je ne suis pas pleinement moi-même et donc j'ai envie de venir libérer et de nettoyer ? Qu'est-ce qui aujourd'hui te marque dans cet épisode ? Qu'est-ce que tu retiens ? Qu'est-ce que tu as envie de garder ? Et pour conclure, je dirais que c'est peut-être justement là que Cy Wayne prend tout son sens. Parce que cette période nous vous invite à regarder exactement cela. Regarder ce qui nous précède, honorer ce qui mérite de l'être, recevoir ce qui nous nourrit et laisser derrière nous ce que l'on ne souhaite pas. plus porter. Honorer ne veut pas dire porter éternellement, ni tout rejeter en bloc. Saiwain, pour moi, c'est précisément cet espace entre les deux. Reconnaître, remercier, recevoir, et choisir ce que l'on emmène dans le cycle suivant. Et c'est exactement dans ce sens que j'ai eu envie d'ouvrir le cercle de Saiwain. Un temps à part, pour nous regrouper, pour venir honorer nos lignées, recevoir leurs forces, reconnaître ce qui nous a été transmis, mais aussi déposer ce qu'on ne souhaite plus continuer à porter. Pas seulement pour comprendre avec la tête, mais pour prendre un vrai recul de rituel, de connexion, de libération énergétique et d'intuition. Si cet épisode a remué quelque chose en toi, si tu sens qu'il y a une histoire, une loyauté, une attente peut-être, ou simplement si tu as envie de vivre ce nouvel an de sorcière entourée de tes sœurs, alors ce cercle a été pensé exactement pour ça. Toutes les informations sont dans le descriptif de cet épisode. Je te souhaite une magnifique intégration de cet épisode. une magnifique matinée, une magnifique après-midi ou une magnifique soirée. Et je te dis à très bientôt. J'espère que cet épisode vous aura plu. N'hésitez pas à le partager à des personnes qui veulent, elles aussi, créer les pieds dans la Terre et la tête connectée aux étoiles. Retrouvez l'ensemble des informations et des liens dans le descriptif de l'épisode ainsi que sur mon site audreycarsalade.com N'hésitez pas non plus à laisser un commentaire si vous avez des suggestions, des idées ou tout simplement si vous avez aimé cet épisode. Pour cela, rien de plus simple, filez sur Apple Podcasts et n'oubliez pas les petites étoiles. Retrouvez-moi aussi sur les réseaux sociaux sous le nom de Audrey Carsalade et à l'adresse contacte at audreycarsalade.com N'oubliez pas non plus de vous abonner à la clé de voûte sur votre plateforme d'écoute podcast préférée pour être informé de la sortie du prochain épisode. Bonne semaine à tous ! et merci de votre écoute.