Speaker #0Bonjour et bienvenue dans l'émission La Clé de Voutre. Je suis Audrey Karsalade, coach, autrice et femme médecine. J'aide les entrepreneurs du Nouveau Monde à développer leur business, les pieds dans la terre et la tête connectée aux étoiles. Un lundi sur deux. Seul ou accompagné d'un invité, nous parcourons des chemins de vie puissants et singuliers, des réflexions vers une nouvelle vision du mot « entreprendre » en participant à l'éveil des consciences. La clé de voûte, le trait d'union entre le monde visible et invisible de l'entrepreneur conscient de ses actions et à l'écoute de son intuition. Et bonjour à tous, cette semaine je sors le drapeau rouge, le red flag de « Attention mesdames, la sororité sur une pente glissante, qu'est-ce que ça révèle de nous ? » Et je vais vous parler bien entendu de ce qu'on a vu passer sur les réseaux sociaux et qui a été une déferlante d'attaque, le cas Léa Salamé avec Marion Cotillard. Ces derniers jours, l'espace médiatique a été secoué par cette séquence. Une question jugée maladroite, peut-être clairement manquant de tact, et en quelques heures, une véritable déferlante d'attaque. Mais moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, ce n'est pas seulement de la question en elle-même. C'est ce que la réaction collective révèle de nous, les femmes, et de notre société dans laquelle nous vivons bien trop patriarcale. Pourquoi une critique se transforme-t-elle si vite en acharnement ? Pourquoi ce sont parfois les femmes elles-mêmes qui alimentent ce feu ? Et surtout, comment on peut renforcer une vraie sororité qui soit bien plus qu'un effet de mode, mais une vraie pratique quotidienne ? Et commençons ! par qu'est-ce que la critique veste l'acharnement. La critique, objecter, ne pas être d'accord, c'est sain. C'est même nécessaire parce que ça permet de construire la pensée, ça permet d'échanger, de ne pas être d'accord et d'élever le débat. Mais l'acharnement lui détruit. Et il détruit pas que Léa. Il détruit la sororité, il détruit la place de la femme dans cette société. Et d'ailleurs, il ne parle pas seulement de cette personne critiquée, mais d'un système de biais et de croyances collectives. Alors on va rentrer directement dans les... quatre causes racines que j'ai identifiées qui peuvent expliquer pourquoi la critique bascule en un déferlement de meute. La première des causes racines, c'est la rareté organisée. Oui, mesdames, nous sommes peu nombreuses en haut de l'affiche, encore trop peu nombreuses et, bien entendu, ça crée une rareté organisée. Et c'est ce que la sociologue Rosanne Ben Moss-Canter a montré dans son concept tokenisme. Quand une femme est minoritaire dans un milieu, elle devient la représentante de toutes les autres. Vous savez, cette fausse mixité que l'on voit, on met des femmes, mais finalement, elles ne sont pas en majorité, ni même à égalité. Le résultat, c'est qu'il y a une illusion qu'une seule place est disponible pour une femme au sommet. Pourquoi j'utilise ce concept ici ? C'est pour expliquer cette notion de rivalité. Quand on croit qu'il n'y a qu'une seule place au sommet, alors on pense que critiquer ou rabaisser l'autre devient une stratégie inconsciente pour garder sa chaise ou pour prendre sa place. Mais la vraie sororité consciente, mesdames, c'est justement de casser ce système. C'est de venir créer suffisamment de place pour que tout le monde puisse venir s'asseoir à la tête des leaders plutôt que de se battre pour un siège unique, utopique. Et la deuxième cause racine, c'est être une femme dans un monde patriarcal. C'est les attentes qu'on a par rapport à cette femme. C'est ce qu'on appelle le double bean. ou la leakability penalty. Les recherches en psychologie sociale l'ont montré, une femme leader, elle doit être douce, chaleureuse, mais aussi compétente et ferme. Donc quoi qu'elle fasse, elle sera toujours entre les deux, et elle sera critiquée. Si elle est trop incisive, elle est jugée froide ou arrogante. Si elle est trop conciliante, on la juge comme faible et incompétente. Et c'est ça qu'on appelle la leakability penalty. Pourquoi j'utilise ici cet exemple ? C'est parce que la sévérité des réactions envers Léa Salamé vient de ce bien conscient. Elle n'a pas incarné la douceur qu'on attend d'une femme, cette sororité, tout en étant incisive. Et c'est le piège que nous vivons tous. C'est-à-dire qu'à la fois, il faut qu'elle soit puissante, forte, qu'elle ressemble quelque part un peu à la puissance d'un homme, mais qu'elle soit douce, compréhensive. Et donc, au moindre écart, on lui tombe dessus. La sororité consciente, c'est de refuser d'alimenter ce piège. Au lieu de condamner une femme dans cette contradiction, j'ai cette posture de JT de 20 heures. en même temps je pose une question qui est déplacée mais je demande quand même si tu vas bien parce qu'il y a une forme de sororité super malhabile j'en conviens, c'est de se rappeler que nous sommes toutes exposées et que nous sommes toutes potentiellement déléas à la main et de se rappeler qu'être leader qu'être visible demande du courage et quand ça, bien entendu que ça mérite toute la sororité du monde et tous les encouragements parce que ces femmes ouvrent la voie comme nous en tant que leader nous ouvrons la voie pour que d'autres puissent embrasser ce même chemin. La troisième cause racine, c'est le mythe de Queen Bee. On dit souvent que les femmes au sommet, elles écrasent les autres. Mais en fait, c'est peut-être aussi parce que l'environnement est super hostile pour nous les femmes. Ce n'est pas forcément la nature féminine, c'est une stratégie de survie. Donc c'est toute la nuance. Plus nous les femmes, on sera dans une vraie sororité, moins il y aura cette posture de Queen Bee, moins on aura peur que... nos concurrentes, nos consœurs viennent nous écraser. Lorsqu'on sort de ce système de survie et qu'on se rend compte qu'il y a des clients pour tout le monde et que lorsqu'on prend conscience qu'en se réunissant autour de la table, c'est une énergie mais également des réseaux, alors on changera cette stratégie. La vraie sororité, c'est de refuser ce mythe et au contraire de pratiquer le sponsoring, de mettre en avant d'autres femmes, même dans des environnements qui ne l'encouragent pas. La quatrième cause racine, c'est l'économie de l'indignation. Sur les réseaux sociaux, les médias, on récompense les réactions les plus tranchées, les plus violentes, les plus outrées. Plus tu es outré, plus tu es visible. Et résultat, la moindre maladresse devient visible et il n'y a aucune nuance. On passe du blanc au rouge vif en deux secondes. Et moi, ce que j'aimerais rappeler à tous ces leaders qui sont là et qui parfois s'en prennent vraiment plein la tronche, c'est que vous pouvez choisir d'être entouré par des vrais leaders. qui sponsoring la sororité. C'est de vous rappeler que Léa Salamé, elle débute sur le JT, qu'elle a sûrement une pression de dingue. Bref, on n'a pas le back-office et qu'à minima, on n'est pas obligé de la mettre sur un tableau d'exécution. Mais ce qui m'intéresse surtout dans cet épisode, c'est de vous parler de comment renforcer la sororité. OK, on prend conscience et ce n'est pas des jugements. On peut toutes parfois manquer de sororité. On peut toutes avoir des zones de peur, mais c'est comment on élève le débat. La première des choses, c'est de cultiver au quotidien 5 points. Indistinguer l'acte de la personne. On ne peut ne pas être d'accord du tout avec le geste, le comportement de la personne sans réduire cette personne à son erreur. Elle est tellement plus. Et ça va vous servir aussi à vous. Je vois beaucoup de clientes qui se jugent avec une dureté mais vraiment maladive. L'erreur ne définit pas la personne. On a tous le droit de faire une erreur et l'erreur se transforme en expérience. Et pour peu qu'on soit soutenu par cette fameuse sororité, alors on vient tout de suite changer la donne et élever le débat. La deuxième des choses, c'est soutenir la vulnérabilité. Pareil, c'est un super mot, mais lorsqu'il est mis en pratique, c'est encore mieux. La vraie sororité se mesure quand une femme est fragilisée, pas quand tout brille, pas quand tout est lumineux. Et ne pas participer à cette vague de haine, c'est quelque part ne pas appuyer sur la zone de vulnérabilité de cette personne. Je choisis de ne pas commenter ce fait. Est-ce que je trouve que Marion Cotillard a été sublime dans sa réponse ? Bien sûr. Est-ce que c'était vraiment hyper dans la sororité de poser cette question ? Je ne suis pas certaine. Est-ce que pour autant, on doit mettre Léa Salamé sur un mur et la fusillée nette ? on va peut-être se détendre deux secondes. Le troisième point, c'est vraiment, et c'est un travail aussi de mindset que je fais pour moi-même, que je fais pour mes clientes, c'est choisir des mots qui élèvent lorsque je parle de moi, lorsque je parle des autres. Se rappeler que nous faisons tous de notre mieux. Chuter n'est pas tomber. Demande-toi toujours, est-ce que mes mots abaissent ou est-ce qu'ils ouvrent une voie de croissance ? Parce que du coup, j'arrive directement au quatrième point. C'est un effet miroir. Prends conscience que les critiques que tu fais envers l'autre, c'est des critiques et des duretés que tu as envers toi-même. Quand je juge une autre femme avec autant de sévérité, qu'est-ce que ça veut dire de mes propres peurs, de mes propres blessures ? Comment à mon tour je vais être mise en avant ? Quelle dureté je vais avoir vis-à-vis de moi-même ? Et quelle peur d'être aussi pliée en deux par les autres je vais avoir ? Je choisis les gens qui m'entourent et je vous en parle très régulièrement. Je choisis de venir dans des espaces qui poussent à la sororité et qui poussent mon leadership et qui poussent ma légende personnelle. Donc oui, ça demande à venir choisir des espaces où les gens ont bossé sur eux, où les gens n'ont plus peur, où les gens élèvent le débat. Mais je me rappelle, parce que je suis humaine aussi, que lorsque je critique l'autre, c'est moi que je critique. C'est mes propres peurs et mes propres blessures dont je parle. 5. Faire de la sororité un choix conscient. Au vu de cette société patriarcale, c'est pas forcément automatique et c'est un entraînement, c'est comme tout. Chaque fois que je choisis de soutenir plutôt que d'attaquer, j'envoie un signal fort à moi-même, aux autres et au système. Ce podcast, c'est pas un podcast anti-patriarcat, c'est pas un podcast ultra-féministe. C'est un podcast qui souhaite élever le débat pour que nous toutes, nous puissions vivre notre légende personnelle que Nos coachés, que nos mentors, que les femmes qui sont assises autour de la table élèvent le débat et soient sincèrement contentes pour nous comme nous sommes sincèrement contentes pour elles. Et pour conclure, je dirais que l'affaire Léa Salamé n'est pas un simple fait divers, c'est un miroir de nos comportements collectifs. La vraie question n'est pas de « est-ce qu'elle avait raison ou tort ? » mais comment nous les femmes réagissons quand l'une d'entre nous trébuche. La sororité, ce n'est pas un slogan, c'est un chemin, un engagement et un choix répété. Et si nous voulons construire une ère de leadership féminin puissant, alors il faudra que nos critiques deviennent juste nuancées et constructives. élevons le débat, que nos mots cessent d'être des armes de destruction et deviennent des leviers d'élévation. Et c'est exactement la vision que je porte du leadership féminin puissant, incarné et aligné. Un leadership qui ne se définit pas par la peur, la rivalité ou par l'ego, mais par la capacité d'incarner sa légende personnelle avec dignité, puissance, le cœur ouvert dans un espace de sororité absolue. Et c'est toute la puissance de mes espaces, des lieux pour... incarner ta légende personnelle. Une clarté de vision, un alignement magnétique de ton leadership et des outils précis pour t'accompagner à vivre et incarner ta légende personnelle sans limite. Mesdames, il est temps de choisir les lieux où on élève le débat. Et je terminerai par cette fabuleuse phrase de Pink lorsqu'elle est venue présenter son album et qu'on lui a demandé de faire des remarques sur l'apparence physique de Madonna et sa potentielle dérive chirurgicale. C'est ça. Ce n'est pas le progrès. Et d'enchaîner directement en rappelant qui est Madonna et ce qu'elle a fait pour le monde musical et ce qu'elle a fait pour la femme. Lorsqu'une femme refuse de descendre sa consoeur, lorsqu'à l'inverse, elle élève le débat et elle reconnaît chez elle toute la puissance, alors c'est toute la sororité du monde, du leadership féminin qui se met en route. pour que les femmes puissent vivre librement leur légende personnelle et créer une nouvelle façon d'entreprendre, puissante, solaire, sans limite, avec une magnifique sororité. Je vous souhaite une magnifique fin de journée, une magnifique matinée, une magnifique soirée et je vous dis à très bientôt. J'espère que cet épisode vous aura plu. N'hésitez pas à le partager à des personnes qui veulent, elles aussi, créer les pieds dans la terre et la tête connectée aux étoiles. Retrouvez l'ensemble des informations et des liens dans le descriptif de l'épisode ainsi que sur mon site audreycarsalade.com N'hésitez pas non plus à laisser un commentaire si vous avez des suggestions, des idées ou tout simplement si vous avez aimé cet épisode. Pour cela, rien de plus simple, filez sur Apple Podcasts et n'oubliez pas les petites étoiles. Retrouvez-moi aussi sur les réseaux sociaux sous le nom d'Audrey Carsalade et à l'adresse contact.at audreycarsalade.com N'oubliez pas non plus de vous abonner à la Clé de Vout sur votre plateforme d'écoute podcast préférée pour être informé de la sortie du prochain épisode. Bonne semaine à tous et merci de votre écoute.