- Speaker #0
Aujourd'hui, je reçois Leïla. A 37 ans, elle dirige 4 salons de coiffure et a franchi en 2025 le cap du million d'euros de chiffre d'affaires. Une réussite qui pourrait sembler évidente vu de l'extérieur. Mais dans cet épisode, on parle surtout de ce qu'il y a derrière. Des responsabilités qui grandissent, de la place que prend le travail. Et de cette question qui revient souvent quand on construit beaucoup. A quel moment la réussite professionnelle cesse d'être l'objectif principal ? Avec Leïla, on échange sur l'ambition, sur la fierté d'avoir construit quelque chose de solide, mais aussi sur cette envie de réussir sans s'épuiser. Trouver un équilibre, continuer à avancer, sans avoir le sentiment de se sacrifier en permanence. Parce qu'au fond, réussir n'a pas la même définition pour tout le monde. et qu'avec le temps, nos priorités changent parfois plus que nos objectifs. Bienvenue dans la courbe. Bonjour Leïla, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Salut Mika, ça va et toi ?
- Speaker #0
Ouais, super, super. Je suis très content de t'accueillir dans le podcast aujourd'hui. Pas mal de sujets à évoquer ensemble. Avant de commencer et de rentrer un peu dans le détail de ton parcours, que ce soit scolaire et professionnel, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, avec plaisir. Moi, c'est Leïla Dubré, j'ai 36 ans et je vis à Versailles et je dirige plusieurs salons de coiffure.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Combien tu diriges de salons ?
- Speaker #1
Quatre.
- Speaker #0
Ok. Et ils sont situés tous dans la région parisienne ?
- Speaker #1
Oui, ils sont tous situés dans les Yvelines et ils ne sont pas très loin les uns des autres. Ils facilitent la gestion.
- Speaker #0
Ok, très bien. Qu'est-ce qui fait que tu as réussi à avoir un, puis deux, puis trois, puis quatre salons ? Comment tu en arrives là ? Et avant, peut-être qu'on rentre dans ce détail-là. Est-ce que depuis toute petite, tu t'es dit, moi, je veux avoir mon entreprise, mon salon, ou c'est venu au fur et à mesure ? Est-ce que tu te rappelles un peu de ça ?
- Speaker #1
Oui, je m'en rappelle très bien. Je n'étais pas du tout destinée à faire de la coiffure. Je n'avais pas spécialement des bonnes notes à l'école. Sortie de troisième, il fallait que je trouve une orientation plutôt vers un métier. Alors, il y avait la coiffure, l'esthétique, les fleurs. Voilà, j'ai choisi la coiffure parce que finalement, en déduction, les autres me plaisaient un peu moins. Et puis, il s'avère que ça m'a plu très vite.
- Speaker #0
Ok, donc c'est venu un petit peu contraint au départ, le choix de cette orientation ?
- Speaker #1
Alors, je l'ai choisi, mais je l'ai choisi par… par déduction des écoles que mes parents me proposaient. Ils me proposaient une école pour faire ça, une école pour faire ça, une école pour faire ça. Et je ne me suis pas dit, ah oui, oui, c'est ça que je veux faire. Non, je me suis dit, non, ça, ça ne me plaît pas. L'esthétique, ça ne me plaît pas. Je n'ai pas envie de toucher aux gens, d'être seule dans une cabine avec eux. Et donc, c'était plutôt par déduction. Et puis, une fois arrivée à l'école, j'avais 15 ans et ça m'a vite plu. Dès la première année, j'ai su que j'allais garder ce métier et que c'était quelque chose qui me convenait, en fait.
- Speaker #0
Et comment tu l'expliques, ça ? Qu'est-ce que tu as ressenti pour te dire « Ok, en fait, je suis au bon endroit » ?
- Speaker #1
J'avais des profs qui étaient top. Il y avait une bonne cohésion dans la classe, dans l'école. J'étais dans une école privée, donc je n'étais pas en apprentissage. Et ouais, j'aimais beaucoup mes profs et j'étais hyper intéressée par tout ce que j'apprenais.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis parce que c'est un, on va dire que c'est un parcours que je maîtrise peu. Tu dis j'étais en école privée, donc je n'étais pas en apprentissage. Ça veut dire pour autant que tu allais quand même en entreprise faire des stages ou c'était que des cours ? Comment ça s'est passé à l'époque ?
- Speaker #1
C'était que des cours. J'avais que des cours. Ouais, j'avais que des cours. Une fois, enfin deux fois dans l'année, j'avais un stage d'une semaine. Je n'étais pas en entreprise, j'étais vraiment qu'en cours. Alors qu'il y a aussi le parcours en apprentissage où du coup tu n'es qu'en entreprise. Mais moi, ça me convenait bien de rester encore à l'école. J'étais jeune, j'avais 15 ans, 14-15 ans. Donc, c'était bien de rester à l'école et de ne pas être dans le monde du travail directement. Et je dirais que ce qui m'a plu aussi, c'est que j'étais très admirative de mes profs. Et c'est ça qui a fait que ça a commencé, en fait.
- Speaker #0
Ok, j'aime bien cette idée. Effectivement, les profs... Ça, on ne rend peut-être pas toujours compte, mais ils peuvent avoir un impact assez important. Ton premier job en tant que coiffeuse, ça commence à quel âge alors ?
- Speaker #1
J'avais 19 ans. J'ai passé mon CAP, j'ai passé mon BP. Le BP, c'était en apprentissage. Donc, si je travaillais, j'étais en salon. J'avais 16 ans, 17 ans. Et après, premier job, 19 ans, CDI, c'est parti.
- Speaker #0
Ok. Et c'était comment ce premier job en coiffure ?
- Speaker #1
C'était top. Exactement pareil que pour les profs à l'école. J'étais dans un salon où mon patron avait cinq salons de coiffure et j'ai commencé salariée dans son salon. Et pareil, tout de suite, j'étais vachement admirative de lui, de son parcours, de ce qu'il faisait et j'avais envie de faire la même chose.
- Speaker #0
Tu penses, après, je dirais, réflexion, que c'est le déclic pour te dire moi aussi, je veux entreprendre ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai toujours eu ça en moi et j'ai un papa qui est entrepreneur. Donc, ça a toujours été dans la fibre un peu familiale. Mais oui, ça a sûrement accéléré les choses.
- Speaker #0
Ok. Voilà. Sympa d'avoir, je dirais, des références. qui peuvent te donner envie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tu en parles à l'époque avec ton premier patron ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr, j'en parle. Déjà, je veux me faire bien voir par mon patron. Il a cinq salons, il a des managers dans chaque salon. Moi, je débarque, je viens de province. Oui, j'ai envie de me faire bien voir, j'ai envie qu'il me remarque. Donc, je fais tout bien. tout convenablement pour me faire remarquer dans le bon sens. Et du coup, ça fonctionne parce que j'arrive, j'ai 19 ans et je suis coiffeuse et au bout d'un an et demi, la manager part en congé maternité. Et donc, du coup, finalement, toutes les petites graines que j'avais semées pour être la salariée modèle paye et du coup, on me propose de prendre la place de manager. J'étais en encore du coup un peu jeune, j'avais 20 ans. Et du coup, je prends la place de manager pendant un an, un an et demi. Donc, j'étais super contente, super fière.
- Speaker #0
OK. Là aussi, ça se passe bien ? C'est une bonne expérience ?
- Speaker #1
Ouais, c'est une super expérience. Ça se passe super bien. À la fin, la manager revient. Et là, je dis à mon patron, mais par contre, c'est pas possible. Je ne veux pas du tout reprendre ma place de coiffeuse. Vraiment, je ne veux pas. Et mon patron me dit, écoute, très bien, ce qu'on va faire, c'est que j'achète un nouveau salon et je te mets manager dedans. Donc, OK, super contente. On part un peu sur ce projet-là. Et puis, très vite, en fait, je veux investir dans le salon. J'ai quand même mes idées. Voilà. Et en fait, on ne trouve que des crocs. gros salon parisien où il y a 8 personnes dedans et en fait j'ai 20 ans et je ne suis pas prête à gérer et à manager 8-10 personnes dans un salon parisien. Ou bien alors, on trouve des petits salons où il y a une, deux personnes, mais au final moi je veux investir aussi dedans et donc du coup, on ne pourra pas vivre finalement tous les deux sur un même salon. Donc, on fait ce constat et on finit par dire… On n'y arrive pas, en fait. Soit on n'arrivera pas à se tirer un salaire chacun correct sur un petit salon. Un gros salon, c'est trop gros pour moi. Donc, mon patron finit par me dire, écoute, mets-toi à ton compte toute seule. Et puis, par contre, moi, je t'aiderai. Je t'aiderai à trouver le salon. Je t'aiderai à prendre les décisions. Mais vu la situation et vu ce que tu as envie, je pense que c'est mieux que tu te lances toute seule. Et du coup, j'ai dit... banco, allez, ciao, et je me lance toute seule, et effectivement, je pouvais compter sur lui dès que j'avais une question, dès que ça n'allait pas, il a toujours été là pour moi, même encore maintenant.
- Speaker #0
C'est génial comme rencontre, comme relation. Un sorte de mentor, sans vouloir faire un raccourci. Oui,
- Speaker #1
on peut dire ça comme ça.
- Speaker #0
Et juste pour que je comprenne, parce que j'ai une idée, mais je pense que je n'ai pas le côté concret. C'est quoi la différence quand tu dis, j'ai été coiffeuse et après je suis passé manager ? Ça veut dire que la manager, elle coiffe plus du tout ? ou elle coiffe quand même, mais elle a un rôle aussi. Est-ce que tu peux me dire un peu la différence entre les deux ?
- Speaker #1
Coiffeuse, tu vas t'occuper uniquement de tes clients du matin au soir. Et quand tu es manager, tu vas t'occuper de faire l'ouverture, de faire la fermeture, de faire la caisse, de passer tes commandes, de produits qui manquent. Tu vas t'occuper de faire... que le mécanisme fonctionne bien et puis tu vas aussi être responsable des gens qui travaillent dans le salon pour « diriger » , pour que tout le monde puisse être à son poste de travail, là où il doit être, en temps et en heure, pour que les clients s'enchaînent et qu'il n'y ait pas de grains de sable dans le déroulé de la journée.
- Speaker #0
Ok, donc il y a aussi ce côté responsabilité qui te... plaît à l'époque et tu te dis en fait moi je veux le garder ça. Et quand tu prends la décision, t'as 20-21 ans de te dire je me lance à mon compte, donc j'imagine après, on va pas rentrer forcément dans le détail, mais tu lances avec peut-être un peu de fonds propres, avec un peu de crédit, etc. pour faire une opération, pour t'installer. Comment le voit ton entourage ? Est-ce que... On te dit, tu es peut-être un peu jeune ou est-ce qu'au contraire, on te dit, plutôt tu te lances mieux c'est ?
- Speaker #1
Dans ma famille, on me pousse. On me pousse clairement. Depuis, pour la petite histoire, je suis allée voir la banque. Du coup, je voulais m'installer vraiment vite. À 19 ans, je suis allée voir la banque avec pas un centime en poche. La banque m'a rionné et m'a dit, mais madame, vous voyez la porte, prenez-la. Et tout le monde a bien rigolé. et je suis revenue deux ans après où j'avais... un peu d'argent de côté, je suis revenue avec un peu d'argent de côté et là, on m'a ouvert la porte, on m'a entre-ouvert la porte, mais je m'y suis faufilée et c'est drôle maintenant, ce même banquier, quand j'arrive, ah, bonjour, enfin, je suis pas du tout accueillie, accueillie, pareil, donc ça, c'est drôle. Et c'était quoi ta question d'avant ?
- Speaker #0
C'était plutôt comment le voit l'entourage parce que souvent, Quand j'interview des personnes qui se sont lancées, des chefs d'entreprise, etc., souvent tu peux avoir la crainte de l'entourage qui se répercute sur toi. Ils vont te projeter leur propre peur. C'est un peu comment tu as géré ça à ton âge ?
- Speaker #1
Pas du tout. J'ai été poussée par mon père, clairement, qui me disait Lui a toujours été entrepreneur, il s'est mis aussi à son compte, il avait 20 ans, donc en fait j'avais 20 ans, il fallait y aller, donc lui me poussait énormément. Et puis j'avais mon patron, mon mentor qui me disait tu peux y aller, t'es solide et je serai là pour t'aider. Et j'avais mon conjoint qui est mon mari aujourd'hui qui lui aussi disait bah oui tu vas pas redescendre, allez on y va. Pas de crainte, pas de peur, juste une envie d'y aller et de réussir.
- Speaker #0
Ok, super. Et c'est quoi ta plus grosse difficulté au départ ? Si on peut se replonger un petit peu en arrière, quand tu t'es lancé, est-ce qu'il y a eu des difficultés sur du recrutement ? Est-ce qu'il y a eu des difficultés, on va dire, peut-être sur du management aussi ? Parce que toutes les personnes, on va le dire, le côté humain est quand même compliqué quand tu es chef d'entreprise. Parfois, tu tombes sur des gens qui n'ont pas forcément envie d'être managé par une jeune qui arrive de 20 ans. C'était quoi la plus grosse difficulté, si tu peux t'en rappeler ?
- Speaker #1
Oui, je m'en rappelle très bien ma plus grosse difficulté. Du coup, je ne sais pas si on peut le dire, mais il y avait une coiffeuse dans le salon que je rachète, que tu connais très bien et qui est ta femme, avec qui tu étais jeune, avec qui je m'entendais bien aussi, et qui était très sérieuse et très bosseuse. que ça a tout de suite bien fonctionné. Elle, elle était avec ses patrons par trait à la retraite. C'était un peu vieillissant. Donc, finalement, j'avais un peu la sensation qu'elle était contente d'avoir plutôt quelqu'un de plus jeune et de son âge avec des idées nouvelles. Donc, ça, ça s'est super bien passé. Mais ouais, ma plus grande peur, et elle a duré plusieurs années, c'était que Marine, qui était la coiffeuse, part. soit enceinte, qu'elle soit plus là. C'était ma terreur, mais c'était vraiment ma terreur que ma coiffeuse s'en aille parce que c'était vraiment ma coéquipière et que j'avais besoin d'elle. De toute manière, j'ai besoin de mes coiffeurs pour y arriver. Ils ont un rôle hyper clé, en fait. Et donc ça, ce qui était valable il y a dix ans est toujours valable aujourd'hui. Et il y a dix ans, il y avait qu'elle et c'était ma plus grosse hantise, quoi. qu'elle... qu'elle ne soit plus là, en fait.
- Speaker #0
Ok, et c'est hyper intéressant parce que tu as besoin, on va dire, de tes salariés pour que ça avance, etc. Pour autant, je me trompe peut-être, mais je me dis que dans tes cours à l'école, tu n'as pas forcément eu de cours sur du recrutement, du management. Comment tu fais pour appréhender cette partie-là et comment tu fais aujourd'hui pour... recruter des gens ? Alors, séparer mes deux questions, mais déjà, est-ce que tu avais des cours un peu sur ça ? Est-ce qu'il y avait des approches à l'école sur cette partie ?
- Speaker #1
Zéro approche sur le management, clairement. Zéro, zéro. Comment je fais à l'époque ? J'aime bien ça, le management. C'est un peu un truc qui me plaît. J'ai l'impression d'avoir un peu... J'aime ce truc. Donc, quand tu aimes bien quelque chose, en règle générale, tu t'y intéresses, tu essaies de t'améliorer et tout ça et tout ça. Donc, voilà. Pareil, j'avais une tante qui manageait, enfin, qui manage toujours beaucoup de personnes avec qui je me référais beaucoup dès que j'avais un problème et qui était de très bons conseils, qui m'a accompagnée pendant des années et qui m'accompagne encore maintenant sur des sujets de management. Donc, ça, c'était vraiment mon pilier sur lequel je pouvais me reprendre. Et après, comment on fait pour recruter ? C'est compliqué, surtout. C'est très compliqué de recruter. Et moi, j'essaye de soigner mon réseau pour le recrutement. C'est important, c'est un petit milieu. Et puis, voilà.
- Speaker #0
OK, c'est intéressant. Soigner son réseau parce qu'après, l'idée, c'est que ça te permet peut-être de lecture. Un, de prendre des renseignements sur la personne, savoir comment elle travaille. Et deux, peut-être que des gens te proposent d'eux-mêmes des profils. C'est un peu comme ça que je...
- Speaker #1
Non, alors ce serait trop beau si... Ça, ce serait un grand luxe. Non, c'est plutôt, ah oui, je connais Salon. Ah oui, j'ai entendu parler de Leïla. Ah oui, voilà. Donc, c'est plutôt comme ça, le réseau.
- Speaker #0
OK, c'est... plutôt dans ce sens-là. Moi, c'était un peu le côté idéaliste.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ce serait trop beau. Ok. Ouais. Ok, ok. Donc, c'est intéressant. Donc, ça te plaît, le management. Donc, il y a ce premier salon, cette première expérience. Qu'est-ce qui fait qu'après, tu te dis je vais partir sur un deuxième. Comment ça se...
- Speaker #1
En fait, dès que je me suis lancée, j'ai toujours dit, moi, j'aimerais avoir quatre salons de coiffure. Donc, en gros, c'était clair, net et précis. Donc, je venais d'en acheter un, j'étais contente, mais je savais que je voulais en acheter d'autres, clairement. Et un an et demi après, du coup, on m'a proposé de racheter le salon où j'étais salariée. Donc mon patron... m'a proposé un de ses salons. Et en un an et demi, j'en ai racheté un deuxième. Et puis, ainsi de suite. Après, j'ai toujours un œil ouvert. Je suis toujours en veille sur ce qui se vend, sur ce qui se passe. Et de fil en aiguille, comme ça, j'en ai acheté cinq et j'en ai revendu un. Donc aujourd'hui, j'en ai plus que quatre.
- Speaker #0
Ok. Est-ce qu'aujourd'hui, ce chiffre quatre, c'est ton... ta taille critique ou est-ce que ça a évolué avec le temps ? Et maintenant, tu te dis, en fait, maintenant que je sais en gérer quatre, est-ce qu'il y a un intérêt à ce que tu en aies plus ?
- Speaker #1
Alors, ça dépend des moments de vie, on va dire, parce que ça fait 11 ans que j'ai acheté mon premier salon. Donc, il y a eu des moments où je me disais, j'aimerais en avoir plus, d'autres moins. Qu'est-ce que je peux te dire là-dessus ? Si ! je trouvais du monde pour travailler dans les salons j'en aurais 10 et ça me plairait beaucoup c'est tellement compliqué de trouver des personnes de confiance parce que moi je suis pas dans le salon en fait il est géré totalement par les managers je suis pas sur place donc tu donnes vraiment ton entreprise à quelqu'un donc il faut vraiment trouver les bonnes personnes c'est pas toujours évident mais ça fonctionne non. Donc voilà, si j'avais autant de managers que je voulais des salons de coiffure, j'en aurais 10. Aujourd'hui, j'envisagerais plutôt finalement de ne pas en avoir 10 puisque c'est tellement compliqué de trouver à mettre du monde dedans. Aujourd'hui, non, je veux juste que ce soit pas très loin de chez moi et je privilégie plutôt des gros salons avec des grosses équipes que plusieurs petits salons. Et 4, c'est bien. Et voilà, quatre, c'est bien. À la limite, je préfère acheter, revendre et toujours rester sur un rythme de trois, quatre salons que finalement d'en avoir encore plus. J'ai eu des enfants, une vie de famille. Donc, il faut que ça s'équilibre aussi.
- Speaker #0
L'équilibre est important.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Très bien. J'ai plein de questions. Alors, je vais essayer de les structurer. Mais déjà, la première question, c'est, sans nous donner peut-être tes petits secrets, qui resteront confidentielles, mais c'est comment tu choisis l'emplacement d'un salon. Qu'est-ce qui fait que toi, tu te dis, en fait, ce salon-là, j'y vais, celui-là, j'y vais pas. Est-ce que tu as deux, trois petits trucs à nous partager sur cette réflexion-là ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et j'ai beaucoup appris sur comment choisir le salon au fur et à mesure des années. La première chose aujourd'hui, c'est que... Et comme c'est difficile de trouver du personnel, je cherche plutôt des salons où il y a du personnel dedans. C'est la première chose. La deuxième chose, pour un confort de vie, moi, je veux que ce soit proche de chez moi. C'est-à-dire que je ne veux pas faire une heure et demie de route pour me rendre au salon le matin à 9h. Donc, il faut que ce soit proche de chez moi. Et ensuite, ça va être aussi l'emplacement, un bon emplacement. Et après, ce qui va aussi pouvoir pourquoi pas jouer, J'aime bien acheter des salons qui sont un peu en déclin, un peu vieillissant, que du coup, je vais payer moins cher et que du coup, je vais pouvoir faire remonter avec des travaux, avec des coiffeurs formés, pour redorer l'image d'un salon qui était un peu en chute libre. C'est plutôt le profil de salon que je recherche.
- Speaker #0
Ok, c'est un peu…
- Speaker #1
Et je n'ai jamais fait de création et j'ai toujours été de création de salon et j'ai toujours été plutôt contre. Et au fur et à mesure, maintenant, tu vois, avec les réseaux qui se développent vachement, maintenant, en fait, je crois que ça pourrait être quelque chose qui pourrait me plaire de faire une création parce qu'il y a dix ans de ça, tu avais besoin d'une vitrine pour te montrer et pour être visible. et aujourd'hui ma vie... Ma vitrine, elle est créée, elle est sur les réseaux, elle est sur Internet. Et en fait, les gens n'ont plus besoin de passer devant le salon pour prendre leur rendez-vous et venir se faire coiffer. J'ai besoin d'être visible sur Internet. Et du coup, la création peut être envisageable. Et du coup, moins cher aussi parce que du coup, tu ne rachètes pas une clientèle.
- Speaker #0
Ok. Par contre, peut-être un peu plus long au démarrage, mais moins long qu'il y a 10 ans.
- Speaker #1
Je pense. Je ne l'ai jamais fait, mais peut-être dans dix ans, je pourrais te le dire. Je ne l'ai jamais fait, mais je pense que ça peut aller plus vite. Et puis aussi, il y a dix ans, je n'avais aucune notoriété. Je n'étais pas connue. Enfin, si je peux dire, une notoriété entre guillemets. Mais aujourd'hui, je suis un petit peu plus connue. Donc, ça peut aider aussi.
- Speaker #0
Ok, j'aime bien l'idée que tu évoquais de reprendre des salons qui étaient peut-être un peu vieillissants, un peu moins en croissance. pour amener ta touche avec des travaux, avec formation des collaborateurs pour, on va dire, un peu comme on peut l'évoquer dans le marché de l'immobilier, faire des opérations de marchands de biens. Tu achètes des biens un peu vieillots, tu fais deux, trois réflexions sur la structuration du bien, l'aménagement. Tu remets à jour.
- Speaker #1
J'optimise, j'optimise. tout dans le salon, ce qui n'était plus fait souvent, en fait.
- Speaker #0
Et ça, ça te plaît. Ça, c'est quelque chose qui, dès que tu vois un potentiel, tu arrives à te projeter et te dire, là, il y a X trucs à faire.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
OK, OK, OK. Donc, c'était un peu ça. Pourquoi je revenais sur ça ? Parce que tu évoquais tout à l'heure que tu avais eu 5 salons et que finalement, tu étais revenu à 4. L'achat-revente, c'était aussi un peu de cette logique-là, de se dire, moi, j'ai exploité le plein potentiel de ce salon. c'est peut-être le bon moment pour le vendre.
- Speaker #1
Oui, il y a un peu ce côté business qui me tient quand même, dans le sens où je ne me dis pas c'est mon salon et je l'aurai jusqu'à la fin de mes jours. Moi, ce qui me plaît, c'est aussi quand même de faire du business. Donc effectivement, acheter, revendre, c'est aussi ce qui permet de gagner de l'argent et c'est aussi ce qui me plaît. Donc oui, il y a un peu ce côté-là.
- Speaker #0
Ok. Comment ? On évoquait le sujet d'apporter sa touche dans les salons. C'est quand même un milieu qui me paraît très concurrentiel. Comment tu te démarques ? C'est quoi un peu le fil conducteur que tu veux amener dans tes salons ?
- Speaker #1
Le fil conducteur, c'est que je veux que les clients vivent une expérience en venant au salon. Je ne veux pas que les gens disent « je dois aller me faire coiffer » , c'est « je vais me faire coiffer, j'ai envie d'y aller » . Après, comment ça se fait ? Ça change avec le temps. Vraiment, tu dois t'adapter au monde actuel en permanence. Si tu ne veux pas terminer, je n'ai de coiffure, clairement. Donc, tu t'adaptes au monde qui se passe autour de toi, au mode, au mode de vie des gens. Tu vois, il y a eu le Covid, ça a clairement redistribué les cartes. Avant, les samedis, c'était des grosses journées. Maintenant, c'est tout au long de la semaine. Parce que les gens font du télétravail. Tu vois, il y a beaucoup de choses comme ça aussi. Donc, tu t'adaptes. Et après, comment je fais ? Tu vois, chaque année, je me pose en fin d'année. Et je me dis, OK, l'année prochaine, qu'est-ce que je vais faire pour développer les salons ? Et chaque année, je fais ça. Et je me mets quatre objectifs. Et que je fais, en fait. Ou je me dis, j'y vais et je le fais.
- Speaker #0
Et ça, ce moment, C'est quelque chose que tu fais toute seule ou est-ce que pour avoir un recul, un avis extérieur, tu sollicites quelqu'un ?
- Speaker #1
Je le fais toute seule et souvent, ça tombe quand même. Ces dernières années, il y a des business developers qui m'accompagnent aussi. Et le fait d'échanger avec le business developer me permet de trouver des nouvelles idées ou de peaufiner mes idées. Voilà, c'est un peu ça. Mais je le fais toute seule. Et si j'ai besoin, je peux me faire aider du business développeur.
- Speaker #0
C'est intéressant. Quand tu disais tout à l'heure, je ne suis pas au salon toute la journée, etc. Comment ça s'organise ton quotidien ? Parce que tu dois déléguer et apprendre à faire confiance. Pour autant, j'imagine qu'il faut quand même être présent pour ne pas que les équipes... se sentent délaissées ou que l'exigence redescende. Comment tu t'organises ? Est-ce que tu as une semaine type où tu te dis « bon, il faut que je sois à tel salon, tel salon, tel jour ou tel jour » . Est-ce que tu peux nous dire un peu ton quotidien ?
- Speaker #1
Oui, c'est toujours la même question qu'on me pose, c'est rigolo. Elle revient toujours cette question. Mon rôle, en gros, c'est de faire... évoluer, de développer les salons et de les optimiser en fait. Je dois aussi recruter, former, manager mes équipes pour qu'elles aient des bonnes conditions de travail et je dois aussi recruter des clients et faire en sorte que mes clients soient satisfaits quand ils passent dans le salon. Donc, je n'ai pas de semaine type. J'ai un bureau dans un des salons où je me rends love. plupart de la semaine, mais je peux travailler chez moi, je peux travailler dans la voiture. Maintenant, je suis derrière un ordinateur du matin au soir et je passe dans les salons.
- Speaker #0
déposer des produits parce que j'ai quelque chose à voir avec les coiffeurs. J'en profite pour saluer tout le monde, pour vérifier, prendre la température dans l'équipe, vérifier que tout le monde va bien. Et puis sinon, je communique beaucoup par WhatsApp avec mes managers. Chaque manager chapeaute vraiment son équipe. Et moi, je communique tous les jours avec mes managers, mais pas forcément avec tout le reste de l'équipe. Et quand je passe en salon, c'est parce que... Voilà, j'ai quelque chose à faire dans le salon et en même temps, j'y reste un peu pour prendre la température, toutes ces choses-là. Et puis, ce que j'essaye aussi de faire, mais ce n'est pas toujours évident, j'essaye aussi parfois de m'installer sur un poste de coiffage dans les salons. Comme ça, je reste un peu dans le salon. Je sais que mes coiffeurs apprécient de me voir. Donc, voilà. Puis, c'est plus sympa aussi que d'être enfermée dans le bureau solo toute la journée. Donc pas de... Des fois, je peux faire les quatre salons dans la journée, comme des fois, je peux ne pas aller dans un salon pendant deux semaines.
- Speaker #1
OK. Il n'y a pas de règle ?
- Speaker #0
Aucune règle.
- Speaker #1
OK. Très bien. Et ça représente combien de salariés aujourd'hui ? Parce que tu nous parlais un peu de tes équipes. Est-ce que tu peux nous dire un peu ?
- Speaker #0
Oui, ça représente douze personnes. Et idéalement, il faudrait qu'on soit seize. Je suis toujours un peu à fil tendu, il me manque quand même toujours du monde.
- Speaker #1
Et là, tu sens, parce que c'est ce qu'on entend un peu chez plusieurs chefs d'entreprise de différents secteurs d'activité, tu sens que c'est vraiment beaucoup plus dur de recruter là depuis 18-24 mois ? Ou ça a toujours été le cas pour toi sur ces dix dernières années ?
- Speaker #0
Non, ça a toujours été quand même le cas sur ces dix dernières années. Et je dirais que post-Covid, ça, c'est compliqué. Et c'est là où j'ai vraiment vu une différence. On travaille le samedi, on est commerçant, on ferme à 19h le soir. Je suis dans un monde principalement de femmes, plutôt jeunes, qui vont avoir des enfants, qui après, l'organisation, c'est pas si simple. Quand tu termines à 19h30, entre 19h et 20h le soir, que tu travailles le samedi. Donc, ouais, c'est compliqué et c'est compliqué de recruter.
- Speaker #1
Ok. Tu parlais du milieu féminin. Est-ce que pour toi, être une femme entrepreneur, ça a été un frein ? Ça a été plus compliqué ou en fait, tu ne t'es jamais posé la question et tu as fait ton chemin ?
- Speaker #0
Pour moi, être une femme entrepreneur, ça ne change rien. Que tu sois un homme ou une femme, ça ne m'a rien changé. Par contre, j'ai vraiment vu quand j'étais jeune. Quand j'avais 20 ans, personne ne me prenait au sérieux. Il fallait toujours que je prouve aux uns et aux autres que j'allais y arriver, que ça allait fonctionner. Je devais toujours faire mes preuves. Et ça, c'était difficile, mais c'était plutôt dû à la jeunesse et pas d'être une femme. Et aujourd'hui, 36 ans, c'est cool. Je n'ai plus besoin de faire mes preuves. Quand je dis quelque chose, on m'écoute, on me respecte. Et je ne parle pas forcément de ça vis-à-vis de mes collaborateurs. C'est plutôt vis-à-vis des... des collaborateurs extérieurs à l'entreprise.
- Speaker #1
On va dire les partenaires,
- Speaker #0
que ce soit des fournisseurs,
- Speaker #1
des banquiers, un peu ce partenaire extérieur. Oui. Ok. Tu dirais que c'est quoi aujourd'hui ta plus grande réussite ?
- Speaker #0
Ma plus grande réussite, je ne sais pas. La première chose, je dirais peut-être que c'est d'être heureuse dans mon travail. C'est que j'aime ce que je fais et que je trouve ça chouette. Je suis contente d'aller bosser tous les matins. Donc ça, c'est quand même bien parce que j'y passe beaucoup de temps. Et je ne sais pas, l'autre réussite, je dirais que je suis assez fière de mes coiffeurs, des gens avec qui je travaille. Et je dirais, allez, pourquoi pas, cette année, j'ai réussi à faire le million. Et je suis très fière. Je m'étais toujours dit, comme les quatre salons de coiffure, je m'étais dit un jour je ferai le million. Et cette année, je l'ai fait et je suis vraiment contente.
- Speaker #1
Bravo, parce que c'est un cap symbolique peut-être en termes de chiffre d'affaires. Pour autant, c'est bien d'avoir un peu cette checklist avec plusieurs choses à cocher. Si tu l'as coché, c'est aussi un bel accomplissement. Est-ce qu'il y a des choses ? que tu peux nous partager, parce qu'il y en a peut-être que tu veux garder, mais est-ce qu'il y a des choses que tu n'as pas encore cochées dans la checklist ? Tu parlais tout à l'heure des 10 salons. Est-ce qu'il y a des choses, en fait, où tu te dis, ça, j'aimerais bien ? Est-ce qu'il y a une ville où tu ne t'es pas encore implantée et tu te dis, j'aimerais vraiment trouver quelque chose ? Enfin, voilà. Est-ce que tu as des choses, dans les prochaines années, qui t'animent, sur lesquelles tu travailles ?
- Speaker #0
Oui. Là, en ce moment, la chose qui m'anime principalement et que j'ai hâte de checker, et je ne sais pas... pas comment je vais y arriver et je sais pas comment je vais faire, mais j'aimerais être détendue, j'aimerais être moins stressée, j'aimerais vivre plus sereinement avec mon boulot, en fait. C'est-à-dire que c'est pas la charge de travail, je l'encaisse très bien, mais c'est plutôt les angoisses, le stress, tout ce qu'il y a autour, ça je l'encaisse mal et j'ai hâte, je sais pas si ça arrivera, qu'un jour je puisse être en paix avec moi-même et mon boulot et que je ne sois plus stressée, ça englobe trop de choses mais un peu angoissée, stressée, c'est ça. Vivre en paix en fait avec le boulot.
- Speaker #1
Est-ce que tu dirais que ce stress, il a toujours été présent et est-ce qu'il a augmenté en fait avec... Le nombre de salons qui a augmenté, le nombre d'employés. Ou est-ce que tu as toujours eu ça et ça fait partie de toi ?
- Speaker #0
Alors, je pense que je l'ai toujours eu, mais je pense qu'il augmente aussi avec le nombre de salons et le nombre de choses à gérer. Oui, ça augmente. J'ai toutes les casquettes. Je suis seule, je n'ai pas d'asphyxié. J'ai vraiment toutes, toutes, toutes les casquettes. Tout repose sur mes épaules. Et donc, plus il y a de salons, plus il y a de monde, plus il y a de projets. plus il y a de choses que je dois apporter. Donc oui, ça augmente avec le nombre de salons. Surtout quand tu démarres à zéro et que tu arrives à quatre, tu vois, cinq salons. Demain, si je retournais à un salon, forcément, ce serait plus cool et plus tranquille. Mais ce n'est pas ce que j'ai envie de faire non plus.
- Speaker #1
Oui, il y a un rapport entre la satisfaction, l'accomplissement et... Et le niveau de stress qui est peut-être à trouver un équilibre dont on parlait tout à l'heure. C'est quoi qui te génère du stress ? C'est le côté, il y a le côté financier, le côté j'ai des employés, il faut qu'on arrive à leur verser un salaire ou est-ce que c'est le côté gestion, on va dire ressources humaines ? Qu'est-ce qui t'amène le stress qu'on évoque ?
- Speaker #0
Gestion ressources humaines principalement, faire que tout roule, que tout tourne. C'est comme s'il fallait huiler la machine en permanence. Il faut pédaler tout le temps pour continuer d'avancer. Si tu arrêtes de pédaler, tu tombes. C'est plutôt ce côté-là. Heureusement, je n'ai pas le côté financier. C'est plutôt gérer les gens, gérer les équipes. C'est plutôt ça. Ne rien oublier, être sur tous les fronts. front. Et puis, c'est aussi la charge de travail. Il y en a quand même de plus en plus. Tu vois, maintenant, il faut aussi gérer les réseaux sociaux. Il faut aussi l'administratif. C'est toujours de plus en plus lourd. Il y a toujours des nouvelles choses. Et puis, c'est toujours la même chose. Quand tu dois faire ça pour un salon, quatre salariés, mais quand tu dois dupliquer pour quatre, en fait, tout de suite, c'est une montagne. Je te prends un exemple tout bête, les décos de Noël. « Ah ok, c'est chouette de décorer ta boutique pour Noël. Tu te fais plaisir, tu vas faire tes petites boutiques, tu décores. » Mais en fait, quand il faut le faire fois quatre, Salmon, en fait, finalement, tu as 200 mètres carrés, plus de 200 mètres carrés à décorer. Il faut que ce soit bien fait, il faut que ce soit fait en temps et en heure. Enfin, tu vois, et donc du coup, tout est ultra lourd en fait.
- Speaker #1
Oui, le côté plaisir peut devenir une contrainte assez rapidement.
- Speaker #0
Oui, le fait qu'il y ait beaucoup de salons, c'est ça qui est beau aussi.
- Speaker #1
Et c'est peut-être un peu compliqué à répondre, mais est-ce que ce serait plus facile d'avoir un énorme salon, comme ça peut exister, j'ai l'impression quand même, de façon un peu plus rare peut-être, mais d'avoir un salon avec 15 collaborateurs, plutôt que d'en avoir 4 avec aussi 15 collaborateurs, mais des plus petits salons ? Qu'est-ce qui serait le plus...
- Speaker #0
Tu vois, oui, à 20 ans, quand je me suis lancée, c'était impossible pour moi. Et aujourd'hui, oui, ce serait peut-être une solution d'avoir deux salons avec huit personnes dedans. Et puis, ce serait... peut-être un peu plus simple en termes de gestion. Je ne l'ai jamais fait, donc je ne peux pas te répondre, mais c'est quelque chose qui pourrait me sembler peut-être un peu plus facile.
- Speaker #1
Ok, c'est intéressant. Et tu disais sur la partie réseaux sociaux, etc., ça, c'est toi qui gères ?
- Speaker #0
Alors non, maintenant, je ne gère plus. Et heureusement, déjà, je ne suis pas trop réseau, réseau sociaux, toutes ces choses-là. Donc, je me suis forcée à le faire pendant longtemps puisque je n'avais pas vraiment le choix. Et aujourd'hui, il y a quelqu'un qui gère toute cette partie-là pour moi. Et c'est parfait, ça me prend un petit peu de temps. On va dire que je dois dédier trois journées dans le mois au réseau, ce qui est quand même pas mal. Mais ce n'est pas moi qui gère au quotidien toutes ces choses-là.
- Speaker #1
Ok, ok, ok. C'est déjà bien de réussir à déléguer. Est-ce que c'est quelque chose que tu as ? appris avec le temps ou c'est quelque chose que tu avais de façon assez naturelle ?
- Speaker #0
Ce n'est pas facile de déléguer. Donc non, je dirais que ce n'est pas naturel de déléguer. Ma méthode plutôt que de... Ma méthode de délégation elle est plutôt de... d'avoir une entreprise très organisée, très... Par exemple, on a une charte dans les salons qu'on respecte. et quand un nouveau collaborateur va arriver, en fait, il va suivre cette charte. Donc, déléguer, non, ce n'est pas naturel. Et ma manière de déléguer, c'est de faire quelque chose de très structuré pour que tout le monde puisse s'y retrouver et qu'en cas de problème, on ne se réfère pas forcément à une seule personne, à moi. On se réfère au document qui va nous donner la réponse que j'ai créée, en fait.
- Speaker #1
Ok, ok, j'entends. Je pense à ça, mais... Alors, bien évidemment, si on a des super profils, qu'ils te contactent pour devenir salarié dans ton groupe. Mais si des personnes nous écoutent et elles ont envie de se lancer, de se mettre à leur compte dans ton secteur, puisque c'est ce que tu maîtrises le plus, c'est quoi le premier conseil que tu pourrais donner ? Parce que je sais que tu es aussi quand même dans le côté transmission, puisque tu as connu, on va dire, un mentor notamment. Qu'est-ce que toi, tu pourrais donner comme conseil ? qui te semblerait le plus judicieux ?
- Speaker #0
Je dirais travailler, être travailleur, être rigoureux et être résilient. Mais je crois que ça s'apparente à beaucoup de boîtes. Mais je dirais ça pour gérer un salon de coiffure finalement ou n'importe quoi. Mais je dirais que c'est plutôt ça. Il faut se remonter les manches, il faut travailler, être rigoureux et résilient parce que... On tombe, on se casse la figure, mais voilà, il faut se relever, il faut continuer, il faut avancer. Je dirais que ce serait ça. Et puis surtout, prendre vraiment en compte le côté humain. On reçoit des gens dans les salons de coiffure et on travaille entre collègues. Donc, il faut quand même aimer l'humain, les gens. Il faut aimer ça.
- Speaker #1
Très bien. Écoute, te connaissant, ça ne surprend pas trop ces caractéristiques que tu décris. Ça me paraît collé au personnage, donc très bien. Merci pour ça, Leïla. Est-ce que tu aurais une recommandation culturelle, quelque chose qui t'accompagne, peut-être pas au quotidien, mais quelque chose qui t'a aidé ou qui t'aide ? Ça peut être un livre, une citation. Est-ce que ça te fait penser à quelque chose ?
- Speaker #0
Oui, je pourrais te parler, pourquoi pas, du siège de L'Oréal. Ça s'appelle Le Visionnaire. C'est un super bel endroit. C'est dans Paris. C'est Place de la Madeleine et ça mélange un peu tradition et futurisme. C'est là où on va beaucoup se former et ça a une architecture assez particulière. C'est ancien et moderne. C'est un magnifique salon de coiffure à l'intérieur où tu as toutes les marques qui s'apparentent à L'Oréal. Un lieu où le métier vit et il a toujours vécu et il a grandi. Et à chaque fois que je me rends là-bas, c'est un endroit que je trouve assez inspirant et motivant. Donc voilà, si tu as l'occasion, tu pourras regarder à quoi ça ressemble. C'est vraiment beau, ça fait rêver.
- Speaker #1
C'est à la fois un lieu où il y a de l'activité et ça fait un peu effet, pas musée, mais un peu...
- Speaker #0
Oui, c'est un peu un musée de la coiffure, de la création des salons de coiffure à aujourd'hui où ça passe par toutes les étapes. Et dans cet endroit, tu as des gens qui viennent se former, tu as des formateurs. Alors, c'est le côté L'Oréal, mais tu as cet esprit où tu n'as que des gens qui aiment ce métier. tu peux voir le métier qui a pu évoluer. C'est un endroit assez luxueux, où tu te sens bien et très inspirant.
- Speaker #1
Ok, ok. Toi, ça te permet, quand tu y vas, ça te ressource, ça te donne des idées, ça te donne, je dirais, de l'énergie.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Ok, super. Trop bien, trop, trop bien. Ok, écoute, merci. Merci pour ça, Leïla. Est-ce que... Tu as un dernier mot pour notre échange ? Ou est-ce que tu penses qu'on a fait le tour sur ce qu'on voulait échanger aujourd'hui ?
- Speaker #0
Non, je pense qu'on a fait le tour. Écoute, je pense que j'ai répondu aux questions. J'espère que...
- Speaker #1
Tu as bien répondu aux questions. Je te remercie. Voilà.
- Speaker #0
Non, franchement, je n'ai rien à...
- Speaker #1
j'ai rien à ajouter et bien merci en tout cas pour ton partage merci pour ta sincérité sur ces sur ces anecdotes de parcours on suivra la suite savoir s'il y a eu plus de salons moins de salons mais plus gros on regardera un peu tout ça avec attention donc belle continuation à toi Leïla merci merci Mika salut si cet échange vous a plu abonnez-vous pour ne rien manquer des prochains épisodes Rejoignez-nous sur Instagram, sur La Courbe, le podcast, et partagez autour de vous si vous pensez que ce podcast peut inspirer ou aider quelqu'un de votre entourage. Et surtout, souvenez-vous, il n'y a pas qu'une seule bonne voix. Parfois, c'est hors de la courbe que se cache le vrai potentiel. A très vite pour un nouvel épisode.