- Speaker #0
Mon invité du jour, Christophe Bourrel, est chef d'entreprise et fondateur de T-REX, une société spécialisée en cybersécurité. Son parcours est tout sauf linéaire. Il débute par des études de droit, avant de découvrir presque par hasard le monde de l'informatique lors de son passage à l'armée. Une révélation qui va profondément orienter la suite de son parcours professionnel. Christophe construit alors peu à peu son chemin entrepreneurial, fait de détours, d'apprentissage, en passant notamment par 15 années de salariat avant d'oser se lancer. Posez-vous la question, c'est rare de connaître un collègue, un confrère, ou même un proche à travers son parcours scolaire. C'est justement ce que nous allons explorer aujourd'hui pour mieux connaître Christophe. et partager son parcours à tous nos auditeurs. Allez, bonne écoute sur la courbe. Bonjour Christophe.
- Speaker #1
Bonjour Mickaël.
- Speaker #0
Comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ce matin, pas mal.
- Speaker #0
Super, on part d'une bonne note déjà, c'est parfait. Christophe, est-ce que tu peux te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens qui ne me connaissent pas, évidemment. Moi, je m'appelle Christophe, j'ai 53 ans, je suis chef d'entreprise au sein d'une société de cybersécurité qui s'appelle T-Rex. Voilà pour ce qui est des présentations rapides et professionnelles.
- Speaker #0
Ok, super. Donc, tu es chef d'entreprise, ça fait combien de temps que tu es chef d'entreprise ? combien d'années que tu es chef d'entreprise ?
- Speaker #1
Ça va faire une dizaine d'années maintenant que je suis chef d'entreprise. T-REX, c'est la troisième structure dans laquelle je suis chef d'entreprise. C'est la plus aboutie.
- Speaker #0
Ok. Tu parles du domaine de la cybersécurité. Est-ce que c'est un domaine dans lequel tu avais fait tes études ? Comment tu arrives à ce secteur d'activité ?
- Speaker #1
Alors absolument pas. J'ai fait des études de droit. à l'université de Paris 1, j'ai fait du droit public, j'étais assez médiocre et donc j'ai décidé d'arrêter mes études de droit suite à un stage dans un ministère où je me suis rendu compte que c'était absolument pas ce que je voulais faire. Et donc après je suis parti à l'armée parce que je fais 53 ans, donc l'armée était encore obligatoire, j'ai essayé d'y échapper comme tout le monde mais j'ai pas réussi. Et donc voilà, je me suis retrouvé dans l'armée, c'est dans l'armée que j'ai... J'ai eu mes premiers contacts avec de l'informatique métier. En type personnel, j'étais quelqu'un qui jouait, comme tout le monde, j'ai eu des vieux PC pour faire des jeux. Et donc, ça m'a donné la branche, un intérêt particulier pour tout ce qui est lié à ce qu'on appelle l'IT, c'est-à-dire l'informatique qui permet le support des autres métiers au sein d'une entreprise. Donc, ça a été mon premier contact avec le métier que je fais actuellement. Donc, non, pas du tout, rien à voir.
- Speaker #0
Et je vais approfondir un peu la partie militaire et la découverte de l'IT. Qu'est-ce qui fait, avant que tu fasses ce constat, le stage au ministère, etc., qu'est-ce qui fait que tu te diriges vers du droit à l'époque ? Est-ce que tu t'en rappelles ?
- Speaker #1
J'étais aussi un élève très moyen au lycée et donc, comme beaucoup de gens, je ne savais pas trop quoi faire. Et à cette époque-là, en fait, quand tu ne savais pas trop quoi faire, tu finissais facilement en droit ou en lettres. Donc, je me suis retrouvé en droit. Voilà.
- Speaker #0
Ok, voire par défaut ?
- Speaker #1
Carrément par défaut, ouais. Parce que justement, j'ai aucune idée de ce que je voulais faire. Je n'aimais pas du tout le système scolaire. Donc, je faisais en gros, je passais les étapes pour faire plaisir à mes parents. Mais sans vraiment d'avoir idée en tête de ce que je voulais faire. Je me suis retrouvé là par hasard.
- Speaker #0
Ouais, ok. Et le stage, il arrive, c'est à la fin de la première année ?
- Speaker #1
Non, elle arrive en licence. Par contre, le droit, rapidement, je me rends compte que ça me structure. La matière ne m'intéresse pas plus que ça. Par contre, la méthodologie, la façon dont on travaille en droit, c'est quelque chose après qui m'a permis dans ma carrière professionnelle de monter plein d'échelons parce que ça m'a appris à bien rédiger, à faire des plans, à structurer ma pensée. Et ça, c'est clair que ça m'a aidé après. Mais ça, je m'en suis rendu compte quand j'étais plus vieux, évidemment. Mais je voyais bien que j'avais un avantage concurrentiel en interne dans le monde de l'informatique parce que justement, les formations purement informatiques donnent des très bons techniciens, mais il manque toute cette partie communication, écrit. les langues aussi, etc. Donc ça, c'est clairement le droit à structurer ma façon de penser et ma façon d'être aussi un chef d'entreprise. C'est absolument sûr.
- Speaker #0
Ok, c'est super d'avoir encore des choses concrètes qui te servent d'une formation initiale.
- Speaker #1
Oui, le droit, c'est très structuré. Donc ça, c'est introduction, grand A, grand B, grand 2. Pendant trois ans, quand on te malaxe la tête à... à réfléchir comme ça, en fait, après, ça devient un peu naturel. Et tu te rends compte qu'il y a plein de sujets dans lesquels ça ne te sert pas.
- Speaker #0
Ok, super. Tu as retenu quand même trois ans dans un secteur où tu ne savais pas pourquoi tu y allais.
- Speaker #2
Exactement,
- Speaker #1
ouais. Après, j'étais aussi à la Torbonne, ça aide. Tu es à Paris, Panthéon, tu es dans des quartiers sympas. Tu n'es pas à Sergi-Pontoise, dans le campus horrible, là où tu dois mettre trois heures pour aller là-bas. Je dis ça parce que ma fille l'a fait, donc je vois très bien comment on est. Et donc, ça aide quand même aussi à tenir les trois ans, le fait d'être en plein Paris.
- Speaker #0
Il y avait un cadre plus agréable. OK. Et donc, tu fais ta première expérience avec l'IT quand tu fais l'armée.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et c'est quoi les débuts ? Je n'arrive pas à me rendre compte. C'est quoi les débuts de l'informatique quand tu arrives à l'armée ? Qu'est-ce que tu fais, si tu peux en parler ?
- Speaker #1
En fait, moi, je suis dans Zuni. de support et on me met dans un bureau avec un adjudant avec qui je sympathise. Lui, c'est un professionnel, c'est un militaire professionnel. Je sympathise avec lui, on devient copain, etc. Et puis, il m'explique qu'il a créé une base de données lui-même pour gérer un certain nombre de stocks qu'il avait à gérer. Et c'est un gars qui, en fait, avait eu un accident de moto. Il lui manquait ses deux jambes. Et donc, il avait dû se restructurer. Et en fait... L'informatique, il s'y était mis tout seul, c'était un autodidacte. Et donc, en fait, comme j'étais avec lui toute la journée, à un moment, il m'a expliqué comment ça fonctionnait et ce qu'il faisait. Et donc, j'ai découvert le monde des bases de données, qui est un élément structurant quand même dans l'informatique. Et donc, c'est comme ça. Lui, il avait fait une petite base dans son coin pour gérer des stocks. Et donc, après, je me suis mis à m'intéresser, à m'occuper de sa base de données quand il était en congé, etc. Et puis, comme je suis resté deux ans avec lui... on a fait pas mal de trucs, on s'est amusé à faire des petits programmes tout seul, etc. Ok,
- Speaker #0
donc là c'était vraiment les premières expériences, tu sens que ça te plaît, tu sens que chez toi ça réagit ?
- Speaker #1
Oui, alors voilà, chez moi ça réagit, ça me plaît, j'avais déjà des ordis à la maison, c'était un truc qui m'intéressait, mais je ne l'avais jamais vu sous un angle professionnel. Et donc là, ça me donne un point de vue sur un outil qu'on peut utiliser comme un métier.
- Speaker #0
Ok. Et tu dis, je reste deux ans avec lui, c'est-à-dire que ta période à l'armée, ça a duré deux ans ou c'est qu'après, il y a eu une autre...
- Speaker #1
Non, ça a duré un peu plus que deux ans, mais après, j'ai fait d'autres choses sur la fin. Et puis après, je suis parti, je me suis retrouvé sur le marché du travail, ne sachant absolument pas quoi faire. Et donc, j'ai répondu à une annonce de la NPE pour ouvrir des enveloppes dans une boîte et envoyer des questionnaires. à des gens qui devaient installer un petit logiciel sur leur ordinateur et c'était le début de ce qu'on a appelé après médiamétrie donc c'était une petite cartier qui créait un agent pour pouvoir analyser ce que faisaient les gens sur internet ou sur quel site ils allaient etc etc et donc ils cherchaient ils cherchaient quelqu'un alors si tu veux ils installaient cet agent et puis en échange tous les mois il y avait un tirage au sort et si tu avais bien envoyé tes données tu pouvais gagner un voyage tu peux gagner, etc. Donc, c'était du tracking. C'était le début du tracking. C'était une société française qui s'appelait NetValue qui a été cotée au second marché, etc., qui a été un beau succès, qui a été ensuite rachetée par Asenil Sen NetRatings et maintenant, c'est devenu la boîte qui fait toute la mesure d'audience des sites Internet chez Médiamétrique. Et quand j'arrive, en fait, j'ai trois mecs barbus, pas très bien lavés, avec des t-shirts de hard rock et qui travaillent sur des ordis avec des écrans noirs partout qui s'allument dans tous les sens. Et ça, ça s'appelle Linux. Je ne connais pas Linux parce qu'à l'armée, j'ai fait que du Windows. Et là, je vais les voir et je leur dis, je veux faire ça, moi, je ne veux pas ouvrir des enveloppes. Et donc, j'ai fait ça, ils m'ont formé. Je suis autodidacte sur l'informatique, c'est eux qui m'ont formé. Mais ils m'ont formé pendant pas mal de temps. J'ai appris énormément. C'était un des deux que j'avais, c'était un des deux fondateurs de l'EPITAC, une école qui parlera aux gens qui connaissent l'informatique. Et Epitech, Epita, c'était les débuts d'Epitech et Epita. Et donc, un des deux était le directeur de laboratoire, je le cite, il s'appelle Erwan Arzur. Si jamais il écoute ce podcast un jour. Et donc, voilà, c'est comme ça que je me suis retrouvé à vraiment, là, pour le coup, faire plus du système, aller plus dans le code, aller plus dans le système. Non,
- Speaker #0
je t'en prie, est-ce que c'est ça la révélation où tu te dis, en fait, ça y est,
- Speaker #1
c'est mon truc. Là, je me mets à taffer toutes les nuits tout seul, à me taper des bouquins, Aurélie, qui était une marque de bouquins en anglais un peu rude, pour apprendre des systèmes complexes comme BSD, Linux, Solaris, etc. Et là, vraiment, je travaille, je travaille, je travaille, je travaille. C'est la première fois que je me rends compte que je ne travaillais pas. parce que là vraiment je travaille, je peux faire ça à pas moment, rentrer chez moi, faire ça la nuit dormir qu'une heure, retourner le lendemain pour voir que ce que j'ai fait la nuit ça fonctionne,
- Speaker #0
enfin etc donc non ça devient ce qui est devenu ma passion ouais ok parce que il y a le côté est-ce qu'il y a le côté là tu te nourris clairement c'est des lectures quand tu rentres chez toi ou tu re...
- Speaker #1
c'est des lectures, par contre l'avantage de l'informatique d'ailleurs je le dis tout le temps aux jeunes qui arrivent dans la boîte c'est que Merci. On a une chance, c'est qu'on a tous, globalement, on peut tous avoir un ordinateur à la maison. Si, par exemple, tu es chimiste, c'est compliqué de bosser la nuit chez toi et de reproduire ton labo et de pouvoir t'entraîner la nuit. Quand tu as un ordinateur et que tu bosses sur un ordinateur, si tu as envie de progresser et de te former, tu peux le faire. Encore plus maintenant, avec les mocs, avec toutes les données qu'il y a sur le net. À l'époque, il y avait plus de données encore dans les bouquins que sur le net. Maintenant, ce n'est plus le cas. Ok.
- Speaker #0
Et tu as toujours eu cette soif d'apprendre ? Tu sens que ça fait du bien à ton cerveau d'apprendre et d'accumuler des connaissances ? Ou là, c'est vraiment parce que c'est ce secteur-là et c'est ce secteur-là qui te parle ?
- Speaker #1
Non, j'ai d'autres secteurs qui me passionnent. J'ai des secteurs comme la voile ou comme la musique, où ça me déclenche le même genre d'intérêt. Par contre, d'un point de vue professionnel, en fait, oui, là, je me rends compte que c'est vraiment, vraiment ce que j'ai envie de faire.
- Speaker #0
ok,
- Speaker #1
bon la voile pour le bosser à la maison c'est un peu plus dur ah bah j'ai déménagé c'est pour ça que j'habite plus à Paris que j'habite à Lorient parce que là je peux faire mon laboratoire quand je veux il y a la mer tout le temps ok trop bien super,
- Speaker #0
donc ça c'était tes premières expériences et comme tu le disais en intro aujourd'hui t'es chef d'entreprise t'es passé par trois structures et on va développer au fur et à mesure mais qu'est-ce qui à un moment donné te dirige Merci. vers ce côté chef d'entreprise ? Parce que vu ton parcours, tu ne t'es pas dit je vais faire quelque chose pour demain être mon propre patron. Comment ça se traduit un peu dans ton parcours, ce déclic-là ?
- Speaker #1
Alors en fait, la société dont je te parle, NetValue, à un moment, on ouvre, comme toutes les startups de l'époque, on lève des fonds et puis on se retrouve à ouvrir un bureau à New York. Malheureusement, les liens Internet n'étaient pas aussi stables et puissants qu'ils le sont aujourd'hui. Donc souvent des problèmes à New York. Les serveurs tombent en panne, etc. Donc, on envoie régulièrement quelqu'un là-bas. Et puis, à un moment, je vais voir mes chefs et je dis, bon, on va arrêter d'envoyer quelqu'un là-bas toutes les trois semaines. Moi, je vous propose d'y aller moi tout le temps. Donc, en fait, à l'époque, ma femme travaille chez L'Oréal. Donc, elle a la chance d'être dans une grande structure qui lui dit, ok, tu peux prendre deux ans de sabbatique. Donc, on part vivre à New York et je bosse à New York et je m'occupe du bureau new-yorkais.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Voilà. Il y a les attentats du 11 septembre qui font qu'on ferme les bureaux à New York parce qu'on n'était pas très loin de grande zéro. Donc je reviens en France et il y a un truc magique qui se passe, c'est que quand je parle là-bas, je parle anglais, c'est-à-dire pas anglais, et quand je reviens, je suis bilingue. Et quand je reviens, je suis bilingue. Et ça, ça change tout dans mon parcours aussi. Ça me permet de répondre à des offres d'emploi où ils demandent. des gens bilingues, etc. Et donc, je trouve un boulot d'administrateur système et réseau dans une boîte française dont je deviens le patron de l'IT au bout de 3-4 ans. Cette boîte s'appelait Fermat puis Yser Global. Et assez rapidement, je passe d'un groupe. Quand j'arrive, il y a deux mecs à l'IT. Je suis chef de deux mecs à l'IT. Et à la fin, au bout de 4 ans, je suis chef de 80 mecs à l'IT. plusieurs pays c'était l'objectif de la boîte donc c'était normal de partir c'était pour ça qu'ils m'avaient recruté et puis je me retrouve au comex et ça c'est mes premières c'est les premières fois où je sens que je suis dans un truc de chèque certes je participe à un comex donc je suis avec le chiffre marketing officer chez avec le patron du groupe je suis à voilà je rencontre des gens d'un niveau assez élevé avec qui j'avais pas l'habitude d'échanger quoi Comme toujours dans ces parcours-là... Et dans ces chefs-là, le directeur général de cette boîte-là me prend sous son aile et décide de faire de moi un chef-chef. Donc en fait il me prend sous son aile et puis il me forme et puis il m'apprend, il m'apprend les codes. Quand tu viens de Seine-Saint-Denis, que tu évolues ton coin etc. Et puis qu'on te met dans une pièce où il y a un comex avec le mec qui est à la fois à ton comex mais il est aussi au comex d'HP Monde etc. Tu tombes sur des mecs, t'es un peu impressionné quoi. Donc il t'a pas les codes. Donc lui il m'a appris sous son aile, il m'a formé, il m'a appris tout ça. Il m'a appris à être un grand avec Libran quoi.
- Speaker #0
Est-ce que alors t'as pas les codes ? je l'entends, est-ce que t'as alors c'est un terme un peu galvaudé aujourd'hui mais est-ce que t'as ce syndrome de l'imposteur en disant mais en fait qu'est-ce que je fous dans cette salle ou non pas du tout au contraire,
- Speaker #1
je trouve que d'ailleurs la cour des grands je la trouve assez moyenne pour rien de caché ça ferait peut-être partie des trucs qu'on mettra pas mais je te le dis là je la trouve assez moyenne et je trouve que le niveau est c'est comme dans toute organisation humaine il y a des très bons et puis il y a des moyens et puis il y a des... Il y a des gens qui sont des imposteurs, par contre, qui sont là depuis 10 ans et tu te dis, mais qu'est-ce que tu fais là, mec ? C'est chaud. J'aime bien cette notion.
- Speaker #0
Excuse-moi, je te coupe parce que c'est une notion importante. C'est quelque chose que j'essaye aussi de désacraliser dans mon secteur. Le côté financier, parce qu'on travaille avec plein de métiers, des experts comptables, des notaires, des avocats, etc. Et comme tu dis, il y en a des très bons. Et puis, parfois, tu en as des moins bons. Mais en fait, étant donné qu'ils ont... 20 ou 25 ans d'expérience et attention on peut avoir la même chose dès qu'on est au bout de deux ans d'expérience forcément vu qu'on fait tout le temps la même chose on a un certain niveau d'expertisé mais dès que tu creuses un peu il n'y a plus grand chose J'aime bien le démystifier puisque ça aide aussi les jeunes entrants ou les gens qui se reconvertissent et qui arrivent dans un nouveau secteur je trouve que l'avocat c'est un bon exemple parce que moi la première fois que j'ai eu à travailler avec des avocats quand j'étais chez une entreprise
- Speaker #1
tes premiers rendez-vous avec des avocats, tu es là, c'est des avocats. Au bout d'un an, tu les tutoies et puis dans tous les avocats avec qui tu travailles, dans ta tête, tu te dis, pourvu que je n'ai pas celui-là ou celle-là, parce qu'elle est beaucoup moins bonne, il est beaucoup moins bon que... Et tu as des avocats nuls. Je veux dire, c'est...
- Speaker #0
C'est comme tout corps de métier, en fait.
- Speaker #1
Exactement. Et souvent, il y a une décorrélation justement entre le niveau d'études et l'adaptation sociale à l'organisme. qui est une entreprise. Tu peux être très bon à l'école, avoir excellé, avoir tous les diplômes que tu veux. Moi, j'ai rencontré des gens qui avaient fait central, les mines, etc. Ils étaient magnifiques d'un point de vue intellectuel. Tu les mettais dans une organisation humaine, dans une PME, ils ne servaient à rien. Parce qu'ils n'étaient pas du tout adaptés à ça. Leur cerveau n'est pas formaté pour ça. La PME, tu dois trop changer, ça va trop vite. Par contre... tu prends n'importe quel sujet et tu discutes avec eux bon bah voilà ok ils ont et quand les deux matchs par contre, quand les gens qui ont fait ces grandes écoles là matchent avec l'adaptation à l'objet social qui est une organisation humaine alors là ça donne des pépites mais il n'y en a pas tant que ça en fait et ça tu t'en rends compte assez vite du coup quand tu fais tes premiers comex par contre je me rends compte assez vite je me rends compte que moi dans mon parcours personnel, les endroits où je vivais la violence des quartiers où j'étais etc m'avaient demandé plus d'adaptation que certaines personnes dans ce commerce. Par contre, il y en a qui étaient absolument bons. Le directeur général dont je te parlais tout à l'heure qui m'a appris sur son aile, lui, ça a été mon mentor. Lui, je le trouvais absolument excellent dans tous les domaines.
- Speaker #0
Ça se fait un peu naturellement à l'époque quand il te prend sous son aile. Il n'y a pas un moment où il te fait... On se regarde entre quatre yeux et j'ai envie de te... J'ai envie de... de te pousser, j'ai envie de ceci, cela, ou il le fait naturellement ?
- Speaker #1
Il y a un rachat qui est en train de se faire, personne ne le sait, et la boîte pour laquelle je travaille, maintenant je peux le dire, est en train de se faire racheter par Oracle, et il me prend à part, il me dit, écoute, toi, tu es un key user parce que tu as potentiellement accès aux IP, comme j'étais le chef de l'IT, on avait des outils de reporting, des proxys, des logs, etc. Donc il me dit, écoute, je vais te mettre dans la confidence. Et à partir du moment où tu te mets dans la confidence, ça veut dire que tu es devenu un grand. Et ça se passe à ce moment-là. Mais il m'a expliqué que la confiance, il l'avait parce que j'avais bien bossé avant.
- Speaker #0
Et quand tu parlais tout à l'heure, tu dis qu'on est passé, j'étais chef d'une équipe de deux, et on est passé à 80 personnes. Est-ce que toi, tu as participé aussi à ton échelle au recrutement, etc. Ou tu étais vraiment focus sur la partie IT ?
- Speaker #1
Ah non, moi, j'ai recruté les 80, même à l'étranger, je recrutais tout le monde.
- Speaker #2
Ah waouh, ok !
- Speaker #1
Il n'y avait pas de recrutement auquel je ne participais pas, et même s'il y avait des bureaux en Nouvelle-Zélande, des bureaux à Singapour, des bureaux un peu partout, il n'y avait pas un recrutement que je ne validais pas. Ce n'était pas possible.
- Speaker #0
Et c'est une partie qui t'a plu ? Est-ce que c'est une partie qui te plaît toujours le côté recrutement ?
- Speaker #1
Maintenant, si, j'en fais plus, quasiment plus, à part vraiment les chefs-chefs. Mais oui, c'est quelque chose que j'ai beaucoup aimé faire. C'est un endroit où j'avais de grosses lacunes. Je me suis rendu compte que quand j'étais arrivé à 80, il a fallu que je demande des formations. Parce que je voyais bien que... Mon style de management faisait que sur un petit groupe de personnes, je les faisais adhérer à ma personnalité, donc je les emmenais avec moi. Quand il a commencé à y avoir beaucoup de gens à l'étranger, où il y avait un management que par l'écrit, j'ai fait des erreurs grossières de management, notamment par l'écrit. Quand t'es énervé, toi, à 18h, heure française, parce qu'il y a un truc qui s'est pas bien passé et que t'envoies une cartouche à un mec en Nouvelle-Zélande, en fait, lui, il se réveille le matin, il prend son café, il a rien demandé à personne et son premier mail, c'est... Il se prend une cartouche. Donc, tu apprends des trucs comme ça. Tu apprends déjà à te poser, à te modérer, à ne pas envoyer les mails à la même heure si le gars, en fonction des... Enfin, plein de trucs comme ça. Et donc, je me suis fait beaucoup accompagner. J'ai eu plusieurs formations, notamment de RH, parce que ce n'est pas facile quand tu arrives à un volume comme ça, multipulturel et tout, ce n'est pas évident.
- Speaker #0
Oui, ça, c'est une chose que j'ai vue aussi en formation. On a beaucoup de formations dans ma boîte, que ce soit sur la partie technique, mais aussi sur la partie commerciale. liens sociaux comme tu l'évoquais et il y a une phrase qui m'aide beaucoup c'est de réagir non pas sous émotions mais sous analyse je crois que la phrase exacte c'est réagis sous analyse et non sous influence et ça ça m'a beaucoup aidé et c'est quelque chose que j'essayais de transmettre aussi parce que comme tu le dis en fait tu peux casser ou abîmer une relation et du coup tu vas pas en tirer la meilleure la meilleure essence
- Speaker #1
Quand tu le fais, ça peut arriver. Moi, c'est pareil. Je discute souvent ici avec des managers. Je dis, voilà, je ne crois pas tellement. Tu sais, il y a ce carré là, tu sais, collaboratif, directif. Et à chaque fois, dans ces stages, on te dit, dans ces formations, non, mais tu vas y arriver, tu seras au milieu, ne t'inquiète pas. Non, ça, je n'y crois pas. Je pense que par moments, il y a toujours, voilà, il y a toujours, on a des traits de personnalité quand même. D'ailleurs, si on efface notre personnalité, je trouve, en entreprise, c'est là qu'on ne devient pas bon. Donc, on a une personnalité. Et par contre, c'est vrai qu'il faut essayer de la pondérer le plus possible. Et à chaque fois que tu t'énerves ou que tu envoies ce genre de mail, c'est évidemment un échec. Parce que ça ne fait avancer strictement rien.
- Speaker #0
J'avance peut-être un peu vite, mais on pourra revenir sur deux ou trois éléments de ton parcours. Moi, je rencontre des chefs d'entreprise au quotidien, mais je n'ai pas l'échange qu'on peut avoir aujourd'hui. qui est un peu plus intime aussi. Est-ce que tu endosses une casquette ou un costume chef d'entreprise de telle heure à telle heure et tu l'enlèves quand tu rentres à la maison ou tu gardes... Comment toi, tu fonctionnes ? Parce qu'il n'y aura pas une règle précise, mais...
- Speaker #1
Non, non, je ne fais pas ça. La seule chose que je fais, c'est que je ne lis jamais mes mails le matin. Je me laisse deux heures de temps de cerveau parce qu'en fait, quand tu... Quand tu rentres directement dans la lecture de l'opérationnel, soit tu vas avoir une bonne nouvelle, et donc ça va phagocyter ta tête, et moi ça va m'emmener très rapidement vers un apéro. Soit, en fait, tu as une mauvaise nouvelle, et là tu es très énervé, ça t'emmène rapidement vers un apéro aussi. Et donc, tu as du temps de cerveau non disponible, c'était ces gars-là qui disaient ça, je crois. Et en fait, à partir de ce moment-là, par contre, ça c'est mes deux heures où je suis en chef d'entreprise, mais chez moi tout seul.
- Speaker #0
Ouais, ok, c'est important.
- Speaker #1
Je les prends moi tout seul dans mon coin en réfléchissant au sujet de l'entreprise. Et après, par contre, je n'ai pas du tout de filtre. Je n'ai pas une double personnalité.
- Speaker #0
Alors, encore une fois, pas de jugement quand je pose la question. Je dirais qu'il y a autant de chefs d'entreprise qu'il n'y a de personnes parce qu'on n'apprend pas à être chef d'entreprise. Tu n'as pas eu une formation particulière. Toi, ça s'est fait au fur et à mesure d'expérience.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Non, tu n'as pas de formation. Et puis en plus, chaque entreprise est tellement différente. Par contre, ce que je te disais l'autre fois, c'est que le seul truc intéressant quand tu itères, et donc quand tu débutes dans l'entrepreneuriat, ce n'est pas grave de se tromper. Il faut recommencer. Ce ne sera pas tout le temps la première boîte. Je trouve qu'on met trop en valeur, si tu veux, dans la presse, sur Internet, les quelques mecs comme Mistral, comme Blablacar, etc. Et je trouve qu'en faisant ça, on met une pression incroyable à plein d'autres jeunes entrepreneurs parce qu'on donne l'image que si tu ne fais pas Blablacar, En fait, tu n'as pas réussi et ce n'est pas vrai. Et tu peux te tromper une fois, tu peux te tromper deux fois. Peut-être que ton entreprise à toi, c'est d'être tout seul avec trois personnes. et ça te permet de gagner ta vie et tu seras quand même chef d'entreprise. Et ça se trouve, ton parcours n'est pas, ce que tu as envie, n'est pas de gérer une boîte de 600 personnes avec un comité d'entreprise, des multiples agences à l'étranger, etc. Donc ça, c'est pareil, il faut le désacraliser. En fait, un chef d'entreprise, c'est un chef d'entreprise. Que tu gères une boîte de 5000 personnes ou que tu gères ta micro-boîte, etc. Ce n'est pas les mêmes métiers, mais par contre, tu restes chef d'entreprise, tu crées de la valeur. Un chef d'entreprise, c'est ça, il crée de la valeur, où qu'il soit.
- Speaker #0
Et c'était important, c'est ce que tu m'avais dit en off. Pour toi, c'était important, tu te décris comme un chef d'entreprise de PME. Et ça, c'était important pour toi ?
- Speaker #1
Parce que moi, je ne suis absolument pas adapté à autre chose. C'est-à-dire que ce que je disais avant, moi, je sais faire chef d'entreprise de PME. Je ne sais pas faire chef d'entreprise de ma micro-entreprise. Je ne peux pas, je n'aime pas travailler tout seul, je n'aime pas être tout seul, etc. par contre je trouve mes limites dès que j'atteins un certain seuil de management dans des organisations qui sont très grandes dans mon parcours j'ai été recruté par AXA Bank pour être DSI du groupe j'ai démissionné au bout de 5 jours je suis parti, trop de monde des open space géants, tu prends ton téléphone il y a un message qui te dit attention à tout ce que vous allez dire t'écouter pour aller manger à la cantine Euh... tu dois prendre l'ascenseur B4 de la tour à la défense, et puis tu vas à la cantine et là, tu manges à côté de fausses plantes en plastique avec des petites boules marron, etc. Bon, ça, ce n'est pas mon truc.
- Speaker #0
Ça t'a oppressé, j'ai l'impression.
- Speaker #1
Il y a des gens à qui ça va très bien parce que c'est des grosses organisations qui font que tout fonctionne en process par famille de groupe, etc. Et ce n'est pas péjoratif, ce que je dis du tout. Qui aiment bien aller manger à la cantine, qui aiment bien faire les selfs, les plateaux, etc. Moi, je n'aime pas ces trucs-là, donc je me suis rendu compte que ce n'était pas mon monde.
- Speaker #0
Est-ce que le plus important pour toi, par rapport à ce que tu décris, est-ce que ce n'est pas le côté liberté dans tout ce que tu peux faire, que ce soit au boulot ou ce que te permet ?
- Speaker #1
Ça vient à la fin, parce que quand tu ferais tes structures, qu'elles fonctionnent, tu n'es absolument pas libre. Par contre, quand ça commence à fonctionner, pour moi, c'est... C'est le luxe absolu. Le luxe absolu, alors je fais attention quand je dis ces choses-là, c'est peut-être pareil des trucs qu'on ne mettra pas, parce que c'est pareil de dédicat, mais ce n'est pas l'argent. C'est facile de le dire une fois que tu gagnes bien ta vie. C'est-à-dire que ton luxe, c'est que tu as l'argent. Mais le luxe, oui, moi, je trouve que mon luxe, mon premier luxe, en fait, c'est le temps. C'est la possibilité d'organiser mon temps, aussi bien professionnel que personnel. Mais ça, ça arrive après des années et des années de torture et où tu n'es absolument pas libre.
- Speaker #0
il a fallu beaucoup d'investissement de temps, de sacrifice et en fait la finalité mais je te rejoins je trouve que c'est pas délicat dit comme tu l'as dit l'argent que demain tu gagnes x milliers d'euros ou x centaines de milliers d'euros si t'es bloqué tu vas toujours te dire j'ai de l'argent mais j'ai pas le temps et je crois que une des volontés absolues des gens qui réussissent très bien c'est de se dégager du temps Merci. D'ailleurs, je trouve ça intéressant quand tu dis, voilà, moi, ma journée, je la commence. J'ai deux heures de temps de cerveau absolument dispo pour ma boîte, etc. Est-ce que tu as deux, trois autres choses à toi dans ton orga où tu te dis, ça, j'en démords pas parce que j'en ai besoin pour mon fonctionnement, parce que je termine juste ma question un peu longue, mais une des problématiques des chefs d'entreprise, souvent, c'est que 80 ou 85 % de leur temps, ils ne le font pas. Ils ne font pas ce pour quoi ils sont très bons. Ils vont devoir gérer des choses opérationnelles. Ils n'arrivent pas toujours à déléguer ou ils n'en ont pas la possibilité. Donc, est-ce que toi, tu as deux, trois petits trucs à toi ? Pas forcément des conseils, mais dans ton orga où tu te dis, voilà, moi, je fonctionne comme ça et ça me va bien.
- Speaker #1
Non, je ne l'ai pas. Si je prends ma dernière expérience, à part ce petit rituel, je n'ai pas d'autres choses. Par contre, quand je décide de prendre une année sabbatique et de partir à la voile avec ma fille, etc., c'est parce que je sens que si je ne fais pas ça, je vais arrêter. Je vais arrêter parce que j'ai plus d'idées, je trouve que j'ai plus d'idées, je trouve que je ne sers plus à grand chose justement à part continuer à aider opérationnellement. Et en plus, à l'époque, je suis un point de contention dans la boîte parce que comme je suis un des fondateurs, comme je suis un des fondateurs techniques, comme je suis un des mecs, donc j'étais sur tous les sujets. Et donc, la boîte grottit et tu deviens le point de contention. Et je trouve qu'une des belles victoires de mon départ à la voile, elle est personnelle, mais la boîte s'est restructurée. Elle a fait sa meilleure année sans moi. Tous les prix auxquels je participais avant, ils les ont tous gagnés quand j'étais en bateau, etc. Et quand je reviens, ce n'est pas la même boîte. Et ce n'est pas la même boîte et c'est très bien. Et là, je suis revenu et je ne suis plus dans l'opération depuis que je suis revenu.
- Speaker #2
Ok, est-ce que tu peux me... Cette année sabbatique, c'est en quelle année ?
- Speaker #0
Il y a trois ans, c'est en 2022-2023.
- Speaker #1
Ok, donc plutôt récent.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et tu sens que tu en avais absolument besoin. Tu as toujours eu un côté créatif ? Ou est-ce que tu en as toujours eu conscience ?
- Speaker #0
Oui, alors c'est des questions délicates. Mais oui, j'ai toujours été attiré. En tout cas, je veux être libre. Je veux faire ce que j'ai envie de faire quand je veux le faire. Ou alors, je vais beaucoup travailler pour le faire, pour me donner ce que j'ai envie de faire. Par exemple, Cette année sabbatique, comme ça, sur le papier, tu dis à des gens « Bon, le mec est chez l'entreprise. » Non, je l'ai travaillé pendant trois ans avec mes associés. Je l'ai travaillé pendant trois ans avec ma famille. Tu ne pars pas un an à la voile comme ça en laissant… Moi, j'ai deux filles que j'ai laissées à Paris. Tu laisses tes collègues, tu laisses tes parents qui ont 75 ans. Tu ne sais pas s'ils ne vont pas avoir un problème de santé, etc. Donc tout ça, une fois que tu as dit « Oui, je suis parti un an à la voile et que j'ai quitté la boîte » , les premières réactions, c'est « Ah, la chance ! » Alors là, tu es là, tu regardes, tu te dis « Ce n'est absolument pas de la chance » . c'est un boulot de fou, c'est des prises de risques de fou c'est pas facile de dire à tes associés dans une start-up qui fait 40% de croissance que un des fondateurs de la boîte s'en va un an, autant dire que en construction intellectuelle on n'était pas au départ tous sur la même longueur d'onde et en fait ça se travaille et t'as des compromis et ouais mais alors tu travaillerais un petit peu ouais je travaillerais un petit peu quand même mais pas 30 parce que je veux pas que ce soit pas une année sabbatique, enfin voilà et après t'arrives à trouver cet équilibre qui fait que t'arrives à faire ce que tu veux. Mais si je pars pas, si je fais pas ça, clairement, je serai plus chez T-Rex. C'est sûr.
- Speaker #1
Tu vois, moi, je vois pas quand tu me le dis, je vois pas le côté idéaliste, même si ça a dû être génial comme expérience, partir un an à la voile, etc. C'est plus de me dire, putain, la lucidité, à un moment donné, de se dire, si je fais pas ça, peut-être que je grossis le trait, mais... Peut-être que je tire une balle dans le pied de la boîte.
- Speaker #0
C'est sûr, je deviens un point de contention, je deviens un point de discussion avec mes associés, parce que je suis comme ça, je n'arrive pas à me concentrer. Je pense qu'il y a une forme d'épuisement, pendant 7 ans, je l'ai porté quasiment tout seul cette boîte. Je faisais le commerce, je faisais la technique, j'assemblais les machines, je passais ma vie en déplacement. Et quand elle marche, en fait, d'un seul coup, tu vois que la boîte grossit. Tu vois que quand t'arrives le matin, il y a des gens qui ont été recrutés et que tu connais pas. Et là, tu te dis, putain, c'est chouette, la boîte, ça y est, elle a sa dynamique. Et je pense que j'ai eu une forme aussi d'achievement, quoi, tu vois, en disant, c'est bon, quoi, la boîte, elle peut certainement se passer de moi, et j'en suis sûr, d'ailleurs, qu'elle peut se passer de moi. J'ai un copain qui est chef d'entreprise qui m'avait dit ça, il m'avait dit, en fait, nous, les patrons, on peut vraiment tuer nos boîtes, quoi. les patrons de PME, dès que tu commences à dire mon bébé, c'est le genre de phrase ça, c'est des gros warnings parce que ça veut dire que tu peux tuer ta boîte. C'est-à-dire que tu peux ne pas avoir la lucidité de te dire je ne suis peut-être plus la bonne personne au bon endroit. Et moi pareil si la boîte grossit, si on décide par exemple un jour de vendre la boîte etc., je ne resterai pas parce que je ne serai pas la bonne personne. Par contre je resterai tout le temps le fondateur de cette boîte, mais je ne serai pas la bonne personne. Et ça c'est vrai que si tu ne prends pas du recul,
- Speaker #1
ouais tu t'aboites quoi c'est sûr tu vas prendre les mauvaises décisions parce que tu vas les prendre pour toi alors c'est plus facile aujourd'hui de le dire j'ai pris le recul etc mais en fait comment tu sais parce que sur l'instant tu sens que t'es pas épanoui tu sens que t'es pas productif c'est une accumulation de plein de choses je pense que la boîte elle a besoin de se réorganiser et que moi dans ce modèle là en fait je suis compliqué ok
- Speaker #0
Il n'y a pas une décision qui est prise par les managers sans qu'ils me demandent. Et ça, je me dis en fait c'est certainement de ta faute. Pourquoi en fait des gens qui ont 40-45 ans, qui ont été responsables Europe SFR, qui ont été chez Airbus en compliance nucléaire etc. te demandent s'ils peuvent acheter un disque dur à 53,50€ ? Tu te dis il y a un truc qui ne va pas ou ils te demandent s'ils peuvent envoyer le mail de telle façon. Non c'est bien tu ne te rends pas compte. que tu es à un point de contention et que tu es aussi peut-être une grande gueule. Donc, en fait, il faut que tu partes et ça va se calmer. Et c'est ce qui s'est passé.
- Speaker #1
Ok. C'est des éléments qu'on... Alors, encore une fois, on ne dit pas aux gens de tout de suite forcément partir au clash avec l'institution, etc. Mais je pense que si on est recruté sur des postes à valeur ajoutée, en fait, je pars du principe qu'une hiérarchie, elle attend aussi qu'on la bouscule, mais dans le bon sens du terme. Si c'est juste pour être appliqué A plus B, ce qu'on me demande. Si je ne suis jamais force de proposition, si je ne remets jamais en cause. Ouais, mais on a toujours fait comme ça. Ce n'est pas parce qu'on a toujours fait comme ça. que c'est le meilleur chemin. Et puis,
- Speaker #0
là où les patrouilles peuvent devenir chiants parce que parfois, on va recruter justement des profils comme ça et puis quand il y a la réalité du terrain, parfois, c'est là que ça ne marche pas parce que tu n'écoutes pas en fait. Parce que tu te dis « Ah, c'est moi, j'ai fondé, vous n'allez pas me raconter, ne m'énervez pas, j'ai fait ça pendant machin et puis j'étais tout seul et puis je faisais tout tout seul. » Après, c'est des histoires. J'exagère, je n'ai pas fait ça, mais pour le faire indirectement, Non mais dans des signaux, tu peux le faire indirectement, même dans des signaux en réunion. Comme on est sur un truc la courbe et qui est la destination de gens qui vont monter des entreprises, c'est vraiment quelque chose qui est important pour moi. C'est parfois à la fin de tout un parcours dans une entreprise, on a plus de valeur à la laisser continuer son parcours et puis une fois qu'on a fait ça, on va pouvoir en remonter une ou alors on va trouver un copain avec qui on va bosser. il n'y aura pas de problème, quand tu arrives à 40-50 ans, que tu as monté des boîtes, tu trouves du taf par ton réseau, tu as un réseau qui fait que tu vas trouver du boulot. Ou alors, tu finis vieux consultant comme tous les anciens chefs d'entreprise, tu vois, mais c'est pas grave.
- Speaker #1
C'est très bien, et comment tu... Tu vois, ça me fait penser, mais tu dis voilà, j'ai fondé la boîte, etc., au début je faisais tout, comment tu fondes ? C'est intéressant parce que je pense que ce n'est pas assez connu. Comme tu dis, on parle des des gros success stories avec Mazella, avec BlaBlaCar, OpenAI, etc. Comment toi tu fondes T-Rex ? Comment t'en arrives là ?
- Speaker #0
Moi j'ai un binôme, un dissociable de moi qui s'appelle Jean Gatignol, avec qui je travaille depuis des années. Moi j'ai la technique, j'ai la créativité. Lui il sait financer, il sait structurer, il sait trouver de l'argent. Il sait financer, il sait trouver de l'argent, c'est la même chose mais... et il sait très bien s'entourer, il sait faire rentrer des gens au capital Moi, je n'avais pas d'argent quand je créais T-Rex, j'ai zéro euro. Donc, j'emprunte de l'argent mais j'emprunte sur les conseils de gens qui me disent on va faire comme ça, on va emprunter sur du temps, ça va coûter tant par mois de remboursement, si on arrive à lever tant de marge, tu pourras en fait récupérer ce que tu rembourses. Donc, je ne peux pas monter la boîte si je n'ai pas de gens. T-Rex n'existe pas s'il n'y a pas de gens. J'ai mon idée dans mon coin mais... Donc moi, je me suis retrouvé tout le temps à fonder des boîtes. Mais si tu veux, la structuration financière de la boîte, la recherche de fonds, etc., c'est jamais moi qui l'ai fait.
- Speaker #1
Et comment tu le rencontres, Jean ?
- Speaker #0
C'est quoi la… ? Puis un matin, un samedi, on a rendez-vous pour la bière à 11h30. Et puis le match est à 14h. Et puis il arrive à 14h. Je lui dis « Mais attends, Jean, t'es pas sérieux ? Normalement, c'est 11h30, c'est sérieux le rugby. C'est trop triste. Tu peux pas déroger à l'arrêt. » Et il me dit « Non, mais ce matin, je faisais mon bilan comptable. Puis c'est la merde, machin. J'avais un client. Je lui dis « Mais qu'est-ce que tu fais en fait ? » Et il me dit « Je fais de l'infogérance. Ah bah, je dis « On a les mêmes boîtes, toi et moi. » Voilà. Et donc là, on a commencé à parler travail. Et... Et dans ma vie, à un moment, je perds mon petit frère assez jeune. Et j'ai une période où je ne veux plus rien faire, etc. Et il me remet le pied à l'étrier. Il me dit « Vas-y, Christophe, arrête de rester chez toi. Viens travailler, fais n'importe quoi dans la boîte. Viens câbler. » Et je reviens en faisant ça. En fait, en faisant du câblage dans des data centers, machin, blablabla. Et puis, une fois que le moral revient, on décide de créer des boîtes.
- Speaker #1
Ok. Il fallait que tu t'occupes l'esprit. Il a vu ça et…
- Speaker #0
C'est un pote qui m'aide, quoi. Et dans la création d'entreprise, tu as besoin aussi de rencontrer des gens qui t'aident. Moi, j'en ai aidé plein après. On en aide encore beaucoup avec Jean parce que tu n'as pas besoin des fois. Des fois, tu as besoin de conseils pendant un an et des fois, tu as besoin de 5 000 euros. Et donc, des fois, on aide pendant un an, un an et demi et des fois, on file 5 000 euros. Voilà, 10 000, ça dépend. Mais des petits investissements, des fois, ça aide.
- Speaker #1
Ok, super. Voilà. Ok, et du coup tu lances, tu dis ouais j'ai mon idée dans mon coin.
- Speaker #0
Non mais j'ai des idées dans mon coin, là il y a un parcours si tu veux où je me retrouve avec Jean dans une société qui s'appelle RS, qui est sa société de 30 ans, et puis il décide de faire de la croissance externe, là je parle du cas de T-Rex, et on rachète une structure dans laquelle il y a des développeurs, et donc on se dit avec ça on peut faire beaucoup de choses quoi, avec des développeurs. Et donc voilà, on a des idées, Jean il avait par ailleurs un client... qui travaillait dans le secteur de la défense, qui avait besoin de produits comme celui qu'on était en train d'imaginer et qui nous a laissé quasiment le développer avec lui, chez lui, le tester chez lui, etc. Et donc ça a été le pied à l'étrier pour vraiment, on s'est rendu compte que les idées qu'on avait... était réalisable et qu'il y avait un besoin. Ok,
- Speaker #1
est-ce que tu peux... Comment tu l'expliques à quelqu'un de ton entourage quand tu dis « je suis chef d'entreprise, je suis dans la cybersécurité » ? Et là du coup, soit il y a des gens qui ne veulent pas te poser la question parce qu'ils n'ont pas envie de passer pour des personnes qui ne connaissent pas le secteur. Si on te pose la question, ça consiste en quoi ? C'est quoi ton produit ? Comment tu l'expliques simplement ?
- Speaker #0
J'ai une chance, moi, c'est que je fais de l'USB. donc en fait l'USB c'est un aspect de l'informatique que tout le monde connait à titre personnel donc c'est assez facile, le métier de T-Rex a expliqué, tu dis bah vous voyez vos clés elles sont remplies potentiellement de virus bon bah nous on a fait une solution pour décontaminer ces clés je rentre pas après dans le détail parce que sinon après si je commence à leur dire ouais mais attends on fait du 802.1ax tu peux te connecter à un LDAP tu peux machin, tu peux faire du SFTP voilà je sais que t'es déjà ouais voilà donc Donc à la fin, ils disent « Ah oui, tu gagnes ta vie avec ça. » Oui, je gagne ma vie avec ça. Et généralement, je ne dis jamais que je suis chef d'entreprise au départ. Au départ, je dis toujours que je suis informaticien. Et après, en fonction, je décline.
- Speaker #1
Ouais, ok. Parce qu'en France,
- Speaker #0
ce n'est pas bien vu quand tu dis ça, généralement. Enfin, ce n'est pas que ce n'est pas bien vu. Je me suis rendu compte que dans des environnements, il faut attendre. Parce qu'en fait, il y a une perception du chef d'entreprise. Justement, en France, il y a une perception du chef d'entreprise qui est le 440... les gros succès, etc. Et donc parfois, il vaut mieux attendre avant de l'expliquer.
- Speaker #1
Toi quand tu étais étudiant, tu dis que tu viens de Seine-Saint-Denis, comment tu voyais les chefs d'entreprise ? Est-ce que tu avais une vision un peu idéaliste en disant « moi j'aimerais bien être chef d'entreprise » ?
- Speaker #0
Non, pas du tout. Et puis ça ne m'intéressait pas en fait. Je n'avais même pas d'idée sur ça parce que vraiment ça ne m'intéressait pas, je ne me posais même pas la question. Moi ce qui m'intéressait c'était La musique et le sport, comme tout le monde.
- Speaker #1
C'était déjà rugby à l'époque ?
- Speaker #0
Je n'en ai jamais fait parce que ça me fait trop peur. Mais oui, j'adorais. Moi, je faisais du judo. Je ne faisais pas de rugby.
- Speaker #1
OK. C'est drôle. Je ne fais pas de rugby parce que ça me faisait peur. Mais bon, je fais quand même du judo. OK.
- Speaker #0
Voilà. Non, mais je n'allais pas du tout, comme je disais tout à l'heure, c'est vraiment l'entrepreneuriat, il arrive très tard. chez moi, mais encore une fois ça c'est un message qui est intéressant pour toutes les personnes qui se l'interdisent en fait l'entrepreneuriat il peut arriver après 15 années de salariat, parfois c'est des papes le salariat pour comprendre ce que t'aimes faire, ça te crée un réseau déjà parfois t'as des gens dans ton réseau qui te disent putain tu pourrais monter une boîte quand même parce que tu fais bien ça, tu fais bien ça donc voilà c'est pas obligatoire de monter sa boîte quand on sort de l'école, que ça marche tout de suite etc etc c'est C'est des parcours, les chefs d'entreprise à chaque fois.
- Speaker #1
Oui, mais c'est intéressant parce que, tu vois, rien que quand tu dis cette phrase, j'ai un ami qui pop dans ma tête où je le trouvais très bon dans son domaine. Il était dans une boîte salariée, un grand groupe dans les médias, etc. Et puis, tu vois, je sens que le côté un peu... Il est contraint, comme tu dis, le côté... Lui, c'est un gars qui a une zone... où il est très bon, mais pas dans des horaires normales. Tu vois, il va aimer bosser très tard le soir. Et ça, ce n'est pas possible dans une boîte parce qu'il faut qu'il soit là à 9h. Et en fait, lui, il me dit, moi, en fait, le soir, quand ma femme, elle est couchée, les enfants sont couchés, en fait, pendant des heures, un peu comme toi, il va étudier des choses, il va travailler. Et en gros, je lui ai dit pendant plusieurs années, mais pourquoi tu ne te mets pas consultant à ton compte ? Et en fait, il se l'interdisait. Alors, il y avait aussi, je dirais, une volonté de se protéger financièrement par rapport à sa vie de famille, etc. Et en fait, ce qui l'a un peu déclenché, c'est que quand il en a parlé à son employeur, son employeur lui a dit « En fait, demain, si tu te mets à ton compte, nous, on deviendra ton premier client » . Ça l'a tellement rassuré que pendant les trois premières années, son seul client, parce qu'il n'en avait pas besoin d'autres... Son seul client, c'était son ancien employeur. Sauf qu'il bossait comme il voulait, il était productif, créatif, force de proposition, il ne s'interdisait plus rien. Donc c'est intéressant aussi ce que tu dis. Il n'y a pas une logique à se dire « il faut tout de suite que je crée une boîte » , etc.
- Speaker #0
Un autre exemple, j'ai une copine qui est directrice de production dans l'audiovisuel. Par exemple, sur France 2, elle a fait La Guerre en Couleur, elle a fait un documentaire qui a cartonné qui s'appelait Les Routes de l'Esclavage sur Arte, etc., Et en fait, c'est une très bonne amie à moi. Et je la voyais en tête raillée chez Elephant dans ces médias-là. Je la voyais arriver le soir énervée, fatiguée. Ça n'allait pas comme elle voulait et pendant 5-6 ans, on se prenait la tête dès que je la voyais, je lui disais mais Fanny crée ta boîte, choisis tes accès éditoriaux. Bon, elle l'a fait il y a 2 ans et elle est refaite quoi. Mais il lui a fallu beaucoup de temps. Elle a été directrice de boîte pendant 25 ans.
- Speaker #1
Est-ce que c'est pas... Plus l'expérience est longue, plus c'est dur aussi de changer un peu les habitudes. Toi ton changement il s'est fait de façon un peu progressive ? Ton changement s'est fait de façon progressive, pardon.
- Speaker #0
Non mais je suis d'accord, mais c'est pour ça qu'on a échangé avec elle pendant 5-6 ans et en fait, moi je la poussais dans ses retranchements en lui montrant que les côtés positifs de la création de boîte. Maintenant, elle voit les côtés aussi compliqués. Mais ce que je veux dire, c'est qu'évidemment, elle a dû faire une rupture. Mais pareil, en fait, elle s'interdisait de le faire. Elle ne se sentait pas capable de le faire. Pour elle, avoir un numéro de sirète, ça lui paraissait... C'est un monde. Trouver un comptable, je vais trouver le comptable, tu vas prendre notre comptable à nous et ça va bien se passer. Le SIRET, je vais te montrer comment on fait, c'est sur internet pendant 3 minutes. Une fois qu'elle a désacralisé tous ces trucs-là, elle s'est dit je peux faire mon métier différemment.
- Speaker #1
Aujourd'hui, elle est épanouie.
- Speaker #0
Elle est épanouie, oui, bien sûr.
- Speaker #1
Comme tu dis, il en faut pour tout le monde aussi. Il y a des personnes qui seront bien en restant toute leur vie dans le salariat et ça leur va et c'est comme ça.
- Speaker #0
bien sûr, mais en fait on peut pas tout chier dans le trou, c'est pas possible donc ça marche pas moi j'ai des potes ils sont absolument bien dans ce qu'ils font ils ont mon âge, ils ont pas changé de table depuis qu'on s'est connus ils sont chez Mediamétrie maintenant tu vois je t'ai parlé de la première boîte au départ j'ai des potes, ils ont mon âge ils ont fait toute leur carrière et puis ils sont très bien il y a aucun jugement de valeur sur ça quoi ouais tout à fait
- Speaker #1
Non mais ça se ressent dans les échanges qu'on a eu. Donc aujourd'hui, est-ce que tu arrives à y répondre ? Et avec toute la latitude dans laquelle tu peux répondre aussi, c'est quoi tes envies ?
- Speaker #0
Moi mes envies c'est d'emmener T-Rex à un niveau de stabilité, de maturité qui fait qu'en fait tous les gens qui travaillent dans la boîte là, quand Jean et moi on n'y sera plus, pourrons la continuer et la développer comme ils veulent. C'est ça l'objectif. En fait, je dis souvent en interne, moi ce qui compte c'est T-Rex. Je t'ai déjà dit pour moi en plus, bon ça c'est mon caractère, enfin c'est ma pensée, mais pour moi le but d'une PME, de toute structure, pas PME mais d'une boîte, c'est créer de la valeur collective. Et donc la valeur collective elle ne se crée que par l'unité qu'on a en commun qui est T-Rex. Et donc dès que tu oublies ça, ça marche moins bien. Et donc on doit... tout mettre en place pour que T-Rex continue à créer de la valeur. Tu vois, là on a des mômes qui sont alternants, je les vois maintenant, ils ont deux enfants. Là on fait le repas de Noël vendredi prochain, enfin vendredi là. Il y a 7 ans il n'y avait pas d'enfants dans la boîte, là je crois qu'on a 15 ou 16 mômes qui viennent.
- Speaker #1
C'est génial ! Vous êtes combien aujourd'hui ?
- Speaker #0
Là on doit être une quarantaine, un truc comme ça.
- Speaker #1
Ouais ok super !
- Speaker #0
Comme on a pris au départ beaucoup d'alternance, maintenant les gars ils ont 27, 28, 29, 30 mômes. donc là en fait ça n'arrête pas quoi enfin tu vois et donc là on a tout un pan de mur là où il y a tous les cadeaux de Noël qui sont préparés avec les noms des mômes et tout bon bah en fait T-Rex ça sert à ça quoi voilà ça sert à ce qu'il y ait des gens qui puissent avoir leur baraque avoir des mots partir en vacances vivre la vie quoi et ça sert à ça T-Rex ça sert à rien d'autre voilà trop bien écoute c'est aussi un produit qui marche bien mais
- Speaker #1
Un produit qui capote. Mais la finalité de tout ça, non mais j'entends bien. J'entends bien.
- Speaker #0
Qu'est-ce que j'attends du futur ? J'attends ça.
- Speaker #1
Ok. Tu réponds si tu veux répondre, mais quand tu dis avec Jean qu'on laissera la boîte, est-ce que toi tu te mets un horizon de temps ? Parce que c'est une des difficultés que je vois chez les chefs d'entreprise. Alors je ne caricature pas, mais souvent j'ai deux types de clients chez l'entreprise. Les premiers, c'est je veux partir le plus tôt possible pour... parce que j'ai travaillé comme un acharné, etc. Et je veux souffler, profiter. Donc dès que je peux partir, je pars. Et j'ai le pendant où c'est un peu ce que tu disais tout à l'heure. Moi, j'ai des clients, parfois ils ont 75 ans et ils n'arrivent pas à partir parce que c'est leur bébé, comme tu dis. Et ils n'arrivent pas à transmettre, que ce soit dans le giron familial ou un autre repreneur. Mais voilà, j'ai souvent ce... Je dirais que j'ai assez rarement un entre-deux. C'est souvent tout l'un ou tout l'autre. Est-ce que... Comment tu vois ?
- Speaker #0
Je vais être ton premier. Je me suis donné un horizon de 5 ans. L'opportunité peut faire que ça sera dans un an, et dans un an je te dirai que je suis parti. Et peut-être que ce sera 6 ans. Mais c'est dans cette zone-là. Ça dépend comment évolue la boîte, ça dépendra de comment j'évolue moi, comment évoluent mes associés aussi. C'est important quand tu es associé, il faut évidemment te mettre en accord avec tes associés, donner de la visibilité en tout cas. Donc je suis entre les deux. Pour le coup, c'est vrai. Pas tout de suite parce que je m'éclate. Si tu me demandes aujourd'hui est-ce que je veux partir là demain, je vais te dire non. Mais s'il y a une opportunité personnelle ou professionnels qui se présentent dans un an, peut-être que je dirais oui.
- Speaker #1
Tu te fermes à rien ?
- Speaker #0
Non. Par contre, j'ai un horizon maximum pour moi quand même de... J'ai 53 et puis j'ai envie de me barrer, faire le tour du monde à la voile. Je ne vais pas le faire à 70 ans. Il faut que je sois encore vaillant pour le faire.
- Speaker #1
Là, c'est vraiment de la question un peu de Béossien parce que moi, c'est un monde que je ne connais pas. Mais quand tu fais un tour du monde à la voile, tu dis que c'était il y a 3 ans Est-ce que tu as accès à de l'information quasiment en continu ? Parce que tu parlais, ouais je laisse la boîte, peut-être que je travaillerai un petit peu. C'est quoi le quotidien sur un bateau en plein milieu de la mer ? Moi je ne me rends pas compte.
- Speaker #0
Alors là, je n'ai pas fait un tour du monde. J'ai fait la Bretagne jusqu'à la Grèce, donc c'était plutôt une navigation côtière à part, si tu veux, la traversée du Golfe de Gascogne ou tu traverses la Sardine-Sissi, c'est deux jours, deux nuits, bon ça va. Mais T'as un game changer qui est Starlink. Aujourd'hui, t'as Starlink. En fait, t'as la fibre en pleine mer. Donc, en fait...
- Speaker #1
Quand tu es connecté totalement aussi, c'est ça la difficulté. C'est que tu pars pour couper, revenir plus créatif, plus, je dirais, plus consistant pour la boîte. Mais tu peux ne pas être coupé totalement. Donc, en fait, comment t'arrives à...
- Speaker #0
Si tu veux, tu ne l'es pas. Mais déjà, en fait, t'as le bateau qui te... Le fait que tu ne peux pas travailler tout le temps, c'est-à-dire quand tu navigues, tu ne peux pas travailler. C'est le premier point. Le deuxième point, Starlink, je ne le prends pas pour travailler. Starlink, je le prends parce que c'est un élément de sécurité en mer incroyable. Maintenant, tu peux faire des points météo quand tu es sur des grandes traversées. Enfin voilà, c'est d'abord un élément de sécurité. Et après, moi, le travail, je le faisais en gros. Je n'avais que Jean qui pouvait m'appeler, j'étais avec mon associé. En fait, personne ne m'appelait et Jean me disait par contre, il y a un sujet, s'il te plaît. t'es quand à terre ? Je disais, je serai à terre à telle date, je vais rester n'importe quoi à Cartagena pendant 4 jours. Je suis à Palerme pendant 3 semaines. Ah, je peux venir te voir ? Bah ouais, viens. Et puis on a fait des points comme ça. Jean est venu me voir où j'étais pour échanger. C'est comme ça qu'on a fait. Je ne travaillais pas. Tu arrives à couper entre des dauphins et un mail, tu regardes les dauphins.
- Speaker #1
Je te rejoins. Je pense que ça veut dire que ça allait bien dans la tête.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Ok, très bien. Super. Écoute, merci Christophe pour ces éléments. J'ai mille questions mais ça pourra peut-être être l'objet d'un prochain échange où on pourrait se poser des questions sur c'est quoi le quotidien d'un chef d'entreprise ? Comment toi tu le vis ? Comment tu vis le développement ? Comment on vit avec des associés ? Etc. Mais je dirais qu'on... j'essaye de tenir un timing sur le podcast il y a un élément de fin que j'aime bien aborder c'est si tu peux nous partager un élément culturel ça peut être un film, un bouquin, un livre une citation, quelque chose qui t'accompagne en lien ou pas avec le boulot est-ce qu'il y a quelque chose que tu veux partager aux auditeurs ?
- Speaker #0
oui, en film, le meilleur film du monde c'est la tour de Parnasse Infernale c'est vraiment le meilleur film du monde et l'intégrale de Dépêche Mode.
- Speaker #1
Ok, c'est très drôle, mais c'est une de mes références. Alors la tour Montparnasse Infernale, ça a égayé pas mal de mes soirées. Je ne le savais pas, donc tu m'as pris de court, mais merci. Et puis, c'est toujours bien de citer des génies.
- Speaker #0
Comme on est sur la courbe, c'est toujours bien d'inspirer les gens.
- Speaker #1
Très bien, merci Christophe Est-ce que tu as un dernier conseil à donner ? Est-ce qu'il y a quelque chose que tu voudrais Que tu voudrais donner aux gens Ou toi une phrase qui t'aurait fait du bien A un moment donné de ton parcours
- Speaker #0
Non j'aime pas trop J'aime pas les éléments de langage Donc je vais te répondre non à cette question Mais c'est une réponse Et elle te ressemble Et ça me va très bien
- Speaker #1
Merci Christophe, merci pour cet échange
- Speaker #0
De rien, au revoir
- Speaker #1
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