- Daz
On est bien à la case Flores non ? Case à Flores ! Salut à toutes et à tous, bienvenue dans la case Flores. Aujourd'hui on lance la première émission d'une aventure qu'on voulait différente. Un podcast pour parler du surf autrement. Pas seulement les résultats, pas seulement les belles images, pas seulement ce qu'on voit à l'écran. Ici, on va prendre le temps. Le temps de raconter, d'analyser, de comprendre. Pendant plus d'une heure, depuis Osgore, on va rentrer dans le cœur du surf avec Patrick Flores, entraîneur, formateur, observateur privilégié du haut niveau depuis plus de 40 ans, et surtout, ouais, plus de 40 ans mec, et surtout l'un de ceux qui savent lire le sport. Dans tous ses détails les plus fins, même si c'est pas toujours en finesse. Avec ce podcast, l'idée est simple, raconter le surf sans langue de bois, sans filtre, mais avec une vraie vision de spécialiste. Au plus près des acteurs, des techniciens, des coachs, des surfers, de celles et ceux qui vivent ce sport de l'intérieur. Dans cette émission, on a l'honneur d'accueillir Jérémy Flores, manager de l'équipe de France qui est en Australie, et on vous réserve une interview exclusive de Kaoli Vast en deuxième partie. On a aussi avec nous aujourd'hui... Thomas Malem, coach des surfers français, qui va bientôt faire sa valise pour aller sur le 5e CT au Salvador. Et ce n'est qu'un début. Dans les prochaines émissions, il y aura des invités surprises, des grands noms, des légendes du surf, des voix rares, des regards forts. Des gens qui ont vécu l'histoire, qui la font encore ou ceux qui la préparent pour demain. Dans les mois à venir, on parlera performance, jugement, stratégie, préparation mentale, coulisses, trajectoire. Réussite, erreur, moment de bascule, on parlera aussi de ce qu'on ne dit pas toujours, de ce qui se joue derrière les podiums, derrière les séries, derrière les carrières. Alors installez-vous bien, on part pour plus d'une heure de surf, d'histoire, d'analyse et de vérité. Bienvenue à la case Flores. Patrick, Thomas, bienvenue.
- Patrick
Merci Daz, on est bien à la case Flores non ?
- Daz
On est pas mal à la case Flores.
- Patrick
Thomas t'as passé quelques heures ici. Ah ouais.
- Daz
Alors techniquement, on est dans un endroit très symbolique, puisqu'on est chez toi Patrick.
- Patrick
On est plus précisément à la Jérémy Flores Fantasy Factory, là où il y avait la ronde de skate avant pour préparer. C'est une rampe qu'on avait créée pour travailler les airs. Et il y a beaucoup de générations de surfers qui sont passés par là, qui sont entraînés. Le Osgore Surf Club s'est entraîné ici beaucoup d'hivers. Il y a une histoire ici, effectivement, et c'est un peu le thème du nom. C'est un peu la case K-A-Z, pour rappeler quand même d'où on vient, ville de La Réunion. Mais c'est sympa d'être là parce qu'avec toi, Daz, et puis avec Thomas. Thomas qui est, je le rappelle, le responsable du Osgore Surf Club aussi, avant tout. C'est une figure du surf local. il y a un Intégrer le staff des coachs des équipes de France avec Joanne Durue, qui nous rejoindra sûrement bientôt sur un podcast. Il y a Pauline Hadot, il y a Jérémy. Et c'est bien de les avoir. C'est la nouvelle génération de coachillons qui me prouvent d'abord leur talent avant de montrer que c'est des vrais coachs.
- Daz
Alors, quelle est ta définition du coachillon ? Parce que je t'entends l'utiliser souvent ce terme.
- Patrick
C'est un petit coachillon. coach qui commence à grandir. C'est un coachillon comme un oisillon, tu vois, qui essaye de sortir de sa cage, tu vois, qui a envie de se débarrasser un peu des anciens coachs qui ont de la gueule, tu vois. Mais c'est bien, c'est bien, c'est bien. Mais c'est des bons coachs. Crois-moi, c'est des super coachs. S'ils sont là, c'est quelque chose. Et puis pour parler avec tous ces surfers pros, ceux qui sont sur les Challengers, les QS et tout, ils ont le respect. Et puis c'est vraiment cette génération de coachs qui, à mon avis, va amener de grandes choses pour le futur du surf français parce que On en a besoin, ça a été compliqué ces dernières années, et là on a une génération qui s'est qualifiée, sur les challenges on a des bons, et voilà, on va laisser le petit coach Chillon parler un peu quand même, parce que si on se met à parler tous les deux ce moment, ça va être compliqué. Hein mon Thomas, qu'est-ce que t'en penses ?
- Thomas
Coach Chillon, ça me rappelle mon bisuitage. En 2016, quand je suis arrivé, que tu m'as fait venir sur le premier stage des équipes de France, c'était un stage sur 4 semaines en Afrique du Sud, donc il me dit allez, viens. on va voir ce que tu vaux Il me convoque de façon agréable. Et du coup, c'était un stage de quatre semaines. Donc moi, je me suis retrouvé, je n'étais pas disponible sur les quatre semaines. J'étais disponible deux semaines, donc je suis arrivé sur la fin du stage. Et du coup, j'arrive, il y avait déjà un groupe qui vivait ensemble depuis deux semaines, avec des coachs, des intervenants. Moi, je ne connaissais personne, il y avait plein de jeunes. Et du coup, j'arrive à 19h de l'avion. À 19h30, il y avait la petite réunion, comme ils aiment faire, le côté collectif. C'est un truc que j'ai kiffé, ça c'est vraiment sa patte à lui. Dans un sport individuel, arriver à fédérer, à vraiment jouer sur l'émulation, rassembler tout le monde, avoir des speeches avec un capitaine, etc. Ça fédère, il y a vraiment un esprit collectif qui est top et que je n'ai pas trop retrouvé ailleurs dans le surf. Bref, et du coup, il parle comme ça, moi je viens d'arriver, il dit bon il y a Thomas qui vient d'arriver, et il va vous dire un petit mot, il a préparé un speech.
- Daz
Tu n'avais rien préparé ?
- Thomas
Je n'étais pas au courant du tout. Je sortais de l'avion, j'arrivais. Il me tape sur l'épaule et je me retrouve au milieu avec la voix tremblante, à essayer de dire des choses pertinentes. Je ne me souviens même pas tellement j'étais stressé de ce que j'ai dit. Mais après, il m'a dit que...
- Patrick
Il avait été bon. Il avait été bon. Il avait été bon. Je l'ai vu grandir sur les plages. Je savais que je ne me trompais pas beaucoup. Il a été très, très bon. Mais c'est vrai que c'est... C'était le visitage habituel, classique de tout nouveau coach.
- Daz
Du coach Chillon.
- Patrick
Du coach Chillon. Il faut qu'il grandisse.
- Daz
En 2016. Donc tu vois, il m'appelle toujours coach Chillon dix ans après. Donc on a... Un jour, il m'appellera coach. Un coach Sensei, un coach Chillon. Pour parler d'une grosse actu qui est très chargée au niveau du surf tricolore, puisqu'il y a eu trois étapes du CT qui viennent de se dérouler. Avant de rentrer dans le... cœur de l'actu, je vous propose de retrouver Jérémy Flores qui nous a laissé un message d'Australie pour nous expliquer le concept de cette émission. Salut Jérémy, ça y est, on est live, on est dans la première émission de Casse Flores. Je suis coincé entre deux Flores, père et fils. Jérémy, qu'est-ce qu'on va trouver dans cette émission ?
- Jeremy
Ça y est à tous, déjà je suis super content d'être avec vous. Et du coup, la case Flores, c'est vraiment une idée de partager plein d'expériences à travers le surf, à travers, bien sûr, tous les sujets qui me tiennent à cœur sur la santé mentale, sur la performance, sur les hauts et les bas d'un sportif de haut niveau, mais aussi la vie en général et toutes les expériences bonnes et mauvaises que j'ai pu vivre personnellement. Et bien sûr, beaucoup d'anecdotes et beaucoup de discussions sur tout ce qui est stratégie, sur tout ce qui est technique. tout ce qui est visionnaire, le futur du surf français. Donc l'idée, c'est vraiment de... Voilà, on va pouvoir partager vraiment tout le sujet et de donner vraiment la parole à des passionnés aussi. Parler sans langue de bois. Je pense qu'après toutes ces années, maintenant, on commence à nous connaître. Donc voilà, je pense que ça va être un bon cocktail de choses pures, intéressantes. Quelques conneries aussi, mais du coup, c'est l'idée. L'idée, c'est vraiment parler surf, purement passion surf. Parce que c'est vrai qu'il manque un peu de vrais médias de surf français. Il y en a, bien sûr, que je respecte beaucoup. Mais c'est vrai que là, on va essayer de partir un peu vraiment dans des détails plus techniques. Et on verra où ça nous emmène. L'idée, c'est vraiment de partir là-dessus. de parler, de partir dans un délire qui va, je pense, vous intéresser.
- Patrick
Tu confies bien que ton père Patrick a le droit d'être sans filtre, c'est ça ? Oui, c'est ce que je me posais comme question. Parce que maintenant que tu es le coach, moi j'estime petit cochillon encore, on va prendre du temps encore avant d'arriver au niveau du coach. Mais oui, effectivement, je peux parler. Il n'y a plus de filtre. On est entre nous, en plus on est dans la Casa Flores, donc ça passe.
- Jeremy
Ouais, maintenant c'est l'idée. L'idée c'est que moi je me dois, même si par l'aimant, mais je me dois d'être politiquement correct, alors que toi si tu veux, comme d'hab, de toute façon comme tu l'as toujours été, tu peux balancer tout ce que tu as sur le cœur.
- Patrick
Sur le cœur, ouais. Et puis il y aura quelques anecdotes sûrement. Mais bon, ça va être sympa, parce que tout à l'heure on a Kaoli en direct. On va vivre un peu, bon... Deux, trois jours après, mais qu'on sache les choses. Parce que c'est vrai qu'on s'est rendu compte avec Daz, et toi, souvent, tu me l'as dit, il n'y a personne qui va au fond des choses. Et nous, on a envie de creuser un peu, de creuser. D'ailleurs, ça a dû te faire tout drôle, 20 ans après, de te retrouver à ma place dans la tour des juges après la série de TIA. Mais on ne va pas en parler, peut-être. On pourra développer ça tout à l'heure. En tout cas, on rentre directement dans le vif du sujet. Ah bon ? Tu me coupes la parole ?
- Jeremy
Ouais, ben c'est ça, c'est l'idée, c'est qu'on a eu pas mal, malheureusement, bon, on va pas le refaire, mais c'est vrai que c'est beaucoup, voilà, c'est un système très anglo-saxon, qui est devenu très brésilien aussi, et du coup, là, on a l'opportunité, et on a une sacrée génération, là, avec Kaoli Marco, Vainé, Tia, Johan de Faye, et bien sûr, toute cette génération qui arrive. On a du lourd et du coup, on a beaucoup de Français. Et l'idée, c'est qu'on argumente justement sur ce système-là, le bon, le moins bon, et qu'on parle vraiment des vraies choses, de ce qu'on peut avoir. Et puis, je pense que même sur ce début de saison, il y a eu pas mal de décisions qui ont été un peu bizarres en termes de jugement. Donc, on va pouvoir argumenter. Il y en a qui sont pour, il y en a qui sont contre. C'est le but, c'est d'argumenter, de parler. et de discuter sur des notes, des scores aussi. Et pourquoi pas ? Mais surtout après, l'idée c'est qu'on échange aussi sur qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer vraiment tout ça, pour qu'il n'y ait pas 4-5 Français, mais qu'on ait tout dans le futur. Et c'est une chose qu'on a un peu commencé à faire aux Jeux Olympiques de Paris 2024 à Tahiti, où je pense qu'on a marqué l'histoire, on a montré qu'on est là et bien là, et le but c'est de continuer à ouvrir cette voie.
- Patrick
Très bien, je pense que c'est vrai. On en a besoin, ça, finalement, d'Azul.
- Daz
Absolument.
- Patrick
Rentrons dans le vif du sujet. Merci beaucoup, Jérémy. Bon, la bise à tout le monde.
- Jeremy
La bise à tout le monde. Et nous, on est en Australie. Et on vous tient au courant de quelques petites précisions sur ces dernières semaines, ces derniers jours. En tout cas, là, on était sur le spot de Diba aujourd'hui. On avait nos 4 français dans l'eau qui ont cassé le spot, ils étaient en forme. Ça faisait plaisir à voir, il y avait une super ambiance, une super cohésion, donc c'était top.
- Daz
Eh bien, ça fait plaisir à entendre. Allez, passez une bonne soirée.
- Thomas
C'est cool d'avoir eu Jérémy. C'est cool qu'il soit allé à Snapper, d'ailleurs.
- Daz
C'est cool d'avoir eu Jérémy et qu'on l'ait eu depuis Snapper parce que je ne sais même pas si c'était prévu qu'il y aille.
- Thomas
Non, à la base, c'était censé être Johan qui faisait les 3 compétitions en Australie. Il y a eu un changement au calendrier, ils ont enlevé Jeffery's Bay, ils ont Miragland. Ils ont fait ça un peu last minute, donc nous on a dû s'adapter et changer un peu les plans. C'est surtout au niveau de la FED, les budgets, etc. que c'était bloquant. Et il y avait eu une demande des athlètes. Jérémy, avec son expérience de snapper, il a passé pas mal d'années en Australie, etc. Donc il avait vraiment la confiance des athlètes sur cette compét' là. Donc il a été sollicité pour y aller. Et du coup, comme Johan, il avait enchaîné avec les Challengers avant déjà le début du CT, il était content de pouvoir laisser la place à Mimi et rentrer à la maison, récupérer un peu parce que c'était intense pour lui. Et du coup, Jérémy est allé là-bas, frais, avec son énergie. Donc il a bien remonté le team. Ils étaient bien motivés. On voyait que dans le regard, dans l'attitude, il y avait ce spirit. Ce qu'on adore chez Mimi, c'est son énergie, le côté guerrier, combat, on lâche rien, l'attitude. Et c'est vrai que pour avoir maté les séries, c'est vrai que dans l'attitude, juste l'entrée en vague, le côté actif, être dans les premiers échanges, etc. Il y avait des bonnes choses en tout cas.
- Daz
Avant de parler justement des performances des Françaises et des Français, vous pensez quoi du retour de Snapper dans le circuit CT ?
- Patrick
Alors pour ma part... Je trouvais scandaleux quand ils ont arrêté Snapper, parce que ça a toujours été normalement le début de saison. En plus, à l'époque, c'était le début de saison. C'était la grande fête du surf. Moi, j'ai vécu ces années. Ça a commencé il y a une trentaine d'années quand on y allait. Je veux dire, ça fait l'histoire du surf, du début de saison. Et je n'ai jamais compris comment on pouvait se permettre d'arrêter cette compétition. En plus, c'est une droite parfaite. Il y a une ambiance. On est dans le pays du surf. J'ai vraiment apprécié le fait qu'ils reprennent Snapper. En plus, c'est une vague. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais que tu sois goofy au natural, elle te rend meilleur. Elle met le surf en valeur. Elle permet de t'exprimer quelle que soit ta position sur la planche. Je te régale. Il y a tout, il y a du tube, ça déroule. C'est ce qu'on aime, en fait. Moi, j'ai adoré l'époque où je commentais pour le Quick Pro France, le Quick Pro, pardon, tous les Quick Pro en français. Oui, c'était magique. Et oui,
- Daz
parce que pour les plus jeunes, il y a eu les commentaires en français. On les faisait en direct.
- Patrick
Oui, à l'époque où tu avais un peu plus de cheveux.
- Daz
Merci. C'est pour ça que ce n'est pas le film d'ailleurs.
- Patrick
C'est vrai, c'est vrai. On les a fait, on les a fait. Moi, je me souviens de... Cette compétition qui tenait des Français en haleine dans la nuit, de minuit à 6h du matin, il y avait 400 000 personnes qui étaient là, qui écoutaient, qui regardaient et c'était magique. Donc cette compétition, pour moi, elle est hyper importante et elle doit rester. Mais tu as été en année, toi, qu'est-ce que tu en penses ?
- Thomas
Oui, non, c'est une de mes compètes préférées depuis gamin, parce que tout le monde peut s'exprimer. Peu importe le style de surf, les mecs hyper aériens, les gars un peu old school sur le rail, tout le monde peut briller là-bas. Et c'est un des rares endroits où tu peux, dans les combos, casser la ligne, tuber, réaccélérer, faire des airs. Enfin, il y a un éventail de possibilités qui est incroyable. La vague, elle déroule. Elle offre la possibilité à tout le monde d'exprimer son plein potentiel. Et du coup, tu peux te faire surprendre en regardant. Tu ne sais pas à quoi t'attendre. Les mecs, ils peuvent chacun trouver des lignes différentes, innovantes. Et c'est ça qui est agréable à regarder. Mais au-delà du surf, pour l'avoir vécu, je ne l'avais pas capté quand j'étais gamin, plus jeune. Parce qu'on y allait tous, on est tous passés par là-bas. Qu'on soit très bon surfeur ou un peu moins bon.
- Patrick
On a tous cassé les appartements.
- Thomas
Ouais, voilà. Avant d'être coachillon et surfillon. Et non, en fait, c'est vrai que pour avoir fait l'année dernière sur le CT, Snapper, c'est vraiment incroyable l'ambiance. La culture surf, t'es sur la plage, c'est noir de monde. Si t'as pas le site de compète, tu mets pas un pied sur la plage. Tu dois escalader les mecs. Il y avait la série des légendes avec Fanning, Steph, Parco. Mais la plage, l'ambiance, et il y a tous les compétiteurs qui sont là pour mater les mecs. C'est pas genre chacun est chez soi, tu viens juste pour ta série. L'ambiance, le cadre, la vibes, la culture surf fait que ça attire tout le monde. Et même quand tu surfes pas ou que t'as perdu, t'es toujours là sur le site de compète à kiffer ma téléspectacle en fait et vibrer avec tous les spectateurs qui sont là et la foule qui est en délire.
- Patrick
Et après il y a l'ambiance tout autour le soir. Il y a quelques limonades à boire bien sûr à droite et à gauche et c'est sympathique. T'as des concerts sur D-Bat. Voilà, tu fais le tour des pubs, c'est vraiment, c'est juste incroyable. Et puis, je tiens à dire aussi que si tu as de la chance l'année où tu y vas, tu peux aussi, un coup de chance, avoir Kira.
- Daz
C'est vrai.
- Patrick
Et quand tu as Kira, là, ça te revient. Historique.
- Daz
On se rappelle les phases finales. La première année de Jérémy,
- Thomas
sur le tour, il y avait Kira, incroyable. Lui, il avait fait un gros barrel à Snapper qu'ils n'avaient pas vu, là, c'était trompette.
- Daz
2007,
- Thomas
dans une de mes premières années là-bas.
- Daz
Entre Josh Kerr.
- Thomas
Et nous, on avait surfé Kira. Moi, j'ai halluciné. Je suis remonté en courant, ça faisait 15 minutes par la plage.
- Patrick
Et puis il y a eu aussi ce Kira où, tu te rappelles, quand Kelly démarre devant Parco. Oui,
- Daz
et que Parco lui fait un fuck dans le tube.
- Patrick
C'est iconique ça. Et quand les Watermen ramenaient les locaux.
- Thomas
Avant les autres.
- Patrick
Bien avant les autres et au bon endroit. On a connu tout ça, c'est des histoires. On est là pour en parler. Je veux dire, ça ne changera jamais d'ailleurs. Mais moi, oui. Donc là, on a fait un peu d'historique. qui nous demandaient si c'était important d'avoir Snapper, je te dis que oui. Je te dis que oui parce que, de toute façon, les jeunes en rêvent. Même cette génération qui n'a pas encore connu Snapper en compétition, ils rêvent d'être là-bas, ils rêvent de voir cette compétition. Et à l'époque, on avait une expression pour se qualifier, c'était « je veux être à Snapper » , ce n'était pas « je veux être dans la W » . Parce que Snapper étant la première compétition, l'objectif de chacun, c'était Snapper. Et c'était juste incroyable.
- Daz
Bon, alors revenons à nos tricolores, à nos quatre tricolores. on va garder Kaoli pour la fin parce qu'on va discuter avec lui décryptage des performances de Marco, Vahine et Thier allez qui commence ?
- Thomas
il faut se lancer là je ne suis pas timide on va parler du premier tour de Vahine moi je l'ai eu un petit peu par message j'ai eu Jérémy à la... Elle affectionne beaucoup Snapper, la Gold Coast, c'est un des endroits où elle préfère aller. J'ai fait deux ans avec elle, elle a fait trois à Burley l'année dernière. Malheureusement, ce n'était pas Snapper, mais c'est une vague un peu similaire. C'est la même atmosphère, la même vibes. Sur les Challengers, elle avait fait quart de finale. C'est une vague où elle va depuis longtemps, qu'elle affectionne. C'est une droite, creuse, c'est son point fort backside. Elle était en confiance, elle a fait un premier hit vraiment super. par rapport aux objectifs de performance qu'on a fixés cette année. Elle fait plus de 16 de total, elle fait un 8,67, elle fait un 7,83 pour moi qui est sous-noté. C'est la seule backside qui arrive au milieu d'un combo à staller en tombant d'un turn, se mettre dans un barrel, un petit barrel, ressortir et finir la vague. Donc c'est des lignes, des combinaisons de manœuvres, un enchaînement avec son flow, son style qu'on connaît, qui pour moi ont été... sous-évalué un petit peu, après c'est pas problématique.
- Patrick
Moi je suis d'accord avec toi. Je pense même qu'en dehors de Thieopo, je pense que c'est sa meilleure série depuis qu'elle est sur le Tour Pro. Je l'avais rarement vue à ce niveau-là. Elle est, comme dit Thomas, sous-évaluée, c'est pas le mot. Je pense qu'ils n'ont pas compris son surf, parce qu'ils ne s'attendaient pas qu'elle soit capable d'enchaîner. Tu sais, ce moment où elle enchaîne dans le tube et tout, qu'elle change sa trajectoire, c'était naturel chez elle. Je pense que ça ne les a pas impressionnés plus que ça. Très peu de filles en backside sont capables de faire.
- Thomas
Peut-être que ça est arrivé un peu tôt aussi dans la compète. Elle est dans le haut du tableau. C'est le premier tour. Donc, les mecs, ils ont vu ça. Ils se sont dit qu'ils allaient le voir beaucoup. Au final, la compète, aujourd'hui, elle est finie. C'est la seule backside dos à la vague qui a été capable de proposer un barrel au milieu de la combo avec Flo, avec son style. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, je me suis confronté un petit peu au juge avec elle l'année dernière parce qu'elle a perdu 4-5 fois à 0-0-2. Donc l'année elle a démarré, Joanne il y est allé, et puis Jérémy il y est allé aussi. Mais c'est vrai que comme tu dis, ils ont du mal à évaluer son surf, parce que c'est très contrôlé, c'est très fluide, c'est posé, et c'est joli, donc ça a l'air un peu facile. Et comme il y a ce côté paradoxal un peu dans les critères de jugement, on parle d'engagement, mais on parle aussi de contrôle. À un moment donné, si tu t'engages pleinement dans un turn, forcément, le contrôle il laisse un petit peu à désirer. Donc c'est un peu toujours le truc sur lequel jouent les juges. Ah, mais cette manœuvre, elle n'est pas contrôlée. Oui, mais elle s'est engagée grave dans le turn. Ah, ouais, mais là, elle ne s'est pas engagée. Ouais, mais c'est contrôlé.
- Patrick
Ils auront toujours la réponse, de toute façon. Surtout à Snapper. Dans la tour des juges de Snapper, je peux vous dire, il se passe beaucoup de choses.
- Thomas
Oh oui, je confirme.
- Patrick
On rate beaucoup de choses. Les vidéos tombent souvent en panne. C'est la tour juge de Snapper. Elle est réputée, connue pour ça.
- Thomas
Ouais, ça dépend du drapeau que tu as.
- Patrick
Ouais, aussi, le passeport, bien sûr. Mais en tout cas, Vainé sur cette série a été magique.
- Thomas
Oui, franchement, c'était super. Je sais qu'elle était déçue. C'est le CT, c'est des up and down tout le temps. Donc, il fallait qu'elle digère un petit peu la défaite. Parce que sa deuxième série a un scénario. Il y a un shark à la fin du hit. Ils arrêtent, elle repart. Elle était contre Kathleen. Donc, Kathleen, c'est quand même une grosse cliente. Donc, elle s'est mis un peu la pression. Et du coup, elle perd la série. Mais du coup, après coup, tu es tellement déçu, tu as perdu, que tu oublies un petit peu tous les trucs positifs que tu as validés. Et pour moi, comme a dit Patrick, cette première série, c'est vraiment une série référence où elle a marqué les esprits, encore une fois. Et moi, au-delà du résultat, je lui dis souvent que ce qui m'intéresse le plus, c'est la qualité de la performance. Et d'être capable de proposer une performance comme ça, sur la troisième compète de l'année, c'est hyper positif pour la suite.
- Patrick
Exactement. Je rejoins sur la deuxième série, cette histoire d'arrêter la série. Bon, on ne va pas parler de requins ici. Surtout pas avec moi.
- Daz
L'instant concentré sur la récompétition.
- Patrick
Donc, c'est compliqué, tu sais. C'est quoi le...
- Daz
Excuse-moi de te couper. C'est quoi le protocole, justement, quand il y a une alerte requin ?
- Patrick
Bonsoir.
- Daz
Donc, on fait sortir les surfers, mais on reprend... Avec le temps en restant ou on recommence la série à zéro ?
- Thomas
C'est ça qui est délicat. Normalement, quand ce n'est pas la même journée de compétition et que les conditions ne sont pas les mêmes, tu laisses la possibilité aux surfers de reprendre à zéro.
- Daz
Oui, puisque ce ne sont plus les mêmes critères.
- Thomas
Ce ne sont pas les mêmes critères, ce ne sont pas les mêmes vagues. Au niveau de la notation, c'est délicat. Il se trouve que là, je ne sais pas comment ça s'est passé, mais je pense que Kathleen n'a pas voulu reprendre la série du début parce qu'elle avait un avantage et est restée 4 minutes 50. On sait qu'à Snapper, ça peut être très slow. Donc, 4 minutes 50, c'est ce qui s'est passé. Il n'y a pas eu d'opportunité, elle n'a pas surfé. Donc, d'autant plus frustrant. Mais Jérémy parlait de mental par rapport au podcast. Mais c'est vrai que ça, c'est une situation assez particulière. De rentrer à la maison, ta série n'est pas finie, tu es derrière, tu dois repartir le lendemain, il te reste 4 minutes. Donc, mentalement, c'est un exercice hyper enrichissant. C'est difficile, je pense qu'elle a dormi avec la boule au ventre. et papillon dans le ventre, comme elle aime dire. Mais au-delà de la performance, encore une fois, c'est une situation qui est compliquée à gérer et qui, mentalement, va être intéressante pour la suite. Parce qu'une fois que tu vis des moments difficiles comme ça, des aléas auxquels on ne s'attend pas, des facteurs que tu ne contrôles pas, ça fait grandir. C'est une expérience de plus, c'est enrichissant. Et elle, elle est tout le temps dans ce côté, elle fait beaucoup de manas, connexion à la nature, etc. Elle a fait un hit avec un shark. que j'apprécie. peu de surfeurs qui ont vécu ce truc-là. Je ne vais pas dire que c'est une chance, mais elle qui est ultra connectée à la nature, c'est quand même un hit dont elle se souviendra toute sa vie.
- Patrick
Allez, on passe à Tia,
- Daz
la plus jeune du tour, la rookie.
- Patrick
Écoute, moi, Tia, de toute façon, je pense que je vais être clair dans ce que je dis sur elle, c'est que pour moi, on n'a jamais eu une surfeuse française de ce niveau. Il faut être clair. D'autant plus que le niveau féminin est passé sur une autre planète. Ces deux, trois dernières années, on a plein de jeunes qui arrivent, qui débarquent. Elles sont incroyables. Je veux dire, on n'a pas connu ça avant. Avant, franchement, le niveau QS, c'était assez facile de se qualifier. Je pense qu'on a des riders françaises qui l'ont dit elles-mêmes. Le QS, il n'y avait aucun intérêt. Quand tu étais sur le taux, autant y rester. Parce que là, il y a du gros, gros niveau. Et TIA... Elle est, à son âge, pour moi, incroyable. Là, dans la série contre Clarissa, on ne va pas être d'accord peut-être, mais moi, j'ai analysé les quatre vagues, donc les deux meilleures vagues de chacun. Si tu compares, ils pourront aller voir sur les résumés. Si vous regardez les vagues, vous verrez très rapidement qu'il y a un gros problème entre les backups. Le 5'83 de Carissa et le 5'43 de Thia, l'explosivité de Thia. Carissa, moi j'ai énormément de respect. D'abord Carissa, je la connais puisqu'elle a 10 ans, 11 ans. Elle fait partie du haut niveau, du très très haut niveau. Les rares filles qu'il y avait à l'époque, elle en fait partie, il faut être clair et net. Et Carissa ne m'a pas montré, ne m'a pas prouvé, si tu veux, contre Thia qu'elle méritait les scores qu'elle a eus. On peut même lui donner le 6,5 à la fin, même si moi je ne l'aurais pas mis. Mais je parle du backup. TIA, comme je suis au courant qu'on m'a dit dans l'oreillette qu'il y avait des vidéos qui n'avaient pas marché et qu'apparemment, ils n'ont pas pu revoir certaines vagues de TIA. Oui, oui, tu sais que je sais tout. Oui, puisqu'il y en a qui montent dans la tour et qui posent la même question que j'ai posée il y a 20 ans. Et on n'a toujours pas trouvé la vidéo qu'ils filment. la caméra, mais c'est une vérité je plaisante pas, je fais pas le vieux le vieux con qui rabâche mais il y a eu la même réponse ah c'est vrai mais on a une vidéo qui marchait pas et ainsi de suite, après moi je te dis on va pas regarder moi je pense que si vous comparez ceux qui sont sur un téléphone ils vont à 2 minutes 0,4, vous avez Carissa à 5,83 et Tia qui a 6 minutes 30 qui prend à 5,43 regardez l'explosivité de Tia regardez la La manière dont elle fait rentrer le rail dans l'eau, sur la surface de l'eau. Regardez, vous allez voir. Regardez le sillon derrière la board. Vous pouvez comparer. Carissa, elle met une grosse première manœuvre à chaque fois. Et après, pour moi, c'est plus des bons roundhouse cutbacks un peu carvés. Ça n'a rien à voir. L'engagement de Thia, je ne sais même pas comment ils n'ont pas pu le voir. C'est des juges. Je veux bien comprendre, tu vois, que ceux qui regardent ça en vidéo... Ouais, ouais, mais quand même, c'est Carissa. Ouais, elle a mis une grosse première manœuvre et tout. Mais quand t'es technicien et que tu rentres dedans, tu peux pas te faire avoir. T'as pas le droit de te faire avoir. Et les juges, ils sont payés pour ça. Non ? T'es au moins... Les juges, ils sont payés pour ça. Ils ont les replays. Ils ont des replays. Bon, qu'ils ont pas toujours, mais ils ont quand même des replays. Ils le voient.
- Thomas
Ils avaient le replay, mais ils avaient pas le bon angle. Ils voyaient par derrière. Ils voyaient pas ce que tu dis, le relai dans l'eau, etc.
- Patrick
C'est ça. Mais malgré tout, je veux dire, ils l'ont vu en... Ils l'ont vu en vrai. Je veux dire, tu es un technicien, tu es payé pour ça. Tu fais le tour du monde, au frère de la princesse, toute l'année. Je veux dire, on te demandait de te concentrer 7-8 heures sur une semaine. On ne t'a pas dit, tu vas bosser, tu vois, machin. Non, tu es là, tu es assis, tu es juge, tu es formé. Tu n'as pas vu qu'il y avait plus d'extraplosivité sur Thia ? Je ne sais pas, il faut inventer des caméras, il faut leur faire des lunettes. Je ne sais pas.
- Thomas
Moi, je vais faire l'avocat du diable, du coup.
- Patrick
Moi,
- Thomas
je pense qu'il faut prendre en compte le contexte. C'est le retour de Carissa sur le CT. Elle est X fois championne du monde.
- Patrick
Et le bébé sur la plage.
- Thomas
Le bébé sur la plage. C'est bon pour l'audience. Story TV, tout ça. Je pense que ça, on ne peut pas le négliger. Et après, ça a toujours été le cas. Ça, c'est mon point de vue et ça n'engage que moi. Mais les surfeurs français, pour briller sur le CT. ont toujours eu besoin de faire des vraies différences pour gagner les hits. Et pour moi, ce hit-là, Tia au niveau du surf, elle est hyper explosive, il n'y a pas de souci. Je la suis depuis qu'elle a l'âge de 9 ans. Et moi, je n'ai pas trouvé de variété dans les manœuvres. C'était très répétitif. Malheureusement, elle n'a attendu que sa dernière vague, qui fait 50 cm, pour envoyer un lay-back en première manœuvre.
- Patrick
derrière elle fait un carve, toute la plage a été sur le cul, mais ça faisait partie des thèmes d'entraînement qu'elle avait à bosser avant, lâcher son lay-back en première manœuvre, c'est ce qu'on fait tous les dos, c'est ce qu'on fait tous les meilleurs, et elle n'a pas eu la lucidité de le proposer avant dans la série, et c'est pour ça que moi j'ai un gros regret par rapport à ça. En plus de ça, au niveau du choix de vagues, Carissa prend des vagues beaucoup plus grosses que celles de Tia, donc il y a plusieurs choses qui font que ça ne me surprend pas en fait. qu'il fasse passer Carissa d'ensuite. Pour moi, Tia, elle est tellement armée pour faire des différences encore plus marquantes et fermer la porte à Carissa totalement. Là, pour moi, la porte, elle était entre-ouverte. Et contre Carissa Mour, X championne du monde, un snapper, le bébé sur la plage, tu ne laisses pas la porte ouverte. Parce qu'ils la prennent.
- Daz
Alors, pendant qu'il parlait, je lui ai mis les images de Tia, là. Voilà. Regarde bien l'épaisseur des carves. regarde l'engagement de Thia sur son 6.67 après il y a un petit club une petite casquette, ça ça compte pas pour moi check turn moi je dis ça je parle, vous je laisse le coach regarder les images ceux qui nous écoutent vous pouvez aller faire comme nous,
- Patrick
vous mettez la fin de la vague elle est pas propre il n'y a pas de finish, tu parlais tout à l'heure de Carissa son premier turn et son dernier turn c'est les moments clés de la vague Et ils sont réussis. Ce qu'il y a au milieu, c'est un peu occulté. Et c'est vrai que Thia, si tu prends la vague dans son ensemble, c'est bien mieux. Il y a plus de rythme. Ça va plus vite, c'est plus explosif. Moi, je préfère. Mais encore une fois, ça ne me surprend pas qu'ils mettent Carissa devant. Pour moi, il n'y a pas suffisamment de différence. Là, tu vois le premier turn, c'est un gros carve.
- Daz
Oui, on enchaîne sur un rien. Ça ne sert à rien. c'est vrai que c'est difficile à faire quand on n'est pas en live mais on est en train de regarder en direct et vous voyez il y a un premier carve la deuxième manoeuvre il n'y a rien la troisième c'est un cutback il y a un tube on voit le bout de la planche qui sort à chaque fois donc elle n'est pas à l'intérieur profondément du tube après qu'on mette 6,5 ça ne chante pas mais dans ces cas là on met beaucoup plus à tir c'est mon avis c'est pas grave
- Thomas
Juste... pour préciser, si vous nous écoutez et que vous n'avez pas vu la série, on vous met le lien dans le descriptif de la série dont parlent Patrick et Thomas. Comme ça, vous pourrez avoir le son et l'image qui vont avec.
- Daz
C'était un peu le problème qu'on avait au début de ce podcast. On va commenter des séries, on va refaire des séries, on refait des séries, mais en même temps, il faut que pour que ça soit intéressant, pour ceux qui peuvent se permettre de... Quand ils rentrent chez eux le soir et qu'ils veulent réécouter le podcast, c'est se faire un avis en allant sur le lien et regarder ces séries où vous avez en replay tous ces trucs. Pour moi, Tia avait gagné cette série. Pour Thomas ?
- Patrick
Justement, pour argumenter encore plus, regardez la dernière vague de Tia. Vous allez voir en trois turns réellement le potentiel qu'il y a. Après, ils se sont permis de mettre un 3,67 sur cette vague. Alors qu'il y a un combo de deux manœuvres incroyables, ça doit être au-dessus de la moyenne minimum. Mais c'est juste pour vous dire le bagage technique qu'elle a. Et je trouve ça frustrant qu'elle l'utilise sur une dernière vague sans potentiel, alors qu'elle a eu X opportunités avant pour proposer ce genre de combo sur des vagues à fort potentiel au début de la série.
- Daz
Moi, je pense qu'ils l'ont tiré vers le bas au début de la série sur les scores. Et donc, ça l'a un peu bloqué. C'est mon avis, parce que tu sais aussi bien que moi, Thomas, que les gens regardent les séries et vont toujours... être focus sur le plus gros score et ainsi de suite. Mais la plupart du temps, ça se joue toujours sur le back-up, sur la deuxième vague. Et les gens oublient souvent cette deuxième vague. Et moi, cette deuxième vague, pour moi, je suis désolé. Carissa, 5,83. Tia, 5,43. Déjà, là, il y a un problème. Il y a un gros problème. Franchement, le 5,83 de Carissa, il n'y a rien. Il n'y a rien dans sa vague. Donc, il n'y a rien. J'exagère. Il ne faut pas aller trop loin non plus. Mais je veux dire, comparé à ce que fait... finalement, Thia sur son site 67 tu regardes, il n'y a que 0,80 de différence, et ce n'est pas normal après, là où je rejoins Thomas c'est que nous les français, on ne peut pas se permettre d'être côte à côte c'est-à-dire qu'il faut qu'on explose la série dans ces conditions-là avec tous les dramas qu'ils adorent faire on ne doit pas se contenter d'être à 5,80, il faut qu'on soit à 7, 7,5, et quand on est là il n'y a rien à dire, on n'a jamais de problème, c'est vrai quand on score, il n'y a pas de problème
- Thomas
Mais est-ce que ça, c'est un problème ? Français contre le reste du monde, ou est-ce que c'est les underdogs, les nouveaux, contre les stars ?
- Patrick
Oui et non. C'est une discipline, c'est anglo-saxon, mais c'est ce que je disais à Vahiney l'année dernière. Pour moi, et c'est comme ça que Patrick m'a formé en tant que coach Sion, c'est que c'est une force en fait. C'est-à-dire que nous, on n'a pas le choix. Et c'est comme ça que les Toledo, les Medina, les Italo se sont faits. Ils se sont faits défoncer par les juges pendant des années, alors qu'ils avaient déjà un surf révolutionnaire. Les gens disaient, ah mais ils ne savent pas mettre le rail, ceci, cela. Et le fait d'avoir des notes très basses, les mecs se sont retrouvés à pousser à 120% toutes leurs manœuvres. et à progresser et à surpasser tout le monde. Alors qu'un Julian Wilson, Australien, surf magnifique, grosse star, lui, c'était l'inverse. Il surfait à 60%, il prenait les 8, et les années sur le Tour l'ont ramolli. Moi, c'est ma vision du truc. Alors qu'avant d'arriver sur le Tour, tu regardais les vidéos, c'était un monstre. Sur le Tour, il faisait moins de R. Il y a eu des compètes où il l'a fait quand même. Mais je trouve que le scoring, le CT, la compétition sur le Tour, a tendance à influencer beaucoup le surf et l'évolution des mecs qui sont confrontés à ça pendant plusieurs années. Et c'est justement ça que nous, on essaie de mettre à profit, à leur dire, regarde, des Toledo, des Italo, où ils sont aujourd'hui, ils ont démarré comme ça.
- Daz
Marco l'a compris, je pense. Marco, bien sûr. Pour aller chercher le titre de rookie of the year, ce n'est pas donné à tout le monde. Marco, je pense que quand il l'a compris, il s'engage. Alors après, des fois, on peut lui reprocher, il tombe sur des airs et tout. mais je pense que s'il n'avait pas été comme ça l'année dernière, il ne prenait pas le titre de rookie obsidien.
- Patrick
Mais ce qui est important aussi dans le jugement, ce qu'il faut analyser pour les gens qui ne connaissent pas, c'est que là, on est sur des hits condensés, donc à tout en 7 minutes. Mais souvent, les scores, il y a beaucoup d'écarts dans le temps. C'est-à-dire qu'il parlait du backup de Carissa qui était surnoté, mais il arrive très tôt dans la série, ce backup. Et du coup, souvent, ils perdent le fil à la fin quand ils doivent mettre un score.
- Daz
ça revient à ce que je te disais, ils sont payés pour ça ils n'ont pas à perdre le fil, le fil moi je leur mets une corde s'ils veulent autour du cou, comme ça je les tiens ils sont payés pour ça toute la journée j'ai entendu cet argument mais ça fait 40 ans merci de l'avoir dit ça fait 35 ans que je coache quel fil Thomas ? c'est pas un fil t'as un score 5-37 t'as le replay, j'ai mis ça à 37 ça c'est un 6, c'est un 6,5 tu perds pas le fil ou alors tu perds ta place, tu dégages, tu rentres chez toi tu vois ta mère, tu te laisses tranquille les surfers, les professionnels, c'est comme ça je veux dire à un moment donné après moi ça me rend fou, regarde là moi qui suis plus impliqué là-dedans ça me rend fou quand je regarde ça il n'y a pas de fil, il n'y a pas de fil, il est 30 minutes t'es payé pour ça, t'es un juge, tu dois être bon du début jusqu'à la fin, va dire au rugby ou au football, t'as le droit de perdre le fil pendant 20 minutes non,
- Patrick
je ne suis pas en train de conner cautionner ça. Je te dis juste que du coup, ça ne me surprend pas parce qu'on a tellement vécu ce genre de scénario-là qu'on est prêts. On leur a dit qu'il faut faire des vraies différences. Et ça, ça fait partie, pour moi, ce n'est même pas un facteur non contrôlable. On le sait, c'est comme ça depuis des années. Je l'ai vécu.
- Daz
Ce podcast est là pour changer les choses. Il faut qu'on change ça, Thomas. Thomas, t'es cochillon sur le tour.
- Patrick
Pour moi, il faut faire avec.
- Daz
Il faut leur apprendre à faire avec, mais Il faut, à un moment donné, je sais que dans ce monde que j'ai vécu pendant tellement d'années, personne n'ose parler, personne n'ose dire. C'est vrai que c'est une société privée quelque part. Je peux comprendre. Quand tu bosses dans une société privée, c'est difficile d'aller voir les boss, le staff, leur dire c'est de la merde ce que vous faites. Mais bon, là, c'est vrai. C'est un peu de la merde ce qu'ils font, tu vois. Donc, oui, ça fait 30 ans. Tu vois, c'est bientôt. Ils vont, tu vois, la fausse sceptique, elle est pleine. Donc, si tu veux, le truc, c'est... Il faut pouvoir des fois le dire. Tu vois, c'est... Là, je suis entièrement... Toi, ton rôle, c'est ça. Tu les prépares, il faut les prévenir. On ne peut plus être serré, il faut se lâcher. Je suis entièrement d'accord avec toi.
- Patrick
On est obligé d'avoir un discours constructif et de regarder de l'avant. On ne peut pas s'arrêter sur des mauvaises notes, des scores. On le sait. Je veux dire, ce n'est pas comme si on est surpris que le français soit mal noté. On le sait, c'est comme ça depuis des années. Donc pour moi, c'est un facteur avec lequel on doit dealer et on doit être meilleur et ça nous rend plus fort. Et petite anecdote, tu me parles d'aller voir les juges, tu couperas d'As si tu veux, mais moi je me souviens de mes premiers championnats du monde avec le Padré, où le soir on boit une petite bière au débrief et il me dit, je te le dis mais tu le gardes pour toi, j'ai attrapé l'autre, le juge français pendant les championnats du monde ISA dans l'ascenseur. Et bon, je lui ai dit gentiment, intelligemment, je lui ai dit que c'était une merde, mais que j'espérais quand même que ça soit lui le juge français pour les JO. Et je lui ai tapé sur les poches, je lui ai fait un petit sourire. Donc j'ai fini sur une note positive. Au moins, je lui ai dit qu'il nous avait sabré 2-3 surfers depuis le début. Tu vas voir, demain, on ne va pas être noté pareil. Je me dis « Ah ouais, putain, costaud, solide, bien joué, Padré. » Et le lendemain, réunion avec le staff et le directeur qui gérait un peu la paperasse des réunions, etc. qui nous dit « Bon les gars, on a pris une amende. On a pris une amende pour contestation auprès des juges. » Et du coup, moi, personne ne savait ce qui s'était passé. Du coup, moi, j'avais eu Patrick qui m'avait raconté le truc. Et dans ma tête, j'étais là « Ouais, ouais, t'as géré, ouais, t'as géré. La petite tape sur les poches, j'ai envie de te voir au JO. » Le mec, c'était tellement... Un guerrier qui est parti se plaindre direct en pleurant et on s'est fait défoncer.
- Daz
À la fin, il a été au JO, il a été bon. Il a été bon, il a sacrifié les équipes de France pendant quelques années. Pour sauver son cul. Voilà, on a vu un juge qui sortait de nulle part, qui s'est retrouvé aux Jeux Olympiques au Japon. Mais bon, il a été bon, il a joué sa partie. Bon, ça nous a coûté quelques séries. 500 dollars, 500 dollars, ça va. 500 dollars, c'était pas trop cher. Le lendemain,
- Patrick
on a perdu deux types du tableau principal, donc ils n'avaient toujours pas compris le message. Non,
- Daz
ils n'ont pas compris, mais c'était l'époque où il fallait se placer. De toute façon, voilà, on est confronté à ce genre de bêtises. Mais si vous voulez, malgré tout, il faut parler. Il faut parler, il faut le dire. Toi, ton rôle, vous, le rôle des cochillons, les quatre, même avec Pauline, la cochillonne, elle et Pauline, ça va être quelqu'un quand même. Non, mais Pauline, c'est la reine des Jules. Elle a une intelligence de coaching.
- Patrick
Si elle va voir les juges, elle va leur parler. Elle va mieux leur parler que moi. Elle va être très smart, elle va être moins dans l'émotionnel, elle va être posée, factuelle.
- Daz
Le problème, Daz, il faut que tu saches, c'est que les réponses n'ont pas changé. C'est-à-dire que les coachs évoluent, le surf évolue.
- Patrick
Mais pas le système.
- Daz
Pas le système. Et les réponses par rapport, tu l'as dit tout à l'heure, ça sera toujours les mêmes réponses. Quand ils font une erreur, ils ne vont jamais l'accepter. À aucun moment, ils vont dire on a fait une erreur, même si la vidéo parle d'elle-même. Mais ce n'est pas grave, ça. Ce que je veux dire, c'est que nous, on a envie. de voir nos surfeurs français évoluer. On s'est battus, ça fait des années, Johan, Jérémy, Mickey, toutes ces générations chez les filles, Pauline, Caroline, tout ça, ça s'est battu, battu, on a ramassé, elles ont digéré, elles sont revenues, elles ont réouvert la porte, passées par la fenêtre, les QS, les... Tu vois, à un moment donné, on aimerait bien être reconnus, on est champion olympique aussi, on aimerait être reconnus à notre juste valeur et pas être obligés justement de se dire, bon, Là, si c'est serré, je ne passe pas. Non, on aimerait juste que ça soit bien fait. Tu sais que j'ai quand même fait des retours, des briefings de compétition avec les papas de beaucoup de surfers professionnels. Tu sais que les debriefings se faisaient toujours dans des conditions tranquilles, le soir. Comme t'aimes. Comme j'aime.
- Patrick
Sans fil.
- Daz
Ils tous, ils reconnaissaient. Ils savaient très bien que si tu veux, le système faisait qu'il y avait des pays qui étaient protégés plus que d'autres. Moi, ce que j'aimerais, c'est juste que ça évolue. C'est juste que nos surfers français, ils n'y rentrent pas avec une boule de plus au ventre que les autres. Tout simplement. Et je pense qu'il faut commencer à en parler.
- Patrick
Après, ce que tu disais avant, c'est qu'ils ne reconnaissent jamais leurs erreurs. Au final... Moi, je ne suis pas vraiment d'accord avec ça, parce que toutes les fois où je suis allé les voir, ils m'ont dit « Ouais, c'est vrai, t'as raison, mais on ne peut pas refaire la série » . Et là, ils ont dit la même chose à Johan.
- Thomas
Oui,
- Patrick
mais j'en ai eu des réponses comme ça. Et c'est vrai que les mecs, au final, ils disaient « Ah oui, oui, c'est vrai, mais moi, je suis chef-juge » . Et du coup, comme le panel, ils étaient tous raccords sur la note, donc je n'allais pas faire changer tout le monde, je leur ai laissé la main. Et après, le coup d'après, c'est l'inverse. Et puis quand tu vis des compètes un peu de l'intérieur, où forcément on connaît des juges, etc. Et c'est vrai que le chef-juge te raconte un peu ce qu'il veut, parce qu'il y a des mecs qui sont ultra directifs et qui font changer les notes.
- Thomas
Bien sûr.
- Patrick
Bref.
- Thomas
Allez, on passe au livre de jugements. Je crois que les juges, c'est bon, ils ont eu leur pack de vêtements d'hiver.
- Patrick
Non, on y retournera. Ils vont être bien rouges.
- Thomas
C'est pas fini. Je vous propose de faire une pause du jugement et de parler de Marco Mignot.
- Daz
Marco, c'est une belle histoire. D'abord, on n'est pas à la queue pour la compétition. Je vais remettre le contexte historique. Avec Yann Martin, on est en Nouvelle-Zélande sur un championnat du monde junior. Et on est en session d'entraînement avec l'équipe de France puisqu'on était tous les deux coachs des équipes de France. Et on voit deux gamins passer là, comme ça, qui parlent français. Donc, Yann va voir un coup qui sait. Yann me dit, il parle français. Puis on voit quand même, ça se refait pas mal. Mais là, je parle pas de Marcon encore. Je parle de Nommé et Diego.
- Patrick
Nommé, c'était un génial.
- Daz
Voilà. Et là, l'histoire a commencé. C'est-à-dire qu'en fait, ils étaient double nationalité canadienne et française. et puis voilà je vais raccourcir, ça s'est enchaîné ils ont demandé l'autorisation à rejoindre les équipes de France et l'histoire des Mignots a commencé comme ça en gros et du coup pendant toutes ces années de stages, de compétitions de tripes quick silver et tout au début et ensuite il y avait un petit, il y a le dernier le dernier de la bande, Marco mais qui était déjà très très fort à 8-9 ans Marco il faisait des airs je crois qu'il avait 9 ans Il faisait des rivers à 9 ans, il était incroyable.
- Patrick
Moi, le truc qui m'a le plus choqué sur Marco Mignot, et ça, il faudrait que je vous trouve des vidéos, mais moi, je passais des heures à le filmer sur la plage les jours où il n'y avait pas de vague. Pendant les Pro Juniors, Mickey venait d'être papa, donc j'avais le team européen sur les Pro Juniors, avec Marco, Kaoli, Noah, François-Antonès, enfin bref. Et Marco, il prenait sa board comme un scheme de surf, il courait depuis la plage, il sautait sur la board et il surfait la vague. Il faisait des énormes airs. des énormes lay-back, et il se relevait, il continuait la vague. Personne ne surfait. Lui, il mettait la combi, il disait « Ah, moi, je vais m'amuser » . Et j'étais au bord, je n'avais jamais vu ça de ma vie. Il courait sur le sable, il sautait sur la board, il surfait, il faisait des air-rivers qui replaquaient, des lay-back, il se relevait, il continuait la vague, il longeait le sable. J'étais sur le cul, je disais « Waouh » .
- Thomas
Il a enlevé les fins ?
- Patrick
Non, avec les fins. C'est un phénomène. Un génie, un génie du surf. Je n'ai jamais vu ça, Daz.
- Daz
C'est un phénomène. C'est le premier, je vais dire, de... Surfeur français qui pousse aux extrêmes toutes ses manœuvres innovantes, aériennes et ainsi de suite. C'est le premier qui va chercher vraiment depuis tout petit. C'est ça que je veux dire. Et qui, en série, a été capable de perdre des séries, je ne sais pas si ça se dit, imperdables. Oui, mais parce qu'il voulait faire un air, parce qu'il voulait faire un reverse, parce qu'il voulait faire un gros score. Mais voilà, ça l'a amené là où il est. Et je trouve ça magique, moi.
- Thomas
S'il a un serve de vidéo, quoi.
- Daz
Oui, oui.
- Patrick
Oui, disons que les critères, ils ont évolué. Mais lui, il était tellement en avance. Autant te dire qu'à l'époque, moi, je me souviens être allé batailler avec les chus, encore une fois, parce qu'il avait fait le premier reverser backside de la compète et des mecs lui avaient mis un 4,5. Il perd à 0,5. Je lui dis, mais comment ça peut être en dessous de la moyenne alors que c'est le seul air reverse de la compète ? Oui, mais la vague, elle n'est pas grosse. Je lui dis, d'accord, mais il propose quelque chose que personne n'a fait. Il y a une grosse prise de risque. Bref,
- Daz
la vérité, c'est que Marco, il était fait pour le CT. C'est-à-dire que c'est le prototype même du surfeur. Il n'en a rien à foutre, finalement, de passer par les QS et Challenger. Lui, il n'y a que dans le CT qu'il se sent bien. Sa vie, c'était le CT. Il a réussi à passer au travers des qualifications et tout. C'est top, tu vois. Mais lui, il ne lâchera jamais rien. Il va nous faire rêver, Marco. qu'au Kaoli et Marco, on a deux surfeurs qui vont nous faire vraiment rêver.
- Thomas
Deuxième rookie de hier,
- Patrick
français, après Jérémy.
- Daz
Oui, tu vois, c'est un peu le même parcours. Jérémy qui sortait de Madagascar, qui ne jouait qu'avec sa planche, qui pensait que surf. Ils ont un peu les mêmes, je veux dire, c'est un peu le même phénomène finalement.
- Patrick
Ils ne sont pas dans les rangs.
- Daz
Oui, ils n'étaient pas dans les rangs.
- Patrick
Ils sont à part quand Marco Mignot, c'est... Son père, c'est un pirate, c'est une force de la nature. Tu rencontres Christophe, tu lui serres la main, tu sens l'énergie qui émane du bonhomme. C'est un amour, c'est un mec en or, ça ne triche pas. C'est Franck Ducollier et les mecs, ils étaient à dormir à 5 dans la bagnole parce qu'il y avait les cousins, les trucs, à dormir à l'arrache, vendre des colliers sur la plage parce que c'était le business du Padré à l'époque. Ils vendaient sur la plage pendant les compètes et après ils allaient... Ils allaient péter le spot et ils mettaient des raclées à tout le monde, alors que tous les autres, c'était fils à papa qui dormait dans des hôtels, nickel, avec le coach, le machin. Eux, ils étaient à la route, c'est comme ça qu'ils se sont construits. Mais ouais, aujourd'hui, je pense que Marco, mentalement, c'est un mec, plus il y a de la pression, l'année dernière, c'était hallucinant, plus il y avait de la pression dans la série, plus t'avançais dans la série. Donc plus les erreurs allaient être payées fort, et plus le mec, il se transcendait, quoi. Salvador, il adore ça en fait et je regardais, il y avait Jason à côté avec qui j'ai passé beaucoup de moments
- Thomas
Jason c'est Jason Aparicio qui est son coach perso qui est un ancien pro et qui est zen,
- Daz
c'est ce qu'il lui fallait il lui fallait Marco il est zen ou il stonne ? il est zen surtout, mais il fait un mec cool il est zen sur la plage ? non, il est zen dans la vie je le connais très bien la femme de Jason est une amie de La Réunion de très très longue date il lui fallait quelqu'un comme Jason qui est capable de passer effectivement du statut zen dans la vie, cool et tout, à complètement fou, comme Marco, comme le père de Marco, comme moi d'ailleurs sur la plage. Et en fait, c'est ça, c'est l'entourage. Marco, son entourage, il fait pour beaucoup aussi. Mais bon, Marco, je me répète encore, Marco, il est fait pour le CT. Sa vie, c'est le CT. Lui, plus il y aura de la pression, plus il va décoller, puis il va tout tenter. On l'a vu contre Jordi en Afrique du Sud quand même. Cette série, elle était magique. La série était magique. Je suis sûr que s'il était juste comme ça, 6 des 6 points, des 7 points, ça ne serait pas passé comme ça.
- Patrick
Et puis la plage, le côté showman, la plage qui est contre lui, il les regarde, il fait chuuu. Salvador, je pense que c'était l'ascension. Salvador, il reste 2 minutes dans la série. Il est contre qui déjà ? Je ne sais plus contre qui il est, mais il a besoin d'un 6,5 ou d'un 7. et bon il y a Jason qui est avec sa balle dans tous les sens, Christophe qui fait des sans-pattes, t'as l'impression qu'il va péter les murs à côté et tout et il y a une série qui arrive, je suis là mais c'est bon, Marco il va le faire là il est full pression, tout le monde se chierait dessus à sa place là regarde il va balancer, le mec il se lève il envoie un énorme reverser grabé, après il fait un turn un autre turn et il arrive à la fin de la vague où tu te dis bon vas-y Marco fais nous un petit re-entry et rebalance un reverser ce fou furieux et il finit gros Clem et il prend Un énorme score, il tourne le hit. Et à partir de là, derrière, ça a décollé. Il était à sa place.
- Daz
Après, on n'a pas eu de chance à Snapper. Marco contre Kaoli. Ça a été la première fois, ce ne sera pas la dernière. Mais c'est vrai qu'on aurait aimé, après les deux premières compétitions un peu compliquées, on aurait aimé avoir un tour de plus pour chacun. Ça nous aurait fait du bien. Après, c'était une belle série. Je pense qu'on va poser la question à Kaoli tout à l'heure. Il va nous la raconter. comptait sur moi un peu. C'était bien.
- Thomas
Marco, vous pensez qu'il peut aller jusqu'où dans le CT ?
- Patrick
Il n'a pas de limite.
- Daz
Zéro limite avec Marco. Là, il a durci son surf, je trouve. Il a beaucoup travaillé le carve. Le layback aussi, beaucoup.
- Patrick
Vous parlez de layback. Je suis curieux de voir ce que ça va donner à Raglan backside. Il a bossé un peu dans l'apicide, mais il a le airgame.
- Daz
Ça va venir, là. C'est en train de venir.
- Patrick
Non, en fait, techniquement, ce n'est pas abouti encore. Il est hyper doué, il a plein de points forts. Et ce qui est bien, c'est qu'il y a encore des zones sur lesquelles il a une grosse marge de progression. Mais c'est juste son mental, sa capacité à gérer la pression et à répondre présent dans les moments où il faut vraiment sortir quelque chose du chapeau. Jusqu'à maintenant, dans ces moments-là, quand il a eu la cartouche. Le snapper 108-33, c'est à la fin du 8, c'est sous pression, c'est franchement un chapeau.
- Daz
On a de bons moments à vivre avec lui, je te dis, en compétition c'est sûr, tant mieux. On a des beaux caractères, on a des bons mecs les français sur le tour.
- Patrick
Mais là Kaoli, Marco, tu parles de la série ensemble, c'est incroyable. Pour avoir fait les pro juniors avec eux, Patrick les avait chez Quick. Moi, je me souviens à l'époque, c'est chien et chat. Les deux, depuis tout petit, c'est la guerre pour être champion d'Europe. C'est une émulation hyper saine avec tout ce qu'il y a de malsain aussi. C'est-à-dire que Marco, il n'avait pas trop été à l'école. Kaoli, il a ses deux parents qui sont profs. Donc, il s'amusait, il se moquait de Marco parce que Marco ne s'exprimait pas bien en français. Ça chamaillait. C'était toujours un petit peu la bagarre. Marco, depuis tout petit, il est... Il est dans ses trucs, il essaie plein de choses, c'est une machine. Aujourd'hui, tout le monde te parle de ASBAS, ce truc. Moi, je me souviens, il avait 15 ans, le gamin. C'était il y a 10 ans. Il prenait des douches gelées tous les matins. Moi, je disais réveil à 7h. Le mec, à 7h30, était sous la douche gelée. Bon, Kaoli était déjà en train de s'étirer, de faire ses trucs. Mais ils ont grandi ensemble, les deux. Et je me dis, c'est un putain de rêve qu'ils ont réalisé, se retrouver les deux. en quart de finale d'un CT, c'est magique.
- Daz
Et puis tu sais, rappelle-toi...
- Patrick
En huitième.
- Daz
Non, rappelle-toi...
- Patrick
En huitième, pardon.
- Daz
Rappelle-toi la qualification pour les Jeux Olympiques, comment toute la bande s'est battue pour essayer de qualifier Marco. C'était magique, ça aussi.
- Patrick
Il y avait le capitaine Dudu dans l'histoire. Il y avait Dudu,
- Daz
il y avait tout le monde, ils se sont tous battus comme des fous.
- Patrick
Tu me parles de la qualifo-GO, mais même là où tu vois où leur destin est ultra lié, ça me fout des frissons, c'est que... À Balito, on est tous ensemble. C'est le dernier challenger avant Tahiti. Kaoli perd assez vite. Marco, il avance un petit peu. Il ne fait pas trop de résultats. Et Kaoli part sur les JO. Il gagne les Jeux Olympiques. Et c'est la semaine d'après ou deux, trois jours après que Marco Mignot fait sa finale à Huntington. Et qui prend le lead du Challenger Series. Et les mecs, ils sont au téléphone, les deux. C'est incroyable.
- Daz
C'est quatre jours après, exactement.
- Patrick
Comme le Mexicain. Et donc, tu vois, c'est Kaoli qui ouvre une porte énorme et Marco qui veut être de la partie. Et les deux, ils... Ils se nourrissent de ça. Je parle d'émulation, mais même à distance. Il y en a un qui performe sur les JO et l'autre derrière qui répond sur les Challenger Series. Chacun son parcours. Au final, aujourd'hui, ils sont les deux dans l'élite mondiale. La crème de la crème. C'est une putain de fierté. C'est trop beau. J'espère que l'aventure va continuer le plus longtemps possible. Puisqu'on parle de champion olympique, je vous propose qu'on le retrouve tout de suite en direct depuis l'Australie.
- Thomas
Salut Kaoli ! Bienvenue dans le premier épisode de Casse Flores. Ça va bro ?
- Jeremy
Ça va.
- Thomas
Bon alors, t'es où là ?
- Kauli
Là je suis en Australie. On vient de finir Snapper et dans trois jours je vais à Raglan, en Grézélande.
- Thomas
Alright. Bon, tu viens de signer un quart de finale à Snapper Rocks. Avec le retour de cette vague historique sur le circuit mondial à chaud. Ça représente quoi ce résultat pour toi, ce quart de finale ?
- Kauli
Ça représente beaucoup parce que ce n'était pas facile de passer des Challengers Series, l'année Challengers non-stop avec le stress de la qualif. Ce n'était pas sûr en arrivant à Hawaï, même en partant de Hawaï. Il fallait faire un bon résultat à Newcastle. Et après à Newcastle, j'ai réussi à aller loin dans la compétition, à passer premier au classement. Et en fait, deux semaines et demie après, même pas deux semaines après, premier CT. Tout est nouveau pour moi. Donc, avec les deux premiers events où j'ai perdu le premier tour à pas grand-chose, c'était un peu dur à passer à autre chose. Mais étonnamment et surprenant, j'ai réussi à passer à autre chose assez rapidement. Je pense que c'est ça qui m'a le plus marqué entre le Challengers et le CT. Parce qu'en Challengers Series, tu sais que tu n'as vraiment pas le droit à l'erreur, ou très peu. Et le fait de perdre une compétition au premier tour, ça remet un peu tout en question. Et ça rajoute du stress. Alors que là, c'était une année longue. Et ça m'est forcément arrivé de faire plusieurs échecs. Et à un moment donné, ça va marcher. Donc j'étais dur là-dessus. Et j'ai réussi à passer au-dessus, à retenir les erreurs ou pas. Et essayer de reproduire le même état d'esprit que les compétitions sur lesquelles j'étais bien. Après, en arrivant ici, forcément, c'était top. Il y avait des belles vagues. On a eu des vraies belles vagues pendant quatre jours de compétition. Même les entraînements, j'avais des bonnes boards. Avec Jérémy, on a fait beaucoup d'entraînements. Et même si j'étais avec coach Jo au début, donc Johan, on a fait les trois compétitions. C'était long, ce n'était pas passé loin à chaque fois. Donc, on a bien bossé. C'était vraiment cool. On est arrivé ici. Il fallait revenir affamé. Et voilà, un quart. Donc, super cool.
- Daz
Kaoli, c'est Patrick. Dis-moi, je voulais savoir, comme tu disais, tu étais avec Jo, les deux premières compètes. Bon, pas évident. En plus, c'est la première année où il n'y a pas de repêchage. Tu l'as vécu comment, ça ?
- Kauli
Le quoi ? Les deux premiers événements ?
- Daz
Oui, maintenant, c'est élimination directe. Tu sais, alors que ça faisait... Ça faisait 150 ans qu'il y avait toujours un tour de repêchage. Tu l'as vécu comment, ça ?
- Kauli
C'est assez crucial. C'est même horrible d'arriver à ce niveau-là. Parce qu'en fait, même dans les Challenger Series, on est toujours... Comment je pourrais dire ? On a cette habitude d'arriver en quart de finale, man on man, en fait. Toutes les séries avant, toutes les compétitions que j'ai faites avant, tu sais qu'avant d'arriver dans les quarts, tu as plus de chances de passer des séries. Et là, c'est éliminatoire directement et puis tu as une chance sur deux. Donc, il faut être à fond mentalement, physiquement, avoir la chance de ton côté pour avoir les vagues. Et c'est assez crucial. Mais en même temps, c'est bien parce que tu passes deux tours, tu es en quart. Donc, il faut réussir à survivre. C'est vraiment la survie dans ce tour-là. Et heureusement que tu auras un 2 et pas un 1, parce que sinon, tu as trois séries à faire comme ça.
- Daz
C'est ça. Mais dis-moi, comment tu l'as vécu ? Parce que je me doute que Jérémy, n'étant pas là sur les deux premières compétitions, il a dû arriver remonté. Est-ce que tu as botté un peu le derrière quand il est arrivé à Snapper ?
- Patrick
Oui,
- Daz
ça c'est sûr. T'as ramassé ? Allez, à vous. Ici, on peut tout dire, Kass Flores.
- Patrick
J'ai ramassé comme d'hab.
- Daz
Ah bon, ça va. Tu ne nous dis pas comment tu ramasses.
- Kauli
Non, c'était cool. Comment je l'ai pris ? C'était direct. Une branlée, deux branlées, mais je savais à quoi m'attendre. Maintenant, j'aime beaucoup. ce genre de séries. Plus qu'à quatre. Je ne sais pas pourquoi, peut-être parce qu'on n'est que deux. Il y a plus de vagues, il y a plus d'opportunités, tu peux plus t'exprimer. Mais bon, après, j'étais contre deux bons sur lesquels j'avais déjà fait des séries apparemment et je les avais déjà battus. Donc, j'étais assez confiant. Et voilà. Après, j'étais bien. J'ai trouvé que j'avais les vagues et tout. Maintenant, il manquait ce petit plus. Et ce qui a changé, ce que Jérémy m'a dit en arrivant, je pense qu'il fallait avoir ce petit plus d'électricité, entre guillemets, dans mes manœuvres, dans mon surf, et d'être plus hargneux, d'avoir plus la dalle, entre guillemets, c'est difficile à expliquer, mais il manquait un petit truc, il manquait un peu d'explosivité. Je pense que sur les deux premières, j'avais un peu la pression de vouloir faire bien. de ne pas perdre, de ne pas décevoir. Et surtout pour moi, pour mes proches, parce que tout était nouveau aussi. Donc, je découvre aussi. Donc, voilà. J'ai essayé autant que mal, avec le petit temps que j'avais pour m'adapter au mieux. La vague, tout était nouveau. Donc, c'était vraiment le plus rapidement possible s'adapter à toute situation.
- Patrick
Je confirme. Ça se voyait, si tu veux, sur les vidéos, sur le live, que tu surfais un peu, tu te retenais, tu t'es bien lâché à Snapper. Mais dis-moi, c'est dur quand même de surfer contre Marco, d'entrer, de gagner. Mais comment tu le vis ça avec Marco ? Vous l'avez bien vécu tous les deux ?
- Kauli
On l'a bien vécu. On est des bros depuis longtemps. On a fait, je ne sais pas combien de compétitions ensemble, des séries ensemble. Et donc là, arrivé dans le CT, j'étais heureux et je sais que lui était content. En plus, on en a parlé avant qu'on se qualifie et là, on se retrouve là. C'était génial. et c'était le meilleur gagne, j'aurais été hyper content si lui était passé par exemple et lui aussi il l'a hyper bien géré parce que c'était notre série, chacun son tour chacun prenait des scores, c'était hyper chaud jusqu'à la fin et voilà c'est passé pour moi et le lendemain il était quand même là pour ma série il était tout le temps là donc voilà franchement c'était incroyable et ce ne sera pas la dernière bien sûr,
- Daz
on espère bien Merci. Est-ce que le fait d'arriver en tant que champion olympique, ça te met une pression supplémentaire sur ton année rookie ? Ou est-ce que ça met la pression sur les surfers que tu rencontres ?
- Kauli
Non, la pression, elle aurait été si je ne m'étais pas qualifié, si je ne me qualifierais jamais. Mais là, je me suis qualifié, du coup, je n'avais plus la pression de champion olympique. J'étais là, ah ben enfin, je me qualifie. Comme Jérémie dit, après tellement de temps passé devant la porte. à toquer, je peux rentrer, je peux rentrer, je viens mieux rentrer, et là, enfin, je rentre bien. Donc, maintenant, il faut rester. Et non, la pression, elle est partie. Voilà, l'objectif J.O. est passé, maintenant, c'était le CT, et c'est ce qu'on a fait depuis le début avec Johan, on a commencé le Challenger Series avec une deuxième place, et voilà, et ça s'est bien goupillé toute l'année, on a été consistants, on avait une bonne team, on était on, et voilà, et c'est trop cool. Je suis encore plus excité d'être dans le CT et de pouvoir profiter de ces beaux moments, de ces belles compètes et tout donner à fond. Parce qu'à chaque fois, je donne tout à fond. Et voilà, finir par un quart entre les trois compètes, c'est cool.
- Patrick
Et c'est quand même incroyable. Tu rentres sur le CT, regarde les coachs que tu as. Coach Dudu, coach Flores. C'est du long quand même autour de toi.
- Kauli
Je vois tous les autres. Franchement, je suis tellement fier d'être avec la bande qu'on a. Parce que franchement, pour moi, il n'y a pas mieux. Donc voilà, j'ai énormément de respect, énormément d'admiration. Et je ne serai jamais reconnaissant envers eux autant. Et c'est pour ça aussi que j'ai envie de tout donner. Pour qu'on soit tous fiers, tous ensemble. Et ça motive. Jérémy au bord, il est là, il te cueille dessus au free surf, il est là, il te descend, après il te motive, il te fait passer toutes tes émotions, t'arrives dans la campagne, t'as qu'une envie, c'est de te démonter. Et quand ça passe, c'est encore mieux. Et quand ça fait un bon résultat, c'est trop bien. Et Johan, pareil, il est là. Il est tout le temps là sur la plage, sur les trucs. Il fait froid, il fait chaud, il fait sueur. Tout ce que tu veux. Il est là, il te motive, il te dit les choses. Et voilà. Après, chacun a sa comportement et sa routine avec les athlètes. Mais moi, en tout cas, ça m'a ce gain.
- Patrick
Et bon, alors ça, on continue. C'est top. Dis-moi, comment tu as vécu la série de TIA, toi ? Qu'est-ce que tu en penses de cette Thierry ou elle perd contre Carissa ?
- Kauli
Moi, je pensais qu'elle passait. Mais après, on est contre Carissa. On sait très bien que ce genre de situation, c'est très rare que ça tourne en faveur du rookie. Maintenant, il faut être préparé mentalement à le savoir. Et si ça a fait, au moins, tu l'avais un petit moment dans ta tête que c'était possible. Mais en même temps, il faut savoir que si c'est possible, il faut se donner encore plus à fond. et vraiment encore plus donner pour qu'il y ait une vraie différence et pas d'ambiguïté pas de truc et que ça tourne en ta faveur correctement. Moi je pensais qu'elle n'est pas assez et que c'était le score mais en même temps elle a 15 ans, elle a énormément d'expérience encore à apprendre je pense et ce genre de situation c'est la meilleure chose qui puisse lui arriver et ça va la rendre encore plus forte au fur et à mesure et l'année est longue et voilà.
- Daz
Tu viens de finir les trois premières épreuves australiennes. Il y a beaucoup de changements sur le Tour cette année. Il y a un nouveau format, il y a des nouvelles épreuves, il y a des vagues qui sont de retour. Qu'est-ce que tu penses du Tour cette année ?
- Kauli
J'avoue que j'ai juste regardé les événements et qui allait me suivre dans l'année et quel bord j'allais prendre. Et c'est tout. Et ce que du coup ? Pas trop, Abel. Je suis focus sur surfer, profiter, vraiment essayer de donner la meilleure version de moi-même, mon meilleur surf, chaque épreuve, chaque event. J'ai des events, j'ai vraiment envie de gagner. Donc voilà, c'est hyper motivant. Et le format, le truc, oui, j'avoue que je ne savais même pas les règles avant d'arriver la veille de la compétition à Belzec.
- Patrick
T'as raison, ne pose pas de questions, de toute façon il n'y a pas à se poser de questions. Comme t'as dit, t'as ouvert la porte, mets un grand coup de pied derrière, referme la porte et avance et ne te pose pas de questions. De toute façon t'es entouré, les autres ils se poseront les questions pour toi.
- Kauli
Et puis moi je fais comme ça, il y a les gens t'inquiète, je sais qu'il y en a qui seront là pour me les rappeler si jamais, je sais pas, ou si j'ai oublié.
- Daz
T'inquiète. T'es dans quel état d'esprit pour Hagland ? C'est une nouvelle vague pour tout le monde. Tu l'as déjà surfé toi ?
- Kauli
Pas du tout. J'arrive, c'est tout nouveau. Ça fait deux mois et demi que je n'ai pas pris une gauche. J'ai surfé deux ou trois fois à Diba pour ne surfer que des gauches. Jérémy est venu et m'a dit « Mon garçon, je pense que tu es chaud patate. Là, tu vas aller déglinguer à Hagland. » Je n'ai pas fait un roller. Donc, on reprend les bases.
- Patrick
On avance. Ça va, tu n'as quand même pas perdu. Tu es un bon goofy, tu n'as pas perdu ton surf en gauche. Ne t'inquiète pas.
- Kauli
Ça va, ce côté avec les tubes, j'ai réussi à retrouver la sensation. C'était cool.
- Patrick
Ça va, donc c'est cool. De toute façon, Raglan, c'est une vague facile.
- Kauli
Tout le monde dit ça. Après, je ne sais pas. Franchement, pareil, c'est encore un truc. Tout le monde dit énormément de choses sur Raglan, Moi, je ne verrai que quand je serai là-bas et je m'adapterai à ce moment-là.
- Patrick
Et tu as demandé à tout le groupe d'être là, non ? C'est pas ça ? Tu aimerais bien avoir tous les coachs à l'histoire ?
- Kauli
Moi,
- Jeremy
je suis au plus simple possible.
- Kauli
Moi, ça m'est égal. Moi, j'ai été là-bas. Même s'ils ne peuvent pas, moi, je sais que tout va à un coup de fil. Tout se passe bien. Donc, moi, je suis hyper malléable, hyper tranquille et on verra bien. Maintenant, je sais que c'est une belle organisation. Donc,
- Patrick
on verra.
- Daz
Ok, avant de se quitter Kaoli, on a une question bonus de Diego.
- Kauli
Question bonus ? Il y a des soins à gagner ?
- Daz
Ouais, Diego, c'est un petit jeune qui est là, qui est avec nous et qui a voulu te poser une question. Vas-y, vas-y.
- Jeremy
Quand est-ce que tu vas être champion du monde ?
- Kauli
Oh punaise, mais mon gars, cette année, on donne tout, mon garçon.
- Patrick
Ah ouais, parce que tu sais, c'est... Pour un jeune, tu as déjà été champion olympique, donc ce serait naturel d'être champion du monde. Mais ça, c'est dans la tête des jeunes.
- Kauli
Je vais essayer de tout donner. Je vais vraiment essayer d'acquérir le plus d'expérience possible, être le plus prêt possible. Et quand le moment viendra, c'est là qu'il va falloir tout donner. Et j'espère que ça arrivera bientôt et un jour.
- Patrick
De toute façon, on va te quitter bientôt parce qu'on sait que tu vas être couché apparemment. Hein mon Kaoli ? Je vais aller dormir, je vais aller faire mon stretch. Tu vas faire ton stretch, on te connaît. Il est quelle heure en Australie ?
- Kauli
Il est 19h16, je vais faire mes respires, mon stretch.
- Patrick
Stretch bien mon grand, on compte sur toi. Merci. Merci beaucoup Kaoli. Merci beaucoup.
- Kauli
Patrick et on te fait un raglan et on t'embrasse on embrasse tout le monde là-bas allez ciao ciao ciao c'était trop cool d'avoir Kaoli depuis l'Australie bon je lui ai posé la question sur tous les changements qu'il y a dans le tour mais je vous avoue que moi je suis un peu perdu avec toutes les nouveautés est-ce qu'il y en a un de vous qui peut m'expliquer les gars ?
- Daz
alors moi je sais je suis un peu perdu aussi donc les cochillons je crois que ça sert aussi à ça tu vois c'est des jeunes ils comprennent mieux que nous
- Jeremy
Bon Thomas, sois notre lumière. Explique-nous tous ces changements. Déjà, il n'y a plus de tour de repêchage.
- Patrick
J'en profite quand ils me laissent la main, comme ça c'est rare, donc j'y vais. L'année dernière, le premier tour, c'était une série à trois, pas d'éliminés. Le premier et le deuxième allaient directement deux tours plus loin et le troisième de la série avait une série repêchage à trois. Donc en fait, ce qui était cool...
- Jeremy
C'est ce qu'on appelait le deuxième tour.
- Patrick
C'est ça. Enfin, elimination round. Donc, ce qui était cool, c'est qu'il y avait trois surfers dans l'eau. Un premier tour pas éliminatoire. Donc, c'était assez spectaculaire à voir. Il y avait souvent des gros totaux sur ces hits-là. Et à regarder, c'est fun parce que les mecs consomment plus de vagues, sont plus actifs dans l'eau vu que c'est des séries à trois. La nuance cette année, c'est qu'au premier tour, c'est des man-on-man directs. Donc, c'est... éliminatoire de suite. Donc la pression n'est pas la même. Il y avait ce petit tour de chauffe, quand tu rentrais sur le CT, que tu as bataillé pendant 15 ans et Challenger Series, que tu arrives, tu sais que tu as payé ton billet, le logement et compagnie, et tu as au moins deux séries à faire. Donc la pression n'est pas la même. Là, pour les rookies, cette année, déjà tu as la pression, comme disait Kaoli, c'est quelque chose de nouveau, tu arrives et en plus tu n'as pas le droit à l'erreur de suite. Nous, ça nous a posé un souci au niveau des datas. On a Hugo Palma qui bosse sur des datas. Et je lui ai dit du coup qu'on ne pouvait pas utiliser les datas des années précédentes, parce qu'entre une série à trois où il n'y a pas d'éliminés, la pression n'est pas la même, ta façon d'aborder les vagues, de te lâcher, etc. Ce n'est pas pareil. On l'a vu là.
- Daz
Juste pour signaler que pas Marini, qui est un membre du staff des équipes de France.
- Patrick
Oui.
- Jeremy
Et donc, c'est quoi justement ces datas dont tu nous parles ?
- Patrick
Hugo, c'est un mec brillant, il est ingénieur, ça a été un super surfeur aussi sur les... pro junior, l'équipe de France aussi, c'est ma génération, elle est 91. Et lui, du coup, il apporte un plus, une vision un peu innovante sur la partie surf. On appelle ça data, c'est toutes les stats des athlètes, les meilleures vagues. Quand on prend beaucoup de données, ça fait ressortir pas mal de tendances sur des comportements spécifiques d'athlètes qui vont être vachement présents sur les premiers échanges. des nanas, je pense à Salih qui va être très active et consommer beaucoup de vagues des mecs comme Etan qui vont prendre 3, 2, 3 vagues, 4 vagues max dans les hits donc du coup on a ça aussi pour analyser les adversaires et ça nous permet aussi de voir dans quel schéma nos athlètes à nous performent le plus souvent donc ça fait ressortir des tendances comme ça au niveau du nombre de vagues surfées par rapport à des situations aussi il a mis un truc qui est sympa Merci. Être capable de répondre à une demande à un moment donné dans le hit. On a besoin de tel score. En combien de shots on va réussir à avoir le score sous pression ? Il y a plein de données qui ressortent. C'est quelque chose de très récent. Le surf, c'est jeune. Ça vient d'être au JO depuis seulement deux éditions. Donc on a une grosse marge de manœuvre par rapport à ça. Mais c'est vrai que quand je discutais avec l'entraîneur de l'équipe de France de rugby A7, par exemple, eux, ils utilisent les datas en permanence. Il me dit qu'on fait analyser les matchs avec les datas. Ça nous donne des tendances. Dès qu'on a plus de 35 secondes de possession de balles, systématiquement, il y a un essai derrière. Ça sort une thématique d'entraînement. Derrière, on va bosser la possession de balles. Ils sont vachement en avance sur nous.
- Daz
Disons qu'ils sont vraiment en avance. Là, on a la chance d'avoir Hugo dans le staff des équipes de France. niveau parce qu'ils ont essayé, la fédération, un certain data, tu vois, avant, qui était basée sur pas grand-chose. Ça n'a rien donné. Là, on est vraiment devenus, avec tout ce staff de coach et Hugo et toute la bande, c'est vraiment quelque chose de sérieux.
- Jeremy
C'est super intéressant. Je n'avais aucune idée qu'il y avait vraiment de la data qui pouvait rentrer en compte dans la préparation des surfers. Je vous propose de revenir sur les innovations, sur les nouveautés de l'année sur le World Tour. Il n'y a plus de cut ? Alors, cut ou pas cut ?
- Patrick
Il y a cut. Là, le cut a été repoussé.
- Jeremy
Donc le cut, juste pour expliquer à nos auditrices et nos auditeurs, sur les années précédentes, il y avait ce qu'on appelle un cut de mi-saison. Donc il fait que tous les dix derniers du classement, en milieu d'année, y dégageaient.
- Patrick
Chez les gars, chez les filles, cette année, ça va être sept. Mais du coup, le cut a été repoussé à la neuvième compète. Donc ce sera après Lowers, à Tristel. Du coup, c'est la neuvième compète. Et derrière, il reste Abu Dhabi, Portugal et ça finit à Hawaï. Mais ces trois compètes-là sont réservées aux premiers du tableau féminin et masculin.
- Daz
Jusqu'au moment où on reviendra à ce qui était le mieux, comme il y a quelques années. Parce que franchement, la WSL, ils nous ont bien fait rire ces dernières années avec leur cut à la con et leur top 5. C'est vraiment... Je pense qu'ils ont un peu tué le surf ces dernières années. Mais là, ils sont en train de revenir. Ils ont commencé par Snapper, ils vont finir par Pipeline. Les choses rentrent dans l'ordre.
- Jeremy
La compétition finale à Pipeline, c'est le rêve quand même.
- Patrick
Mais ça, ça vient de revenir.
- Daz
Non, c'est normal.
- Jeremy
Mais oui, c'est le meilleur scénario. C'est la vie.
- Daz
Tu commences à Snapper, tu finis à Pipeline. C'est la vie du tour. quand t'as un titre qui se joue à pipe tu peux pas espérer mieux pour un fan de surf tu peux pas avoir un champion du monde qui fait des zéros à pipe et des zéros à tiopo quoi à un moment donné on peut être le meilleur surfeur du monde dans 1m50 mais là ça nous a donné quand même tu fais des pages blanches à tiopo et à pipeline en début d'année et tu te retrouves champion du monde à la fin de l'année t'as un nom en tête Patrick ? non je balance pas mais on le connait tous Mais après, j'ai un énorme respect. La preuve, c'est que comme tu sais que j'entraîne des jeunes, beaucoup de jeunes, souvent, je montre des vagues de Toledo, pour ne pas le citer.
- Patrick
Bien sûr.
- Daz
Mais tu ne peux pas. Attends, Toledo, c'est le boss dans 1m50. Je veux dire, ça va jusqu'à 2m. Il a grandi un peu, tu vois. Maintenant, il va jusqu'à 2m. Mais si tu veux, tu ne peux pas être champion du monde si tu as fait une page blanche à Tiopo et tu as fait deux pages blanches à Pipelunch. Ça ne doit pas exister. Donc là, on revient sur un format normal. Je suis désolé, vous étiez sérieux sur le cut. Mais le cut, moi, je l'ai décuté depuis longtemps. Il me saoule. Ça m'a saoulé. Là, il change un peu. Il repousse jusqu'à quand ?
- Patrick
Jusqu'à la 9e compète.
- Daz
Au moins, ils auront 9 compètes, les surfers.
- Patrick
C'est vrai qu'avant, c'était le Dream Tour. Ça finissait à pipe. Ça démarrait à snapper. C'était cohérent. Là, c'est vrai que les dernières années, je pense qu'ils se sont retrouvés confrontés à leur médiocrité, entre guillemets, parce que choisir pipe en première compète de l'année, Ça a laissé place à énormément de blessés qui ont été injurés avant le début de la saison. Parce que pipe, c'est la vague la plus dangereuse du monde. Donc de la mettre en première compète, quand tu es enfin qualifié sur le tour, les mecs, ils ne peuvent pas s'engager. Tu as toute une saison derrière. Donc le fait d'avoir pipe en dernière compète de l'année, c'est ça qui est beau. C'est dangereux. Il y a une énergie là-bas qui est incroyable. Tu la mets en première compète de l'année, tu n'as pas le même spectacle. Les mecs ne peuvent pas prendre les mêmes risques.
- Daz
Thomas, tu vois ce que j'aime. chez les coachs de Chillon, ils s'emballaient et tout. Mais il a raison à 100 000%. Je vais t'expliquer pourquoi. Parce que ce qu'il veut dire, c'est que comme c'est la première compétition de l'année, tout le monde y va un mois, un mois et demi avant. Et ils se blessent tous. Parce que pipe, c'est pipe. Parce que le North Shore, c'est le North Shore. Tu vois, je te dis. Alors que quand t'es un snapper, tu te blesses il y a les trois marches pour descendre sur la plage et tu peux te blesser, c'est tout. Bien sûr que tu peux te blesser à snapper, ils sont 600 qui servent de temps en temps, mais t'as moins de chances de te blesser. à Snapper qu'à Pipe. Par contre, Thomas a raison là-dessus. C'est vrai que ça nous a pourris les dernières années. Je suis désolé. C'est mon avis.
- Patrick
Nous, c'était compliqué avec Jérémy. Parce que Jérémy, avec son vécu, son background, la première compète l'année dernière, on était ensemble pour démarrer l'année avec Vahiné à Pipe. Et voilà, Jérémy, c'est l'engagement, la rage de vaincre, le côté guerrier, prendre des risques dans les grosses vagues. Il a toujours fait des résultats de malade. Donc, il avait cette exigence.
- Jeremy
Il a gagné deux fois, Païf, quand même. Bien sûr.
- Patrick
Mais voilà, il a cette exigence-là. Moi, j'essaie de le freiner un petit peu parce que Vahine, elle ne vient pas du même endroit que lui. Elle n'a pas la même hargne, etc. Et c'était la première compète de l'année. et on savait sur le papier que ce n'était pas une compète sur laquelle on misait. Par contre, Abu Dhabi qui arrivait après, on savait qu'il y avait des droites derrière et que c'était ça ses points forts et c'était sur ça qu'on misait. Vahine, elle pipe,
- Daz
ce n'est pas une compète pour elle ? Si, c'était une compète pour elle.
- Patrick
Vahine, elle tube très bien à Tchoupo. Tchop, c'est la maison. Jérémy, tu en parleras. En free surf, elle n'était jamais tombée.
- Daz
Non mais là, je te fais l'avocat du diable. Comme elle surfe à Tchoupo, tu comprends ce que je veux dire ? On s'attend à ce qu'à pipe elle surfe.
- Patrick
Ouais, mais pipe, la vague, elle est plus difficile. Tu n'as pas de free surf d'entraînement parce que tu es au milieu de 200 Hawaïens hyper énervés. Donc, en dehors des séries, tu ne peux pas t'initier à la vague. C'est hyper compliqué, tu ne choppes que des restes. Ou si tu as une bonne vague, tu la prends au dernier moment. Il faut être opportuniste. Du coup, en première compète de l'année, connaissant le caractère de Vahineh, c'était dur pour elle de lui demander d'aller s'engager dans des gros barrels à backdoor, sachant que cette année-là, il n'y avait pas de pipe. c'était là où il était hyper sud et c'était que des droites. Donc du coup, c'était hyper délicat. On n'avait qu'une envie, c'est de lui dire, vas-y, démarre, fais-toi enfermer dans un gros nograb, montre aux leurs que tu n'as pas peur, que tu as des coronets, que tu sais tuber. Mais à un moment donné, je pense qu'au fond d'elle, c'était son année. C'était elle, elle en arrivait toute sa vie. Elle n'avait pas envie de se blesser bêtement avant la compète. Et je la comprends totalement. Et c'est vrai que c'est aussi pour ça. Pour moi, c'était une grosse erreur, ce pipe, en première compète de l'année. Il y a plein de mecs qui se sont blessés, les Ramsey. Il y a eu au moins cinq ou six gars qui se sont blessés avant le début de la saison, sur les années où on était pipe au début.
- Daz
Mais l'idée, elle était nulle. Pipe, c'est la finale du tour.
- Jeremy
C'est l'histoire ancienne. Maintenant, on revient. Pipe en dernière épreuve. Il y a un cut. On me dit dans mon oreillette qu'en fait, il y a ce cut. à la neuvième épreuve, mais que tout le monde peut revenir malgré tout faire la dernière épreuve. Non, c'est l'école des fans. Reviens faire la dernière épreuve à Pipe. The show must go on, j'ai envie de dire. Est-ce que tu me confirmes ça, Thomas ?
- Patrick
Ouais, c'est ça, c'est la particularité de cette année. Compliqué à suivre, tout ça. Le paré, il rigole à côté, et je le comprends parce que c'est une subtilité que... Moi, j'ai eu du mal à comprendre aussi. Je pensais qu'après le cut de Strestl, on n'avançait qu'avec les finalistes. Mais en fait, il y a un cut, un format réduit pour Abu Dhabi et le Portugal. Et après, à Pipe, la dernière compétition de l'année, il y a tout le monde qui revient. Et ils comptent les 7 meilleurs résultats de l'année. Ce qui veut dire que ceux qui n'ont pas passé le cut, ils ont moins d'opportunités de faire des gros résultats.
- Daz
D'accord.
- Jeremy
Et Pipe compte plus de points.
- Daz
15 000, non ? C'est ça ? Et la thune, C'est important. Argent. Beaucoup plus de thune ou pas ? Le flouze, quoi. Un petit peu, là.
- Jeremy
Pépette. Sans patate ?
- Daz
On est pas au sans patate encore. Combien ?
- Jeremy
Combien ? Normalement, c'est 80 une victoire. OK. Mais on n'est pas là pour l'argent. On s'en fout, les gars.
- Daz
Mais attends, ça va. Moi, j'ai commenté le Quick Pro New York. Celui qui a pris 300 000, il s'est acheté une maison. Il s'appelle Juan White.
- Patrick
Il n'a pas acheté que la maison.
- Jeremy
Dans les nouveautés aussi, il y a des nouvelles vagues. Il y a Raglan, vous en passez quoi, messieurs, de Raglan ? En Nouvelle-Zélande, très très longue gauche.
- Patrick
Moi, j'adore Raglan. C'est juste qu'on nous a enlevé Jeffis B, et c'était une de mes compètes préférées sur le tour. Donc j'ai du mal à être objectif par rapport à Raglan, même si je suis goofy, et que j'ai trop envie, comme Medina le dit depuis des années, que les Goofy aient un lieu d'expression frontside sur des manœuvres, qu'il n'y ait pas juste les barrels à Chops. à pipe, il y a eu Fiji les dernières années mais Fiji c'est quand même beaucoup de tube aussi mais non Raglan c'est une longue vague, fun je pense qu'il va y avoir du beau spectacle mais ça me fait mal au coeur qu'ils aient sorti Jeffreys Bay tout pareil que Cotillon moi je suis super content de
- Daz
Raglan mais ça revient au cut de tout à l'heure t'as pas le droit d'enlever Jeffreys Bay, c'est impossible c'est historique Jeffreys Bay, c'était ma droite préférée donc que... On ne peut pas faire ça. De toute façon, on ne peut pas tout avoir avec la WSL. Quand ils se rattrapent, ils vont quand même un truc derrière qui va nous gonfler. Je suis désolé.
- Jeremy
Ils ne peuvent pas repartir de suite à un sujet qui revenait à tout le monde. Si ils n'étaient pas là, ils te manqueraient.
- Daz
Non, mais ce n'est pas ça. C'est que tu as un moment où tu te dis, waouh, super, ça revient et tout. Tu prends ça dans la tête. Non, il n'y a plus de Jeff West, mec.
- Patrick
T'imagines, un Kaoli, Tia. C'était après le cut l'année dernière elle n'a pas eu le droit d'aller à Djibé donc c'est des vagues tu rêves de te qualifier sur le tour c'est pour surfer snapper, c'est pour surfer pipe à la fin de l'année, pas au début d'année et surfer une vague comme Djefus B tu la regardes depuis gamin c'est des étoiles plein les yeux, la vague elle est incroyable il n'y a pas beaucoup de droites dans le monde comme ça c'est clair, quand c'est on c'est magique hum
- Jeremy
Qu'est-ce que vous pensez du haut du tableau chez les filles et chez les garçons après trois épreuves, après le Tour Australien ?
- Patrick
C'est le CT, il y a des up and down. Tu me parles du résultat de début de saison. J'ai Griffin Colapinto qui me vient en tête sur sa saison 2025. Les quatre premières étapes, il passe à côté total et il se rattrape à la quatrième, cinquième et il passe le cut. un poil de cul et derrière, il se retrouve à jouer le titre mondial. Donc là, je pense que les cartes vont être rebattues. Les Australiens sont ultra avantagés. Tu démarres la saison, tu as trois compètes chez toi, avec des juges qui vont un petit peu dans ton sens. Il ne faut pas que je parle des juges, mais c'est plus fort que moi. Là, Raglan, c'est une compète, ça fait peau neuve. Je pense que moi, Medina, il ne sortira pas de mon fantasy. mais je suis curieux de voir ce que ça va donner il y a plein de régulards qui performent dans les turns que je suis curieux de voir backside des Samuel Poupaud, des Tanné Wing je pense que ça va être intéressant et rafraîchissant d'avoir cette compétition oui moi
- Daz
Gabi il a sa place c'est un surfeur complet, un des rares brésiliens qui m'a fait rêver dans toute ma carrière de coach il est bien premier là On voit Léo, l'Européen, qui est septième. C'est vrai qu'il a bien été aidé. Léo Furavanti, l'Italien. L'Italien, dans la série contre Kaoli, on va dire qu'il a bien été poussé un petit peu aussi. Mais bon, c'est entre Kaoli. Mais ça, c'est mon côté.
- Jeremy
Tu parles de la série Yabelle, contre Kaoli Vast.
- Daz
On n'a pas le temps d'en parler aujourd'hui.
- Patrick
Je te sens lancé.
- Jeremy
Je ne suis pas d'accord avec Patrick.
- Daz
Moi, je suis d'accord avec moi-même. Mais Léo, j'adore. parce que Léo tu vois c'est un warrior bien sûr là je parle d'une série je dis ça comme ça Léo c'est un warrior c'est un vrai Léo il se bat mais il faut savoir que Léo moi je l'ai connu dans les petits championnats d'Europe tu sais KD, Junior il venait avec l'équipe d'Italie qui n'avait pas le niveau à l'époque les Italiens n'avaient pas ce niveau et lui il avait le niveau de battre tout le monde mais il se battait contre nous il s'est toujours battu Léo c'est quelqu'un qui a passé sa vie à se battre Et tu sais, on a beaucoup oublié, c'est pas pour citer Jérémy, parce que c'est mon fils. Quand Jérémy a gagné, tout le monde a oublié qui a fait troisième. C'est Léo, cette année-là.
- Patrick
Où ça ?
- Daz
À Wasgore. Léo, il fait troisième. 2019 ? Léo fait troisième.
- Patrick
Et je voulais pas qu'il soit contre Jérémy.
- Daz
Et c'est surtout que, moi, pour moi, il était limite, il avait gagné sa demi-finale, rappelle-toi.
- Patrick
contre Italo c'était chaud c'est vrai et Marco avait fait
- Daz
5ème Marc Lacomare ouais mais si tu veux Léo Marco a abonné au quart de finale Léo on le voit là comme ça là tu vois il y a 7 ans il était en demi-finale d'Osgore quand Jérémy a gagné et Léo il est là où il est parce qu'il mérite parce que c'est un battant parce que c'est un mec bien en fait c'est tout simplement un mec bien Léo c'est tout il
- Patrick
attend toujours sa première victoire c'est un gros gros gros bosseur moi l'année dernière il m'a impressionné Sur le début de saison, franchement, pour moi, c'était sûr qu'il était dans le Final Five. Et ce qu'on a vécu à Hawaï l'année dernière, je pense que ça n'a jamais été fait. Parce qu'il se fait voler la finale contre Baron Mamia. Et ce qui se passe sur la plage, c'est assez incroyable. C'est-à-dire qu'il sort, Léo, tout le monde est sûr qu'il va avoir le score. Il est dans son clan avec Richard March, Charlie Kivron et tout ça. Et ils annoncent qu'il n'a pas le score. Donc, il se met sous la serviette. Bon, je pense qu'il... Il chiale, il est vert parce que tout le monde en rêve de le gagner. Il avait déjà fait deux, je crois, en plus. Et là, il se passe 4-5 minutes. Baron Mamia a fini de célébrer, les Hawaïens aussi. Et puis là, il y a Léo qui enlève la serviette de sa tête et qui part vers le Beach Marshall ramener son lycra. Et là, standing ovation, toute la plage qui applaudit Léo, tous les Hawaïens qui scandaient Léo et qui applaudissaient. Donc, c'était énorme.
- Jeremy
C'est bien ça, parce qu'on ne le voit pas forcément sur les images.
- Patrick
Ça, c'est bien de raconter ça.
- Daz
C'est ce qu'on veut faire un petit peu, quelque part, c'est raconter un peu aux gens ce qui se passe. Là, c'est la première, on parle un peu, on s'emballe un peu, mais on va essayer de vous apporter ça à ceux qui vont nous écouter. J'espère que vous serez nombreux, j'espère qu'on ne sera pas que quatre.
- Patrick
Allez, avant de clôturer, parce que c'est vrai qu'on a déjà passé... Le temps passe vite en votre compagnie, messieurs. J'aimerais, avant de clôturer, qu'on aborde... On a beaucoup parlé du CT, j'aimerais bien qu'on parle des ISA Games qui arrivent en fin d'année, en novembre au Pérou.
- Daz
Les ISA Games, je commande et je commande aussi.
- Thomas
C'est quoi l'objectif ? C'est le recordman des ISA,
- Patrick
le Padré Hercote. Je les adore les ISA.
- Daz
Le champion du monde par équipe, parce que tu sais... Attends, attends,
- Patrick
attends. Alors juste avant, parce que je suis sûr qu'il y en a qui nous écoutent. Ils ne comprennent toujours pas l'articulation, la différence entre le World Tour, la WSL, l'ISA. Allez, qui nous explique en une minute chrono ?
- Thomas
Donc la WSL, c'est le circuit professionnel et reconnu par l'industrie du surf. Il va y avoir beaucoup de sponsors comme Quisilver, Rip Curl, etc. Toutes les marques phares du surf, les athlètes.
- Daz
C'est une société privée.
- Thomas
Société privée, les athlètes sont sponsorisés et ont des budgets quand ils performent et qu'ils brillent sur ce circuit-là. Donc il y a plusieurs étapes dans l'année, il y a un live, etc. C'est une grosse organisation. Et les championnats du monde d'ISA, c'est un circuit amateur, entre guillemets, où c'est un peu toutes les nations du surf qui sont représentées. Il y a un nombre de places par nation, alors que le CT, c'est vraiment les meilleurs mondiaux.
- Daz
C'est la fédération qui est reconnue par le monde olympique, par le comité olympique. Et effectivement, c'est une fédération sportive, contrairement à WSL qui est une compagnie privée.
- Thomas
Et du coup, comme vient de le souligner Patrick, c'est pour ça qu'elle a de plus en plus de valeur ces dernières années, où tout le monde est obligé de jouer le jeu parce que les places sont qualificatives pour les jeux, alors que c'était des compètes qui ont été boudées par les meilleurs surfers du CT qui ne voyaient pas forcément d'intérêt à aller là-bas. et qui restaient sur leur terrain de jeu dans des bonnes vagues, contre les meilleurs surfers du monde ils n'avaient rien à gagner à y aller à être confrontés à des surfers amateurs entre guillemets par contre pour avoir vécu les ISA Patrick m'a pris en 2016 c'était avec les jeunes mais il y a quand même une atmosphère, une ambiance qui est géniale, c'est un sport individuel et là tu es vraiment en équipe il y a une vraie émulation de groupe il y a un staff euh tous les points comptent. Chaque rider est impliqué dans la performance collective. Donc,
- Daz
parce qu'ils ramènent des points. Chaque rider ramène des points à l'équipe. Et à la fin, tu as le classement par équipe qui est très important. Tu sais, il y a des pros qui ne voulaient pas venir simplement parce qu'ils avaient la trouille. Je veux dire, il faut être clair. Quand tu te retrouves face à des Sud-Américains morts de faim, c'est clair et net. Et puis, il faut savoir, tu prends une Sally, mettons Sally.
- Patrick
Fitzgibbon.
- Daz
Fitzgibbon. Elle est 7-8 fois championne du monde et est toujours venue. Tout ça, pourquoi ? Parce que c'est le seul moyen pour un français, enfin, pardon, pour un surfeur, de représenter son pays par équipe, de faire gagner son pays en équipe. Donc, il y en a qui aiment ça. Jérémy l'a aimé, il l'a fait toute sa carrière. Il y en a, Johan Dureux a adoré ça. Johan a adoré ça. Je veux dire, on a été deux fois champions du monde. J'ai eu la chance de coacher... Donc, toi,
- Patrick
tu as fait quelle année ? 2009, de mémoire ?
- Daz
Enfin, moi, j'étais coach des équipes de France de 2008 jusqu'au Japon, jusqu'aux Olympiques du Japon. Donc, on a fait 2009. Jérémy a été champion du monde. À l'époque, il y avait Longboard, il y avait Antoine Delperro aussi. Paulinado avait fait troisième ou quatrième.
- Thomas
Abonné au final, Paulinado.
- Daz
On a été vice-champion du monde cette année-là, derrière les Américains, je crois. Et ensuite, on a été champion du monde en 2017, ce qui était une année très, très importante, puisque c'était quasiment l'année où... Alors, je ne sais plus si on... On était déjà olympique. Le surf avait, je pense, déjà été élu olympique. Et je crois que la décision devait se prendre si c'était Paris ou pas Paris. Je me souviens de faire une photo avec la ministre des Sports à l'époque. Donc, c'était une année très importante. Et j'avais convoqué toute l'équipe de France, les meilleurs pros. Je leur avais expliqué que ça se passait à Biarritz. C'était vraiment important pour nous de gagner cette compétition parce qu'on était aux Jeux olympiques et qu'on avait besoin, effectivement, de briller. de faire comprendre que le surf était hyper important, de faire comprendre ça au ministère des Sports. Donc j'avais convoqué la meilleure équipe de France. Vraiment la meilleure. On avait tous nos meilleurs pros. Et on a été champions du monde. En face, effectivement, il n'y avait pas... Trop de professionnels qui étaient là. Mais on avait montré qu'on était médaillables. Et on avait montré que le surf, en France, était valorisé et qu'on aimait le surf.
- Thomas
Ils ont réussi à voler Johan sur la finale. Et sur la finale,
- Daz
ils ont volé Johan Duru.
- Thomas
On s'est gagné un Mexicain. Johan avait fait un énorme réversaire. Et l'autre, il faisait des turns backside. À la maison, il s'est fait enfiler à 0-2.
- Daz
Exactement. Et Polinado était championne du monde à la maison. Johan De Feuille a fait deuxième. Elle n'avait pas trop apprécié de venir avec nous à cette époque, mais on avait été clair, on avait expliqué qu'il fallait briller à la maison. Parce qu'il y avait le futur. Du coup, ça nous a amené ce début de belle équipe au championnat du monde à Biarritz, à donner une médaille d'or et une médaille de bronze. Je pense que les surfers qui étaient là en 2017 devraient même nous remercier de les avoir convoqués.
- Thomas
Non, mais c'est vrai, ça a changé la donne. Parce qu'après, même au niveau du ranking sur l'EISA... Quand tu es une petite nation, tu démarres sur les premiers tours contre des grosses nations du surf comme l'Australie, les Etats-Unis, etc. Tu sors d'un titre de champion du monde, le seeding et les premiers tours sont quand même plus confortables que contre des petites nations. Et ça, sur une compète, on l'appelle le marathon parce qu'il y a énormément de hits. C'est des séries plus courtes que sur le CT, il y a un tableau repêchage. Même quand tu perds, tu peux revenir à la fin. C'est un truc où mentalement, il faut s'accrocher. C'est un vrai marathon. Et du coup, ce petit avantage qu'ils nous ont laissé en faisant des super résultats, nous ont rendu la vie un peu plus facile au niveau du seeding. Mais c'est quand même une compète. Kaoli l'a faite l'année dernière, il n'était pas obligé de le faire, parce que c'était juste après les Jeux et qu'il n'y avait pas de contraintes et de qualifications. Mais il a voulu la faire quand même, parce qu'il kiffe représenter son pays.
- Daz
Il n'y a pas de calcul, tu viens pour ton pays, tu fais ta compète. Ce qui calcule le fait de venir par intérêt, Il rate quelque chose. Parce que là, tu surfes pour ton pays. Et puis, tu fais rêver. Tu fais rêver les gens. Et puis, tu sais, il y a beaucoup de gens qui oublient. Il y a beaucoup de surfers qui oublient aussi le principe de l'équipe de France. Comment tu peux rendre fiers tes amis, ta famille ? Tu vois, je veux dire, quand tu es en équipe de France, que tu es au fin fond du monde et puis d'un coup, paf ! Moi, j'ai eu plus de 19 titres individuels en tant que coach. Des KD jusqu'aux Open, Longboard. J'ai cinq titres par équipe, j'ai des tag-teams. Mais en fait, tout ça, les surfeurs sont heureux. Après, ils repartent sur leur circuit individuel, professionnel. Mais ça laisse une trace. Ça laisse une trace dans les familles, la fierté. Ceux qui ne comprennent pas l'importance de l'ISA, ne comprennent pas ce que peut être le surf. OK, c'est un sport individuel, mais le surf en équipe, c'est encore plus magique. que tout.
- Thomas
Mais il y a aussi le côté rythme, préparation. Je sais que Johan, Kaoli, ils ont toujours adoré les ISA parce que c'est des séries de 20 minutes. Tu as des repêches à 15 minutes. Ça va vite, il y a 4 personnes. Donc, quand tu repars sur un CT ou un Challenger où c'est 30 minutes, tu as l'impression que c'est facile. Donc, quand tu performes là-bas, ça met en rythme, ça met en confiance ce qui s'est passé derrière. Derrière Kaoli, après, il est reparti sur les Challengers.
- Daz
Jérémy, à chaque fois qu'il est venu en équipe de France, il a performé derrière. Regarde bien.
- Thomas
C'est vrai, j'ai remarqué ça. Je crois qu'il n'a gagné pas et qu'il n'a pas gagné derrière. Je me suis retrouvé au Portugal dans le Sona. Il y avait Gabriel Medina, Kaoli et Ramzy. Ramzy et Medina étaient en quart de finale au Portugal et les trois étaient en finale des championnats du monde. Donc, quand tu fais une perf au Isa derrière, tu es ready pour aller en découdre sur n'importe quel circuit.
- Patrick
Ok. Je vous lance passe sur le nouveau système de qualification parce que je sais que sinon l'émission va durer trois heures. On va se garder ça pour une prochaine émission. Voilà, on approche de la fin de ce premier épisode de La Case Flores. Patrick Flores, Thomas Malem, merci beaucoup. Messieurs, ce podcast est à retrouver sur la newsletter Flores Inside. Et en plus du podcast, vous aurez des vidéos exclusives, des conseils, des anecdotes, des coulisses. Donc abonnez-vous pour ne rien rater. Patrick, Thomas, le mot de la fin ?
- Daz
Ah bon, je suis très content d'être là. Ne me demandez pas de vous dire où il faut s'abonner ou quoi que ce soit, je ne comprends rien à ce qu'ils font. Moi, j'étais avec Thomas à mon coachillon que j'ai vu grandir, je suis content. On a entendu Kaoli, on a entendu Jérémy, je pense que la prochaine fois, on aura Johan, on aura... En tout cas, si ça continue, je peux vous dire qu'il y aura du beau monde ici et qu'on n'aura pas de langue de bois et que si ça doit balancer, ça balancera. Ça plaît ou ça ne plaît pas, personnellement... C'est pas mon problème. Moi, j'ai toujours dit ce que je pensais et je continuerai à le dire. Merci à tous et je laisse le dernier mot aux jeunes. Jeunes, pas la one.
- Thomas
Ne me demandez pas, moi non plus, où est-ce que vous allez voir le podcast. C'est juste Patrick qui m'a appelé et qui m'a parlé du projet. Il m'a dit, arrive à 17h. Je suis arrivé à 17h et c'était un plaisir de discuter surf avec vous. C'est toujours un plaisir. Merci à vous pour l'invitation et peut-être à une prochaine fois.
- Patrick
Merci Patrick, merci Thomas. Merci aussi à Jérémy et à Kaoli. C'était le premier épisode de la Casse Flores. On se retrouve le mois prochain. Ciao, ciao !