Speaker #0Ah ! Hum hum ! Ha ha ha ! La Louvre respire. Tantra, désir et sexualité sacrée. Un podcast intime et initiatique autour du tantra, de la spiritualité incarnée et du féminin sauvage. Aouh ! Bienvenue, je m'appelle Louvre, je suis réalisatrice et thérapeute. J'ai réalisé le documentaire « Le sang de nos lunes » , un rituel qui sublime nos cycles menstruels et nos corps de femmes. Aujourd'hui, j'accompagne les femmes à se reconnecter à leur part sauvage, à leur sensualité, à leur rage sacrée et à leur puissance créatrice. Dans ce podcast, je te raconte des épisodes de mon histoire, en lien avec le tantra et la spiritualité, ces univers dans lesquels j'ai pénétré il y a quelques années. J'y parle de mon expérience, de mon vécu à un moment T. C'est une vérité qui m'appartient et qui, comme moi, est un chemin, muable, en évolution permanente. Alors merci de l'écouter avec bienveillance, comme quelqu'une qui offrirait sa vulnérabilité de l'instant au monde, et non pas comme une réalité absolue. Avec joie de découvrir les échos que ces expériences évoqueront en toi dans ces univers. Bonne écoute ! Bienvenue dans ce huitième épisode intitulé « Nudité, pourquoi se mettons-nous en tantra ? » J'ai eu envie de faire un épisode totalement dédié à la nudité parce que c'est peut-être le point le plus clivant, en plus de la dimension sexuelle dans le tantra. Évidemment, la nudité n'est jamais imposée ni obligatoire dans les stages. Bien qu'elle soit suggérée, Lors de certaines pratiques, j'ai une enseignante qui rappelle souvent comme notre corps est composé de milliers de capteurs qui nous permettent évidemment de sentir les sensations partout sur le corps. En sophrologie, on va souvent expérimenter toutes ces micro-sensations et les accompagner à se décupler parce qu'elles sont ce qui fait de nous des êtres vivants et évidemment qu'elles permettent de nous connecter à notre désir et de le faire émerger. Pour rappel, Le tantra, c'est vraiment un chemin expérimental vers plus de conscience et aussi vers une vitalité plus importante, à travers son énergie vitale, son énergie sexuelle, sa Kundalini. Donc la nudité, elle est quand même un outil vers cette exploration. Personnellement, je suis née dans une famille où la nudité était plutôt problématique, on va dire. Je ne suis pas née dans une famille qui allait faire du naturisme, pour tout vous dire. Mais je me souviens que j'ai jamais vraiment eu de problème avec ma nudité. J'étais plutôt du genre à me balader toute nue, parce que je voyais pas le problème en fait, de me balader dans mon plus simple appareil. Mais on m'a souvent fait remarquer que c'était indécent. Je me souviens aussi d'un amoureux, quand j'avais une vingtaine d'années, qui m'avait proposé de... se dévêtir en conscience, l'un en face de l'autre. Et que c'est quelque chose qui m'avait plutôt un peu emmerdée sur le moment, parce que moi j'avais envie qu'on passe directement à l'acte, sans forcément perdre trop de temps avec ce genre de choses. Et en même temps, j'étais touchée que ça vienne d'un homme, et qu'il vienne m'offrir de regarder une part de moi que je ne regardais jamais, et qu'en réalité, même si j'étais plutôt à l'aise dans ma nudité en famille ou devant des amis, devant un homme, tous mes complexes me rattrapaient. Et j'avais plutôt souvent envie de faire l'amour dans le noir pour qu'on ne voit pas tous mes défauts. Pourtant, je sais aussi que quand je suis heureuse et libérée, j'aime être nue parce qu'en fait, il n'y a pas de brassière qui me serre la poitrine. Je peux être dans l'expansion de mon cœur librement. En lien avec ce que je percevais de mes défauts, j'avais aussi vécu une autre pratique quand j'avais pour le coup 25 ans. de déshabillage rituel avec un cercle de femmes où on allait se peindre tour à tour. Cette dimension-là, elle a beaucoup inspiré un des rituels que je propose dans le film Le sang de nos lunes. Et je me souviens qu'on avait tiré au sort pour qui devait passer en premier et j'avais tiré le numéro 1. Donc je devais être la première à me déshabiller pendant que les autres me peignaient. Et je me souviens qu'en enlevant mes vêtements un par un, à chaque fois, je voyais de plus en plus de défauts. J'enlevais mes chaussettes, je voyais mes ongles pas ultra propres. J'enlevais mon... Mon pantalon, je voyais mes poils et même si je disais que je les acceptais, là je trouvais ça pas gracieux sur mes jambes. J'enlevais ma culotte, je voyais mes cuisses grosses avec des vergetures. J'enlevais... Bref, vous avez compris l'idée. Et c'était du coup un moment assez douloureux à ce moment-là, de prendre une pause dans laquelle je me sens bien, tout en conscientisant à quel point... je trouve des défauts partout sur mon corps. Et puis est venu le tour des autres femmes de passer. Et là, j'en ai vu une se déshabiller, alors qu'elle était plus grosse que moi, et qu'elle avait peut-être plus de vergetures, mais pourtant je voyais pas ça. Moi je la voyais en entier et je la trouvais très belle. Puis ensuite, il y a une autre femme qui est passée. Elle était plus vieille, donc elle avait la peau ridée et moins tonique que moi. Mais pourtant je voyais pas ça. Je voyais une femme belle, puissante. Et... ça s'est passé comme ça pour chacune des femmes. Ce qui m'a fait déjouer un peu ce que mon cerveau me soufflait comme croyance, que moi j'étais pleine de défauts alors que toutes les femmes que je voyais passer, je les trouvais chacune magnifiques. Donc j'ai eu pas mal de petites expériences comme ça, et en même temps s'aimer, c'est pour moi le travail d'une vie, surtout de s'aimer dans son corps. Quand on a le corps qui change, les corps de femmes changent particulièrement, mais les corps d'hommes aussi, bien sûr. Il y a des périodes où on fait plus de sport, il y a des périodes où on mange plus, il y a des périodes où on mange moins, il y a les périodes d'hiver, il y a les périodes d'été, il y a des maladies qui viennent nous toucher. Donc il y a tellement de facteurs qui vont faire que notre corps il va bouger, il peut jamais rester totalement pareil à moins que vous ayez des rituels et une discipline de sport ultra régulière chaque matin, chaque jour, chaque année. Et si vous êtes ainsi, félicitations, c'est vraiment pas mon cas pour le coup. J'aime avoir une forme de discipline mais... Elle est assez aléatoire, je dois dire. Et donc bref, pourquoi moi j'ai toujours eu envie de me mettre nue ? Je crois qu'il y avait aussi une part de rébellion. Je crois que c'est parce qu'on m'avait dit que c'était indécent qu'une femme se mette nue et dévoile ses parties qu'il y avait ce truc de « bah si, je peux m'exposer » . Et puis après, avec les années, il y a eu aussi la dimension de l'algorithme des réseaux sociaux qui venait censurer quand un corps de femme s'exposait. Jusqu'à des aberrations comme le tableau de l'origine du monde qui se faisait censurer alors qu'on parle de peinture. Parce que c'est considéré comme indécent par une certaine partie de la population. Et parallèlement à ça, et c'est toute l'hypocrisie de notre société, on va avoir des paires de fesses en string de personnalités comme des Kim Kardashian ou d'autres stars qui s'exposent dans une grande centralisation de leur corps qui sont totalement tolérées. Et évidemment, c'est en lien avec toute une culture de la pornographie, qui est le prochain épisode à suivre, sur lequel j'ai vraiment envie de faire un focus, en lien avec le tantra. Mais donc voilà, on est dans cette société où il y a beaucoup d'hommes qui n'aiment pas que les femmes s'exposent dans leur nudité, parce qu'en fait, c'est comme si on se réappropriait notre corps. En tout cas, c'est moi la lecture que j'en ai. Mais dans le tantra, c'est pas pour ça qu'on va se mettre nue. Se mettre nue dans le tantra, c'est parce qu'on est dans un chemin. je parlais expérimental, vers plus de conscience, qui veut dire déconditionnement, et qui veut dire profondeur, et lâcher les masques de l'ego, les masques sociaux. Donc évidemment qu'on peut le faire sans être nu, d'aller se rencontrer d'être à être, mais c'est intéressant de voir aussi comment les habits nous façonnent, et nous permettent de jouer des personnages. Ne serait-ce qu'une boucle d'oreille, ou qu'un bandeau dans les cheveux, ou qu'un chapeau, va nous donner une allure différente des lunettes de soleil, des lunettes de vue. Tout cela sont des artifices qui peuvent être mis au service d'un théâtre intérieur. Pour aller dans ce sens de ce que je vous raconte, de ces vêtements qui servent l'ego et les personnages intérieurs, dans le bouddhisme, il y a beaucoup de moines qui vont se draper dans une seule couleur. Évidemment que c'est le cas dans beaucoup d'autres religions, mais là je vais me concentrer sur le bouddhisme, l'hindouisme et les traditions indiennes, puisque Osho, le maître du néo-tantra, a fait porter la couleur orange, qui est une couleur sacrée dans l'hindouisme, à la plupart de ses disciples et de ses fidèles. Et c'était dans cette intention de déjouer... L'idée de la construction de l'ego. Au-delà de ça, ça me rappelle une anecdote que j'ai pu lire de sa vie aussi, où à l'université, quand il était professeur, il avait décidé de venir s'habiller juste d'une tenue très sommaire, je crois que c'était juste... Une tunique, je ne sais plus de quelle couleur elle était, mais qui rappelait les tenues que portaient certains maîtres en Inde du courant du djaïnisme, où là même, il y avait des personnes qui se baladaient nues. Et ce n'était pas un problème, la nudité, parce que c'était dans leur cheminement spirituel de ne plus rien posséder, y compris des vêtements, d'être dans un lâcher-prise et un dépouillement total. Ce dont je me suis rendue compte quand même dans ces espaces de tantra où donc la nudité était encouragée, c'est que j'y ai vu beaucoup de corps libres et libérés. J'avais rarement vu autant de corps avec des poils, par exemple, pour les femmes au niveau du pubis ou sur les jambes, ou sous les aisselles. En même temps, on a rarement l'occasion de voir autant de corps nus. dans la société à part, encore une fois, dans la pornographie, qui est un autre sujet et une autre vision totalement déconnectée de celle dont je vous parle. Mais donc, j'ai vu beaucoup de corps libres et de corps libérés, et surtout, j'ai senti à quel point c'était accepté par les hommes qui étaient présents. C'est-à-dire que moi, dans ma vie de femme, je garde mes poils depuis une dizaine d'années sur les jambes, au niveau des aisselles. J'en ai déjà parlé, mais j'ai déjà eu des réflexions d'hommes qui étaient gênés par ça. et qui se permettent de me faire des retours ou des commentaires parce que ça les dégoûte, parce que ça les gêne, parce qu'ils ne sont plus habitués à voir ça. Et pourtant, dans l'espace du tantra, je n'ai jamais eu un commentaire sur mes poils. Mais en fait, là je parle des poils comme je pourrais parler de tout le reste de mon corps. Je n'ai jamais eu un seul commentaire sur mon corps, à part qu'il soit positif, de la part des hommes présents dans les espaces de tantra que j'ai fréquentés. Et ça, c'est profondément guérisseur. Parce que quand je pense au nombre d'ex ou d'hommes que j'ai pu rencontrer dans ma vie qui ont pu se permettre de me faire des commentaires, je pense à un en particulier qui m'avait dit qu'il trouvait ça dommage que je ne me muscle pas plus les fesses, parce que je pourrais avoir des fesses bien rebondies. Je me demande même s'il ne m'avait pas comparé à une autre femme à ce moment-là. Bref, là vous sentez un peu la colère monter peut-être. Mais des commentaires comme ça sur mon corps et de ma famille aussi, tu devrais perdre un peu de poids, tu devrais faire ceci, tu devrais faire cela, ça n'arrête pas. c'est omniprésent. Et évidemment que tout ça participe à ces fameux complexes que je vous nommais en début d'épisode. Et pourtant, dans les espaces de tantra, ça n'est jamais arrivé. Parce que c'est comme on dit en anglais, ça me vient en anglais, c'est irrelevant. Ce n'est... j'ai pas la traduction en français là. Mais ça n'a pas sa place en fait. C'est un non-sujet. Et ça c'est très guérisseur de pouvoir s'exposer sans que ce soit regardé de manière... obscène, sans qu'il y ait des désirs un peu libidineux qui soient posés sur mon corps ou sans qu'il y ait des critiques qui soient faites sur mon corps. Et ça, c'est un grand luxe de pouvoir s'offrir cet espace d'exposition choisi, parce qu'encore une fois, elle n'est jamais obligatoire, de son corps en public. Donc voilà, pour résumer, il y a vraiment deux raisons que je vois l'intérêt de la nudité dans ces espaces. C'est déjà cette capacité qu'a notre corps merveilleux à sentir et donc à venir faire vivre l'énergie vitale, faire vivre le désir et le décupler en lien avec soi mais en lien avec l'autre si c'est choisi. Et puis l'idée de venir guérir et puis l'idée de venir apprendre à s'aimer totalement dans notre corps, chaque parcelle de son corps comme un vaisseau terrestre qui permet à notre conscience de se balader et d'expérimenter cette vie humaine dans la joie. profondes et totales. Voilà, c'est la fin de cet épisode. Je vous remercie beaucoup de m'avoir écoutée. Je serais ravie de savoir quel est votre rapport à la nudité ? Comment vous le vivez ? Est-ce que ça vous inspire ? Est-ce que ça vous rebute d'imaginer vous mettre nue dans ces espaces ou de voir le corps d'autres hommes, d'autres femmes nues ? Je serais ravie d'avoir vos commentaires. Dans le prochain épisode, je vous ai dit qu'on parlerait de pornographie, de masturbeur, et également de dynamique sexuelle. Qu'est-ce que ça change quand le tantra s'immisce dans ces espaces ? En tout cas, je vous parlerai de mon expérience. Je vous remercie de m'avoir écoutée et je vous dis à bientôt pour ce prochain épisode. 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