Speaker #0Chaque semaine, je te guide pour introduire l'éducation financière simplement avec des bases concrètes qu'ils pourront utiliser toute leur vie. La majorité des mamans à qui je parle n'ont pas cette sensation de limiter les ambitions de leurs enfants. Ils n'ont pas l'impression d'avoir des actions, des paroles qui puissent créer certaines croyances limitantes chez leurs enfants. Et peut-être que c'est ton cas. Alors, je te demande juste une seconde d'imaginer cette scène et de voir si c'est quelque chose qui t'est familier, qui est déjà arrivé avec l'un de tes enfants. Imagine que, je vais prendre l'exemple d'une fille parce que moi je n'ai que des filles et que c'est plus simple pour moi. Imagine que ta fille entre dans le salon, des étoiles plein les yeux avec un magazine en main et elle te dit « Maman, on regarde ce sac, il est trop beau, je veux l'acheter » . Tu regardes le prix, ça fait 200 euros. Allez, partons pour 500 euros. Quelque chose qui a tes yeux. Ton cerveau de parent, en tout cas, se met en alerte. Tu calcules vite fait, elle gagne à peu près 20 euros par semaine, ça veut dire que ça lui prendrait à peu près 25 semaines, soit 6 mois pour rassembler ces 500 euros. Et ça c'est vraiment en utilisant son argent exclusivement pour ça. Et instinctivement, tu réponds avec toute la bienveillance, la gentillesse, mais aussi de la prudence. C'est super joli, mais... Peut-être que tu devrais choisir quelque chose d'un peu moins cher, peut-être qu'on peut commencer par plus petit et après voir si tu peux te permettre d'acheter quelque chose qui coûte ce prix-là. Parce que là tu vas devoir économiser super longtemps, tu sais, ça risque de prendre du temps et on ne sait pas ce qui peut se passer entre temps. Et à ce moment-là, tu crois l'aider à garder les pieds sur terre, tu crois que tu lui épargnes la frustration de ne pas arriver à atteindre cet objectif. Mais ce que tu viens de faire sans le vouloir, c'est de planter une petite graine d'auto-limitation dans son esprit. Une petite voix dans sa tête qui va lui dire « ce que je veux est trop grand pour moi, je devrais viser un peu plus bas ou je ne suis pas capable d'y arriver » . Et c'est là qu'on entre dans le cœur de l'éducation émotionnelle et identitaire. Parce qu'entre 6 et 12 ans, ton enfant est dans une période cruciale de construction de soi. Et tout ce que tu lui dis, ou ne dis pas d'ailleurs, s'accumule dans son rapport émotionnel. à l'effort, à la frustration, à l'audace et aux doutes. D'ailleurs, selon Eric Erickson, qui est un psychanalyste germano-américain et aussi psychologue de développement, il est l'auteur d'une théorie du développement psychosocial de l'enfant qui dispose, selon lui, sur huit stades psychosociaux successifs. Ça veut dire que pour lui, entre 6 et 12 ans, l'enfant traverse ce qu'il appelle le quatrième stade du développement psychosocial. Autrement dit, soit ils se sentent capables d'agir, de produire et de construire, et souvent à grande échelle, soit ils développent une sensation de ne pas être à la hauteur d'être nul. Et chaque action qu'ils entreprennent à cet âge-là, que ce soit dessiner, lire, écrire un texte, faire un gâteau, économiser pour un projet, tout ça c'est un test inconscient. Est-ce que j'y arrive ? Est-ce que je suis compétent ? Est-ce que ce que je fais a de la valeur ? Et ce qu'ils entendent en retour va confirmer ou alors détruire cette croyance qu'ils ont à l'intérieur d'eux. Donc quand ton enfant te dit « Je veux acheter ce sac à 500 euros » et que toi, tu réponds « Ça va être un petit peu compliqué, ça va être long, est-ce que tu ne veux pas prendre ? » Un objectif qui soit un peu moins grand au départ, alors même qu'il ne t'a pas demandé ton aide. Eh bien, tu envoies le message que… Eh bien, tu envoies un message qui, accumulé dans le temps, peut construire l'idée de « Je rêve trop » , « Je ne suis pas capable » ou « Ce n'est pas pour moi » . Et plus tu le fais souvent, plus l'effet d'accumulation augmente va jouer contre lui. À ce moment-là, tu ne l'as pas rabaissé, en tout cas, tu ne l'as pas fait volontairement. N'empêche que les paroles que tu auras données vont l'entraîner, semaine après semaine, à douter d'elle-même. D'ailleurs, Maria Montessori insiste beaucoup sur le développement du jugement personnel à cet âge-là. Entre 6 et 12 ans, l'enfant veut comprendre le monde qui l'entoure, les règles du vivre ensemble, le fonctionnement de l'argent, les conséquences de ses décisions, les lois sociales, et surtout, comment trouver sa place dans tout ça. Elle appelle ça l'éducation cosmique, c'est-à-dire que tout est interconnecté. Et dans ce grand puzzle qu'est la vie, l'enfant va chercher comment lui il contribue, est-ce que ses idées sont valables, est-ce que ses décisions sont écoutées. Donc même si ta fille veut ce sac, ce n'est pas juste une envie matérielle, c'est aussi est-ce que je peux mener un projet jusqu'au bout, est-ce que je peux décider quelque chose par moi-même, est-ce que je suis entendue dans mes désirs, même s'ils sont ambitieux. Et ta réponse devient un message éducatif. Tu peux l'encourager dans sa planification, même si au final elle n'achète pas le sac. Tu peux la guider pour poser les étapes, comment épargner, en combien de temps, est-ce qu'elle veut compléter ou pas par une activité qui est rémunérée. Et là tu nourris son besoin de maîtrise, tu la rends actrice, tu valides son idée sans la juger. Tu ne dis pas oui, tu ne dis pas non, tu dis tout simplement construisons ensemble un plan pour y arriver. Il y a des recherches en psychologie du développement, notamment celle de Carol Dweck et le concept du mindset, qui confirment que quand l'enfant est valorisé dans son effort, il développe un esprit de croissance. C'est-à-dire qu'il se dit simplement je peux progresser. Et quand il est valorisé dans son résultat ou freiné dans son ambition, il opte pour un esprit qui est plutôt fixe, c'est-à-dire je suis bon ou je ne suis pas bon. action parentale que tu auras va alimenter une boucle de croissance, de croyance. Et cette boucle, tu la construis maintenant même sans t'en rendre compte. Concrètement ce que tu peux retenir, c'est que quand ton enfant exprime une envie qui est ambitieuse, arrête-toi une seconde et prends le temps avant de réfléchir et de sortir si trop cher. Demande-lui qu'est-ce qui lui plaît dans le sac. Est-ce que tu as une idée de comment arriver à atteindre ton objectif d'achat ? Est-ce Et si elle abandonne en cours de route, ce n'est pas grave. L'objectif, c'est le chemin, le raisonnement, la planification et la confiance qu'elle en émène. Parce qu'en lui laissant rêver grand, tu lui apprends que les grandes choses prennent du temps, qu'elle est capable de planifier, qu'elle peut rêver et agir en conséquence pour que ses rêves puissent devenir réalité. Et tu lui apprends aussi qu'elle n'est pas obligée de viser petit pour pouvoir être aimée ou respectée. Et dans tout ça, l'apprentissage... par l'expérimentation a toute son importance. C'est-à-dire que l'enfant va apprendre en expérimentant, en se trompant, en ajustant et en recommençant. Par contre, quand tu dis que c'est trop cher, tu vas empêcher l'enfant d'expérimenter par lui-même le temps, l'effort et le chemin vers son objectif financier. Alors que si elle expérimente, même si elle va expérimenter l'échec, eh bien ça fait partie de son apprentissage de la gestion financière. De plus, l'effet Pygmalion va décrire comment les attentes que nous avons sur quelqu'un, donc sur nos enfants, vont influencer son comportement et ses résultats. Donc si tu penses que ton enfant ne pourra jamais atteindre un objectif qui est trop élevé, il va finir par s'aligner sur cette attente, même si peut-être qu'il en était capable. Alors ce n'est pas ton rôle de lui couper les ailes. Tu n'as pas besoin d'être la maman qui va lui mettre des barrières ou essayer de la ramener un peu plus à la réalité alors que ta fille a envie de rêver grand. Sois celle qui lui ouvre les portes et qui dit « Ok, tu veux ça ? Voyons comment on peut y arriver » . Soit celle qui demande quelles seraient les étapes pour arriver à atteindre ton objectif. Est-ce que tu as une idée de combien de temps ça prendrait ? Ou alors, et si on mettait un plan, un tableau, une routine en place pour s'assurer que tu as atteint ton objectif ? Parce que les limites, elle les rencontrera toute seule. Elle verra sans doute que c'est plus long que prévu. Elle verra sans doute que ça demande de la patience. Elle verra que certains projets ne se réalisent pas toujours. Mais dans tout ça, elle aura appris à structurer un plan, à reporter un objectif. à ajuster un rêve sans pour autant l'abandonner, et c'est exactement ce qu'on veut. Des études comme celles de Jacqueline Eccles montrent que les attentes des parents influencent directement les aspirations sociales et professionnelles des enfants, notamment chez les filles. Quand les parents perçoivent un objectif comme trop grand, l'enfant va adopter une vision plus modeste de ses propres capacités. Alors que plus tu laisses ton enfant rêver, viser haut et essayer d'atteindre son objectif, plus tu encourages la construction d'un esprit qui soit critique et entrepreneurial. Plus tu vas encadrer ses objectifs sans les couper, plus tu l'aides à développer son intelligence financière à long terme. Ça m'amène au principe de l'auto-efficacité tel que l'a abordé le psychologue canadien Albert Bandura. Il disait qu'en clair, plus un individu croit qu'il est capable de réussir une tâche, plus il est motivé à persévérer, même en cas de difficultés et d'échecs. C'est le principe de l'auto-efficacité. Donc si tu entends ton enfant même s'il ne sait pas encore exactement comment y arriver, le fait que tu crois en lui va renforcer sa capacité à tenir, à chercher et à s'adapter. Mais si tu lui dis c'est un peu compliqué ou ça risque d'être très long pour toi, tu vas saper sa perception de ses capacités encore une fois. Alors avec sa théorie de l'auto-efficacité, Albert Bandura a montré que plus un individu croit qu'il est capable de réussir une tâche, plus il est susceptible de persévérer même face à la difficulté. que nous, en tant que parents, nous sommes vecteurs de croyances limitantes pour nos enfants, même si on n'en est pas capable, on n'en est pas conscient, mais ça se produit. C'est-à-dire que si ta première réaction c'est de freiner son ambition, c'est peut-être que toi-même, tu n'oses plus trop rêver trop grand. Peut-être parce qu'on t'a appris qu'il fallait être raisonnable, ne pas viser trop haut, ne pas demander trop haut, ou alors être déjà satisfaite de ce que tu as déjà. Mais aujourd'hui, on peut faire différemment. On peut élever des enfants et surtout des filles qui visent haut, qui n'ont pas honte de vouloir de grandes choses et qui ne demandent pas la permission pour rêver. Même si tu sais que ce n'est pas possible aujourd'hui, qu'elle n'aura sans doute pas de résultat de suite, laisse-la essayer. Oui, tu sais que si elle gagne 20 euros par semaine, elle ne pourra pas s'acheter son sac dans les deux semaines qui viennent. Mais laisse-la faire des calculs, laisse-la expérimenter la frustration et laisse-la constater la lenteur, la complexité et l'effort que ça lui demande parce que c'est ça à prendre. Ce n'est pas atteindre l'objectif, c'est comprendre le chemin pour y arriver et recommencer à faire des choses. Ou trouver une autre manière d'y arriver si jamais on n'y arrive pas du premier coup. Ce n'est absolument pas de réussir tout, tout de suite. C'est plutôt intégrer comme on ajuste quand tout ne se passe pas comme prévu. Si elle abandonne, encore une fois, ce n'est pas un échec, ça reste un apprentissage. S'il fallait que tu retiennes quelques points de cet épisode, ce serait surtout que plus tu laisses ton enfant rêver, viser haut et essayer, plus tu l'encourages, plus tu encourages la construction de son esprit critique et entrepreneurial. Plus... tu encadres ses objectifs sans les couper, plus tu l'aides à développer son intelligence financière à long terme. Et ce que tu dis devient ce qu'il va croire et ce qu'il croit devient ce qu'il va oser faire ou pas. Alors la prochaine fois que ton enfant et particulièrement ta fille te parlent d'un rêve, d'un projet qui te semble fou, inatteignable ou alors excessif, ne réagis pas tout de suite. N'essaie pas de suite de la ramener à la réalité qui te semble à toi concevable. Écoute, observe, encourage, mets un plan en place si elle en a besoin et surtout si elle te demande ton aide. Tu n'as pas besoin d'être le frein, tu ne dois surtout pas l'être. Sois plutôt le cadre, l'accompagnante, la maman qui croit même un peu même à distance que le grand rêve de sa fille est réalisable. Elle, elle va douter elle va freiner, elle va hésiter mais elle a besoin que toi tu restes un point stable, un repère où elle peut revenir ou elle sera toujours soutenue, accompagnée aidé. Et si un jour, elle y arrive, ce ne sera pas parce que tu l'as raisonné, ce sera parce que tu lui auras laissé croire que c'était possible. C'est déjà fini. Pense à t'abonner et à laisser un avis 5 étoiles. Si tu n'en vois pas l'intérêt, sache qu'en plus d'être informée de chaque nouvel épisode, tu contribues au succès de ce podcast. Plus il y aura de mamans impliquées comme toi dans l'éducation financière de leurs enfants, plus nous aurons des enfants capables de réfléchir, décider et agir avec l'argent de manière stratégique et intentionnelle. Alors je te dis à la semaine prochaine pour un nouvel épisode et en attendant, rejoins-moi sur Instagram sur la Montessori Financière.