- Speaker #0
Bienvenue à tous dans votre nouveau podcast, La Morale de l'Histoire. Notre héros du jour s'appelle...
- Speaker #1
Versailles Jeterix !
- Speaker #0
Le gaulois le plus célèbre de tous les temps, celui qui a dit non à Jules César.
- Speaker #1
Ouais enfin, il a dit non, mais à la fin, il a surtout dit aïe, non ?
- Speaker #0
Ça dépend du point de vue, mais avant le aïe, il y a eu un sacré moment de gloire. On est au 1er siècle avant notre ère, à une époque où la Gaule n'est pas encore un pays. C'est plutôt un immense patchwork de tribus, de peuples, de dialectes. Des arvernes dans le centre, des édoins au nord, des carnutes par ici, des bituriches par là. En gros, c'est un peu comme si chaque région française avait son propre gouvernement, sa monnaie et sa guerre du dimanche.
- Speaker #1
Et chacun sa coupe de cheveux aussi j'imagine. Des moustaches en mode tressé, des torques autour du cou, le look barbare, bon chic, bon genre, avant l'heure.
- Speaker #0
Exactement, et au milieu de tout ça, la gaule, sa grouille de druide qui coupe le gui, de forgeron qui tape sur l'enclume. de marchands qui trottent du vin romain contre du sel et bien sûr des sangliers en cavale Ah ah ah !
- Speaker #1
Faut pas les oublier ceux-là ! Sinon Oblix débarque avec son gros vénère !
- Speaker #0
Oui, mais cette fois on parle de vrai gaulois, pas de bande dessinée Versingé Thoryx, c'est un chef harverne, un vrai personnage historique né vers moins 82 dans ce qui est aujourd'hui l'Auvergne, probablement près de Gergovie un coin de montagne, de volcan et de gens costauds
- Speaker #1
Donc ? Un gars du centre, solide, rustique, habitué au froid et au plaqueter nos corps. Ça explique aussi sa barbe et sa carure.
- Speaker #0
Oui, et il vient d'une famille très influente. Son père, Celtilius, c'est un noble respecté. Un des premiers à avoir eu l'idée d'unifier toutes les tribus gauloises sous une seule bannière. Sauf que, mauvaise idée à l'époque, ses rivaux l'accusent de vouloir devenir roi. Un mot qui chez les gaulois sonne comme une insulte.
- Speaker #1
Ah ouais, parce qu'ils n'en aient pas les rois eux. C'était un peu tous égaux autour du chaud de roi Biel.
- Speaker #0
C'est ça. Et les Gaulois, c'était de fiers indépendants. Ils avaient des chefs élus, des assemblées de guerriers, chaque tribu tenait à sa liberté. Alors quand Celtilius a voulu rassembler tout le monde, les autres chefs ont vu rouge. Résultat, il a été exécuté par les siens. Probablement autour de moins 90.
- Speaker #1
Sympa l'ambiance familiale. Et donc, le petit Vercingétorix, il a grandi avec un léger traumatisme.
- Speaker #0
C'est le moins qu'on puisse dire, mais ça l'a marqué. Il a compris deux choses. D'abord que l'unité c'était dangereux, mais aussi que sans unité la Gaule elle serait condamnée. C'est là que se forge son caractère. Il grandit dans une société guerrière où les jeunes nobles apprennent très tôt à monter à cheval, à manier la lance et diriger les hommes.
- Speaker #1
Un genre d'école militaire version gauloise, mais avec un petit peu plus de poils et un petit peu moins de latin.
- Speaker #0
Voilà, et quand Jules César... commence la quête de la Gaule en moins 58, vers Saint-Géthorix, il a environ 24 ans. Il voit les légions romaines avancer, les alliances se retourner, et les chefs gaulois se soumettre les uns après les autres. Par contre, lui, il n'oublie pas ce que son père voulait faire, rassembler les tribus pour résister.
- Speaker #1
Ok, donc il s'est dit, papa a essayé, c'est à mal fini, mais moi je vais tenter le niveau supérieur.
- Speaker #0
C'est exactement ça, et il va y arriver, du moins pendant un temps. Mais ça... c'est une autre histoire. Je vous plante le décor. Nous sommes en moins 52. La Gaule est en ébullition. Jules César s'impose partout. Les légions traversent les fleuves, rasent les villages, plantent des drapeaux et font même des selfies avec des boucliers gaulois.
- Speaker #1
Oui, enfin des selfies. C'était plutôt des mosaïques. Mais l'idée, là...
- Speaker #0
Oui, et c'est dans ce chaos que Vercingétorix décide de passer à l'action. Il réunit ses guerriers à Gergovie et lance un appel à toutes les tribus. Frères gaulois, si nous voulons vivre libre, unissons-nous contre Rome.
- Speaker #1
Et là, silence total. Tout le monde regarde ses sandales en mode. On va quand même pas suivre le fils du mec qu'on a exécuté.
- Speaker #0
Alors au début, personne ne veut de lui. Les Arvernes le chassent de Gergovie, il doit même fuir la ville. Par contre, Vercingétorix, il lâche rien. Il regroupe les jeunes guerriers fidèles, parcourt les campagnes, rallie les mécontents et très vite il revient avec une armée.
- Speaker #1
Donc le gars s'est fait virer de chez lui et il revient quelques semaines plus tard avec une bande de furieux. C'est pas une réunion, c'est un retour triomphal, façon Game of Thrones saison finale.
- Speaker #0
C'est ça, et cette fois plus personne ne rigole. Les arvernes, impressionnés, le reconnaissent comme chef suprême. Petit à petit, les bituriges, les carnutes, les cadures... Les Sénons, les Parésies, bref, des dizaines de tribus se rallient à lui.
- Speaker #1
Ah ouais, la grande alliance gauloise, un truc jamais vu auparavant.
- Speaker #0
Oui, mais par contre très fragile, parce qu'entre les fiers édoins alliés de Rome, les nerviens du Nord qui détestent tout le monde, et les arvernes qui veulent commander, c'est pas simple de mettre tout ce beau monde d'accord.
- Speaker #1
Donc en gros, c'est comme un repas de famille géant avec 50 cousins, tout le monde parle en même temps, personne n'écoute, et ça finit par se disputer sur la cuisson du sanglier.
- Speaker #0
Exactement. Mais Vercingétorix, lui, il garde la tête froide. Il impose une discipline de fer, plus de pillage, respect des ordres et surtout stratégie d'union. C'est lui qui décide des mouvements et chaque tribu doit lui obéir.
- Speaker #1
Un vrai commandant, quoi ! Pas un chef de village avec un casque ailé, mais un stratège moderne.
- Speaker #0
Voilà, il met en place une idée brillante, la technique de la terre brûlée. Quand les Romains avancent, les Gaulois détruisent tout derrière eux. Les récoltes, les granges, les villages. Rien ne doit nourrir l'ennemi.
- Speaker #1
Ah ouais, radical ! Le concept du « si c'est pas à nous, ça ne sera à personne » .
- Speaker #0
Et ça marche ! Les Romains se retrouvent dans une Gaule vide, sans vivre et sans ressources. Vercingétorix frappe vite, disparaît, frappe ailleurs. Et là César commence à perdre patience.
- Speaker #1
Le genre de patience qu'on perd quand on est trempé, affamé et qu'on se fait piquer son bain chaud par un druide.
- Speaker #0
C'est ça. Et pendant ce temps, les Carnutes déclenchent une révolte générale. en massacrant les marchands romains de Sénabome, l'actuelle ville d'Orléans. C'est le signal de la grande guerre. Toute la Gaule se soulève.
- Speaker #1
Et là, César, il a dû recracher sa toge.
- Speaker #0
Oh oui, il n'a pas aimé, il l'a pris très personnellement. Mais à ce moment précis, vers Saint-Géthorix, il est au sommet. Le jeune chef Bani est devenu le commandant d'une armée unie, soutenue, par presque toute la Gaule. C'est une première historique.
- Speaker #1
Comme quoi, qu'on t'excuse un village. Tu peux toujours venir diriger tout ton pays.
- Speaker #0
Mais bon, l'unité gauloise, c'est un peu comme une mèche de bougie. Ça brûle fort, mais pas longtemps.
- Speaker #1
Ouh, joli teaser ! Tu veux dire que la flamme a vacillé ?
- Speaker #0
Oui, parce que César prépare sa revanche. Pendant que Vercingétorix soulève la Gaule, de l'autre côté, à quelques kilomètres, un homme est en train de voir rouge. Lui, c'est Jules César. Général, politicien, auteur et surtout, très susceptible.
- Speaker #1
Ah bah oui, tu lui piques trois villages, tu brûles deux entrepôts et pouf, il t'envoie six légions.
- Speaker #0
Oui, César est alors en pleine campagne de conquête. En six ans, il a écrasé les Helvètes, battu les Belges, Il traverse la Bretagne, oui l'Angleterre, pas celle du Quidiaman, et il commence à écrire son futur best-seller, La Guerre des Gaules.
- Speaker #1
Ah oui, le fameux De Bello Gallico, le gars écrivait ses propres exploits, c'est comme si Napoléon avait tenu un blog.
- Speaker #0
Oui, et là au beau milieu de ses plans de carrière politique, César apprend que la Gaule entière vient de se rebeller sous la bannière d'un jeune barbu nommé Vercingétorix. Ah ouais,
- Speaker #1
j'imagine la scène. Salle de réunion romane, ambiance tendue, tout le monde autour d'une grande table et César qui se fermait dans.
- Speaker #0
Exactement, il est furieux. Depuis des années, il avance sans résistance. Écrit son futur livre à la gloire de ses exploits et d'un coup tout s'effondre. Les Gaulois brûlent leur village, coupent les routes commerciales, attaquent les garnisons. César comprend alors qu'il a affaire à un adversaire différent. Organisé. et surtout très charismatique.
- Speaker #1
Et là forcément, il repense aux Edouins, ses alliés fidèles, enfin, fidèles quand ça les arrange.
- Speaker #0
Tu as totalement raison. Officiellement, les Edouins soutiennent Rome. Mais beaucoup de leurs chefs encouragent discrètement la révolte. César le sait et ça le rend fou.
- Speaker #1
Le pauvre ! Il voulait juste conquérir tranquille, poser le statut, écrire son bouquin. Et voilà que les autochtones décident de faire de la résistance.
- Speaker #0
Et pas qu'un peu. Les carnutes se soulèvent, les bituris suivent, et même les arvernes, le peuple de Vercingétorix, se rangent du côté de la rébellion. La Gaule entière est en feu, et César va devoir tout recommencer. Il lève toutes ses légions, y compris celles postées dans le Nord et les Alpes, et ensuite, il marche vers le centre de la Gaule.
- Speaker #1
Et tout ça en hiver, avec des routes boueuses. Des Gaulois embusqués partout, le type il était vraiment motivé !
- Speaker #0
Ah oui, César il avait un mental d'acier et une organisation impeccable. Chaque légion c'était environ 5000 hommes entraînés, parfaitement disciplinés, capables de construire un camp fortifié en une seule nuit. Face à eux, les Gaulois, c'était des dizaines de milliers de guerriers courageux, mais indisciplinés, mal coordonnés et sans une armure uniforme.
- Speaker #1
En gros ! D'un côté des pros avec des plans précis, et de l'autre des barbus motivés avec des cornes et du cœur.
- Speaker #0
C'est exactement ça. Et c'est ce qui rend la guerre si intéressante. Versingé Torix ne peut pas battre les Romains sur le terrain classique. Alors il mise tout sur la guérilla et la stratégie du vide.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il recule exprès, brûle tout et affame les légeaux ?
- Speaker #0
Oui, et ça marche. César est obligé de courir dans une gaule désertée sans vivre ni renfort. Mais il lâche rien. A chaque village rebelle, il frappe fort, punit sévèrement et se fait craindre.
- Speaker #1
Un peu la méthode, aïe pour aïe, forteresse pour forteresse.
- Speaker #0
Exactement, et c'est là qu'a lieu la première grande confrontation, la bataille de Gergovie. Mais ça, c'est notre prochaine scène.
- Speaker #1
Ah, Gergovie ! Le moment où César découvre que les montagnes d'Auvergne, c'est pas juste joli pour les vacances.
- Speaker #0
Oui, là, Vercingétorix va prouver qu'il n'est pas qu'un symbole. mais un véritable stratège. Nous sommes toujours en moins 52 et la situation s'étendue. Versingé Thoryx mène la révolte gauloise pendant que César rame dans les plaines boueuses du centre. Et tout le monde commence à avoir faim.
- Speaker #1
Ouais, parce que quand tu fais cramer tes propres récoltes pour embêter l'ennemi, t'as intérêt à aimer les racines bouillies.
- Speaker #0
Oui, mais malgré ça, Versingé Thoryx tient bon. Et César, lui, décide de frapper au cœur du territoire arverne, Gergovie. Un plateau naturel, perché à 700 mètres d'altitude, fortifié. entouré de falaises et avec une vue panoramique sur toute la plaine.
- Speaker #1
Donc, en résumé, un village sur une montagne, impossible à prendre, défendu par des types costauds, et là César se dit « Allez, on y va ! »
- Speaker #0
Oui, il avait confiance, peut-être un peu trop. Les Romains arrivent avec 6 légions, soit environ 30 000 hommes, pendant que Vercingétorix tient la position avec ses 80 000 gardes gaulois.
- Speaker #1
Ah ouais, il y avait du monde au balcon, ça devait faire du bruit ! Entre les cris de guerre et les cornes en bronze.
- Speaker #0
Oui, et la stratégie de César est audacieuse. Il fait mine d'attaquer d'un côté, pendant qu'un autre groupe grimpe en douce par l'arrière pour prendre la ville. Mais ce que César ignore, c'est que Vercingétorix le surveille depuis le sommet.
- Speaker #1
Ah, le bon vieux coudu ! Je te vois avec mes jumelles de druides !
- Speaker #0
Oui, et les Gaulois laissent les Romains s'approcher, les attirent sur les pentes, et là, c'est l'enfer. Des pierres, des lances, des chariots... Tout dévale la montagne. Les légionnaires reculent, tombent, se coincent dans les ravins.
- Speaker #1
Ah ouais ! Ambiance de gens sueurs et sans dames en amour.
- Speaker #0
César lui-même écrit dans ses commentaires. Nos troupes furent accablées par la fatigue et le terrain difficile. L'ennemi, connaissant parfaitement les lieux, nous encercla de toutes parts.
- Speaker #1
Alors je fais la traduction ? On s'est fait rouler dessus, mais j'écris ça proprement pour pas avoir l'air trop nul.
- Speaker #0
Oui, pas mal. La bataille tourne court. Plus de 700 légionnaires tués, dont beaucoup d'officiers. Vercingétorix, lui, sort vainqueur sans même descendre de sa montagne.
- Speaker #1
Voici la première grosse défaite de César en Gaule. Le gars devait bouillir dans son casque.
- Speaker #0
Oh oui, c'est une victoire éclatante pour les Gaulois. Ça fait le tour du pays. Les tribus hésitantes rejoignent la révolte. C'est le moment où tout semble possible.
- Speaker #1
Et là, j'imagine Vercingétorix en mode rockstar, torse nu sur son cheval. Qui veut encore douter des Arvernes à ce moment-là ?
- Speaker #0
Pas loin, pas loin. Il devient une légende vivante. Jeune, charismatique, stratège et un vaincu. Pour la première fois, la Gaule est unie et victorieuse.
- Speaker #1
Mais bon, connaissant l'histoire, j'imagine que César ne s'est pas dit « On rentre à Rome et on est du tout seul » .
- Speaker #0
Ah non, César lui ne renonce jamais. Il se retire pour mieux frapper. Il regroupe ses forces, attire vers Saint-Gétoïs dans une autre région. et choisi un terrain bien plus à son avantage.
- Speaker #1
Ah ah, le fameux coup du « je recule pour mieux te coincer » .
- Speaker #0
Oui, et ce terrain, c'est Alésia, une colline fortifiée en Bourgogne, au milieu des vallées, le lieu où la gloire gauloise a brillé une dernière fois.
- Speaker #1
Oh oh, ça sent la grosse baston et les tambours tragiques ça !
- Speaker #0
Oh oui, parce que notre prochaine scène, c'est le siège d'Alésia, le moment le plus intense, le plus héroïque, mais aussi le plus d... désespérée de toute la guerre. Après Gergovie, César a compris la leçon. Il ne faut jamais attaquer un Gaulois dans sa montagne. Alors, il choisit le terrain et cette fois, c'est lui qui va se retrancher.
- Speaker #1
Ah ouais ? D'habitude, c'est l'inverse ?
- Speaker #0
Oui, mais César, c'est un joueur d'échecs, pas de domino. Quand Vercingétorix se réfugie dans la forteresse d'Alésia en Bourgogne, il se dit « Parfait, on va le laisser s'enfermer et on va l'attendre dehors » .
- Speaker #1
Et quand César dit « attendre dehors » , il ne parle pas de peser une chaise cliente.
- Speaker #0
Non, non. Il fait construire un double mur d'enceinte Un siège dans les règles de l'art D'abord une ligne intérieure Pour enfermer les Gaulois dans Alésia Et une ligne extérieure Pour repousser les secours venus de l'extérieur Le tout 21 km de fortification Avec tour, fossé, pieux, tranché et piège à loup
- Speaker #1
Le gars a construit un mur de 20 bornes Pendant que les autres crevaient de faim ?
- Speaker #0
Oui et ça en à peine 3 semaines Les légionnaires romains étaient des machines Pendant ce temps, Vercingétorix, coincé dans Alésia avec 80 000 hommes et les habitants de la ville, commence à manquer de tout.
- Speaker #1
Donc plus de pain, plus de vin, plus de sanglier, la loose quoi !
- Speaker #0
Oui, et comme la situation devient critique, il envoie des messagers à cheval pour passer les lignes ennemies pour prévenir les tribus gauloises. Envoyez des renforts ou on est cuit !
- Speaker #1
Et là, j'imagine des mecs en train de filer dans la nuit, planqués derrière des fossés, façon film d'espionnage antique.
- Speaker #0
C'est ça ! Et les renforts arrivent quelques semaines plus tard. Une armée de secours immense, près de 250 000 guerriers venus de toute la Gaule.
- Speaker #1
Oh là là là là là ! Un quart de million de Gaulois contre 60 000 Romains ? Ça sent la raclée romaine, non ?
- Speaker #0
Mais pas du tout, parce que César, avec ses légions parfaitement coordonnées, il tient bon. Les Gaulois attaquent les murs extérieurs, l'air singétoïque s'attaque de l'intérieur, mais les Romains résistent des deux côtés.
- Speaker #1
Ah ouais ! Double siège, double baston, il ne devait plus savoir où donner du glaive.
- Speaker #0
Exactement. Pendant trois jours et trois nuits, la bataille fait rage. Des plis de flèches, de catapultes, des cris, de la boue, du sang. Vers Saint-Gétoïste, en plusieurs assauts désespérés, Méline-Romaine ne cède pas. César a même envoyé Labienus, son meilleur officier, pour tenir la dernière brèche.
- Speaker #1
Et lui, il s'appelait Labienus ? Ah ouais, les Gaulois ont dû être distraits.
- Speaker #0
Sûrement. Mais à la fin, les secours gaulois battent en retraite. La dernière tentative échoue. Et dans Alésia, la famine devient insupportable. Certains habitants sont même chassés de la ville pour économiser les vivres. Mais les Romains refusent de les laisser passer. Du coup, ils meurent de faim entre les deux camps.
- Speaker #1
Outsch ! Même Obélix aura arrêté de rire là !
- Speaker #0
Oui, c'est une tragédie. Vercingétorix comprend que tout est perdu. Plutôt que de voir ses hommes massacrés, il décide de se rendre dignement.
- Speaker #1
Ah, le moment légendaire !
- Speaker #0
Oh oui, un matin, il met sa plus belle armure, monte sur son cheval noir, ouvre les portes d'Alesia et sort seul vers le camp de César. Les Romains s'écartent, le regard passé, ils s'avancent jusqu'à la tente du général, descendent sa monture, ôtent son casque et jettent ses armes au pied de César.
- Speaker #1
Waouh ! Même les Romains ont dû se dire « respect » . Oui,
- Speaker #0
c'est une scène restée gravée dans l'histoire. Un mélange d'honneur, de courage et de défaite. César le garde prisonnier pendant 6 ans à Rome, avant de le faire exécuter lors de son triomphe.
- Speaker #1
Ah, donc la statue, c'est pas César qui l'a commandée ?
- Speaker #0
Ah non, clairement pas. Mais dans la mémoire collective, Vercingétorix devient un symbole, celui d'un peuple divisé qui pour une fois a su s'unir.
- Speaker #1
Et même s'il a perdu, c'est lui qu'on retient. Pas César, pas la Biennus. Pas les murs d'Alésia !
- Speaker #0
En effet, et plus de mille ans plus tard, c'est Napoléon III qui fera ériger une statue géante à Alice Saint-Ren, anciennement Alésia, avec cette inscription « La Gaule unie, formant une seule nation animée d'un même esprit, peut défier l'univers » .
- Speaker #1
Eh ben pas mal ! Pour un type qui a commencé par se faire virer de chez lui !
- Speaker #0
Oui, et si la morale de l'histoire devait se résumer en une phrase, ce serait peut-être L'union est difficile, mais c'est la seule chose qui peut vraiment faire trembler un empire.
- Speaker #1
Et accessoirement, la barbe, ça aide à l'autorité ?
- Speaker #0
Toujours.
- Speaker #1
Merci à tous de nous avoir suivis. Nous reviendrons prochainement avec un autre personnage historique. A bientôt !
- Speaker #0
Au revoir !