- Speaker #0
Bienvenue sur l'émission sans filtre le rendez-vous politique du groupe La Semaine en partenariat avec Oranvre,
- Speaker #1
l'artisan horloger Bianchi et Y-Vision. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue au Salon des Parages pour cette nouvelle édition de Son Filtre, l'émission politique de la semaine. Merci au Cercle des Parages de nous permettre une nouvelle fois d'installer ici notre studio. Permettez-moi aussi de saluer nos partenaires, Orange et sa déléguée régionale, Patricia Lecoq, l'artisan Joël-Yay Bianchi, représenté évidemment par Alexandre Bianchi. Je salue aussi notre partenaire audiovisuel, Y-Vision. Comme vous le savez. Cette émission sera diffusée sur le site de La Semaine, sur ses réseaux sociaux. Elle sera aussi disponible en podcast sur toutes les plateformes musicales et de podcast. Et elle fera aussi l'objet d'un retour dans notre hebdomadaire daté de jeudi. Une émission enregistrée ce mois-ci dans un contexte politique très particulier, à quelques jours du premier tour de législative provoquée par la dissolution de l'Assemblée nationale le 9 juin dernier par le Président de la République. Je précise que notre invité aujourd'hui n'est pas candidate. à ces élections, bien qu'ils ont déjà été députés de 2012 à 2017 sur la circonscription de Nancy 1. Chère Chaynesse, bonjour. Bonjour. Vous allez bien ?
- Speaker #0
Très bien.
- Speaker #1
Très bien. Donc je l'ai dit, vous étiez députée de 2012 à 2017. Vous aviez battu à l'époque, en 2012, le sortant qui était Laurent Hénard. Et ensuite, vous aviez été défaite par la macroniste Carole Grandjean en 2017. Je précise également que nous avions calé cette interview avant le 9 juin, L'ouverture de cette séquence politique pour le moins singulière. Alors chez Neskironi, vous êtes ici en tant que président du département de la Meurthe-et-Moselle. Vous êtes socialiste, vous avez 56 ans, vous êtes originaire de Moselle, puisque vous avez passé votre enfance en Moselle, dans le bassin sidérurgique, contre Rombas et Voipy, c'est bien cela ?
- Speaker #0
C'est tout à fait ça.
- Speaker #1
C'est ça. Même si vous êtes née dans le nord de la France. Vous présidez le département depuis les dernières élections départementales de 2021, un département qui est ancré à gauche depuis la fin des années 90, depuis que Michel Dinet l'a fait basculer à gauche en 1998. Alors, je l'ai dit, nous vivons une période assez particulière depuis le 9 juin. Est-ce que, comme beaucoup chez Neskirouni, vous vous êtes tombé un peu de votre chaise en entendant le président de la République, le 9 au soir, prononcer la dissolution de l'Assemblée nationale ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui. C'était même un coup de massue, puisque j'étais dans mon bureau de vote, je présidais un bureau de vote, et à Nancy, les bureaux fermant à 20h. Vers 21h, nous étions encore à peine à dépouiller les enveloppes, Lorsque j'ai appris la dissolution, oui c'était un coup de massue et surtout comme nous venions d'avoir les premiers résultats concernant le Rassemblement national, je me suis posé la question de qu'est-ce qui allait se passer dans ce contexte où au niveau des élections européennes le Rassemblement national était à un très haut niveau. et en même temps une dissolution de l'Assemblée nationale qui arrivait dans ce moment politique. Donc je savais également, j'appréhendais cette gravité de la situation, puisque vous le savez, les élections législatives ce sont des élections politiques et qui enclenchent une forme de dynamique politique.
- Speaker #1
Est-ce que vous pensez qu'il a bien fait ou est-ce que c'est une erreur selon vous ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est une erreur et j'irai même plus loin, je considère que c'est irresponsable. C'est irresponsable parce qu'il a lié les résultats d'élections européennes à des élections nationales. Et je pense qu'il fallait effectivement d'abord dissocier...
- Speaker #1
Oui, moi je sais que nos concitoyens, même s'ils sont... plus ou moins intéressés par l'Europe, ont voulu quand même envoyer des messages régulièrement de l'élection européenne sur des sujets nationaux. C'était, je pense, encore le cas cette année.
- Speaker #0
Oui, mais de là à en tirer des conséquences, c'est là où je ne suis pas d'accord. Encore une fois, que des messages soient envoyés dans le cadre d'une élection européenne qui n'est pas une élection nationale, ça c'est un sujet. Mais d'en tirer les conséquences, non, je pense que c'est irresponsable parce que... Forcément, dans la mesure où la dynamique est du côté du Rassemblement national, convoquer des élections législatives à trois semaines sans avoir une possibilité de se préparer, de travailler un projet, d'identifier des candidatures, d'organiser une campagne, de financer une campagne, oui, c'est à la limite du déni démocratique. Donc, le contexte, la rapidité... Et je pense que oui, nous avons le Rassemblement national aux portes des plus hautes responsabilités.
- Speaker #1
On va y revenir. Est-ce que vous comprenez, est-ce que c'était de la tactique ? Comment, si vous essayez de vous mettre dans la tête du président de la République, à votre avis, qu'est-ce qu'il essayait de faire ?
- Speaker #0
Malheureusement, je pense qu'il a imaginé un coup politique qui, dans la précipitation, n'aurait pas permis les forces en présence de s'organiser. de se préparer et donc de les prendre de vitesse, puisque, vous l'avez bien vu, la gauche, dans sa diversité, part aux européennes divisées. avec un certain nombre de désaccords. Donc personne n'aurait pu, par exemple, ni moi d'ailleurs, imaginer qu'à quelques heures de l'annonce de la dissolution, nous puissions organiser ce nouveau front populaire. Moi j'étais en grande inquiétude, à la fois par rapport à la situation politique et les résultats du Rassemblement national, mais j'étais également en grande inquiétude. parce que je n'avais pas imaginé que nous pourrions, en tout cas au niveau de la gauche dans sa diversité, nous organiser et partir unis à ces législatures.
- Speaker #1
On peut imaginer que c'était un des paris d'Emmanuel Macron de dire qu'il y a eu tellement de fractures au moment des européennes entre notamment LFI et le Parti socialiste et M. Glucksmann que cette alliance… ne pouvait pas se faire. Et donc c'était ce pari-là qui l'avait fait. Et pourtant, même si on va y venir, elle est loin d'être parfaite. Ça a été une réussite au niveau de la constitution du nouveau Front de Gauche, en tout cas sur le papier. Donc vous, vous êtes favorable au nouveau Front de Gauche. Vous étiez aussi favorable, je crois, à la NUPES. Oui. C'est bien ça. Pourtant, est-ce que cette alliance qui va finalement de Philippe Poutou à François Hollande, c'est comme ça qu'on la résume souvent, elle peut être crédible vis-à-vis des électeurs ?
- Speaker #0
Je pense que la question n'est pas la crédibilité, la question est plutôt l'urgence démocratique. Et je crois que si cette alliance est dans une grande diversité, à la fois soutenue par François Hollande, par Raphaël Glucksmann, par les diverses forces de gauche et écologistes, je pense que l'urgence démocratique et le fait que nous ayons cette possibilité d'avoir le Rassemblement national en responsabilité, un Premier ministre issu du Rassemblement national, des ministres issus du Rassemblement national et de Reconquête, je crois que c'est cette urgence démocratique qui a prévalu et qui nous a permis de dépasser nos désaccords.
- Speaker #1
C'est plus que des désaccords, c'était comme des attaques assez frontales, on peut revenir sur les attaques de certains membres de LFI vis-à-vis de M. Glucksmann.
- Speaker #0
Moi, j'ai toujours considéré que ce soit la NUPES ou aujourd'hui le nouveau Front populaire, alors le nouveau Front populaire s'organise dans un contexte particulier, mais j'ai toujours considéré que même imparfaite, cette unité devait se faire. Et je le dis encore plus fortement face aux résultats du Rassemblement national. Donc moi, je trouve que c'est tout un autre honneur, et je pense notamment à Raphaël Glucksmann, C'est tout un autre honneur de pouvoir justement dépasser ces désaccords, dépasser aussi les critiques qui ont pu être formulées, pour pouvoir avoir un premier objectif. Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas un travail qui doit être mené après, mais chaque chose en son temps. Un premier objectif, c'est d'empêcher le rassemblement national. d'être aux plus hautes responsabilités de l'État.
- Speaker #1
C'est la même ligne que Raphaël Guzman qui dit finalement, la première urgence c'est d'abord de faire le barrage, et ensuite je m'occuperai de mes amis par la suite. Exactement. C'est quand même un peu risqué qu'on voit aussi la tentative, en tout cas la tendance hégémonique de LFI et de M. Mélenchon, on va y venir tout à l'heure.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas risqué, si vous voulez, ce sont des décisions que vous devez prendre, en responsabilité, et moi en tant que responsable politique et présidente d'un département, dans le contexte actuel, avec la situation actuelle. Donc, bien évidemment, moi j'aurais imaginé un autre environnement politique, une autre situation politique. Il se trouve que la situation politique, elle est celle-ci, c'est un rassemblement national qui, département de Meurthe-et-Moselle, rassemblement national et reconquête, dans le cadre des élections européennes, ils font plus de 41%.
- Speaker #1
Ce qui est nouveau, parce que généralement, la Meurthe-et-Moselle faisait plutôt un peu plus de barrages au Rassemblement national que le reste de la France.
- Speaker #0
Alors, ça fonctionne toujours sur la métropole du Grand-Denis.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
toujours. Donc là, effectivement, le Rassemblement national est plutôt maîtrisé, si on compare par exemple à l'agglomération Messines. En revanche, sur tout le reste du département, il arrive en tête. Donc moi, si vous voulez, quand je regarde ces résultats, un Rassemblement national reconquête l'extrême droite à 41% au niveau de notre département et encore plus haut pour les autres départements de Lorraine, eh bien je hiérarchise mes priorités, je hiérarchise mes urgences et mon urgence est celle de faire barrage au Rassemblement national. D'ailleurs... qui ne se cache pas en proposant son programme, puisque j'entends parler évidemment de préférence nationale, j'entends que l'on évoque par exemple des listes de métiers et de fonctions qui seraient interdites à des binationaux. Donc voilà, ça c'est aussi le rassemblement national tel qu'il se prépare, il se présente. et dévoile de manière assez transparente son programme. Donc non, moi je me situe dans l'arc républicain, et je vais même vous dire une chose, je ne me réjouis pas de ce qui se passe chez les républicains, bravo en tout cas aux élus et aux responsables politiques qui ont refusé.
- Speaker #1
notamment en
- Speaker #0
Norte-Moselle, qui ont refusé l'alliance avec le Rassemblement national. Mais je considère que dans une cohésion sociale et pour arriver à des débats apaisés, nous avons besoin à la fois de partis et de corps intermédiaires qui soient forts. Et la fragilisation des partis... la fragilisation des corps intermédiaires, fragilise notre cohésion sociale et fragilise notre République.
- Speaker #1
On ne va pas faire toute l'émission sur LFI, mais je vais encore revenir sur le cœur de l'alliance du nouveau Front populaire. Est-ce qu'à un moment donné, le soir du 9 juin ou le 10 juin, vous vous êtes posé la question de cette possibilité d'alliance avec LFI ? Ou est-ce que pour vous c'était une évidence, ou alors vous avez été tenté comme d'autres ? plutôt par une alliance des sociodémocrates avec le centre droit ? Ou est-ce que dans votre tête, ce n'était pas question, la seule issue c'est l'alliance de l'ensemble de la gauche, LSI comprise ?
- Speaker #0
Effectivement, je ne me suis pas posé très longtemps la question. J'ai plutôt eu une appréhension lorsque j'ai vu les résultats du Rassemblement national et je suis aussi lucide. par rapport au score de lfi et de l'électorat qu'il y a derrière lfi parce que je mets aussi de côté un certain nombre peut-être de responsables qui qui pourrait nous mettre en difficulté mais pour moi vous ne voyez pas Non, je ne nie pas des désaccords que je peux avoir si je suis socialiste, c'est que le socialisme et le parti socialiste incarnent globalement... mes aspirations, mes valeurs et la façon dont j'imagine...
- Speaker #1
Sur l'Europe, j'imagine, sur la Russie.
- Speaker #0
Oui, sur l'Europe, sur la Russie.
- Speaker #1
Sur la qualification d'acte terroriste de l'attaque du Hamas, ce genre de choses. Oui,
- Speaker #0
et puis cette qualification, elle a été au moins de manière claire et transparente posée dans le cadre de l'unité. Donc les quelques sujets qui... pouvaient nous mettre en désaccord, ont été posées de manière claire dans cet accord et cette attaque a bien été qualifiée de terroriste dans ce programme. Mais encore une fois, je le redis, pour moi, mon adversaire, ce n'est pas les filles. Aujourd'hui, mon adversaire politique, c'est le Rassemblement national. Et je considère que face à ce Rassemblement national, l'union devait se faire de manière… extrêmement large. Et je pense que c'est pour ça que des responsables politiques comme François Hollande, comme Raphaël Glucksmann, comme Lionel Jospin ont bien compris la situation et ont bien hiérarchisé les priorités et l'urgence.
- Speaker #1
Depuis quelques jours, je veux dire même depuis maintenant une semaine, le feuilleton au sein du nouveau Front populaire, c'est la question... du Premier ministre, avec le petit jeu d'Aujoluc Mélenchon qu'on a du mal à comprendre, une fois je fais comprendre que je vais gouverner, une fois mais non je ne suis pas candidat, etc. Ce qui irrite les différentes composantes. Comment vous voyez ce jeu de théâtre-là, parce que ça ressemble à un jeu de théâtre de la part du leader de la France insoumise et la réaction des différentes composantes ? On dirait qu'il fait tout pour perdre.
- Speaker #0
Je nous invite à la responsabilité et à prendre nos responsabilités dans ce moment grave. Et je crois que la question du Premier ministre ou de la Première ministre, parce qu'on peut aussi avoir une femme Première ministre, eh bien nous aurons besoin d'un consensus, d'une personne et d'une personnalité qui non seulement… à les compétences et l'envie de prendre ces responsabilités, mais nous avons aussi besoin d'apaiser, à la fois d'apaiser nos différentes sensibilités, à la fois de nous apaiser au sein de cette gauche unie, mais nous avons aussi besoin d'apaiser le pays. Donc on n'a pas encore cette incarnation, puisqu'elle dépendra évidemment... globalement des résultats des élections législatives, mais la personnalité qui incarnera la Première Ministre ou le Premier Ministre, cette fonction devra non seulement faire l'unité dans nos rangs, mais également être dans l'incarnation de la possibilité de dialoguer et d'apaiser le pays et de nous remettre en selle. un dialogue à tous les niveaux, et notamment au niveau des corps intermédiaires et des syndicats.
- Speaker #1
Est-ce qu'elle pourrait être issue des ronds de LFI ? Et est-ce que ce pourrait être, selon vous, Jean-Luc Mélenchon ?
- Speaker #0
Je ne crois pas que ça puisse être Jean-Luc Mélenchon. Et Jean-Luc Mélenchon nous avait invités en 2022 à nous dire je me retire, je ne me représente pas aux législatives et en nous disant faites mieux Eh bien, je pense qu'il faut suivre ce qu'a dit Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire qu'il s'est retiré. Ça reste un acteur politique important de notre pays, mais je crois qu'en responsabilité, il doit nous laisser faire ce choix en toute sérénité.
- Speaker #1
La piste Laurent Berger, l'ancien patron de la CFDT. C'est une piste qui a été évoquée notamment par Raphaël Glucksmann.
- Speaker #0
Je pense qu'il faut qu'on soit attentif à ne pas chacun sortir du chapeau une carte possible. Je pense que le moment venu, on aura ce débat et cette discussion. Ça va aussi dépendre globalement de l'image de cette Assemblée nationale. Qui aura la majorité ? Une majorité absolue ? Une majorité relative ? Comment se constituera cette... majorité. Donc je crois que c'est à l'issue des législatives que nous pourrons imaginer quelles sont les personnalités qui pourraient incarner cette fonction de Premier ministre.
- Speaker #1
Je vous ai posé un peu la question tout à l'heure, mais j'y reviens. L'idée d'un bloc central qui pourrait aller des sociodémocrates, j'allais dire des droites du PS pour ainsi dire, ou du centre... du centre-gauche jusqu'au centre-droit, voire les Républicains, pour éviter les deux blocs extrêmes, plutôt la fonction LFI d'un côté et RN reconquête de l'autre. Est-ce que c'est quelque chose qu'ils pourraient trouver grâce à vos yeux ou pas ?
- Speaker #0
Moi je suis attentive à ne pas me positionner dans là où nous emmène le Président de la République, c'est en évoquant les extrêmes. Et je trouve que c'est extrêmement dangereux justement de renvoyer dos à dos le Rassemblement national. et le nouveau front populaire, la gauche, dans sa diversité. Et je trouve que c'est dangereux parce que ça fragilise la démocratie, ça fragilise le pacte républicain, et ça nie la diversité de cette gauche et de ses écologistes. Pour ma part, moi, en 2017, Et en 2022, au deuxième tour, j'ai voté Emmanuel Macron contre le Rassemblement national. Malheureusement, c'est une grande déception. C'est là où nous l'attendions justement pour faire en sorte que ce Rassemblement national ne puisse pas se déployer aussi fortement. On se retrouve avec non seulement un Rassemblement national qui a développé son électorat, mais au contraire qui est même prêt à prendre des responsabilités. Donc pour moi, la question des alliances, elle se jouera le soir des résultats. Donc en l'occurrence, le 30 juin, nous aurons à peu près une image. Le 7 juillet, nous aurons l'image de l'Assemblée nationale de manière définitive. Et les alliances et la stratégie et l'organisation justement de cette Assemblée nationale... et de l'organisation des responsabilités au niveau du gouvernement, elles se prendront. dans le cadre des résultats de l'Assemblée nationale. Mais je vous le dis, moi, encore une fois, je n'ai pas hésité en 2017 et en 2022 à voter Emmanuel Macron, même si je suis extrêmement déçue par sa... Alors, pas sa politique économique, je n'adhérais pas à sa politique économique, mais... Je suis extrêmement déçue. Lui qui a évoqué le fait qu'il maîtriserait justement la montée du Rassemblement national.
- Speaker #1
C'est un de ses engagements.
- Speaker #0
C'est un de ses engagements, une de ses promesses. Et au contraire, qu'il n'a pas tenu. Il a été plutôt, pour moi, marche-pied du Rassemblement national.
- Speaker #1
Donc, vous l'avez dit, on en saura plus le 30 juin au soir. Quelles consignes de vote vous pourriez suivre ou donner dans le cas de Triangulaire, où le candidat du nouveau Front de Gauche arriverait en troisième position et qui pourrait se maintenir, et devant lui un candidat RN et un candidat Centre-Droit, Renaissance ou LR ? Est-ce qu'il faut se maintenir ? Est-ce que le nouveau Front populaire doit se maintenir ? Ou est-ce qu'il doit faire jouer ce qu'on appelait jadis, malheureusement, le Front républicain ?
- Speaker #0
Je répondrai en deux temps. Un, j'en appelle d'abord à la mobilisation de notre électorat pour faire en sorte que le nouveau Front populaire et les candidatures du nouveau Front populaire arrivent en tête. Si nous étions donc dans la configuration que vous évoquiez, moi je l'ai dit, j'ai évoqué l'urgence démocratique, j'ai évoqué ma priorité, et moi ma priorité, c'est que le Rassemblement national... ne n'arrive pas en responsabilité et ne gouverne pas notre pays. Voilà, donc je serai extrêmement claire le moment venu face à des triangulaires si jamais il y avait effectivement un risque de laisser passer le Rassemblement national. Donc moi, là-dessus, ça a toujours été ma ligne et je resterai sur la ligne de faire en sorte que le Rassemblement national ne puisse pas, ou en tout cas dans nos possibilités, puisse avoir le droit de se retirer.
- Speaker #1
D'appeler le candidat sous le coup par le nouveau Front populaire.
- Speaker #0
Je ne vacille pas. J'ai une ligne, une colonne vertébrale. Et c'est ce qui explique aussi toute la cohérence du soutien à l'unité, du soutien à l'unité dans notre diversité, du soutien à l'unité avec un certain nombre de désaccords. Mais je sais quelle est ma priorité aujourd'hui. Et puis, quelle est ma famille politique, puisque ma famille politique... c'est la gauche et l'écologie.
- Speaker #1
On ne peut pas faire de politique fiction, mais on est là un peu aussi pour ça. Je pense qu'il y a une inquiétude un peu chez les observateurs et dans tout le pays sur la montée, sur la possibilité du Rassemblement national d'accéder au pouvoir. Pour autant, ce n'est pas fait, vous le répétez. Une majorité absolue, que ce soit d'un côté ou de l'autre, n'est pas encore des pas choses certaines. En cas de majorité relative, est-ce que vous êtes inquiet pour la situation du pays, pour la démocratie en termes de blocage ? Est-ce qu'on va avoir un Premier ministre à l'issue du début juillet ? Ou est-ce que vous pensez comme certains qu'il va falloir passer par un gouvernement technique pour éviter d'avoir un gouvernement qui soit constamment mis aux minorités ? qu'il soit du Rassemblement National ou du Nouveau Front de Gauche ou du Bloc central.
- Speaker #0
Oui, ce qui me semble important, en tout cas en tant que soutien du Nouveau Front populaire, mon souhait, c'est que, bien évidemment, le Nouveau Front populaire puisse avoir une majorité absolue. Ensuite, je suis aussi consciente que, même si nous avions la majorité absolue, je suis aussi consciente de la situation économique, sociale. politique de notre pays. Et donc, pour ma part, je considère qu'il y a de toute façon un gros travail à la fois d'apaisement, à la fois de redonner confiance non seulement aux différents acteurs de notre société, mais également, il faut aussi traduire ce que représente ce vote pour le Rassemblement national. Je n'évacue pas et je ne balaye pas d'un revers de main les résultats du Rassemblement National. Ça m'inquiète. Je me bats pour encore une fois faire en sorte qu'une autre alternative puisse être possible au niveau de notre gouvernement, mais je dois aussi prendre en considération ce vote. Et qu'est-ce qu'il exprime ? Parce qu'il a pu exprimer un certain nombre de colères. Aujourd'hui, visiblement, il exprime aussi une forme d'espoir. une forme d'adhésion, et puis il faut qu'en tant que responsable politique, et si le nouveau Front populaire arrive en responsabilité, il faut qu'il puisse répondre aux colères et aux attentes et aux aspirations de nos concitoyens, et notamment de celles et ceux qui ont voté Rassemblement national. Et je sais que par exemple, la question du sentiment d'abandon, de la question de la relégation. d'un certain nombre de territoires. Le fait que lorsque l'on travaille, lorsqu'on est issu des familles modestes ou des familles moyennes, et que du fait de l'inflation, du fait de l'augmentation de la facture énergétique, de l'augmentation du carburant, à la fin du mois, on travaille et on n'arrive pas à boucler son budget. Et on est obligé de faire des sacrifices. et on a peur pour l'avenir de ces enfants.
- Speaker #1
Là où il y a quelques années,
- Speaker #0
parmi lesquelles de la République, je pense qu'il y a deux sujets. Il y a la question du salaire. du pouvoir d'achat ou du pouvoir de vivre, je préfère ce terme du pouvoir de vivre, et la question de l'éducation et de l'école. La question du salaire et du pouvoir de vivre et du pouvoir d'achat doit être traitée maintenant de manière très forte par une valorisation des salaires.
- Speaker #1
Le programme du Nouveau Front Populaire va très loin, 1 600 euros pour le SMIC. Vous pensez que c'est réaliste ? Vous pensez que les entreprises, les PME vont pouvoir… Moi,
- Speaker #0
je suis en appel à la responsabilité des chefs d'entreprise. Aujourd'hui, le programme d'Emmanuel Macron a été, c'est pour ça que je dis que j'étais en désaccord avec sa logique économique, c'était de dire, nous baissons les impôts. Donc il a réduit à peu près de 40 milliards d'euros les impôts en considérant qu'il allait libérer les initiatives, libérer la création d'entreprises et faire en sorte qu'il y ait une sorte de ce qu'il a appelé le ruissellement. Or, nous voyons bien que cette… politique, économique, n'a pas fonctionné.
- Speaker #1
Le taux de chômage a quand même baissé assez fortement depuis 2017.
- Speaker #0
Mais les inégalités sont beaucoup plus fortes. La précarité est beaucoup plus forte. Interroger notamment les associations de solidarité, les banques alimentaires, aujourd'hui, elles se retrouvent à faire face à une augmentation des sollicitations. Je suis, en tant que président du département de Meurthe-et-Moselle, appelées régulièrement par les associations, les associations de solidarité, parce qu'elles n'arrivent plus à faire face à ces demandes. Il y a des travailleurs. qui sont devenus des travailleurs pauvres. Donc, à un moment, il faut aussi…
- Speaker #1
Non, mais toutes les entreprises ne sont pas des entreprises du CAC 40, ne sont pas… Non, bien sûr. ne sont pas la possibilité de passer leur salarié… Bien sûr,
- Speaker #0
c'est pour ça que j'en
- Speaker #1
200 euros par mois à tous leurs salariés.
- Speaker #0
Vous savez, moi j'ai une formation de gestionnaire et de gestion d'entreprise. Un DESS, je crois. Voilà, un DESS, un certificat d'administration des entreprises, et un DEA de sciences de gestion. J'ai travaillé dans la microfinance, dans la création de petites entreprises. Je suis à la tête d'une collectivité locale. le budget est de l'ordre de 800 millions d'euros. 3 000 agents.
- Speaker #1
Vous savez qu'il n'y a pas de baguette magique.
- Speaker #0
Voilà, je pense que je suis bien placée pour, un, comprendre la situation économique dans laquelle nous sommes, la situation financière dans laquelle nous sommes, la crise immobilière dans laquelle nous sommes, et qui d'ailleurs impacte financièrement le budget des départements. Donc, je comprends très bien. Après, il y a un devoir de lucidité. Et c'est pour ça que j'en appelle au dialogue, au dialogue avec l'ensemble des acteurs économiques, sociaux, associatifs, les salariés, les fonctionnaires, les bénévoles. Moi, je n'oppose pas les uns et les autres. Je pense que nous avons besoin de tout le monde pour redresser le pays. Et là où j'en appelle justement à la responsabilité des acteurs économiques dans leur diversité, alors évidemment, les plus grands entreprises, les plus grands groupes, je pense qu'ils doivent faire... Un effort plus important, les plus gros patrimoines doivent faire un effort important parce que la situation de chaos, ou en tout cas de fragilité, et de fragilité de notre pacte républicain doit faire en sorte que nous devons toutes et tous nous mobiliser. dans le cadre des responsabilités qui sont les nôtres. Et peut-être que celles et ceux qui peuvent faire un effort plus important, c'est le moment de le faire. Parce que sinon, mon appréhension, ma crainte, c'est que non seulement il y ait le chaos, mais surtout que notre pacte républicain, non seulement soit fragilisé, mais... bien au contraire, les valeurs que nous portons, les triptyques de notre République, la liberté, l'égalité et la fraternité, puissent non seulement se fragiliser, mais ce contrat puisse être déchiré. Donc pour que ce contrat ne puisse pas se déchirer, être déchiré, il faut que chacun, dans ses responsabilités, puisse prendre sa part, dans la mesure où il partage, je dirais, l'arc républicain. et notre pacte républicain.
- Speaker #1
Pour autant, je reviens au programme électoral et le volet économique du programme du nouveau Front populaire. Il a été chiffré, je crois, par les équipes même du nouveau Front populaire à 125 milliards d'euros. Donc, ces 125 milliards vont être financés principalement par l'impôt. Donc, on va s'attendre à un matraquage fiscal dans les mois qui viennent si le nouveau Front populaire... arrive aux responsabilités et comment vous pourriez éventuellement rassurer, il y en a beaucoup de chefs d'entreprise et les observateurs également, les économistes qui s'inquiètent de ce programme ?
- Speaker #0
Je n'utiliserai pas le terme de matraquage fiscal. Je trouve qu'il a pu être utilisé dans des temps où peut-être que nous allions plutôt bien et que notre cohésion sociale n'était pas fragilisée. Là vraiment, dans le cadre de cette urgence démocratique, urgence sociale, je crois qu'il y a besoin que chacun puisse prendre sa part dans ce moment particulier. Encore une fois, j'évoque la question de la fiscalité, là où, encore une fois, ce sont des réductions d'impôts et des suppressions d'impôts qui ont été décidées par le président de la République. J'évoquais à peu près les 40 milliards d'euros qui ne comprennent pas la suppression de la taxe d'habitation.
- Speaker #1
C'est une bonne chose ou une mauvaise chose au passage ?
- Speaker #0
Non, je ne pense pas que c'était une bonne chose, parce que demander aux collectivités locales, demander aux maires, quand vous n'avez plus de leviers fiscaux, quand vous n'avez plus d'autonomie financière, vous ne pouvez plus déployer vos politiques publiques, vous ne pouvez plus déployer les services publics, vous ne pouvez plus déployer des services publics de proximité. Lorsque dans les territoires ruraux, là où le Rassemblement National fait des scores, Très important, ce sentiment de relégation, ce sentiment d'abandon, il est exprimé aussi parce qu'il n'y a plus suffisamment de services publics de proximité. Donc quand vous n'avez plus d'effet de levier pour mener vos politiques publiques, c'est un sentiment non seulement de désamour, mais surtout vous traduisez le fait que la politique, les élus, les politiques, n'ont plus de marge de manœuvre et n'ont plus de capacité à agir. Donc il faut que le politique puisse retrouver la capacité à agir. Et redonner du sens à l'impôt. Redonner du sens à l'impôt, c'est traduire ce que derrière l'impôt, nous finançons lorsque vous avez la possibilité, même si elle est imparfaite, la possibilité d'avoir une école. Une université quasi gratuite, c'est grâce à l'impôt. Lorsque vous avez la possibilité de pouvoir avoir de la culture, des tarifications qui permettent l'accès à la culture pour tous, c'est l'impôt. Le fait d'aider des entreprises, parce que certaines entreprises se plaignent peut-être de la fiscalité, ou des cotisations sociales, mais ces cotisations sociales, elles permettent aussi d'avoir la possibilité de pouvoir se soigner sans payer le coût réel des soins. Et donc, j'en reviens à mon deuxième pilier, il y a la question des salaires et de la rémunération, et du fait qu'un certain nombre de ménages n'arrivent plus à boucler leur fin de mois. Donc là, il y a besoin… d'augmenter ses salaires, notamment pour les fonctionnaires, et il y a besoin de redonner de l'espoir. Redonner de l'espoir, c'est faire en sorte que l'école, l'école de la République, comme elle l'a été pour moi, moi j'ai eu la chance, et mes frères et sœurs, nous avons eu la chance de pouvoir, non seulement être des enfants de l'école de la République, nous avons pu réussir grâce à l'école, réussir grâce à nos professeurs. Et pourtant nous étions dans un quartier en difficulté, nous étions dans un collège en difficulté, mais nous avions cette volonté et une École de la République qui avait les moyens d'accompagner les enfants, tous les enfants de la République. Donc je crois qu'il va falloir un vrai plan de mobilisation, une mobilisation générale pour l'École de la République et surtout pour faire en sorte que dans les familles où justement il n'y a pas de moyens financiers, où il y a très peu de moyens financiers, où il n'y a pas la possibilité d'accéder à la culture, au cinéma, que l'école puisse permettre justement à ses enfants et aux parents de redonner de l'espoir et de permettre aux enfants de se projeter. Là où aujourd'hui les parents ont très peur, c'est qu'ils se rendent compte que... Donc ça ne va pas très bien pour eux, mais pour les enfants, aujourd'hui, l'avenir n'est pas très rose. Donc à nous aussi de nous mobiliser pour faire en sorte que l'école de la République, elle redonne de l'espoir et de l'espérance.
- Speaker #1
Alors sur l'école, hier, Jean-Nan Bardella a développé notamment ses annonces, ses projets sur l'école. J'imagine que vous êtes aux antipodes avec ce qu'il a proposé, avec des mesures qui peuvent paraître peut-être gadgets comme le vouvoiement. pour les élèves ou le port de l'uniforme ?
- Speaker #0
Moi, je n'ai jamais tutoyé mes profs. Mes enfants n'ont jamais tutoyé leurs profs. Donc, la question du vouvoiement, je ne sais pas pourquoi elle arrive sur cette table. En revanche, qu'il y ait justement des moyens mis pour que les professeurs puissent avoir les moyens justement de travailler.
- Speaker #1
Il y a peut-être un problème de respect et d'autorité des professeurs, pas de leur fait, mais de l'évolution de la société, de l'éducation des enfants.
- Speaker #0
Bien sûr, il y a la question de restaurer l'autorité des professeurs, il y a la question des moyens de l'école, il y a la question aussi de l'accompagnement des parents, notamment des parents qui sont en difficulté, en difficulté éducative. En tant que présidente du département de Meurthe-Moselle, nous sommes confrontés à un certain nombre de grandes difficultés. notamment parce que les parents sont en difficulté sociale, en difficulté économique, en difficulté éducative, et aujourd'hui n'ont même plus la capacité d'accompagner leurs enfants, dont certains font l'objet de décisions de placement, et ce sont les départements qui en ont la responsabilité. Donc oui, bien sûr, il y a tout un travail collectif de la société à mener. Justement pour que les parents ne puissent plus être en difficulté économique et sociale, et puis surtout à partir du moment où les parents ne sont plus en difficulté économique et sociale, il y a la possibilité d'accompagner les enfants et leur permettre justement une belle éducation, une bonne éducation et une réussite scolaire parce que l'émancipation... elle passe par la réussite scolaire, quoi qu'on en dise. Quelle que soit sa forme et sa diversité, la réussite scolaire, ce n'est pas forcément être un bac plus X, mais c'est tout simplement trouver son chemin, et trouver son chemin en termes d'insertion sociale, professionnelle et culturelle, parce que la culture va jouer un rôle et joue un rôle important.
- Speaker #1
Un sujet qui va faire le lien avec tout ce qu'on vient de dire, et puis les propositions que vous faites, et ce qui est une des mesures que vous avez prises au département de Meurthe-et-Moselle récemment, vous avez annoncé, je crois que ça a été voté, le principe du revenu d'émancipation jeune, qui devrait être rentré en vigueur à l'automne, en Meurthe-et-Moselle. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce qu'est exactement ce revenu d'émancipation jeune ?
- Speaker #0
Le revenu d'émancipation jeune s'inscrit dans une priorité du projet départemental, qui est celle de la jeunesse. et de l'éducation. Et donc, nous avons toute une politique d'accompagnement des jeunes autour de l'éducation. Alors, il y a le volet collège que vous connaissez bien, mais en complément justement de la question de la rénovation, restructuration, construction de collèges neufs, nous avons décidé de porter un certain nombre d'actions et une politique publique offensive. Offensive parce qu'elle… On accompagne notamment un certain nombre d'associations qui œuvrent dans le champ de la jeunesse, la culture et du sport, notamment en accompagnant les collèges et les équipes éducatives pour faire en sorte que des projets portés par les équipes, les collégiens, puissent être financés. Ça peut être la résidence artistique au sein des collèges. aller au cinéma ou porter simplement des projets d'égalité femmes-hommes, de lutte contre le harcèlement. Donc ce sont des projets que nous portons et que nous continuons à soutenir, même dans un cadre financier compliqué. Et puis nous avons décidé de réfléchir à la question des jeunes et la question de l'émancipation des jeunes et des modalités d'émancipation des jeunes. Et nous avons considéré qu'un revenu... à expérimenter pour des jeunes qui ont de 16 à 25 ans, donc 25 ans où vous avez l'ouverture du RSA, donc avant l'ouverture du RSA, c'est à la fois de poser comment est-ce que, à côté des dispositifs qui existent, je pense à la garantie jeune, comment est-ce qu'on peut imaginer un revenu de l'ordre de 500 euros par mois qui soit versé Alors, il s'agit des jeunes les plus en difficulté. Il y a bien une approche sociale de la cible des jeunes qui sont vidés. Donc des jeunes qui sont en rupture familiale, en difficulté sociale et qui, parce que faute de revenus, n'arrivent plus à mener leur propre projet. Un projet qui peut être de divers ordres. C'est-à-dire que ce n'est pas uniquement... un projet d'insertion professionnelle. Ça peut être d'abord un projet d'insertion sociale.
- Speaker #1
C'est pas un RSA jeune, à partir du moment où on remplit des critères, il faut qu'il y ait un projet ?
- Speaker #0
Non, justement, il ne faut pas qu'il y ait un projet dans le sens où le jeune doit arriver et définir un projet de manière extrêmement claire. On considère que dans ce moment de vie, le projet n'est peut-être pas suffisamment défini. Le projet est peut-être flou. Le projet n'est peut-être pas encore posé. Et donc on part sur la question d'une confiance. On établit une confiance avec le jeune et à partir du moment où il rentre dans des critères sociaux, il a la possibilité d'avoir ce versement de 500 euros par mois en expérimentation sur six mois, renouvelables une fois, six mois. Les six premiers mois, justement, ce sont des six premiers mois où il va tâtonner, réfléchir. travailler sur les...
- Speaker #1
C'est quoi ce projet d'insertion ? Ça peut être trouver un... un boulot au moins ?
- Speaker #0
Ça peut être trouver un logement. Pour un jeune, je vais dans les cas extrêmes, le jeune qui est dans la rue, il est en rupture familiale, avant d'arriver à la rue, il est en difficulté sociale, financière, et justement, c'est de dire, peut-être que le premier projet, c'est de le stabiliser dans un logement. dans l'ouverture d'un certain nombre de droits, des droits en termes d'allocation logement, des droits en termes de santé, des droits en termes de formation. Donc l'idée c'est d'accompagner un parcours et pas un projet, parce qu'on ne souhaite pas enfermer le jeune dans un projet qui quelquefois... n'est pas très bien définie. Et donc, dans la relation qui va être nouée, avec soit un partenaire d'accompagnement des jeunes, soit un partenaire associatif, soit nos propres équipes professionnelles, les assistantes sociales, les assistants sociaux, qui vont identifier ces jeunes, et bien ils vont d'abord faire ce travail d'ouverture. de ce droit à ce revenu d'émancipation. Et au fur et à mesure, on parie sur la question de la confiance, du tremplin pour les remettre en selle et leur permettre justement, au bout de quelques mois, de trouver leur propre voie, leur propre projet.
- Speaker #1
Est-ce que vous ne craignez pas de prêter le flanc à ceux qui vont vous dire que c'est encore de la cistana, que ça empêche la... Les jeunes de se prendre en responsabilité, puisque finalement ils vont avoir 500 euros qui vont arriver, ce ne sont pas des critères a priori, mais qu'on a du mal à comprendre ou à saisir encore à ce niveau-là. Quels sont les critères ? Parce que c'est une expérimentation, donc on va dire que ce jeune-là, il a rempli son contrat, parce que la confiance c'est bien beau, mais comment ça se mesure ?
- Speaker #0
En fait, il faut comprendre pourquoi nous nous sommes engagés et pourquoi j'ai poussé la mise en œuvre de ce revenu d'émancipation. Il y avait deux raisons. La première raison, c'est qu'on s'est rendu compte, notamment dans l'après-Covid, la façon dont les jeunes ont été percutés par cette crise sanitaire. Nous nous sommes rendus compte, et notamment avec les associations solidaires et les associations d'épicerie solidaire, qu'elles étaient confrontées à une augmentation de la sollicitation de nombreux jeunes. Et puis nous nous sommes rendus compte que finalement les dispositifs existants type contrats jeunes, garanties jeunes, ne fonctionnaient pas tant que ça. Et donc l'idée c'était de dire pourquoi ne pas faire un pas de côté. et d'imaginer une autre façon d'accompagner cette émancipation, sans s'enfermer dans un revenu. J'ai demandé à ce que l'on ne qualifie pas ce revenu d'émancipation, le terme d'émancipation est positif, et je lui ai dit, tiens, ce n'est pas un RSA jeune, il peut démarrer à l'âge de 16 ans, notamment pour des mineurs émancipés, et il peut justement s'imaginer... dans le cadre d'une confiance qui nous bouscule, parce qu'en fait nous nous enfermons dans des cadres qui nous empêchent de voir la relation aux jeunes de manière différente. Aujourd'hui, toutes les allocations ou les revenus qui pourraient être proposés lorsqu'on leur menait les jeunes sont rattachés à la famille. Il y a une familiarisation des aides aux jeunes, qui en général sont données aux familles. Là, nous voulons émanciper les jeunes et leur faire confiance en posant les allocations et ce revenu en lien avec leur propre situation personnelle, sociale, et donc quand même en touchant les jeunes les plus en difficulté. C'est un pari. C'est une expérimentation et j'en tirerai les conclusions et les conséquences. Je suis plutôt optimiste. Je pense que le fait de faire confiance, nous allons mettre à l'étrier un certain nombre de jeunes qui vont réussir parce qu'on leur a fait confiance et qu'on leur a donné les moyens de réussir.
- Speaker #1
Combien de jeunes pour l'expérimentation vont être concernés ?
- Speaker #0
Ma budgété pour les premiers versements, j'ai un budget qui me permet de financer 300 jeunes à peu près. Donc on va commencer déjà. Pour tester,
- Speaker #1
pour expérimenter.
- Speaker #0
Pour expérimenter. Évidemment, la palette est beaucoup plus… Oui,
- Speaker #1
parce que le potentiel est… Le potentiel à base, entre guillemets.
- Speaker #0
Mon idée et mon projet, ce n'est pas de dire avec le revenu d'émancipation jeune, je vais pouvoir en tant que département… financer les 10 000, 15 000, 20 000, 30 000 jeunes concernés. Je n'en ai pas les moyens. En revanche, je jette un pavé dans la mare, et si cette expérimentation réussit, je souhaite mettre autour de la table l'État qui veut suivre l'expérimentation, qui ne s'y engage pas financièrement, mais qui veut la suivre, je souhaite mettre sur la table nos différents partenaires et leur dire, voyez ce qui s'est passé, voyez ce qui a réussi, et bien comment est-ce qu'on semble. au niveau même national, on va pouvoir porter ce revenu d'émancipation aux jeunes. Donc mon idée c'est, on pose le débat, je jette un pavé dans la mare, je bouscule, je sais que certains ne comprennent pas et n'appréhendent pas bien ce revenu d'émancipation, on l'expérimente. On tire les quelques premières conclusions et à partir des premières conclusions, évaluations, je le pose à la table pour le déployer. Mais dans ces cas-là, pour le déployer, le département de Meurthe-et-Moselle ne pourra pas le faire tout seul. Mais le déploiement se fera bien à partir de l'évaluation de l'expérimentation.
- Speaker #1
Il est bientôt l'heure de passer la parole à la salle. Une autre question qui peut paraître un peu décalée, j'allais dire, par rapport au contexte politique que nous évoquons depuis le début de l'émission, c'est les Jeux Olympiques et le parcours de la flamme. Donc ici, en Moselle, le département de la Moselle, le président Patrick Weyton a fait depuis longtemps le choix de cueillir la flamme. Elle arrive là jeudi dans quelques jours. Donc on sait qu'en Meurthe-et-Moselle, vous avez fait le choix inverse. Vous êtes déjà exprimé. Et voilà, pour son filtre, est-ce que vous pouvez... Réexpliquez un peu le choix que vous avez fait par rapport à d'autres départements qui ont fait le choix d'accueillir la flamme. Et puis, est-ce que vous ne regrettez pas votre choix ? Enfin, j'imagine que non, vous n'allez pas nous dire le contraire. Mais expliquez-nous pourquoi ce choix de ne pas avoir souhaité sortir, je vais mettre les petits plats dans les grands, j'allais dire, pour fêter les Jeux Olympiques en Meurthe-et-Moselle.
- Speaker #0
Alors, il faut savoir que nous étions d'abord, nous, le territoire de Meurthe-et-Moselle, inscrits. dans les pas de la flamme, puisque nous avions même écrit un courrier co-signé avec le maire de Nancy, Mathieu Klein, justement pour nous porter candidats et accueillir la flamme olympique. Le département de Meurthe-et-Moselle a été aussi labellisé territoire de l'EU. Et donc, nous avions dans notre projet départemental, et nous avons toujours d'ailleurs, il n'a pas été effacé, un certain nombre de grandes actions en lien avec les JO, des collégiades, des compétitions en lien avec les Jeux olympiques. Donc, moi, là-dessus, il n'y avait aucun sujet. Je suis fan de sport, je suis le sport, en ce moment il y a l'Euro, donc moi je n'avais pas de sujet. Il se trouve que les conditions d'accueil de la flamme n'étaient pas explicites. Alors il y avait effectivement un ticket d'entrée. un premier ticket d'entrée de 180 000 euros uniquement pour le département, ça c'était le ticket d'entrée, et nous n'avions pas l'ensemble des éléments qui nous permettaient d'évaluer concrètement quel va être ce parcours, est-ce que nous aurions le choix des sites, et quelle mobilisation financière complémentaire il fallait engager pour pouvoir faire en sorte que... que ce soit un moment de joie, d'attractivité et qui rayonne sur l'ensemble du département.
- Speaker #1
Et de vivre ensemble aussi.
- Speaker #0
De vivre ensemble. Donc, moi, nous n'avions pas ces éléments en toute transparence. Donc, nous avons fait ce choix dans la mesure où nous n'avions pas de transparence sur l'impact et la conséquence financière de l'accueil de la flamme. Moi, maintenant, j'ai compris, puisque certains l'ont fait. C'était un ticket d'entrée et que tout le reste de l'organisation et de l'impact financé devait être pris en charge par les territoires. Donc je comprends que de toute façon ce n'était pas 180 000 euros, mais c'était beaucoup, beaucoup de financement. Voilà.
- Speaker #1
Vous ne le regrettez pas ?
- Speaker #0
Je ne le regrette pas.
- Speaker #1
Et au contraire… Même en termes d'attractivité, que ce soit la flamme sur la place Tannes ou ailleurs, au château de l'Univille, ça aurait pu avoir de la gueule ? Non, je ne le regrette pas.
- Speaker #0
Et je reste engagée, et le département reste engagé, dans la flamme des Jeux Olympiques, dans l'enthousiasme des Jeux Olympiques. Bien au contraire, moi je vais regretter que nous fassions… un bashing permanent matin, midi et soir sur les JO, parce que c'était quand même aussi ça. Je trouve dommage, je vais revenir sur la dissolution, notamment le désaccord aussi, il est politique, mais je trouve que ce n'était en plus pas du tout le moment, alors que la France et Paris, en pleine préparation des Jeux Olympiques, que nous subissions quand même matin, midi et soir le bashing des JO. que était organisé le passage de la flamme, même si elle ne passait pas sur notre territoire, je trouve que cette dissolution, en plus, embarque avec elle le début quand même… Elle fait un peu d'ombre. Elle fait de l'ombre et le début d'enthousiasme qui, enfin, a commencé à se mettre en place. par rapport à l'organisation des Jeux Olympiques. Donc voilà, et moi je suis certaine que ces Jeux Olympiques seront un vrai succès et c'est une vraie fierté de pouvoir les accueillir en France, à Paris, et le département de Meurthe-et-Moselle prendra sa part et toute sa part.
- Speaker #1
Merci Chénos Kérodit. Est-ce qu'il y a des questions parmi ces...
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Moi, j'en ai encore une ou deux. Il y a d'autres différences avec le département de la Moselle, qui n'a rien à voir avec les Jeux Olympiques. C'est le département de la Meurthe-et-Moselle et la ville de Nancy, je crois, ont accepté de financer le déficit de la SNCF pour la ligne TGV Nancy-Lyon. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi, est-ce que vous comprenez la décision des élus mausolans, notamment de l'euro-métropole de Metz et du département, de ne pas avoir fait le même choix ?
- Speaker #0
Nous nous étions dans une urgence et notamment faire en sorte que notre territoire et notamment la Meurthe-et-Moselle et le Sud-Meurthe-et-Moselland ne deviennent pas un cul de sac et notamment un cul de sac ferroviaire. Je regrette et là c'est vraiment de la responsabilité de la SNCF parce que moi je remets aussi la responsabilité à sa place. la première responsabilité, c'est quand même celle de la SNCF, qui a interrompu cette liaison vers le sud, vers Lyon, cette liaison ferroviaire, en 2019, prétextant des travaux à Lyon-Pardieu, et ayant décidé, sans concertation des élus locaux et des partenaires, d'interrompre cette ligne et donc de ne pas la réouvrir. À la fin des travaux, voilà ce qui s'est passé. Donc la responsabilité première, c'est la SNCF. Donc aujourd'hui, qu'est-ce qu'il fallait faire par rapport à cette responsabilité ? Il y a eu toute une mobilisation du territoire lorrain, sud-lorrain, dans son entièreté, pour justement réouvrir cette ligne. Nous avons au moins gagné ce combat, puisque en 2029, avec l'État, avec la SNCF, nous aurons donc un train d'équilibre de territoire qui pourra se mettre en place. Restez ! Qu'est-ce que l'on fait entre 2025 et 2029 ? Et nous, nous avons considéré en responsabilité les élus Meurthe-et-Moselland, le département et Nancy, qu'il fallait prendre notre part, faire un pas de côté, parce qu'effectivement, il ne s'agit pas du tout de compétences ni obligatoires du département, mais encore moins de ses compétences de manière plus générale, puisque là nous sommes sur une ligne d'intérêt national et qui aurait dû être prise en charge par l'État et la SNCF. Et donc en l'occurrence avec la région Grand Est, avec le département de Meurthe-et-Moselle, avec la métropole du Grand-Densine, nous avons considéré qu'il y avait quand même urgence à mettre un pied dans la porte, ouvrir cette ligne, qu'elle puisse s'ouvrir dès 2025. en attendant 2029.
- Speaker #1
Quelle est le budget que le département va mettre sur la table ?
- Speaker #0
Globalement, sur l'ensemble jusqu'en 2029, on sera sur à peu près 2 millions d'euros que nous assumerons. Moi, je suis consciente que c'est un effort du département, que c'est un pacte coté que nous faisons, mais je le fais dans l'intérêt général du territoire et dans l'intérêt général des habitants. pour leur éviter de faire le tour de la terre pour aller vers Dijon et Lyon, ce qui est malheureusement le cas aujourd'hui, puisque j'aurai un déplacement vers Lyon. Je ne pourrai pas faire dans mon aller-retour entre le premier jour et le deuxième jour. Je suis obligée de faire en voiture, parce qu'il était impossible là aujourd'hui de trouver les bons horaires pour pouvoir descendre.
- Speaker #1
Merci, Chéneski Rouni, présidente du département de Merté-Moselle, d'avoir participé à Sans Filtre. Merci d'avoir fait le déplacement ici à Metz. Je remercie nos partenaires Orange et Maison Bianchi pour leur partenariat et leur fidélité à nos côtés. Je vous donne rendez-vous en septembre prochain pour une nouvelle émission Sans Filtre.
- Speaker #0
Merci.