- Speaker #0
Parfois, on suit une voie qui semble logique, rassurante, presque évidente. Et puis, une autre envie s'installe, plus discrète au départ, mais persistante. Julie a commencé sa carrière comme comptable, un métier structuré, sécurisant, loin de l'univers créatif dans lequel elle évolue aujourd'hui. Pendant un temps, elle a mené deux vies en parallèle, la stabilité d'un côté, la passion de l'autre. Jusqu'au jour où elle a choisi de faire confiance à son regard, à sa sensibilité, et de devenir... photographe pour entrepreneur. Dans cet épisode, on parle de reconversion, de choix, de légitimité, de concurrence et de la place de l'humain dans un métier en pleine évolution. Je suis très heureuse de recevoir Julie dans La Toulonnaise. Salut Julie, je suis super contente de t'accueillir sur le podcast de La Toulonnaise.
- Speaker #1
Oui, on s'y fait envie.
- Speaker #0
Julie, pour commencer, est-ce que tu veux bien te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Je m'appelle Julie, j'ai 31 ans et du coup avant j'étais comptable. Aujourd'hui je suis photographe pour les indépendantes.
- Speaker #0
Depuis combien de temps ?
- Speaker #1
4 ans, 5 ans, 4 ans, 5 ans, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
Aujourd'hui on va plutôt parler business dans cet épisode, mais avant ça j'aimerais bien te demander, au-delà de ton métier, qui es-tu ?
- Speaker #1
Très bien, j'aime beaucoup cette question. Parce que souvent on pense qu'on doit laisser le côté perso à la perte d'un taux de déconfessionnel, alors que moi j'aime bien dire qu'il y a les deux. Et que les deux sont ensemble. Donc moi, au-delà du business, mais même dans mon business, on va dire que je suis quelqu'un d'assez humain, d'assez introverti aussi, contrairement à ce qu'on peut penser. J'adore être seule. Et du coup, j'ai ces deux côtés qui sont un peu opposés,
- Speaker #0
mais qui font partie de toi.
- Speaker #1
Moi, quoi. Mon mec me dit parfois que je suis très dans les extrêmes, mais ça ressemble un peu à qui je suis. Les extrêmes. Je ne fais pas trop de photos hors travail.
- Speaker #0
D'accord. Ok. Donc, tu veux dire que ce n'est pas une passion genre dévorante, quoi ?
- Speaker #1
Non. Tout le monde me dit, quand tu fais ton métier de passion, je suis là. Ma passion, ce n'est pas un taux, c'est les gens. D'accord.
- Speaker #0
Oui, mais c'est un outil, du coup.
- Speaker #1
Voilà. La photo, c'est mon outil.
- Speaker #0
Alors, avant la photo, il y avait la comptabilité, du coup. Et qu'est-ce qui t'a menée vers ce premier métier ?
- Speaker #1
Ça remonte à loin.
- Speaker #0
Du coup, tu as été comptable pendant combien de temps ?
- Speaker #1
Je pense qu'en tout, j'ai dû faire sept ans.
- Speaker #0
Ok. Ok, et c'était une vocation ?
- Speaker #1
Non, ce n'était pas une vocation. C'est qu'en tant que très bonne élève, j'ai suivi un peu mon cursus. Parce que du coup, à l'époque, ceux qui savent, savent. J'ai fait STG, donc option compta, gratuit.
- Speaker #0
Ah non, moi j'ai fait option marketing, il ne faut pas déconner. Moi,
- Speaker #1
je pensais qu'il n'y avait plus de place en communication marketing. Donc on m'a dit, ah bah il reste de la place en compta, donc tu feras de la compta. Tu dis, ok. Sauf que j'ai appris des nouvelles choses, management, tout ça.
- Speaker #0
Bien sûr, oui.
- Speaker #1
et tout ça et en fait j'ai bien aimé apprendre des nouvelles choses et management et j'ai kiffé et en fait du coup après j'ai fait un BTS content en me disant bah c'est la continuité quoi ouais et puis si j'y arrive pas je ferai un BTS comme tu vois sauf que vu que je réussissais plutôt bien mes études et je réussissais plutôt tout ce que j'entreprenais tu vois bah j'ai fait BTS puis après j'ai fait une licence en alternance puis après j'ai fait euh Merci. Une deuxième licence en alternance. Puis après, je me suis dit, ce n'est pas ce que je vais faire. Donc, je vais faire un master en alternance. Un master. Et puis après, je me suis dit, en fait, ça me fait chier. Donc, j'ai signé un CDI. Et puis, j'ai dit, au bout d'un moment, en fait, non. Et puis, du coup, je suis partie en Australie.
- Speaker #0
Alors, attends, je n'avais pas cet épisode Australie en tête. Mais est-ce que c'est là que la photo est rentrée dans ta vie ou pas du tout ?
- Speaker #1
Elle est rentrée bien avant la photo.
- Speaker #0
OK. Donc à quel moment elle est rentrée dans ta vie la photo ?
- Speaker #1
En fait mes parents ont toujours fait de la photo un peu. Donc quand on entreprend on creuse vachement ce qui s'est passé dans nos vies, notre éducation etc. Et d'où je me suis rendu compte que mes parents faisaient pas mal de photos. Et quand j'étais petite ma meilleure amie et moi pour s'amuser on faisait des photos aussi. Et ma meilleure amie elle avait toujours plein d'avarais photos, des trucs comme ça. Donc c'était trop cool, on se déguisait, on se maquillait, on faisait ça pour le fun.
- Speaker #0
Ce qui manque un peu parfois je trouve, surtout à nos âges. Du coup, on veut absolument que la photo soit belle ou être belle dessus. On ne veut plus le fameux qu'il y a derrière.
- Speaker #1
Et ce que j'aime bien dire avec les hantos, c'est qu'en fait, c'est à mon moi-soi aussi. On n'est pas là pour te faire du parfait.
- Speaker #0
Oui, ça peut faire plaisir aussi à la petite fille intérieure.
- Speaker #1
Mais même à la femme !
- Speaker #0
Oui, oui. Se mettre du maquillage, des petites paillettes ou chercher ces petits outils qu'on va utiliser pour les photos,
- Speaker #1
c'est fun. Et du coup, en fait, quand je suis partie en Australie, juste avant, j'ai acheté mon premier appareil photo.
- Speaker #0
Donc l'Australie, ça a quand même été un déclencheur de la photo.
- Speaker #1
Oui, en partie. Ma mère m'a dit, c'est bon, tu as trouvé le taf que tu veux faire. Je dis, mais non, il n'y a pas de place pour être photographe. Tout le monde veut être photographe. Je ne vais jamais réussir à faire mon photographe. Et un jour, j'ai une fille que j'avais rencontrée qui faisait des petits pots kimchi. Je crois que ça s'appelait comme ça. C'est du chou-lapteau fermenté. D'accord. J'ai peut-être pas doué le bon nom, mais bref. Et du coup, elle se reconvertissait. Elle m'avait demandé de faire des photos portrait d'elle. Je dis, j'en ai fait, mais pourquoi ?
- Speaker #0
Avec plaisir, oui.
- Speaker #1
Et du coup, ça a été mon premier que j'ai vendu 50 ans.
- Speaker #0
Normal, oui.
- Speaker #1
Et en fait, de là, je l'ai posté et tout le monde me dit « Ah, mais je ne savais pas que tu faisais ça » . Et j'ai commencé à avoir d'autres contrats. Donc, portrait pour les femmes, etc. Et au fur et à mesure, en fait, j'ai eu de plus en plus de demandes. Et donc, je suis un peu allée creuser un peu plus qu'est-ce que je voulais faire réellement avec ça. Pour qui et comment. Donc, après, j'ai découvert le personal branding.
- Speaker #0
Donc, en 2022, tu factures tes premiers portraits.
- Speaker #1
Ouais. Et du coup, en même temps, je me crois habitant. Content.
- Speaker #0
Ok, à côté de ça, tu reprends un mi-temps, Quentin.
- Speaker #1
Du coup, j'étais en couveuse d'entreprise avec ma première associée. Et notre contrat se terminait. Elle était sortie, moi j'étais restée. Et du coup, mon chômage s'arrêtait, la couveuse s'arrêtait. Et du coup, c'était un peu comme un nouveau départ.
- Speaker #0
Oui, complètement.
- Speaker #1
J'avais trop peur de ne pas avoir un revenu. Parce que je voyais bien que ça marchait là. Et je me suis dit, quitte à faire quelque chose que je n'aime pas... Je préférais savoir ce que je fais et être payée correctement pour. Donc,
- Speaker #0
j'ai repris un mi-temps de comptabilité. Et au début, ça m'a fait énormément de bien. Et ça m'a permis de consolider pendant deux ans vraiment ce que je voulais faire, avec qui je voulais le faire, comment je voulais le faire. Et comment on vit une double vie comme ça, où on veut et en même temps se lancer et mettre toute son énergie dans une activité qui nous fait vibrer, j'imagine. Et en même temps, le salariat qui est forcé quand on a besoin d'être rémunéré.
- Speaker #1
Il y avait une question de rémunération, mais il y avait aussi une question d'humain. Je me levais presque plus le matin parce que j'étais seule. Tu vois, le côté seule de l'entreprenariat, moi, ça m'a beaucoup affectée. Et en fait, j'ai repris à mi-temps. Déjà, un, j'ai repris confiance en moi parce que je faisais quelque chose que je savais faire, pour lequel j'avais été formée. Ça, ça m'a fait énormément de bien, ma confiance en moi, mon mental et mon ego. Et j'avais une équipe, donc je pouvais discuter avec des gens, etc. Donc ça m'a quand même fait du bien.
- Speaker #0
Ça a duré deux ans. Évidemment, ça a commencé à tirer un peu, mais c'est qu'en fait, tu t'effuises. Et surtout, comment tu prends le temps de développer ton activité ? Parce qu'en fait, si je comprends bien, le salariat, toi, en vrai, ça te convient quand même. C'est juste que ce n'est pas créatif. C'est juste que ton domaine, il n'est pas créatif. Mais qu'en gros, ça peut te convenir parce qu'il y a une équipe, parce que tu te lèves, parce que tu te prépares. Et je suis d'accord que pour ça, l'entrepreneuriat, c'est quand même un point un petit peu faible.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Mais tu vois, aujourd'hui, même si je devais revenir au salariat, je ne referais jamais la temblan. OK. Parce que j'aime. Pas trop avoir la contrainte des horaires, tu vois.
- Speaker #0
Oui, parce que ça, c'est parce que t'as goûté à la liberté.
- Speaker #1
Ben alors ça, mais aussi parce que je pense qu'aujourd'hui, mon business, il marche bien et qu'en fait, je fais vraiment ce que je veux, comme je veux. La seule chose qui me manque un peu de temps en temps, c'est la rigueur de mes propres objectifs, tu vois, et ma propre stratégie. Alors que quand t'es salarié, on te dit tu fais A et je fais A, quoi.
- Speaker #0
Et à quel moment tu as décidé de te lâcher des deux mains et de te dire « Ok, là c'est bon, je peux y aller librement, je peux en fait démissionner. »
- Speaker #1
Du coup, en fait, il y a un moment donné en rentrant de vacances, je suis rentrée à la Tomta et je sentais que je ne me sentais pas vraiment à ma place. Et je rentrais, parfois j'étais fatiguée, je pleurais, j'en avais marre.
- Speaker #0
Tu as senti qu'il y avait un switch ? Oui, au bout de six mois, je savais que de toute façon, je ne pouvais pas refaire ça pendant des années.
- Speaker #1
Et du coup, je suis allée voir mon boss. Je lui ai dit, voilà, moi, là, vous le saviez déjà de toute façon que j'avais une entreprise à côté. Et là, je sens que j'ai besoin de tester à 100%,
- Speaker #0
mettre les deux pieds dedans, remettre les deux pieds dedans pour voir si ça marche.
- Speaker #1
Donc, le digne, c'est ça. C'est que je reste en partant un an, mais qu'au bout d'un an, on va oublier ses parties.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que la comptabilité t'a appris et qui te sert encore aujourd'hui ?
- Speaker #1
La rigueur.
- Speaker #0
C'est hyper drôle parce que j'ai plein de clients qui me disent, ah, c'est hyper professionnel, c'est hyper carré et tout.
- Speaker #1
Alors que moi... Tu vois, mon bureau, ma vie, je ne me trouve pas la plus carillonne, tu vois. Mais la compta m'a vraiment appris ce côté très rigueur, tu vois. Tu rentres dans mes dossiers, tu sais où tu vas.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça que tu as gardé.
- Speaker #1
Gérer sa compta, pour moi, c'est facile, tu vois. Même paroles en parlent avec des entrepreneurs, je leur donne des conseils et tout.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu as choisi la photo de branding, principalement, d'accord. Pourquoi avoir choisi cet axe-là ?
- Speaker #1
Ce n'est pas moi qui ai choisi, c'est elle qui m'a choisi. Ok, ok.
- Speaker #0
C'était un signe de la vie ?
- Speaker #1
Tu vas demander un jour un portrait. Et j'ai dit ok. Et puis après, c'est d'autres entrepreneurs qui m'ont dit « Ah, le mot aussi, j'ai devant mes réseaux sociaux et tout. » J'ai fait « Ok. » Et puis après, petit à petit, j'ai appris ce que c'était le personnage à vrôler. Mais au départ, je ne savais même pas ce que c'était. Et au long du temps, je ne l'utilise même plus parce que c'est un mot qui est utilisé à tort et à travers, que la moitié des gens connaissent, complètement bon prêle. Et du coup, je préfère dire que je fais des photos pro. mais qui ne sont pas vraiment pros à l'image de ce qu'on appelle du corporate. Je n'ai pas encore trouvé le nom.
- Speaker #0
Ça viendra.
- Speaker #1
Mais ça viendra. Du coup, c'est vraiment un mélange entre le corpo, le personal branding et du coup, le lifestyle.
- Speaker #0
Et c'est quoi qui te plaît le plus dans cette partie-là ?
- Speaker #1
Apprendre à les connaître, leur faire comprendre qu'en fait, elles sont bien plus que ce qu'elles pensaient et leur montrer qu'elles peuvent faire bien plus que ce qu'elles pensaient aussi. Et vraiment remettre... C'est pour ça que je travaille non-co avec des femmes. Je n'ai aucun problème à travailler avec des hommes. Mais souvent, les femmes viennent à moi et du coup, voir qu'après le shooting, elles vont oser faire plus et qu'elles s'amusent à utiliser leurs photos, qu'elles ont plein d'idées, qu'elles m'envoient des messages. Ah, c'est trop bien, j'ai connu super retour et tout.
- Speaker #0
Elles gagnent en confiance. Ouais.
- Speaker #1
Elles ont confiance, en affirmation. Et puis souvent, en fait, après, elles reviennent.
- Speaker #0
C'est dur de passer le cap, mais je pense qu'une fois que tu as passé le cap, tu prends un shot de kiff, quoi. Le kiff de confiance. C'est ça.
- Speaker #1
C'est des clientes qui avaient du mal à faire un premier pas. Et du coup, aujourd'hui, elles reviennent souvent quand je fais mes demi-journées parenthèses et tout. Et j'en dis, elles sont venues une fois, deux fois. Parfois, elles prennent même pour elles un type perso, tu vois, après.
- Speaker #0
Selon toi, qu'est-ce qu'une bonne photo branding ?
- Speaker #1
Une bonne photo ou des bonnes photos, c'est des photos où tu te retrouves, qui te ressemblent et qui ressemblent aussi à la posture que tu veux avoir dans ton business. Ça ressemble au message que tu veux faire passer. Ça ressemble aussi à ta DA. Ça, c'est un habit très personnel, mais tu n'es pas toujours aussi obligé d'avoir les couleurs de ton branding.
- Speaker #0
Et tu dirais que tu photographies plus des personnes ou des histoires ?
- Speaker #1
C'est vraiment des personnes. C'est une personnalité que je photographie.
- Speaker #0
Le milieu de la photographie aujourd'hui, il est hyper concurrentiel. Comment tu te positionnes, toi, là-dedans ? J'ai eu plusieurs phases.
- Speaker #1
voilà voilà non en gros au départ j'étais un petit bisounours tout gentil tout mignon qui pensait que dans le monde entrepreneurial féminin tout le monde s'aimait alors qu'en fait pas du tout genre on m'a un peu tapé dessus tu vois au début j'ai pas trop compris tu vois t'as un truc pour bicher ? t'as une petite anecdote ? les deux j'ai à mes tout débuts je voulais faire de la photo culinaire et du coup j'avais inconsciemment réutilisé les mots d'une autre photographe que j'adorais et que j'estimais énormément Et du coup, elle m'était un peu rentrée dedans. J'ai soufflé dans les bronches en me disant, ça, c'est des mots que j'utilise moi et que je ne peux pas utiliser toi parce que c'est mes mots, entre guillemets. J'avais dit, écoute, je suis désolée, je n'ai pas fait exprès. Donc, pas de souci, j'enlève. Et j'avais trouvé ça hyper dommage parce que je pense...
- Speaker #0
La place pour tout le monde, en plus. C'est tellement spécifique, la photo culinaire. Ouais, je m'étais dit,
- Speaker #1
on peut faire les trucs ensemble. Moi, j'étais vraiment dans le truc, plus on est fou, plus on rit. Donc ça m'a déjà un peu secouée. Et en fait, il y a deux ans bientôt, il y a une autre photographe que j'estimais aussi beaucoup, j'adorais son travail, qui m'a appuyé le plagiat en me disant que j'avais fait une même offre qu'elle. Ce qui était faux, c'était venu un peu par hasard, suite à un accompagnement.
- Speaker #0
Ok, mais même si c'est le cas, j'ai envie de te dire, les offres, en tout cas sur du branding, elles se ressemblent sensiblement ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
On ne peut pas vraiment dire que c'est du... plagiat, tu vois, c'est comme un restaurateur qui dirait un autre restaurateur, non mais en fait tu fais le même plat que moi, mais en fait c'est une possibilité,
- Speaker #1
tu vois donc en fait, du coup ça a duré un moment cette histoire ça t'a contrarié ? ça m'a pas contrarié, ça m'a foutu en rogue ça m'a brisé un peu ma confiance en moi au rapport que j'avais avec les autres photographes du coup je pouvais plus me voir les photographes tous les photographes qui s'abonnaient à mon compte je les retirais, c'était plus ben ouais, Red Samo, Kero Cool ! Ça m'avait émotionnellement beaucoup trop affectée. D'accord. Et en plus, moi qui ai une forte... La justice, c'est très compliqué pour moi. Je trouvais que c'était hyper injuste ce qu'elle faisait. Et en plus, j'avais l'impression qu'elle en parlait à d'autres gens. Et que ce n'était pas justifié. Que ce n'était pas fait exprès. Puis en fait, on s'en fout, on ne fait pas les mêmes photos.
- Speaker #0
Puis vous n'êtes pas au même endroit, vous n'étiez pas au même endroit.
- Speaker #1
Puis même si on avait été au même endroit, ce n'est pas accalable. Je ne dis pas, moi, il y a des clientes qui font des photos avec d'autres photographes, alors j'aimerais aller faire ma photo. Ouais, ça fait chier. Ben, ce n'est pas grave. Et aujourd'hui, après avoir fait un accompagnement... justement pour travailler ma confiance en moi ça arrive à côté de mindset et business donc personal branding aussi du coup je suis un peu plus ok avec ma confiance. Est-ce que tu dirais que c'est facile de vivre de la photographie aujourd'hui ? Non en vrai j'ai pas de réponse à cette question, moi aujourd'hui je vis pas encore de ce que je dégage pas encore le chiffre d'affaires que j'aimerais pour me rémunérer comme j'aimerais vivre ma vie tu vois mais moi j'ai peut-être besoin de plus que quelqu'un d'autre ou de moins que quelqu'un d'autre donc en fait ça dépend vraiment de chaque personne Et après, je pense qu'il y a un vrai truc à travailler chez les photographes. En fait, on a tellement dit, comme les illustrateurs, les créatifs, les artistes, etc. On a tellement dit que tout ce qui est créatif, ça ne rémunère pas. Et surtout avec la montée en puissance de l'IA, tu vois. Je pense qu'il y a vraiment une croyance inconsciente de tous les créatifs, les photographes y compris, qu'il faut un peu se battre pour faire sa place et vivre de son business. Mais en fait, c'est tous les business. Ce n'est pas que la photo.
- Speaker #0
Justement, l'arrivée de l'IA, ça t'inspire quoi ? La peur, la curiosité, les opportunités ?
- Speaker #1
Je n'ai pas spécialement peur de l'IA. même si là récemment on m'a dit les photographes sont morts parce que du coup avec Lya on peut faire nos propres photos personnelles ouais complètement c'est un peu à ça que je pensais toi t'en penses quoi de ça ? alors j'ai vu ce que ça rendait j'en ai discuté avec une fille qui l'a aussi généré et j'avoue que je trouve ça bluffant et je me suis dit est-ce que je le ferais pour moi alors après je suis un peu biaisée parce que c'est mon taf tu vois mais moi je fais un shooting par an pour moi-même et je me dis bah je peux comprendre que on a envie de le faire parce que du coup c'est rentable du coup ça va vite si t'as des idées tu sais faire un prompt ouais mais c'est pas vraiment toi mais en même temps je trouve que c'est pas toi et que le shooting c'est pas juste des photos ça reste vraiment un moment à soi en fait c'est un investissement personnel et professionnel et c'est bien plus qu'une photo et du coup je me dis si c'était vraiment qu'une photo je pense que les photographes n'existeraient pas il n'y aura quand même pas l'émotionnel dans l'IA dans les photos d'IA. Et en fait, je pense que du coup, c'est là aussi où les photographes vont avoir un travail à faire au niveau du personal branding. Tout ce qui est photos, produits, etc. Ça, c'est encore un autre sujet. Mais en tout cas, pour le personal branding, il va y avoir un avant et un après-hier. Moi, c'est aussi pour ça que je fais des accompagnements photos et pas juste des photos.
- Speaker #0
De toute façon, c'est ça. C'est le lien, c'est l'humain, c'est la connexion. C'est tout ce que l'IA ne pourra jamais t'apporter finalement.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ton plus gros défi aujourd'hui en tant que photographe indépendante, tu dirais que c'est quoi ?
- Speaker #1
Ma santé mentale ! Non, enfin si, je pense qu'il y a ça. Parce que je suis très dans les hauts et je peux être très dans les bas aussi. Et on va dire que je vais plutôt parler de mon objectif 2026. Là j'ai acté enfin que j'ai des chefs d'entreprise parce que j'ai envie de changer de statut. Et j'ai envie d'évoluer et du coup j'ai plus de frais. Donc la casquette de comptable, la comptable en moi ressort. Et en fait je me dis ok, là j'ai envie de vraiment... avoir un business rentable et qui soit au service de ma vie et non pas l'inverse. Je pense que c'est plutôt ça mon plus gros défi, c'est vraiment d'avoir un business au service de ce que je veux faire dans ma vie perso et pas l'inverse.
- Speaker #0
Quel est le compliment client qui t'a le plus marqué ?
- Speaker #1
En vrai j'en ai plusieurs, un jour j'ai une femme qui m'a dit qu'elle n'aimait pas ses dents donc elle ne voulait pas sourire parce que du coup sa maman avait pris quelques médicaments quand elle était enceinte qui ont fait que du coup elle avait... elle l'impression d'avoir les dents un peu décolorées et du coup je lui ai dit souris, vis et si tu les aimes pas tu les prendras pas et au fur et à mesure du shooting elle a vraiment réussi et quand elle a reçu les photos elle m'a remercié parce qu'en fait je l'avais réconcilié avec son sourire donc j'ai trouvé ça hyper beau tu vois et c'est ça aussi la puissance des photos je suis pas photographe thérapeute je pourrais pas apporter ce déclic à tout le monde parce que dans mon approche je le fais pas spécialement au fur et à mesure bah oui parfois ça marche parfois ça marche pas comme ça tu vois mais du coup je pense que c'est l'un des plus beaux compliments qu'on ait pu me faire j'ai réconcilié pas mal de femmes avec leur image donc ça c'est trop beau et puis quand elles m'envoient des messages en me disant ah mais j'ai plein d'idées pour mon contenu j'aime trop les utiliser ça me fait trop kiffer j'ai que des bons retours ou même genre j'ai réussi à avoir des contrats j'ai plus de visibilité ou plus de leads entrant dans ma com aujourd'hui parce que j'ai des photos qui me ressemblent vraiment
- Speaker #0
Il y a les petits déclips perso et après il y a tout ce que j'arrive à faire professionnellement que je trouve trop bien. Bon tu sais qu'ici on est sur la toulonnaise donc il y a forcément une petite partie qui évoque Toulon. Oui. Pourquoi t'as choisi Toulon pour exercer ? J'ai pas choisi. Parle-moi. Non mais ça on va pas le dire. C'est Toulon que t'as choisi.
- Speaker #1
Non en fait mon père il vit à Toulon depuis une bonne grosse dizaine d'années donc je venais souvent. Et en fait, quand je me suis reconvertie, j'ai fait mon stage ici. Et c'était en Australie, le Covid, tout ça. Donc, je n'étais pas hyper bien mentalement. Et en fait, ici, le fait d'avoir de la lumière. C'est aussi pour ça que je travaille en lumière naturelle. Ça m'a fait que j'adore le ciel, j'adore la lumière, tu vois. Ça m'a fait tellement de bien que je me suis dit, pourquoi retourner à Lyon ? Tu viens ici,
- Speaker #0
en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et quel est le lieu que tu préfères pour shooter, alors, ici ?
- Speaker #1
J'adore le parc de Chalucé.
- Speaker #0
Oui, j'avoue que c'est...
- Speaker #1
Franchement...
- Speaker #0
Beau bâtiment, pas de verdure, ciel bleu.
- Speaker #1
Il y a toutes les ambiances. On y retrouve vraiment toutes les ambiances. Moi, j'adore photographier en extérieur.
- Speaker #0
Si Toulon était une photo, elle ressemblerait à quoi ?
- Speaker #1
Très bonne question. Je pense que je ne peux pas faire une photo.
- Speaker #0
Ce sera un patchwork de photos alors ?
- Speaker #1
Oui. Je pense qu'il y aurait un mix entre des paysages, tu vois, de mer et de montagne, et un petit peu dans les rues de Toulon avec quelques spots de café, de bonne bouffe, de mouvements.
- Speaker #0
De gens, tout ça.
- Speaker #1
Oui. Je pense que ce sera un mix entre ça. Je ne dirais pas sur le port parce que ce n'est pas le lieu que je préfère, tu vois, mais je pense que Toulon, c'est ça. C'est la vie des gourmands et des gens heureux, un peu, tu vois. Oui.
- Speaker #0
De plus en plus, oui.
- Speaker #1
Moi, quand je fais le tour de Toulon à des gens qui ne connaissent pas, j'ai toujours mes petites adresses. Du coup, je leur fais un petit... Ouais, voilà. En fait, si Toulon devait être une photo, ce ne serait pas une photo, ce serait une carte pour moi, tu vois.
- Speaker #0
Comment tu imagines la suite pour toi ?
- Speaker #1
En vrai, toujours mon business au service de ma vie. Pouvoir boire toujours autant de café avec des gens et passer des moments qualitatifs en ayant un business... pas qui roule tout seul, tu vois, mais où je me dis ok, je peux le faire, il n'y a pas de soucis, tu vois. Je ne suis pas contrainte à devoir gagner de l'argent pour gagner de l'argent parce que je ne peux pas me payer un paquet de pattes, tu vois, ça, c'est pas l'objectif. Mais là, du coup, à long terme, j'aimerais vraiment développer la partie journée photo avec d'autres personnes que je fais avec les parenthèses où du coup, je lis la partie personne n'a vendu une photo plus une thématique genre conseiller en images. ça peut être communication etc j'aimerais aussi à terme créer un co-living parenthèse pour faire rencontrer les gens ça j'ai toujours un peu peur de le faire pour l'instant c'est toujours pas sorti mais j'en parle beaucoup c'est toujours pas acté le truc mais j'en parle et être la photographe d'accompagnement business féminin où du coup moi j'interviens sur ce que je fais déjà mais j'aimerais faire pour d'autres aussi des accompagnements dans la partie transformation de la personne, genre qu'elle se voit à la fin de son accompagnement en se disant, ok, ça c'est moi maintenant, c'est ma posture et j'ai quand même beaucoup évolué.
- Speaker #0
Oui, changer de regard. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Peut-être qu'à long terme, moi-même, créer des accompagnements pour les femmes où elles se voient se transformer et qu'on se fasse un shooting pour leur boîte à la fin.
- Speaker #0
Et justement, quel conseil tu donnerais à une femme qui rêve de se convertir mais qui n'ose pas ?
- Speaker #1
De toute façon, rien n'est jamais perdu. Si elle a peur, c'est toujours bien de bien préparer la chose. Si c'est quelqu'un qui a besoin de stabilité, de sécurité, etc., c'est quand même bien d'essayer de voir si elle ne peut pas avoir une réunion conventionnelle, voir avec Pôle emploi à quoi elle a droit, si elle se reconvertit, mettre de côté pendant un temps pour être sûre.
- Speaker #0
Préparer sa sortie.
- Speaker #1
Voilà, préparer sa sortie si du coup, elle a besoin et qu'elle a besoin d'être en sécurité. Si c'est quelqu'un qui est un peu en mode one life, je pense que le problème ne se pose pas. Pardon, je pense qu'elle a déjà acté le fait qu'elle allait changer sa vie. Mais du coup, le conseil que je donnerais, c'est oser. De toute façon, on peut toujours faire autre chose, tu vois, ou retrouver quelque chose après si on voit que ce n'était pas fait pour nous ou quoi. Du coup, de toute façon, on apprend toujours énormément. Être prêt à travailler sur soi. Parce que pour moi, l'entrepreneur, c'est beaucoup aussi d'introspection. Pas toujours agréable, mais nécessaire.
- Speaker #0
Les remises en question s'en servent.
- Speaker #1
Voilà, et s'entourer. Genre, commencer à voir avec qui elle pourrait, avec quel bassin elle peut trouver d'autres entrepreneuses comme elle. Vraiment s'entourer, je pense que c'est la base.
- Speaker #0
Julie, on arrive à la fin de cet épisode. Je t'ai réservé un petit quiz, d'accord ? Donc, c'est quelques questions avec des réponses spontanées. Argent ou liberté ? Liberté. Mer ou ville ? Une émotion que tu adores photographier ?
- Speaker #1
La joie.
- Speaker #0
Ton indispensable sur un shooting ?
- Speaker #1
Mes cartes d'oracle.
- Speaker #0
Une entrepreneur qui t'inspire ?
- Speaker #1
Charles Alluber.
- Speaker #0
La chose que tu dis le plus à tes clientes ?
- Speaker #1
Respire.
- Speaker #0
Ton quartier préféré de Toulon ? Claré, parce que j'y vis. Ton resto préféré ? J'en ai deux. Donne les deux. Lousteau. Et le Santa Rosalia. Une qualité indispensable pour entreprendre. La persévérance. Ton plus gros défaut quand tu travailles.
- Speaker #1
La procrastination.
- Speaker #0
Le meilleur conseil qu'on t'ait donné. D'être soi-même. Ce que la photo t'a appris sur toi.
- Speaker #1
Mémé.
- Speaker #0
Si tu pouvais déléguer une seule tâche à vie, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Une seule tâche à vie. Trouver les lieux de shooting.
- Speaker #0
Si tu devais résumer ton parcours en un mot ?
- Speaker #1
J'ai le mot en anglais.
- Speaker #0
Vas-y.
- Speaker #1
Genre bold.
- Speaker #0
Une photo que tu rêves encore de faire ?
- Speaker #1
Je rêve de faire du nu.
- Speaker #0
Et quelle femme tu souhaiterais voir au micro de La Toulonnaise ? Camille de chez Aetherdale. Merci beaucoup Julie de nous avoir partagé toute ton expérience. Je te dis à très bientôt et je te souhaite une bonne continuation.