- Speaker #0
Lou n'a pas suivi le chemin classique. Elle a arrêté l'école à 16 ans. Elle rêvait de maquiller les femmes sur les plateaux télé, d'être dans l'ombre, mais déjà au contact des autres. La vie l'amène ensuite dans la restauration, puis la vente. Des métiers de terrain, humains, où l'échange est essentiel. Plus tard, elle reprendra le chemin de l'école pour travailler aux côtés de sa maman dans un cabinet de conseil en ressources humaines. Mais Lou est profondément intuitive, avec un grand cœur. Elle a besoin de liens, de présence, de sentir les choses. Alors le jour où sa maman lui parle d'une boutique à vendre en plein centre-ville de Toulon, Lou le sait immédiatement. Cette boutique est pour elle. Je suis très heureuse de recevoir Lou dans La Toulonnaise. Salut Lou !
- Speaker #1
Salut Alizé !
- Speaker #0
Je suis super contente de te recevoir.
- Speaker #1
Moi aussi, merci beaucoup.
- Speaker #0
Avant de commencer, est-ce que tu veux bien te présenter Lou en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Ok, donc moi c'est Lou, j'ai 27 ans. Juste avant d'avoir la boutique, j'étais assistante de direction dans un cabinet de conseil et formation. Et du coup, ça va faire un peu plus d'un an que j'ai racheté la boutique et que je me suis lancée à mon compte.
- Speaker #0
Trop bien ! Si tu devais décrire ton univers en quelques mots, tu dirais que c'est quoi ?
- Speaker #1
Poétique, cocooning et bienveillant.
- Speaker #0
Ça te ressemble assez chaud. En tout cas, de ce que tu partages, ça te ressemble assez.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Du coup, tu disais que tu étais dans un cabinet de conseil.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu veux bien nous en dire un petit peu plus ?
- Speaker #1
Alors, rapidement, je travaille avec ma maman, qui a un cabinet de conseil et formation, qui est une spécialiste de la gestion de crise en entreprise. Donc, dès que c'est un peu le feu quelque part, c'est elle qu'on appelle. Elle fait beaucoup de coaching, de formation, de médiation. En fait, ça touche à tout ce qui est relations humaines en entreprise, au travail. Donc beaucoup de formation de manager, de coaching de dirigeant, des équipes, etc. Pour que les gens soient plus heureux de travailler ensemble.
- Speaker #0
Et toi, c'était une vocation de travailler dans ce cabinet-là avec ta maman ?
- Speaker #1
Alors, pas du tout. À la base, mon rêve, c'était d'être maquilleuse professionnelle sur les plateaux de cinéma.
- Speaker #0
Gros 360.
- Speaker #1
Gros 360, absolument rien à voir. Et puis en fait, mon parcours a fait que tout simplement, ça ne s'est pas fait. Ce n'était pas mon chemin. Et donc, après mon école de maquillage, j'ai pas mal travaillé, dont dans une boutique de cosmétiques à Marseille. Et puis, en fait, j'étais arrivée au bout du truc. J'en avais marre de mon job, d'être une simple vendeuse. Ça ne m'animait plus du tout. Et puis, en fait, j'ai voulu reprendre des études. Voilà, parce que je n'en avais pas fait, que je n'avais pas de diplôme et que c'était important pour moi. D'avoir un diplôme et de me prouver que j'étais capable, parce que j'avais un parcours un peu chaotique à l'école. Donc voilà, c'était important pour moi et pour mon estime de moi de me prouver que j'étais capable. Et donc, j'ai fait un bachelor en alternance. Et donc, c'est ma maman qui m'a pris dans son cabinet un bachelor en management chez Kedge, dans une école de commerce. Et voilà, c'est comme ça que j'ai atterri. dans le cabinet de conseil de format. Comme ma maman. Et c'est vrai que ça m'a appris une certaine discipline.
- Speaker #0
Et tu dirais que cette discipline, elle t'a appris pour le magasin ? Ça t'a servi ?
- Speaker #1
Sur certaines choses, oui. Parce que quand tu es à ton compte et que tu gères une boutique, il faut que tu sois carrée sur certaines choses.
- Speaker #0
Bien sûr, oui.
- Speaker #1
Et que tu prennes l'habitude, notamment sur de la paperasse, par exemple. Il faut que tu... Tu n'as pas d'autre choix que d'être carrée. Ça dépend que de toi. Donc, oui, ça, pour le coup, ça me rend service.
- Speaker #0
On est passé à deux 360 parce qu'il y a eu, du coup, ce que tu voulais faire, ce que tu as vraiment fait avec ta maman. Et du coup, tu as refait un 360 avec le magasin.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
complètement. Alors, explique-nous comment c'est arrivé à toi, cette boutique.
- Speaker #1
Cette boutique, elle est arrivée à moi d'une manière un peu comme ça. Je m'y attendais. Vraiment pas du tout. Donc, c'était l'été 2024. Et en fait, si tu veux, ma maman, elle avait repéré sur Instagram une pub avec une marque de colliers. D'accord, voilà. Et donc, elle s'est dit mais waouh, ces colliers, ils sont trop beaux. J'aimerais bien les voir en vrai. Et donc, elle tape sur Internet la marque de ces colliers-là, tu vois. Et puis, où est-ce qu'elle peut les trouver à Toulon ? Et donc, elle tombe sur l'alchimie qui était à la base donc... Une boutique tenue par Valérie, l'ancienne propriétaire. Et donc, la voilà fraîchement débarquée à la chimie pour acheter son petit collier et tout ça. Et donc, le feeling avec l'ancienne proprio passe vachement bien. Elle repart avec non pas un collier et deux colliers. Et puis en fait, si tu veux, au moment de sortir de la boutique, elle voit sur la porte d'entrée un petit bout de papier avec écrit « Droite au bail à vendre » . Et donc, elle se retourne et elle lui dit, mais ah bon, vous vendez, comment ça se fait et tout ça ? Et donc, Valérie lui explique qu'elle a un autre projet professionnel, qu'elle avait déjà tenu des boutiques auparavant, qu'elle a fait un peu le tour du truc, qu'elle a envie d'autre chose et que du coup, elle cherche quelqu'un pour reprendre. Et donc, elle explique à un moment que cette boutique n'a toujours été tenue que par des femmes historiquement et donc qu'elle a à cœur. que ce soit une femme qui reprenne et tout ça et donc ma maman sort de la boutique et elle m'appelle et elle me dit bon écoute ma chérie, je sors d'une boutique à Toulon, j'ai eu un super feeling avec l'approprio viens voir,
- Speaker #0
je pense que j'ai trouvé quelque chose pour toi je me dis ok t'avais envisagé le fait de pouvoir acheter une boutique et d'être commerçante ? Est-ce que c'est quelque chose que tu avais envisagé, toi, dans ta vie ?
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
C'était quelque chose qui te beautait ?
- Speaker #1
Oui, et je me rappelle même d'un jour, tu sais, où je travaillais encore chez Kiko à Marseille et où on était dans un espèce de jus, il y avait plein de monde, ça se passait assez mal avec l'équipe. Et je me revois à ce moment, je ne sais plus ce que je suis en train de faire, je suis en train de ranger un truc et je me dis, putain, Lou, un jour, tu auras ta boutique. Un jour, tu travailleras pour toi, tu vois. Quelque part, je pense que je l'ai senti, tu vois, j'ai dû le manifester.
- Speaker #0
Oui, c'était en toi. En tout cas, ce n'était pas exclu qu'un jour, tu puisses avoir ta boutique.
- Speaker #1
Pas du tout. Et donc, le lendemain, en fait, après la visite de ma maman à la boutique, j'y suis allée, je suis allée voir. J'ai fait mon tour, j'ai discuté avec Valérie. Et je lui ai dit, écoutez, envoyez-moi vos bilans. Je vais voir avec mon banquier et on se tient au courant.
- Speaker #0
Tu avais eu un coup de cœur pour la boutique ?
- Speaker #1
Carrément. Vraiment un coup de cœur. Je trouve que de suite, quand je suis rentrée, j'ai ressenti un truc assez particulier.
- Speaker #0
Il y a une âme dans cette boutique.
- Speaker #1
Elle a une âme, il y a une énergie qui est particulière. Elle a une histoire. À la base, c'était un repère de peintres. C'était un magasin de peinture. On en avait discuté. Tu vois, il y a Pablo Picasso qui est passé par là.
- Speaker #0
Incroyable.
- Speaker #1
Moi, quand je suis dans cette boutique, je me sens vraiment bien.
- Speaker #0
Tu te sens à ta place.
- Speaker #1
Je me sens chez moi. Je me sens presque mieux à la boutique que quand je suis chez moi. Le soir, je rentre. J'ai hâte d'être au lendemain.
- Speaker #0
Tu es vraiment animée.
- Speaker #1
Oui. Et voilà, d'ailleurs, c'est ce que je dis souvent, je n'ai jamais été aussi heureuse que depuis que je suis là.
- Speaker #0
Comment tu rentres ? Qu'est-ce qui se passe dans ta tête quand tu te dis « Ok, là, j'ai peut-être une opportunité d'une nouvelle vie, en fait ? »
- Speaker #1
Je sais qu'à partir de ce moment-là, je sais que ma vie va changer. Je sais que quelque chose de nouveau arrive pour moi. Et je sais qu'entre guillemets, ça va être mon moment parce que pendant des années, je me suis cherchée. J'ai fait... Si tu veux, la vingtaine, ça a été assez compliqué pour moi parce que je me demandais tout le temps professionnellement ce que j'allais pouvoir faire, qu'elle allait m'animer, qu'elle allait me faire vibrer, quelque chose qui allait avoir du sens.
- Speaker #0
Tu te remets en question à chaque fois.
- Speaker #1
Mais depuis que j'ai mis un pied dans le monde du travail, je me dis que j'ai envie de faire un boulot qui fait sens, où je suis heureuse d'aller travailler. où je me sens utile, où je fais un truc qui est au service, tu vois. Voilà, où j'apporte ma petite contribution au monde et aux autres, quoi, tu vois.
- Speaker #0
Et tu dirais que depuis que tu as la boutique, du coup, ce n'est plus quelque chose qui te traverse ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Tu te sens à ta place ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oh, c'est trop bien.
- Speaker #1
Oui, oui. C'est vraiment la première fois de ma vie où je sens que je suis à la bonne place et où je sais que je suis légitime d'y être.
- Speaker #0
Comment ça se passe ? Du coup, c'est une décision facile ? Pour toi, de dire, OK, j'achète, en fait ?
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Ah ouais, c'était...
- Speaker #1
Si tu veux, pour moi, à ce moment-là, c'est les étoiles qui se sont alignées. Et je me suis dit, c'est soit, en fait, je saisis l'opportunité, là, maintenant, j'y vais. Et en plus, moi, je suis vraiment comme ça. Tu vois, quand je sens le truc... Ouais,
- Speaker #0
t'es intuitive.
- Speaker #1
À fond. Ouais. Voilà. Et je ne me trompe quasiment jamais. En général, quand je sens que c'est bon pour moi...
- Speaker #0
C'est que c'est bon.
- Speaker #1
C'est que c'est bon. Et là, en fait, je me suis dit, mais même pas une seconde. Tu réfléchis en fait. Tu y vas, tu fonces. Et puis, à vienne que pourra.
- Speaker #0
J'allais te demander si tu avais rencontré des difficultés justement pour financer l'achat d'une boutique.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non, tu n'as pas eu de difficultés.
- Speaker #1
Tout a été facile, si tu veux. Donc, en fait, je me suis dit...
- Speaker #0
Porte ouverte.
- Speaker #1
Porte ouverte, banco, fonce, quoi.
- Speaker #0
Tu dirais que c'est quoi ton meilleur conseil pour quelqu'un qui voudrait racheter une boutique justement ?
- Speaker #1
C'est peut-être bête, mais c'est d'écouter son cœur, vraiment. Parce que je pense que c'est avant la tête et que... Si ça résonne juste, si ça résonne vrai, fonce. Et peu importe ce qu'on peut te dire. Parce que forcément, il y aura toujours des gens qui te diront que ce n'est peut-être pas le bon moment. Ou qui te feront douter. Mais c'est toi qui sais.
- Speaker #0
Et ça a été quoi les étapes pour acheter ?
- Speaker #1
La première étape... Tu as eu les bilans ? Les bilans, voilà. Donc, le financement. Donc, envoyer les bilans aux banquiers, tout ça. Et puis ensuite, ça a été de faire monter les statuts de la société. Voilà, d'obtenir les crédits. Faire le prévisionnel avec l'expert comptable. Passer devant le notaire, signer le bail.
- Speaker #0
Il y a un moment où tu as eu peur dans toutes ces étapes ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non. Tu étais soutenue, j'imagine ?
- Speaker #1
Beaucoup.
- Speaker #0
J'imagine que si ta maman t'avait appelée pour te parler de cette boutique, c'est qu'elle y croyait fort.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et qu'elle allait tout tenir.
- Speaker #1
Complètement. C'est mon soutien dans tout ce que je fais. Vraiment mon plus grand soutien. Je savais qu'elle était là. Et du coup, ce qu'on a fait, c'est qu'elle s'est associée avec moi dans la société. Pour que je démarre entre guillemets. sereinement.
- Speaker #0
C'est plus simple aussi de se sentir soutenue et de se dire les décisions, on peut aussi les prendre à deux. Tout ne tient pas sur moi. Tu te sentais les épaules de tenir ce magasin et de se dire même si je n'ai jamais eu de commerce jusque-là, je vais le faire. Je vais y arriver.
- Speaker #1
Oui, suffisamment armée aussi. Comme j'avais beaucoup fait de commerce auparavant, je savais quand même comment une boutique, ça a fonctionné. Donc, je n'étais pas plus... plus inquiète que ça. Et puis alors moi, tout de suite, je me suis dit, je suis jeune, j'avais 26 ans quand j'ai racheté la boutique, mais si je ne le fais pas maintenant, c'est peut-être quelque chose que je ne ferai jamais.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que le fait que ta mère entreprenne, ça a été une motivation supplémentaire ? Ce truc de dire, en fait, j'ai déjà quelqu'un chez moi qui entreprend, donc ce sera peut-être plus simple que quand tu n'as pas du tout d'entourage. Et surtout de modèle de femme qui entreprend aussi.
- Speaker #1
Ben oui, alors moi, ma maman, ça a toujours été mon plus beau et mon plus grand modèle. C'est vraiment, j'ai vraiment une admiration très grande pour la femme qu'elle est. Et parce que oui, comme tu dis, effectivement, elle est partie de rien et puis elle a monté sa boîte. Et puis aujourd'hui, voilà, elle a une boîte qui marche. Elle est hyper indépendante, tu vois, elle m'a élevée aussi seule en partie. Elle m'a toujours montré que tout était possible, qu'on ne doit jamais dépendre de rien ni de personne. Et qu'en fait, à partir du moment où tu travailles, tu peux arriver à tout. Tu vois, c'est vraiment... Voilà, et je la remercierai jamais assez pour ça parce que c'est un modèle de femme juste extraordinaire.
- Speaker #0
Donc en 2024, tu rachètes la boutique qui s'appelait déjà l'Alchimie ?
- Speaker #1
Oui, ça s'appelait déjà l'Alchimie. et pareil, j'ai décidé de garder le nom avec ma maman parce que l'alchimie pour moi, ça a une connotation déjà spirituelle assez forte que ça nous ressemble beaucoup à ma maman et à moi. Ah oui, d'accord. Voilà, tu vois que...
- Speaker #0
Ça faisait sens.
- Speaker #1
Ça faisait sens. Donc je me suis dit, c'est trop beau, je garde le nom.
- Speaker #0
Tu as changé des choses ? Elle était déjà comme ça ? J'imagine que tu as changé, que tu as mis ta patte à toi.
- Speaker #1
Pas grand-chose, parce que la boutique était déjà quand même assez jolie. On a remis un coup de peinture. J'ai fait quelques travaux à l'étage, parce que l'étage n'était pas vraiment exploité avant que j'arrive. Et moi, j'avais envie de développer des fringues pour pouvoir installer le prêt-à-porter. J'ai fait pas mal de travaux à l'étage. Quelques petits aménagements, de la déco.
- Speaker #0
Elle proposait les mêmes styles de produits que ce que toi, tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Beaucoup plus de bijoux et de déco. Moi, c'est vrai que j'ai développé quand même un peu de cosmétique, un peu de maroquinerie, le prêt-à-porter qui a été la grosse nouveauté. Mais j'ai quand même gardé quelques marques emblématiques avec lesquelles elle travaillait. Déjà parce que j'adorais ces marques et puis aussi parce qu'elle avait développé une clientèle.
- Speaker #0
Oui, c'était logique de garder du coup si ça s'inscrivait dans toi, ce que tu voyais de la boutique.
- Speaker #1
C'est ça. Ça faisait partie de l'âme de la boutique. Donc, c'était logique de continuer à bosser avec ces marques-là.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu veux que les gens ressentent quand ils arrivent à la boutique, justement ?
- Speaker #1
Souvent, ce que je dis, c'est « faites comme à la maison » . Je leur fais un thé, un café. Je leur propose un thé ou un café.
- Speaker #0
Bah, c'est Accueil 5 étoiles.
- Speaker #1
Bah ouais, mais c'est chouette, ça. C'est ça, tu vois, j'ai pas envie que ce soit la boutique où tu viens, t'achètes ta bougie, je te fais ton papier cadeau et tu t'en vas. Non, tu vois, tout ce qu'il y a dans cette boutique, c'est moi qui l'ai choisi, avec ma maman aussi, souvent. J'aime bien raconter les histoires, des créateurs, des produits, tu vois, ça donne du sens, de la valeur. Bien sûr. Voilà, t'achètes pas... qu'un bijou, t'achètes aussi le créateur, le savoir-faire qu'il y a derrière. Son histoire. Son histoire, c'est hyper important, je trouve. Donc vraiment un esprit où tu te sens comme chez toi, là où tu te sens bien, où c'est aussi un peu une safe place, parce que souvent les gens se confient aussi. J'ai créé pas mal de liens avec les gens, donc souvent les gens... passe pour me faire un coucou, boire un thé, pas forcément pour venir acheter quelque chose.
- Speaker #0
Tu crées du lien avec tes clients en tout cas.
- Speaker #1
Oui, c'est important. C'est vraiment l'âme de la boutique, je pense. C'est le lien et les gens se rencontrent aussi. Parfois, tu vois, j'ai des clientes qui ont créé du lien avec d'autres clientes.
- Speaker #0
C'est aussi un lieu de rencontre et de partage.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et j'ai vu que tu faisais aussi des événements, parfois ?
- Speaker #1
De temps en temps, oui. De temps en temps, notamment avec Laura, par exemple, de Synergie Féminine. On a organisé deux after work. Là, on organise un autre événement le mois prochain.
- Speaker #0
Ça fait une vraie différence, en tout cas, dans l'expérience client.
- Speaker #1
Oui, et c'est aussi... J'essaye de me démarquer, tu vois, par rapport à d'autres boutiques comme ça. Mais c'est aussi... Je ne me force pas, je suis comme ça.
- Speaker #0
Et puis c'est vrai que le fait de donner, plus facilement les gens vont venir justement acheter chez toi aussi ?
- Speaker #1
Oui, je pense parce que tu as la petite attention, tu te rappelles de ce que ta cliente a acheté la dernière fois.
- Speaker #0
C'est vrai que ça manque quand même. On voit la nouvelle génération travailler dans les boutiques et on a perdu un peu ce truc-là. Il y a moins d'engagement des vendeurs en règle générale dans les grands magasins, par exemple. Alors que là, quand on a une petite attention, forcément qu'on s'en rappelle. Quand tu es bien accueilli, avec gentillesse, mais sans de vente forcée, tu vois ce que je veux dire ? je trouve que ça se ressent et tu te sens bien et tu as justement envie d'acheter et tu as justement envie de revenir. Et ça fait complètement la différence.
- Speaker #1
Moi, tu vois, par exemple, je préfère aller manger dans un resto, peut-être où c'est bon, mais où c'est moins bon que dans un autre, mais où dans l'autre resto, tu es mal accueilli. C'est hyper important. Et puis en plus, à l'ère d'aujourd'hui, tu vois, de l'intelligence artificielle, d'Internet. où les gens commandent beaucoup sur les sites en ligne et tout ça, tu vois. Tu n'as plus cette proximité-là, tu vois, d'aller chez ton petit commerçant, ton petit commerce de proximité, faire tes petites courses, tu vois. Et ça, pour moi, c'est hyper important de continuer à faire perdurer ça parce que sinon,
- Speaker #0
s'il n'y a plus d'humains, il n'y a plus de vie. Alors du coup, maintenant, ça fait un peu plus d'un an que tu as ouvert.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et le plus grand défi que tu as eu depuis que tu as repris la boutique, tu dirais que ce serait quoi ?
- Speaker #1
C'est un défi de tous les jours, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je pense. Parce que, ben voilà, tous les jours sont différents. Il y a des jours qui sont plus difficiles que d'autres, tu vois. Et je pense que ce qui est important aussi, c'est d'avoir la capacité à rebondir, tu vois, assez facilement. Je pense qu'entreprendre, ça demande... Une grande résilience. Donc, voilà, je pense que le plus grand défi, c'est d'avoir cette gymnastique-là et d'être assez flexible, notamment en termes d'émotion, parfois.
- Speaker #0
Ça t'arrive d'être démotivée et de te dire « Pourquoi j'ai fait ça ? »
- Speaker #1
Oui, ça m'arrive parfois. Et puis après, il suffit que j'ai une cliente qui passe et... qu'on échange ou quoi, où je me dis, en fait, c'est pour ça que tu le fais. Mais oui, il y a des moments où c'est compliqué parce que tu te retrouves seule, que tu as des galères, que ce n'est pas toujours tout beau, tout rose, malgré ce que tu peux penser. Ou ce que les gens peuvent penser. Oui, bien sûr. Mais ouais, à des moments, c'est compliqué. Mais je suis plutôt bien entourée, tu vois. Je suis quand même assez soutenue. Donc, ça ne dure pas longtemps.
- Speaker #0
Avec le rachat de cette boutique, qu'est-ce que tu n'avais pas du tout anticipé ?
- Speaker #1
Alors, le fait d'avoir moins de temps pour soi, beaucoup. C'est ce que je te disais. Du coup, en un peu plus d'un an, j'ai eu cinq jours de vacances. Voilà, donc c'est top d'être à son compte, mais c'est aussi une liberté qui se paye cher sur certains aspects. Voilà, mais c'est pareil, les week-ends, ben t'as plus de week-end. Le soir, tu rentres chez toi, c'est pas entre guillemets comme quand t'es salarié ou les problèmes restent à la porte. Là, en fait, tu te trimballes tout chez toi. Et puis, tu es en perpétuelle remise en question, tout le temps. Tu te demandes tout le temps ce que tu peux faire de mieux, ce que tu peux faire différemment. Tu te compares aussi forcément avec les autres. Après, voilà, ça fait... En fait, si tu veux, il y a tellement de bons côtés aussi que pas. Ça contrebalance. Ça contrebalance forcément les aspects négatifs. Et puis, quoi que tu fasses, rien ne peut être tout beau, tout rose. Tout lisse, tout parfait. Donc voilà, il faut l'accepter.
- Speaker #0
Comment tu vois l'avenir de la boutique ?
- Speaker #1
Alors, l'avenir de la boutique, pour le moment, j'ai envie de continuer à développer et à stabiliser. Et idéalement, dans le futur, j'aimerais bien en ouvrir d'autres.
- Speaker #0
Plusieurs concepts store ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ok, tu as des idées ?
- Speaker #1
Toujours dans le même esprit. Après, pourquoi pas développer une alchimie homme, tu vois ? Oui. Une alchimie déco.
- Speaker #0
Ah oui, d'accord, ok.
- Speaker #1
Oui. Faire par secteur, du coup. Oui.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà, c'est une idée comme ça, mais pourquoi pas ? On verra.
- Speaker #0
Tu dirais que c'est quoi ta plus grande satisfaction aujourd'hui ?
- Speaker #1
Tu es déjà venue à la boutique. Oui. Et je ne sais pas si tu as vu le mur avec toutes les photos, tu sais, des clientes.
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
En fait, je pense que clairement, c'est ça.
- Speaker #0
Parce que tu fais des photos, du coup, avec tes clients ? C'est trop mignon. C'est original aussi.
- Speaker #1
En fait, c'est ce que je dis à tout le monde. C'est la maison de tout le monde ici. Vous êtes chez vous. Et donc, en fait, avec toutes les clientes avec qui j'ai créé quand même un lien, c'est le petit truc, tu vois. C'est de faire une photo, je l'imprime et je la colle sur le mur. et voilà, là il y a je crois 54 personnes, il me semble, sur le mur. Donc, je me dis que c'est bon. Et au moins,
- Speaker #0
quand tu arrives, tu les vois et tu sais pourquoi tu fais tout ça.
- Speaker #1
Exactement. Ils sont en face de moi. Je les ai toute la journée face à moi. Donc, je sais pourquoi.
- Speaker #0
Et est-ce que tu as une petite anecdote sur une expérience client qui t'a vraiment fait chaud au cœur ?
- Speaker #1
Oui. Oui, une jeune femme qui a mon âge, qui s'appelle Lou aussi d'ailleurs, et qui arrive un jour à la boutique avec sa grand-mère parce que sa grand-mère voulait s'acheter une nouvelle paire de boucles d'oreilles. Et donc, je les accompagne, je leur montre un peu tout ce que j'ai. Et sa grand-mère me fait beaucoup penser à la mienne. Voilà, donc à la maman de mon papa qui a la maladie d'Alzheimer et qui ne me reconnaît plus. Et très vite, en fait, je sens ma gorge qui commence à se nouer. Prise d'émotion. Oui, mais un truc vraiment hyper fort. Et donc, tu sais, je ravale mon truc. Et puis, en fait, arrivé à la caisse, je regarde cette dame et je fends en larmes. Et je lui dis, madame, je suis vraiment désolée, mais vous me faites beaucoup penser à ma grand-mère. Et là, cette dame se met à pleurer aussi. et donc je la prends dans mes bras et je lui dis je suis vraiment navrée je voulais pas vous faire pleurer et là elle me dit non mais c'est des larmes ce sont des larmes de bonheur c'est des larmes de joie et ça a été un moment mais vraiment hyper fort où à chaque fois que j'y repensais tu sais ça me faisait remonter l'émotion à chaque fois Et je pense que ça, ça a été un moment hyper beau et hyper fort qui m'a vraiment marquée. Oui,
- Speaker #0
et c'est chouette de vivre ce genre de moment aussi.
- Speaker #1
Ah oui, mais ça a été un moment...
- Speaker #0
Moi aussi, ça me... Ça m'émeut.
- Speaker #1
Les personnes à qui je l'ai raconté, elles ont pleuré aussi.
- Speaker #0
Bah oui, c'est vrai que ce ne sont pas des moments que tu vis tous les jours. Et dans ton cadre, dans ton espace à toi, je trouve que c'est hyper fort.
- Speaker #1
C'est vraiment beau.
- Speaker #0
On va passer à une autre section maintenant, qui est la partie de ton ancrage à Toulon.
- Speaker #1
Yes.
- Speaker #0
Pourquoi ? J'avais envie de te demander pourquoi ouvrir à Toulon, mais en fait, c'est pas la boutique qui t'a choisi.
- Speaker #1
Je pense que c'est un peu ça. Je pense que tu as employé les bons mots. Je pense que c'est la boutique qui m'a choisie. Parce que moi, à la base, je vivais à Marseille depuis plusieurs années et je suis native du Var à la base. Et voilà, c'est la ville qui a fait que...
- Speaker #0
Et Toulon, ça ne t'a pas rebuté ? Tu n'as pas eu d'a priori à entreprendre à Toulon ?
- Speaker #1
Pas du tout. Parce que je trouve que c'est une ville qui est hyper sympa, qui est en plein développement. Je trouve que le centre-ville est hyper joli. Je pense qu'il y a vraiment un potentiel de dingue. D'autant plus qu'il y a plein de petites boutiques qui s'ouvrent, plein de gens qui se lancent, plein de femmes qui entreprennent. Vraiment, c'est en train de prendre une ampleur et une dynamique. Très chouette. Je pense que vraiment que d'ici quelques années, tu vois, ça sera The Place to Be dans le Var. En tout cas, c'est ce que je nous souhaite.
- Speaker #0
Moi aussi. T'es fière de participer à ça ? Trop.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ton rituel ou ton endroit préféré pour te ressourcer à Soulon, justement ?
- Speaker #1
Déjà le matin, avant d'aller à la boutique. J'adore aller au chantilly, boire mon café crème face à la fontaine et regarder les gens qui passent. Voilà. Après une journée de boulot, j'adore aller chez Jeanne. Par exemple, tu vois, ils ont des super cocktails. J'adore aller au café pop aussi quand c'est le soir de la jam. Tu vois, il y a une espèce d'ambiance hyper sympa.
- Speaker #0
Lou, on arrive sur la fin de cet épisode. Et on va terminer avec un petit jeu. 15 questions, réponses spontanées, d'accord ? C'est pour savoir quel toolness tu es.
- Speaker #1
C'est parti.
- Speaker #0
Matin calme ou boutique animée ?
- Speaker #1
Boutique animée.
- Speaker #0
Bijoux, vêtements ou déco ? Bijoux. Un objet qui te représente ?
- Speaker #1
Une bougie.
- Speaker #0
Ton moment préféré dans la journée ?
- Speaker #1
Le matin.
- Speaker #0
Une cliente qui t'a marquée ?
- Speaker #1
Dalila.
- Speaker #0
Ton plus grand stress d'entrepreneur ?
- Speaker #1
Me planter.
- Speaker #0
On ne peut pas se planter. Ce que le commerce t'a appris sur toi ?
- Speaker #1
Je suis faite pour ça, je pense.
- Speaker #0
Ton plaisir coupable après une grosse journée ?
- Speaker #1
Un cinnamon roll ou un cocktail chez Jeanne.
- Speaker #0
Un mot pour décrire ton concept store ?
- Speaker #1
Unique.
- Speaker #0
Ce que tu fais quand tu doutes ?
- Speaker #1
J'en parle à ma maman.
- Speaker #0
Un rêve pas encore réalisé ?
- Speaker #1
Le Machu Picchu.
- Speaker #0
Tu te vois où dans 5 ans ?
- Speaker #1
Je sais pas encore où,
- Speaker #0
mais je vois plus grand en tout cas. Ta boutique préférée de Toulon ? Kawaii Ka, Croquez-moi... Il y en a d'où comme nous. Et enfin, quel est l'entrepreneur que tu aimerais voir au micro de la Toulonnaise ?
- Speaker #1
Ma copine Erika de Kawaii Cash Shop.
- Speaker #0
Parfait, on lui dira. Merci beaucoup Lou d'être venue nous raconter ton histoire. Je suis super contente de t'avoir reçu.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Et je te souhaite évidemment tout le bonheur et un beau développement pour ta boutique.
- Speaker #1
Merci beaucoup.