- Speaker #0
Le mouvement a toujours fait partie de sa vie, l'intensité aussi. Gymnaste professionnel, Erika a grandi dans la discipline, la performance et le dépassement de soi. Puis un jour, quand la carrière sportive s'arrête, vient la question vertigineuse « qu'est-ce que je fais de ma vie maintenant ? » La vie l'amène alors vers la skin care, une passion d'abord, puis une évidence. Peu à peu, un projet entrepreneurial se dessine, sans les fonds de ses ambitions, mais avec une persévérance à toute épreuve. Et quand tout s'accélère, rien ne se passe vraiment comme prévu. Ouverture du boutique, embauche, un épisode sur l'audace, le mouvement et la force d'avancer, même quand tout va très vite. Je suis ravie d'accueillir Erika. Salut Erika !
- Speaker #1
Coucou !
- Speaker #0
Je suis super contente de te recevoir.
- Speaker #1
Moi aussi je suis contente.
- Speaker #0
Avant de commencer, est-ce que tu veux bien te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors je m'appelle Erika, j'ai 35, bientôt 36 dans quelques jours. Ce que je faisais avant de me lancer à mon compte, énormément de choses. J'étais baby-sitter à Saint-Tropez pour des familles riches pendant trois ans environ.
- Speaker #0
Et là, ça fait combien de temps que tu as ouvert Kawaii Ka ?
- Speaker #1
J'ai ouvert Kawaii Ka, le site web, en août 2024. Mais il n'y avait pas forcément trop de Ka-Beauty au début. C'était un autre concept un peu très kawaii que j'avais. Et au fur et à mesure, j'ai vraiment inclus la Ka-Beauty. Et j'ai ouvert le magasin en avril 2025.
- Speaker #0
Donc c'est tout récent.
- Speaker #1
C'est tout récent,
- Speaker #0
oui. Bon, question what the fuck. Erika avec un K ou avec un C ?
- Speaker #1
Avec un K. Pour de vrai ? Oui. Oui, oui, oui.
- Speaker #0
Donc c'était pile dans le thème. Ok, si tu devais décrire ton énergie actuelle en un mot, ce serait quoi ?
- Speaker #1
Rebelle.
- Speaker #0
Rebelle ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok, j'aime bien. Bon, quand on a échangé sur Insta, avant que tu viennes, tu m'as dit que t'avais eu une enfance particulière.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
T'as été gymnaste de très haut niveau.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux bien nous raconter un petit peu ?
- Speaker #1
Alors du coup j'étais hyper active et je rendais folle ma mère à chaque fois et on lui a dit il faudrait lui faire faire du sport et il y avait un club de gym et j'avais 7 ans et du coup ma mère m'a inscrite et ça a été le sport de ma vie parce que j'en ai fait pendant 14 ans et je suis rentrée en équipe de France senior le plus haut niveau pendant 4 ans à peu près et j'ai eu la chance de participer à des super compétitions, championnat du monde, coupe du monde, championnat d'Europe et de vivre des trucs de fou. Et c'est ce qui fait aussi la personne que je suis aujourd'hui.
- Speaker #0
Et tu dirais que le sport, ça t'a appris quoi sur toi ?
- Speaker #1
Ça m'a appris le dépassement de soi, parce qu'on n'a pas trop le choix en fait. Et puis à l'époque, c'était encore un sport différent de maintenant. La gym en tout cas, il n'y avait pas l'inclusion des parents comme maintenant. À l'époque, c'était vraiment les entraîneurs qui avaient le pouvoir sur nous. Et nos parents, c'était un peu un second choix entre guillemets sur les décisions de ce qu'on faisait à la gym.
- Speaker #0
C'était l'entraîneur qui, lui, jugeait de ta compétence à évoluer et de faire
- Speaker #1
OK. C'est ça. Waouh.
- Speaker #0
Et toi, tu l'avais comment, ça ?
- Speaker #1
J'ai eu la chance d'avoir des superbes entraîneurs. J'ai toujours été un peu la chouchoute de mes entraîneurs. Je pense de par mon enfance aussi et ma vie familiale. Et du coup, j'ai eu des entraîneurs américains qui ont débarqué à Toulon. Et c'était des Français, mais qui étaient partis aux Etats-Unis. Et du coup, ça a changé littéralement ma carrière gymnique. Et c'est eux qui m'ont tout appris, mais d'une manière complètement différente, on va dire, plus américaine que française. Et voilà, j'ai été éduquée, ça a été un peu aussi mon papa, parce que je n'avais pas trop trop de relations avec mon père, même si maintenant ça va beaucoup mieux. Mais c'est vrai que j'ai fait vraiment un... comment dire... j'ai tout retransmis sur lui et il s'est occupé de moi un peu vraiment. Et puis en même temps, j'étais à 24 avec eux.
- Speaker #0
Et ça a duré jusqu'à quel âge ?
- Speaker #1
J'ai fait une préparation d'Olympiade pour Beijing en 2008. Et je me suis blessée et j'ai dû malheureusement arrêter. Et je n'ai pas pu être prise pour faire cette compétition. La dernière, c'était celle qui clôture ta carrière. Parce qu'une gymnase, ça fait vraiment une Olympiade. Ça prépare une Olympiade et après, physiquement,
- Speaker #0
tu arrêtes. Et là, tu avais quel âge du coup ?
- Speaker #1
J'avais 18 ans. 18, 19 à peu près.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, qu'est-ce que cette discipline t'apporte dans l'entrepreneuriat ?
- Speaker #1
Alors ce que ça m'apporte, la combativité, le dépassement de soi aussi.
- Speaker #0
Ça t'a rendu un peu guerrière.
- Speaker #1
Ah ouais, complètement. De toute façon, je n'avais pas le choix à l'époque. Et ça,
- Speaker #0
c'est la discipline du sport qui fait ça.
- Speaker #1
Ah ouais. Et comme je disais, à l'époque, c'était différent de maintenant. Je ne quittais pas la salle si je n'avais pas fait la figure qu'il fallait faire. Même si mes parents m'attendaient en bas, c'était comme ça.
- Speaker #0
Et après toute cette période de gymnaste, tu es rentrée dans le monde du travail ?
- Speaker #1
Mon premier job, ça a été KFC. Et après, je suis rentrée à la CAF pendant 8 ans.
- Speaker #0
D'accord. C'était dû à tes études, ça ? Non, pas du tout.
- Speaker #1
En fait, c'était Pôle emploi qui m'avait parlé de postuler.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, j'ai postulé et j'ai été prise.
- Speaker #0
Et comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
En fait, c'était vraiment la sécurité parce que ce n'était pas du tout un métier de passion. Absolument pas. Et c'est vrai que moi, je vis par passion pour tous et dans tout ce que je fais. Et c'était des supers horaires. Ce n'était pas un grand salaire, mais c'était basique. C'était vraiment la stabilité, la sécurité. Et du coup, ça s'est fini assez mal parce que j'ai eu un différent avec une de mes managers. Et j'ai dénoncé un peu son harcèlement. Et du coup, j'ai été licenciée pour quoi déjà ? Pour un motif qui n'a pas été valable auprès des prud'hommes. Parce que du coup, j'ai été aux prud'hommes et j'ai gagné. Et en fait, ça a été vraiment libératoire pour moi. Parce que ça m'a permis de complètement changer de vie.
- Speaker #0
Et toi, tu l'as vécu comment cette... passerelle entre le moment où tu kiffes ta vie parce que t'es gymnaste et ce moment de salarié justement où rien ne va et où finalement tu restes pour la sécurité mais pas parce que tu kiffes quoi du coup j'ai pas été directement salariée quand j'ai arrêté la gym mais j'ai eu comme beaucoup de grands sportifs j'ai
- Speaker #1
fait une petite dépression parce que du coup quand j'étais en équipe de France etc On était vachement chouchoutés, on était vraiment dans un monde particulier, je ne connaissais pas les garçons, je ne connaissais pas le monde extérieur, les études c'était vraiment juste histoire de faire des études. Et quand j'ai arrêté, j'ai tout perdu, je ne savais plus quoi faire, parce qu'on s'occupait de tout à ma place, moi j'avais juste besoin de m'entraîner. Et du coup je...
- Speaker #0
T'es arrivée dans la vie en fait.
- Speaker #1
Ça a été très dur, très compliqué parce que genre je n'y connaissais rien. Et j'ai dû apprendre par moi-même, donc j'ai eu une mini-dépression je pense à l'époque, c'était pas encore, on n'avait pas beaucoup de mots dessus. Et du coup, j'ai dû apprendre et comprendre. Et je sentais une vraie différence.
- Speaker #0
Donc du coup, au bout de huit ans, il te licencie.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Et comment tu envisages la suite, du coup ?
- Speaker #1
À l'époque, j'étais avec mon ex. Et lui partait en saison à Saint-Tropez. Et en fait, du coup, je le suis. Et je me retrouve à Saint-Tropez, où lui va travailler. Et je me retrouve tout le temps seule, pratiquement. Et en fait, je ne sais pas quoi faire. Et du coup, je commence à chercher un petit peu. Il y avait le groupe des saisonniers de Saint-Tropez. Et il y avait beaucoup d'annonces. Et de là, j'ai vu des annonces pour être babysitter. Et du coup, moi, j'adore les enfants. J'ai toujours eu un lien particulier avec eux, même si je n'en avais pas encore à l'époque. Et du coup, je me suis dit pourquoi pas. Et il fallait aussi parler un peu anglais, chose que je ne parlais absolument pas. Mais j'ai appris sur le tas. J'ai tout fait en fait, comme une battante. Je me suis dit allez, on y va. Et du coup, en fait, c'est vraiment devenu mon métier, entre guillemets, pendant presque trois ans.
- Speaker #0
Donc, c'est ton premier... Pas en vrai dans l'indépendance, ça. Parce qu'en fait, c'est ça. T'es genre freelance. Ah oui, oui,
- Speaker #1
j'étais vraiment... Ça a complètement, du coup, changé ma vie. Et du coup, c'est vrai que ça a complètement changé ma vision du travail. Et à partir de ce moment-là, je ne me voyais plus du tout travailler pour qui que ce soit.
- Speaker #0
Sachant que t'as quand même... Alors, je ne vais pas dire que les parents, c'était boss, entre guillemets. Oui, voilà. Mais voilà.
- Speaker #1
Je gérais en fait comme je voulais mon planning et je travaillais pour qui j'avais envie de travailler.
- Speaker #0
Ok. Et cette période-là, elle t'a apporté quoi ?
- Speaker #1
énormément de choses j'ai pu me retrouver déjà j'ai rencontré des familles superbes dont une et combien de temps tu es resté travailler à Saint-Tropez presque trois ans d'accord après je me suis séparé d'accord et j'ai rencontré mon nouveau chéri du coup et du coup retour à la case départ enfin je veux dire de manière professionnelle retour à la case départ non quand j'ai rencontré c'est Simon Bramy il a un gros magasin donc en fait ça a commencé comme ça il a le l'adresse concept store Et c'est comme ça que j'ai connu un peu aussi comment on travaille dans un magasin, comment ça se passe, etc. Je suis partie avec lui faire des collections. Je l'ai un petit peu aidée. Et en fait, c'est de là que m'est venue l'idée d'arrêter pour pouvoir m'installer définitivement sur Toulon avec lui. Et de pouvoir, moi aussi, ouvrir mon shop.
- Speaker #0
Alors, du coup, entre le shop et la Cap Beauty, quel est le rapport ? À quel moment tu tombes là-dedans ?
- Speaker #1
En fait, la Cap Beauty, je suis tombée là-dedans déjà bien avant. Et en fait, j'en trouvais nulle part, mais vraiment nulle part. Il fallait commander sur Internet, tu recevais, c'était pas forcément bon pour ta peau, t'avais pas d'explication de produit. Et en fait, en voyageant, j'ai eu la chance de voyager un peu partout. Je suis allée à Vancouver pour une autre famille et du coup, j'ai pu avoir accès aux produits en direct.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et en fait, j'ai trouvé ça génial parce que même si c'était plus cher, je suis une acheteuse assez compulsive, mais je me disais, je m'en fous en fait. Je préfère l'acheter maintenant. savoir que ce produit-là, il est bon pour moi, et repartir directement avec. Même si je le paye plus cher. Et du coup, en fait, c'est comme ça que j'ai adhéré à ce truc-là et que j'ai eu l'idée qui a commencé un petit peu à trotter dans ma tête en me disant, nous, en France, on n'a que dalle, on n'a rien du tout. Et il faut que ça arrive, quoi.
- Speaker #0
Ça a été ta nouvelle passion ?
- Speaker #1
Ah ouais, la skincare, ça a été mes... Une folie pure. Avant de connaître la K-Beauty, en l'espace de 1,5 mois, je suis devenue cliente gold Sephora, pour dire. Toujours l'extrême. J'ai acheté tout, je voulais tout tester. Il n'y avait pas de résultat hyper concret comme je voulais, comme je voyais sur certaines vidéos de K-Beauty. C'est là où j'ai commencé à tester la K-Beauty. Je me suis dit que ce n'était pas pareil.
- Speaker #0
Et comment ? Tu fais concrètement, quand tu as l'idée d'ouvrir un magasin, c'est quoi les étapes ?
- Speaker #1
Alors, les étapes, déjà, je n'avais pas de fonds ou très, très peu. Et du coup, j'ai connu Var Initiative. C'est une association qui met en place, tu dois monter tout un dossier, tu rencontres des banques, etc. Franchement, ça a été vraiment génial. Tu es hyper soutenu. Ils t'aident beaucoup. Et en fait, en fonction de ton dossier et en gros de la possibilité.
- Speaker #0
Et du marché aussi, j'imagine ? Oui,
- Speaker #1
il y a une étude de marché. Vraiment, tu as un gros dossier à faire. Je crois que j'ai commencé les démarches en octobre, fin octobre. Et j'ai eu la validation fin janvier. Donc, ça prend quand même du temps. Et puis moi qui suis très peu patiente, ça a été très long. Mais il fallait, au début, j'ai fait un business plan. Mais moi, je n'y connaissais absolument rien. J'ai fait le chat GPT. Ça va, ça allait. Mais ce n'était pas du tout le business plan. Donc, ça permet de vraiment, ils t'accompagnent. Ça te permet d'apprendre énormément de choses. Et ensuite, voilà, ils vont te dire ce qui va, ce qui ne va pas, ce que tu dois travailler. Et au moins, tu peux vraiment voir tous les plans par rapport à ton projet. Et ensuite, en fonction, vu que je n'avais pas de fonds, eux, ils te prêtent une certaine somme en fonction de ce dont tu as plus ou moins besoin. Et la banque, du coup, derrière, eux, c'est leur garant, en fait.
- Speaker #0
OK. Donc, en gros, tu fais un crédit.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Mais parce que ton dossier y passe et parce que le dossier est solide.
- Speaker #1
C'est ça, exactement. Et même si tu n'as pas de fonds, en gros, si ton dossier est solide et qu'il y a un bon business plan derrière, la banque, en fait, eux, ils vont être rassurés. S'ils voient l'initiative valide, pour eux, c'est vraiment leur garantie que c'est OK. Donc du coup, c'est ce qui s'est passé. Et ça m'a vraiment permis, du coup, d'avoir ce crédit.
- Speaker #0
OK, donc ça a débloqué les fonds qui a fait que tu as pu prendre le local.
- Speaker #1
C'est ça, que j'ai pu prendre le local et faire les travaux et faire tout ce qu'il faut.
- Speaker #0
Et puis acheter le stock aussi, j'imagine. Exactement,
- Speaker #1
ouais. Et du coup, j'avais quand même la chance d'avoir des gens autour de moi qui s'y connaissaient beaucoup. Au niveau du local, j'ai mis du temps à trouver mon local. Je ne savais pas du tout. J'ai eu des refus. Ça a été compliqué. Ça n'a pas été simple. Et jusqu'à ce que des fois, le destin fait aussi son plein. Et du coup, j'ai eu ce fameux local en face du Monoprix. Mon premier local.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui t'a le plus stressée au moment de te lancer du coup ?
- Speaker #1
Ce qui m'a le plus stressée ? Les travaux. Je voulais vraiment que ce soit exactement comme j'avais envie. Et quand ce n'est pas toi qui fais les choses, c'est compliqué.
- Speaker #0
C'est un peu différent. C'est ça,
- Speaker #1
voilà, exactement. Donc les travaux et après, en fait, de voir comment ça allait prendre. C'était, même si je savais que ça allait plaire et qu'il y avait de la demande, c'était un tout nouveau concept. Et du coup, je n'avais aucune idée, aucune perspective de pouvoir voir comment ça allait, si ça allait marcher, pas marcher, etc. Donc oui, j'étais assez stressée de ça.
- Speaker #0
Ouais, justement, comment tu le vis, ce truc de j'amène quelque chose qui est nouveau et je ne sais pas comment le marché va réagir vraiment à tout le monde. Parce que sur les dossiers, c'est bien, mais ça reste des prévisionnels. On ne sait jamais comment ça peut prendre vraiment. Tu l'as vécu comment, toi, ce truc où tu ne sais pas ?
- Speaker #1
En fait, j'étais sûre au fond de moi, et encore même maintenant, que c'est quelque chose qui allait exploser. Je savais que c'était en train d'arriver. Ça arrivait tout doucement, mais que c'était en train d'arriver. Je savais les résultats des produits. et je me suis dit que ça va cartonner ça va prendre un peu de temps il va falloir que je me fasse connaître mais je savais que ça allait prendre vu que je connais les produits j'étais sûre d'eux et j'avais pas trop de peur vis-à-vis de ça Quel conseil tu donnerais à quelqu'un qui voudrait
- Speaker #0
avoir son magasin mais qui part de rien ?
- Speaker #1
De bien se renseigner, de pas lâcher même quand tout autour est compliqué Pour avoir une petite anecdote, moi quand j'ai eu les clés du magasin, j'avais pas eu encore le financement de la banque validé. C'est-à-dire que du coup j'avais les clés, les travaux avaient commencé et je me retrouvais en fait, je devais payer. Et je venais d'apprendre que j'étais enceinte juste avant. Donc j'étais vraiment dans un... ça a été vraiment une semaine où je me suis dit putain là je suis vraiment dans la merde. Parce qu'il fallait payer les travaux et j'avais rien. Et genre vraiment j'avais... pas un euro et j'ai eu vraiment une semaine après les fonds qui se sont débloqués et ça a vraiment tout libéré.
- Speaker #0
Mais tu savais pas que les fonds seraient libérés ? Non. Tu ne sais pas ?
- Speaker #1
Je savais qu'ils allaient être débloqués mais quand ? On n'avait aucune idée. Mais j'étais vraiment dans la période où on me réclamait vraiment les sous et c'était d'un stress terrible quoi, vraiment terrible.
- Speaker #0
Ok, donc tu récupères les clés de ton local et t'apprends que t'es enceinte.
- Speaker #1
J'ai appris que j'étais enceinte quelques jours avant, ouais.
- Speaker #0
Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
J'étais très enthousiaste. Et c'est plus mon conjoint qui m'a dit que ça allait être un peu chaud, parce que lui, il a déjà eu deux enfants et il savait ce que c'était.
- Speaker #0
Et un magasin.
- Speaker #1
Et un magasin. Et donc, du coup, en fait, je n'ai pas vraiment pris la mesure. J'avais idéalisé un peu la grossesse, etc. Et au final, ça ne s'est pas du tout passé comme ça.
- Speaker #0
Et j'imagine que tu avais aussi idéalisé l'ouverture du magasin.
- Speaker #1
C'est ça, ouais.
- Speaker #0
Qui était... Enfin, tu n'étais pas censée être enceinte. Voilà. Tu avais idéalisé peut-être deux choses, mais à deux moments différents dans ta vie.
- Speaker #1
J'avais ouverture de mon premier bébé, en fait. Et du coup, j'étais enceinte de mon bébé, mon premier vrai bébé. Donc au final, ça c'est... Tout s'est bien dégoupillé au début. Et en fait, après, j'ai eu les complications... De la grossesse ? De la grossesse, ouais.
- Speaker #0
Donc là, t'as cette douleur, t'es à 4 mois de grossesse.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ta boutique, elle en est où à ce moment-là ? T'es encore en travaux ? T'as ouvert ?
- Speaker #1
Non, non, j'ai ouvert déjà. Et en fait, je me dis que très vite, il va falloir que j'embauche quelqu'un. Parce que je peux pas... J'ai les nausées du début, plus les douleurs qui sont là. Et je me dis que je vais pas y arriver du tout. J'arrivais plus à faire les journées entières et je souffrais trop. Donc du coup, j'ai embauché une... de mes meilleurs amis, Jen, qui est venue travailler, qui m'a vachement aidée, qui travaille toujours avec moi, d'ailleurs.
- Speaker #0
Alors, attends, je vais rebondir tout de suite, parce que ça, c'est pareil, dans le business plan, c'était pas prévu que t'aies de... Comment ça se passe, à ce moment-là ? T'as les fonds pour embaucher ?
- Speaker #1
J'avais pas les fonds pour embaucher, mais à un moment donné, j'avais pas le choix. Et puis, tu pouvais pas fermer la boutique non plus, quoi. Je pouvais pas fermer la boutique, et j'y ai pensé. Et en fait, après, mon conjoint m'a dit, mais tu peux pas, en fait, parce que si tu fermes, tu vas devoir relancer, ça va être trop compliqué. Et du coup, j'ai pas eu le choix que de... de faire comme j'ai pu.
- Speaker #0
Est-ce que ça t'a mis à un moment dans une galère financière ?
- Speaker #1
Ah oui, j'ai été galère de ouf. Surtout qu'au final, quand tu es auto-entrepreneur, il faut en parler aussi, quand tu as le congé maternité et tout ça, tu n'as que dalle. Et on ne t'aide absolument pas. Il y a des lois qui font que normalement, si tu n'avais pas eu de revenus les années précédentes, ils sont censés prendre l'année en cours. Ça fait qu'en fait, ils font ce qu'ils veulent.
- Speaker #0
Ah ben, ils font ce qu'ils veulent. Donc du coup,
- Speaker #1
je me suis retrouvée avec aucun revenu pratiquement. Et heureusement que mon conjoint était là et qu'il m'a vraiment épaulée parce que sinon, ah ouais, j'étais...
- Speaker #0
Donc sinon, c'était banqueroute personnelle et professionnelle, quoi.
- Speaker #1
Complètement, ouais. Ah, c'était tout.
- Speaker #0
Ça t'a stressée ? Ça a été une période de stress ? Tu l'as vraiment ressenti, ça ?
- Speaker #1
Ouais, je l'ai vraiment ressenti et je pense que c'est pas pour rien aussi que j'ai accoutumé en avance.
- Speaker #0
Après, deux mois avant, c'est énorme, en fait, parce qu'en fait, tu te dis toujours que t'as ces mois-là pour te préparer et en même temps accueillir un bébé et en même temps à construire ton business, tu vois, et te dire je vais trouver un équilibre. Et en fait, c'est hyper violent. Ça n'arrive pas comme tu l'as imaginé.
- Speaker #1
C'est ça. Et je savais qu'il allait sortir avant, pas aussi vite et pas aussitôt. Mais en fait, tu te retrouves au pied du mur. Tu n'as pas le choix que de devoir avancer comme ça.
- Speaker #0
Donc, tu accueilles ton bébé dans ces conditions.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Est-ce que le fait de devoir complètement lâcher prise du magasin, ça t'a forcé à donner ta confiance ? Pour les employés qui étaient là, du coup, et qui fassent tourner le magasin ? Oui,
- Speaker #1
je l'avais. Quoi qu'il arrive, je l'avais. Et puis, j'avais mon amie qui était là, Jane. C'est comme ma sœur, c'est ma famille. Donc, franchement, j'avais une confiance à 100% sur ça. Et du coup, ça m'a vraiment aussi un peu permis de délester et de me concentrer sur Alan.
- Speaker #0
Tu rentres, du coup, je n'imagine pas tout de suite avec ton bébé à la maison ?
- Speaker #1
On rentre au bout d'un mois. Oui, d'un mois à la maison. Et en fait, je ressens le besoin très vite de vouloir retourner au travail.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
mais je devais attendre parce que du coup Alon était un petit prémat, il fallait qu'il ait ses vaccins, il pouvait pas avoir du monde donc j'ai dû attendre un petit peu et au final il est venu avec moi travailler pendant les premiers mois de sa vie.
- Speaker #0
Alors ça c'est les premiers mois de sa vie, du coup là on en est rendu à quel moment du magasin ?
- Speaker #1
On en est rendu à...
- Speaker #0
Ça faisait combien de temps que la boutique était ouverte ?
- Speaker #1
Ça faisait 6 mois.
- Speaker #0
Donc toi, tu retournes au magasin avec ton bébé, ton nouveau-né et ta nouvelle boutique en fait.
- Speaker #1
Un mois après sa naissance, je crois. Un mois, un mois et demi après la naissance d'Alone, je suis retournée travailler.
- Speaker #0
Et comment tu vis du coup cette double casquette maman et entrepreneur ?
- Speaker #1
Eh bien, c'est violent. C'est challengeant. Challengeant. Psychologiquement, pour tout en fait. Je ne m'attendais pas à avoir autant de fatigue. Au début, ça va parce qu'il dort beaucoup et que du coup, au magasin, c'était assez easy. Mais après, il en a un peu marre de la poussette. Il faut le porter beaucoup. Donc, ça a été très stressant. Et en fait, j'avais l'impression de perdre au pied, clairement. Là, ça va mieux. Mais vraiment, pendant une période où il y a des moments où je me disais, je ne vais pas y arriver. Je ne vais vraiment pas y arriver du tout, en fait.
- Speaker #0
Parce qu'il était encore avec toi à la boutique ? Oui,
- Speaker #1
il était avec moi à la boutique.
- Speaker #0
Mais parce qu'en fait, là, après, tu peux t'organiser de manière différente pour que peut-être il aille chez la nounou ou en crèche, comme une maman ferait avec son enfant, une salariée qui passe à son enfant.
- Speaker #1
Au début, je ne voulais pas qu'il soit gardé.
- Speaker #0
C'est ça que j'allais te demander. Est-ce que toi, tu avais envisagé de toujours le garder avec toi ? Non,
- Speaker #1
il allait à la crèche quoi qu'il arrive, mais il était censé y aller à ses trois mois, à sa naissance, donc en février.
- Speaker #0
C'est tôt, ça.
- Speaker #1
Oui, mais je n'avais pas le choix. Oui, tu n'as pas le choix. Quand tu es entrepreneur, de toute façon. Mais sinon, non, je voulais le garder. Je voulais pas le faire garder du tout au début. Quoi qu'il arrive, je le prenais avec moi.
- Speaker #0
Est-ce que tu as trouvé l'équilibre entre la maman et l'entrepreneur aujourd'hui ?
- Speaker #1
J'ai trouvé l'équilibre, même s'il y a des jours où il y a beaucoup moins d'équilibre. Parce qu'il grandit et que du coup, ces derniers temps, je ne pouvais plus du tout le prendre au magasin. Il ne voulait plus. Et puis, ça me mettait des vrais coups de pression quand les clients rentraient et qu'ils partaient en crise. Du coup, j'étais dépassée, je ne savais pas quoi faire. Et les clientes, elles ont toujours été hyper compréhensives.
- Speaker #0
Toi, tu t'es sentie soutenue dans cette période, justement, et bébé, et magasin ?
- Speaker #1
Alors oui, soutenue, oui, j'étais entourée. Mais même si t'es entourée, je me sentais quand même seule au monde. Et j'avais l'impression que personne ne pouvait comprendre ce que je vivais. J'étais vraiment comme si j'étais à la dérive, en fait. C'était vraiment spécial comme sensation.
- Speaker #0
Aujourd'hui, t'es sortie de tout ça ?
- Speaker #1
Oui, il y a des moments où c'est toujours un peu fluctuant. Mais ouais, maintenant, j'ai quand même pris mes marques. Le fait qu'il soit rentré à la crèche, que moi aussi je peux reprendre mes marques au magasin directement en étant seule et en pouvant travailler comme j'ai envie, ça change quand même complètement la donne.
- Speaker #0
Aujourd'hui, de quoi tu es la plus fière ?
- Speaker #1
De mon parcours, d'où je viens, parce que j'avais aucune idée de ce que je voulais faire de ma vie, comme quoi il n'est jamais trop tard, il n'y a pas d'âge pour commencer quelque chose et pour réussir, et de mon bébé et de ma famille.
- Speaker #0
Comment tu vois ton avenir dans les prochaines années ?
- Speaker #1
Alors, mon avenir, je suis très ambitieuse. J'ai déjà une très grosse idée du concept store que j'aimerais ouvrir avec Hawaïka. Je suis en train de le mettre petit à petit à jour dans mon petit local. Mais le but après, c'est vraiment d'avoir une sorte de franchise et d'avoir des locaux beaucoup plus grands, vraiment beaucoup plus grands pour y intégrer le concept que je veux faire. J'aimerais vraiment que ce soit une vraie expérience quand on rentre dans le magasin Kawaii Ka et qu'on se retrouve vraiment en Corée. Ça change complètement la donne.
- Speaker #0
C'est un concept secret ?
- Speaker #1
Ouais, secret, parce que franchement, il est très stylé.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu dirais à la femme que tu étais il y a dix ans ?
- Speaker #1
De ne pas abandonner, de toujours y croire.
- Speaker #0
Pourquoi tu as choisi Toulon pour installer la boutique ?
- Speaker #1
En fait, je ne voyais pas où m'installer d'autre, je vivais là. Donc non. Si j'avais pu choisir, je ne me serais pas installée à Toulon pour commencer ça. Je serais allée à Paris ou dans une grosse ville directement.
- Speaker #0
C'est bien, en vrai, de le ramener en Provence.
- Speaker #1
C'est ma ville. Je ne suis pas née à Toulon, mais je suis arrivée, j'avais 6 ans ici. C'est tout comme.
- Speaker #0
Et en même temps, Toulon, c'est en train de changer. Je trouve que tu arrives aussi avec un concept qui va bien avec le nouveau Toulon, je trouve. C'est-à-dire les nouveaux concepts, les concept stores, tous les brunchs, les cafés hyper sympas. Je trouve que ça vient s'inscrire aussi dans le nouveau Toulon.
- Speaker #1
C'est vrai. Le centre-ville commence à changer.
- Speaker #0
Mais parce que justement, il y a toutes ces personnes qui entreprennent et qui ouvrent leurs concepts et qui croient en leurs projets et qui finalement osent et qui créent le Toulon de demain finalement.
- Speaker #1
C'est ça, et c'est beaucoup les jeunes je trouve.
- Speaker #0
Il y a une belle clientèle pour la skincare à Toulon.
- Speaker #1
Franchement, oui. Je m'attendais à ce que ce soit... Comment dire ? Je pensais que j'allais toucher plus les jeunes. parce que c'est quand même hyper coté et connu sur les réseaux TikTok,
- Speaker #0
Instagram alors qu'en fait ma clientèle principale c'est vraiment des femmes de 40 ans voire beaucoup plus et elles ont même Instagram etc donc franchement je trouve ça génial mais ça se voit que t'es passionnée et du coup j'imagine que t'as que des produits de pointe ouais franchement tes clients te reviennent j'imagine ? ouais beaucoup donc la preuve est faite quoi ah oui et puis de toute façon moi comme je leur dis à chaque fois
- Speaker #1
Vendre pour vendre, je le vendrai le produit, je m'en fous. Mais je suis sûre des résultats qu'il va y avoir. Parce que j'ai toujours que des très très bons retours. Et elles sont toutes ravies, elles reviennent toutes.
- Speaker #0
Tu dirais que tu as une âme d'entrepreneur maintenant que tu es lancée ?
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Tu pourrais repartir au salariat ?
- Speaker #1
Pas du tout. Je le vivrais très très mal. Mais je ne pense pas. Je pense que je retrouverai une idée. Je ne pourrais pas retravailler pour quelqu'un.
- Speaker #0
Erika, on va passer au mini-jeu. C'est des questions-réponses. 15-16 questions et réponses spontanées. C'est pour savoir quel tool honnête tu es. Discipline ou intuition ?
- Speaker #1
Intuition.
- Speaker #0
Un rituel pour gérer le stress ?
- Speaker #1
La cohérence cardiaque.
- Speaker #0
Ton plus grand défi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Le fait d'être maman et auto-entrepreneur en même temps.
- Speaker #0
Une peur que tu as dépassée ?
- Speaker #1
Une peur que j'ai dépassée, la peur de l'abandon.
- Speaker #0
Une femme qui t'inspire connue ou pas ?
- Speaker #1
Margot Robbie.
- Speaker #0
Ce que la maternité a changé chez toi ?
- Speaker #1
Je suis devenue... J'étais déjà calme, mais encore plus chill.
- Speaker #0
Ton produit K-Beauty préféré ?
- Speaker #1
Alors, le Numbousine numéro 9. En ce moment, le toner et le sérum sont géniaux. Le MediCube Agile Booster Pro, que j'ai commandé, qui arrive à la boutique. Tous les produits MediCube. C'est des ingrédients atomiques, le masque biodense, forcément une référence. Et quoi d'autre ? Un sérum au collagène que j'ai là en ce moment, c'est au fil de soie de collagène pur.
- Speaker #0
Une qualité indispensable pour entreprendre ?
- Speaker #1
Je pense qu'il faut être hyper ambitieuse, il ne faut pas avoir peur de l'être.
- Speaker #0
Ouais, il faut défoncer les potes.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Si tu pouvais déléguer une seule tâche à vie, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Oh purée, tout ce qui est administratif.
- Speaker #0
Ton moment de doute le plus récent ?
- Speaker #1
Il n'y a pas longtemps, Alon, il m'a fait une grosse crise. Et que du coup, je l'avais dans les bras et que je n'arrivais pas à l'arrêter de pleurer. Je me suis dit, mais ce n'était pas forcément avec le travail, mais c'était vraiment ça où je me suis dit, mais en fait, je n'y arrive pas. Je n'arrive pas à être une bonne mère et je n'arrive pas à gérer. Ça a été vraiment ça, un gros moment de doute où j'ai pleuré comme un bébé, comme lui. Voilà, j'étais...
- Speaker #0
Tu trouves que c'est plus dur d'entreprendre ou d'être maman ?
- Speaker #1
D'être maman, ouais. C'est très fatigant. Déjà que je suis fatiguée de base. J'adorais faire des siestes, maintenant je ne peux plus en faire. Mais du coup, c'est vraiment une autre charge mentale. On ne se rend pas compte, vraiment, c'est une charge mentale de malade. Vraiment.
- Speaker #0
Ton quartier préféré à Toulon ?
- Speaker #1
Mourion.
- Speaker #0
Ton rêve pour la suite ?
- Speaker #1
Mon rêve pour la suite, c'est de vraiment faire connaître mon concept, de m'agrandir, d'ouvrir plusieurs points de kawaii kashop et surtout de pouvoir réussir à ouvrir mon beauty concept store. avec toutes les idées que j'ai et je sais que j'y arriverai quoi qu'il arrive même si c'est seul et sans l'aide de personne et que je mettrai plus de temps mais quoi qu'il arrive je le ferai un mot pour résumer ton parcours ?
- Speaker #0
impertinente et enfin et dernière question quel entrepreneur tu aimerais voir au micro de la Toulonnaise ? et tu n'as pas le droit de dire Lou parce qu'elle est détenue je sais qui j'aimerais voir
- Speaker #1
Alors, attends, je réfléchis parce que j'aimerais voir la fille de ma meilleure amie Carla, mais ils sont deux. Mais elle est très jeune et ils ont ouvert Studio Bobo. Et pour moi, c'est deux bébés, mais ils ont fait un truc de fou. Et je pense que ça peut être vraiment génial de les entendre. Carla Avela.
- Speaker #0
Je note. Merci beaucoup, Erika, d'être venue partager ton expérience. Je suis sûre que ça va inspirer plein de femmes. Et je te souhaite en tout cas tout le meilleur pour ta boutique.
- Speaker #1
Merci beaucoup.