- Speaker #0
Bonjour, je m'appelle Alizé et je vous souhaite la bienvenue sur le premier podcast qui parle entrepreneuriat au féminin à Toulon. Un podcast né ici pour mettre en lumière les femmes qui entreprennent avec cœur, courage et authenticité. Dans chaque épisode, une femme vous partagera son histoire sans filtre avec ses doutes, ses réussites, ses galères et sa lumière. Parce qu'entreprendre c'est souvent solitaire et que les histoires des autres ont ce pouvoir immense de rassembler et de soutenir. Derrière ce podcast, il y a aussi Studio Hello Web. Parce que donner la parole à ces femmes et les aider à être vues en ligne, c'est la même mission. Bienvenue dans La Toulonnaise, le podcast des femmes qui osent et qui font rayonner Toulon. Et si, à un moment de sa vie, on ressentait le besoin de se prouver qu'on est capable par soi-même ? Sophie a longtemps évolué dans des environnements structurés, salariée, puis aux côtés de son mari dans sa propre entreprise. Un parcours solide, mais où elle est restée pendant un temps dans l'ombre. Jusqu'au jour où elle a ressenti ce besoin profond, celui de créer son propre chemin, sa propre indépendance. Depuis plus de 12 ans, elle accompagne des entrepreneurs à se développer avant de revenir plus récemment à un projet de cœur, en couple, avec la marque Pourquoi Parce Que. Une marque pensée comme un espace d'expression où les femmes peuvent faire entendre leur voix. Dans cet épisode, on parle de place, d'évolution et de ce moment où l'on décide enfin de s'autoriser à exister pleinement. Salut Sophie !
- Speaker #1
Hello, Alizé.
- Speaker #0
Est-ce que pour commencer, tu voudrais bien te présenter en nous donnant ton prénom, ton âge, ce que tu faisais avant de te lancer à ton compte, ce que tu fais aujourd'hui et depuis combien de temps ?
- Speaker #1
Alors donc Sophie, 57 ans encore pour quelques jours, 25 je passe aux 8 ans. J'ai été salariée une douzaine d'années après une école de commerce et j'ai trois enfants aujourd'hui et quand ma deuxième a été scolarisée, j'ai arrêté le monde du salariat. pour me lancer dans l'entreprenariat avec une facilité, je l'avoue, d'avoir un mari chef d'entreprise qui m'a dit rejoins-moi. Et je n'ai pas hésité longtemps parce que je trouvais ça chouette d'avoir un projet ensemble. Donc je l'ai rejoint dans sa belle aventure.
- Speaker #0
Et ça fait combien de temps du coup ?
- Speaker #1
Que je l'ai rejoint ? Ça fait une vingtaine d'années. Ah oui, parce que 57 ans quoi quand même.
- Speaker #0
Et le lancement de la marque est du coup tout récent.
- Speaker #1
Est tout récent. Même si c'est un projet qui cogit depuis des années, mais la vraie dimension, le fait qu'on le lance ensemble, que je rejoigne à bras le corps cette marque, c'est début mars. C'était le mois de la femme. En plus, je trouvais qu'il y avait beaucoup de symbolique.
- Speaker #0
On va en parler de toute façon. Alors, tu m'as dit quand tu t'es présentée dans ton message que tu étais tout l'analyse pure souche et que tu ne voulais pas quitter le Var. Qu'est-ce que ça représentait pour toi de rester dans le Var ?
- Speaker #1
Alors, je pense... D'ailleurs, ça... véhiculer tout mon parcours parce que quand j'étais au lycée, j'aspirais à être journaliste. J'avais envie d'écrire. En fait, j'étais très littéraire. Et franchement, voilà. Et l'école de journalisme, à l'époque, il y avait Pignon-sur-Rue, était à Lille. Et en fait, je me suis mis à... Ben non, c'est juste pas concevable. J'avais des parents très aimants, très protecteurs aussi. Mon père m'a dit « bah oui, ça fait un peu loin l'île » . Et du coup, je m'aperçois que j'ai quand même dirigé mon parcours d'études vraiment avec cet attachement à ma ville, à ma famille aussi, donc l'un va avec l'autre. Mais je me sens bien en fait, j'ai besoin, moi je suis très... j'ai besoin de mes repères, de mon confort, même si je suis tout le temps à 10 000 volts avec plein de projets. Mais je ne peux être comme ça que si j'ai un cadre qui me permet de me ressentir en confiance. Et Toulon, c'est mes racines, donc ça me sécurise en fait.
- Speaker #0
Et tu n'as pas l'impression que ça t'a bridé ?
- Speaker #1
Non, parce que j'estime que toute expérience ne bride pas. Mais c'est sûr que j'aurais pu être un grand reporter et voyager. Mais je me dis, à contrario, très vite, je n'aurais pas eu la vie heureuse que j'ai aujourd'hui. Donc, j'aurais eu peut-être d'autres... Non, mais c'est sûr que ça limite. En revanche, mes enfants, je leur dis, mais allez bouger. On est là, on est aimants, on est à vos côtés. Mais partez, parce qu'en effet, ça limite le champ des possibles quand même.
- Speaker #0
Tu m'as dit aussi que tu avais travaillé dans un groupe de presse, du coup, pendant plusieurs années. Ça ressemblait à quoi, ta vie, à ce moment-là ?
- Speaker #1
Alors, jeune diplômée, en fait, je suis allée à la facilité. Je voulais travailler dans la com et j'avais toutes mes copines, copains qui partaient. à Paris. Et puis... Moi je voulais rester là donc c'était quand même un peu compliqué. Et puis ma mère voit dans un journal local une petite annonce, groupe de presse apparemment assez important, donc je postule. Et c'était un job de commercial pour un support de presse. Et au départ je me dis bon, je vais faire ça quelques mois, c'était bien payé, j'avais bien écosy mon premier poste, beaucoup d'autonomie, j'étais déjà très indépendante, donc je dis c'est une expérience et ça me laisse le temps de voir. Et en fait j'y suis restée 12 ans. Parce que c'était un groupe avec beaucoup de potentiel qui m'ont laissé beaucoup d'autonomie et d'audace à proposer des choses. Et du coup, de commercial à vendre des espaces publicitaires. On a créé un magazine féminin. On a développé... Voilà. Enfin, j'étais vraiment au cœur de certains projets. Et j'ai terminé directrice de clientèle. Donc, j'avais après des grands comptes. J'ai beaucoup bougé. Je me suis beaucoup épanouie et finalement, je travaillais dans la com. Ce n'est pas moi qui créais la com, mais j'étais quand même aux côtés de mes clients et ça m'a beaucoup plu. Puis, c'était les fastes années du monde publicitaire et de la communication où il y avait de gros moyens. Et donc, il y avait vraiment de quoi se faire plaisir et avoir beaucoup d'impact pour les clients.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses qu'à ce moment-là, tu avais déjà cette âme d'entrepreneur ou pas du tout ?
- Speaker #1
Pas du tout. Pas du tout, parce qu'à aucun moment j'étais mariée. On va fêter nos 30 ans de mariage. Donc, mon mari, je l'ai rencontré, je venais à peine de démarrer ma carrière de salarié. Mais non, je n'avais pas soif de... Je voulais être indépendante financièrement. Je pense que j'avais un père indépendant et une maman au foyer. Et ma maman m'a toujours dit, sois indépendante. Ne dépends jamais d'un homme, quel qu'il soit. Je pense que j'étais nourrie de ça. Mais j'avais un job, j'avais une sécurité de l'emploi, j'étais pas malmenée, j'avais un confort.
- Speaker #0
T'avais l'ambition quand même parce que t'as évolué dans tout ça. Oui,
- Speaker #1
j'avais soif de grandir, de gagner plus, d'avoir plus d'autonomie, d'être très autonome dans mon job. Donc j'étais ok avec ça et surtout j'avais un mari déjà chef d'entreprise. Et pour moi, je voyais que l'envers du décor, c'est-à-dire que quand même, c'est un risque financier. Je te parlais tout à l'heure que moi, j'ai besoin de sécurité. Clairement, quand on est entrepreneur, on ne vit pas dans le monde de la sécurité. Donc, je n'étais pas mature pour voir qu'en fait, j'avais ça en moi. Il m'a fallu, en fait, évoluer. Ça m'a pris 12 ans, mais je suis un peu un diesel, moi, parfois. Et donc, au bout de 12 ans, ce qui m'a brimée, en fait, dans le monde du salariat, déjà, je n'étais plus alignée avec les valeurs. C'est-à-dire que... Le monde de la pub où les gens mettaient beaucoup d'argent et où ça avait de l'impact était derrière moi. Donc j'avais le sentiment à l'époque, c'était moi avec moi-même, mais que les gens continuent à me faire confiance parce que j'avais instauré des vrais rapports. J'aime le rapport humain, donc ce n'était pas juste de la vente. Je n'ai jamais été en fait, tout le monde souvent me dit « t'es forte » . Mais non, je ne te vends pas quelque chose si je pense que ce n'est pas bon pour toi. Donc j'avais instauré un vrai rapport de confiance. Mais je me disais, en fait, là, je l'ai leurre parce qu'il n'y aura plus ce retour qu'il y avait il y a quelque temps. Et moi, je le savais. Donc, j'étais de moins en moins à l'aise. J'avais l'impression de trahir un peu la confiance jusqu'à ce que ça soit finalement insupportable pour moi.
- Speaker #0
Donc, à un moment donné, tu te rends compte que tu ne peux plus être salariée, qu'il faut que tu sois indépendante.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et pourtant, ça vient un peu briser ce truc de j'ai besoin de sécurité financière, d'autonomie, tout ça.
- Speaker #1
Alors oui et non parce que... Je ne me suis pas lancée, je n'ai pas lancé mon projet. C'est mon mari qui avait déjà son entreprise, à une période où l'entreprise était pérenne, rassurante. Donc quand il m'a proposé de venir le rejoindre en m'associant à lui, je ne me lançais pas dans le vide. Il avait sa boîte depuis une vingtaine d'années.
- Speaker #0
C'était rassurant quand même.
- Speaker #1
Oui, c'était très rassurant. Et je me disais, en fait, on est très complémentaires. Et moi, ça me permettait aussi d'avoir ce fameux... équilibre que je cherchais à avoir, c'est-à-dire de pouvoir prioriser mon temps. Je me suis posée quelques mois, je me suis aperçue que je n'étais pas faite pour être... C'est pas quand je dis juste, c'est déjà énorme et je respecte amplement les femmes qui font ce choix, mais moi, je n'allais pas être OK à être à la maison avec mes enfants, en fait. J'avais quand même besoin d'autres choses. Je pense que moi, ça a été crescendo quand même. J'ai eu besoin de cette sécurité. Et d'ailleurs, ça a été un vrai sujet, un cheminement aussi, parce que pendant longtemps, tu me disais, là, tu me dis entrepreneur. Maintenant, oui, bien sûr, je suis entrepreneur et je suis à ma place et je l'affirme. Mais pendant longtemps, quand on me disait, ah, Sophie, entrepreneur, je me disais, non, en fait, j'ai juste rejoint mon mari. j'ai eu beaucoup de... de mal. Je me sentais un peu imposteur en disant j'ai aucun mérite. Il avait déjà monté son projet. Moi, je suis juste là à ses côtés avec, certes, ma valeur.
- Speaker #0
Oui, ce que j'allais dire, pas une valeur ajoutée.
- Speaker #1
Bien sûr, oui, oui. Mais ça a été un vrai challenge pour moi d'affirmer que finalement, oui, j'étais indépendante et j'ai eu besoin d'ailleurs, quand mon troisième est né et que j'ai eu besoin de me prouver que j'étais entrepreneur et qu'il fallait que je développe mon... mes propres projets.
- Speaker #0
Alors, attends, déjà, moi, j'ai une question. Est-ce que c'est facile d'entreprendre avec son mari ?
- Speaker #1
Oui. Moi, oui, mais vraiment 100 %, oui. Mais encore une fois, je pense que chaque cas est différent. Oui, si tu es avec un compagnon qui va accepter les différences, qui va accepter les discussions, c'est une force. Franchement, aujourd'hui, on a lancé notre marque ensemble. on s'aperçoit que nos visions sont différentes et elles sont du coup très riches. Après, là où c'est très complexe, c'est quand tout est dans le succès, on est porté. Quand les difficultés sont là, c'est très difficile d'arriver quand même à couper et de ne pas... Je te donne une anecdote. Moi, j'étais beaucoup en back-office, donc dans les chiffres, les rapports clients, les... C'est plutôt dans l'ombre,
- Speaker #0
quoi.
- Speaker #1
Dans l'ombre. et dans la situation financière de l'entreprise. Et mon mari était beaucoup en déplacement pour développer. Et en fait, quand il rentrait, lui avait besoin d'une soupape. Ça y est, je rentre à la maison. Et moi, quand il arrivait, j'avais soif de lui faire part de toutes les problématiques. Et ça, ça aurait pu être un danger si on n'avait pas eu la maturité aussi l'un et l'autre. De dire là on est en train de glisser quoi, c'est juste pas possible que tu rentres de Paris épuisé et que moi sur l'oreiller j'ai qu'une hâte de te dire ah il y a eu tel problème et donc voilà c'est là où voilà parce que quand ton associé n'est pas ton mari tu pars du bureau tu le vois plus et tu passes à autre chose.
- Speaker #0
Tu dis aussi que tu ne te sentais pas comme entrepreneur, qu'est-ce que ça veut dire pour toi concrètement ?
- Speaker #1
J'avais soif d'apporter ma patte. Tu vois, d'avoir ce côté créatif que j'avais.
- Speaker #0
Ah oui, parce que là, tu n'avais pas l'impression de l'avoir.
- Speaker #1
Non, parce qu'en fait, on développait ensemble son projet qui était son activité première. Et donc, j'avais soif de créer. Je pense que c'est ça qui me manquait. Et donc, j'étais ouverte à voir ce qui se passait. Je me disais, je ne vais pas créer ma boîte parce que ça fait un peu... Deux boîtes, c'est deux fois plus de risques. Voilà. et puis j'avais pas forcément l'idée qu'ils faisaient que. Et du coup, je me suis exposée à un laboratoire qui proposait, en fait, pour moi, ça, ça m'a sécurisé. Une sorte de format hybride, c'est-à-dire j'étais autonome, il fallait que j'entreprendre, que j'aille m'ouvrir au monde, parler des solutions, etc. Mais tout reposait pas sur moi, c'est-à-dire les produits, c'est-à-dire qui les faisait, les livraisons, tout ça.
- Speaker #0
Donc tu fais ça en parallèle de la boîte de tournoi et tu restes associée ?
- Speaker #1
Tout à fait. Je fais ça en parallèle et là, je me dis, mais ça, c'est un projet d'entrepreneuriat, mais je vais le développer comme un vrai entrepreneur. Qu'est-ce que doit faire un vrai entrepreneur ? Il va s'exposer à un réseau de business classique. Et là, à l'époque, le réseau BNI, peut-être que tu connais, c'est un réseau d'entrepreneurs, venait d'arriver dans le Var. Et je dis à mon mari, je vais me jeter dans l'arène, je vais aller présenter ce labo. et demander des contacts pour pouvoir distribuer ces produits dans le Var et au-delà. Et là, j'arrive. Donc, c'était il y a 11 ans de ça. Le BNI venait d'arriver dans le Var. Je ne connaissais pas trop le principe. J'arrive, réunion, quasiment que des hommes. Et là, je me liquéfie en me disant, je vais leur parler. Technologie de soins de beauté, ils vont me prendre pour une allumée. Enfin, et puis, est-ce que je suis légitime ? Est-ce que... Toute la réunion, j'avais un bourdonnement dans les oreilles tellement j'avais peur. De parler, de me dire, mais le regard, le regard des autres, est-ce que je vais être crédible ? Et je parle et derrière, beaucoup de bienveillance. Ah, mais c'est super ce que tu fais. Je me dis, c'est génial ce réseau. En fait, je vais grandir et je vais prendre ma place d'entrepreneur. Donc, j'ai intégré ce réseau en disant, en fait... Je vais grandir, je vais croître, je vais apprendre d'autres entreprises. Même si j'avais mon mari, mais là, c'était multisecteur. Et en fait, très vite, j'ai adoré ce concept. Et là, le BNI est venu toquer à ma porte en me disant « Mais on cherche des directeurs consultants pour créer des groupes. »
- Speaker #0
Donc, on te propose de rejoindre le BNI et je l'accepte.
- Speaker #1
Et j'accepte. Et je crée un groupe, et deux groupes, et trois groupes. Enfin voilà, aujourd'hui, j'ai trois groupes. que j'accompagne.
- Speaker #0
Encore aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui. Ah oui. Et je ne m'en lasse pas, en fait.
- Speaker #0
J'imagine que de voir tous ces entrepreneurs, leur réussite et compagnie, ça t'a donné confiance, ça t'a mis en confiance, ça t'a porté et tu t'es sentie capable, toi, après.
- Speaker #1
Ça, c'est très féminin. Oui,
- Speaker #0
c'est ce que j'allais te demander. Est-ce que tu penses que... Toutes les femmes ne ressentent pas ça. Parce que je pense que c'est aussi féminin.
- Speaker #1
Le syndrome de l'imposteur. Pendant longtemps, je ne voulais pas en entendre parler. Mais en fait, il est là. Et moi, j'ai 57 ans. Et par moments, il est encore là. Donc, tu l'aperçois. Mais il faut l'accepter et aller. Malgré ça. Mais à côté de ça, il y avait toujours mon mari. Avec notre entreprise. Je n'ai pas dit du coup dans quoi on était. Mais on est dans le textile. C'est vrai que je n'en ai pas parlé.
- Speaker #0
Mais on allait y revenir de toute façon.
- Speaker #1
Parce que lui, son entreprise initiale, c'était d'être agent sur le marché français pour des clients qui sont les centrales d'achat de la grande distribution, chaînes de magasins, et de travailler pour des sociétés de prêt-à-porter à l'étranger. Et il y a quelques années, il me dit, j'ai envie de concréer notre marque. Et là, je le regarde en disant, mais tu as fumé la moquette, on va créer une marque, nous. Oui, j'ai à cœur. Alors, il me fait part, il me dit en fait. J'ai deux mots, c'est pourquoi, parce que, donc c'est vraiment. Et je voudrais que ces deux mots soient au service des femmes. Donc là, je me dis, je l'ai perdu, ça y est, il est...
- Speaker #0
Mais qu'est-ce qu'il y a ? C'était quoi la naissance de cette idée-là chez ton mari ? Qu'est-ce qu'il y a nourrissant ? Alors,
- Speaker #1
il y a plein de choses, en fait. Il faudrait que tu l'interviewes, mais c'est réservé aux femmes. D'ailleurs, quand il a su, il a su, mais du moins, je ne viens pas. Non, c'est que... Je pense que le pourquoi, en fait... Il avait une maman qui était déjà moderne avant l'âge. Ma belle-mère me disait que j'aurais pu être parachutiste si j'étais née plus tard. Elle avait un côté très femme moderne. Et mon mari a une part très féminine en lui. Je pense que les valeurs des femmes sont dans mon mari. Le respect, ce côté entraide. Et en fait, il avait à cœur que son expérience professionnelle soit au service de plus grands et des femmes. Parce qu'il part du principe que les femmes... Alors, il dit toujours, j'ai été baignée par la femme et l'avenir de l'homme. Mais il est foncièrement convaincu que le monde irait mieux s'il était gouverné par des femmes.
- Speaker #0
Nous aussi.
- Speaker #1
Moi aussi, mais venant d'une femme, c'est une évidence. Venant d'un homme, c'est d'autant plus touchant, en fait. Et... Quand il a eu ce projet, le Covid est arrivé, redistribution un peu de notre job, lui un peu plus présent. Il avait toujours à cœur et moi, je lui disais ne me parasite pas avec ton projet. Je dois être aux côtés de mes entrepreneurs dans le BNI. Réfléchis, cogite, mais ne me demande pas de mettre du temps dans ce projet. Je n'ai pas le temps.
- Speaker #0
Ça ne t'appelait pas toi à ce moment-là ?
- Speaker #1
Ça ne m'appelait pas du tout. Parce qu'en fait, je n'avais absolument pas compris. Là, je te le dis maintenant. Mais à l'époque, je me disais, il veut créer une marque textile. Je n'étais pas du tout dans le pourquoi parce que tout ce qui était vraiment... Et je le voyais avec ses carnets, écrire des pourquoi parce que je me disais, ce n'est pas possible. Et je dis, tu crois que ça va nous aider ? Mais il me dit, laisse-moi faire.
- Speaker #0
C'était toi l'homme des deux en fait.
- Speaker #1
Mais oui, moi j'avais le côté très... Ça ne me sécurisait pas l'idée de lancer une marque parce que je disais, mais en fait, on va se mettre en danger. Enfin, tu vois, c'était drôle d'ailleurs. finalement c'était lui qui avait sa part de féminité moi j'avais besoin de sécurité et je me disais j'ai trouvé un mode avec mes accompagnements BNI qui est viable financièrement, qui m'épanouit et on va aller créer un truc qui va nous mettre peut-être en danger parce que créer une marque textile aujourd'hui c'est quand même un challenge et comme j'avais en tête que c'était une marque textile ça ne m'appelait pas et puis bon il continue au fil des années de toujours avoir cette...
- Speaker #0
Ah oui, donc il a mûri longtemps.
- Speaker #1
Oui, oui. Et c'était vraiment viscéral. Et comme j'aime profondément mon mari, je me dis quand même, ce n'est pas possible qu'au bout de X années, il ait toujours ça en boucle, sans pourquoi, parce que... Et je vais quand même m'intéresser à ce qu'il a en tête. Et puis, j'étais peut-être aussi un peu plus prônée, un peu plus ouverte. Et en parallèle de ça... On m'appelle à rejoindre un réseau qui s'appelle les FCE, c'est l'Association des femmes chefs d'entreprise. Et je pense qu'au moment où on m'appelle à rejoindre ce réseau, je me sentais femme chef d'entreprise. On m'aurait proposé ça cinq ans avant, je me serais dit « c'est pas pour moi » . Et là, ça me parle. Je rejoins ce réseau et je me confronte à des femmes qui sont dans leur projet, qui sont dans la réussite ou pas forcément, mais qui sont dans l'entraide. Et là, moi qui étais plutôt réseau mixte en me disant « c'est quoi la valeur d'être entre femmes ? » , Je ressens vraiment... un bien-être à être qu'entre femmes. Et je reviens vers mon mari en disant, tu sais ton idée de pourquoi ? Parce que je suis disponible là maintenant. Et je pense que ce qu'on va faire, c'est plus qu'une marque, c'est créer une communauté de femmes. Et là, il me regarde, il me dit, mais c'est une blague en fait. C'est ce que j'ai en tête depuis le début. Je lui dis, ah bon ? Je lui dis, c'était pas juste une marque ? Il me dit, mais non, c'est vraiment ça que j'ai en moi, de créer une entraide. Et je lui dis, ben allez, banco, alors on y va tous les deux. Je lui dis... Bon, je viens d'aller à un salon organisé par la chambre de commerce, Oz. J'ai rencontré un stand de Ulule, c'est du crowdfunding.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
J'ai parlé du projet, pourquoi ? Parce qu'à la nana qui tenait ce stand, elle me dit qu'on a le profil pour lancer une campagne Ulule. On va lancer une campagne Ulule.
- Speaker #0
Et c'était quoi l'objectif de lancer la campagne Ulule alors ?
- Speaker #1
En fait, c'était de confronter ce concept de marque à la réalité du terrain.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je voulais voir si, en fait, quand on parlait du pourquoi, parce que, et cette volonté de créer un porte-voix féminin, si les gens allaient percuter et s'il y avait un écho. Et là, j'ai vraiment, j'en ai toujours la chair de poule parce que je me suis dit, ouais, une communauté de femmes, quand on propose de faire des choses, on est capable de faire des merveilles, en fait. Et ça m'a beaucoup pénu qu'on ait réussi, parce qu'on a réussi à lever ces 100, donc on a atteint notre objectif, on l'a même un peu dépassé. Et je me suis dit, waouh, on a pu le faire dans un temps si court. Et ça a transporté les gens, les échanges, le pourquoi, le parce que. Et alors là, on s'est dit, bon, maintenant, on a compris qu'il y avait du répondant, qu'on a tellement de choses à dire, mais on va vraiment se structurer. On va prendre des compétences là où on n'a pas. On ne peut pas y arriver tous les deux. Et on veut vraiment que les gens soient fiers aussi de se porter cette marque. Et du coup, ça nous a pris. Quelques mois, on est partis, on a cherché des compétences externalisées.
- Speaker #0
Comme quoi ?
- Speaker #1
Alors, moi, dans le cadre d'une journée à Marseille, j'ai rencontré une nana qui avait travaillé pour des marques de textile et qui venait de s'installer sur Marseille et qui proposait d'accompagner des jeunes marques à s'en structurer. Donc, j'ai dit à mon mari, je pense qu'on a chacun des compétences, mais tu sais, c'est le problème quand tu es entrepreneur. Il faut se maîtriser. parce que déjà, tu as une prérogative financière. Mais finalement, tu t'épuises et tu perds aussi l'énergie qui fait que ton pourquoi, il est fort et il est lumineux. Et j'ai dit à mon mari, là, on ne peut pas, en fait. On va droit dans le mur si on veut tout faire, même si on est deux. Il faut qu'on aille chercher des compétences. Donc, on s'est fait accompagner par cette personne qui a été aussi en recherche de profil d'une illustratrice, d'une personne qui nous refasse le site pour que ça soit. En vrai, toutes ces compétences-là, parce qu'on a un défaut avec mon mari, mais qui est aussi notre valeur, c'est qu'on met beaucoup d'amour dans notre projet. Et on veut des gens qui soient dans le même move, mais parfois en manque d'objectivité du coup. Et c'était bien d'avoir...
- Speaker #0
Et je crois que c'est tout l'intérêt de se faire accompagner. Moi, je le vois avec mes clientes. C'est que quand tu as une charge émotionnelle qui est trop forte sur ton projet, tu ne peux plus prendre le recul nécessaire pour prendre les bonnes décisions, pour le faire évoluer. Exactement. Parce que je pense que tu as justement cette charge émotionnelle-là qui est trop forte. D'où l'intérêt de te faire accompagner et vous avez bien fait.
- Speaker #1
Eh oui, et ça nous a reposé parce que du coup, on a pu mettre notre énergie, pas justement à rencontrer des profils, à dire « oui, un tel » . Donc, on a conçu avec une illustratrice varoise un univers de marque. Les premiers produits sont sortis. Et là, franchement, là aussi, j'ai osé. Je suis allée voir le printemps de Foulon. Et là, super accueil. Et ils nous ont fait ce cadeau incroyable de nous accueillir début mars pendant une semaine. Le directeur de Printemps, Toulon, qui est un homme, était très heureux d'accueillir une marque qui avait du sens pour les femmes.
- Speaker #0
C'est super en vrai. D'avoir cette visibilité-là dans le printemps, c'est une opportunité incroyable.
- Speaker #1
On a eu un pop-up éphémère. On parait, on ne voulait que tout ça après parce qu'on n'avait pas de boutique physique. On a lancé notre site et on a lancé le site en même temps, mais tous alignés.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as ressenti en voyant toutes ces femmes partager leur pourquoi ?
- Speaker #1
Eh bien, je me suis dit que la marque avait tout son sens. Parce que finalement, on s'aperçoit que les gens ne sont pas habitués à ce qu'on leur pose cette question, en fait, le pourquoi. Et récemment, j'ai discuté avec une amie qui me disait, bah oui, en fait, souvent on dit comment on fait les choses, mais pas pourquoi on les fait. C'est bizarre d'ailleurs comme question.
- Speaker #0
Mais pourtant, elle est tellement profonde et puissante aussi cette question.
- Speaker #1
Mais parce qu'on ne prend pas trop le temps.
- Speaker #0
C'est quoi les dessous de lancement d'une marque ? J'imagine qu'il faut des financements. Comment ça se passe pour financer une marque ?
- Speaker #1
Alors en effet, déjà il faut faire un business plan et penser à tous les postes.
- Speaker #0
Et la campagne du coup a servi quand même aussi à ça ?
- Speaker #1
La campagne a permis de financer la première collection. C'était ça l'idée. Donc ça nous a payé le lancement de cette première collection. Et après, en effet, ce n'est pas le tout de « ok, je lance une marque, j'étudie le prix de combien ça me coûte de faire un t-shirt, le print » . Mais non, en fait, il y a tout ce qui va avec, le site, la communication, les réseaux. Enfin, aujourd'hui, il faut être multi-canaux d'exposition. Là, on a eu la chance d'être une semaine au printemps. Il faut du stock pour être au printemps. Il faut les étiquettes. Enfin, il y a plein de choses et c'est des postes. Donc, on s'est posé avec l'accompagnement de cette personne extérieure, du coup, vraiment tout ce dont on avait besoin. Et là, on s'est dit, ça ne va pas être possible. En fait, on n'a pas la trésor pour... Mais on avait vraiment envie de se donner les moyens de faire quelque chose de viable.
- Speaker #0
Est-ce que tu peux nous donner une estimation approximative ?
- Speaker #1
Ah oui, on était sur la première année en voyant peu. Enfin, pas non plus.
- Speaker #0
En petit budget, tu parles ?
- Speaker #1
Alors oui, et en petit budget comme sans faire de shooting photo. En étant un peu en mode, on fait au plus juste. On était sur 40 000 euros. D'accord. Donc là, on fait comment ? Et là, pareil, le salon Oz, j'avais quand même été confrontée à plusieurs interlocuteurs qui sont là pour aider les femmes à entreprendre. Et je dis à mon mari, on va se structurer comme si on relançait une boîte. On va aller voir la banque, on va aller voir les aides. On nous dit qu'il y a des aides pour les projets. À part que nous, on ne créait pas une boîte. C'était un projet de croissance, en fait. C'était une diversification. Donc, c'était une approche un peu différente. Et on était dans un secteur. textile qui clairement quand on va voir un banquier c'est warning rouge c'est pas un secteur où on prête facilement il y a des secteurs plus porteurs ça veut dire que ça n'a pas été accueilli correctement auprès des banques on a eu deux expériences on est allé voir notre banque de toujours avec des relations vraiment sereines Merci. Et en fait, on s'est heurté à la réalité. En fait, secteur textile, on n'est pas là. Mais c'est super, en fait. Ça permet de rebondir. Et on se dit, comment on fait alors ? Ils ne sont pas là. C'est bien dommage parce que nous, on est là depuis quelques décennies. Et pour autant, on est allé toquer à une autre banque qui a vu les étoiles dans nos yeux. Elle n'a pas vu Marché Textile. La personne a beaucoup cru à ce projet de communauté de femmes. Et tout de suite, elle a dit, oui, nous, on est là. Donc, on était contents. Et finalement, moi, je me suis dit, c'est d'autant mieux parce que ça n'a pas été facile. Et je pense que ce n'est pas facile. Je côtoie beaucoup d'entrepreneurs. Moi, j'ai une amie, notamment, qui a eu une réussite. incroyable qui vient de revendre sa boîte et elle me disait qu'elle a eu cet refus avant de trouver la banque qui lui avait dit ok.
- Speaker #0
C'est quoi le plus gros challenge à l'instant T du lancement de cette collection ?
- Speaker #1
Alors là, on a la chance d'avoir Varinitiative qui va nous aider enfin nous aider, on a bénéficié d'un prêt d'honneur qui va permettre de financer le premier volet de la collection en fait. Donc ça va nous permettre d'aller faire fabriquer au Portugal le... Avec un minimum de quantité, parce que c'est des prises au risque. Donc voilà, de voir ce qui est déjà appelé aujourd'hui sur le site pour aller fabriquer plus en quantité. C'est peut-être de faire, moi, on a à cœur de faire une chemise, une liquette. Enfin, on a des idées. Donc ça va permettre de financer ça. Et l'aide de la banque nous permet de commencer à communiquer. Donc là, on est dans le dur maintenant, en fait. C'est-à-dire, le site est là. Il est beau. On est très fiers du site. Maintenant, il faut que les gens aillent et aient envie de s'approprier la marque. Des personnes qui ont une certaine influence aussi disent, mais cette marque, elle nous parle. Ça, en fait, j'ai envie qu'une femme qui a de l'influence dise, mais en fait, cette marque, elle a besoin juste d'un coup de pouce. Mais oui, on a besoin de vendre, au moins de vendre ce qu'on va produire. Mon mari, parfois, c'est très drôle, il dit, non, mais on n'est pas là pour s'enrichir. Et c'est OK, c'est vrai. En fait, on n'a pas une ambition de devenir le... On a juste envie que la marque soit viable économiquement pour pouvoir aller vers ces collections capsule de cœur et qu'on se fasse plaisir.
- Speaker #0
Et puis continuer à propager ce message. Oui, c'est ça, en fait. Sophie, on arrive sur la dernière partie du podcast avec quelques petites questions et réponses spontanées. Ton pourquoi à toi aujourd'hui ?
- Speaker #1
Impacter la vie d'autres femmes, en fait. c'est de me sentir utile, c'est vraiment de...
- Speaker #0
De faire bouger les lignes, ouais.
- Speaker #1
Le moment où tu as le plus douté de toi ?
- Speaker #0
En arrivant là encore toute à l'heure.
- Speaker #1
C'est mon quotidien. Travailler en couple, force ou chaos ? Force. Le truc le plus galère que personne ne voit en lançant sa marque ?
- Speaker #0
Franchement, c'est de trouver les fonds.
- Speaker #1
Ton passe-temps favori du moment ? C'est le sport. Ton resto préféré de Toulon ? Tomo Tomo. Une croyance que tu avais plus jeune et qui a complètement changé aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je pense que la croyance, c'est d'attendre d'être prête. Chaque fois, je me disais, ce n'est pas le bon moment. Et franchement, il faut y aller. Il ne faut pas attendre, il faut y aller. Et c'est en y allant qu'on grandit, qu'on apprend. Donc voilà, c'est juste le regret de dire, il y a plein de choses que je n'ai pas faites parce que j'avais peur, je me sentais... Donc il faut être confiante.
- Speaker #1
Ton quartier préféré de Toulon ?
- Speaker #0
Le Morillon.
- Speaker #1
Le plus beau retour d'une cliente ?
- Speaker #0
C'est une grand-mère qui est venue sur le pop-up. Et qui a acheté le Pourquoi Parce Que pour son petit-fils qui fêtait ses 18 ans. Parce que petit, il l'appelait Monsieur Pourquoi Parce Que. Et j'ai trouvé ça trop mignon parce que je me suis dit, waouh, on n'avait pas pensé à ce type d'histoire. Et pourtant, elle m'a raconté, elle est revenue en arrière en disant, mais on avait tellement de souvenirs quand il était petit. Et on lui a trouvé un modèle mixte du coup. Et c'était chouette.
- Speaker #1
Pourquoi ça peut parler à tout le monde vraiment ? Un message que tu aimerais faire passer à toutes les femmes ?
- Speaker #0
C'est franchement, sentez-vous à votre place, prenez votre place et foncez. Quelle que soit la direction, ça sera la bonne parce que vous l'aurez choisie.
- Speaker #1
Un conseil que tu donnerais à quelqu'un qui veut se lancer ?
- Speaker #0
C'est de se faire accompagner.
- Speaker #1
Et enfin, quel est l'entrepreneur que tu aimerais voir au micro de la Toulonnaise ?
- Speaker #0
Alors c'est Julie Meunier, les frangines. Je vous laisse aller voir sur Insta, mais ça a été une rencontre furtive, mais tellement pleine d'humanité que... Je pense que ça serait un beau profil pour toi.
- Speaker #1
Merci beaucoup Sophie d'être venue nous raconter toute ton expérience hyper riche. Je te souhaite évidemment plein de succès avec la marque Pourquoi Pasque. Parce que je pense qu'il y a effectivement plein de choses à faire et qu'il y a plein de messages qui pourront être passés. Je vous encourage aussi tous vivement à aller voir le site Pourquoi Pasque.com. Et à commander vos pièces parce que je suis sûre que chacun et chacune d'entre vous auront son Pourquoi Pasque.
- Speaker #0
Super, merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et si c'est le cas, n'hésitez pas à liker, commenter, partager et nous suivre sur les réseaux sociaux ainsi que sur YouTube. Vous pouvez également laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute. Je vous dis à la semaine prochaine.