- Speaker #0
« Bienvenue dans la Voix du Campus, le podcast des écoles supérieures des Pays de l'Oie, qui vous embarque à la découverte des métiers, des défis et des opportunités du monde pro au travers de témoignages inspirants. » « Toute une vie, on se dit qu'on sera là pour eux. Et puis un jour, ils entrent dans le supérieur. Et plus rien n'est comme avant. Les repères changent, les règles changent. » Et nous, les parents, on ne sait plus vraiment où est notre place. Dans cet épisode, on accueille Marie, gestionnaire référente facturation client sur le campus et maman d'un étudiant dans le supérieur. Une position au cœur de l'institution qui lui donne un regard à la fois interne et intime sur ce que vivent les familles. Avec elle, on va répondre à une vraie question. Comment accompagner son enfant vers la réussite sans le brider, ni se perdre soi-même dans leur processus ? Eh bien Marie, bienvenue avec nous. Merci. Est-ce que tu peux te présenter, nous dire qui tu es, ce que tu fais et voilà tout simplement.
- Speaker #1
Moi je suis Marie Guérin, je suis gestionnaire de facturation sur le campus ESPL. J'ai 54 ans et j'ai un fils de 19 ans. Il est en première année de fac d'éco-gestion à Saint-Serge.
- Speaker #0
Ce double regard, à la fois être dans le supérieur pour toi, même si tu n'es pas en lien direct avec les étudiants, etc., et ton côté maman, comment tu le vis au quotidien ? Est-ce que ça peut être une richesse pour toi ou à la fois un peu de la confusion ?
- Speaker #1
Alors non, pas du tout. Il n'y a pas du tout de confusion. C'est plutôt une richesse parce que je me rends compte en fait que ce sont encore des jeunes, ce sont des jeunes adultes. Donc ils croient savoir beaucoup de choses tous. Et en fait, ils sont tous comme ça. Et du coup, c'est un peu rassurant et ça permet de prendre du recul dans ma relation personnelle avec mon fils. d'accepter un peu plus ces noms, ces mais non, tu sais pas, mais à ton époque, c'était pas comme ça, mais c'est différent aujourd'hui, tu comprends pas. Tous les jeunes disent ça à leurs parents, je pense. Et du coup, moi, grâce à ça, je peux prendre du recul, poser, et puis après, on y revient.
- Speaker #0
Avant qu'on rentre dans le vif du sujet, est-ce que tu te souviens du moment où tu as réalisé que ton rôle de parent avait vraiment changé quand il est rentré dans le supérieur ?
- Speaker #1
Alors pas du tout, parce que ça n'a pas changé comme ça du jour au lendemain. C'est tout au long de sa croissance en fait. Un enfant, il grandit, il change. quand il passe en CP, c'est une étape. Quand il passe au collège, c'est une autre étape. Mais en fait, il faut... Il faut en être conscient, c'est vrai que c'est plus le petit bébé qu'on serre dans nos bras, tu verras, ça vient vite. Mais c'est pas spécialement du passage du lycée au supérieur, c'est en fait plein d'étapes dans la vie. Mon rôle de parent, il a changé à chaque fois, en fait. Il évolue parce que je parle plus à un enfant, je parle à un adulte, à un jeune adulte qui a son permis, qui est autonome. Enfin presque, parce qu'il ne travaille pas, donc c'est encore moi qui paye, mais voilà. Non mais tu vois, ce n'est pas du tout la même relation, parce que c'est un enfant qui a grandi, ce n'est plus un enfant. Mais ça change au fil de la vie, ce n'est pas juste quand il passe aux études supérieures.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Mais c'est important de dire que ce n'est plus un enfant. Ah oui,
- Speaker #1
oui, non mais c'est... ça c'est assez difficile à vivre, mais... Il faut bien l'intégrer. Dès lors qu'on l'a intégré, après, on les accompagne.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a le plus surprise dans ta propre réaction en tant que maman ?
- Speaker #1
Ce qui m'a le plus surprise, c'est ma patience et mon acceptation que Raphaël, c'est le nom de mon fils, ne pense pas comme moi. ou n'ait pas les mêmes envies que moi j'ai pour lui. J'ai appris à accepter ça et ça, ça me surprend un petit peu quand même. Il faut accepter que c'est une autre personne. On ne peut pas projeter ses souhaits sur son enfant, même si on a tous le souhait qu'il réussisse, il n'y a pas de sujet. Mais on ne peut pas projeter ses propres souhaits sur son enfant.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis, ne pas décider à sa place.
- Speaker #1
Non, non, non. Mais c'est pas facile non plus d'accepter sa décision. Parce qu'on a forcément envie qu'il réussisse et on a peur qu'il se trompe. Même si on est conscient et on sait très bien que se tromper, des fois c'est bien, c'est se tromper qui fait avancer. Mais il faut l'accepter.
- Speaker #0
On va passer à la deuxième partie, comprendre le monde du supérieur. En tant que professionnelle et en même temps maman, qu'est-ce que tu aimerais que les parents comprennent sur la réalité du supérieur ? Parce qu'on entend pas mal d'idées reçues parfois sur la fac, sur les écoles de commerce, etc. Toi, qu'est-ce que tu aimerais que les parents comprennent ?
- Speaker #1
Je sais pas, il n'y a pas grand-chose à comprendre. Le supérieur, on n'est plus dans le scolaire, on est vraiment dans un apprentissage différent. Donc la seule chose, c'est qu'il faut accompagner les enfants, les jeunes, dans cette transition du scolaire au monde du travail. Et le fait de faire des études supérieures, c'est déjà un choix qu'il faut assumer et pour lequel il faut comprendre qu'il faut travailler. Je pense qu'elle est là, la différence. Jusqu'au lycée... C'est vraiment très scolaire. Et le supérieur, c'est complètement différent. Il faut travailler, il faut travailler seul. Il faut de l'autodiscipline. Donc, il faut essayer d'inculquer ça à nos enfants avant qu'ils arrivent à l'étape du supérieur.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a une marche, vraiment une étape entre le lycée et les études TUP. Le lycée, c'est vraiment hyper cadré. Alors que les études TUP, tu dois être hyper autonome.
- Speaker #1
Exactement. Et ça, il faut que les jeunes soient préparés à ça quand même. Parce que tu ne peux pas arriver et être surpris par ça. Mais moi, je sais que je n'ai pas eu trop à gérer ça parce que dans les lycées, alors je ne sais pas si tous les lycées fonctionnent pareil, Raph était à Saint-Benoît et ils les ont super bien accompagnés. Justement, dans cette phase de transition et dans cette phase du passage du tout scolaire à l'autonomie d'apprentissage.
- Speaker #0
On va passer maintenant à la troisième partie, trouver le juste rôle de parent. Comment tu définis, toi, le bon rôle d'un parent quand son enfant est dans le supérieur ?
- Speaker #1
Il n'y a pas d'école des parents, il n'y a pas de bon rôle des parents. Le tout, c'est de trouver un équilibre, d'accepter. D'accepter l'autre tel qu'il est. Donc ça, c'est la base de toute relation. Et surtout, de se dire que, oui, certes, on est parent, mais par rapport aux études, on est accompagnant. Donc il faut être bienveillant, il faut être à l'écoute. Et si jamais ça part un petit peu en vrille, parce que quand on n'est pas d'accord, et si on braque le jeune, c'est vrai pour son enfant encore plus, je crois, que pour d'autres jeunes. Je le vois avec mes neveux et nièces, par exemple. Dès qu'on braque un jeune, c'est même plus la peine d'essayer de lui faire entendre raison. Il faut laisser couler et dire, non, je ne suis plus disponible pour discuter avec toi, tu n'es plus disponible pour discuter avec moi. On reprendra ce sujet plus tard. Et laisser retomber la pression. J'ai appris récemment qu'il faut attendre au moins une demi-heure pour que la colère redescende. Et puis après, on peut y revenir plus calmement. Mais il n'y a pas de vraie définition. C'est l'écoute, la bienveillance et puis être attentif tout le temps. Mais nous aussi, en tant que parents, on a le droit de ne pas être dispo à 100%, même si c'est souvent ce qu'ils attendent en fait. On les a habitués, c'est normal. Mais il faut être à l'écoute et bienveillant. Je pense qu'à partir de là, normalement, ça doit couler.
- Speaker #0
On peut voir qu'il y a des fois deux extrêmes, le parent absent qui décroche complètement et à l'inverse le parent un peu hélicoptère qui survole en permanence. Toi tu te situes où et comment tu navigues entre les deux avec ton propre enfant ?
- Speaker #1
J'essaie de me situer justement entre les deux, de garder un oeil sur ce qu'il fait mais de lui laisser une certaine autonomie. Donc comment je fais ? Je lui pose des questions, quand je sens que ça commence à l'agacer, j'arrête. et puis où je lui amène les sujets un peu différemment. Dès lors que je sens que je suis trop invasive, trop présente, j'essaie de m'en rendre compte. Ce n'est pas toujours évident parce qu'on a besoin de savoir. Et du coup, j'essaie de prendre un peu de recul. Décrocher, j'ai un peu de mal, mais après je peux comprendre parce que c'est si les enfants choisissent une voie qui est complètement différente ou complètement inconnue pour nous. Un milieu, moi je sais craindre. Il voulait et il veut toujours être journaliste sportif. Donc nous, on n'est ni sportif, ni dans le journalisme, on ne connaît personne. Et c'est des métiers pour lesquels il faut avoir des relations, il faut avoir un super réseau. Donc on lui a dit ça, on l'a accompagné dans les salons, on a été voir des écoles, etc. Effectivement, il s'est rendu compte de ça. Il s'est rendu compte de la difficulté, il n'a pas abandonné cette idée, mais pas tout de suite en fait. Il aime beaucoup tout ce qui est finances, compta, donc c'est pour ça qu'il s'est orienté vers cette fac-là, qui permet aussi une grande ouverture de choix au fur et à mesure des années. Au fur et à mesure qu'il va avancer, il va faire sa licence et puis après, ça va lui ouvrir plusieurs portes. Donc il reste ouvert à plein de choses et puis il n'exclut pas de revenir vers le journalisme, sportif ou pas, plus tard. Mais bon, c'est vrai qu'il faut beaucoup discuter, il faut essayer de les accompagner au mieux. Ce n'est pas toujours facile parce qu'il faut tomber au bon moment. Mais on a aussi notre propre vie à gérer, notre travail, la maison, les amis, on a des relations sociales. Donc voilà, on n'est pas toujours à 100% dispo en même temps qu'eux. Donc ça, c'est compliqué.
- Speaker #0
Et quand ton enfant traverse une période difficile, que ce soit des échecs, une remise en question, là tu disais tout à l'heure, juste avant, Justement, il avait cette idée de faire du journalisme et qu'il s'est rendu compte des petites contraintes qu'il pouvait y avoir. Comment, toi, tu peux le soutenir sans pour autant décider à sa place ?
- Speaker #1
Je ne décide pas à sa place. Par contre, pour le soutenir, j'essaie de l'aider à se poser les bonnes questions, à aller chercher plus d'infos. Et puis éventuellement, lui proposer de l'accompagner pour aller voir des gens. Genre pour le journalisme, on est allé voir le correspondant local chez nous. Et on a discuté un peu avec lui et il lui a expliqué qu'effectivement, lui, il a fait toute sa carrière dans le journal local. À l'époque, c'était plus facile. Il y avait beaucoup plus de presse écrite. Mais voilà, il lui a donné la difficulté, le problème du pigiste, que c'est compliqué d'en vivre, etc. Et il lui a fait prendre conscience d'un certain nombre de choses, ce qui lui a permis non pas d'abandonner son projet, mais de le reporter plus tard et de trouver autre chose. Mais je pense qu'il faut les accompagner. Après, l'accompagnement, c'est aussi en fonction du tempérament de l'enfant, parce qu'il y en a qui ne sont pas du tout réceptifs.
- Speaker #0
Il y en a qui ont besoin de cette autonomie-là, de ne pas avoir leurs parents derrière eux aussi.
- Speaker #1
Voilà. Et puis il y a celui qui sait très bien ce qu'il veut faire, où il veut aller, quelles sont les motivations qu'il pousse. Et puis il y a celui qui ne sait pas trop, parce qu'on demande à 18 ans de savoir ce que tu veux faire de toute ta vie. En fait, ce que tu veux faire pour l'instant, c'est profiter de tes potes. Devenir grand, quoi !
- Speaker #0
Déjà accepté de rentrer dans le monde des adultes.
- Speaker #1
Oui, voilà !
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des erreurs fréquentes que tu vois chez les parents, que ce soit dans ton entourage, dans le milieu pro ou autre ? Des choses qui peuvent parfois être justement bien intentionnées, mais finalement qui freinent l'étudiant au final.
- Speaker #1
Oui. Quand on veut trop accompagner son enfant, et qu'on est trop près, ça l'étouffe, et... Et systématiquement, il va se mettre en opposition. J'ai eu deux exemples autour de moi. Et en fait, c'était l'accompagnement de la maman. C'est souvent la maman d'ailleurs. Elle voulait absolument que sa fille fasse ce que la maman avait envie. Elle avait les compétences, la petite, mais elle n'avait pas envie d'en faire son métier. Elle est allée quand même. Et puis, ça a fini au clash parce qu'elle n'a pas réussi, parce qu'elle n'avait pas envie. Et finalement, elle est... Elle est devenue ce qu'elle a retrouvé, le travail qu'elle voulait faire à la base. Mais sa maman voulait qu'elle fasse des études supérieures et elle voulait être coiffeuse. Et du coup, elle réussit très bien. Elle fait des concours, elle est toujours sur le podium. Elle s'éclate dans ce qu'elle fait. Il faut accepter aussi, si les enfants ne veulent pas faire des études supérieures, il faut accepter qu'ils ne fassent pas des études supérieures. Et trop les forces, enfin, faut pas forcer de toute façon, faut bien leur dire que, voilà, moi je sais que Raph, plusieurs fois, je lui ai dit, « Bon, écoute, tu veux plus discuter, ben, c'est ton avenir, après tout, moi le mien, il est fait. » Et là, la conversation est terminée, le lendemain, ou des fois plus tard dans la journée, il revient et dit, « Ben oui, excuse-moi maman, et puis on reprend la discussion. » Et il faut être patient.
- Speaker #0
C'est un peu comme les profs. Oui, moi, j'ai mon bac ou j'ai mon BTS.
- Speaker #1
Voilà, mais c'est la vérité, en fait. Il faut, à un moment donné, comprendre qu'ils travaillent pour eux, pas pour nous. Alors nous, effectivement, on a envie qu'ils réussissent. Mais ce n'est quand même pas pour nous qu'ils le font, c'est pour eux. Et les parents, des fois, il faut qu'ils l'intègrent aussi. Même si on a envie que nos enfants réussissent, ce n'est quand même pas pour nous qu'ils le font, c'est pour eux. Il faut qu'ils fassent aussi ce qu'ils aiment.
- Speaker #0
Est-ce qu'il t'est arrivé, toi, de « rater » quelque chose dans ton propre rôle de maman ? Et qu'est-ce que tu en as appris ?
- Speaker #1
Oui, sûrement. Parce qu'en fait, au début, quand Raph était plus jeune, je voulais un peu, sans doute pour lui apprendre, lui inculquer certaines valeurs, etc. Mais à un moment donné, j'étais trop directive et je suis restée. Au début, il faut être directif, il faut mettre le cadre, etc. C'est pas évident en fait, et il y a un moment donné où j'étais trop directive. Et du coup, je sentais que je le perdais. Il ne nous disait plus rien, il commençait à faire un peu des bêtises. J'ai eu la chance qu'il n'ait jamais tombé sur des mauvaises fréquentations. Genre un groupe de jeunes qui sont tous un peu en rébellion. Voilà. Et donc ça s'est plutôt bien passé. Mais oui, j'ai dû prendre du recul à un moment donné. Ça n'a pas été facile. Ça n'a pas été facile parce qu'il faut aussi gérer les relations avec le papa. Donc ça crée des tensions entre les parents. Des fois, moi, je ne suis pas d'accord avec mon fils. D'autres fois, c'est son père. Et puis entre les deux... Il faut gérer, quoi. Mais ça clashe, des fois. Il y a des problèmes de famille, il y en a partout. Il ne faut pas aller jusqu'à la rupture, c'est ça qui est important.
- Speaker #0
Tu l'as un peu évoqué tout à l'heure dans une de tes réponses, mais quand un étudiant veut s'orienter vers un secteur que les parents ne connaissent pas, comment les parents peuvent s'informer sans projeter leur propre peur ?
- Speaker #1
Ah ben ça, c'est compliqué. Honnêtement, je ne sais pas. Je ne sais pas. Déjà, il faut se trouver du temps, parce que ça prend énormément de temps d'aller chercher de l'information. Et puis, il ne faut surtout pas aller sur Internet. Il faut essayer de trouver des contacts humains, physiques. Parce que sur Internet, on voit tout et son contraire. Et ça amplifie les peurs plutôt que ça nous rassure. Donc, voilà. Mais je n'ai pas de réponse, il n'y a pas de secret. Oui, c'est compliqué. Plus le milieu choisi ou le métier choisi est loin de ce qu'on connaît, de ce qu'on vit, plus c'est compliqué. C'est aussi compliqué pour les parents que pour l'étudiant qui veut aller vers ce secteur-là. Et en plus, c'est frustrant parce qu'on ne peut pas trop l'aider. C'est difficile de l'accompagner.
- Speaker #0
Oui, faire en sorte qu'il se crée des relations, finalement. Oui, voilà, c'est ça. Pour avoir des réponses, des témoignages concrets. Y a-t-il des signaux d'alarme qui doivent pousser les parents à intervenir davantage ? Ou à l'inverse, des signaux qui doivent les inciter à lâcher prise ?
- Speaker #1
Oui, mais c'est du ressenti. C'est vraiment propre à la relation que tu vas avoir avec ton enfant. Parce que tu connais, les parents sont assez à même de voir ça, parce qu'on connaît notre enfant. Donc on sait quand il ne va pas bien, on le sent quand il ne va pas bien. Après, il faut arriver à entamer une discussion avec lui pour qu'il exprime. Mais s'il ne veut pas, tu n'auras rien.
- Speaker #0
Si tu devais donner trois conseils à un parent dont l'enfant vient d'entrer dans le supérieur, ce seraient lesquels ?
- Speaker #1
Si je peux donner trois conseils à un parent dont l'enfant entre dans le supérieur, c'est d'être à l'écoute d'abord. C'est la première chose, c'est primordial. Ensuite, rester disponible, oui, parce qu'il va avoir besoin. Il va avoir besoin de nous. Ils ne sont pas encore suffisamment autonomes pour vivre tout seul. Mais le laisser vivre ses expériences, lui laisser une certaine autonomie et respecter son autonomie et sa vie qui devient du coup personnelle.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'un parent peut faire concrètement cette semaine pour améliorer sa relation avec son enfant étudiant ?
- Speaker #1
Concrètement, il n'y a que la discussion. Raph est passionné de foot, moi je déteste le foot, enfin je détestais, et du coup pour me mettre, enfin j'ai appris à apprécier le foot ou à le connaître, et puis je fais partie de l'association, je suis bénévole au club pour être avec lui et comprendre des choses, je ne suis pas avec lui physiquement, mais être dans un même environnement. Et j'ai essayé d'apprendre à apprécier. Alors, il y a des choses que je n'aime toujours pas. Essayer d'apprendre à apprécier le milieu, puisque c'est dans ce milieu qu'il se plaît à évoluer.
- Speaker #0
Finalement, créer un peu du lien aussi à travers cette passion. Oui,
- Speaker #1
ça crée du lien à travers ce qu'il aime, en essayant de comprendre ce qu'il aime, pourquoi il aime. Il y a des choses pour lesquelles il aime et que je n'aimerais jamais, c'est sûr. Mais voilà, ça c'était une façon de trouver, parce que moi j'aime beaucoup, je suis dans plusieurs associations, et du coup j'étais par exemple dans l'association des parents d'élèves, et je me suis dit, pourquoi pas le foot, mais moi le foot je ne vais pas le faire en tant que sport, je vais l'appréhender en tant qu'association sportive, en tant qu'association pour aider les jeunes dans leur... Aussi leur relation sociale, parce que c'est important.
- Speaker #0
Et un mot pour les parents qui ont peur que leurs enfants se trompent de voix. Est-ce que ça existe vraiment, se tromper de voix ?
- Speaker #1
Oui, oui, oui, oui, pas de problème. Évidemment, ça existe de se tromper de voix, mais c'est pas grave de se tromper. C'est quand on se trompe qu'on peut rebondir. Par contre... Il faut rester présent près de son enfant pour ne pas que l'échec perçu entraîne vers une spirale négative. Il faut rebondir sur cet échec. Avancer, ça passe par les échecs. C'est quand on rebondit sur un échec qu'on avance. Si on réussit tout, on n'avance pas. Ça, c'est clair et net. Mais il faut savoir rebondir sur un échec. Et là, il faut être présent. Il faut dédramatiser. Il faut... Alors, dans un premier temps, c'est compliqué. Mais petit à petit, avec le temps, ça finit par venir. Il faut être patient. Et il faut... rebondir sur l'échec. On apprend toujours des choses et du coup on apprend forcément de ses échecs. Mais oui, bien sûr qu'il y a plein de jeunes qui se trompent, bien sûr, comme je disais tout à l'heure, à 18 ans on leur demande de savoir ce qu'ils veulent faire toute leur vie, finalement c'est l'âge où ils sont en train de se construire en tant qu'adultes, donc ça va très vite et donc effectivement ce qu'ils voulaient hier n'est plus forcément ce qu'ils veulent aujourd'hui. Et ce qu'ils voudront demain, peut-être aura encore évolué. Surtout quand ils ne sont pas sûrs de leur choix et ils n'ont pas leur destin tout tracé dans leur tête. Il y en a qui savent très bien où ils vont, c'est très rare, c'est assez rare. Et puis il y a les autres, les autres peuvent se tromper, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Aujourd'hui, on voit bien que les parcours ne sont plus linéaires. On se rend compte aussi que... Oui,
- Speaker #1
bien sûr, et il y a plein de passerelles. Il y a plein de passerelles, il faut juste se remotiver pour rebondir. Il faut d'abord digérer l'échec, c'est normal. Mais une fois que c'est accepté, se dire, ben voilà, ok, je me suis trompé. Finalement, ça ne me plaît pas, je veux faire ça ou ça. Mais c'est aussi parce qu'il va avoir fait d'autres rencontres. Pendant cette période-là, peut-être qu'il va s'être rendu compte que ce n'est pas ce qu'il attendait. Mais oui, ce n'est pas grave de se tromper.
- Speaker #0
Donc là, on a parlé vision parent, mais à l'inverse, toi, en tant que parent, pour les étudiants qui nous écoutent, qu'est-ce que tu voudrais leur dire sur le rôle de leurs parents ? Qu'est-ce qu'ils vivent de leur côté, en gros ?
- Speaker #1
Je pense qu'en tant qu'étudiant, il faut faire confiance à ses parents. Les parents sont bienveillants, ils veulent la réussite de leurs enfants. Il n'y a pas d'école pour être parent, donc on fait ce qu'on peut, comme on peut. Avec notre vécu aussi, il faut qu'ils essaient d'être un petit peu compréhensifs aussi et bienveillants. Et en fait, si on est dans la bienveillance côté parent vis-à-vis des enfants, côté étudiant ou enfant ou jeune vis-à-vis des parents, normalement on trouve un terrain d'entente. Et là, on avance ensemble et ça se passe très bien.
- Speaker #0
Ce qu'on retient de cet échange avec Marie, c'est que le bon rôle de parent ne s'invente pas. Il se construit, à l'écoute de son enfant, pas à sa place. Entre soutien et autonomie, entre présence et lâcher prise, il y a un équilibre à trouver. Et ce n'est pas une faiblesse de chercher sa place, c'est justement ce qui fait les bons parents. Merci Marie pour cette conversation précieuse, nourrie par ton double regard de professionnel et de maman. Le campus ESPL, situé à Angers, regroupe 8 écoles et accueille plus de 3500 étudiants du bac au bac plus 5. Il se distingue par son accompagnement personnalisé, son réseau d'entreprises partenaires et son cadre moderne propice à l'apprentissage et à la vie étudiante. Envie d'en savoir plus ? Rendez-vous sur ESPL.fr. Si cet épisode vous a plu, pensez à liker, commenter et partager. Merci pour votre écoute ! et à très vite pour un nouvel épisode de La Voix du Campus.