Description
Longtemps, Anaïs a vécu sous le regard des autres. Enfant, elle cherche l'amour de sa mère et porte son surpoids comme une protection. À l'école, un surnom qui blesse, « bouboule », et la méchanceté de certains. Très tôt, l'impression que ce regard, il faut le gagner pour être aimée.
Puis il y a Mathilde. Une amie exceptionnelle, rencontrée à l'internat, emportée par un cancer à 17 ans. Sa disparition bouleverse tout. Le corps d'Anaïs encaisse, une maladie auto-immune se déclare, qui frappe d'abord les yeux. Entre chagrin et hôpital, elle décroche et ne passe pas son bac. Mais Mathilde lui laisse un cap, une force qui ne la quittera plus. « Elle aurait aimé être là, vivre. T'as pas le droit de gâcher quelque chose ou de faire n'importe quoi. »
Alors Anaïs bâtit. La coiffure d'abord, un salon ouvert avec sa sœur puis porté seule, dix-huit ans d'aventure. Son premier “bébé”, sa fierté, bien plus qu'un commerce : un lieu de lien, des clientes fidèles qui se souviennent encore d'elle. Puis les grands départs, de la France à Mayotte, de Mayotte à Tahiti, et à chaque fois tout recommencer de zéro. À chaque fois son mari derrière elle, son plus grand soutien, avec cette phrase en boussole : « si t'essaies pas, tu sauras pas. »
C'est à Tahiti qu'elle ose enfin ouvrir un salon à elle. Une autre approche du cheveu, la coupe énergétique, le bien-être, portée par une curiosité intacte : « tout m'intéresse ». Sa liberté dérange parfois, sa façon de faire passer sa famille d'abord aussi, mais elle n'y prête plus attention. À 41 ans, elle a réussi, ça marche. Et déjà elle repart vers un nouvel horizon, car de la Polynésie "on ne part que lorsqu'on a résolu quelque chose". Ce qu'elle a résolu, c'est ça : le regard des autres ne la définit plus. Ce qui compte désormais tient dans un seul cercle, son mari, sa fille. Et cette certitude qui la porte : "on a qu'une vie".
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