- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous dans le podcast Ladies in Tech. J'ai le plaisir de recevoir aujourd'hui Roxane Alavi. Roxane est adjointe d'une unité de maintenance pour le métro. On va décrypter tout cela. D'ailleurs, ce grade, qui est Roxane ? Quel est son parcours, sa personnalité, ses convictions ? Nous allons découvrir ensemble l'histoire d'une Ladies in Tech. Bonjour Roxane. Alors, pour commencer ce podcast, qui es-tu ? Et comment te définirais-tu ?
- Speaker #1
Bonjour Marie, je suis Roxane, j'ai 41 ans et je suis maman de deux garçons qui ont 12 et 10 ans. Et je dirais que j'ai un parcours quand même assez ancré RATP, j'y travaille depuis un peu plus de 15 ans, avec une grosse partie de mon parcours à l'exploitation métro et depuis peu à la maintenance du matériel roulant. Et j'ai principalement occupé des postes opérationnels, des postes où je... trouve qu'il y avait du sens, ou il y a du sens à aller travailler, c'est ça qui me plaît. Donc le travail en équipe avec faire quelque chose d'utile.
- Speaker #0
Ok, et bien justement on va revenir un petit peu sur les grandes étapes de ton parcours et comprendre un peu plus ce qui t'a fait rester autant de temps et qui te fait rester autant de temps au sein de la RATP.
- Speaker #1
Peut-être pour commencer, j'aurais partagé le fait que j'ai pas eu un parcours scolaire forcément très lisse. où j'ai eu deux années de retard avant d'arriver au bac et donc je ne me prédisposais pas forcément à des études d'ingénieur. Et après le bac, ça a été une grosse interrogation pour moi de quoi faire, comment me projeter dans un parcours professionnel. Et je l'ai fait en me disant j'aime les sciences, j'aime les maths, où j'avais plutôt des bons résultats. Et donc je me suis orientée vers une classe prépa, puis en école d'ingénieur. J'ai fait ma dernière année d'école d'ingénieur au Canada et ensuite j'y suis restée. J'ai apprécié la vie là-bas, je suis restée deux ans et demi. J'y ai fait un master et j'y ai travaillé. Et j'ai trouvé qu'il y avait une autre approche au Canada où je me suis sentie valorisée, aussi bien dans les études que dans l'entreprise, où ils étaient contents de nous voir arriver des personnes jeunes diplômées avec peut-être un nouvel regard sur les choses. Et cette expérience, je trouve, m'a permis de prendre confiance en moi. Et sortir du modèle très français, classe prépa, grandes écoles, il n'y a qu'un chemin. Très scolaire, voilà. En rentrant en France, j'ai postulé dans plusieurs entreprises. Et ce que j'ai apprécié à la RATP, c'est que c'était une entreprise qui me proposait un poste très opérationnel. Donc un poste dit d'agent de maîtrise pour être chef de régulation. Et c'était la première fois où ils recrutaient des cadres et des agents de maîtrise de l'extérieur pour faire ce parcours-là. J'ai apprécié pouvoir rentrer, être formée sur les métiers techniques. J'ai exercé comme chef de régulation, cadre dans un terminus, cadre plutôt en station, des agents de station et gare, et ensuite RH d'une ligne de métro. Et ça m'a permis de vraiment apprécier le côté très opérationnel, vie sur une ligne de métro. Et après un peu plus de dix ans... à l'exploitation. Je suis restée côté exploitation métro, mais j'ai pris un poste de CTO, sur la transformation à la direction SEM. C'est la direction qui pilote l'ensemble des stations, des agents stations et des gares du métro et du RER. Ça représente un peu plus de 6 000 agents. J'ai eu la chance de travailler à la création de mon poste et d'écrire ma feuille de route. avec une mission claire, simplifier le quotidien des agents et se préparer aux Jeux Olympiques de Paris. Et donc là, je suis rentrée dans un mode un peu plus projet, mais en utilisant ma connaissance terrain et ma connaissance opérationnelle pour le mettre au service de ce poste-là.
- Speaker #0
Ok, et du coup, on voit qu'après des études d'ingénieur dans le domaine des sciences dures, on constate que très vite... basculer, comme tu le dis, vers le terrain, l'opérationnel, et nous, comme on dit au sein de la RATP, vers le cœur métier. Et donc, quel regard portes-tu sur la tech au sein de ton parcours ?
- Speaker #1
Je dirais qu'en fait, j'ai fait des études d'ingénieur parce que les sciences me plaisaient, mais pas parce que j'étais passionnée de technique. Et n'ayant pas une très grande confiance en moi sur cet aspect-là, je trouve que le parcours que j'ai eu à la RATP, en étant formée sur les métiers, m'a permis de m'appuyer sur ces compétences techniques pour être manager. Donc je dirais que cet apprentissage, cette capacité à apprendre des nouvelles choses et à avoir un raisonnement un peu... résolution de problèmes, un peu système, m'ont permis de me concentrer sur le management plutôt que sur l'aspect purement technique. Et je suis rentrée vraiment dans l'aspect tech au sens digital projet, vraiment avec le poste de CTO. Et je dirais que ce poste-là m'a permis d'allier un peu mon approche humaine avec le... L'échange avec les utilisateurs finaux, le travail en équipe avec celle du projet et de développer un outil, des nouveaux outils. Et j'ai trouvé en fait, j'ai découvert un autre aspect, un autre métier et j'ai trouvé ça vraiment génial. J'ai trouvé que faire du projet en traitant les irritants. en déployant une vision, la vision de la directrice, j'ai trouvé ça hyper puissant et très riche. Donc, j'ai découvert un peu ça.
- Speaker #0
Tu mettais aussi en avant, quand on échangeait, la découverte de la méthodologie agile dans laquelle tu t'es retrouvée.
- Speaker #1
C'est vrai. La méthodologie agile qui nous permet de faire des pas, d'aller pas à pas, d'apprendre à prioriser. d'apprendre à prioriser et à aller voir ce qui a de la valeur. Et je trouve que du coup, ça donne un... C'est vraiment un état d'esprit. Et j'ai trouvé ça très fort et j'ai vraiment compris mon rôle. De me dire, en étant PO et CTO, mon rôle, c'est de prioriser, de définir où on va et de prendre en compte. Et j'ai compris aussi l'importance du sponsoring. Et si ça a marché, c'est parce que j'ai eu la chance de travailler avec des équipes digitales exceptionnelles à la RATP, avec deux sponsors aussi qui nous ont soutenus et qui nous ont vraiment accompagnés, la directrice de SEM et le directeur de la fabrique digitale. Et c'est eux qui nous ont donné tout ce qu'il nous fallait pour y arriver.
- Speaker #0
C'est vrai que je ne peux que rebondir sur tes mots, étant moi-même à la DSI. Et je pense qu'ils vont faire plaisir à pas mal de personnes. Parce que ton regard, il est basé sur du concret et il est marqué par ton parcours qui est très opérationnel. Et il met en avant l'évolution progressive de la relation entre l'ADSI et les métiers. Il y avait un modèle très client-fournisseur qui a prévalé pendant de nombreuses années et qui a évolué vers une logique de partenariat. Un partenariat où la technologie devient un vrai levier commun de performance, d'innovation. Par contre, cette transformation suppose une meilleure compréhension mutuelle. Et la DSI doit intégrer les contraintes opérationnelles, les enjeux terrain, la rapidité attendue par les métiers, tandis que les métiers, eux, doivent mieux percevoir la valeur créée par les investissements IT. Et c'est en ça qu'un profil comme le tien, c'est pour moi un magnifique engrenage entre les deux mondes. Merci pour ce témoignage. Et c'est sûr... Ceux qui nous écoutent, il reste encore des défis, notamment la transparence des coûts. C'est souvent où le procès est fait, mais on y travaille. Aussi, tu l'as dit, mais appuyer, c'est l'alignement des priorités ou la capacité à conconstruire des solutions qui sont adaptées aux besoins réels. Donc, l'agilité que tu as éprouvée et validée, la mise en place d'une gouvernance partagée entre monde industriel et informatique ou encore la mise en place récemment au sein de la RATP. de l'approche produit, driveée par la valeur et qui conditionne le go pour la suite, ça témoigne de cette dynamique qui est en marche et qui est en train de s'installer entre les métiers et la DSI. Merci. C'est aussi pour ça que c'est intéressant de te recevoir pour avoir l'approche de la tech vue par le terrain où on est quand même au service des métiers qui constituent notre groupe. Ton parcours, et tu l'as dit, je vais reprendre tes mots, mais il est tamponné RATP depuis la fin de tes études. Mais par contre, tu as adressé plein de métiers et des directions différentes. Pourquoi est-ce que tu as choisi en 2011 la RATP ?
- Speaker #1
En fait, j'ai postulé dans plusieurs entreprises et la RATP, il y avait plusieurs choses qui m'ont plu, qui m'ont donné envie de rejoindre le groupe. Ça a été déjà que c'était une entreprise qui proposait un parcours. Les recruteurs que j'ai vus me parlaient de ce premier poste comme de chef d'irrégulation très opérationnel, mais ensuite des postes de manager et tous les postes qui peuvent exister dans le groupe. Ce qui n'était pas forcément le cas sur d'autres postes auxquels je postulais, qui ont postulé pour une fiche de poste et voilà, j'ai plus de mal à se projeter dans les autres entreprises. Et je trouve que la RATP, en fait, je me rejoins dans ses valeurs et en tout cas l'image qu'elle me renvoie. C'est une entreprise qui a des valeurs. humaine forte, c'est une entreprise de service public qui est au cœur quand même de la région Île-de-France et voilà je trouve que c'est aussi une entreprise où on peut évoluer de n'importe quel parcours d'où on vient aussi bien en promotion interne qu'avec différents parcours diplôme diplôme c'est une entreprise qui nous permet d'avoir notre chance de tenter des nouveaux métiers d'apprendre des nouveaux métiers oui donc Je ne suis pas sûre. Dans une autre entreprise, j'ai eu la chance de faire des métiers très différents depuis 15 ans et pas le temps de m'ennuyer. Et donc, du coup,
- Speaker #0
c'est en 2021 où tu quittes ton poste. Ah non, pardon. En 2024, tu quittes le poste de CTO que tu nous as expliqué tout à l'heure pour basculer où tu fais quoi aujourd'hui ? C'est quoi ton poste maintenant, Roxane ?
- Speaker #1
Alors du coup j'ai quitté l'exploitation et j'ai rejoint la maintenance du matériel roulant. Donc ça a été quand même un gros changeant pour moi. Je suis adjointe d'unité de maintenance métro. Donc il y a cinq unités de maintenance à la RATP, je suis sur l'une d'elles. Et aujourd'hui je suis en charge de la maintenance courante des lignes de métro qui vont accueillir le MF19. Donc c'est à peu près la moitié des lignes du réseau, donc les lignes 3. 7, 8, 10, 12 et 13 ainsi que les lignes bis. Juste pour expliquer un petit peu, chaque ligne a ses trains, a son atelier de maintenance avec un responsable et toute son équipe derrière qui permet d'entretenir les trains aussi bien sur du préventif que du correctif, même si on essaie d'avoir le moins de correctifs possible. Et en gros, tous les mois, mois et demi, les trains viennent comme pour un garage, ils viennent à l'atelier pour être entretenus sur leur cycle de maintenance. Sur ce poste-là, c'est très riche parce qu'en fait, on est en pleine transformation. On a l'arrivée du MF19 sur la ligne 10, donc avec tout ce que ça implique, l'accompagnement des agents, la formation. Aujourd'hui, c'est un métier qui va évoluer, leur métier, parce que c'est un train. Le MF67 historique n'a pas d'informatique, le MF19 a beaucoup plus d'informatique, donc il va falloir accompagner cette montée en compétences, cet apprentissage. Et on a aussi des ateliers qu'on doit transformer. Aujourd'hui, nos ateliers ne peuvent pas accueillir des MF19, donc il y a des ateliers qui sont fermés pour des périodes de 5 ans de travaux. Donc ça veut dire dispatcher les trains sur d'autres ateliers avec des convois, pour ne pas que ça se voit pour les voyageurs, et qu'on continue à mettre les trains à disposition. et des ateliers où il y a des travaux, donc de la coactivité. Au lieu d'avoir neuf voies de maintenance, ils n'en ont plus que trois. Donc on a dû revoir l'organisation de travail. Donc ce poste, c'est beaucoup de management et d'accompagnement aussi de la transfo. Avec notre priorité, c'est mettre à disposition des voyageurs et donc des conducteurs, de l'exploitant, un matériel roulant fiable et en sécurité. Et pour ça... On utilise aussi des outils. Il y a le côté management et vie opérationnelle, mais il y a aussi, par exemple, les AIC, les outils de reporting. Donc, la mise en place des AIC, c'est les animations intervalles courts qui sont à tout niveau, donc au niveau de l'agent de maîtrise avec son équipe, mais aussi au niveau du codire toutes les semaines. Donc, on utilise les outils d'excellence opérationnelle, par exemple, pour essayer d'améliorer notre performance.
- Speaker #0
Oui, et puis pour avoir visité un atelier de maintenance, effectivement, c'est... Vraiment intéressant de voir qu'ils sont utilisés au quotidien par toutes les personnes qui sont dans l'atelier et que c'est efficace.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Et du coup, sur ce poste, c'est quoi ton défi personnel ?
- Speaker #1
Je dirais que j'en ai trois. Défi, déjà ça va être... Aujourd'hui, on parlait de la transfo et de tous les ateliers avec lesquels je travaille. On est sur un peu de réécrire l'histoire avec... à construire une seule unité. On est deux unités de maintenance qui se sont regroupées et on doit en construire une. Et ça, ça veut dire casser un peu les codes de la maintenance et des unités comme on a toujours connu en termes de gestion. Et donc là, pour moi, j'aurais réussi si on voit que cette unité, elle voit le jour et qu'on arrive à gagner en efficacité, à profiter des règles, l'arrivée par exemple des trains sur la 10, ça profite aussi aux collègues de la 13 quand les MF19 vont arriver. Ça c'est un premier défi. Le deuxième défi ça va être de réussir à continuer à assurer la... la mise à disposition du matériel roulant dans un contexte où le matériel sur les lignes historiques, enfin le matériel historique est vieillissant, donc on commence à avoir plus de difficultés à le maintenir, il fait plus de pannes, des problèmes de fiabilité, tout en accompagnant et sur la transfo du nouveau métier pour actuer le MF19. Et enfin, c'est tout ce qui est transfo, modernisation de nos outils. Aujourd'hui, on a beaucoup de papiers encore à... à la maintenance et on va avoir une nouvelle GMAO qui va être déployée. Cette GMAO, ça va demander l'utilisation de tablettes, ce qui n'est pas forcément dans les habitudes aujourd'hui de nos agents. Donc ça va être un changement. L'outil va accompagner une transformation métier et ça, il va falloir qu'on soit au rendez-vous et ça va être essentiel. Ça, j'appréhende un petit peu en termes de changement. Et un défi un peu plus personnel, on va dire, c'est de continuer à travailler avec le même état d'esprit, où j'apprécie travailler en équipe, une approche collaborative, pour qu'on se sente bien de travailler ensemble. Et je me dis qu'en travaillant bien ensemble, on relève plus facilement les défis.
- Speaker #0
Et tu parles aussi de reproduire la démarche des petits pas ou itératifs. de l'agilité, donc de servir finalement des apports de ton poste dans le digital sur la maintenance.
- Speaker #1
Exactement, le défi c'est aussi ça, de réussir à utiliser, comme tu l'as dit Marie, ce que l'agile et l'expérience de CTO m'a apporté pour me mettre en mode projet, petit pas et aller voir où il y a de la valeur pour choisir ses combats.
- Speaker #0
Et du coup ce poste, tu l'auras réussi si...
- Speaker #1
Pour moi, je l'aurais réussi si on continue à travailler en équipe, l'équipe qu'on est, qui se soutient au quotidien pour réaliser notre mission, si nos résultats s'améliorent. Mais mon côté un peu fleur bleue utopique me dit que si on apprécie travailler ensemble, les résultats suivront. Et d'un point de vue un peu plus... plus personnel, c'est de réussir des fois à baisser un peu cette petite voix qui me dit que je ne suis pas forcément légitime à ma place. Et ça, c'est un travail qui nous suit sur la durée.
- Speaker #0
De l'exploitation, de la maintenance, des postes à responsabilité qui nécessitent une forte présence sur le terrain, il faut le dire. Comment est-ce que tu articules le pro et le perso ? Est-ce que tu as trouvé un équilibre,
- Speaker #1
en tout cas le tien ? Je ne sais pas si je l'ai trouvé, il y a des fautes, je pense que tu le trouves et après hop, c'est à retravailler. En fait, en ayant fait des études d'ingénieur, j'ai longtemps pensé que l'homme et la femme étaient pareils, que je devais travailler de la même façon et voilà, c'était pareil. Et en fait, à ma première grossesse, j'ai pris conscience quand même que c'était pas pareil. Et juste pour illustrer, j'ai annoncé ma première grossesse un peu avant trois mois. Et quand j'en ai parlé avec mon mari, lui l'a annoncé, je crois, quelques semaines, quatre semaines peut-être avant la naissance de notre fils. Et je trouve que ça m'a permis de prendre conscience que ce n'était pas pareil. En fait, on n'était pas pareil et que ça n'a pas le même impact dans l'entreprise. Et que les managers n'appréhendaient pas. Pas aussi les choses de la même façon quand c'est une femme et un homme. Donc ça, ça m'a un petit peu fait prendre conscience des choses. Mes deux grossesses m'ont fait prendre conscience des choses. Et j'ai compris aussi qu'on ne pouvait pas être partout. Et ça rejoint un peu la méthode agile. Il faut choisir, il faut prioriser, il faut choisir ses combats. Là où on a de la valeur et puis savoir renoncer à certaines choses. Mais ce n'est pas évident. Je trouve qu'on est souvent tiraillés. Je ne suis pas habite de ne pas être avec mes enfants et d'un côté j'adore mon travail. Mais je trouve que le débat est vaste sur les postes à responsabilité versus la présence avec les enfants. Je me sens très tiraillée. J'accepte un peu plus aujourd'hui. J'accepte que des choses ne soient pas parfaites, que ce ne soit pas bien fait chez moi. Et puis, d'un point de vue vraiment très perso, ce qui a changé dans les dernières années, c'est que mon mari a fait une reconversion professionnelle où il a beaucoup plus de... un peu plus de flexibilité et ça m'a déchargé un petit peu de toute une charge mentale sur les horaires pour récupérer les enfants, la gestion des vacances scolaires qui était un vrai casse-tête avant. Voilà, donc je trouve que c'est toujours fragile comme équilibre, mais j'y travaille.
- Speaker #0
C'est le tien en tout cas. Et c'est vrai que moi, je me retrouve totalement dans les tiraillements que tu évoques et dans le débat que tu proposes où placer le curseur entre... les engagements professionnels, les engagements personnels. Et alors, la réponse, elle est simple en théorie. C'est là où on trouve notre alignement. Mais par contre, le mode opératoire, il est on ne peut plus complexe. Et comme tu le dis, c'est un équilibre permanent à trouver. C'est une recherche quotidienne. Et moi, j'ai lu un super livre. Je mettrai les références dans le descriptif du podcast. C'est la charge mentale des femmes et celle des hommes. Oui, ils sont concernés ici. mieux la détecter pour prévenir le burn-out. Et c'est du docteur Aurélia Schneide. Et en fait, là où beaucoup d'œuvres parviennent plus facilement à cloisonner les sujets et à se détacher émotionnellement de certaines situations, en tant que femme, nous, on a souvent tendance à vouloir tout anticiper, tout analyser avec une empathie constante ou en tout cas fortement présente. Voilà, c'est ça. Et toi, tu parles de lâcher prise, pas par opposition, mais en tant que femme, en fait, on est... beaucoup plus enclin au syndrome du perfectionniste, être performante au travail, avec les enfants, attentive aux autres, capable de tout gérer sans jamais faillir. On est nombreuses à connaître cette deuxième journée. Alors moi, j'utilise même le terme troisième journée parce qu'en fait, il y a la journée pour moi, classique, celle avec les enfants et celle où après, le soir, on comble un peu le tout. Tout à fait. Ce qui nous reste. Et cette surcharge, elle a un impact réel sur la santé mentale. Il y a 26% des femmes qui déclarent un état de santé mentale moyen ou mauvais contre 14% des hommes, selon le baromètre IFOP 2024. Donc du coup, reconnaître cette réalité, elle est déjà essentielle pour faire évoluer le partage des responsabilités, sortir d'un modèle où les femmes continuent trop souvent de porter l'essentiel de l'organisation, de l'anticipation et de cette charge émotionnelle du quotidien. Déjà le fait d'en parler n'est pas la solution, mais on se sent aussi moins seule. Et toi, tu parles d'accepter, d'évoluer. Et pour cela, il faut, comme tu le fais, échanger, se questionner, parler. Et pour en parler, il faut oser. Oser pour montrer la voie, oser pour faire tomber ces biais qui nous enferment de manière souvent inconsciente. Et d'où tires-tu ton inspiration ? Parce que moi, je te sens pleinement consciente de cette situation. Tu exposes tes questionnements pour faire avancer les choses. Qu'est-ce qui t'inspire ou qui t'inspire ?
- Speaker #1
J'ai eu la chance d'avoir ma maman qui travaillait chez Thalès et qui nous a élevées seules. On est quatre enfants. Elle travaillait dans un environnement très masculin, une culture assez ingénieure. Et je pense qu'à sa génération, les rapports au travail n'étaient pas les mêmes encore. C'était une autre époque. Et en la voyant faire, Je me suis dit que c'était possible qu'on pouvait allier pro et perso, en tout cas s'investir au travail et avoir une vie de famille. Et j'ai vu aussi, je pense pousser aussi, l'importance d'avoir une indépendance financière en tant que femme, alors homme aussi, mais je trouve que c'est quelque chose qui m'a quand même animée au début. aujourd'hui même recul mais je pense que dans mes études ça m'a poussé et par contre je me dis qu'il y a quand même des barrières en fait donc c'est pas évident à toutes les lever on va dire mais je trouve que c'est pas évident d'être une femme dans le monde du travail et qu'il y a encore des biais et encore des sujets sur lesquels il faut travailler, avancer
- Speaker #0
Et justement quel regard Portes-tu sur la place de la femme dans la tech et l'industrie aussi aujourd'hui ?
- Speaker #1
En fait, j'ai été surprise en étant CTO de pouvoir travailler. En fait, on était majoritairement des femmes. C'était la première fois que ça m'est arrivé. C'était vraiment génial. Chacune, alors peut-être c'était l'Agile aussi et que j'ai eu la chance de rencontrer des personnes super, mais j'étais entourée de personnes extrêmement compétentes. Chacun avait son rôle et on a vraiment travaillé dans la même direction avec ce que chacun pouvait apporter. Et de voir dans le digital autant de femmes, je trouvais que ça a marqué un contraste assez fort avec l'exploitation. Il y en a, mais pas autant. J'ai eu vraiment la chance de travailler avec des personnes brillantes. C'était vraiment super. Je trouve que dans l'industrie, maintenant que j'ai rejoint MRF, il faut se le dire, il n'y a pas autant de femmes. Il y a quand même un taux de féminisation qui reste... qui reste très faible. Je pense qu'il s'explique avec aussi les études, en miroir avec les études scientifiques ou les métiers très techniques. Il y a peu de femmes dans ces cursus-là, donc ça se ressent. Mais j'ai l'impression que ça s'entretient aussi, dans le sens où aujourd'hui, je pense qu'il y a un côté rassurant pour des managers de mettre des hommes sur des postes de managers. Je pense qu'il faut réussir à sortir de ce modèle-là de parcours où on identifie un homme à la fin de ses études et pour dérouler, où une femme, ce n'est pas tout à fait les mêmes schémas, les mêmes trajectoires, déjà par les grossesses, si la femme souhaite en avoir et en a. J'ai l'impression qu'il y a ce sujet-là un peu à faire évoluer, la vision aussi de la direction sur la place des femmes sur des postes à responsabilité. Parce qu'on va plus facilement, je trouve, se poser la question de est-ce qu'une femme a les épaules pour prendre un poste à plus forte responsabilité ? Est-ce qu'elle va être assez stricte ? Est-ce qu'elle va être capable de gérer sa vie perso ? Question qu'on ne pose pas à un homme qui est plutôt rassurant avec son costume. Voilà, donc je pense qu'on a encore un peu... On se permet encore certaines questions ou réflexions sur les femmes qu'on n'aurait pas. Mais je trouve qu'on a quand même fait du chemin à l'RATP. Aujourd'hui, on voit des femmes à des postes à... une forte responsabilité, dont des postes au COMEX. Je pense à Sylvie Buglioni, qui est la chef d'orchestre de tout le monde, projet, maintenance et DSI. C'est quand même un pan énorme de l'ARATP. Et je pense que... J'apprécie notre ancienne PDG, Catherine Guébert, qui se trouve... a été un vecteur, en tout cas, dans cette dynamique-là. Et j'avais entendu son podcast, elle avait été interviewée dans un podcast de Léa Salamé, et je trouvais qu'elle avait vraiment mis en lumière le fait qu'elle, avec ses convictions, forte en fait de favoriser le fait d'accompagner les femmes sur des postes à plus forte responsabilité et pas forcément de l'identifier à la sortie des études et d'accepter que le... Ça peut être un peu plus tard, un peu plus... Voilà, en tout cas, de... Mais vraiment, la mettre à la place de la femme dans l'entreprise. Et elle a fait des... Je trouve, de son temps, il y a eu des nominations fortes, comme au métro ou au secteur, en station, de femmes sur ces postes-là où il n'y en avait pas avant.
- Speaker #0
Sur tes recommandations, j'ai écouté le podcast. Il y aura les références qui seront mises également dans le descriptif de l'épisode. Et je vous conseille de l'écouter. On découvre une femme avec un bon caractère et des convictions et ça fait plaisir à écouter. Merci pour le partage Roxane. Et du coup, que dirais-tu à l'ado de 15 ans ?
- Speaker #1
C'est dur, c'est dur comme question. Je dirais qu'on peut tout faire comme on est. On n'est pas obligé de se changer, de rentrer dans un moule pour aller là où on a envie d'aller. Et qu'il y a plusieurs façons. d'y arriver, il n'y a pas qu'un chemin, il n'y a pas qu'un modèle et peut-être de se dire qu'une période de nos vies ne définit pas toute notre carrière on peut avoir des moments difficiles et ça ne définit pas tout et derrière il y a un autre point, moi 15 ans c'était dur scolairement comme je disais au début et peut-être de réussir à ne pas écouter des personnes qui considèrent qu'on ne rentre pas forcément dans une case pour faire certaines choses de s'accrocher je me dis Merci. Aujourd'hui, je suis contente de mon parcours et je pense être restée fidèle à moi-même, donc d'être naturelle, pas être rentrée dans un moule.
- Speaker #0
Merci Roxane pour cet échange, pour le partage de ton histoire. À la croisée du digital et de l'industrie, authentique et femme de terrain, une ladies in tech qui, nous l'espérons, va en inspirer de nombreuses autres. Merci.