Speaker #0Avant de commencer, une info importante. L'offre du cabinet Mon Bon Statut ferme définitivement le 31 juillet. Si vous vous posez des questions sur votre statut, vos charges ou encore votre fiscalité, c'est le moment ou jamais. Je prépare un nouveau format, plus stratégique, avec une vraie analyse de vos flux, de vos projets ou encore de vos enjeux patrimoniaux. Ce sera plus complet, mais surtout plus cher. Donc si vous voulez bénéficier d'un accompagnement de qualité à un tarif qui ne reviendra plus jamais, réservez votre consultation avec mon offre Mon Bon Statut avant le 31 juillet. Le lien est juste en dessous dans la description de l'épisode. Bienvenue dans le podcast LawHerb, le podcast qui vous permet de démystifier le droit et de le rendre accessible dans votre aventure entrepreneuriale en tant qu'entrepreneuse. Parce que dans l'ohur, on pense que le droit et l'avocat doivent être les alliés de la réussite entrepreneuriale des femmes. On parlera donc d'entrepreneuriat, de cerveau reptilien, de contrat, de sororité ou encore de Beyoncé. Bonne écoute à toutes ! Épisode 2, payer le moins de charges possibles, bonnes ou mauvaises idées. Hello à tous, je suis Estelle Bi, avocate en droit des affaires. Je vous aide à vous lancer et à développer votre projet sur la partie juridique, mais pas que. J'aborde aussi souvent des questions qui fâchent comme l'argent, votre rentabilité ou encore votre rémunération. Aujourd'hui, je m'attaque à une croyance qui est très forte chez vous, entrepreneuses, mais également chez beaucoup d'entrepreneurs. C'est le fait de vous la optimiser à tout prix. payant le moins de charges possibles et ce, dès la création de votre entreprise. Et quand je dis charges, je pense aux cotisations sociales que vous devez reverser aux ursafs au titre de votre activité. Je pense qu'il était nécessaire de faire un épisode sur cette question de charges car pour beaucoup d'entrepreneurs, hommes et femmes de manière confondue, c'est un vrai sujet. Souvent, il y a cette incompréhension quant au fait de devoir payer des charges sociales plus ou moins importantes. Et plus particulièrement, lorsque je m'entretiens avec des entrepreneurs dans mes consultations, souvent ce sont des entrepreneurs qui ont choisi le statut de l'auto-entreprise slash micro-entreprise parce qu'elles souhaiteraient payer le minimum de charges sociales possibles. Et parce qu'elles se disent que payer le moins de charges possibles, c'est la meilleure des solutions lorsqu'elles entreprennent et surtout si elles débutent. Car, évidemment, et ça je le comprends, quand on débute, ce n'est pas comme si l'argent pouvait couler à flot pour votre entreprise. Et pour rappel, en auto-entreprise, si vous ne faites pas de CA, vous ne payez pas de cotisation sociale parce qu'elle se calcule sur le montant du chiffre d'affaires. Dit comme cela, on a l'impression que le statut de la micro-entreprise a l'air super alléchant. Mais est-ce que c'est vraiment en réalité une bonne idée ? Est-ce que vous savez concrètement à quoi ça sert de payer des charges sociales ?. Tout d'abord, pourquoi paie-t-on des charges sociales ? Alors évidemment, lorsqu'on est entrepreneur, il n'y en a aucun que j'ai rencontré et qui vont me dire tout de suite « Voilà, j'adore payer les charges sociales sur mon chiffre d'affaires » parce que, évidemment, vous avez tous l'impression psychologiquement qu'il y a un manque à gagner. Déjà, vous avez déjà eu du mal à négocier le montant de votre facture et en plus, vous allez devoir payer une partie de votre chiffre et les reverser en fait aux ursaf. Mais en fait, moi je voulais faire cet épisode aussi pour mettre un peu les choses au clair. Donc en gros, pourquoi est-ce qu'on doit payer des charges sociales ? Tout simplement parce que ça vous permet d'être protégé lors des événements de vie importants. En effet, je rappelle qu'en France, comment ça fonctionne ? Lorsque vous payez des charges sociales, vous cotisez pour pouvoir financer le système de protection sociale. Lorsque vous payez les URSAF et les caisses de retraite, il y a une redistribution de vos sous par la suite, par derrière, pour couvrir les risques comme la maladie, le congé maternité. Les cotisations sociales vont servir par exemple à vous verser des indemnités journalières en cas de maladie ou de congé maternité. Ça sert aussi à couvrir les risques type de famille. Les cotisations sociales vont aussi vous servir dans les aides de garde d'enfants, par exemple via la CAF, ou encore les risques, c'est par exemple la vieillesse, les cotisations sociales qui vont servir à payer la retraite. Jusqu'à présent, vous étiez salarié ou encore fonctionnaire, souvent avant de vous lancer en tant qu'entrepreneuse. et au niveau de votre protection sociale. En fait, ce système de protection était pris en charge à 5% par votre employeur ou encore par l'État. Donc, vous ne vous rendiez pas forcément compte, mais ce système vous permettait d'être relativement bien protégé d'un point de vue social. Or, comme aujourd'hui, vous êtes à votre compte, vous devez penser à vous protéger vous-même. Ce qui veut dire que cotiser dans les bonnes conditions vous permettra d'être bien protégé en cas de maladie. congés maternités ou encore pour ce qui s'agit de la retraite, même si je sais que du fait de la réforme, un certain nombre de droits ont été reniés et malheureusement beaucoup pour les femmes. Deuxième point, est-ce qu'il faut par conséquent lorsqu'on se lance, essayer de payer le moins de charges possibles ? Alors à cette question, moi je ne suis clairement pas pour essayer de payer le moins de charges possibles. Votre couverture sociale en effet peut être réduite en deçà d'un certain seuil de chiffre d'affaires si vous êtes en auto-entreprise ou en deçà d'un certain montant de rémunération que vous toucherez en tant que dirigeante de votre société. C'est-à-dire que si par exemple vous faites un chiffre d'affaires qui est trop bas ou bien si vous versez une rémunération qui est trop basse, votre couverture sociale pourra être réduite. C'est notamment le cas pour le congé maternité. Donc quand même un moment... assez important dans votre vie en tant que femme. Et en fait, un moment de fragilité économique, il faut dire ce qu'il y a lorsque vous êtes entrepreneuse, ou bien les indemnités journalières pourront s'en retrouver clairement baissées. Et c'est un vrai sujet, car je vois souvent des messages dans les groupes Facebook avec des entrepreneuses qui ne réalisent pas que parce qu'elles ont choisi la micro-entreprise et parce que leur chiffre d'affaires est trop bas, elles se retrouvent à toucher une indemnité à hauteur de 5 euros et... Quelques, 5 euros et quelques par jour lors de leur congé maternité. Ce qui veut dire qu'en l'absence de paiement des charges, ou si vous ne payez pas ou pas suffisamment de charges sociales, vous ne pourrez pas être bien protégé en cas de maladie, congé maladie, congé maternité ou encore pour la retraite. C'est pourquoi lorsque vous choisissez votre statut, choisir celui qui vous permet de payer le moins possible de charges, ce n'est clairement pas le seul critère à prendre en compte. Une fois que j'ai dit ça, comment on fait concrètement pour choisir son statut et quels critères prendre en compte ? Je peux faire un récapitulatif rapide de ce que vous devez payer en termes de cotisation sociale. Pour que cela soit plus simple, je vais vous donner un exemple. Si par exemple, vous avez une activité de prestation de service, voici ce que vous devrez payer en fonction de votre statut. Donc première hypothèse, vous êtes en micro-entreprise. vous devrez payer environ 22% de charges sociales assis sur votre chiffre d'affaires. Aussi, si vous faites par exemple 10 000 euros de chiffre d'affaires, vous payerez quelque chose comme 2 200 euros de charges sociales. En société, si vous êtes en SARL ou bien en URL, c'est la même chose. On augmente un peu les taux, donc on est sur du 40% environ de charges sociales, mais ouvrez bien vos oreilles, assis sur votre rémunération en qualité de gérante majoritaire. et non pas sur votre chiffre d'affaires. Donc, si vous vous souvenez bien, j'avais dit, en micro-entreprise, c'est 22% de chiffre d'affaires. Alors que quand vous êtes en SARL, en société, c'est vraiment l'assiette correspond en fait à votre rémunération. Donc, il faut le préciser et c'est hyper important parce que souvent, moi, ce que je vois, c'est que les entrepreneurs se contentent de comparer le taux. Mais si l'assiette est différente, évidemment que le calcul n'est pas exactement le même. Je rajouterais pour être un peu complète quand même, que vous soyez en SARL-EURL, même si vous ne vous versez pas de rémunération, vous devrez malgré tout payer une cotisation minimale forfaitaire. Et il faudra souvent rajouter des cotisations sociales en supplément si vous décidez de vous verser des dividendes qui sont au-delà de 10% du capital social de votre société. L'autre option, c'est vous êtes toujours en société, mais là cette fois-ci vous êtes en... SAS ou bien en SASU en qualité de dirigeant ou de mandataire social. Et là, en revanche, c'est la version la plus « chère » parce qu'on sera plutôt sur du 80% environ de charges sociales assises sur votre rémunération. En revanche, ici, si vous ne vous versez pas de rémunération, il n'y a pas de nécessité de payer des cotisations URSAF. Mais attention, car potentiellement, il y a une possibilité à ce que vous ne soyez plus protégé d'un point de vue social. maladie, congé maternité ou encore retraite. Et c'est souvent un statut qui est choisi si vous êtes typiquement éligible à vos droits au chômage, parce que quand vous êtes demandeur d'emploi, vous bénéficiez encore d'une protection sociale qui est reliée à votre statut de chômeur. Donc c'est pour ça que souvent, vous allez rencontrer des entrepreneuses ou des entrepreneurs qui vont être en SAS ou bien en SASU et qui ne vont pas forcément se verser de rémunération, mais qui en revanche... grâce à leur statut de chômeur, leur permettront de bénéficier d'une protection optimale par rapport à la sécurité sociale. Et enfin, je rajouterais que si vous êtes en SAS, il faudra aussi faire attention si vous versez des dividendes qui sont dans tous les cas soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 30%. Alors j'insiste sur le fait qu'il faille faire attention lorsque justement on en parle. parce que c'est un peu comme si on comparait des choux et des carottes. Parce que dans un cas, on a un pourcentage qui est assis sur le chiffre d'affaires et dans un autre cas, on va regarder un pourcentage qui est calculé sur votre rémunération en tant que dirigeante. Or, et là je précise des choses si ce n'est pas clair, il faut savoir que quand vous êtes en société, le chiffre d'affaires ne constitue pas votre rémunération. Aussi, quelquefois, Même si vous êtes en société, il peut finalement arriver que vous ne payez pas autant de cotisations sociales que ça. Et encore une fois, j'aime bien le dire lorsque vous venez me voir en consultation, en réalité tout se calcule. Et tout ça donc pour vous dire qu'en gros, avant de foncer tête baissée et de se dire qu'il faut absolument choisir la micro-entreprise parce que toutes vos copines l'ont fait, parce qu'il y a peu de charges, il faudra faire attention aussi à d'autres critères pour choisir son statut. comme typiquement les dépenses qu'on souhaite faire pour son activité ou son entreprise, le fait de demander du financement ou non pour son activité, le fait de vouloir s'associer ou non, etc. Évidemment, si vous ne comprenez toujours pas comment cela peut fonctionner, je vous invite à aller consulter une avocate comme moi ou encore un expert comptable parce qu'on est des professionnels qui pourront vous aiguiller sur les questions que vous pourrez vous poser. Il est souvent tentant quand on crée une entreprise de faire des économies et c'est vrai que c'est un critère non négligeable car à moins d'avoir de l'argent de manière illimitée, entreprendre évidemment ça coûte énormément de sous. Mais clairement s'il y a un critère sur lequel il faudra faire attention, c'est cette question de charge sociale. Comment pouvez-vous arbitrer entre deux solutions si vous ne savez pas comment ça fonctionne ? Donc c'est tout pour aujourd'hui. J'espère que j'aurai réussi à débunker votre peur sur cette question de charge sociale. Je vous retrouve. dans deux semaines, dans un nouvel épisode de Law Her qui sera dédié à un thème que j'affectionne particulièrement et que vous connaissez évidemment. C'est le sujet de l'argent et de vos biais qui vous empêchent d'entreprendre efficacement. En attendant, je vous souhaite à toutes une très bonne semaine. Je vous remercie pour votre attention et je vous dis à très bientôt. Merci.