Speaker #0Bienvenue dans le podcast Law(Her), le podcast qui vous permet de démystifier le droit et de le rendre accessible dans votre aventure entrepreneuriale en tant qu'entrepreneuse. Parce que dans Law(Her), on pense que le droit et l'avocat doivent être les alliés de la réussite entrepreneuriale des femmes. On parlera donc d'entrepreneuriat, de cerveau reptilien, de contrat, de sororité ou encore de Beyoncé. Bonne écoute à toutes ! Hello à toutes et bienvenue sur Law(Her), le podcast juridique qui ne tourne pas autour du pot. Ici, on parle chiffre, droit, pouvoir et liberté. Je suis Estelle By, votre hôte, avocate en droit des affaires et en droit des sociétés, et j'accompagne les entrepreneurs depuis plus de dix ans. Aujourd'hui, je m'attaque à une idée reçue que je vois un peu trop souvent dans mon cabinet. Pensez que parce que votre business cartonne, vous êtes protégé comme il faut. contre tout chiffre d'affaires à 6 chiffres, compte pro qui déborde, l'impression d'avoir réussi. Par ailleurs, c'est ce que la plupart des coachs business essaient de vous vendre, à savoir réussir à atteindre le fameux SMIC LinkedIn ou encore un chiffre d'affaires à 6 chiffres. J'ai donc décidé aujourd'hui de prendre le contre-pied dans l'épisode du jour parce que oui, ce qu'on ne vous explique pas, c'est que ce n'est pas parce que vous avez un business florissant que vous êtes protégé contre tout. Et la réalité, c'est ça. Si vous n'avez pas structuré ce succès juridiquement, quelquefois, vous ne verrez pas le fruit de votre travail. Et le fait, il y a des risques pour que vous puissiez tout perdre. Et je n'exagère pas. Et là, je pense à deux de mes clientes pour lesquelles j'ai pu travailler qui ont eu le réflexe de consulter en amont n avocat pour les aider à voir plus clair dans leur activité. Donc je vais vous faire un petit topo de ce qui s'est passé pour mes deux clientes. Donc pour ma première cliente, consultante dans le secteur hyper pointu de l'IA, elle bosse en solo, facture entre 150K et 250K par an de chiffre d'affaires, Ce qui est, vous me direz, plutôt confortable étant donné le peu de charge qu'elle a. en dehors de sa rémunération. Un de ses clients lui a donc proposé ce qu'on appelle un management package des BSA à titre d'intéressement. Donc si ça ne vous dit rien, en gros, l'idée c'est de dire, plus elle est impliquée et plus elle génère de la valeur pour la boîte et plus elle peut se retrouver avec des actions qui vaudront cher en cas de revente. Donc potentiellement pour elle, c'est le jackpot. Sauf qu'en regardant de plus près, après avoir audité, analysé sa situation, regardé les documents qui ont pu être signés par elle, il s'est avéré que son plan de BSA ne prévoyait rien en cas de décès. Donc, si demain, il lui arrivait quelque chose, ses héritiers se retrouveraient avec des titres dans la société, effectivement, mais qu'ils n'auraient pas pu vendre, ni valoriser, ni gérer. En gros, un actif bloqué, certes, qui vaut de l'argent, mais en réalité un désastre juridique et émotionnel pour ses héritiers. C'est pour ça que j'insiste souvent, moi, auprès de mes clientes. Lorsqu'on vous propose un petit pourcentage du capital social, voire ce qu'on appelle, nous, effectivement, un management package, on a l'impression, souvent, de devoir être extrêmement reconnaissante vis-à-vis de la boîte qui, justement, vous a proposé ça. Parce que... On a été choisi et donc ce qui se passe, c'est que psychologiquement, vous n'allez pas être suffisamment tatillon. Et pour le coup, c'est un vrai problème parce que vous pouvez vous faire avoir parce que vous ne maîtrisez pas suffisamment les mécanismes juridiques et financiers. Deuxième cas cliente, une cliente avec une boîte de production qui génère 300.000 euros de chiffre d'affaires par an. Elle est venue me voir parce que sa première crainte C'était justement de pouvoir bien protéger ses enfants pour leur léguer quelque chose en cas de décès. On a donc fait un petit audit de sa situation personnelle. Et là, son souci à elle, en l'occurrence, c'était son régime matrimonial. On s'est rendu compte que comme elle était mariée sous le régime de la communauté légale, la moitié de la valeur de sa boîte appartenait à son mari. Et oui, même s'il n'a jamais participé à une quelconque réunion. Jamais envoyé un devis, jamais travaillé dans sa boîte. Ça peut paraître bizarre, mais la conséquence c'est qu'en cas de divorce, elle aurait dû reverser la moitié de la valeur de sa boîte à son mari. Et malheureusement, ou heureusement, le droit est fait de cette façon, notamment s'agissant du droit de la famille. Alors évidemment, on a pu régler les choses en modifiant le régime matrimonial avec un notaire. Donc, vous voyez bien qu'il y a des sujets. Ce n'est pas parce qu'en fait, vous générez beaucoup de chiffres d'affaires, vous avez un business à six chiffres, que les choses peuvent bien se passer. Ces deux clients ne sont pas des exceptions parce que malheureusement, on a tendance, en tant qu'entrepreneur, à se focaliser beaucoup sur la partie business de son activité. Donc, on va penser au développement, à sa com, à la production auprès de ses clients. Sauf que souvent, ça ne va pas suffire. Et donc là, tout de suite, je vous vois venir. Donc, vous allez me dire, mais en fait, moi, ce qui se passe, c'est que je n'aime pas penser à toute cette protection juridique. Je suis obligée de penser à des choses qui ne sont pas intéressantes. Et pour le coup, je vais plutôt me focaliser sur l'aspect business, donc tout ce qui est les impayés, les contrats, la paperasse. Mais en réalité, ce qu'il faut savoir, c'est que les vraies failles ne viennent pas toujours du monde professionnel. Souvent, elles peuvent venir de la sphère perso. Vous voyez, vous vous êtes marié sans contrat de mariage. et vous avez par la suite créé une société, sachez qu'en fait, ce qui se passe, c'est que votre entreprise est désormais un bien commun. Donc, ça risque de tanguer extrêmement fort en cas de divorce. Donc, potentiellement, les choses peuvent mal se passer et pour le coup, ça peut vous crisper, vous, de votre côté si vous savez que vous devez reverser la moitié de la valeur de votre société à votre futur ex-mari. Dans le deuxième cas que je vous ai raconté, au cours de l'épisode. Donc, effectivement, vous avez reçu des titres, des BSA ou bien des actions. Et le problème, c'est que vous n'avez pas regardé les clauses en cas de décès ou encore d'incapacité. Donc là, effectivement, ça peut être un problème. De la même façon, vous avez un business à six chiffres et avec de la trésorerie à ne plus savoir quoi en faire, peut-être qu'il est temps d'y réfléchir pour préparer votre retraite. Et j'insiste là-dessus, plus vous gagnez de l'argent, en réalité, plus vous êtes exposé. Les risques ne diminuent pas avec le chiffre d'affaires, ils augmentent. Si je devais vous donner un conseil, voici ce que vous devriez sécuriser dès aujourd'hui. Et je pense que vous l'aurez compris avec ce que je viens de vous expliquer, même si évidemment, ce n'est pas amusant. Donc déjà, la question de votre régime matrimonial, parce que le régime matrimonial, c'est vraiment le premier angle mort et je le vois tout le temps. On pense que la communauté des biens, c'est de l'amour. Mais juridiquement, c'est potentiellement du mélange de patrimoine avec votre plus 1 pour votre entreprise que vous aurez créée. Même s'il y a évidemment des nuances et j'en reparlerai dans un prochain épisode. Il est donc essentiel de se poser la question. Est-ce que je veux que mon entreprise entre dans la communauté ? Sinon, il faudra penser au contrat de mariage. Alors évidemment, ce n'est pas glamour pour certains ou certaines d'entre vous. mais à mon sens, c'est vital. Il faudra aussi penser à votre structure juridique parce que même si vous êtes solo, il est essentiel de penser à votre activité comme si c'était une entreprise qui continue à grandir et non pas seulement, pardon, comme un compte Paypal amélioré. Et même si vous avez une société, donc posez-vous vraiment la question, même si vous êtes seul, qu'est-ce que je peux faire pour réussir à bâtir un patrimoine ? Est-ce que j'ai prévu une quelconque transmission ? Quels sont les actifs aujourd'hui que je dispose au sein de ma société ? Est-ce que j'ai besoin de créer une holding ? Est-ce que je peux isoler mes risques ? Etc. Et pour celles à qui on a fait des propositions d'association, voyez la question des statuts de la société dans laquelle vous êtes également associé, la question du pack d'associés que vous aurez relu ou non. encore du plan de BSA, des documents juridiques qu'on vous aura fait signer, essayez de regarder les clauses de sortie, de rachat des titres, de décès. Sachez qu'en réalité, énormément de documents juridiques que vous signez ne prévoient pas tout ça. Et donc en fait, même limite, vous voyez, parce que parler de la mort, malheureusement, beaucoup ne le font pas. C'est malheureusement en fait quelque chose qu'il faut envisager. Parce que, vous voyez, une fois que ça arrive, évidemment, vous ne serez plus là pour gérer ce sujet. En fait, le sujet, c'est que forcément, souvent, il peut y avoir des situations de blocage qui viennent en fait au détriment des gens que vous aimez. Et donc, pour le coup, je le redis, le droit, évidemment, ce n'est pas pour les bons moments. En réalité, moi, ce que je vous vends, ce n'est pas du tout des bons moments. C'est pour quand les choses partent en vrille. Enfin, retenez qu'être CEO, ce n'est pas juste faire de l'argent. Il faut structurer justement cet argent pour bâtir un patrimoine. Et c'est là que je veux vous emmener avec cet épisode. Vous n'êtes pas juste entrepreneur. Évidemment, vous êtes créatrice de valeurs pour votre famille, pour vos proches. Vous travaillez aussi pour votre autonomie financière et pour celle de vos enfants, de votre conjoint, etc. Votre boîte n'est pas juste du chiffre d'affaires. C'est un actif. un élément de votre patrimoine. Et donc, il faut le gérer comme tel, grâce justement à des avocats. Et donc, aussi, un petit aparté, les hommes fortunés le savent très bien. Ils vont mettre en place, vous voyez, des holdings et prévoir tous les mécanismes de transmission qui vont bien. Donc, je vous invite à faire un audit si les choses que je vous ai racontées vous parlent pour vous poser, évidemment, les bonnes questions et à ne pas vous vous contentez évidemment d'un business qui tourne. Parce qu'un business qui tourne sans fondation juridique, en réalité, c'est une maison en carton dans une zone sismique. En conclusion, si vous m'avez écouté jusqu'ici, je pense que vous aurez compris le message. Vous méritez d'être protégé et pas juste d'être rentable. Votre réussite, sinon, ne sera jamais complète si elle peut s'effondrer à la première secousse personnelle. Alors, Posez-vous les bonnes questions. Est-ce que vous avez un contrat de mariage adapté qui ne mettrait pas en péril typiquement votre entreprise et vos finances, parce que c'est vraiment le sujet ? Est-ce que ma structure et tout ce que je signe protège mes proches ? Est-ce que mon business peut survivre sans moi ? Est-ce que j'ai un plan si demain je ne peux plus travailler ? Est-ce que les titres que j'ai sont transmissibles si par exemple j'ai demain un besoin de cash ? Si vous ne savez pas répondre, c'est normal et c'est pour ça que j'existe en tant qu'avocate. Je vous accompagne évidemment dans la structuration de votre entreprise, pas juste pour la faire croître, mais également pour vous protéger, vous et votre famille. Si vous êtes reconnu dans tout ce que je viens de décrire, n'hésitez pas à prendre rendez-vous avec moi. Je vous mets le lien de rendez-vous dans le descriptif de l'épisode. Ensemble, potentiellement, on pourra faire un audit de votre situation parce que vous n'êtes pas juste une entrepreneur, vous êtes... également une chef de famille et vous méritez une structure à la hauteur de vos ambitions personnelles comme la protection de votre personne, de vos finances, mais également de vos proches, de vos enfants. Je vous remercie pour votre écoute et je vous dis à la semaine prochaine dans un nouvel épisode de Law(her)