Speaker #0Comment créer une information juste dans un monde numérique où chacun peut publier ? Quelle est notre responsabilité en tant que créateurice de contenu ? Comment redonner du sens et de l'éthique à nos prises de parole ? Je suis Manon Marques, ancienne journaliste et animatrice radio, aujourd'hui stratège média spécialisée dans le podcast. J'accompagne les entreprises à créer des médias podcast plus conscients et impactants et j'interviens auprès des plus jeunes pour les sensibiliser à l'information. Dans le bon angle... Je te partage des récits de terrain et des échanges avec des personnes qui créent et consomment des médias. Parce que l'information n'est jamais neutre. Tout est une question d'angle. Alors, comment choisir le bon angle ? C'est déjà la fin du mois d'août, bientôt la rentrée. Les vacances d'été, c'est vraiment un temps qui passe très très vite. Et aujourd'hui, on se retrouve déjà pour le quatrième épisode de la série d'été. Il y a deux semaines, on s'est retrouvés pour une interview avec Claire, Claire Yel, qui elle-même a un podcast qui s'appelle Salut Meuf, que j'aime beaucoup, sur lequel je suis invitée. Donc, il devrait y avoir un épisode qui sort d'ici septembre. N'hésite pas à aller checker son compte, à me suivre sur Instagram si ce n'est pas fait, pour être au courant des dernières actualités et puis pour pouvoir suivre la sortie de cet épisode. Pour cette série spéciale été, spéciale décryptage, aujourd'hui je voulais te parler d'un mini podcast qui est en 6 épisodes et qu'on m'a recommandé l'été dernier justement. Donc je me suis dit que c'était parfait pour une série de l'été et qui s'appelle Qui est Miss Paddle ? Alors Qui est Miss Paddle ? C'est un podcast en 6 épisodes comme je le disais. C'est créé par Judith Duportail qui est journaliste indépendante et cofondatrice du collectif Les Journalopes. Elle est aussi autrice de L'amour sous algorithme, qui est une... enquête sur Tinder. D'ailleurs, ce livre lui a valu le surnom « La Française qui a défié Tinder par The Time Magazine » . Donc tout le monde n'a pas un surnom par The Time, donc je dis la classe. Et justement, puisque c'est « La Française qui a défié Tinder » et que le rapport à l'amour, le rapport aux réseaux sociaux, le lien entre les deux, ça l'intéresse beaucoup, c'est le point de départ et l'accroche narrative de ce podcast. Un samedi matin, Julie découvre que son compagnon a liké sur Instagram la photo d'une inconnue posant sur une planche de paddle. Elle la surnomme Miss Paddle et développe une obsession pour cette femme. Et ce que j'aime beaucoup avec ce podcast, c'est que ce n'est pas juste une histoire légère d'une femme qui éprouve de la jalousie pour une autre femme. Et donc du coup, il y a tout ce scénario un peu classique qu'on peut retrouver dans les fictions, dans les films, etc. Merci. Ici, c'est que c'est une enquête de 1 sur les réseaux sociaux, mais surtout sur la comparaison sociale, et ça bascule progressivement vers un récit beaucoup plus sombre. Je n'ai pas spécialement envie de spoiler ce vers quoi ça bascule, mais c'est une histoire qui est extrêmement intéressante, et il y a 6 épisodes, et je conseille vraiment énormément. Mais en tout cas, moi, ce que j'ai apprécié dans ce podcast, C'est vraiment qu'il y a un espèce de switch et qu'on y va en pensant écouter une certaine histoire qui est en fait beaucoup plus profonde que ça. Au niveau du format, on est sur un format qui mélange journal intime et enquête. C'est nourri aussi par des interventions extérieures, donc par exemple une historienne de l'art, un ami poli amoureux, des sociologues, la mère de Judith du Portail. Et je trouve ça hyper intéressant de mêler Merci. Ce côté un peu journal intime et romance avec des témoignages d'experts, etc. qui viennent nourrir en fait. Et comme on le disait dans l'avant-dernier décryptage, sur le cœur sur la table, c'est toujours intéressant ce mélange-là parce que, enfin moi tu l'as compris, c'est vraiment mon mélange préféré quand on est sur du docu-fiction, parce qu'on vient à la fois apporter une patte un peu poétique, un peu narrative. et que dans la narration, on vient y ajouter un travail beaucoup plus journalistique. Et si j'ai voulu parler de ce podcast, c'est parce que je trouve que c'est un bon cas d'école sur le choix d'un angle narratif qui est volontairement trompeur, au bon sens du terme, puisqu'on commence avec un sujet qui semble léger et anecdotique pour mieux emmener l'auditoriste vers un sujet qui est beaucoup plus de société. en fait, un sujet vraiment sociétal. Moi déjà, le postulat de départ, je trouve ça très chouette parce que ça vient interroger sur beaucoup de choses. sur cette idée de qui est Miss Paddle, sur le fait de voir Judith devenir obsédée, se mettre à stalker cette femme, à vouloir tout savoir sur elle. Et en fait, on a envie de comprendre vraiment qui est Miss Paddle. Ce qui est intéressant avec le fait de faire ça, on peut le faire pour juste un épisode de podcast aussi, c'est le fait d'attirer une audience assez large, en apparence avec un sujet qui paraît plutôt... universel et léger, en tout cas un petit peu léger, qui est justement le fait de stalker une autre femme sur les réseaux, une personne sur les réseaux parce qu'on l'a toutes déjà vécue, parce que c'est quelque chose qu'on a toutes déjà fait, de stalker un ex, la nouvelle copine de son ex, une nana qu'on envie, qu'on jalouse, etc. C'est quelque chose qui nous a toutes traversées à un moment donné, aussi S'aurore qu'on ait envie d'être, on va pas se mentir, il y a quand même beaucoup de questions par rapport à ça et d'intégration de la comparaison entre femmes, etc. Et donc ça vient déclencher beaucoup de mécanismes psychologiques, ce qui est tout à fait normal. Donc quand on part d'un sujet universel pour emmener vers une audience plus large, vers quelque chose de beaucoup plus profond et nécessaire, je trouve ça hyper intéressant parce que par ce postulat de départ On vient emmener vers un autre type de réflexion et je trouve qu'on vient humaniser une situation qui, parfois, est complètement déshumanisée. Je sais que ça fait beaucoup de mystère autour de ce podcast, mais vraiment j'ai envie de laisser cette surprise parce que je trouve que c'est vraiment ce que j'ai le plus adoré dans ce podcast. c'est ce petit switch, c'est ce petit changement, mystère autour de ce podcast. Même si toi, en m'écoutant, tu sais qu'il va y avoir un switch, tu ne sais pas vers quoi. Parce que moi, vraiment, quand je l'ai écouté, je l'ai écouté en pensant que c'était un podcast vraiment léger, etc. Et en fait, il y a eu un travail beaucoup plus profond et beaucoup plus journalistique derrière, sur d'autres thématiques. Et c'est ça que j'ai adoré dans ce podcast. La deuxième chose, c'est que ce qui rend ce choix d'angle encore plus fort, c'est la construction du podcast en lui-même. Parce que ici, ce n'est pas juste Judith Duportail qui raconte sa vie en solo, puisque dans chaque épisode, elle invite des personnes différentes. Et ça, je trouve que c'est un choix éditorial qui est hyper important parce que ça permet de varier les regards et d'apporter surtout une légitimité aux propos. Et ça, c'est ce que je dis tout le temps à mes clientes quand elles sont dans la construction de podcast. Quand on n'est pas à l'aise avec un sujet ou qu'on veut y apporter de la profondeur, il ne faut pas hésiter à venir faire intervenir des experts et des expertes, en fait. Ça, c'est fondamental parce que c'est aussi le rôle des interviews et c'est le rôle, par exemple, des journalistes quand ils invitent parce que les journalistes ne peuvent pas être experts dans tout. Et le rôle d'un journaliste n'est pas de se positionner en tant qu'expert d'un sujet. Sauf quand on se spécialise, par exemple, en politique, en sport ou dans certaines thématiques. On peut être spécialisé dans un sujet, ça, il n'y a pas de souci. Mais là, le rôle, par exemple, dans le cadre d'une interview, c'est de mettre en valeur une expertise pour nourrir un sujet de société. Ce n'est pas quelque chose d'individuel, en fait. Ce n'est pas une question individuelle. C'est une question de société et c'est parce qu'on nous a complètement pourri la tête depuis petite avec des idées sur notre corps et que c'est plus facile de nous éduquer dans l'idée qu'on se compare, dans l'idée... qu'on soit en compétition pour le regard des hommes, et que finalement, on n'arrive pas, on ne puisse même pas se concentrer sur, par exemple, nous-mêmes, notre personne, ou encore ce qui nous arrive. Si le problème, par exemple, c'est l'autre femme qui poste des photos d'elle en bikini sur un paddle, et non pas du mec qui like, c'est beaucoup plus simple d'aller accuser une personne qui est extérieure et qui plus est une autre femme, que vraiment de remettre... sa responsabilité ou la responsabilité de son conjoint en jeu. Je trouve ça intéressant de savoir qu'on peut totalement raconter une histoire personnelle, presque comme un thriller finalement, tout en gardant une vraie utilité sociale à la fin. Ce qu'on peut retenir, c'est que la première chose, ton angle de départ n'est pas obligé d'être ton angle final. On s'entend ici, il faut dans ce cas-là que ce soit bien construit, que ça ne parte pas dans tous les sens. Je veux pas avoir des épisodes où tout d'un coup, on part sur un sujet, et parce que t'as rien construit derrière, et parce que tu laisses couler ton esprit, et ben... t'emmènes l'auditoriste vers quelque chose de tout à fait différent vers la fin de ton épisode. Ici, honnêtement, c'est des épisodes qui sont imbuvables parce qu'en fait, t'es pas sur la construction d'un sujet et donc du coup, d'avoir volontairement voulu construire un début, un milieu, une fin et une suite logique. Ici, t'es juste dans le fait de lâcher les auditoristes dans ton circuit de pensée et bah, en fait, on va pas se mentir, c'est pas toujours... facile à suivre. Quelqu'un qui commence à parler pendant plusieurs dizaines de minutes parfois seul et qui n'a pas à construire et qui parle d'un truc et qui va dans l'autre etc, ça demande une sacrée expérience et un sacré exercice de pensée en fait de le faire de manière tout à fait construite. La deuxième chose c'est que partir d'un sujet qui est universel peut permettre d'arriver à un sujet qui est plus spécifique, voire plus grave. C'est une stratégie éditoriale que je trouve hyper intéressante parce que parfois, c'est difficile d'aller toucher des personnes sur des sujets très spécifiques. La troisième chose, varier les voix, c'est hyper important et je trouve que c'est hyper intéressant de faire venir des personnes extérieures, de faire varier les voix qui interviennent dans ton contenu. on vient légitimer les propos, et on n'est plus juste dans moi je pense ça, je pense que, et on croise notre expérience à des expertises qui sont différentes. On vient révéler aussi que ce qu'on vit, c'est beaucoup plus qu'une expérience individuelle, c'est aussi une problématique collective et structurelle. Et la quatrième chose, c'est qu'un contenu peut être à la fois intime, narratif, voire presque littéraire, et aussi responsable et profond. Et donc, on en revient à une question avec laquelle je te tanne lorsque tu crées du contenu, c'est toujours se demander qu'est-ce que mon contenu va provoquer chez la personne qui m'écoute. On peut être aussi dans de la prise de conscience, dans du divertissement ou des choses beaucoup plus légères, mais ici, dans le cas de Miss Paddle, il y a de la prise de conscience et potentiellement, tu le verras si tu écoutes cet épisode, de l'aide un peu plus concrète. Voilà pour ce troisième décryptage de l'été. J'aime beaucoup cette petite série, donc si ça te plaît, n'hésite pas à me le dire parce que potentiellement, je continuerai à la rentrée. Voilà, peut-être que je vais faire un dernier épisode pour commencer septembre parce que finalement, l'été n'est pas totalement terminé en septembre non plus. Donc, je me dis que ça pourrait être sympa et que j'ai d'autres idées en tête et que peut-être que toi aussi, tu as des podcasts. à me recommander et qui sortent un petit peu de ce que j'ai indiqué. Parce que c'est vrai que comme tu as pu le comprendre, la docu-fiction c'est quelque chose qui m'intéresse énormément. J'adore être plongée dans des univers sonores très immersifs. Mais il y a aussi d'autres thématiques qui sont tout aussi intéressantes. Septembre, c'est aussi le moment pour toi peut-être de lancer ton podcast. Et si c'est le cas, si c'est quelque chose qui t'intéresse beaucoup, n'hésite pas à me contacter, qu'on en discute. parce que J'ai notamment un accompagnement de trois mois en individuel et en collectif qui permet de vraiment traverser toutes les étapes de la construction du podcast. Mais au-delà de ça, l'idée c'est aussi de créer un espace entre femmes où on n'est que six pour que chacune ait l'espace de parole nécessaire pour construire son projet. Et puis surtout, moi je t'accompagne pas que sur la technique, c'est pas l'intérêt. Je t'accompagne vraiment sur tout le processus de A à Z et puis sur... toute la partie aussi où tu peux avoir des peurs, des retours en arrière et aussi parce qu'évidemment, on vient creuser beaucoup de choses et que quand on crée un podcast, normalement, les bons podcasts viennent aussi du cœur et qu'on vient chercher des choses forcément à l'intérieur de soi. Si tu es plutôt de la team, j'ai envie de développer une communication beaucoup plus humaine, beaucoup plus professionnelle. Eh bien, j'ai aussi mon offre phare et chouchou du moment que j'ai lancée il y a quelques mois. où je t'emmène moi-même en studio d'enregistrement, on fait une interview et puis après je sors de cette interview 16 réelles. Toi tu repars avec les 16 réelles et l'interview complète faite en studio. Et pareil ici, c'est pas juste une prestat où je t'emmène en studio, on a deux séances notamment où on se voit en amont pour vraiment se préparer, préparer. qui va être dit, se rassurer, parce que c'est jamais facile d'être lâché dans un studio, surtout quand on n'a pas spécialement l'habitude des caméras, des micros, de toutes ces choses. Donc moi, je suis là toutes les étapes pour te rassurer et vraiment que ce soit hyper smooth sur toute l'accompagnement. Voilà, en tout cas, moi, je te souhaite une belle rentrée. Si tu entends des petits pas, c'est mon chat qui... pète un câble et qui court dans tous les sens, mais tout d'abord te dire, je te souhaite vraiment une belle rentrée, qu'elle soit ensoleillée, et si c'est pas le cas à l'extérieur, qu'elle soit au moins ensoleillée dans ta tête, et puis je te dis à très vite !