- #0Rahma
Le café rose. Hey tout le monde, c'est Maina et bienvenue dans cet nouvel épisode. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qu'on a tous traversé d'une manière ou d'une autre. Donc, c'est notre rapport au corps. Bien évidemment, on ne va pas se juger, on va juste essayer de comprendre, de partager et peut-être se reconnaître un peu. Tout d'abord, je tiens à m'excuser parce que je sais que ça fait des mois que j'ai un peu laissé la chaîne, mais c'est que je n'avais pas trop d'inspiration. et les podcasts, c'est vraiment quelque chose que j'aime bien faire et je ne voulais pas que ce soit une corvée, donc j'ai préféré revenir quand je me sentais prête. Et pour parler,
- #1Maina
je suis avec Rama, donc je te laisse te présenter.
- #0Rahma
Alors, salut, moi c'est Rama, je suis une lycéenne de 17 ans, en terminale et en général. J'aime beaucoup la musique et je fais également du volet.
- #1Maina
Ok, parfait. Et justement, du coup, pour comprendre... D'où ça vient,
- #0Rahma
il faut qu'on remonte un peu en arrière, donc à notre enfance. Et j'aimerais savoir, toi, comment tu te voyais à l'école primaire, au collège, ça ressemblait à quoi en fait ? En vrai, au début, en primaire, on ne se rend pas trop compte de comment on est et tout. Mais personnellement, vers le CE2, j'ai un peu subi du harcèlement et je ne comprenais pas pourquoi. C'est parce que j'étais un peu plus différente que les autres, parce que j'avais des formes alors que j'avais à peu près 8 ans. Et je me suis rendue compte que là, même moi, je n'avais pas fait la différence, donc j'étais différente des autres. Mais c'est eux qui ont fait la remarque, par exemple, comme quoi j'avais plus de formes en bas ou ce genre de choses. Et du coup, je me suis rendue compte qu'il y avait vraiment un décalage et qu'il y avait certaines personnes qui étaient plus privilégiées par rapport au fait qu'ils étaient plus minces ou qu'ils avaient plus un corps d'enfant, entre guillemets. Et moi qui étais plus stigmatisée parce que j'avais des formes à 8 ans et que ce n'était pas commun d'avoir ça à cet âge-là. Oui, parce qu'en soi, ça ne te dérangeait pas parce que pour toi, c'était normal. C'était plus le regard des autres qui ont fait que tu t'es questionnée sur toi-même. Oui, parce qu'au début, je vivais comme chaque enfant, sans problème, juste en vivant ma vie d'enfant.
- #1Maina
Et justement, ce que tu disais sur le fait que c'est... des personnes qui te critiquaient. Est-ce que tu as remarqué, quand tu étais petite, un petit groupe de personnes populaires, quelque chose qui fait que ces personnes étaient acceptées, mais pas toi, entre guillemets ?
- #0Rahma
Il y a toujours eu ce petit groupe d'enfants populaires. Il y avait quelques garçons avec les jolies filles de la primaire qui étaient souvent ensemble un peu les rois de la cour.
- #1Maina
Donc il faut... Fille attrape garçon et puis on n'attrape que la plus belle. Ouais,
- #0Rahma
exactement.
- #1Maina
T'as un peu l'impression de jouer dans le blanc,
- #0Rahma
quoi. Oui, voilà. Donc vraiment, il y avait toujours ce type de route-là, ce genre d'enfant qui disait « Ouais, non mais t'inquiète, on parle en privé, mais on parle pas de toi. »
- #1Maina
Oui, la fin dieuse.
- #0Rahma
C'était souvent les petites brunes blanches, malheureusement, qui étaient plus valorisées, contrairement aux autres filles, qui avaient certaines différences. Même, par exemple, à la couleur de peau, comme Gigi, c'était souvent celle-là qui était à l'écart. Et les filles petites, blanches, brunes, toutes mignonnes, qui étaient plus valorisées par les garçons et même par la société en général. Même par rapport au centre, parce qu'avant, on allait au centre de loisirs et tout. Et souvent, c'était celle-là qui était plus accrochée aux animateurs. Les animateurs, ils avaient des petits chouchous et tout. Ce type d'enfant-là.
- #1Maina
Qui était trop valorisé. C'est vrai que je m'en souviens, moi, quand j'étais en primaire, je sais que ça m'a marquée parce que au début, ça m'a pas marquée parce que je voyais pas ça comme quelque chose,
- #0Rahma
une attaque personnelle envers moi-même, mais c'est que je me suis sentie un peu mal et gênée. C'est plus tard que j'ai compris qu'en fait, c'était un peu une discrimination, entre guillemets. En fait, je me souviens, on était à la cour de récré et on avait sport et j'avais coiffé, tu vois, les petites une boule. un élastique, enfin un peu comme des oeufs et j'avais coiffé cette coiffure et là il y a une fille qui s'approche de moi elle prend mon cheveu, genre et moi elle sort de nulle part elle prend mon cheveu et elle fait oui allô maman j'ai oublié ma bouteille d'eau tu peux me la ramener et je suis restée stoïque comme ça je l'ai regardée et j'ai rien dit et ça m'a plus blessée parce que je me suis sentie enfin j'ai su qu'on se moquait de moi mais c'était pas, enfin je me suis pas dit ah non se moque de moi parce que j'ai ce type de cheveux Et que j'ai remarqué que c'était vraiment une attaque parce que j'avais les cheveux crépus. J'étais une petite fille avec les cheveux crépus et ce n'était pas bouclé ou lisse comme mes copines. Oui, je vois. Même moi, je me rappelle, pareil, j'avais eu ce genre de discrimination parce qu'avant, il n'y avait pas tout ce qui était plaquage. Du coup, je venais souvent les cheveux bourriffés un peu comme un soleil et tout. On venait me voir, non mais de toute façon, vraiment, elle ne coiffera pas, elle a les cheveux tout le temps décoiffés. Alors, c'est juste que je ne me plaquais pas les cheveux, c'est tout. Je te coupe, mais c'est beau ce que tu dis. Tu dis un peu comme un soleil et tout. J'aime bien cette expression,
- #1Maina
un peu comme un soleil. Oui, c'est un peu comme un soleil.
- #0Rahma
l'infro finalement c'est ça en fait Je pense que que ce soit lisse ou clion ou gilet, on va tous accepter notre texture. D'ailleurs, un jour, j'étais avec ma petite sœur dans les transports. Elle m'a fait trop la peine. Je fais une petite aparté. Il y avait deux grandes blanches à côté. Elle m'a regardée et m'a dit « Moi, j'aimerais trop avoir les cheveux lisses comme ça. » Elle a sorti ça haut de veau en plus. Moi, j'étais en mode « Dis pas ça ! » Ça m'a fait trop la peine qu'à son âge, elle avait quoi ? C'était il y a quelques années, elle devait avoir le ventre. Elle m'a dit ça. et ça me fait trop la peine pour elle. Ah oui, on se rend compte qu'il y a un... type de personne qui est vraiment le type de personne qu'il faut être et qu'on veut être, même si on n'a pas tous les capacités pour l'être. C'est pas possible. C'est marrant parce qu'en fait, c'est souvent à cette époque où on commence à se regarder un peu de manière différente. Moi, pour la petite anecdote, je me souviens quand ils ont commencé à pousser, je ne m'étais pas du tout de soutien. En fait, ça ne me dérangeait pas parce qu'ils étaient là, ils faisaient leur vie. Et c'était plus les regards de mes camarades qui me faisaient que je me sentais mal vis-à-vis d'eux parce qu'ils étaient tout le temps un peu dans les critiques en mode « Ah, c'est pointu, ça pousse et tout, mais fais quelque chose » . Alors qu'en étant bonne, c'est la nature, ça pousse et oui, je m'en fous. En fait, déjà, j'ai toujours détesté les soutiens. Maintenant, j'en mets parce que ça a poussé. Mais avant, je ne voyais pas l'utilité, je n'y aimais pas. Et maintenant, je me rends compte et c'est triste un peu, j'en mets justement pas parce que moi je veux, mais parce que c'est plus pour le regard des autres. je parle quand ils disent « ah, c'était ton « ah » »
- #1Maina
Alors que normalement, c'est naturel.
- #0Rahma
Mais oui.
- #1Maina
Je ne comprends pas pourquoi ils ont fait tout un pataquet sur ça alors que c'est la vie.
- #0Rahma
Exactement, c'est la vie. Est-ce que tu te rappelles de la première fois où quelqu'un t'a fait une remarque sur ton corps ? La première fois qu'il m'a fait une remarque sur mon corps, en fait, je n'arrive même pas à me dire quand est-ce que c'était la première fois parce qu'on a fait tellement. C'était début lycée. On m'a dit, ouais, j'étais un peu en embrouille avec un gars et tout. Et je ne sais pas pourquoi, c'est en est revenu à la nourriture. Et on m'a dit, de toute façon, toi, t'en as mangé des pizzas, t'en as mangé des trucs. C'est en volant ? Oui. Enfin, je sais que je m'étais sentie vraiment mal. Et je crois que là, ce n'est pas la première, mais c'est la dernière fois qu'on m'ait fait une remarque qui m'a vraiment blessée sur mon physique. Parce que c'était vraiment une attaque à mon physique, comme quoi j'étais un peu plus forte que les autres. Et pour la première fois qu'on m'a dit ça, mais je pense que ça remonte d'il y a très longtemps, c'est pour ça que je ne m'en souviens pas très bien.
- #1Maina
Ok, c'est vraiment violent et blessant de dire ça d'un coup. Je suis désolée.
- #0Rahma
Je crois qu'il y en a la plupart du temps, quand ils n'ont pas de règlement, ils s'attaquent. Il y a le temps de physique, oui. Et vu que souvent le physique d'une femme, c'est un peu le sujet de tout le monde, du coup, direct, ils s'attaquent sur ça pour trouver les faiblesses. à peu près, entre guillemets. Moi, en vrai, je ne m'en souviens pas du premier, mais je sais que celui qui m'a vraiment blessée, et pendant longtemps, je pouvais... En fait, tout ce qui se rapprochait de ça, je ne pouvais pas. C'était... En fait, c'était à l'époque du collège. Je ne sais pas si tu te souviens des contes où c'était un peu les cyber du collège, où ils repostaient les gens, des trucs drôles, etc. Et en fait, c'était un garçon qui repostait des filles et des garçons en story. Et du coup, moi, je me suis dit, bon, en fait, je me trouvais trop mignonne sur la photo. J'avais fait un selfie devant le miroir du collège et tout, avec une copine à côté. Et du coup, je lui ai envoyé et il n'a pas répondu. Enfin, il n'a dit aucun mot. Il a juste envoyé un emoji vomi, l'emoji iPhone vomi. Ça m'a tellement blessée. J'ai pleuré. Je me suis dit,
- #1Maina
normal, je comprends bien.
- #0Rahma
Il m'a dit, pourquoi tu envoies ça ? Il m'a dit, parce que t'es moche. J'ai dit, ah, c'est vraiment... pas sympa. C'était horrible. Ça m'a vraiment blessée et pendant longtemps,
- #1Maina
je ne pouvais pas, dès que je voyais que on m'envoyait un emoji avec une personne qui venait, je le sentais mal. En fait, tout ce qui se rapprochait de cet emoji-là, je ne pouvais pas.
- #0Rahma
Oui, normal. Tu gardes un trauma en toi, même si... Même si ça me semble voir. Oui, même si tu penses que ça t'est passé au-dessus, rien que le voir et tu sens qu'il y a un truc qui va bien en toi et tout. Ouais, c'est... Je trouve qu'il y a des remarques qui, même si elles ont l'air anodines, peuvent rester assez longtemps. Même là, tu disais que tu as vécu ça au collège, maintenant tu es une adulte et tout. Voilà quoi. Oui, c'est vrai.
- #1Maina
Je sais que maintenant, j'en rigole entre guillemets, ça ne me blesse plus. Je sais que maintenant, si on critique sur mon physique, peut-être que je vais réfléchir,
- #0Rahma
mais plus comme avant. Je serai vraiment détachée parce que je vais me dire que la vision qu'ils ont de moi, ce n'est pas celle que j'ai de moi. Et actuellement, certes, si j'ai envie de perdre du poids, mais c'est plus pour moi. Ce n'est pas parce qu'Intel a dit que Skinny, femme de milliardaire, c'est vraiment parce que moi, je veux perdre du poids. c'est vraiment pas pour les autres. C'est plus moi et mon regard.
- #1Maina
Oui, je comprends. Mais après, la plupart du temps, souvent,
- #0Rahma
même sans se rendre compte, la plupart des personnes qui essayent de changer leur physique, c'est par rapport aux critiques qu'ils ont eues pour ne plus en avoir.
- #1Maina
Il y a aussi la société en vol.
- #0Rahma
Oui, il y a aussi la société qui impose à peu près des codes et des formes très particulières.
- #1Maina
Les BBL. D'ailleurs, ça, c'était la mode avant. Maintenant, j'ai l'impression que la mode, c'est vraiment une joie très parfaite.
- #0Rahma
tout le monde est très fit et du coup, tout ce qui était la réalité, tous les personnages d'été-réalité, maintenant, ils sont moins BBL, mais ils sont moins volumineux. Oui, c'est vrai. Là, je trouve que le style mannequin des années 2000, il est plus mis en avant. Oui, c'est vrai. Taille très fine, même les hanches très fines. Les jambes fines, tout est fin. C'est ça. Les traits du visage marqués et tout. Alors qu'il fut un temps où les BBL, c'était vraiment... C'était... Wow. Voilà quoi. T'avais pas de BL, t'étais pas... T'es pas in.
- #1Maina
T'es vraiment pas in.
- #0Rahma
Je trouve ça fou de se dire comment ces petites choses, elles laissent une grande trace. Et puis même après, à l'âge adulte... Je pense que tout se relie.
- #1Maina
En vrai,
- #0Rahma
on pense que c'est oublié, mais ça s'intensifie. Ça dort dans un coin, et un jour,
- #1Maina
il suffit d'un petit truc, et ça se réveille.
- #0Rahma
Oui, exactement. Là, tu vas me dire, je vais faire un rapprochement, pas trop rapprochement, mais je trouve que le rapprochement va bien. Il y a eu, dans les derniers épisodes des Simpsons, les dernières saisons, il y a eu un épisode où Lisa Simpson... elle était devenue un peu plus forte à cause de l'édicament qu'elle avait pris et en fait sa mère à un moment vu que Lisa l'avait pris un peu de poids, sa mère elle a dit de toute façon t'as arrêté de prendre ce médicament là et du coup tu vas redevenir à la normale tu vas redevenir parfaite au normal et du coup ça, ça avait tourné dans la tête de Lisa pendant tout l'épisode et à un moment elles ont fait une thérapie entre guillemets et elles se sont rendues compte que Merci. Même Marge avait des mots qui étaient restés en elle, comme rester droite, pas faire de gaffe et tout, qui étaient restés en elle, mais elle ne s'en rendait pas compte. Et c'est lors de cette thérapie qu'elle s'est rendue compte que c'était des mots qui l'avaient marqué et que même son inconscient avait complètement fait en sorte qu'elle-même oublie. C'est resté dans elle. Et moi, je trouve que cet épisode, il montre vraiment que même si... les modes passent et tout, il y a eu un moment où il y a des femmes qui ont été stigmatisées par rapport au fait qu'elles ne ressemblaient pas à la société d'aujourd'hui. Et même si les modes ont changé, ces femmes-là, elles ont gardé les mots, les moqueries et tout qu'on leur avait dit à l'époque.
- #1Maina
En vrai, c'est un lien. Et je me reconnais vraiment dans ce que tu dis. Mais je ne sais pas si ça a vraiment un lien, mais c'est pour rebondir sur ça.
- #0Rahma
Moi, je sais que je fais... Enfin, je ne savais pas, mais maintenant, je sais que je fais de l'agoraphobie. Je sais pourquoi, mais du coup, je n'aime pas quand on est trop en foule. Et sans me rendre compte, je sens que mon corps commence à stresser. Et d'un coup, je ne vais pas me sentir bien. Il faut que je m'assoie. J'aurais été vertigée, etc. Mais moi, je peux marcher dans la rue et ça ne me dérange pas. Je pense que ça ne me dérange pas, mais en vrai, ça me dérange. Et en vrai, ça rejoint ce que tu disais avec l'épisode des Simpsons.
- #1Maina
Oui, exactement.
- #0Rahma
Parce qu'il y a des trucs qui restent. Ton corps reste, oui. Mais toi, tu penses l'avoir oublié. Mais en fait, c'est juste que c'est enfui. puis quelque part. Pour revenir un peu sur des choses un peu plus positives, est-ce qu'il y a un déclic où il y a une personne, une phrase qui t'a aidée à changer le regard que tu avais envers toi-même ? À un moment, j'étais assez complexée par mon corps parce que j'étais un peu ronde, j'avais des formes et tout. Et j'ai fait un stage. Voilà. J'ai rencontré un garçon à ce stage-là et on a flirté et tout. Et en fait, pour moi, c'était un peu inconcevable de flirter avec un garçon tant que je n'avais pas mes dérives. Du coup, je me suis dit, comment il peut s'intéresser à moi alors que là, je n'ai pas mes dérives ? C'est pas possible. Du coup, voilà. Et en fait, même s'il a fait une grande part des choses, ça m'a quand même beaucoup aidée parce qu'il m'a beaucoup valorisée. Et je me suis dit, même si je suis ronde et tout, c'est pas grave. C'est un problème et que je ne plais pas et que je suis moche ou des choses comme ça. En fait, je peux être belle tout en étant ronde. En fait, l'un n'empêche pas l'autre. Et du coup, ça, c'était vraiment mon déclic. Et petit à petit, j'ai commencé à vraiment arrêter de mettre que des vêtements hyper. ample, qui ne m'était pas en valeur et que même moi ça me mettait mal parce que du coup je faisais que de me cacher sous ces couches de vêtements du coup j'ai commencé à plus me découvrir moi-même à mettre des vêtements que je kiffais franchement ça s'allure,
- #1Maina
j'aimerais te dire vous voyez pas moi j'aime bien ton style,
- #0Rahma
merci moi toi aussi j'aimerais bien en vivre franchement c'est ça mon déclic, je me suis rendu compte déjà que si je pouvais plaire à quelqu'un c'est que je pouvais me plaire aussi et du coup j'ai commencé à plus me plaire c'est beau en vrai j'ai eu un peu entre guillemets le même déclic mais c'était un peu triste vers la fin mais je me souviens il y a quelques étés et tout j'avais rencontré un garçon et pour moi c'était le garçon le plus beau, c'était vraiment tout et en fait je me suis dit jamais ce garçon va s'intéresser à moi et le jour où on a un peu parlé, flirté etc j'étais trop contente, je me suis dit mais comment il me voit ? alors comment je me voyais ? la vision que j'avais de moi c'était la fille hyper repoussante qui me voit qui n'attire pas, etc. Et quand ce garçon que j'aimais bien s'est intéressé à moi, je me suis dit, en fait, il y a quelque chose. Et j'étais hyper contente. Et ce n'est pas ce garçon qui a fait que maintenant, je m'accepte à fond, mais il a juste contribué à quelque chose. Au fait que je me suis dit, ok, je me plais, je plais, et je m'accepte tel que je suis. En tout cas, j'essaye. Même si ce n'est pas au top tous les jours,
- #1Maina
mais c'est normal. Des fois, il y a des... des baisses de morale et tout, normales et tout.
- #0Rahma
C'est ça, surtout qu'avec les réseaux, ça aide pas trop. Mais tu sais qu'en vrai, ce que je fais maintenant, c'est que j'évite de suivre des filles que je trouve belles sur les réseaux. Je ne suis pas parce qu'elle est belle, je suis parce qu'elle apporte quelque chose, parce qu'elle fait quelque chose qui aide, ou quelque chose qui m'apporte quelque chose au quotidien. Mais maintenant, j'ai arrêté de suivre des filles juste parce qu'elles étaient belles. Du coup, je me suis désabonnée parce que, en fait, je me rendais pas compte, mais je regardais leurs posts.
- #1Maina
Et je me disais, ah ouais, elle est comme ci, elle est comme ça, elle est belle, moi aussi j'aimerais bien être comme ça, etc. En fait, on ne peut pas...
- #0Rahma
Vraiment, ça n'amène qu'au comparatif.
- #1Maina
C'est ça.
- #0Rahma
Et essayer d'atteindre une perfection que peut-être tu ne peux pas atteindre. Par exemple, comme l'histoire de, oui, je suis noire et j'aimerais être blanche plus tard. Mais oui.
- #1Maina
En fait, je pense qu'avant de vouloir rêver en grand, s'accepter, etc., il faut commencer par des petits trucs. En vrai, on ne se rend pas compte,
- #0Rahma
mais juste le fait de passer toute sa journée et tomber que sur des belles filles. Je dis pas qu'il faut les abonnés de tout le monde. Mais je sais qu'avant, ça pouvait être tendance à juste m'abonner parce que je trouvais belle la fille. Et puis après, quand elle me postait une photo, je la regardais comme ça et je disais « elle est vraiment jolie » .
- #1Maina
Et du coup, je me sentais un peu mal parce que je me comparais et je n'aimais pas trop ce que je renvoyais.
- #0Rahma
Oui, je comprends. Après, ça n'a pas trop de rapport, mais je ne sais pas toi. Personnellement, j'avais un bon entourage où mes amis me disaient que j'étais belle. Ça me valorisait beaucoup. Ma famille, ma mère, mon père et tout. Mais en fait, pour moi, je n'arrivais pas à y croire parce que je me disais que c'était mes amis, ma famille. enfin je me dis voilà quoi Ils disent ça parce qu'ils sont gentils, parce qu'ils sont amis avec moi. Et du coup, quand j'ai vu que je commençais à « plaire » , je me suis dit qu'en fait, ils n'ont pas de temps.
- #1Maina
Oui, ce n'est pas parce qu'ils t'apprécient et que tu fais partie de leur famille. C'est vrai que les compliments d'inconnus,
- #0Rahma
ce n'est pas que ça fait plus plaisir, mais tu as l'impression que c'est plus authentique parce qu'ils n'attendent rien forcément en retour. Ils ne te connaissent pas, ils te disent que tu es belle parce que tu es belle et tu passes en chose. C'est comme récemment. J'ai vu une fille dans les transports et elle m'a dit « Ah, t'es trop jolie, ça fait trop plaisir de l'accueillir » . Elle est passée comme ça, moi je lui dis ça et moi ça m'a fait plaisir.
- #1Maina
Est-ce qu'on touche bientôt à la fin ? Qu'est-ce que t'aimerais que les gens retiennent de cette conversation, de cet échange qu'on a eu ?
- #0Rahma
Alors, ce que j'aimerais que les gens retiennent, c'est que certes on vit dans une société où vraiment la femme est stigmatisée, elle doit être comme ci, comme ça, elle doit pas faire ci, elle doit pas faire ça. Mais moi je dis, on emmerde le monde. Voilà, on emmerde la société. Si on a envie de mettre des jupes, on met des jupes. Si on n'a pas envie de mettre des jupes, on ne met pas de jupes. Si on a envie d'être comme ci, on est comme ci. Si on veut être comme ça, on est comme ça. Pareil par rapport au métier, il n'y a pas un métier défini par un sexe. Franchement, si quelqu'un veut être ce qu'il est, il faut qu'il soit ce qu'il est et qu'il affirme sa personnalité. Voilà. Et aimez-vous comme vous êtes. J'aime beaucoup. Merci, Radma. Merci. Merci beaucoup pour... pour ta sincérité. J'aimais cet échange qu'on a passé.
- #1Maina
Moi aussi, c'était vraiment très sympathique. Merci.
- #0Rahma
Je sais que ce n'était pas facile en vrai de parler de son vécu, etc. de l'enfance et donc c'est pour ça que je voulais te remercier d'avoir partagé ton histoire et tes ressentis avec moi et pour ceux qui nous écoutent n'hésitez pas à partager vos propres histoires vos regards vos doutes aussi etc et donc on se retrouve très vite pour un nouvel épisode Bisous