Speaker #0Ces dernières semaines, je vous ai proposé à vous, coiffeurs et coiffeuses, un questionnaire introspectif. Alors, ce n'était pas du tout une étude de marché, ni un sondage, il n'y avait rien de commercial. C'était juste un temps de pause pour voir comment vous, vous viviez encore le métier aujourd'hui. Alors honnêtement, je ne m'attendais pas à autant de réponses sincères. Et même lorsque j'ai relancé et que j'ai expliqué sur les réseaux par écrit ce qu'il en ressortait, d'autres personnes ont repris ce questionnaire. et m'ont envoyé aussi leurs réponses. Je voulais vous le faire en épisode de podcast aujourd'hui parce que sincèrement, tout ce qui a été repris était très intéressant. Alors on sent bien que tout le monde répondait avec le cœur et qu'il y en avait même certaines qui, je pense, avaient besoin de déposer quelque chose. Alors en lisant tout ça, je me suis dit que quelque part, on vit vraiment une période particulière dans notre métier. Alors restez avec moi parce que ce que l'on vit aujourd'hui en tant que coiffeur et coiffeuse, mérite aujourd'hui qu'on en parle franchement. A tout de suite ! Le cheveu file de l'âme. Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens. Je suis Marie-France, coiffeuse depuis plus de 40 ans. J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation, avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés, mais à être... Écoutez, à travers mon parcours, j'ai compris que les cheveux parlent, qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes, leurs émotions, leur passage de vie, leurs besoins inconscients. Et que dans notre posture de coiffeuse, soit on peut rester à la surface, soit devenir un véritable espace de rencontre humaine. Alors ce qui ressortait beaucoup de ce questionnaire... c'est que beaucoup d'entre vous aiment encore profondément son métier. Et ça, c'est très bien, évidemment. La passion, elle est toujours là pour certains. Le plaisir de créer aussi, d'être encore dans un espace de créativité pour d'autres. Et puis, le lien avec la cliente. Alors, le lien avec la cliente, il est évidemment vu sous des angles différents selon certains d'entre vous. Certains, certaines. Vous étiez des hommes et des femmes à me répondre. Et certains pouvaient trouver que c'était un peu lourd, parce que c'est vrai que ces personnes qui viennent au salon avec leurs problèmes, on n'est pas toujours disposé à les écouter à ce moment-là. Et puis on part du principe qu'on est là pour les coiffer. Donc ça, c'est un sujet sur lequel je reviendrai, même dans un prochain épisode, parce qu'il y a vraiment quelque chose d'intéressant à aller voir là-dessous. Alors en même temps, ce que vous disiez beaucoup, c'était d'avoir une grande fatigue. Il y en a beaucoup qui se questionnent, il y en a qui ont des doutes sur l'avenir de leur métier. Alors il y en a même certaines qui parlent du manque de reconnaissance, d'autres des difficultés financières. Pour certaines, le salon qui a du mal à décoller et encore pour d'autres, de trouver du personnel qualifié. Et tout ça, on sentait en lisant que c'était lourd. C'était des choses qui revenaient régulièrement. Ce n'est pas une seule personne parmi vous, non. Beaucoup d'entre vous revenaient plus ou moins avec ces mêmes problématiques. Alors il y a un point qui revenait souvent aussi, c'était la charge émotionnelle. Il ne faut quand même pas oublier qu'on est dans un travail où on est avec l'humain toute la journée. Parce que ce que je vous disais déjà tout à l'heure, c'est que les clientes, elles viennent avec leurs émotions, leurs soucis, leurs vécus. Mais on prend ça sur nos épaules en plus. On a déjà les nôtres et on prend ceux des clientes. Ça fait beaucoup à la fin de la journée. Donc je peux comprendre qu'effectivement, une grande fatigue et une lassitude même peut s'installer. Alors tu dois certainement te reconnaître là-dedans. Tu fais partie peut-être de ceux qui m'ont répondu au questionnaire ou pas. Mais je suis sûre qu'à un moment donné, tu dois sentir quelque chose qui te concerne aussi. Alors j'ai envie de vous dire, ce n'est pas qu'on n'aime plus notre métier, parce que nous sommes nombreux à ressentir un peu tout ça. Il y avait aussi quand même, au milieu de toutes ces réponses, des gens qui par contre vivaient tout très bien. Et c'est tant mieux. Mais je vous avoue qu'ils étaient minoritaires. Mais sinon, beaucoup d'entre vous veulent continuer parce qu'ils aiment ce qu'ils font. Le but était de venir déposer de vous à vous, qu'est-ce qui vous pèse en ce moment dans votre profession. Et donc si on met tout ça bout à bout, ça se peut qu'à un moment donné on puisse saturer. Parce que ça demande beaucoup de présence, ça demande beaucoup d'énergie humaine. C'est quelque chose qui est énergivore. Alors, je peux comprendre que pour certains, certaines, c'est compliqué sur du long terme. Alors, beaucoup d'entre vous ont plus de 20 ans de métier. Donc, évidemment, ça fait déjà quelques années derrière soi à avoir vécu. Alors, au début, certainement pas de cette même manière, parce qu'il y a 20 ans, je pense que c'était encore fort différent d'aujourd'hui. Et 40, moi, ça fait 40 ans, je vous assure qu'au bout de 40 années, dans les années 80, évidemment, ça n'avait déjà rien à voir avec ce qu'on voit aujourd'hui. Les réseaux sociaux qui s'en mêlent, c'est sûr que ça ne nous aide pas beaucoup, j'avoue. En lisant vos réponses, en tout cas, je n'ai pas vu que vous vous plaignez, j'ai juste vu que vous étiez tellement impliqués dans ce que vous faites que ça pose vraiment des questions sur cette profession. Des questions que je pense qu'on peut peut-être remettre au goût du jour, dans le sens où ce qu'on nous a appris à l'école, la manière dont on apprend, n'a pas vraiment. évoluer. La seule chose qui évolue, c'est les produits. La qualité des produits, l'utilisation des produits, les nouvelles techniques. Mais je trouve qu'on ne parle pas de l'humain. Mais alors, pas du tout. Alors oui, moi je me souviens qu'à l'époque, on nous apprenait à comment accueillir une cliente. Mais tout partait d'un fondement juste commercial. Juste commercial. Donc, derrière, l'appât du gain, derrière, comment gagner sa vie, derrière ça, comment faire de l'argent avec notre métier. Alors, bien sûr, on n'est pas des bénévoles, on travaille pour gagner notre vie. Mais à quelles conditions ? Parce que, quelque part, en plus, ce métier qui est très peu reconnu, et ça, beaucoup d'entre vous aussi me l'ont fait remarquer, mais ce métier-là, c'est comme s'il fallait faire, faire et refaire, juste pour gagner sa vie. Alors que nous sommes avec un contact humain. En face de nous, ce ne sont pas des postiches, ce sont des êtres humains, ce sont des femmes, des hommes, des personnes qui viennent. Alors ce n'est pas toujours que pour être coiffé, ils viennent aussi pour déposer. J'ai toujours entendu dire que le coiffeur, la coiffeuse ou le barman étaient celui chez qui on allait vraiment souvent déposer ses soucis. Mais pour ça, il faut être équipé, il faut être formé à pouvoir écouter et accueillir ce que l'autre vous amène, au-delà de la coiffure. Alors au-delà de ça, pour moi ce questionnaire au fond, c'était surtout une invitation à faire un bilan pour soi, pour voir où est-ce que vous en êtes, comment est-ce que vous vous sentez aujourd'hui dans votre métier. Et puis parfois juste se poser la question, ça peut remettre de la clarté. Donc j'espère vraiment que toutes celles et ceux qui m'ont répondu à ce questionnaire aient pu en tout cas faire comme un bilan, se poser les bonnes questions. Alors ça ne veut pas dire tout foutre en l'air, ça veut juste dire ok, où est-ce que j'en suis aujourd'hui ? Où est-ce que j'ai envie d'être demain ? Et comment je vais mettre en place certaines choses pour continuer, peut-être différemment ? Parce que toutes ces choses qui vous pèsent aujourd'hui, le but c'est de pouvoir vous en séparer. C'est de pouvoir trouver des solutions ou des conseils ou des mises en point, des choses qui vont faire que vous allez continuer mais dans un élan beaucoup plus sain. Beaucoup plus épanouissant. Alors en partant de ce constat, de tout ce que vous m'avez dit et ce que je vous ai parlé aussi là juste un peu avant par rapport à le fait qu'on ne soit pas préparé à recevoir les émotions de nos clientes, j'ai été agréablement surprise de vous voir majoritairement vouloir aller vers quelque chose de différent de ce qu'on voit aujourd'hui. dans quelque chose de plus naturel, de plus humain, de plus sain, vers quelque chose de plus authentique et qui a plus de sens. Alors ça, j'ai envie de vous le partager dans le prochain épisode, parce que ça demande bien tout un temps pour pouvoir en discuter. N'hésitez pas entre-temps à, si vous voulez, je laisserai le lien du questionnaire en dessous de l'épisode, si vous voulez aller, ne serait-ce que pour vous, pour voir un petit peu. comment vous viviez votre profession aujourd'hui. Parce que sur les réseaux sociaux, je vous suis dans beaucoup de groupes, et franchement, en dehors des questions techniques, je vois beaucoup de complaintes. Alors, ce n'est pas péjoratif, ce n'est pas de dire, oh là là, les coiffeurs se plaignent, se plaignent et se plaignent. Non, à un moment donné, c'est d'arriver à instaurer soi-même ce que l'on a envie de vivre au sein de son salon. Donc voilà, n'hésitez pas avec ce lien si vous voulez aussi répondre à ce questionnaire, déjà surtout de vous à vous, et pouvoir peut-être même en dehors de ça, venir poser des questions plus précises si vous avez envie. Alors je ne vous dis pas que moi j'ai toutes les réponses, je ne vous dis pas que j'ai les solutions. J'ai un certain vécu dans le métier, j'avoue, c'est vrai, en 40 années j'ai mis des choses en place très différentes. Aujourd'hui j'ai évolué mais d'une manière totalement différente. L'envie, c'est quand même essayer de vous montrer que la coiffure n'est pas que ce qu'on apprend à l'école. Parce que nous sommes de nouveau, comme je vous l'ai dit, dans une relation humaine. On ne travaille pas sur des machines, ni avec des machines. Alors on se retrouve dans le prochain épisode pour pouvoir en discuter un peu plus profondément. Merci à vous, à bientôt.