Speaker #0Bienvenue dans cette série de 7 épisodes autour de ces petites histoires que les coiffeuses peuvent parfois se raconter quand la fatigue s'installe, quand elles arrivent à saturation ou simplement quand elles essaient de continuer à tenir. A chaque épisode, je vais vous parler d'une de ces histoires. Bonne écoute ! Dans l'épisode précédent, nous avons parlé de l'histoire de la peur de décevoir. Tu sais, ce fameux oui alors qu'on voudrait tellement dire non. Donc n'hésite pas, si tu veux partager ton expérience là-dessus, tu peux déjà aller écouter l'épisode. Et puis surtout, le but c'est qu'on puisse en converser tout ensemble et trouver d'autres solutions qui peuvent être peut-être plus agréables à vivre en tout cas. Aujourd'hui, on va parler de l'histoire de l'attente. Alors l'histoire de l'attente, c'est la fameuse histoire qui dit que quand j'aurai enfin mes vacances, tout ira mieux. Alors on en a parlé un petit peu dans l'histoire du sacrifice avec... Allez, je fournis encore un dernier effort et puis ça va aller. Mais là, on était plus dans le côté de la fatigue accumulée qui devenait un épuisement. On va parler quelque chose ici au sens plus large, où on attend impatiemment les congés annuels. Mais à quel prix ? De nouveau ? Allez, on en parle tout de suite dans cet épisode. Le cheveu fil de l'âme Ce podcast s'adresse aux coiffeuses qui sentent que la coiffure commerciale ne répond plus à leurs besoins de sens. Je suis Marie-France, coiffeuse depuis plus de 40 ans. J'ai longtemps pratiqué la coiffure de transformation avant de réaliser que les cheveux ne demandent pas toujours à être changés, mais à être écoutés. A travers mon parcours, j'ai compris que les cheveux parlent, qu'ils racontent l'histoire intérieure des femmes, leurs émotions, leur passage de vie, leurs besoins inconscients. Et que dans notre posture de coiffeuse, soit on peut rester à la surface, soit devenir un véritable espace de rencontre humaine. Je disais donc, quand j'aurai enfin mes vacances, tout ira mieux. Mais en soi, qu'est-ce que ça veut dire ? Est-ce qu'on est déjà saturé ? Est-ce qu'on en a marre ? Est-ce qu'on a juste envie de s'arrêter ? Tu comptes les jours avant tes prochaines vacances ou avant ne serait-ce que le prochain long week-end et puis tu te dis qu'il suffit encore de tenir encore un peu et que bientôt tu vas enfin te reposer. Alors bien sûr, les vacances, ça fait du bien, ça permet de récupérer, de ralentir et puis surtout, ça va permettre aussi de prendre du recul. Et malheureusement, parfois, c'est le seul horizon qui permet à la coiffeuse d'avancer. Juste se dire, un petit peu comme un mur de prison où je fais des petites lignes et que je barre et je compte mes jours jusqu'aux vacances. C'est peu dire, hein ? C'est vraiment que là, il y a un poids énorme qui, je me traîne jusqu'au moment de mes vacances. En fait, c'est comme si toute ton énergie reposait sur un événement futur. Alors, dis-toi que ça devient très difficile d'être présente actuellement, enfin je veux dire dans ton quotidien. Tu vas traverser tes journées en mode automatique et en attendant ce fameux moment où tu vas pouvoir partir en vacances. Le problème bien sûr, c'est que tu sais qu'au retour de vacances, qu'est-ce qui va se passer ? Ta fatigue va revenir plus vite que prévu parce que tu ne te seras certainement pas reposé comme tu l'aurais voulu. Et puis, pas seulement le manque de repos qui t'épuise, mais c'est parce que certaines habitudes ou contraintes, ou même toutes ces émotions accumulées, sont là depuis tellement longtemps, et que tu as l'impression qu'il n'y a qu'en vacances que tu vas pouvoir t'en libérer. Alors quand tu en es comme ça, à ce besoin profond de respirer, de ralentir, de retrouver du plaisir dans ton métier, mais qu'en même temps tu as la peur de reconnaître que il y a peut-être quelque chose qui doit changer dans mon quotidien. Mais oui, c'est peut-être le moment de faire le bilan. Quand on se réjouit que la journée soit finie, quand on se réjouit de partir en week-end, en vacances, quand on se réjouit de fermer boutique, on se réjouit tellement que le jour où il faut réouvrir, on est presque déçu, presque dégoûté. C'est les pieds de plomb, on n'a plus envie. Mais qu'est-ce qui se passe qui fait que j'en suis à saturation ? Pourquoi est-ce que j'en suis tant à être... hors de mon salon que dans mon salon. Dis-moi un peu comment ça se passe pour toi quand tu as, je suis sûre que tu as déjà eu des périodes comme ça, peut-être un peu de mauvaises passes comme on dit, où il y a des fois, tu te dis mais qu'est-ce que je fais encore là en fait ? Parce que faire le bilan, c'est bien. Je te dirais même, ce n'est pas qu'une fois l'an. Je te dirais même presque le faire une fois par saison. Alors comme moi je suis plutôt mode pensée chinoise, il faut savoir qu'il y a cinq saisons. Donc printemps, été, automne, hiver et l'entre-saison. Eh bien, je trouve que ça peut être intéressant parce qu'en plus, chaque saison a son énergie. Il faut comprendre qu'à chaque période de l'année, on a une énergie différente. Alors ? Ça se perd évidemment parce que là, on est plus dans un métro-boulot-dodo, donc on ne calcule même plus les saisons, on ne fait plus rien, on trime, Et on y va et on avance et on ne se pose plus de questions. Mais bon, au bout d'un moment, il y a un mur là en face. Alors qu'à chaque saison, c'est un petit peu comme si... Alors vous savez, il y en a qui font un nettoyage de corps à ce moment-là, il y en a qui font un nettoyage de peau, il y en a qui font un truc au niveau sportif, n'importe quoi. Là, pour ton esprit, je t'inviterais aussi à faire un peu ce bilan à chaque fois, ce serait à peu près tous les deux mois, deux mois et demi, c'est de pouvoir te dire, ok, où est-ce que j'en suis là ? Où est-ce que j'en suis ? Qu'est-ce qui va qui me convient super bien ? Et puis, qu'est-ce qui ne va plus et qui m'épuise et qui me prend toute mon énergie ? Qu'est-ce qui fait que là, je me sens bien et j'ai envie d'aller bosser ? Et puis il y a ces moments-là où, ah non, là c'est fini, j'en peux plus. L'accumulation des clients désagréables, le stress au quotidien pour le côté financier, la gestion générale du salon, le personnel. Maintenant, si tu travailles seul, c'est aussi la responsabilité de toute cette gestion-là qui porte sur tes épaules. C'est bien de savoir où tu en es. Parce qu'à un moment donné, si on laisse s'accumuler ça, on devient dégoûté. Mais dégoûté du métier, alors que ce n'est pas le métier qui te dégoûte. C'est la manière dont tu le pratiques, dont tu l'amorces, dont tu l'abordes. Et puis en plus, tu n'es pas dans un métier où tu es toute seule face à toi-même toute la journée. Tu rencontres des gens non-stop. Tu es tout le temps en train de traverser quelque chose avec une personne. Et cette personne, elle t'apporte elle-même quelque chose de plus ou moins agréable selon les situations. Alors là-dessus, c'est un peu de se repositionner en se disant, OK, comment moi je veux être face à mes clientes ? Qu'est-ce que je veux leur apporter ? Qu'est-ce que je veux que ça me rapporte aussi, bien sûr ? Parce qu'on ne travaille pas en bénévolat, on est d'accord. Te repositionner, c'est un petit peu te demander, comment là je me sens pour le moment ? Mais ça peut être aussi bien dans ta vie en général, parce que peut-être que parfois c'est quelque chose qui te pèse très fort dans ton privé, que tu transportes dans ton salon. Moi je me souviens d'une période où ça allait mal dans mon couple, et à un moment donné, moralement c'était très compliqué. Et donc quand j'arrivais au salon, je suis désolée, mais j'avais l'humeur des grands jours, je ne vous dis pas. Alors oui, ce n'est pas aux clientes de payer où il dit toujours qu'il faut laisser nos problèmes de côté. Mais merde, on est des humains. Alors quand vous êtes en train de vivre quelque chose de costaud, faire semblant, ça va un peu, mais ça ne dure pas longtemps. Alors oui, personne n'est là pour subir nos émotions. Comme toi, tu n'es pas là pour subir les émotions de tes clientes non plus. Donc par rapport à toutes ces histoires que je raconte depuis le début des épisodes, c'est qu'à un moment donné, il faut apprendre à mettre ses limites. Et mettre ses limites, ce n'est pas se mettre dans un cadre fermé, ce n'est pas une contrainte, c'est se respecter. C'est qu'est-ce qui me va moins dans mon quotidien aujourd'hui ? Qu'est-ce que j'ai envie de vivre ? Et aussi, qu'est-ce que j'ai envie de donner et de partager ? Donc ton métier en lui-même, parce que bon, même si tu as une vie à côté, j'imagine que c'est vrai que quand tu regardes bien, on a les trois quarts de notre vie à passer dans notre professionnel. Donc, si on voudrait faire le ratio, je pense que c'est peut-être parfois aussi plus souvent ce qu'on vit dans notre professionnel qu'on ramène à la maison et qu'il fout le bordel aussi des fois. Personnellement, il y a les enfants qui me disent « Maman, ton humeur… » « Oui, ça va, c'est bon. » J'étais encore énervée à cause de la dernière cliente ou une de la journée qui m'a emmerdée. Et puis peut-être un stress parce que je me rends compte que ma journée n'était pas super. Et puis peut-être que financièrement, ce n'était pas top non plus. Donc moi, ça m'angoisse parce que j'anticipe le truc. Oui, mais il va falloir payer le loyer, le machin. Enfin, tu sais, un être humain, tu vis des émotions H24. Apprendre à les gérer, ce n'est pas toujours évident. Alors quand on arrive à attendre les vacances pour te reposer. Alors que tu sais pertinemment que ce n'est pas là que tu vas te reposer, n'attends pas cette date limite pour faire quelque chose. Reprends-toi avant. Donne-toi ces moments de pause. Donne-toi ces moments de bilan où tu vas remettre des choses en place, où tu vas faire un nettoyage. C'est indispensable. Mais quand on est en mode automatique comme ça, je dis, on a des œillères et on avance tout droit. Tant que ça roule, ça roule. Et ce qui est à côté, ce n'est pas grave. Alors, il y en a certainement d'entre vous, toi peut-être, je ne sais pas, qui n'avez pas encore pris un mur, comme on dit. Alors c'est con de dire ça, mais c'est pourtant une réalité. Et qu'on dit toujours, il faut se prendre le mur pour comprendre. Et en même temps, je trouve dommage qu'il faille prendre le mur pour comprendre. Donc il y a des choses qu'on peut mettre en place. Ça n'évitera pas tous les murs, mais en tout cas, il sera peut-être moins violent. Mais quand on parle qu'il faut attendre de prendre le mur, c'est parce qu'en vrai, ce que ça veut dire, c'est que tant qu'on n'est pas dans un truc, dans l'urgence, dans quelque chose qui n'est pas encore insurmontable, on part du principe qu'on peut continuer, qu'on a encore l'énergie qu'il faut, et on y va. Quitte à faire le bourrin, ce n'est pas grave, mais on y va. Tu sais combien de fois on a dû te dire, « Allez, il serait peut-être temps que tu te reposes un peu, tu as l'air fatiguée. » « Non, non, c'est bon, j'assume. Ok, je gère. » Ouais. Ouais. T'étais la seule à le voir, à le décider et à faire ce qu'il faut. Alors oui, les commentaires des autres, c'est pénible. Et limite, plus on te dira « Faut que tu te reposes » , et plus tu vas bûcher. Comme s'il fallait que tu prouves que « Tu vois, je suis capable. » Ouais, ouais, bien sûr. En fait, t'as rien à prouver à personne qu'à toi-même. Mais même là, à toi-même, où est-ce que tu as situé la barre ? Très haute ? Trop haute ? Ça de nouveau, c'est un niveau qui convient à chacun, selon son point de vue, selon son prisme. C'est comment ton quotidien t'a apporté des croyances qui font que tu penses que c'est comme ça et pas autrement. Mais sois honnête alors avec toi. J'ai envie de te dire. La petite question c'est, si les vacances n'étaient pas la solution, c'est quoi qui aurait réellement besoin de changer là maintenant dans ton quotidien ? Ou je te dirais plutôt, disons que tes vacances sont beaucoup trop loin encore pour te dire je vais bientôt pouvoir me poser. Donc qu'est-ce que tu peux mettre en place avant qui va quand même déjà t'alléger le quotidien ? Alors, c'est un petit peu la piste de réflexion comme j'ai donné pour les autres histoires. C'est, choisis peut-être une petite chose que tu pourrais modifier dès cette semaine pour rendre tes journées plus légères. Disons que ça peut être simplement de te poser peut-être plus régulièrement dans ta journée ou si tu ne le fais jamais une fois ou deux, ce serait déjà bien. Et puis, ce fameux oui-non, un nom que tu oserais donner à quelqu'un qui vraiment tu sais que si tu lui dis oui, ça va être très compliqué pour toi, ou bien peut-être, même si c'est dans ton privé, trouver un moment rien que pour toi. Alors je l'ai répété dans chaque épisode, mais prendre soin de soi, c'est la priorité. Et à un moment donné, c'est de pouvoir être juste là dans son coin et... respirer, se déposer et juste laisser aller les choses t'es pas obligé de cogiter tout le temps t'es pas obligé de réfléchir tout le temps à te demander qu'est-ce qui va, qu'est-ce qui va pas stop, fous-toi la paix aussi quand t'es déjà au taquet au salon parce que tu parles toute la journée déjà t'as quelqu'un avec toi tout le temps Alors oui, tu peux être peut-être juste dans l'écoute, parce que tu as des clientes, heureusement, elles monopolisent toute la conversation. Ça te permet de te poser quelque part, et tu écoutes juste d'une oreille. Eh bien, j'aurais envie de te dire qu'à ce moment-là, tu peux aussi te prévoir ces moments hors salon, où je le disais dans un autre épisode, soit au moment où le salon se ferme, si tu es indépendante, prends le temps de te déposer, avant de rentrer chez toi. Et puis si tu es employée ouvrière que tu n'as pas, ce n'est pas ton salon, quand tu repars, soit dans la voiture, oui, je comprends que dans les transports en commun, c'est peut-être pas évident, mais quand tu rentres chez toi, tu sais, moi, il m'est déjà arrivé de dire aux enfants, là, vous me laissez un moment. Là, j'ai besoin de mon sas de décompression. Parce que tu sais, eux, ils s'en fichent de savoir la journée que tu as passée. Ils ont eu la leur aussi. Et puis dès que tu arrives, maman, et puis ils veulent te raconter ou ils ont un truc à te demander ou ils se sont disputés avec le frère, la soeur. Enfin, voilà, tu connais le quotidien. Ben toi, tu arrives, tu te prends un bulldozer, quoi. Alors que tu viens déjà d'être passé sous un tank. C'est compliqué. Donc si tu ne t'imposes pas ce moment de répit, C'est compliqué. Ouais, tu vas t'écrouler. Mais je suis qui pour te dire tout ça, moi ? Le mur, je me le suis pris. En pleine face. Et bien la fameuse histoire de « faut prendre un mur pour le comprendre » , ben, il y en a, je crois qu'il faut qu'ils prennent plusieurs murs. Moi, le premier mur ne m'a pas suffi. Non, j'ai continué. Parce qu'il y a eu encore d'autres choses qui étaient là-dedans. Tu sais, c'est pas avec un mur qu'on arrive à démonter toute notre toile d'araignée. Non. Ça m'a permis de comprendre certaines choses, oui. Dans mon quotidien, oui. J'ai pu modifier des choses et apprendre à m'écouter, oui. Mais ça a engendré d'autres peurs, d'autres craintes qui m'ont fait mettre d'autres choses en place qui ne m'ont pas beaucoup plus aidée. Mais ce n'est pas grave, c'est ça la vie aussi, on apprend avec toutes ces expériences. Donc à toi de voir un petit peu, dis-moi de ton côté comment ça se passe, comment est-ce que t'envisages tes vacances ? Est-ce que t'es du genre aussi à dire, pff, vivement les vacances, moi j'en peux plus. Mais t'en peux plus de quoi ? C'est là, creuse, va voir, c'est quoi qui te dérange réellement là, dans ton quotidien ? Est-ce que vraiment ces vacances-là vont te permettre de nettoyer tout ça, puis te va revenir pompe-polo, en pleine forme, prête à recommencer ? Le même quotidien qui va faire qu'au bout de quelques semaines, c'est quand les prochaines vacances ? Oui mais non. À moins que tu aies l'occasion de fermer une semaine ou deux tous les X mois, tant mieux. A l'imite, je le préconise même parce qu'il vaut mieux... Tu sais, tu n'es pas obligé de partir au Bahamas, on s'en fout, mais prendre du temps pour toi. J'espère que tout ça, ça t'a permis peut-être de réfléchir à certaines choses, en tout cas d'avoir des réflexions. Viens me partager un petit peu ton quotidien par rapport à ça, ta prise de conscience ou ce que tu as envie de partager de ton histoire à toi, qui peut en aider d'autres. Moi, je trouve ça toujours sympa. Et puis, je me ferai un plaisir de répondre. Et dans le prochain épisode, nous allons parler... de l'histoire de la comparaison. Tu sais, cette comparaison qui dit que les autres, ils y arrivent, pourquoi pas moi ? Encore un grand sujet. Allez, merci de votre écoute et puis je vous dis à bientôt ! Si cette histoire vous a parlé ou si vous avez simplement envie de prendre un peu de temps pour y repenser, alors je vous ai préparé un petit e-book qui reprend les 7 histoires dont je vous parle dans cette série. Vous trouverez le lien pour le télécharger directement dans la description de cet épisode et vous pourrez ainsi retrouver les différentes histoires, les relire tranquillement et qui sait, peut-être laisser certaines choses faire leur chemin. A votre rythme, à bientôt !