Speaker #0Bonjour et bienvenue, voici le djinn et le psychanalyste, Pandore Amarakesh, je sais, c'est un titre particulier, voire même provocateur, après tout, pourquoi pas. Pandore, on va commencer par cette histoire. Pandore, vous le savez, on parle souvent de la boîte de Pandore. Pandora, la boîte de Pandore. Comme quoi, quand on dit à quelqu'un, tu viens d'ouvrir la boîte de Pandore, en lui disant, là, tu viens de créer des problèmes interminables. Tu viens d'enclencher une avalanche de soucis. et de problèmes avec des gens dans une situation ou quoi que ce soit. Et on l'utilise un peu communément pour parler et souligner à quel point il y a une forme de transgression à l'ordre des choses qui va forcément induire des problèmes à ne plus en finir. Et on utilise cette femme, cette pauvre Pandore, comme ça, comme presque un argument. Et je me dis... C'est curieux, encore une fois, on retrouve la figure de la femme imagée, personnifiée, utilisée pour souligner la faute et la transgression. Au calme, comme s'il y avait une opposition au calme, à la tranquillité et à la sérénité des hommes. Et moi, je me dis, il doit y avoir quelque chose là. Moi, je n'y crois pas trop. Je ne pense pas que ça s'est passé comme ça. Mais vous savez, c'est quoi l'histoire de Pandore ? C'est une femme qui a été créée par Hephaïstos, le dieu forgeron, à la demande et à la commande de Zeus pour fabriquer une femme belle, magnifique, dont les autres dieux ont pu parler et à qui ils ont pu offrir des dons. Donc les dieux, un par un, lui ont offert des dons. Et c'est une femme qui est créée à partir de l'argile. C'est la première femme à partir de l'argile, d'ailleurs. Et on dit qu'à son arrivée, le monde, et par son geste, donc en ouvrant cette boîte, l'âge d'or des hommes a été perturbé et perdu à tout jamais. Vous voyez, ça semble un peu très similaire à l'histoire de Ève. Comment ? Par un geste. de transgression, l'illu comme étant un geste d'impulsivité, l'âge d'or a été perturbé, l'ordre des choses a été dérangé. Et parce que, ben voilà, cette Pandore a ouvert une boîte et les mots du monde se sont échappés de cette boîte à cet instant-là parce qu'elle n'a pas pu résister à sa curiosité. à cette curiosité féminine dont on parle, indomptable, et qui doit être crainte, et qui doit être contenue. Et comme vous le savez, à chaque fois, moi, ce genre de récit-là, je me dis, c'est quelque chose. Ça ne peut pas être si simple que ça, si stigmatisant que ça. Il peut y avoir quelque chose dans l'interprétation. Et je vous avoue, oui, j'ai trouvé des choses. Je vais partager ça avec vous. Mais d'abord, pourquoi Dieu a fait cette commande ? Pourquoi Dieu a demandé qu'on fabrique cette femme ainsi ? En fait, c'était pour se venger. Parce que Dieu, c'est très rancunier. Comme vous le savez, si on lit n'importe quel récit dans lequel lui est impliqué, c'est souvent, il ne pardonne pas une transgression à quelqu'un, il désire quelque chose ou quelqu'un, donc il va l'avoir. Il est très, très pulsionnel. ce dieu, il n'a pas de limite. Et du coup, il est très, très, très rancunier. Et donc, en fait, il voulait punir Prométhée, parce que, vous savez ça aussi, j'ose imaginer que vous êtes au courant, c'est Prométhée qui a donné le feu aux humains. Il était le gardien des humains, pendant ce fameux âge d'or, où rien ne bougeait. D'ailleurs, aucun récit ne disait qu'avant Pandore, l'humain arrivait à enfanter, ni à mourir d'ailleurs. À aucun moment c'était écrit. On ne sait pas si les hommes mourraient doucement et lentement, ils s'évaporaient comme ça dans l'air. ou s'ils étaient immortels. On ne sait pas, en fait. Ce n'est pas écrit. On ne sait pas. Et on ne sait pas si les enfants étaient, s'ils faisaient des enfants non plus. On ne savait pas grand-chose. Mais c'était un âge d'or, un âge d'or fixe, où les choses ne bougeaient pas. Et c'est ça, un équilibre, finalement. L'équilibre, c'est quand ça ne bouge pas. C'est quand c'est stagnant. Voilà, on veut tous arriver à une forme d'équilibre, mais en fait, parfois, l'équilibre, il est synonyme un peu d'infertilité. Oui, c'est vrai. Et donc, en fait, dans cet âge d'or, Donc le prométhée, là, il vole une flamme au mont Olympe et il la donne aux humains. Et on lui dit que Dieu ne lui a jamais pardonné ça. Mais même ça, moi, je ne pense pas vraiment qu'il a vraiment importé le feu pour le donner aux humains. Je n'y pense pas du tout, parce qu'on le voit dans la nature. Le feu existe, la foudre. La sécheresse, le feu existe comme un élément dans la nature. Moi, je pense que Prométhée, c'est là où Jus a été vraiment très contrarié. C'est qu'il a appris à l'homme comment manier le feu. Il lui a appris comment faire du feu. Il lui a appris comment faire fendre des métaux, cuisiner, comment se protéger à partir du feu et comment l'utiliser et utiliser sa lumière. Et c'est toute la puissance du feu, finalement. Puisqu'une flamme comme ça, elle est là, ok, d'accord, super. Mais quand on sait manier le feu, c'est là où ça change. Donc moi, je pense que c'est ça, ce que Zeus lui a jamais pardonné. C'est le savoir qui est derrière. C'est la transmission. C'est là où se trouve la trahison. C'est pas tellement dans le feu lui-même, à savoir faire une flamme. Bon, à voir. Donc, Prométhée fait ça. Zeus, il dit, oulala, il va falloir le punir. Donc, il commande cette femme, vu que c'est un monde... d'homme et de dieu masculin, il commande une femme, et cette femme à qui on donne tout, d'ailleurs Pandora, c'est celle qui a tous les dons, ou qui donne tout aussi. Donc il y a une forme aussi de passivité dedans, et de soumission, celle qui donne tout, voilà. Et il la promet comme épouse pour qui le frère jumeau de Prométhée. Il savait que Prométhée était trop intelligent pour accepter cette proposition. Et le frère jumeau de Prométhée, il s'appelle Épiméthée. Et vous voyez, Prométhée, celui qui a donné le feu. C'est comme proactif. Il y a le préfixe pro. Et ce préfixe, c'est-à-dire celui qui pense avant. Celui qui réfléchit, qui analyse avant. Donc, qui a une forme de réflexion. bien avant les événements. Et Epiméthée, de épice, c'est celui qui pense et qui réfléchit après coup. Une fois que les événements ont pu avoir lieu, lui les voit par la suite, sur le plan presque symbolique, pour faire sens. Et ce que Zeus fait, c'est qu'il donne à Pandore une jarre. Il lui donne une jarre, parce que ce n'est pas du tout une boîte d'ailleurs, c'est Erasme. Au 15e siècle, il me semble, ou 16e siècle, il s'est trempé dans sa traduction. Il a dit que c'était une boîte. Mais pythos, du grec ancien, veut dire jarre. Une jarre en terre cuite. Pythos, ce n'est pas du tout une boîte aseptisée, travaillée. Non, non, non. C'est une jarre de terre cuite. Et dans cuite, on entend le feu, encore une fois. On est toujours dans cette maîtrise du feu et du temps. Et donc, Il lui donne cette jarre et il lui dit, Dieu est donc à Pandore, il lui donne cette jarre et il lui dit, il ne faut surtout pas que tu l'ouvres, peu importe, peu importe ce qui arrive. C'est un interdit. Je te confie cette jarre et il ne faut surtout pas que tu l'ouvres. C'est un cadeau de mariage. Tu la prends comme elle est. Et évidemment, si on pense à sa conception, passive comme elle est censée être, elle accepte et elle prend la jarre. et elle n'est pas censée normalement l'ouvrir. D'accord ? Prométhée, celui qui pense avant, a dit à son frère « N'accepte pas de cadeau des dieux pour ton mariage. » Surtout pas. Mais bon, et puis Mété, lui, pense après, quoi. Donc bon, pas trop vu le truc. On ne sait même pas d'ailleurs s'il était au courant de cette jarre. Donc Pandore accepte, elle y va. Elle cache cette jarre, elle l'enterre dans son jardin. pour ne pas trop réfléchir à cette jarre, pour essayer de l'oublier. Parce qu'évidemment, dès qu'elle a eu la jarre, elle n'arrêtait pas d'y penser, elle n'arrêtait pas de dire... Qu'est-ce qu'il y avait dedans ? Pourquoi cette jarre ? Pourquoi il me l'a donnée ? C'est bizarre. Bon, on lui reconnaît en moins cette réflexion dans le mythe. Et pendant une nuit, elle quitte sa couche nuptiale et elle va chercher cette jarre. C'est comme si quelque chose lui murmurait aux oreilles « Ouvre-moi, touche-moi, je suis là » . Elle va déterrer la jarre et au bout de ses doigts, elle essaye un peu de dessiner et de redessiner l'ouverture de cette jarre comme si par magie elle pouvait toucher et frotter et frôler le contenu de ce qu'il y avait. Mais impossible. Donc, dans cette nuit, elle ouvre la jarre et d'un coup, subitement, Les mots se précipitaient de cette jarre et s'envolaient dans les cieux. Ahuri, abasourdie, sidérée par ce qui se passe, elle essaie de refermer la jarre le plus rapidement possible. Elle arrive à le faire et, encore une fois, à l'enterrer comme si de rien n'était, complètement tremblante. Et elle retourne se coucher, très peureuse, très dépassée par ce qui se passe, choquée, surprise. Et on dit que dans cette précipitation, Elle renferme le dernier djinn qui avait dans cette jarre et on l'appelle espoir. C'est comme si elle avait renfermé l'espoir. C'est le dernier petit djinn qui était au fond de cette jarre, qui n'a pas pu s'échapper. Mais tous les autres mots se sont échappés. Le malheur, la tristesse, la pauvreté, l'injustice et ainsi de suite. Et depuis, le monde connaît ces mots-là. Et en gros, c'est de sa faute si on respecte cette vision. Bon, vous allez me dire, ok, d'accord, ça c'est l'histoire, on a changé la boîte par la jarre, ce qui est un peu plus humain, ce qui est un peu plus vivant, mais la jarre, attention, ce n'est pas rien. Parce qu'à cette époque-là, à l'époque où l'écriture de ce mythe fut, n'enterraient pas vraiment les morts. Par exemple, les enfants morts, les morts-nés, comme les enfants qui meurent en bas âge, on les mettait dans des jarres. Après avoir incinéré un corps, ce qui en restait, les cendres et les os, on les mettait dans des jarres. C'est comme une sorte d'ossuaire. La jarre en elle-même, ce n'est pas anodin. Dans la psychanalyse, la jarre, elle a un... une dimension symbolique qui s'apparente à l'utérus, à ce qui est dedans, à ce qui est caché, à ce qui est protégé, comme une sorte de... là où se trouve le fœtus, on appelle ça comment ça ? Je n'ai plus le mot de fœtus, il est dans un placenta. En fait, si on suit un peu cette lecture-là, on se rend compte que notre cher Pandore, Pandora, ce qu'elle a fait, ce n'est pas tellement aller chercher les mots de la Terre et du monde, parce qu'elle n'a pas pu s'arrêter et se refuser à ce désir et à cette pulsion et faire preuve de cette passivité ultime féminine qu'elle doit aux dieux qui l'ont créée, notamment à Zeus, mais ce n'est absolument pas du tout ça ce qu'elle a fait. Ce qu'elle a fait, c'est un geste d'initiation, d'émancipation et d'indépendance, d'appropriation de son corps. Ce que Pandore a fait, c'est qu'elle a touché à la jouissance féminine. C'est ça ce qu'elle a fait. C'est qu'elle a pu s'offrir un moment arraché de ce lit conjugal entre elle et elle-même, découvrant son corps dans son entièreté, l'explorant et le vivant dans cet élan. d'émancipation, dans cette fougue du désir et du plaisir féminin, qui évidemment est vu jusqu'à aujourd'hui dans certaines cultures de moins en moins, mais il est encore vu comme ça, comme une transgression, comme un péché, comme une honte, comme un interdit. C'est ça ce qu'elle a fait, Pandore. Mais bon, vous allez me dire, ok, d'accord, c'est une lecture. Peut-être intéressante, je ne sais pas trop, mais pourquoi Marrakech ? J'aurais pu dire... J'aurais pu choisir une autre ville. J'aurais pu choisir, je ne sais pas, Corfu. J'aurais pu choisir Tunis. J'aurais pu choisir Mexico. J'aurais pu choisir d'autres pays aussi. Nouvelle-Zélande, chez les Maoris, on trouve des rituels comme ça. Mais Marrakech, parce qu'il y a quelque chose de très particulier à Marrakech, c'est qu'il y a un plat culinaire exclusivement masculin. dont la préparation est exclusivement masculine, traditionnellement parlant, qui s'appelle la tanjia. La tanjia, on peut entendre dedans tagine. C'est le féminin du tagine. Ce n'est pas un plat conique comme le tagine, mais c'est une jarre en terre cuite, encore une fois, qu'on laisse cuire dans des braises, des cendres de feu, toute une nuit à feu doux, comme ça, pendant des heures et des heures et des heures. On la fait cuire dans les cendres du bois, des hammams et des fours publics. Et on vient la chercher le lendemain, parce que comme les douches publiques, il y avait des fours publics, des hammams, dans lesquels on laissait parfois cuire ce genre de plat, qu'on pouvait venir chercher le lendemain. Je ne sais pas si certains d'entre vous se souviennent des fours. publics, mais en fait, les fours publics, c'est quoi ? Là-même, je pense que vous voyez un peu c'est quoi. Mais les fours publics, c'est des fours qui se trouvaient dans des médinas ou dans des villes antiques. Et en fait, c'est un four, comme vous l'entendez, auquel on apportait, chaque maison apportait une planche en bois avec un tissu dans lequel est enveloppée une pâte du pain, en fait. Et on l'amène au four. pour le faire cuire. Et on venait avec un tissu bien particulier qui était reconnaissable. Et on savait quelle planche appartenait à quelle maison. Parfois, on marquait le pain, on marquait avec des coups de fourchette ou de couteau comme ça, ou on tinsait la pâte pour savoir, une fois la cuisson terminée, quel pain appartient à quel tissu ou marqué de quelle manière. quelle planche, quel étage. Et là, on remet le pain à ses propriétaires quand ils venaient le chercher. Et c'était des fours populaires dans lesquels on pouvait cuire du pain, des gâteaux, et notamment cette fameuse tangia, ce fameux plat. Et ce fameux plat, là, on trouve le même. Ailleurs, comme je dis, chez les Maoris, en Nouvelle-Zélande, chez les Tangas, en Mexique aussi, en Grèce, en Italie, en Mongolie aussi, il y en a. Alors, pas toujours une exquisité masculine. Et à Tunis, en Tunisie, il y en a, et ce plat-là, il s'appelle Daffina ou Dvina. D'ailleurs, ce mot Dvina, Daffana, veut dire enterré, de l'enterrement. Parce qu'on enterrait cette jarre entièrement sous les cendres et sous la terre. Et on fermait complètement, hermétiquement, déjà l'ouverture de cette jarre et le four en lui-même. Et on venait le lendemain. Et notamment dans les communautés juives de Tunis, on faisait cuire et on laissait les jarres le vendredi soir. Et on venait les chercher le samedi, donc Shabbat. Et comme ça, on récupère un plat chaud sans avoir à le réchauffer. et cuits. Et au Maroc, particulièrement, c'était, donc je disais, une pratique masculine. Donc ce plat était un plat culinaire exclusivement masculin, dans lequel on pouvait mettre jusqu'à trois viandes différentes, avec des étages séparés par des légumes, par exemple. C'est souvent des bébés d'animaux, de l'agneau, du veau, ou les aussi, parfois. Donc on retrouve l'inverse de ce qui se passait en Grèce, vous voyez, où on pouvait enterrer Certains morts ou maîtres, des restes des morts dans cette jarre, que finalement Pandore a eu le malheur, selon le mythe d'ouvrir, ou plutôt le plaisir et la jouissance d'ouvrir. Et quelque part dans ce récit et dans ce plat qui est répété à l'infini, il y a comme une sorte de réparation. Non pas afin de libérer l'espoir qui était renfermé par Pandore. Pandore précipitamment ? Pas du tout, pas du tout. Mais c'est comme une réparation du temps. C'est-à-dire, ce sont des hommes qui le préparent, qui se réapproprient presque cet utérus féminin symbolique, cette jarre, dans laquelle ils mettent de la viande, ils le préparent lentement, il y a une préparation très lente aussi, il y a du cumin, il y a du safran, il y a du miel aussi, ça peut se préparer avec du miel, du beurre. Il y a toute une préparation, c'est un rituel, c'est assez festif, et on prépare cette viande, on ferme hermétiquement la jarre, on va dans les cendres d'un hamam ou d'un four pour l'enterrer, bien évidemment, ou même au sol directement, et on referme complètement le sol. si ces gens-là partent, par exemple, pour X ou Y raison, on ne saurait pas qu'il y avait un... Une jarre enterrée à cet endroit-là. Donc, ils deviennent un peu les maîtres du rituel. Les seuls à pouvoir ressortir cette jarre. Ce n'est plus une femme, ce sont des hommes maintenant qui se réapproprient le rituel et qui surtout l'inscrivent de manière complètement maîtrisée dans le temps. C'est ça. Parce que ce qu'on reproche à Pandore, c'est d'avoir... C'est avoir cette précipitation, cette impulsivité. Mais eux-là, ils sont là dans la maîtrise, dans un élan calme, dans un élan du savoir. Et ensuite, on sort cette tangia, ce plat, on l'ouvre et on se la partage de manière très festive. Et encore une fois... Je pense que le répéter à l'infini, c'est créer la dialectique de l'infini qui parle du geste hâtif de cette femme et du geste réfléchi, donc on a dit épimété, des hommes. Donc du geste pensé, analysé, qui vient après coup. C'est comme s'il pouvait garantir le retour à un âge d'or des hommes. bien avant la jouissance féminine, bien avant l'émancipation féminine. C'est comme si, pendant le moment de la préparation de ce plat-là, on invoquait, encore une fois, un moment de puissance ultime dans lequel il n'y avait pas de rupture, dans lequel les dieux étaient contents et dans lequel les hommes étaient satisfaits, même pendant un moment. Et ensuite, on va le répéter et on va le répéter. Mais, à part ça, le plat, il est très bon, donc si un jour vous avez l'occasion d'y aller et de le goûter, vous allez voir, c'est extraordinaire. Je ne vous dis pas qu'il ne vaut pas le manger, c'est pas du tout ça, au contraire. Mais on voit comment, quelque part, la femme, dans sa vision et dans sa position face au Dieu, est instrumentalisée, encore une fois. dont le plaisir et le désir est complètement occulté. Ce qu'on peut trouver d'ailleurs chez Freud, parfois Freud laisse entendre que contenir le désir, c'est permettre à l'ordre établi de se perpétuer. Ce que Marie Bonaparte, sa disciple, ne dit pas, elle n'est pas vraiment d'accord avec ça, parce qu'elle trouve qu'en effet, tout à l'image de Sarah Kaufman, le désir et le plaisir féminin dans la psychanalyse a été un peu occulté, et la sexualité féminine surtout, elle n'a pas été assez discutée et assez honorée. Vous savez maintenant, à chaque fois qu'il y a un mythe comme ça, il faut le questionner, il faut en parler, bien sûr. Et je trouve que cette dialectique en la maîtrise du temps à Marrakech et... L'impulsivité de Pandore fait écho à pas mal de récits, même bibliques, comme Ève, Lilith, la reine Esther, Cheikh Razad, pourquoi pas, toutes ces femmes finalement qui sont des initiatrices, à quel point leur élan d'initiation et d'émancipation a pu perturber un ordre des choses qui n'a jamais pu être rétabli. qu'on a essayé et qu'on tente. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une loi qui est passée en Afghanistan qui interdit même aux femmes de se parler à haute voix, en public. C'est-à-dire qu'il y a vraiment une quête à vouloir. retrouver une existence inscrite dans l'inconscient, comme si rétablir l'ordre passe par le silence des femmes. Je ne sais pas si c'est vrai, mais en tout cas je sais qu'ils ne vont pas y arriver. Je vous souhaite une bonne aventure et à bientôt.