- Speaker #0
Salut à toutes, c'est Laury, très heureuse de vous retrouver pour une parenthèse qui va nous faire du bien. Aujourd'hui, on met de côté notre charge mentale, on prend du temps pour nous et rien que pour nous. Avec Yves Rocher, on a tous le droit au bien-être et pas question de culpabiliser pour ça. Et mon invité va être d'accord avec moi. Il s'agit de l'humoriste Blandine Lehout, une jeune maman inspirée, inspirante. Elle va nous raconter son histoire et nous dire comment elle a enfin réussi à prendre du temps pour elle. Installez-vous confortablement, on coupe les notifications et on passe en mode déso pas dispo. C'est parti !
- Speaker #1
Blandine, je suis ravie de te retrouver, merci. Moi aussi, je suis trop contente d'être avec toi aujourd'hui.
- Speaker #0
T'as vu, on a un setup absolument cocoon. J'adore ! La baignoire, c'est un peu la symbolique du prendre soin de soi. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais le seul bain qu'on s'autorise dans l'année, généralement, on sait qu'on ferme la porte à double tour. On a les concombres sur les yeux Et c'est parti, il ne faut pas nous déranger La bougie, le Netflix Donc voilà, je suis vraiment très heureuse Que tu aies pu te rendre dispo et te recevoir Parce que tu es plus qu'inspirante pour nous toutes C'est gentil Non mais je veux dire, tu es humoriste, maman de deux enfants Podcasteuse aussi Et tu dévis des messages qui nous parlent à toutes C'est gentil Alors dans cette vie à mille à l'heure, j'imagine que ce n'est pas toujours évident Trouver le temps pour soi Comment t'expliques-toi que ça soit aussi difficile De se choisir ? Sans culpabiliser, je veux dire.
- Speaker #1
Je pense que c'est des années de tradition. La société, elle est comme ça, elle est patriarcale de manière générale. Je parlais avec une nana, il n'y a pas longtemps, qui m'expliquait qu'en fait, tu sais, nous, on est la première génération un peu à se plaindre, tu vois, de notre charge mentale et tout et tout. Et en fait, elle me disait, mais pourquoi nous, on est la première génération ? Parce que nos mères sont la première génération de femmes qui ont travaillé, qui ont eu des carrières, pas toutes, mais... mais qui ont eu des carrières en même temps qu'elles avaient des enfants. Mais en fait, à cette époque, si elles s'étaient plaintes, on leur aurait dit, il n'y a pas de soucis, occupe-toi de tes gosses.
- Speaker #0
Parce qu'on est d'accord que quand on parle à nos mères de la surcharge mentale qu'on peut ressentir à plein de moments, elles ne comprennent pas trop, on ne parle pas forcément le même langage.
- Speaker #1
C'est vrai ce que tu dis, parce que moi, quand je dis à ma mère que je suis fatiguée, épuisée, que j'ai un rythme de ouf, elle me dit, mais attends, t'as vu le mari que tu as ? parce qu'en fait mon mari il est un peu à la maison il bosse, il est auteur, il bosse de la maison mais du coup comme moi je suis beaucoup en déplacement à 16h30 c'est lui qui est devant l'école c'est lui qui fait pas mal, alors moi je fais largement ma part aussi avant de monter sur scène je suis en train d'organiser la livraison des courses je lui ai dit t'es dispo demain entre 8h et 10h il m'a dit oui Et je valide la commande. Enfin, tu vois, il y a un truc comme ça qui s'installe.
- Speaker #0
Oui, c'est une organisation, c'est une team. C'est une équipe.
- Speaker #1
Mais certaines personnes se disent qu'on s'écoute trop. Alors que parfois, moi, je ne sais pas si tu as eu cette sensation dans ta vie, où j'ai eu la sensation que je ne m'écoutais tellement pas que j'étais comme ça. Je n'étais pas au bord du burn-out. Parce que dans ces moments-là, moi, je ne me suis pas écoutée. Je me dis, mais si moi, en m'écoutant un peu, je suis comme ça. Toi ? Donc, elle est tâtée.
- Speaker #0
C'est quoi tes sensations physiques ? Parce que le corps, il nous parle quand même.
- Speaker #1
Écoute, moi, ce qui s'est passé, c'est très simple. Je me suis mise à pratiquer le métier que je rêvais de faire. Bon, voilà, c'est un fait. J'ai eu ma fille et en même temps, je commençais à faire ça. 2019, je fais ma première scène ouverte, d'accord ? Ça se voit même pas que je suis enceinte. Le Covid arrive, on est confinés. Ensuite, j'ai mon enfant. il y a la... C'est le confinement culturel qui dure encore un an, donc en fait on peut reprendre en printemps 2021. Et là je me lance à fond. Et bref, je retombe enceinte dans la foulée. Sur le plan personnel ça me rend extrêmement heureuse, sur le plan professionnel je me dis mais attends c'est pas possible j'ai 5 minutes d'efficace.
- Speaker #0
T'as eu trop peu de temps de répit par rapport à ce que t'envisageais produire professionnellement quoi.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Comment cette prise de conscience ? du surmenage est arrivé, comment ça s'est manifesté physiquement, mentalement ?
- Speaker #1
Je crois que j'étais un peu pas bien. Je crois que j'étais un peu... En fait, j'ai enchaîné des petites tournées, tu vois. Sauf qu'en fait, quand tu fais des petites salles, tu pars longtemps, tu vas jouer à Nantes, tu vas jouer dans une sans place. Sauf qu'en fait, du coup, tu vas jouer 3-4 fois d'affilée. Sauf que moi, je partais 3-4 soirs sans mes enfants. Mon petit, il avait un an. Tu vois ? Et c'était très, très dur. Mais je l'ai fait. Tu sais, je pense que toi t'es peut-être un peu pareil, je suis prête à faire ce genre de sacrifice, tu vois, genre ah pour avoir ça il faut que je fasse ça.
- Speaker #0
Mais est-ce qu'il n'y a pas un moment donné où t'es dans le faire et en fait t'as le sentiment que tout ça n'a finalement pas de sens par rapport à ce que tu as accueilli, par rapport à ce que t'as créé comme harmonie autour de toi, tu dis mais attends je quitte cette espèce de socle, j'en ai les frissons.
- Speaker #1
T'as tout compris. C'est ça ? T'as tout compris. C'est-à-dire qu'en fait j'accumule beaucoup de... Beaucoup de culpabilité, beaucoup de tristesse, je rate énormément de choses.
- Speaker #0
D'événements, des anniversaires ?
- Speaker #1
Je rate tout, je rate tout. Des fois... Attends, deux secondes, je ne peux pas... Des fois, je rentre chez moi et mon fils dit des nouveaux mots. On est là, on est ensemble. C 'est un peu dur. Et ça... c'est de lourds sacrifices. J'ai raté beaucoup de choses qui m'ont vachement coûté. Mon rêve, ok, oui, c'est de monter sur scène, mais moi, mon rêve à la vraie base, c'est d'être heureuse, d'avoir un mari, d'avoir des enfants, d'avoir une famille. Chacun son rêve.
- Speaker #0
Et comment tu as basculé en mode, ok, là, en fait, je dois créer, opérer un changement ?
- Speaker #1
Ok, en fait, ce qui se passe, c'est que... Comme je culpabilise énormément, j'essaie de compenser. Donc en fait, soit je travaille, soit je suis en tournée, et je rentre le dimanche, et je deviens maman, et je fais des machines, et je pars au parc, et je fais des activités et tout. Soit je travaille, soit je suis maman, soit je travaille, soit je suis maman, soit je travaille.
- Speaker #0
Mais à quel moment, toi, tu t'écoutes quoi ? Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Et en novembre 2025, donc c'est l'accumulation, il faut s'imaginer tout ça, tu vois. Et en fait, je commence à être à la gueule. C'est-à-dire vraiment... Je pleure, je ne veux plus aller en tournée, je commence à me dire je ne veux plus jouer le spectacle. Donc je commence à être très malheureuse. Et je parle à une copine à moi, qui s'appelle Jade, et elle me parle d'application de sport. Elle me dit mais tu sais tu devrais prendre cette application, parce qu'en fait ça te permet d'aller dans des salles de sport dans tout Paris, toi tu es toujours en rendez-vous et tout, et dans toute la France. Elle me dit donc quand tu es en tournée, tu pourrais aller dans des salles de sport et tout. Et je lui réponds. Mais j'ai pas le temps d'aller au sport. Parce qu'en fait, moi, soit je travaille, soit je suis maman. Et elle me dit, tu as le temps. C'est juste que t'as décidé que c'était pas ta priorité. Tu sais, des fois, il y a des gens, ils vont te dire un truc. On peut te le dire cent fois. T'entends rien. Tu... Tu dis de la merde. Et un jour, il y a quelqu'un qui te dit la même phrase, sauf que t'es ouverte. Et là, elle active ça dans ma tête. Elle me dit que t'as décidé que c'était Ce n'était pas ta priorité. Et en fait, je décide à cet instant-là, je télécharge l'application, et je commence à faire du sport. Et en fait, ça rentre dans ma routine. Tous les jours où j'ai le spectacle, je fais une séance de sport. Et en fait, je l'ai associée à un truc très bête, mais je vais au sport. J'y vais un peu dégueulasse, je mets du déo et puis j'y vais. Je rentre chez moi, je me douche,
- Speaker #0
c'est rituel, le rituel, l'oxygénation et le petit me time.
- Speaker #1
Je me crème, je sens bon, je mets des vêtements propres, je suis à l'aise, je mets des grosses chaussettes, je fais un thé, je prends du chocolat noir, je me mets devant mon ordi. Et là, je bosse.
- Speaker #0
Et là, t'es en point. Tout droit.
- Speaker #1
Et là,
- Speaker #0
c'est le cadre en fait que ça occasionne, le cadre, la structure, c'est des petits riens, c'est des détails, mais qui te mettent sur le droit chemin et qui te permettent de cloisonner travail, maman, mon temps pour moi.
- Speaker #1
Exactement. Et si tu m'avais dit, il y a quelques années, quelle allait être ma source de bonheur et de bien-être, je t'aurais jamais dit que ma source de bonheur, c'était ce fameux moment de séance de sport. associé à la douche, associé à ce crémage, ce masque que je me mets sur le visage, enfin voilà, tout ça c'est un rituel qui me cadre et qui me met bien.
- Speaker #0
Et est-ce que ce temps pour toi de te choisir a changé la façon dont tu prends soin des autres ?
- Speaker #1
Bah disons que... J'étais plus au bord de l'implosion, je suis plus au bord de l'implosion comme j'étais et donc du coup, c'est très bête, mais plus de patience. Mais le vrai impact que je vois, il est sur ma sérénité. Tu sais, j'avais ce côté où je travaille, je travaille... Je cours et j'ai l'impression vraiment de jamais rien faire pour moi, de tout le temps être... De tout bâcler. Tout bâcler. Et là, en fait, en faisant ça, alors oui, je réponds peut-être à moins de mails dans la journée, oui, machin et tout, mais...
- Speaker #0
Ça peut attendre demain, tu te sens... En fait, tu apprends à ne plus te sentir indispensable pour tout le monde. On connaît maintenant les règles du jeu pour ne plus que ça arrive.
- Speaker #1
Comment t'as fait,
- Speaker #0
toi ? Franchement, honnêtement, c'est comme toi. C'est le cadre. En fait, je me souviens... que dans mon agenda, je fonctionne beaucoup par couleur, je sais pas si c'est ton cas, c'est-à-dire que tout ce qui est pro, c'est dans une couleur. Tout ce qui est perso, je le mets en jaune parce que, je sais pas, pour moi c'est soleil, c'est les parties... Moi je mets en rose. Et en fait, je constatais que tout ce qui était en jaune, je pouvais vite le faire dégager pour prioriser ce qui me semblait être essentiel, c'est-à-dire ma réalisation et ma carrière un peu professionnelle. J'ai compris que je dégageais toutes les semaines 30% de moments perso, je parle de déjeuner, de rentrer chez moi, voir ma famille en Bretagne, de surfer. En fait, là j'étais en asphyxie totale. Et j'ai, pareil, recentré les moments de sport qui pouvaient aussi vite dégager, parce qu'il y a un rendez-vous plus important. Non, en fait, le lundi, le mercredi, j'en sais rien, le samedi, c'est deux heures pour moi, comme tu le dis, où tu te choisis et en fait tu te structures, tu te fais du bien, tu t'oxygènes, tu vas courir. Que sais-je ? Et comme tu le dis, cette espèce de douche, crémage, masque et je sens bon, boum, ça te met tout de suite, plutôt que de prendre deux heures à dire « Ouais, c'est bon, j'ai le temps, je me fais mon déj. »
- Speaker #1
Non mais non, rien que de t'en parler, genre là, je me dis, j'ai envie de rentrer chez moi, je me dis, mais je trouve que c'est vraiment un moment extraordinaire, ce truc-là, de se mettre prêt à travailler après avoir peut-être laissé un petit peu de temps pour toi, te recentrer, mais ça c'est extraordinaire. En tout cas, je ne me suis jamais sentie aussi bien que depuis que je fais ça.
- Speaker #0
Et est-ce que toutes les femmes qui sont inspirées par ton histoire et qui se sont reconnues aujourd'hui, t'aurais un petit mantra, un petit mot pour déculpabiliser, de prendre soin d'elles ? Est-ce qu'il y a quelque chose qui pourrait les aider et leur parler ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Et ça, je vais te demander de l'inscrire sur cette petite ardoise.
- Speaker #1
Ah ouais, vraie ardoise.
- Speaker #0
T'as vu ou pas ?
- Speaker #1
C'est drôle.
- Speaker #0
Donc un petit mantra, un petit conseil qui pourrait parler à toutes celles qui se reconnaissent dans ton histoire.
- Speaker #1
Fais de toi ta priorité.
- Speaker #0
Extra. Elle t'a accompagné cette phrase toi ?
- Speaker #1
Ouais. Ouais vraiment. Bon bah oui. Il y a une image très parlante pour moi, c'est le masque à oxygène dans l'avion. Complètement. En fait, quand les stewards ou les hôtesses de l'air te disent, si tu es accompagné de quelqu'un qui ne peut pas le mettre tout seul, tu mets d'abord le masque à oxygène sur ton visage. et après tu mets le masque à oxygène sur celui qui t'accompagne pourquoi ? parce que si tu le mets sur ton visage tu vas avoir assez d'oxygène pour pouvoir aider l'autre, alors que si tu le mets sur l'autre ça se trouve tu vas même pas réussir à tant à lui mettre tu vas tomber avant alors que si tu le mets sur toi d'abord tu vas aider les autres à s'oxygéner j'aime beaucoup cette conclusion ça me parle énormément et j'utilise souvent cette image là justement pour apprendre à se prioriser,
- Speaker #0
c'était hyper inspirant,
- Speaker #1
merci Blandine franchement merci à toi pour...
- Speaker #0
toutes ces good vibes, mais tout en sagesse.
- Speaker #1
J'adore qu'on me dise que je suis sage.
- Speaker #0
Oui, je te trouve très sage. Ah, merci. Et d'ailleurs, c'était un cadeau de te recevoir, et moi j'en ai un autre pour toi de cadeau. C'est un peu symbolique. Quand c'est le moment pour toi, et que tu as besoin de te prioriser justement, tu pourras caler ça sur ta petite porte de salle de bain, de chambre, que sais-je. Dans la baignoire. Voilà. Et comme ça, toute la famille est au courant désormais que ça sera ton moment.
- Speaker #1
Trop bien.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Laury.
- Speaker #0
Si le témoignage de Blandine vous a inspiré, n'hésitez pas à nous partager vos anecdotes et à commenter. On vous lira avec beaucoup d'attention. D'ici là, prenez soin de vous. N'oubliez pas qu'on a tous le droit au bien-être. On se retrouve très bientôt. Prenez soin de vous, on vous adore. Je réactive les notifications.
- Speaker #1
Et je vous dis à très vite. C'était un plaisir, j'adore. Merci.
- Speaker #0
Ça aurait pu durer mille heures. J'avais trop envie de... On s'en sort. Juste une petite trousse pour te prioriser encore. Tu retrouves ton petit bon. Voilà, t'as tout ce qu'il faut pour te choisir. Le blush c'est cheeks&lips. Ils font beaucoup ça maintenant. Oh, masque. Mais voilà. Après, tu mettra la petite...devant ta porte. Exactement.