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Le film annuel de l'IH2EF

#8 - partie 3 : mixité sociale et égalité des chances : pourquoi est-ce une préoccupation ? une préoccupation "franco-française ?

#8 - partie 3 : mixité sociale et égalité des chances : pourquoi est-ce une préoccupation ? une préoccupation "franco-française ?

19min |28/10/2022
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Description

L’article  L111-1 du code l’éducation énonce très clairement que la mixité sociale est un des objectifs du service public d’éducation.

Malgré cet objectif ancien, fondateur même du modèle scolaire à la française, et régulièrement réaffirmé les constats sont sans appel. Ils font état d’une tendance persistante à la ségrégation de notre système scolaire.  

En témoigne la récente étude publiée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) : 

  • alors que la proportion de collégiens enfants d’ouvriers ou d’inactifs (milieu éfavorisé) est en moyenne de 37,4 %, elle est supérieure à 61,0 % dans un dixième des collèges les plus défavorisés et  inférieure à 14,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés ; 
  • a contrario, la proportion d’enfants d’enseignants, de cadres supérieurs, de chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus ou dont le représentant exerce une profession libérale (milieu très favorisé) qui est de 23,9 % sur l’ensemble des collégiens, est inférieure à 6,6 %, dans 10% des collèges alors qu’elle dépasse 44,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés.

Or cette absence de mixité sociale entre établissements mais aussi entre les élèves d’un même établissement est à l’origine de nombreuses difficultés : Inégalité de réussite scolaire pour les élèves et reproduction des inégalité sociales ; difficultés d’insertion économique ; baisse de l’efficacité générale du service public d’éducation ; menace pour le pacte républicain.

Ainsi, l’enquête PISA de 2019 place notre pays parmi les plus inégalitaires de l’OCDE.
"Les élèves français de milieux sociaux économiques défavorisés sont cinq fois plus nombreux que ceux des milieux favorisés à ne pas atteindre le niveau minimal de lecture. C'est un des scores les plus élevés de l'OCDE". Cette enquête révèle aussi qu’au-delà de l’origine familiale, c’est la composition sociale de l’établissement fréquenté qui serait l’élément déterminant pour la réussite scolaire. La mixité entraîne de la performance en favorisant l’équité.
"Si l’on prend en compte les acquis scolaires de toute une classe d’âge, ce sont les classes hétérogènes qui s’avèrent les plus “productives”, maximisant les progrès des plus faibles sans obérer proportionnellement les progrès des plus forts, ce qui conduit donc à un meilleur résultat d’ensemble." (Marie Duru-Bellat, 2003). Un élève issu d'une famille défavorisée, scolarisé dans une école majoritairement fréquentée par des
enfants issus de familles aisées, réussira mieux à l'école sans dommage pour ses camarades. 


Dans ce constat possible d’un "gagnant/gagnant" qui pourrait faire consensus et qui peine à s’imposer, il apparaît légitime de questionner les liens entre mixité et réussite scolaire, voire égalité des chances et de s'interroger sur les leviers et les freins à la mixité. 


Intervenants

  • Marie Duru-Bellat, professeur de sociologie à Sciences-Po Paris 
  • Agnès Van Zanten, directrice de recherche CNRS à l’OSC (Observatoire sociologue du changement) 
  • Youssef Souidi, doctorant à l’école d’économie de Paris 
  • Asma Benhenda, chargée de recherche à l’ University College London 
  • Marine Guillerm, cheffe du bureau- études sur les établissements et l'éducation prioritaire, direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) 
  • Olivier Monso, chargé d’études à la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), membre de
    Sciences-Po-CRIS et LIEPP.  

Description

L’article  L111-1 du code l’éducation énonce très clairement que la mixité sociale est un des objectifs du service public d’éducation.

Malgré cet objectif ancien, fondateur même du modèle scolaire à la française, et régulièrement réaffirmé les constats sont sans appel. Ils font état d’une tendance persistante à la ségrégation de notre système scolaire.  

En témoigne la récente étude publiée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) : 

  • alors que la proportion de collégiens enfants d’ouvriers ou d’inactifs (milieu éfavorisé) est en moyenne de 37,4 %, elle est supérieure à 61,0 % dans un dixième des collèges les plus défavorisés et  inférieure à 14,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés ; 
  • a contrario, la proportion d’enfants d’enseignants, de cadres supérieurs, de chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus ou dont le représentant exerce une profession libérale (milieu très favorisé) qui est de 23,9 % sur l’ensemble des collégiens, est inférieure à 6,6 %, dans 10% des collèges alors qu’elle dépasse 44,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés.

Or cette absence de mixité sociale entre établissements mais aussi entre les élèves d’un même établissement est à l’origine de nombreuses difficultés : Inégalité de réussite scolaire pour les élèves et reproduction des inégalité sociales ; difficultés d’insertion économique ; baisse de l’efficacité générale du service public d’éducation ; menace pour le pacte républicain.

Ainsi, l’enquête PISA de 2019 place notre pays parmi les plus inégalitaires de l’OCDE.
"Les élèves français de milieux sociaux économiques défavorisés sont cinq fois plus nombreux que ceux des milieux favorisés à ne pas atteindre le niveau minimal de lecture. C'est un des scores les plus élevés de l'OCDE". Cette enquête révèle aussi qu’au-delà de l’origine familiale, c’est la composition sociale de l’établissement fréquenté qui serait l’élément déterminant pour la réussite scolaire. La mixité entraîne de la performance en favorisant l’équité.
"Si l’on prend en compte les acquis scolaires de toute une classe d’âge, ce sont les classes hétérogènes qui s’avèrent les plus “productives”, maximisant les progrès des plus faibles sans obérer proportionnellement les progrès des plus forts, ce qui conduit donc à un meilleur résultat d’ensemble." (Marie Duru-Bellat, 2003). Un élève issu d'une famille défavorisée, scolarisé dans une école majoritairement fréquentée par des
enfants issus de familles aisées, réussira mieux à l'école sans dommage pour ses camarades. 


Dans ce constat possible d’un "gagnant/gagnant" qui pourrait faire consensus et qui peine à s’imposer, il apparaît légitime de questionner les liens entre mixité et réussite scolaire, voire égalité des chances et de s'interroger sur les leviers et les freins à la mixité. 


Intervenants

  • Marie Duru-Bellat, professeur de sociologie à Sciences-Po Paris 
  • Agnès Van Zanten, directrice de recherche CNRS à l’OSC (Observatoire sociologue du changement) 
  • Youssef Souidi, doctorant à l’école d’économie de Paris 
  • Asma Benhenda, chargée de recherche à l’ University College London 
  • Marine Guillerm, cheffe du bureau- études sur les établissements et l'éducation prioritaire, direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) 
  • Olivier Monso, chargé d’études à la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), membre de
    Sciences-Po-CRIS et LIEPP.  

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L’article  L111-1 du code l’éducation énonce très clairement que la mixité sociale est un des objectifs du service public d’éducation.

Malgré cet objectif ancien, fondateur même du modèle scolaire à la française, et régulièrement réaffirmé les constats sont sans appel. Ils font état d’une tendance persistante à la ségrégation de notre système scolaire.  

En témoigne la récente étude publiée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) : 

  • alors que la proportion de collégiens enfants d’ouvriers ou d’inactifs (milieu éfavorisé) est en moyenne de 37,4 %, elle est supérieure à 61,0 % dans un dixième des collèges les plus défavorisés et  inférieure à 14,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés ; 
  • a contrario, la proportion d’enfants d’enseignants, de cadres supérieurs, de chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus ou dont le représentant exerce une profession libérale (milieu très favorisé) qui est de 23,9 % sur l’ensemble des collégiens, est inférieure à 6,6 %, dans 10% des collèges alors qu’elle dépasse 44,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés.

Or cette absence de mixité sociale entre établissements mais aussi entre les élèves d’un même établissement est à l’origine de nombreuses difficultés : Inégalité de réussite scolaire pour les élèves et reproduction des inégalité sociales ; difficultés d’insertion économique ; baisse de l’efficacité générale du service public d’éducation ; menace pour le pacte républicain.

Ainsi, l’enquête PISA de 2019 place notre pays parmi les plus inégalitaires de l’OCDE.
"Les élèves français de milieux sociaux économiques défavorisés sont cinq fois plus nombreux que ceux des milieux favorisés à ne pas atteindre le niveau minimal de lecture. C'est un des scores les plus élevés de l'OCDE". Cette enquête révèle aussi qu’au-delà de l’origine familiale, c’est la composition sociale de l’établissement fréquenté qui serait l’élément déterminant pour la réussite scolaire. La mixité entraîne de la performance en favorisant l’équité.
"Si l’on prend en compte les acquis scolaires de toute une classe d’âge, ce sont les classes hétérogènes qui s’avèrent les plus “productives”, maximisant les progrès des plus faibles sans obérer proportionnellement les progrès des plus forts, ce qui conduit donc à un meilleur résultat d’ensemble." (Marie Duru-Bellat, 2003). Un élève issu d'une famille défavorisée, scolarisé dans une école majoritairement fréquentée par des
enfants issus de familles aisées, réussira mieux à l'école sans dommage pour ses camarades. 


Dans ce constat possible d’un "gagnant/gagnant" qui pourrait faire consensus et qui peine à s’imposer, il apparaît légitime de questionner les liens entre mixité et réussite scolaire, voire égalité des chances et de s'interroger sur les leviers et les freins à la mixité. 


Intervenants

  • Marie Duru-Bellat, professeur de sociologie à Sciences-Po Paris 
  • Agnès Van Zanten, directrice de recherche CNRS à l’OSC (Observatoire sociologue du changement) 
  • Youssef Souidi, doctorant à l’école d’économie de Paris 
  • Asma Benhenda, chargée de recherche à l’ University College London 
  • Marine Guillerm, cheffe du bureau- études sur les établissements et l'éducation prioritaire, direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) 
  • Olivier Monso, chargé d’études à la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), membre de
    Sciences-Po-CRIS et LIEPP.  

Description

L’article  L111-1 du code l’éducation énonce très clairement que la mixité sociale est un des objectifs du service public d’éducation.

Malgré cet objectif ancien, fondateur même du modèle scolaire à la française, et régulièrement réaffirmé les constats sont sans appel. Ils font état d’une tendance persistante à la ségrégation de notre système scolaire.  

En témoigne la récente étude publiée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) : 

  • alors que la proportion de collégiens enfants d’ouvriers ou d’inactifs (milieu éfavorisé) est en moyenne de 37,4 %, elle est supérieure à 61,0 % dans un dixième des collèges les plus défavorisés et  inférieure à 14,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés ; 
  • a contrario, la proportion d’enfants d’enseignants, de cadres supérieurs, de chefs d’entreprise de 10 salariés ou plus ou dont le représentant exerce une profession libérale (milieu très favorisé) qui est de 23,9 % sur l’ensemble des collégiens, est inférieure à 6,6 %, dans 10% des collèges alors qu’elle dépasse 44,6 % dans un dixième des collèges les plus favorisés.

Or cette absence de mixité sociale entre établissements mais aussi entre les élèves d’un même établissement est à l’origine de nombreuses difficultés : Inégalité de réussite scolaire pour les élèves et reproduction des inégalité sociales ; difficultés d’insertion économique ; baisse de l’efficacité générale du service public d’éducation ; menace pour le pacte républicain.

Ainsi, l’enquête PISA de 2019 place notre pays parmi les plus inégalitaires de l’OCDE.
"Les élèves français de milieux sociaux économiques défavorisés sont cinq fois plus nombreux que ceux des milieux favorisés à ne pas atteindre le niveau minimal de lecture. C'est un des scores les plus élevés de l'OCDE". Cette enquête révèle aussi qu’au-delà de l’origine familiale, c’est la composition sociale de l’établissement fréquenté qui serait l’élément déterminant pour la réussite scolaire. La mixité entraîne de la performance en favorisant l’équité.
"Si l’on prend en compte les acquis scolaires de toute une classe d’âge, ce sont les classes hétérogènes qui s’avèrent les plus “productives”, maximisant les progrès des plus faibles sans obérer proportionnellement les progrès des plus forts, ce qui conduit donc à un meilleur résultat d’ensemble." (Marie Duru-Bellat, 2003). Un élève issu d'une famille défavorisée, scolarisé dans une école majoritairement fréquentée par des
enfants issus de familles aisées, réussira mieux à l'école sans dommage pour ses camarades. 


Dans ce constat possible d’un "gagnant/gagnant" qui pourrait faire consensus et qui peine à s’imposer, il apparaît légitime de questionner les liens entre mixité et réussite scolaire, voire égalité des chances et de s'interroger sur les leviers et les freins à la mixité. 


Intervenants

  • Marie Duru-Bellat, professeur de sociologie à Sciences-Po Paris 
  • Agnès Van Zanten, directrice de recherche CNRS à l’OSC (Observatoire sociologue du changement) 
  • Youssef Souidi, doctorant à l’école d’économie de Paris 
  • Asma Benhenda, chargée de recherche à l’ University College London 
  • Marine Guillerm, cheffe du bureau- études sur les établissements et l'éducation prioritaire, direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) 
  • Olivier Monso, chargé d’études à la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), membre de
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