Speaker #0Est-ce que ça t'est déjà arrivé de t'énerver et de te dire quelques minutes après c'est peut-être un peu trop ? Ou au contraire de te dire non mais en même temps j'ai raison ! Parce que s'énerver au fond c'est normal mais quand ça devient fréquent, quand ça part vite, quand ça déborde facilement, la vraie question ce n'est plus est-ce que j'ai raison ? C'est plutôt qu'est-ce que ça crée dans ma relation ? Dans cet épisode j'ai envie de m'adresser directement à toi. Si tu es quelqu'un qui s'énerve facilement, pas pour te juger, pas pour te dire que tu fais mal, mais pour t'aider à voir quelque chose qu'on ne voit pas toujours quand on est au cœur du sujet. Ce que ça provoque chez l'autre, ce que ça installe petit à petit dans votre couple et surtout, pourquoi ça ne fonctionne pas toujours comme on le pense. Et si tu restes jusqu'à la fin, je te proposerai un petit challenge très simple mais qui peut vraiment faire bouger les choses dans ton couple. Allez ! C'est parti ! Bienvenue dans le Labo des Couples ! L'amour ne s'explique pas, il se ressent. Ton couple n'est pas quelque chose que tu possèdes, c'est une histoire que tu écris. Bienvenue dans le Labo des Couples, le podcast qui analyse, questionne et décortique les relations amoureuses d'aujourd'hui. Ici, on parle vrai, on parle de vulnérabilité, d'attachement, de désir, d'engagement et de liberté. On parle de ce qui te relie à l'autre et de ce qui vient parfois compliquer les choses. Bref, on explore tout ce qui fait qu'un couple tient ou vacille. Parce qu'aimer, ça ne s'apprend pas dans les livres. Ça se vit, ça se traverse, ça se construit et ça se cultive. Alors, ose regarder ton couple autrement et entre dans le labo. Alors, si tu es quelqu'un qui s'énerve facilement, Il y a un truc que j'ai envie de te dire tout de suite. Tu ne t'énerves pas pour rien. Et ce que je vais te partager là, ça vient à la fois de choses que j'ai pu observer, parfois de discussions que j'ai pu avoir avec des personnes différentes, et aussi forcément de choses que j'ai vécues de près ou de loin. Tu t'énerves pour rien. Je sais que c'est ce qu'on te renvoie. Je sais que c'est une phrase que tu entends. C'est une phrase qu'on dit vite. C'est une phrase qu'on utilise un peu comme une explication. Mais en réalité, elle est trompeuse parce qu'elle signifie quelque chose de beaucoup plus complexe. Quand tu t'énerves, sur le moment pour toi c'est réel. Ce que tu ressens est réel. Et souvent c'est même un trop-plein. En fait la colère, elle arrive rarement seule. Elle arrive après. Après une journée compliquée. Après des petites tensions accumulées. Après des choses que tu as gardées pour toi un peu trop longtemps. Et à un moment donné, il y a la fameuse petite goutte qui fait déborder le vase. Et cette goutte, elle peut être toute petite. Par exemple, une tasse qui traîne sur la table. Un peu trop de bruit de la part des enfants un soir. Un retard de quelques minutes. Des choses qui, prises seules, ne sont pas graves, mais toi, tu ne réagis pas juste à ça. Tu réagis à tout ce qu'il y a derrière. Et c'est là que ça devient piégeux. Parce que la colère, elle ne sort pas toujours au bon endroit. Elle ne vise pas toujours le vrai sujet. Elle tombe là, sur quelque chose de simple, de banal, souvent de quotidien. Et en face, ton conjoint ou ta conjointe ne voit que ça. Il voit juste la tasse. Il voit juste le bruit des enfants. Il voit juste le retard de quelques minutes. Il ne voit pas ta fatigue. Il ne voit pas ce que tu as pu accumuler. Il ne voit pas tout ce qui déborde. Donc forcément, il ou elle ne comprend pas. Parce que lui ou elle ne réagit pas à ton accumulation. Il réagit à ce qu'il voit là maintenant. Quand je dis il, je parle de façon générale. Et comme ta réaction est plus forte que la situation, ça crée un décalage immédiat. D'un côté, toi qui ressens quelque chose de fort, de chargé. De l'autre, t'as moitié qui reçoit une réaction qu'il ou elle ne comprend pas. Et entre les deux, il n'y a pas de lien, pas de pont, juste de l'incompréhension. Et souvent une première blessure, malheureusement. Parce que... L'autre peut se sentir attaqué sans même comprendre pourquoi. Et ça, c'est quelque chose que j'ai vu revenir souvent, dans ce que j'ai pu observer autour de moi en tout cas. Et maintenant, j'aimerais que tu prennes un instant. Vraiment, que tu essaies de te mettre à la place de la personne qui vit avec toi. Parce que toi, quand la colère monte, elle monte vite. Ton corps réagit, ton cerveau accélère, tu ressens quelque chose de fort et ça sort. Parfois, ça dépasse un peu tes... ...dépensé, parfois ça sort plus fort que prévu, mais ça sort quand même. Et ensuite, ça redescend. Et ça, c'est normal, parce que la colère, elle fonctionne comme ça. C'est une montée rapide, suivie d'une descente. Donc pour toi, quelques minutes après, c'est déjà terminé. Tu peux reprendre normalement, parler d'autre chose, passer à la suite. Tu peux même être sincèrement passé à autre chose. Mais l'autre, attention, lui ne vit pas du tout la même chose. Parce que lui ou elle, il ne vit pas la montée, il vit la réception. Alors, il reçoit le ton, il reçoit les mots, il reçoit l'énergie. Et ça, ça ne redescend pas du tout aussi vite. Parce que l'autre doit comprendre ce qui vient de se passer. Il doit digérer ce qu'il a ressenti. Il doit encaisser quelque chose qu'il ou elle n'avait pas du tout anticipé. Et même s'il ne dit rien, ça reste. Et plus ça se répète dans le temps, plus ça laisse une trace. Pas forcément une grosse trace, pas forcément quelque chose de très visible, mais une trace quand même. Et c'est là que ça devient important de comprendre la suite. Parce que le vrai problème, ce ne sont pas uniquement les moments où tu t'énerves. Ce sont toutes les conséquences autour. Tout ce que ça modifie sans faire de bruit, petit à petit. La personne en face change. Pas du jour au lendemain, pas de manière spectaculaire. C'est progressif, silencieux, presque parfois imperceptible. Au début, elle continue comme avant. Et puis, doucement, elle commence à s'ajuster. Elle fait un peu plus attention. Pas forcément consciemment d'ailleurs. Mais elle le fait quand même. Son cerveau essaie juste d'éviter ce qui crée la tension chez toi. Alors, elle anticipe. Elle se demande, est-ce que ça, ça va passer ? Est-ce que ça, ça risque de partir en cacahuète ? Et sans même s'en rendre compte, elle commence à filtrer. Encore une fois, quand je dis elle, je parle de façon, de manière générale. Je pense à la personne en elle-même. La personne choisit ses mots. Elle réfléchit avant de parler. Pas pour mieux communiquer, mais pour ne pas déclencher ta colère. Et ça, c'est un vrai basculement. Parce qu'à ce moment-là, on parle plus librement, on parle prudemment. Et au fur et à mesure, elle marche sur des oeufs. Pas tout le temps, mais suffisamment souvent pour que ça devienne une habitude. Et puis, il y a une étape encore plus importante, un moment beaucoup plus discret, mais beaucoup plus lourd, le moment où elle renonce. Elle a quelque chose à dire, un besoin, une frustration, une envie, mais elle se dit, non, ça vaut pas le coup. Pas parce que c'est pas important, mais parce que gérer ta réaction lui demande trop d'énergie. Alors elle garde ça pour elle, et ça aussi ça s'accumule. Et c'est là que le vrai problème commence. Parce que c'est plus seulement une question de dispute, c'est plus seulement une question de ton qui monte, C'est la relation elle-même qui change. Elle devient moins libre et surtout moins spontanée. On ne dit plus les choses comme elles viennent. On commence à les retenir ou à les adapter. Et à force, la relation devient moins vraie, moins authentique, moins connectée. Et le plus difficile dans tout ça, c'est que ça ne se voit pas forcément. De l'extérieur, tout peut sembler normal. Mais à l'intérieur, il y a quelque chose qui s'est déplacé. Pas vraiment une rupture, mais une distance qui commence à s'installer entre vous. La personne qui s'énerve souvent, et peut-être que tu vas te reconnaître là-dedans, ne se voit pas forcément comme quelqu'un de difficile. Au contraire, elle se voit plutôt comme quelqu'un de franc, direct, spontané. Quelqu'un qui ne triche pas, quelqu'un qui dit les choses. Et dans sa tête, c'est même une qualité. Et ça, je l'ai entendu énormément de fois. Dans des échanges, dans des discussions. Tu peux dire... Moi, au moins, je ne garde pas tout au fond de moi. Ou alors, je préfère dire les choses plutôt que de les accumuler. Ou alors, ça sort et après c'est fini. En fait, c'est vrai. De ton côté, c'est réel. Quand quelque chose te dérange, ça monte vite, ton corps réagit, ton cerveau accélère, la réaction sort. Parfois un peu fort, parfois un peu brusquement, parfois sans filtre, mais ça sort. Et ensuite ça redescend. Et très souvent, tu passes à autre chose. Tu reprends ta journée, tu reparles normalement, tu redeviens tout léger. Et tu peux même te dire, et très sincèrement, c'est bon, c'est passé. Parfois même, tu te vois comme quelqu'un de non-rancunier. Parce que toi, tu n'es déjà plus dans l'émotion. Mais ce que tu ne vois pas, c'est que pour l'autre, ça ne fonctionne pas du tout comme ça. Parce que ce qui a été rapide pour toi n'est pas du tout pour lui ou pour elle. Les mots restent. Pas forcément mot pour mot, mais dans ce qu'ils ont fait ressentir. Le ton reste. La manière dont ça a été dit, l'intensité, la brusquerie. L'énergie même reste. Et ce moment où la tension est montée, ce moment où tout s'est figé. Et même si sur le moment, rien n'est dit, même si l'autre ne te répond pas, même si tout semble revenu à la normale, ça s'imprime. Ça s'enregistre quelque part. Et cette trace, elle ne reste pas neutre. Elle finit par modifier quelque chose. Au début, l'autre ne change pas vraiment. Il continue comme avant. Et puis, petit à petit, il commence à s'adapter. Pas parce qu'il décide de changer, mais parce que son cerveau essaie de faire une chose très simple. Éviter ce qui crée de la tension. Alors il anticipe, il se demande « comment je pourrais bien éviter ça ? » Et sans même s'en rendre compte, il commence à filtrer, il choisit ses mots. Il réfléchit avant de parler, pas pour mieux communiquer, mais pour éviter que ça parte trop loin de façon démesurée et déraisonnable. Et ça, c'est un vrai tournant, parce qu'à partir de là, la relation change complètement. Elle devient moins spontanée, et ensuite, il y a une étape encore plus importante, un moment beaucoup plus discret, mais beaucoup plus lourd, le moment où l'autre renonce. Il a quelque chose à dire, mais il se dit, ça vaut pas le coup. Et ça, c'est très révélateur. Parce que ça veut dire que la discussion... n'est plus vécu comme un échange, mais comme un risque. Un risque de tension et peut-être même d'escalade. Alors il se retient. Et à force, ça s'accumule. Et en parallèle, il y a une fatigue qui s'installe. Pas une fatigue physique, mais une fatigue émotionnelle. Parce que le cerveau reste en vigilance. Comme s'il fallait toujours faire attention, toujours ajuster, toujours anticiper. Et ça, c'est épuisant. Parce que la relation devient moins naturelle et surtout moins sécurisante. Et ça, la personne qui s'énerve souvent ne le voit pas forcément. Parce que pour elle, c'est déjà terminé. Ce qui est intéressant, c'est que les réactions en face, elles se ressemblent souvent. Je l'ai vu, je l'ai entendu et ça revient presque à chaque fois. Face à ça, l'autre ne reste pas sans rien faire. Il essaie de gérer à sa manière. Parce que quand tu vis régulièrement des montées de colère comme ça, ton cerveau cherche une chose très simple et éviter que ça recommence encore une fois. Alors il s'adapte, pas forcément consciemment, pas forcément volontairement, mais il cherche à maintenir un équilibre, à éviter que ça déborde. Et pour ça, il met en place des réactions, des réflexes, des choses qui sur le moment semblent aider, mais qui, en réalité, enferment encore un peu plus la situation. Par exemple, répondre. Parce que c'est instinctif. Parce qu'à un moment donné, il veut se défendre. Il veut réagir. Il veut exister en face de toi. Alors, il répond sur le même ton. Et là, il se passe quelque chose d'encore une fois très simple. Deux émotions fortes qui se rencontrent. Et quand deux émotions fortes se rencontrent, il n'y a plus de place pour l'écoute. Il n'y a plus que la réaction. La discussion disparaît, ça devient un affrontement. Chacun défend ses positions, chacun répond, chacun monte dans les tours et souvent ça laisse encore plus de traces. A l'inverse, il y a ceux qui prennent le chemin opposé, ceux qui se taisent. Pas parce qu'ils n'ont rien à dire, mais parce qu'ils veulent éviter le conflit. Alors, ils encaissent une fois, deux fois, puis plusieurs fois, sur le moment où ça fonctionne. Ça calme celui qui s'énerve, ça évite l'escalade. Mais le problème ? C'est que ce qui n'est pas exprimé ne disparaît pas. Alors ça s'entasse au fond de lui. Les ressentis et les frustrations. Et cette accumulation, elle grandit. Silencieusement, jusqu'au moment où ça déborde. Souvent pour un détail. Souvent à un moment qui n'a rien à voir. Et là, toi, tu ne comprends pas parce que tu ne vois pas tout ce qui s'est accumulé avant. Il y a aussi les tentatives de calmer. C'est pas grave, calme-toi. Et là encore, l'intention est bonne. Mais quand tu es en colère, tu n'as pas besoin qu'on minimise. Tu as besoin qu'on comprenne. Et du coup, ça peut faire l'effet inverse. Ça peut amplifier la tension. Et puis, il y a l'évitement. Et ça, c'est le plus trompeur. Parce que c'est celui qui donne l'impression que tout va mieux. Moins de disputes, moins de tensions visibles, mais en réalité, ce n'est pas un apaisement, c'est un retrait. L'autre commence à s'adapter, à faire attention à ce qu'il dit, à la manière dont il le dit. Il choisit ses mots, évite certains sujets. Pas parce qu'ils ne sont pas importants, mais parce qu'ils savent que ça peut déclencher quelque chose. Alors ils contournent. Ils anticipent, ils ajustent, et au début, ça donne l'impression que ça fonctionne. Mais dans cet ajustement, il y a quelque chose qui se perd, la spontanéité. La liberté de dire les choses, la sincérité. Au fur et à mesure, on ne parle plus comme on est. On parle comme on pense que l'autre va pouvoir l'entendre. Et ça, c'est une autre forme de distance. Moins visible, mais tout aussi forte. Le plus piégeux dans tout ça, c'est que toi, de ton côté, tu peux avoir l'impression que ça va mieux. Alors qu'en réalité, l'autre est juste en train de prendre moins de place dans votre couple. Pour que les choses évoluent, et là, je vais te dire... Ce n'est pas une vérité absolue ce que je vais te dire, mais c'est vraiment ce qui sort de ce que j'ai pu observer, lire et même parfois vivre. Il faut déjà comprendre un truc essentiel. Le problème, ce n'est pas la colère. Franchement, la colère, c'est une émotion normale. On l'a tous. Elle arrive quand quelque chose ne va pas, quand une limite est dépassée, quand un besoin n'est pas respecté. Donc chercher à ne plus jamais s'énerver, ça ne fonctionnera pas. Et en plus, ce n'est même pas le but. Le vrai sujet, c'est ce qu'on en fait. La manière dont ça sort. Et surtout, l'impact que ça a sur l'autre. Parce qu'une émotion peut être légitime et malgré tout blesser votre conjoint. Et ça, c'est un point important à accepter. Ton ressenti est réel, mais ce que l'autre reçoit l'est aussi. Et tant que ça ne s'est pas reconnu, rien ne change vraiment. Alors non, le point de départ, ce n'est pas de tout contrôler. Ce n'est pas de devenir quelqu'un de parfaitement calme. Le point de départ, c'est simplement de voir, de prendre conscience, de remarquer à quel moment ça monte, à quelle vitesse ça part, de demander qu'est-ce qui est vraiment en train de se passer là. Parce que très souvent, le problème n'est pas ce qui se passe sur le moment, c'est tout ce qui s'est accumulé avant. ce que tu n'as pas dit et que tu as emmagasiné. Et plus tu arrives à voir ça, plus tu peux commencer à comprendre. Pas pour te juger, mais pour faire des liens et surtout pour accepter quelque chose d'important. Quand ça sort comme ça, ça a des conséquences. Pas parce que l'autre est fragile, pas parce qu'il exagère, mais simplement parce qu'il est humain. Quand on reçoit un ton, des mots forts, une tension, on est impacté et bien souvent malgré nous. Et de l'autre côté, il y a quelque chose à ne pas oublier. La personne en face, elle ne doit pas disparaître. Elle ne doit pas s'effacer petit à petit juste pour éviter les conflits. Parce que cette tranquillité-là, elle ne tient pas dans le temps. Elle repose sur le silence, sur l'adaptation, sur le fait de prendre sur soi. Et ça, ce n'est pas durable. Alors, il y a un équilibre à trouver. trouver, pouvoir dire les choses, pas pour accuser, pas pour attaquer, mais pour exister dans la relation. Dire, voilà ce que ça me fait, voilà ce que ça change, exprimer l'impact et poser des limites. Pas comme une sanction, pas comme une menace, mais plutôt comme une protection pour soi et pour la relation. Et puis il y a un dernier point très important. Le moment. parce qu'on ne règle rien quand l'émotion est là. Quand ça monte, quand la colère est déjà là, il n'y a plus d'espace pour comprendre. Il y a juste de la réaction. C'est plus... Plutôt à froid que les choses peuvent vraiment être entendues. Quand ça redescend, quand chacun redevient capable de réfléchir et d'écouter l'autre, c'est là que quelque chose peut bouger. Pas parfaitement, pas forcément immédiatement, mais en tout cas suffisamment pour commencer à changer. Et à ce moment-là, il y a une question importante à se poser. Très simple. Est-ce que s'énerver comme ça, ça t'aide vraiment ? Parce que souvent, on a l'impression que oui. On a l'impression que ça permet de dire les choses, que ça permet de se faire entendre, que ça permet de vider ce qu'on a sur le cœur à l'instant T. Et en fait, sur le moment, c'est vrai. Ça soulage, tu relâches la pression. Mais si tu prends un peu de recul, est-ce que ça améliore vraiment la situation ? Est-ce que l'autre comprend mieux ? Ou plutôt, est-ce qu'il se ferme ? Est-ce que la discussion avance vraiment ? Ou plutôt, est-ce qu'elle se bloque ? Est-ce que tu obtiens ce dont tu avais besoin au départ ? Ou est-ce que ça crée encore plus de distance ? Parce que dans beaucoup de cas, ce qui sort de la colère... Euh... C'est pas ce qu'on veut vraiment dire. C'est plus brut, plus dur, plus maladroit. Et du coup, le message se perd. Ce que tu voulais dire n'est plus entendu. Ce que l'autre retient, c'est pas le fond, c'est la forme. Le ton, les mots, l'intensité. Et à partir de là, tu peux avoir l'impression d'avoir dit les choses, mais en réalité, tu n'as pas du tout été compris. Et c'est là que ça devient important. Parce que si la colère ne permet pas d'être mieux entendue, et qu'en plus elle crée de la distance, alors elle n'est pas vraiment, elle te soulage sur le moment, mais en fait elle te dessert sur le long terme. Et ça c'est un vrai déclic. Pas pour t'empêcher de t'énerver, mais pour te poser une question différente. Comment je peux dire les choses pour qu'elles soient vraiment entendues ? Qu'est-ce qui se passe si rien ne change ? C'est pas la colère qui abîme le plus la relation, c'est pas l'explosion, c'est pas le moment où ça déborde, ces moments-là, ils finissent toujours par passer. Ce qui reste, c'est tout ce que la colère installe entre vous. Et ça, c'est quelque chose que j'ai vu s'installer petit à petit, sans que les gens s'en rendent compte. La distance, pas une distance brutale, pas une rupture, plutôt une distance qui s'infiltre. Moins de choses partagées, moins de spontanéité. Plus le temps passe et moins l'autre s'exprime, il partage moins, le silence s'installe entre vous, pas un silence total mais un silence sur ce qui compte, ce qu'on ne se dit plus, ce qu'on garde pour soi, ce qu'on choisit de ne pas aborder. Et puis, il y a l'adaptation. Cette manière de s'ajuster en permanence, de faire attention, de contourner certains sujets. Au début, ça semble anodin. Ça peut même donner l'impression que ça fonctionne très bien entre vous. Moins de conflits, moins de tensions visibles. Mais en réalité, il y a moins de vérité aussi. Et à force, il y a un déséquilibre qui s'installe. Ou plutôt, un équilibre qui n'en est pas vraiment un. Parce qu'il y a... Il y en a un de vous qui prend de la place, qui s'exprime fort, qui laisse sortir, et l'autre qui en prend de moins en moins. Pas d'un coup, pas volontairement, mais au fil du temps, il parle moins et il ose moins. terrible, c'est que ça ne se voit pas tout de suite. De l'extérieur, le couple peut sembler fonctionner. Il peut même sembler très stable, mais à l'intérieur, quelque chose s'est inévitablement déplacé, quelque chose de profond. La connexion entre vous. Et quand cette connexion commence à se fragiliser, C'est pas toujours bruyant, mais en tout cas, c'est là quand même. C'est là que la relation commence vraiment, vraiment à s'abîmer. Et souvent, quand tu t'en rends compte, il y a déjà une grosse distance entre vous. Si tu t'es reconnu dans cet épisode, peut-être que ça t'a un peu bousculé. Pas pour te juger, mais juste pour te faire voir quelque chose que tu ne voyais peut-être pas complètement. Parce que, encore une fois, ce que je t'ai partagé aujourd'hui, ça vient à la fois de ce que j'ai vécu, de ce que j'ai pu observer autour de moi, de ce que j'ai pu entendre, et aussi forcément de certaines choses vécues. Et si ça résonne chez toi, alors il y a déjà quelque chose qui commence à bouger. Et j'ai envie de te proposer quelque chose de très simple. Pas parfait, pas compliqué, juste un premier pas. La prochaine fois que tu sens que ça monte, essaie de faire une pause. Même quelques secondes. Pas pour te retenir complètement, pas pour t'empêcher de parler, mais juste pour te poser une question. Est-ce que ce qui est en train de sortir correspond vraiment à la situation ? Et de l'autre côté, si tu es celui ou celle qui reçoit, essaie à froid de dire simplement « Quand ça se passe comme ça, voilà ce que ça me fait » . Pas pour accuser l'autre, juste pour exister. Parce que parfois, c'est dans ces petites crises de conscience que les choses commencent à changer. Et comme dans chaque épisode du Labo des couples, je te propose aujourd'hui un autre petit challenge. Cette semaine, choisis un moment calme, pas pendant une tension et surtout pas à chaud. Prenez 10 minutes à deux pour répondre à cette question. Qu'est-ce qui, dans nos réactions, peut blesser l'autre sans qu'on s'en rende compte ? Pas pour tout régler d'un seul coup, pas pour lancer un grand débat, juste pour essayer de comprendre. Et tu vas voir, rien que ça, ça peut déjà changer beaucoup de choses. Si tu t'es reconnu dans cet épisode, que tu as envie de partager ton expérience, ton vécu ou même ton point de vue, n'hésite pas à m'écrire. Et si le sujet t'inspire, on pourra même imaginer un épisode ensemble, pourquoi pas ? Parce que ces sujets-là, plus on en parle, plus on les comprend. Si cet épisode t'a parlé, tu peux soutenir le Labo des Couples très simplement en t'abonnant, en laissant une note ou en le partageant autour de toi. et Et nous, on se retrouve très vite dans un prochain épisode du Labo des Comples.