- Speaker #0
Deux soirées loin d'être barbantes. Les 3 et 4 mars, les Bergealiens vont être à la noce avec la venue de l'Opéra de Lyon. Le célèbre établissement s'installera en ville grâce à un camion. opéra prêté par la compagnie de théâtre mobile L'Absente Yennefriche, qui permet à l'Opéra de Lyon d'aller à la rencontre des habitants du territoire depuis 2025, comme nous l'explique Delphine Marty, responsable de la diffusion et de l'itinérance.
- Speaker #1
Ce projet a été imaginé et initié par Richard Brunel, qui est l'actuel directeur de l'Opéra de Lyon. Il a été pendant dix ans le directeur du Centre Dramatique National à Valence. Il a beaucoup exploré un les territoires avec de l'itinérance et quand il a été nommé directeur à l'opéra à Lyon, il a eu envie d'aller proposer de l'opéra aux gens les plus éloignés dans cette belle région de la région Auvergne-en-Alpes. Il a donc réfléchi à plusieurs choses et surtout une qui est arrivée qui est très présente pour lui et qui est très importante, c'est de pouvoir proposer des opéras qui parlent de sujets d'actualité. les jeunes à partir de 14 ans et pour les adultes, pour leur faire découvrir aussi dans ce petit camion qui est un écrin, où on se retrouve à 90, très très proche des chanteurs et des musiciens, pour pouvoir vivre un opéra. Et espérer évidemment pouvoir venir à l'Opéra de Lyon, écouter un opéra dans la grande salle, mais c'est un premier rapport. à ce qu'est l'art lyrique. L'Opéra Itinérant ne pourrait pas exister sans le partenaire principal qui est la région Auvergne-en-Alpes et tous les partenaires aussi de l'Opéra de Lyon, évidemment. Et nous avons un partenaire aussi très important et précieux pour ce projet-là, qui est la Compagnie Nationale du Rhone, la CNR. C'est vrai que ça nous permet aussi, bien évidemment, de proposer des tarifs tout à fait intéressants, puisque là, nous sommes entre 10 et 12 euros. Donc on peut se dire qu'on essaye de travailler cette notion d'accessibilité dans les territoires et au niveau des tarifs que nous proposons au public.
- Speaker #0
Après une première édition couronnée de succès, 92% de taux de fréquentation et 87% de nouveaux spectateurs, cet écrin itinérant de 90 places avec ses célèbres fauteuils rouges s'arrêtera pour la première fois au cœur des établissements scolaires de la région, dont la cour du lycée Lois-Lech. Au programme, des représentations scolaires et, bien sûr, des séances tout public les trois. et 4 mars, mais aussi l'organisation d'ateliers et de rencontres avec les artistes.
- Speaker #1
Au lycée de l'Oise-le-Labourgois-Jalieu, madame l'improviseur m'a tout de suite demandé « mais est-ce que vous ne pourriez pas rester deux semaines ? » Parce qu'elle a senti qu'il y avait vraiment un élan, un écho très fort dans son équipe. Ça nous fait extrêmement chaud au cœur, on est très contents. On a plutôt été sur des places publiques, dans l'Allier, dans la Drôme, en Ardèche. On a même été un peu plus loin que la région Auvergne-Renab. Et parmi les 5-6 représentations que nous faisions par semaine, nous avions toujours une ou deux, voire trois scolaires. Donc c'est très important. C'est très important dans le projet de Richard Brunel aussi de s'adresser à ces collégiens et lycéens qui ont une petite préparation à l'art lyrique, au chant, à la musique et à tout ce que ça peut donner à voir d'être dans un camion pour assister à cette représentation-là. et cette année, nous nous sommes dit que c'était peut-être l'occasion d'essayer de voir avec les académies et de Lyon et de Grenoble, que je remercie chaleureusement ici de nous avoir accompagnés dans ce projet-là, de pouvoir nous faire rentrer dans les lycées. Donc on a, avec les académies et de Lyon et de Grenoble, réfléchi aux endroits qui seraient les plus susceptibles de pouvoir faire rentrer le camion dans une cour, de s'y installer, d'avoir le personnel pour, d'avoir l'envie, et on s'est rendu compte que l'envie était vraiment là, on aurait pu faire une tournée. fois deux et il y a énormément d'actions, de médiations qui sont mises en place et encore une fois je remercie le service de l'action culturelle de l'Opéra de Lyon qui a fait un très très beau travail en lien avec les proviseurs, les chefs d'établissement et les enseignants pour préparer à la sortie à l'Opéra. Je trouve que c'est une des plus belles choses dans cette itinérance. Chaque semaine, c'est une aventure très particulière en fonction du territoire, des publics, des chefs d'établissement. des villes, des envies, des désirs. Ce que je sens, ce que je vois, ce que j'entends, c'est qu'il y a de plus en plus de jeunes qui viennent à l'Opéra de Lyon. Dans les statistiques, on le sent, on le voit et ils reviennent. Donc ça, c'est quand même un très bon indice. éducatif pour nous. Et je pense que l'Opéra Itinérant permet à des jeunes de découvrir pour une première fois et d'avoir peut-être envie de revenir ici à Lyon, et aussi à des publics qui venaient à l'Opéra de Lyon, qui sont un peu plus éloignés maintenant, qui continuent du coup à être en lien avec l'Opéra de Lyon.
- Speaker #2
Vous savez où c'est ?
- Speaker #3
Oui, c'est lequel ?
- Speaker #2
Le dernier.
- Speaker #0
Plutôt que de choisir Mozart, l'Opéra de Lyon mise sur des pièces contemporaines qui aborde des sujets d'actualité pour inciter les non-initiés à s'aventurer vers un art encore perçu par beaucoup comme élitiste. Une volonté de sortir des cadres de l'opéra traditionnel qui a donné naissance au sang du glacier, un spectacle lyrique en français à la croisée du conte fantastique et de la fable écologique.
- Speaker #1
Ça s'ouvre énormément, je pense qu'il y a beaucoup de... pièces et de projets qui sont faits dans ce sens-là, justement, Richard Brunel est arrivé depuis 2021, et il n'a de cesse, je pense, d'essayer d'ouvrir cet opéra qui doit être un endroit pour tous et pour toutes, et pour venir aussi vivre des expériences artistiques fortes qui nous font nous déplacer, qui nous font nous poser des questions. Il a passé commande à trois femmes, une auteure, une compositrice, une metteur en scène, et leur demander de partir un peu en réflexion autour de la question de l'eau. Et Lucie Vérosolor, qui est l'autrice, et la metteur en scène Angélique Cléran, qui est aussi la co-directrice du théâtre du Point du Jour à Lyon, sont parties en réflexion rencontrer des glaciologues, des experts, et sont tombées sur cette algue rouge qui fait fondre les glaciers un peu plus précocement, et elles sont parties en écriture. Et elles ont de là imaginé, inventé une dystopie autour du dérèglement climatique de ces algues rouges. Lucie Vérosolor est partie en écriture et y a imaginé un frère et une sœur extrêmement touchés et dans leur vie professionnelle par l'eau et la contamination de cette eau. Le frère Mathéo, lui, glaciologue, est resté dans les montagnes et sa sœur est ingénieure hydraulique, Sophia, et elle, dans son laboratoire, essuie un pot. un peu ce phénomène de contamination d'eau. Donc elle est un peu isolée, un peu chez elle. Elle attend un peu de voir ce qui se passe pour pouvoir, elle, sortir et étudier ce phénomène de fonte, des neiges, de la pollution de l'eau. C'est une fratrie très concernée par ce qui se passe, mais à deux endroits différents. Et la mort de leur père va les réunir, puisque le père était alpiniste. Et on retrouve le corps du père disparu depuis 20 ans parce que la fonte des neiges opère. On a à la fois une histoire extrêmement actuelle et une histoire familiale qui va se recréer. Donc on est vraiment dans une très belle dystopie où il y a le contemporain et une histoire de famille qui va se renouer. C'est un outil, un autre outil et cet outil, on y propose évidemment de tester d'autres choses, d'aborder d'autres choses. C'est vrai qu'après chaque représentation, c'est précieux et indispensable de... faire une petite rencontre tout de suite après le spectacle. C'est extrêmement important de pouvoir, avec un sujet d'actualité, se retrouver, discuter, échanger et voir un peu comment cette jeunesse s'empare de l'art lyrique aussi et de ces sujets d'actualité qui sont extrêmement forts, et bien sûr les adultes.
- Speaker #2
L'acte 3 d'Eneval fut beau. L'acte 4 fut détournissant. Dieu chantait à travers ce petit homme. Le sang du monde est répressé.
- Speaker #0
Le sang du glacier, lui, n'a besoin que d'un seul acte pour bouleverser son public. Une réussite quasi clinique qui, selon Delphine Marty, tient avant tout à la proximité entre le spectateur et la scène.
- Speaker #1
C'est une aventure qui fait vibrer. On se retrouve avec un bariton, une soprane à quelques centimètres de soi. Et je pense que... La voix nous transperce et au milieu de ça, il y a une partition musicale qui est accompagnée par une harpe, un violon et un accordéon, ce qui est assez rare à l'opéra. Et on est vraiment accompagné par cette musique qui est une très belle partition, assez fluide par moments, très dynamique par d'autres. Et aussi les musiciens et musiciennes sont assez actifs dans la partie de l'opéra, ce qui est aussi assez rare puisqu'ils interviennent. à plusieurs moments dans la partition de la pièce. C'est une vraie aventure artistique, ça peut être très très fort. Et vraiment, nous ce qu'on a beaucoup vu, entendu et reçu comme message à l'issue de la représentation, c'est « waouh, c'est une claque, c'est fort, j'ai pas tout compris, c'est plutôt difficile, j'ai pas forcément les codes, mais c'est extrêmement fort, extrêmement fort. » Ça fait vibrer vraiment, et le corps. et le camion. Il y a aussi toute une communication qui fait qu'on essaye de faire venir les personnes les plus éloignées à l'Opéra de Lyon et ce projet fait partie et est vraiment une cheville ouvrière de ce projet d'ouverture. C'est pas toujours facile mais ça avance et il y a beaucoup de choses qui sont faites dans ce sens-là.
- Speaker #0
Pour en avoir le cœur net, rendez-vous les 3 et 4 mars au lycée d'Oiselech.
- Speaker #4
Ah ! Je ne suis pas doué pour la terre !
- Speaker #0
Cet épisode est désormais terminé. Retrouvez le micro local sur toutes les plateformes d'écoute, ainsi que sur notre chaîne YouTube, Ville de Bourgogne-Jailleux.
- Speaker #4
Je suis pas le vieux de Bellevue !