- Speaker #0
Le nœud d'écoute, l'émission qui questionne ceux qui font le lien social.
- Speaker #1
Il s'appelle Thomas, Gurven, Angélique et Robin. Ensemble, ils forment les 4 salopettes, une troupe d'impro renaises qui jouent avec l'absurde, l'émotion et la surprise. Dans cet épisode de nœud d'écoute, ils reviennent sur la création de leur spectacle « C'est la première fois » . C'est un concept simple, le public propose une première fois, donc ça peut être un premier baiser, une première colocation, une première bagarre. Et les salopettes improvisent une scène à partir de cette suggestion. C'est vraiment très amusant à regarder. Moi, j'ai passé un bon moment avec eux en leur compagnie. J'espère que vous allez apprécier cette discussion autant que moi. Bonne écoute. Quand vous avez décidé de faire ce spectacle, c'est la première fois. C'était votre mode de jeu préféré ? C'était ça ou pas du tout ?
- Speaker #2
Non, pas du tout. On n'a pas vraiment pensé le truc longtemps à l'avance. On a fait n'importe quoi longtemps à l'avance. Et on s'est dit, il faut qu'on fasse un truc. Et un jour, Gervais en est arrivé et il a dit... Eh ! J'ai une date pour dans deux semaines. D'accord. Elle m'a dit, mais à part le fait que ça s'appellera les salopettes, on a rien. J'ai dit oui. Donc, on a essayé de faire quelque chose et c'était super. Parce que c'est un espèce de cabaret. où on se libère de toute la routine du cabaret, où il y a un MC ou une MC qui va présenter les thèmes, les catégories. Là, on pioche les catégories. Si les catégories ne nous plaisent pas, si on pense qu'elles ne vont pas bien s'intégrer au spectacle, on a le droit de tricher. Parce que sur scène, c'est des enfants qui présentent, et les enfants trichent pour le bien de tout le monde.
- Speaker #3
C'est nous les enfants, pour préciser aux auditeurs. Des grands enfants, on joue des personnages enfantins avec une sorte de syndrome de Peter Pan, des personnes coincées dans cet état de gaminerie. On s'amuse justement de ces personnages très... comment dire... Fériles. Oui, très fériles.
- Speaker #1
Vous connaissez comment tous les trois ?
- Speaker #0
On fait partie de la même troupe d'improvisation qui s'appelle les Freepool. D'accord. Et à la base, on a bien accroché et on s'est bien suivi dans nos délires. Et c'est de là qu'est né un peu, c'est par la genèse des salopettes aussi.
- Speaker #3
Exactement, ouais. Donc ouais, à l'origine, ça c'est un peu le trio présent ici. Mais donc tu le disais tout à l'heure, on est quatre. Robin n'a pas pu nous rejoindre aujourd'hui, malheureusement. La salopette jaune, Robin. Mais...
- Speaker #2
Dédicace à la salopette jaune.
- Speaker #3
Dédicace. C'est à toi. C'est à toi, on te fait des gros bisous. Mais ouais, c'est ça, on a beaucoup accroché, on a eu plein de points, plein d'atomes crochus en termes d'univers. Et après les cours auprès des Freepool, justement, on restait ensemble à continuer à improviser des tas de choses complètement farfelues.
- Speaker #1
Vous vous souvenez d'une scène où vous avez joué ensemble et vous vous êtes dit, wow, mais en fait, c'est avec eux que j'ai envie de jouer.
- Speaker #0
Je sais que j'ai fait beaucoup de duo avec Gervain sur scène où on s'est pas mal trouvé, notamment sur les chantés.
- Speaker #3
Ouais,
- Speaker #0
grave. Avec Thomas, on était au même cours donc en fait, comme on s'ennuyait un peu, on faisait un peu n'importe quoi et c'était un peu aussi le début de la débandade on va dire.
- Speaker #3
Il faut savoir que Thomas c'est un casse-cou né, c'est un peu la pile électrique du groupe.
- Speaker #2
Je suis bien cassé pour l'instant.
- Speaker #3
Mais quand il a débuté l'impro au Free Pool, on a vu une énergie débordante de ce personnage. Et moi, c'est ce qui m'a fait aussi accrocher à Thomas. Effectivement, toute cette énergie qu'il déploie sur scène, qu'il a réussi à canaliser justement pour rendre ça encore plus percutant, mais très stylé, le gars.
- Speaker #2
On va le laisser les gens autour.
- Speaker #1
Justement, c'était ça ma... Prochaine question, c'était si finalement vous devez donner une qualité à l'un à l'autre qui est à côté de vous en improvisation, vous lui donnerez quelle qualité ?
- Speaker #3
Carrément trop stylée comme question. On va commencer par Robin qui n'est pas là, tiens. Je pense qu'on est tous d'accord qu'il a un côté très cadrant et donc constructeur. Il va avoir dans la tête tous les schémas narratifs des différentes histoires. Il va pouvoir vraiment cadrer tout ça. et diriger l'histoire vers quelque chose de bien cohérent.
- Speaker #0
C'est un geek de l'impro en fait, il vient vraiment d'une troupe qui s'appelle les Actors et là-bas c'est vraiment des geeks de l'impro mais lui aussi de la culture cinématographique donc vraiment il a vraiment tous ses schémas en tête et c'est assez agréable parce que nous on est plutôt en mode « wouh ! à la one again » et du coup ça nous recadre, c'est pratique.
- Speaker #3
Je sais pas si vous voulez continuer ?
- Speaker #0
Ben, Gurven, c'est vraiment le cadre safe, il sait tout faire, il est bon partout. Du coup, c'est cool parce que c'est une bonne référence où on peut se caler dessus. On sait que le spectacle, il va fonctionner quand il est là. Il est très bon en perso, il est très bon en mime, enfin, il incarne très bien ses personnages. Je trouve que c'est assez agréable à voir.
- Speaker #2
Et multitâche.
- Speaker #3
Multipasse.
- Speaker #2
Oui, il gère à la fois le timing du spectacle, en même temps la sono, en même temps le personnage qu'il est en train d'incarner. On l'a déjà vu tomber, mourir exprès. pour dans sa chute, baisser le son, cloper la manette du son, et la baisser tout en continuant de tomber, pour que la musique fasse un petit fondu en même temps de sa chute. C'était sublime.
- Speaker #3
Je suis peut-être un peu l'œil omniscient du spectacle.
- Speaker #0
Perfectionniste.
- Speaker #3
J'essaye. J'étais à fond. Thomas, effectivement, c'est un peu notre joker corporel et énergique, je dirais.
- Speaker #0
Et ubuesque.
- Speaker #3
Et ubuesque. il compose avec un univers absurde ou en tout cas décalé qui vient vraiment proposer des choses qui vient nous chercher justement dans l'originalité ça c'est trop cool et derrière c'est celui qui incarne le plus le mieux, les animaux les créatures et ça c'est vraiment notre Joker les humains sur le plan de ses chiens
- Speaker #2
Merci.
- Speaker #3
L'être Joker faciès bizarre, je sais pas trop, écorce, là il nous fait une grimace, ça marche déjà bien. Mais voilà, composé avec son énergie débordante.
- Speaker #1
Donc en fait chaque personnalité en improvisation à sa place pour produire quelque chose, vous pensez que ça peut fonctionner comme ça ? Est-ce qu'il y a deux improvisateurs qui parfois se ressemblent énormément ou pas du tout ?
- Speaker #3
Je pense qu'on peut relier certains, des fois des improvisateurs sur leur qualité. c'est des choses qu'on peut faire en impro c'est de catégoriser entre guillemets des qualités mais avant ça je vais d'abord dire ce qu'on aime bien d'Angélique elle a pas eu son tour la pauvre bon ça recommence c'est le running gag à chaque fois mais Angélique c'est déjà une voix Angélique une voix magnifique puisqu'elle est également chanteuse elle l'a peut-être pas dit tout à l'heure mème. Elle a sorti un EP, un single plutôt, que je vous recommande d'aller écouter. J'aime pas les filles, de Angélique, sur Spotify, et disponible sur toutes les autres plateformes.
- Speaker #0
C'est aussi notre manager.
- Speaker #3
C'est une gourvaine,
- Speaker #2
ça.
- Speaker #3
Mais ouais, Angélique, c'est de la douceur dans la voix, et en même temps, une belle incarnation de personnage aussi. Je suis assez fasciné par toutes ces personnalités. Je trouve qu'on s'est tous bien trouvés.
- Speaker #2
Elle m'a fait une personne en colère hier soir. J'ai un peu eu peur. Ah oui ? Donc la douceur, c'est relatif.
- Speaker #3
Oui, voilà, c'est ça. C'est un mélange de douceur et d'incarnation forte dans les émotions. Je trouve que, en général, dans l'émotion, c'est l'une de ses qualités principales, l'incarnation émotionnelle.
- Speaker #1
Parce que l'improvisation, ça peut susciter aussi des émotions comme la peur. Ce n'est pas forcément le rire, ce que je veux dire. Non. À part là, c'est...
- Speaker #0
C'est ce qu'on essaye de mettre en avant aussi parce que sur Rennes notamment, il y a beaucoup de comiques et rien qu'au Free Pool, on essaye aussi de se détourner de ça, parfois d'offrir du jeu juste notamment avec des dramatiques et c'est souvent ce que le public va retenir, de les emmener dans une émotion qui est haute que le comique et ils vont se dire ok, ils sont capables d'aller là-dessus, de nous amener là. Souvent les premières minutes ou les premières secondes de la dramatique, les gens vont avoir tendance à rire par réflexe et après ils vont se rendre compte qu'en fait c'est sérieux et ils aiment bien. qu'on aille les choper là-dedans aussi. On essaie de faire de l'horreur aussi, de ne pas désamorcer. Donc c'est des choses qu'on va essayer d'explorer encore plus, je pense.
- Speaker #3
Carrément. Donc là, on a notre format qui s'appelle « C'est la première fois » , mais on a en backstage d'autres formats improvisés qu'on aimerait bien mettre en avant. Et on avait évoqué l'idée, effectivement, de faire un format autour de l'horreur. D'accord. Parce que c'est une catégorie qu'on aime beaucoup explorer. et dans lequel ce qui est très chouette avec l'impro, c'est de pouvoir aussi y apporter des influences d'autres arts, que ce soit la musique, le corps justement avec la danse ou d'autres acrobaties, et par exemple le masque aussi, où on va essayer de confluer tout ça pour créer un format autour de l'horreur. Pour la rentrée, on espère pouvoir proposer de nouvelles heures. Forme de spectacle.
- Speaker #1
Ça vous fait pas peur que quelqu'un vous donne un thème complètement impossible à jouer ? Ça c'est une crainte parfois.
- Speaker #2
Ce qui est impossible à jouer, ce serait ce qui est pas safe, on va dire. Si c'est un truc ultra morbide alors qu'on veut une ambiance surtout pour démarrer le spectacle un peu enfantine. On se réserve le droit de refuser un thème, on va trouver une raison. D'accord. Mais si c'est un truc, on avait un truc qui touchait un petit peu à la géopolitique et à des trucs pas très fun, on va dire, la guerre dans le monde et tout. On a dit bon, on ne maîtrise pas trop les codes, on n'a pas ce qu'il faut comme bagage technique dessus, donc on va gentiment refuser parce qu'en fait on va faire des conneries dessus, donc ça ne sert à rien.
- Speaker #3
Soit on va dire des conneries, mais des fois juste aussi on n'a pas envie de véhiculer certains messages, ou de faire des bêtises, de malgré nous décaler le propos alors qu'on essaie de passer un bon moment. Mais évidemment après il y a des sujets un peu plus graves qu'on peut traiter quand même dans des catégories dramatiques, on va essayer quand même d'aller dans de l'émotion, parfois de la tristesse, etc. Mais voilà, on va quand même éviter des sujets qui sont chiants. Et après, quand c'est des choses très farfelues, on les fait quand même. Hier, on a eu quoi ? On a eu une migale rose qui se brosse les dents. C'est la première fois que je rencontre une migale rose qui se brosse les dents.
- Speaker #1
Et quand on a ce genre de thème, on pense à quoi tout de suite dans sa tête ?
- Speaker #2
Une migale rose.
- Speaker #3
Une migale rose, ça ouais. Là, pour le coup, c'est très...
- Speaker #0
C'est presque trop cadré en fait. On s'est dit peut-être recadrer et leur expliquer qu'il nous faut des choses assez simples du quotidien pour que nous on puisse les détourner. Parce que c'est vrai qu'une fois que c'est trop farfelu, on a juste à représenter ce qu'ils s'imaginent et c'est moins fun.
- Speaker #3
La blague va déjà être dans l'intitulé et ça peut être amusant de le jouer, mais du coup ça va être une improvisation peut-être courte, dans laquelle on va juste figurer ce qui a été énoncé, ce qu'on avait vu. La première fois que je joue aux échecs contre un pigeon... Elle avait bien marché. Elle avait fonctionné. Des choses absurdes... On les accepte quand même avec...
- Speaker #1
Vous avez fait un peu moins l'imprudent des échecs et le pigeon par exemple ?
- Speaker #0
Thomas faisait le pigeon et je pense que ça a suffit pour faire un peu plus de scènes.
- Speaker #3
Exactement. Ton point fort. Joker Thomas et ça a fonctionné.
- Speaker #2
J'ai pris un giga plaisir à faire un pic.
- Speaker #1
Ok, ok, excellent. Bon alors je vous propose de vous lancer du coup dans un... petit jeu avant de poursuivre l'interview. C'est un détour par les hauteurs avec un jeu sonore improvisé. Donc bienvenue au sommet d'un volcan en éruption. Vous allez incarner trois personnages pris dans un triangle amoureux brûlant. Un volcanologue passionné de roches, mais encore plus du guide en haute montagne. Un guide, cette fois tiraillé entre la rigueur scientifique et les avances d'un riche influenceur en quête de buzz. Ce dernier, venu filmer un live TikTok depuis le cratère, qui est totalement inconscient du danger. mais fou amoureux du guide. Ça vous va ?
- Speaker #3
Un volcanologue, un guide et un influenceur.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
Du coup, qui est amoureux de qui ? L'influenceur est amoureux du guide, le guide est amoureux du volcanologue, et du coup le volcanologue est amoureux de l'influenceur.
- Speaker #1
C'est ça,
- Speaker #2
exactement. On peut avoir un paperboard ?
- Speaker #1
Après, si vous avez envie de changer les relations amoureuses, c'est aussi possible. Je vous laisse faire.
- Speaker #3
Qui est qui ? Je vais prendre le volcanologue.
- Speaker #2
Et toi, tu prends ?
- Speaker #0
Le tiktoker.
- Speaker #2
Et il reste, du coup ?
- Speaker #3
Le guide. Le guide montagnard. Ok.
- Speaker #2
Je m'y connais super bien.
- Speaker #3
Ouais, également.
- Speaker #0
Du coup, moi, je suis amoureuse de toi, toi, t'as amour de lui, et lui, il a amour de moi, je crois.
- Speaker #2
C'est ça. Ok, comme dans la vraie vie.
- Speaker #1
Ouais. Ok, ok, c'est parti.
- Speaker #3
Nous approchons du centre du volcan. Vous pouvez y apercevoir en plein milieu une toute petite éruption.
- Speaker #0
Excusez-moi, est-ce que vous pouvez vous pousser parce qu'on ne voit pas très bien quand je zoom ? Oui, bien sûr. Vous êtes dans le cadre, merci.
- Speaker #3
Bien sûr, tout pour vous, madame.
- Speaker #2
C'est comme ça que vous parlez aux volcanologues ?
- Speaker #0
Ah oui, pardon, il faut leur parler comment ?
- Speaker #2
Il faut leur parler gentiment.
- Speaker #0
Je pensais que j'étais gentille, pardon. Je peux recommencer le live parce que...
- Speaker #3
Vous avez été très gentil, vous avez été très sympathique avec moi. Regardez, vous pouvez zoomer sur ce schiste magmatique qui est en train de... de rentrer en irruption, vous allez avoir de superbes images pour vos abolis.
- Speaker #2
Pardon ? Mais elle a été exécrable avec vous. Alors que moi, je porte votre sac à dos depuis le début.
- Speaker #3
Oui, je vous remercie pour ça, d'ailleurs.
- Speaker #2
Je vous remercie de remercier.
- Speaker #0
Et mon sac à dos, vous ne voulez pas le porter ici ? Oh là là,
- Speaker #3
la petite irruption semble prendre une proportion un petit peu plus grande. Oh là là, c'est dangereux de rester par ici, il va falloir courir.
- Speaker #0
Non, mais si, si, ça va faire du bas, est-ce qu'on peut rester, s'il te plaît ?
- Speaker #2
Merci. L'expert a dit dangereux, je redescendrai,
- Speaker #3
c'était vous. Prenez-moi la main, madame. Vous avez la main chaude.
- Speaker #2
Je vais vous prendre aussi la main, monsieur.
- Speaker #0
Donnons-nous tous la main, alors.
- Speaker #3
On va y courir. Je suis en train de plus en plus. Il faut dévoiler le volcan, dépêchez-vous ! Attendez, j'ai perdu mon micro !
- Speaker #2
Mais laissez votre micro en place !
- Speaker #3
Non, il faut aller chercher son micro, c'est hyper important ! J'y vais !
- Speaker #2
Oh si, il y va, j'y vais aussi !
- Speaker #0
Je viens aussi alors !
- Speaker #3
C'est pas grave, on aura qu'à... Oh la la, mais déjà là, ça coule ! Montez sur ce caillou !
- Speaker #1
Montez sur moi !
- Speaker #3
J'ai fait du surf quand j'avais 6 ans !
- Speaker #2
Vous avez tellement de talent.
- Speaker #3
Merci.
- Speaker #2
Oh, vous avez de sacrés restes !
- Speaker #0
Comment vous arrivez à porter ce sac à dos ? Vous êtes vraiment fort.
- Speaker #3
On va se servir de la propulsion magmatique pour arriver en bas du volcan. On peut faire un selfie ?
- Speaker #1
Bravo, bravo, super fort. Vous pouvez vraiment tout improviser alors.
- Speaker #3
On essaie au maximum. Mais ça aide d'avoir un cadre musical aussi. C'est quelque chose qui porte beaucoup aussi en improvisation et on a la chance parfois d'être accompagné d'une DJ et sinon on s'auto-gère aussi pour la musique. des bisous ça embrasse aussi mais complètement ça c'est vraiment un truc qu'on aime beaucoup en impro c'est l'apport musical c'est vraiment un soutien formidable après de manière générale en improvisation le public va croire que les contraintes c'est contraignant alors que pour nous c'est aidant parce
- Speaker #0
qu'en fait ça nous apporte du jeu tout de suite sans avoir à faire de cocus le cocus c'est ce moment où on se dit un peu ce qu'on va faire avant de commencer 10-15 secondes. Là, on n'en aura pas besoin parce que la contrainte va nous amener dans un univers commun ou dans un jeu commun.
- Speaker #1
C'est quoi les contraintes que vous mettez parfois ? Des exemples ?
- Speaker #0
Beaucoup...
- Speaker #3
Si on marche bien sur les réseaux sociaux, on fait des petites vidéos, on capte nos spectacles et on partage certaines de nos contraintes de jeu. Il y en a une qui s'appelle les salauds TEP. Et donc, c'est une catégorie à l'origine qui s'appelle j'enterre mon lapin. Et qui, si on change les T et les P, j'en perds mon latin. Ça donne cette autre phrase. Et donc, nous, on l'a simplement renommé. On l'a appelé les salotèpes pour les salopettes. Et l'idée, c'est effectivement de changer dans toutes nos phrases les P et les T. Et ça, ça marche plutôt bien. C'est assez amusant. Donc, c'est vraiment une contrainte verbale amusante. Mais après, il y a beaucoup d'autres. contraintes.
- Speaker #2
Des contraintes qui font moins fondre le cerveau. Par exemple, juste une aventure. C'est à peu près quel schéma on va aborder. Il faut qu'il y ait beaucoup de péripéties pour arriver à un objectif commun à la fin. On peut faire de la sopopérase pour les personnes qui aiment bien les feux de l'amour. On peut faire une horreur. On en a déjà parlé parce qu'on adore l'horreur. On peut faire plein de choses, on peut faire des chantées. Quand j'ai pas envie de jouer, je tire une chantée, comme ça Angers et Kegurven vont faire l'improvisation.
- Speaker #3
Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Il y a des tas de « à la manière de » qui correspondent à des genres de films. Il y a aussi des contraintes corporelles, ou par exemple hier, la catégorie... On les renomme justement pour être dans la direction artistique de notre quatuor enfantin. On renomme tout ça à partir de noms de dessins animés ou de jeux de mots. On a appelé par exemple la catégorie Pinocchio, et dans laquelle on est manipulé par les autres salopettes pour continuer l'histoire. C'est-à-dire qu'on est immobile, mais c'est les autres qui vont venir créer nos... C'est nos mouvements, oui. Ça peut être ça, ça peut être quoi d'autre. Tout est imaginable en fait, c'est ça qui est vraiment chouette. Et on rajoute d'ailleurs, selon les spectacles, des catégories supplémentaires ou non. Je sais pas si t'as d'autres idées Angélique ? Je sais pas,
- Speaker #0
enfin, je pense qu'on a twisté tous les noms de catégories qu'on connaissait et qu'on voulait adapter à notre spectacle. Il y avait Tetris, faire entrer 10 mots du public dans l'improvisation.
- Speaker #3
On a la Blanc Manger Coco qui marche bien aussi, qui est le jeu de société qui est assez connu. C'est un jeu dans lequel on doit compléter des phrases avec des morceaux de phrases. Et donc là, on détourne le jeu en piochant ces cartes-là et on doit obligatoirement les caler dans l'improvisation et leur donner du sens alors même que parfois c'est complètement absurde. C'est assez amusant.
- Speaker #2
On a gardé que les cartes chouettes.
- Speaker #0
C'est un jeu à connotation très... très plus 18 de base.
- Speaker #1
Est-ce que ça arrive de faire des impros qui ne marchent pas du tout ? Vraiment, avec pas de réaction de public ?
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #3
ça arrive.
- Speaker #0
Mais pas à nous.
- Speaker #3
Disons que la force d'un improvisateur, et d'une improvisatrice, des improvisateuristes, ça va vraiment être d'identifier les moments où là, on est en galère. et de trouver des subterfuges pour sortir justement, et pas sortir les rames et tout ça dans la galère. Mais donc c'est aussi pour ça que je disais, j'insistais sur le fait que ce soit un sport un peu collectif, enfin complètement collectif, parce qu'on est tous responsables de la bonne construction de l'histoire, et l'idée c'est justement de pouvoir identifier les moments où peut-être ça manque de ça, etc. et donc de pouvoir les apporter à ce moment-là.
- Speaker #0
La chance qu'on a aussi, c'est que comme on se connaît bien, contrairement à quand on fait partie d'une troupe, on va être choisi pour faire un spectacle, mais on n'a peut-être jamais joué avec la personne avec qui on joue ce soir-là. Alors que nous, comme on se connaît, on sait comment rattraper les choses, on sait ce qui va être bien pris par l'autre comme proposition. Donc c'est vraiment une chance qu'on a, qui fait que nos impros merdent un peu moins aussi. C'est qu'on se connaît par cœur.
- Speaker #3
Oui, c'est vrai.
- Speaker #2
On ne merde pas du tout.
- Speaker #1
Et on s'habitue à ce sentiment de parfois il n'y a pas de rire et voilà c'est comme ça ou c'est quand même compliqué.
- Speaker #2
Après une mauvaise journée c'est plus dur.
- Speaker #0
On attend quand même ce retour et comme il est assez immédiat on va aller le chercher. À part si on cherche autre chose que le rire, généralement le rire on l'attend et on l'entend. Du coup quand on l'a pas, bah oui effectivement ça nous marque et ça nous force à redoubler d'efforts.
- Speaker #2
Je pensais pas que le public était une part aussi importante du spectacle avant de faire de l'impro. En tant que public avant j'étais très très tacituré, enfin je donnais rien, enfin je me disais moi je vis mon truc dans mon coin, si c'est bien j'applaudis un peu, si c'est pas bien j'applaudis un peu et puis voilà quoi. Et en fait en ayant vécu du coup ce que le retour apporte, de dynamisme et l'effet d'engrainage que ça a sur le public lui-même. Maintenant, en tant que public, je me dis mais si, en fait, il y a une part hyper importante du taf à faire. Et un spectacle où nous, on s'amuse et où le public est moyennement réactif. on se dit bah c'est cool et un spectacle où on se dit bah on a un peu merdé sur deux trois trucs mais où le public a adoré techniquement le spectacle est mieux réussi vous allez peut-être applaudir plus facilement quand il ya une prestation aujourd'hui pour moi avant ouais ouais ouais on se rend compte du travail qu'il ya derrière et de
- Speaker #3
l'énergie que ça demande pour les gens sur scène quoi ouais ouais ouais mais ouais on a la métaphore qu'on aime bien de dire que de manière générale en impro, mais que les improvisatoristes sont un peu des machines qui fonctionnent à l'énergie et que quand le public en donne justement, on en donne tout autant ensuite sur scène et je trouve que c'est plutôt véridique effectivement avec tout ce qu'on a pu expérimenter sur scène individuellement Est-ce qu'il y a un pire public et un meilleur public ?
- Speaker #0
Oui, il y a des publics de toutes catégories effectivement
- Speaker #2
Le pire public ? Dans la catégorie pire public, je pense le public qui veut en faire trop, peut-être. Ah ouais ?
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #2
Le public qui veut trop participer, qui voudrait faire le spectacle, en fait. Ouais. Et qui, par exemple, propose un thème, mais le thème ça va pas être un truc sympa qui lui fait plaisir, ça va être déjà une blague. Et donc à ce moment-là, du coup, il y a un décalage parce que du coup, la personne qui propose ça se dit « Ah ouais, c'est trop marrant » . Et nous, on est « Bah du coup, en fait, nous ensuite, on doit jouer une, deux, trois minutes avec ça » . Si tu veux faire des blagues, viens faire des blagues avec nous.
- Speaker #3
Au lieu de nous donner une suggestion qui va nous alimenter, effectivement, il va y avoir cette envie d'avoir une originalité et un peu de nous piéger. mais ce qui est aussi le... Parfois le fuel quand tu viens en tant que spectateur, tu viens aussi voir les improvisateurs, ils sont en galère. C'est aussi ce qui est un peu amusant, ce sadisme de les voir en galère. Mais il y a toujours une part de bienveillance derrière tout ça. Mais effectivement, si c'est un peu trop poussé, ça peut être un peu ennuyant pour nous.
- Speaker #2
Après, ça nous a appris à jouer avec ça. Je pense aussi qu'on a mieux géré ça, par exemple, hier soir, du coup sur la migale violette qui brosse les dents, on a dit bon ok, tout est là, il n'y a plus rien à faire, donc on peut prendre le parti de faire juste une migale violette qui se brosse les dents du mieux qu'on peut, ça va durer 5 à 10 secondes, on donne au public ce qu'il veut, et comme ça dure 5 à 10 secondes, c'est pas grave, le public comprend qu'on a acté que c'était super barrant déjà.
- Speaker #1
Et c'est quoi vos premières fois un peu préférées du coup ? C'est les premières fois quand quelqu'un va dire que c'est un truc un peu générique, où ça va vous laisser de l'espace, ou quand c'est une première fois justement super précise, qui va donner plein de contraintes et qui va vous faire galérer un peu. Comment vous le sentez ça ?
- Speaker #0
Faire effectivement les choses assez génériques et basiques, parce que ça nous donne l'occasion de les détourner et de donner de la surprise au spectateur. Alors que quand c'est précis, ça donne une scène de 5-10 secondes où on l'incarne, c'est cool, ça leur fait plaisir, mais ils n'ont pas l'occasion d'être surpris.
- Speaker #2
Pour le pire public, je l'embrasse quand même. Oui,
- Speaker #3
on vous aime. Merci de participer à nos spectacles.
- Speaker #0
Lancez-vous dans le stand-up quoi.
- Speaker #3
Super vache.
- Speaker #1
Bon, on va partir alors pour le deuxième petit jeu à vous proposer. Je vous embarque cette fois aussi dans un jeu sonore. Cap sur un road trip improvisé vers un festival mystique perdu en pleine montagne. Il fait chaud, vous entendez le bruissement de vos roues contre le bitume. Vous êtes... tous les trois dans la même voiture, avec des rôles bien définis. Le premier est organisateur ultra stressé, accro au tableau Excel et aux playlists calibrées. Le deuxième, c'est un pote complètement à l'ouest qui vit dans une autre dimension et qui s'endort en parlant.
- Speaker #2
C'est moi ? Parfois.
- Speaker #0
Le premier c'était Gervain, le deuxième c'était toi.
- Speaker #1
Le troisième, c'est l'autostoppeur mystérieux monté à la dernière minute qui parle à la radio et qui lâche des phrases un peu bizarres du style « ce trajet va tout changer » .
- Speaker #2
Tout va bien.
- Speaker #1
Voilà, et puis dans votre voyage, il y aura trois sons qui viendront créer l'histoire et auxquels vous devrez réagir. C'est parti !
- Speaker #3
Bon, tu as bien tout pris. Ta valise est complète. Tu as suivi le tableau Excel que je t'ai donné.
- Speaker #2
J'ai la valise, ouais.
- Speaker #3
Réponds à ma question, s'il te plaît. Est-ce que tu as absolument coché toutes les cases que j'ai mises dans mon tableau Excel ?
- Speaker #2
Il fallait les remplir en plus. J'ai regardé, je me suis dit une valise, ok. Une serviette, ok. Bras à dents, ok. J'ai pris quoi, enfin...
- Speaker #3
Bon, je te fais confiance pour cette fois, mais si tu t'avises d'avoir encore oublié quelque chose, je te laisserai sur le bord de la route.
- Speaker #0
Attention ! Dans le rétroviseur, le passé. Oups.
- Speaker #3
Qu'est-ce qui s'est passé ? J'ai rien vu. Qu'est-ce qu'il y avait sur la route ?
- Speaker #2
J'étais en train de regarder le tableau Excel et pas la route, justement. Je suis désolé.
- Speaker #0
Il y a du sang qui coule sur votre chou. On se voit de temps.
- Speaker #2
C'est poétique.
- Speaker #3
Est-ce que vous arrivez à vous extraire de la voiture ?
- Speaker #2
Je peux enlever ta ceinture si tu veux. Mais je n'arrive pas à enlever la mienne.
- Speaker #0
Il faut s'extraire de sa prison mentale.
- Speaker #2
Il faut s'extraire de la prison de fer, là, tout de suite, s'il vous plaît. Madame, derrière, vous pouvez m'enlever ma ceinture ? Je crois que mon bras est bloqué.
- Speaker #0
Je n'ai plus de bras. Bienvenue chez moi.
- Speaker #3
Je savais qu'on n'aurait pas dû lui faire confiance ! Pourquoi tu as insisté pour qu'on prenne une autostoppeuse ?
- Speaker #2
Je sais pas, elle avait l'air sympa.
- Speaker #0
Fermez les yeux et laissez-vous guider.
- Speaker #2
Mais elle a plus du tout l'air sympa.
- Speaker #3
Je sais que c'est le rêve de plein de gens, de vivre une abduction, mais moi c'était pas mon rêve, je voulais juste faire un road trip avec toi. Christian !
- Speaker #0
Désormais, il n'y a plus de Christian, seulement des Gougeluc.
- Speaker #3
Des quoi ?
- Speaker #0
Gougeluc.
- Speaker #3
Gougeluc ?
- Speaker #2
Des Gougeluc. Bienvenue.
- Speaker #3
Qu'est-ce que vous allez faire de nous ?
- Speaker #2
Lâche prise, Joseph. Rejoins-nous chez les Google-UQ.
- Speaker #3
Si vous voulez étudier des humains, vous n'avez qu'à faire des tableaux Excel d'humains. Ça, je peux vous aider, si vous voulez.
- Speaker #2
On a des tableaux Excel aussi chez nous.
- Speaker #0
Pour classer les Google-UQ.
- Speaker #3
Est-ce que vous faites des recherches Google-UQ ? Vous êtes dans mon esprit ? Vous êtes rentré dans ma tête ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #3
C'est bien ordonné, vous avez vu ?
- Speaker #0
J'ai tout rangé. Je classe mes émotions par émotions.
- Speaker #1
J'ai la joie,
- Speaker #0
la tristesse.
- Speaker #2
Tu es en dépression.
- Speaker #1
Tu as rangé jusque dans ton cerveau.
- Speaker #0
Oui, j'ai besoin de catégoriser tous les pans de ma vie.
- Speaker #1
Lâche-toi,
- Speaker #3
Joseph.
- Speaker #2
Consulte un psychologue.
- Speaker #3
Merci. Super encore. Vous êtes vraiment trop fort. C'est impressionnant de vous voir. Est-ce que parfois, du coup, vous avez des moments de trou dans l'improvisation ? Vous vous dites, ok, là, j'ai plus rien à dire, je vais essayer de combler quelque part. Et comment on fait pour trouver un truc à ce moment-là ?
- Speaker #2
Ça peut passer par plusieurs choses. Ça peut être un bruit, une émotion, un mouvement, quelqu'un qui rentre sur scène. Parce que c'est souvent ça, c'est comme on se connaît, on sent la personne, elle patine. On arrive avec un personnage, une proposition. Du coup, nous qui sommes sur scène, en galère, on accepte tout ce qui passe.
- Speaker #0
C'est ça, on va se raccrocher. A tout ce que l'on peut se raccrocher, et puis des fois si on n'a rien, c'est revenir à l'essentiel de notre personnage, se redire quelle était peut-être mon émotion de départ, quel était mon trait d'esprit, mon caractère, comment je reviens à ça, ou alors quelles sont les relations que je peux développer, quelle est la suite de l'histoire. Donc évidemment, tout ça fuse dans la tête. Et des fois, on a des petits trous, mais ça continue à processer à fond dans la tête. Mais le danger, c'est que ça processe trop et que ça nous bloque. Mais c'est trouver un équilibre entre réflexion et immédiateté, lâcher prise.
- Speaker #1
Là où c'est vraiment un jeu d'équipe, c'est qu'il paraît, je n'ai pas vérifié, mais il paraît que c'est les gens qui sont à côté de la scène qui sont responsables de ce qui se passe sur scène. C'est ok ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
L'adage, c'est effectivement que si on est sur scène et qu'on patine, ce n'est pas de notre faute. C'est parce que les gens ne sont pas venus nous aider à côté. Ils ont tout le loisir de réfléchir pendant que nous, on est en train de galérer.
- Speaker #0
C'est ça. Mais le danger aussi, c'est de se dire que si on est sur scène, on a absolument besoin d'aide. Donc c'est trouver l'équilibre entre continuer à incarner ce qu'on fait sur scène. Et se dire de toute façon, il y a un matelas confortable qui viendra me sauver, un filet si vraiment je suis en galère.
- Speaker #3
Est-ce qu'il y a une courbe d'apprentissage en improvisation ? Est-ce que ça peut arriver qu'on arrive, qu'on soit un peu pas forcément super drôle, machin, et puis qu'en travaillant, on peut devenir assez marrant quand même ? Ça arrive ça, ouais ? Oui.
- Speaker #0
Oui, oui, complètement.
- Speaker #1
Ça se travaille comme tous les domaines finalement. Il y a un peu ce truc de, ouais mais on improvise, du coup il n'y a rien qui est prévu. En fait, il y a 30 000 mécanismes qui sont à travailler en amont, donc oui, il y a énormément de progression à faire. Et justement, ce truc de se dire « qu'est-ce que je vais faire pour être drôle tout de suite ? » c'est un des pires ennemis. En tout cas, moi, perso, c'est vraiment les moments de blocage, surtout au début, et en fait, se détacher de ça. Et au lieu de se dire « on va faire un truc où je vais être super drôle, je vais raconter des blagues » , c'est plus « on va faire une histoire » . Et en fait, dans l'histoire, le moment limite où on a un trou, et on dit juste un truc normal, c'est là le décalage, du moment qu'on l'incarne, c'est là le décalage avec l'histoire qui est en train de se créer. Et c'est là où c'est vraiment marrant finalement. Donc il y a plein d'autres choses à bosser que l'humour brut, si j'ose dire.
- Speaker #0
Oui, il y a des tas d'étapes de progression, des paliers à venir débloquer un peu. Il y a des tas de compétences à venir valider en improvisation pour progresser.
- Speaker #2
L'idée c'est de remplir une boîte à outils un peu. Le mieux, ce que je conseille à ceux qui commencent, c'est d'aller voir des spectacles. Comme ça, on se nourrit du jeu des autres, on teste des choses qui nous plaisent ou pas. On voit certaines choses, on peut les voir, mais une fois qu'on les teste, on se dit « Ah ouais, ça, ça fonctionne comme ci ou comme ça » . On se rôde en étant sur scène, en fait. Il faut jouer, jouer, jouer et rejouer,
- Speaker #0
encore et encore.
- Speaker #3
Vous avez l'impression de pouvoir progresser, vous encore ? Ou vous avez l'impression d'avoir atteint un plafond ? Et ça devient compliqué.
- Speaker #0
Parfois, on peut avoir cette sensation un peu désagréable de... Stagner. De stagner, ça c'est quelque chose d'assez récurrent dans ce monde-là. D'avoir, entre guillemets, tu parlais de courbe de progression, mais effectivement, des fois, on va très vite, et d'un coup, on va être à un premier palier, et ça va être un peu déstabilisant, désespérant de se dire « mince, maintenant je suis en ligne droite » . Et ça ne monte plus. Je ne saurais pas forcément te donner d'exemple, mais c'est vrai que c'est quelque chose d'assez chiant comme ressenti. Mais ça finit par se débloquer, il faut continuer à bosser, déterminer les axes de progression.
- Speaker #2
Puis s'entourer aussi des personnes avec qui on a les mêmes enjeux, les mêmes envies pour progresser. Parce que là, c'est vrai que par exemple avec Thomas, ça ne fait que trois ans qu'on fait de l'impro, mais au bout d'un an déjà, on s'ennuyait. Du coup, ça nous a permis. de rencontrer Robin Gurven, des gens qui avaient la même envie d'aller plus loin, de faire d'autres projets, d'autres formats. Et c'est ce qui permet de ne pas stagner du coup, d'aller chercher plus loin.
- Speaker #0
Comme je te disais sur le côté confluence des arts, je trouve que l'impro c'est vraiment ça, c'est venir se nourrir de tout ce qu'il y a à manger autour de nous. On disait de Robin que c'était un geek de l'impro, culturellement parlant, lui c'est dans le cinéma qu'il va venir chercher beaucoup de choses. Parfois ça peut être dans des univers de livres, de romans. On peut aussi être un très bon improvisateur corporel. pour elle et donc c'est plutôt par le corps et la danse et le le mime qu'on va progresser il ya voilà il t'a de d'axes de progression et de et de choses à tirer d'autres arts en tout cas c'est comme ça que je vois les choses et ça c'est quelque chose que vous pensez quand vous allez voir un film du coup vous y pensez vous dire ah bah ça c'est sympa pour l'impro par exemple je pourrais le mettre dans
- Speaker #1
mon petit temps mais pour moi pas ouais ouais il pense beaucoup tout le temps ok ok ouais vraiment euh
- Speaker #0
Par exemple, je me force. C'est pas tout à fait vrai, mais je suis assez adepte de l'univers du steampunk.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #0
Et notamment, Jules Verne a fait beaucoup de romans dans cet univers un peu rétro-futuriste. Et je disais, je me force, mais je lis beaucoup de ses livres et je me suis rendu compte que c'était plutôt ennuyant. Mais en même temps, je me dis, je veux me nourrir de ce vocabulaire-là. et de cet univers donc je continue à en lire et à en bouffer, par exemple.
- Speaker #3
Est-ce qu'il y a des équipes d'improvisation qui vous inspirent ? Ça vous en avez en tête ou pas ?
- Speaker #2
Pour ma part, la première approche que j'ai eu de l'improvisation, ça devait être pendant le confinement, j'avais regardé sur Youtube un tournoi de la LNI, Ligue Nationale d'improvisation, au Québec du coup, et j'avais trouvé ça vraiment galerie, je me suis dit c'est une discipline à part entière, mais depuis... Franchement j'essaie de m'inspirer de tout ce qu'il y a autour donc pas d'équipe en particulier.
- Speaker #0
Pour ma part il y a plusieurs troupes professionnelles qui m'inspirent beaucoup. Il y a les Once Pony Time qui sont près de Paris il me semble. La compagnie Les Adultes que je trouve formidable.
- Speaker #2
J'ai la ref !
- Speaker #0
Vraiment belle découverte si vous allez voir les adultes sur Instagram.
- Speaker #3
Qu'est-ce que vous trouvez bien en vous avec votre regard d'improvisateur ?
- Speaker #0
En tout cas moi ce que j'aime beaucoup voir en impro par exemple c'est la complicité qu'ont les acteuristes, les joueureuses entre eux. Et là ça transpire de ça entre eux en plus d'une bonne maîtrise évidemment de jeu. et surtout ce qui est remarquable c'est le... la fluidité de leur transition dans leur spectacle. Ça, c'est vraiment beau.
- Speaker #3
Alors, est-ce que parfois, vous faites des moments d'impro et qui vous marquent ? Vous vous en souvenez, vous vous en rappelez ? Vous avez un souvenir des moments d'improvisation qui vous ont touché ?
- Speaker #2
Avec les salopettes ou peu importe, dans l'impro de manière générale ?
- Speaker #3
Peut-être avec les salopettes plutôt, mais...
- Speaker #0
Ouais, ouais.
- Speaker #1
Le spectacle d'hier soir, c'est frais.
- Speaker #2
C'est vrai qu'on a tendance à oublier, mais comme on en joue plein d'affilés, des petites impros, c'est plus dur d'avoir tout en mémoire. C'est un boulgi-boulga de plein d'émotions et de scènes.
- Speaker #0
C'est un art assez éphémère, même pour le public, juste après le spectacle, on pose souvent la question, quelle impro vous avez préférée ? Et déjà, ça c'est difficile pour le public, parce que comme c'est quelque chose d'improvisé et d'éphémère, il y a plein d'impro qui passent un peu à la trappe pas parce qu'elles étaient mauvaises ou quoi mais simplement parce qu'il y a un surplus d'informations mais évidemment après tu vas en retenir peut-être une, deux, trois dans la soirée qui ont vraiment stand out
- Speaker #2
Il y a la super héros qu'on avait faite et qui a pas été filmée, un peu le somme elle était vraiment bien et personnellement moi je bloque beaucoup pour tout ce qui est improvisation de genre cinématographique parce que je... il y a une illégitimité dans la non-connaissance du vocabulaire etc et sur celle-là je me suis dit allez vas-y on s'en fiche c'est de l'improvisation tu sors des trucs au pif et ça va fonctionner et j'étais très contente de moi c'est très dommage que ça n'a pas été filmé parce qu'elle était chouette l'improvisation c'est sortir des trucs au pif super très
- Speaker #3
réducteur c'était que celle-là pourquoi elle vous a marqué la super héros on a pris le temps d'installer du coup
- Speaker #1
Du coup, une situation au début, on a joué avec la mise en scène, on a pris la liberté de jouer avec les lumières qu'on avait installées pour éclairer les protagonistes. On a pris le temps du coup de faire des portées pour amener un petit peu de chorégraphie. Et en fait, on l'a fait durer. assez longtemps, mais juste ce qu'il fallait pour tout boucler. On a réussi à choper la fin quand c'était bien chopé. La fin,
- Speaker #0
c'est assez important pour quand c'est une réussite sur la construction et quand on se dit on a coché un peu toutes les cases du schéma narratif de ce genre cinématographique. On fait ah ouais, trop bien. Là, on a vraiment pour le coup, vraiment l'impression d'avoir joué un film de super héros. Et là, quand on y croit à fond nous même vraiment dans l'histoire, c'est vraiment ces moments là qu'on va retenir. Ah ouais, elle était trop bien. Là, je me croyais vraiment super fort. Je m'y crois.
- Speaker #2
Complètement,
- Speaker #0
oui. C'était super chouette. Mais sinon, ça va être des personnages qu'on a kiffés jouer, qu'on va retenir.
- Speaker #2
Paul Emploi.
- Speaker #0
Ouais, on a fait une super impro sur Paul Emploi, à la manière d'une catégorie d'horreur, justement. C'était hyper marrant. Des chantées qu'on va faire, qui sont sympas aussi.
- Speaker #2
Les dramatiques, généralement, sont bien. Celle sur... Le père là, qui joue au loto je crois, a été très touchante.
- Speaker #3
Ah oui.
- Speaker #2
Et ouais ça faisait du bien, enfin ça fait du bien de jouer des vraies émotions, c'est vraiment mon prédat mais quand le public retient ça, on est content généralement.
- Speaker #1
Ça apporte un peu de contraste sur tout un spectacle du coup, une heure, une heure et demi à rigoler et puis tout d'un coup au milieu du coup... quelque chose de pas forcément lourd, ça peut être lourd, mais en tout cas de prenant, où nous-mêmes on est prise dedans, c'est très très agréable pour le rythme et pour le contraste.
- Speaker #0
Du coup, pour résumer, je pense vraiment quand on est plongé, immergé nous-mêmes dans l'histoire et qu'on y croit à fond. C'est celle-ci qu'on va retenir le plus.
- Speaker #3
Alors peut-être pour terminer... Les 4 salopettes c'est un projet vous racontez que vous avez des nouveaux spectacles par exemple qui vont arriver qu'est-ce qui va se passer l'année prochaine peut-être vous avez une fiche de route à nous proposer là malheureusement on n'a pas de date encore à déposer on
- Speaker #0
sait qu'à partir de septembre on va commencer à poser des dates dans l'agglomération renaise et un peu aux alentours je sais qu'on va pouvoir jouer à Langouette par exemple le... peut-être à Quimper, on ira peut-être à un moment donné, je sais pas, dans les lieux aussi où on a de la famille, à lesquels loger. Mais en tout cas, tout ça est disponible sur nos réseaux sociaux, Instagram et Facebook, les.salopettes.impro. Et évidemment, on communiquera sur tous les spectacles qu'on va poser et nos nouvelles créations aussi, pour proposer de la nouveauté.
- Speaker #3
Vous n'hésitez pas à nous dire les dates, comme ça on pourra les rajouter à la fin de l'émission avant vos spectacles.
- Speaker #0
Oui, carrément.
- Speaker #3
Si jamais, en tout cas, merci d'être venu, merci de vous être prêté au jeu.
- Speaker #2
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci pour l'invitation. Merci, Filias.
- Speaker #3
Merci aux quatre salopettes pour ce moment plein d'énergie, d'imagination et de tendresse. Vous pouvez réécouter cet épisode sur Radio-Rondine.fr et nous retrouver sur les ondes O95.2 et 98.7. A très bientôt pour un nouvel épisode de Noeud d'écoute.