Speaker #0Bonjour et bienvenue, c'est Aurore, sexothérapeute, thérapeute de coupe, coach de l'intime. Aujourd'hui nous allons parler de fantasmes, de monologues intérieurs, d'envie cachée, et si on osait. Dans la saison 3 du Phare Intérieur, Sexe et Sincérité, on entre dans un territoire que beaucoup d'entre vous explorent, peut-être en secret ou pas, dans le noir, seul, avec des écouteurs bien enfoncés pour que personne n'entende. Les fameux fantasmes. Ou alors, c'est un territoire inexploré chez vous, et vous sentez que vous n'avez pas de fantasmes, vous pensez que vous n'en avez pas, c'est juste parce que ce n'est pas exploré, mais c'est possible d'activer tout ça. En fait, ces fantasmes, ce sont ces petits films antérieurs qu'on se passe en boucle, ces scénarios qu'on garde pressionnant dans un coin de la tête, bien rangés, bien verrouillés, bien cachés derrière notre façade, que personne raisonnable et sérieuse. Parce qu'évidemment, en réunissant le supermarché, en faisant la vaisselle, on a des pensées tout à fait convenables, bien sûr ! Et puis il y a le reste. Aujourd'hui, on ouvre ce territoire secret, sans jugement, avec curiosité, et avec l'humour qu'il faut pour en parler, voilà, de toutes ces choses sérieuses sans se prendre trop au sérieux. Et on va aussi parler d'un phénomène en plein boule dont personne ne parle vraiment. Les audios érotiques. Parce qu'apparemment, les oreilles aussi ont leurs envies. C'est parti. Alors, c'est quoi un fantasme ? Commençons par tordre le cou à une idée massive reçue. Et je vais le faire sans ménagement parce que cette idée-là a fait assez de dégâts comme ça. Avoir un fantasme ne signifie pas que vous voulez le réaliser. Point. Finale. Réalisé. Ce n'est pas un désir d'action. C'est un désir d'imagination. Et la différence entre les deux, elle est fondamentale. Le fantasme, c'est un espace mental de liberté absolue. Là-dedans, il n'y a pas de conséquences, pas de lendemain, pas de « mais qu'est-ce qui va penser de moi ? » C'est votre cinéma intérieur. Et vous êtes à la fois la réalisatrice, le réalisateur, la scénariste, le scénariste et l'actrice, l'acteur principal. Ce qui attire dans le fantasme, c'est rarement l'acte lui-même. C'est l'émotion qu'il génère, l'intensité, la transgression, le fait de s'autoriser, ouais, s'autoriser, une grande problématique de la femme notamment, de s'autoriser quelque chose que la vie réelle, avec ses contraintes, ses responsabilités, son agenda chargé ne permet pas. Deuxième idée reçue à démolir, bon, fantasmer sur quelqu'un d'autre que son partenaire. signifie que l'on ne l'aime plus. Non, absolument non. Le fantasme ne mesure pas l'amour. Il mesure surtout l'imagination. Et heureusement, parce que sinon, beaucoup d'entre nous auraient de sérieuses explications à donner. Et la troisième idée reçue, c'est quoi ? Ah, ma préférée dans le genre culpabilisant. Mes fantasmes sont bizarres, donc je suis bizarre. Les recherches en sexologie sont formelles. Les fantasmes plus fréquents tournent autour. Notamment chez la femme de perte de contrôle, de la domination, de la transgression et du voyeurisme. Quand il y a voyeurisme, il y a exhibition. Autrement dit, tout ce qu'on n'oserait jamais faire dans la vraie vie. Et c'est exactement ce dont le cerveau raffole en mode imaginaire. Votre cerveau, ce n'est pas un petit pervers, il est juste très très très créatif. Alors accueillons-le avec bienveillance. Parce que la honte, voilà c'est bien, une honte. qui ne vient pas de nulle part. Elle vient de siècles de messages qui ont dit aux femmes que désirer est trop fort, c'était dangereux, problématique, pas convenable. La femme respectable ne parle pas de ses fantasmes. Elle est range, elle est têt, elle fait semblant de ne pas en avoir, elle pense qu'elle n'en a pas même. Et même quand on a intellectuellement démoli ce message, parce qu'on a peut-être lu les bons livres, écouté les bons podcasts, fait de la thérapie aussi. Il reste là, quelque part, dans le corps, dans l'inconscient, dans cette petite voix intérieure insidieuse qui dit « mais si tu lui disais ça, il penserait quoi de toi ? » . Il y a aussi la peur de créer une attente. Ah, celle-là, elle revient souvent au cabinet, en thérapie. Si je lui dis mon fantasme, il va vouloir le réaliser, il ou elle. Ou à l'inverse, il ou elle va trouver ça trop bizarre et me regarder différemment, en me jugeant. Ces peurs sont totalement légitimes. Elles méritent d'être vraiment entendues, avant d'être dépassées. Parce que derrière, chaque fantasme tue. Il y a quelqu'un qui s'auto-censure. Et quelqu'un qui s'auto-censure en permanence, finit par ne plus trop savoir ce qu'il ressent, ce qu'elle ressent, vraiment. Parlons maintenant d'un phénomène en plein essor, et qui dit beaucoup de choses sur la façon dont les femmes vivent leur fantasme aujourd'hui. Les audios érotiques. Alors, il y a des plateformes, il y a des sites, comme... Fantasy, Vox, les maps là en fait, allez voir, allez chercher sur Google parce que ça propose des contenus audio, des histoires, des voix conçues spécifiquement pour réveiller l'imagination de désir. Sans images, juste des voix, une voix, une voix d'homme, une voix de femme, un rythme. Et le succès est massif, notamment auprès des femmes. Pourquoi ? Parce que les femmes en ont marre des pornos, pas sa super éthique, très mainstream. Et aussi parce que le cerveau féminin est particulièrement réceptif à l'imaginaire, au langage, au contexte émotionnel. Ce que l'image impose, un corps, un visage, une esthétique, l'audio laisse libre. Vous projetez ce que vous voulez. Vous restez dans votre propre univers sensoriel. C'est aussi beaucoup moins chargé de culpabilité que la pornographie visuelle traditionnelle, qui reste massivement pensée par et pour le regard masculin. Voilà, on l'a dit tout à l'heure. L'audio-érotique, lui, a été majoritairement créé avec le désir féminin de tête. C'est pas un bétail. Et surtout, il valide quelque chose d'important. Avoir une vie érotique intérieure riche, nourrie, assumée, c'est sain ! C'est même souhaitable que vous soyez en couple depuis 10 ans ou célibataire depuis 6 mois. Alors maintenant, on va arriver aux astuces. Vous savez que j'aime bien vous proposer des astuces concrètes. Astuce numéro 1. Explorez pour soi la curiosité, pas avec le juge intérieur. Avant de penser à partager, il y a un travail solo. Oui mesdames, solo à faire. Messieurs, si vous écoutez, encouragez vos dames. Prenez vos fantasmes. même les plus improbables. Et au lieu de vous demander « est-ce que c'est normal ? » , demandez-vous plutôt « qu'est-ce que ça dit de ce dont j'ai vraiment besoin ? » . Un fantasme de perte de contrôle ? Peut-être un besoin de lâcher prise dans une vie très chargée, où justement on a fait de nous, en tant que femmes, des contrôlantes. Un fantasme d'intensité, de passion explosée ? Peut-être un besoin de se sentir désiré, hors contexte, hors quotidien ? Le fantasme est une boussole, pas un malveu. Lisez-le comme tel. Astuce numéro 2. Essayez les audios érotiques seuls d'abord. Si vous n'avez jamais essayé, c'est le moment tout seul. Pas besoin de grands dispositifs, des écouteurs, un moment tranquille, une plateforme. Les garçons peuvent aussi. Et laissez votre imagination faire le reste. Ce que ça fait concrètement ? Ça réveille une partie de vous qui sommeille. peut-être depuis bien trop longtemps, ça remet en contact avec le désir. Pas celui de l'autre, le vôtre. Et ça vous apprend des choses sur ce qui vous touche, ce qui vous éveille, ce dont vous avez envie, des informations précieuses que vous pourrez, si vous le souhaitez, partager avec votre partenaire. Astuce numéro 3. Utilisez le conditionnel et la fiction pour... ouvrir la conversation. Quand vous êtes prête à partager quelque chose avec l'autre, pas d'attaque frontale, pas de « j'ai un fantasme et je vais te le dire » . « Attends, tu m'écoutes » . Trop de pression pour tous les deux. Préférez la porte dérobée. Tu sais, j'ai écouté un truc intéressant l'autre jour. Est-ce que tu as déjà imaginé une situation ? Ou encore et toi ? Je pensais à un scénario érotique. Ce serait lequel qui t'attirerait ? Vous ouvrez l'espace sans vous exposer tout de suite et souvent l'autre s'engoute dans cette ouverture avec beaucoup plus d'enthousiasme que l'on ne l'attendait. Et puis vous allez être drôle aussi de dire tout ce que vous avez dit. Astuce numéro 4. Dire clairement ce qu'on veut faire de ce qu'on partage. Ouais. Alors, un des problèmes de la femme, vous le savez, c'est cette espèce de subtilité dans le langage qui n'est pas du tout claire chez l'autre, dans un couple hétéro. Donc l'idée c'est que, même entre femmes, on ne se comprend pas toujours, mais l'idée c'est qu'on soit beaucoup plus cash, mais dans le sens clair, pas dans le sens choc. Donc c'est cette conversation qu'on oublie toujours d'avoir, et qui évite pourtant beaucoup beaucoup de malentendus. Est-ce que je partage ce fantasme pour qu'on en parle ? Qu'on joue avec l'idée pour qu'on le réalise ? Ou juste pour ne plus être seule à le porter ? Alors dites-le vraiment. Je te dis ça parce que j'avais envie de te le dire, pas parce que je veux qu'on le fasse là maintenant, ou j'aimerais qu'on explore ça ensemble un jour si tu es ouvert. La clarté, c'est le meilleur aphrodisiaque conversationnel qui existe, rappelez-vous ça. Dernière astuce, l'astuce numéro 5. Accueillir le fantasme de l'autre comme un cadeau, même surprenant, oui. Et si l'autre qui se livre résistait à la réaction à chaud, pas de « ah bon ? » , les yeux écarquillés, pas de rire nerveux. Pas de « Ah non, alors là, jamais de la vie ! » Dis avant même d'avoir réfléchi. Juste par réaction. Parfois un silence bienveillant, un petit sourire. « Merci de me faire concentrer avec ça. » Un « Ah, d'accord, c'est intéressant, dis-moi en plus. » Parce que quelqu'un qui partage un fantasme prend un risque émotionnel réel. Et votre réaction, dans les 30 premières secondes d'éternité, si ou elle, osera encore se livrer. sur ce sujet et sur tous les autres. Bon, ce qu'on retient aujourd'hui, un fantafle n'est pas un aveu, c'est une boussole. Il ne dit pas ce que vous êtes, il dit ce dont vous avez vraiment besoin émotionnellement. La honte qui l'entoure vient de loin et elle mérite être questionnée, pas obéie. Les audio-érotiques, bienvenue dans votre nouvelle vie. Vraiment, c'est de l'exploration saine, assumée. Pensez pour le désir féminin et essayez. Et puis pour partager vos fantasmes, explorez d'abord pour vous. Entrez par la porte dérobée de la fiction. Dites clairement ce que vous voulez faire de ce que vous partagez et accueillez les confidences de l'autre comme le cadeau qu'elles sont. Parce que le désir qui s'exprime, même doucement, même maladroitement, est infiniment plus vivant que celui qu'on garde enfermé. Et si tu sens que tes fantasmes te font encore honte, et que tu ne sais pas encore faire de cette part de toi qui désire, qui imagine, qui veut, je t'invite dans le club des déesses, les clés de l'intimité. C'est exactement l'espace pour ça, pour te réconcilier avec ton désir, sans jugement, oh elle m'embarque de ce jugement, avec des outils concrets, oui ça j'y tiens, et avec d'autres femmes qui ont arrêté de faire semblant de ne pas avoir d'envie. Voilà. On se dit les choses, on est transparentes et t'es pas obligé de parler avec la communauté. C'est en plus la communauté. Le lien est en description. Et si cet épisode a fait sourire quelqu'un dans votre entourage ou si vous êtes reconnu un peu trop dans l'image du tireur verrouillé, partagez-le autour de vous. L'imagination mérite d'être libérée. Allez, à très vite dans l'épisode numéro 9. À bientôt. Prends bien soin de toi et fais vibrer tout cela autour de toi. C'est Aurore, sexothérapeute, thérapeute du coup, coach de l'antenne. A très vite !