Speaker #0Azaz se redresse alors et fait glisser le long du sein de Sonia ses lèvres qui ont tout goûté d'elle. Sonia se laisse aller à l'étreinte d'Azaz qui garde le silence. Elle se sent comme portée par le flot, engourdie par la chaleur qu'elle ressent à travers les tissus qui séparent leur corps. Le son du désir. Voici la sixième nouvelle sélectionnée du concours d'écriture Le son du désir. Le ciel attendra. De Clotilde Bollard Duval. Le désir est parfois aussi ironique que le destin. Sonia lève les yeux au ciel avant de glisser dans la poubelle du hall d'entrée, le prospectus noir et rouge, au finig glacé qu'elle a ramassé avec le reste de son courrier. Une publicité au slogan douteux du nouveau club libertin, le Mephis, ouvert il y a peu dans le centre-ville. Dans la vie de Sonia, le désir a depuis longtemps plié bagage. Quant au destin, il n'a pas la place ni le temps de se manifester. Ses journées millimétrées ne laissent le temps à aucune fantaisie. L'ironie s'est muée en cynisme depuis de nombreuses années. Sonia fait tourner la clé dans la serrure de la porte et devine à cet instant précis, son mari s'affairait soudainement au premier teintement du trousseau. Comme si déplacer convulsivement deux assiettes au moment de son retour pouvait suffire à la convaincre qu'il n'est pas resté sans rien faire. Pour devenir VIP du son du désir et accéder à des centaines d'histoires érotiques immersives ainsi qu'à de nombreux audios de relaxation intime, une seule adresse, le sondudésir.fr et abonnez-vous discrètement en seulement trois clics, le sondudésir.fr, votre destination secrète vers l'érotisme audio. Elles le détestent, de lui donner le rôle de la régente de leur vie. Elles se détestent de s'y glisser si naturellement. Un rapide coup d'œil autour d'elle suffit pour qu'elle constate que son mari n'a pas réalisé le quart de la liste des tâches qu'elle lui avait confiées sur la journée. Elle comprend à son regard, presque celui d'un enfant pris en faute, qu'il a conscience de ses manquements, mais Sonia n'en peut plus de porter en elle le poids de deux existences. D'anticiper du matin au soir les secondes d'un quotidien à l'agonie. Une journée supplémentaire dans le purgatoire. Son mari esquisse un pas vers elle, mais cette fois-ci c'en est trop. La coupe est pleine. Sans un mot, elle tourne les talons et quitte l'appartement. Elle a besoin de marcher, d'être en mouvement. Elle a la sensation de s'engluer, de mourir à petit feu dans une vie qui ne laisse plus de place à l'imprévu ou à la douceur. L'air froid et sec lui brûle les joues. C'est pas la guide jusqu'au centre-ville où elle décide de s'arrêter prendre un verre. En déboutonnant son manteau, elle sent le regard d'un homme assis quelques tables plus loin se poser sur elle. Cela fait longtemps qu'elle n'a pas pris le temps de faire un pas de côté, de sortir du cadre. Longtemps que son corps engourdi n'a pas connu la langue de feu du désir, elle détaille l'inconnu. La quarantaine, comme elle. Un beau visage, aux brilles deux yeux noirs, sombre comme deux lacs. Sonia soutient son regard et contre toute attente, l'inconnu se lève et prend place en face d'elle. Cette spontanéité la déstabilise, mais ne montre rien de sa surprise. Il rompt le silence le premier. Je suis Azaz. « Je t'ai longtemps cherché, » murmure-t-il. Sonia a conscience de la situation, mais les rues sont animées, et leurs pas ne les éloignent pas du centre-ville. Elle décide, pour une fois, de céder à cette douce folie, à ce chemin de traverse. Au fil des mètres parcourus, Sonia se laisse aller à l'étreinte d'Azaz qui garde le silence. Elle se sent comme portée par le flot, engourdie par la chaleur qu'elle ressent à travers les tissus qui séparent leur corps. Lorsqu'ils s'arrêtent enfin, Sonia lève les yeux sur une devanture fraîchement peinte. Elle lit les lettres du néon, le Méfis, le fameux club libertin récemment ouvert. Sonia recule et se défait du bras d'Azaz. C'est visiblement ici que nos chemins se séparent. Je ne vous suis pas là-dedans. Contre toute attente, Azaz, toujours silencieux, l'attire à lui et approche son visage du sien. L'odeur de sa peau, un mélange de musques et de patchouli lui parvient. Dans l'obscurité troublée par les lueurs rouges des néons, Sonia devine l'esquisse d'un sourire. Elle détourne le visage. Puis soudainement, le désir farouche, cadenassé au fond de son cœur, brise toutes les chaînes qui le retenaient, et une vague brûlante déferle en elle. Sonia comble la distance qui séparait ses lèvres de celle d'Azaz. Elle l'embrasse maladroitement, s'accroche à lui comme avide du contact le plus absolu, comme si, dans l'étendue tiède de son existence, les lèvres d'Azaz étaient la seule issue envisageable, la seule porte de sortie, la seule étincelle. Sonia l'embrasse comme si sa vie en dépendait. Et c'est au cours de cette étreinte hasardeuse, sous l'éclairage rougeoyant, qu'elle perd connaissance. Lorsque Sonia revient à elle, elle est allongée sur un lit. Ses yeux peinent à s'habituer à l'obscurité. Les secondes sont longues, avant qu'elle ne parvienne à dessiner les contours de la pièce dans laquelle elle se trouve. Une forte odeur de bois brûlé lui fait froncer le nez. Dans un coin, les braises d'un feu finissent de mourir. Des cris et des tintements de chênes lointains lui parviennent. Soudainement, une silhouette fond sur elle et s'allonge sur son corps. Sonia reconnaît le parfum si caractéristique d'Azaz, et les baisers qu'il lui donne ravivent en elle un désir incontrôlable. Le temps semble suspendu. Sonia ne sait combien de temps durent leurs étreintes. Elle a l'impression de voir à travers une haute lucarne le jour se lever plusieurs fois. Jamais elle n'avait été aimée de la sorte. Jamais son corps fébrile, comme marqué au fer par les doigts habiles d'Azaz, n'avait connu un brasier aussi grand. Azaz, de son corps immense, comme une ombre menaçante étendue au-dessus d'elle, puis l'instant d'après comme le plus doux des êtres, blottit contre son sein. Azaz, le tout et le rien, capable d'éveiller en elle une colère sourde, balayé l'instant d'après par son regard profond comme s'il lisait en elle, comme si jamais avant lui personne n'avait compris qui était réellement Sonia. Azaz, le premier à être parvenu à la réconcilier avec son corps, à lui avoir prouvé qu'il n'était pas cet amas de chair insensible, délié du désir, mais bien une peau veloutée, sous laquelle courait un réseau capable de la propulser dans des contrées qu'elle ne s'était jamais autorisée à explorer. Lorsque leur ultime danse s'achève enfin, les corps épuisés des deux amants reposent blottis l'un contre l'autre. Azaz se redresse alors et fait glisser le long du sein de Sonia ses lèvres qui ont tout goûté d'elle. Elle lui lance dans un soupir. « Ma vie m'attend. Je dois partir. » Azaz ancre ses yeux noirs dans ceux de Sonia. « Tu l'as sûrement compris, mais tu es ici à la porte des enfers. Le choix t'appartient. Tu peux rentrer chez toi, et tout ceci n'aura été qu'un rêve, dont tu finiras par ne plus te souvenir. Ou alors tu restes avec moi dans le royaume de l'ombre jusqu'à ce que le soleil accomplisse sa dernière course et embrase la terre. » Après un court instant, Sonia monte à Califourchon sur le corps de son amant, à qui il ne faut que quelques secondes pour glisser en elle, approchant son visage du sien, au gré des ondulations de son bassin. Elle lui murmure à l'oreille « Je reste. Je vivais déjà en enfer. Le ciel attendra. » Pour devenir VIP du son du désir et accéder à des centaines d'histoires érotiques immersives ainsi qu'à de nombreux audios de relaxation intime, une seule adresse, le sondudésir.fr et abonnez-vous discrètement en seulement 3 clics, le sondudésir.fr, votre destination secrète vers l'érotisme audio.